La fête internationale du travail a été célébrée ce mardi 1er mai 2018. A Conakry, c’est l’esplanade du palais du peuple qui a abrité la cérémonie avec une forte mobilisation des travailleurs. En marge de cette célébration, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu Elhadj Mamadou Yaya Baldé, secrétaire général adjoint de la Fédération Syndicale Professionnelle des Transporteurs et parrain des taxi-motos. Il a été question entre-autres de la règlementation de l’exercice du métier de mototaxis et des tracasseries policières dont sont victimes les transporteurs et usagers de la route.

Guinematin.com : comment avez-vous célébré la fête internationale des travailleurs ce mardi ?

Elhadj Yaya Baldé : la fête s’est très bien passée. Il y a eu une mobilisation massive des travailleurs de tous les secteurs d’activités  de Conakry. Les deux centrales syndicales, la CNTG et l’USTG, ont parfaitement mobilisé les travailleurs.

Guineematin.com : vous êtes le parrain des taxi-motards qui ont manifesté récemment dans la banlieue de Conakry. Expliquez-nous ce qui s’est passé.

Elhadj Yaya Baldé : cette manifestation est une chose qui ne devrait pas avoir lieu. Il y a un arrêté qui interdit la circulation des mototaxis dans la commune de Kaloum. Mais, il y a des personnes, en dehors même des vrais acteurs des mototaxis, qui ont été arrêtés. Parmi eux, il y avait des agents de la police ou  de l’armée. Il y avait toute sorte de personnes qui faisaient du taxi-moto dans la commune de Kaloum. Donc, quand il y a eu des arrestations, la police n’a pas cherché à savoir qui est agent ou quoi parce que rien ne permet de les identifier. C’est  pourquoi, la police a mis en place des agents en civile pour demander un déplacement aux motards. Celui qui accepte de se faire déplacer, ils savent que c’est taxi-motard. Ils ont été déposés à Coléah, au ministère de la sécurité.

Guineematin.com : qu’est-ce qui a provoqué la manifestation de la semaine dernière ?

 Elhadj Yaya Baldé : ce n’était pas les vrais taxi-motos qui se sont levés pour faire cette manifestation. Les vrais se sont toujours soumis à la loi. S’il y a eu remous, c’était à cause de ça. Mais, quand il y a eu les explications qu’il fallait, les gens ont compris. Les vrais acteurs des taxi-motos se sont levés pour dire d’arrêter le mouvement.

Guineematin.com : il y a une nouvelle mesure que les autorités veulent prendre et qui concerne les taxi-motos. On parle de nouvelle plaque d’immatriculation. De quoi s’agit-il réellement ?

Elhadj Yaya Baldé : c’est quelque chose qui est légale et normale. Je vous donne un exemple sur les taxi-autos. Il y a l’immatriculation fond noir, caractère blanc pour tout véhicule de transport. En plus, il y a le numéro de police, sur la portière. C’est ce qui identifie le véhicule. Les minibus, les camions et autres ont leur numéro de police aussi. C’est pour cela que les taxi-motos aussi peuvent en avoir. Il leur faut donc une petite plaque noire devant permettant d’identifier les taxi-motos et les motos personnelles. Voilà ce que la police et la direction nationale des transports terrestres nous ont expliqués.

Guineematin.com : vous avez donc donné votre accord aux autorités sur ce sujet….

Elhadj Yaya Baldé : on est tenu d’accepter puisque c’est une réglementation. Tout ce qui est légal ou normal doit être accepté surtout que c’est pour éviter que d’autres personnes viennent se mêler parmi les taxis motos. Il faut identifier les vrais acteurs pour pouvoir les protéger.

Guineematin.com : quel est le prix de cette plaque et comment la mesure a été accueillie par els jeunes taxi-motards ?

  Elhadj Yaya Baldé : puisque nous n’avons pas fini de négocier pour réglementer cela, je me réserve de dire un commentaire sur le prix de la plaque. Ce qui reste clair, ils doivent avoir les deux plaques. Et, ils seront obligés d’accepter tout ce qui du domaine du normal ou de la loi, puisque nul n’est au dessus de la loi.

Guineematin.com : vous aviez lancé un préavis de grève que vous avez suspendu il y a moins de deux jours. Quelles en sont les raisons ?

Elhadj Yaya Baldé : de façon résumée, la fédération syndicale professionnelle des transporteurs et mécanique générale a lancé un avis de grève. Nous dénonçons surtout les barrages non conventionnels sur les routes guinéennes. A partir de Conakry, il doit y avoir trois barrages pour aller cers différentes destinations. Il doit y avoir un seul barrage entre Conakry et Pamelap, un autre entre Conakry et Bamako, un autre entre Conakry et Boké.

Guineematin.com : cela veut dire que les barrages de Kaaka et des 4 ponts à Tanéné ne sont pas conventionnels ?

Elhadj Yaya Baldé : ces deux barrages ne sont pas conventionnels. Donc, c’est à cause des tracasseries là que nous voulions aller en grève. Mais, on a suspendu le mouvement puisque les négociations ont commencé. Et nous sommes optimistes puisque le gouvernement a promis de régler le problème. Nous de la fédération syndicale professionnelle, nous sommes sortis avec le haut commandement de la gendarmerie. On est allé à Forécariah, à Kindia et sur la route de Boké pour enlever les barrages non conventionnels qui étaient là, sur instruction de monsieur le président de la République. C’est ce qui fut fait.  Maintenant, le reste des points de revendication, nous sommes en négociation. Puisqu’il y a eu des points qui ont été obtenus et  eu promesse pour les autres, on s’est dit de suspendre le mot d’ordre de grève. Si nous sommes satisfaits, tant mieux. Au cas contraire, ce n’est que suspendu, on décrochera.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin