Après le référendum du 22 mars 2020, suivi de l’élection présidentielle du 19 octobre de la même année, le front national pour la défense de la constitution (FNDC) avait dressé une liste dite « d’ennemis de la République ». Plus tard, le même mouvement avait publié une autre liste, cette fois celle des magistrats ayant soutenu le tripatouillage de la constitution.

Au moment où ces différentes listes sortaient, rares sont ceux qui croyaient à la préparation d’une révolution du palais. Ce qui fait que les mis en cause se montraient plutôt heureux d’être désignés comme soutien du régime Alpha Condé. Rappelant notamment l’adage selon lequel l’ennemi de ton ennemi est ton ami. Pour ces messieurs et dames, être l’adversaire du FNDC sous l’ère Condé était plutôt un statut enviable. Reste à savoir s’ils ont encore aujourd’hui le même sentiment.

Il est fort à parier que beaucoup d’entre eux sont en train de se mordre le doigt. Certains reprochant d’autres de les avoir entrainés dans cette aventure. Dans un contexte comme celui que la Guinée traverse actuellement il est peu enviable d’être du côté de ceux qui ont soutenu le projet qui a abouti à la nouvelle constitution et finalement au troisième mandat. Car tous les problèmes auxquels le pays est confronté sont consécutifs à ce fameux troisième mandant. Même Alpha Condé, dans sa méditation actuelle, doit maudire tous ceux qui l’ont encouragé dans cette voie périlleuse.

Mais, cela nous concerne peu ou pas du tout. En revanche ce qui intéresse tous ceux qui ont combattu ce projet, c’est comment empêcher les spécialistes de retournement de verste de se refaire une place au soleil et de polluer et torpiller la révolution du 5 septembre. Quand les thuriféraires se sont engagés à perpétrer leur coup d’Etat contre la constitution 2010, la société guinéenne s’est scindée en trois parties : celle qui a affiché ouvertement sa volonté de rompre le contrat signé en 2010, à travers une constitution parmi les meilleures au monde, celle qui attendait de voir qui sera le vainqueur pour soutenir celui-ci et enfin celle qui s’est battu au prix de sa vie contre le coup de force.

Trois mouvements naitront suite à la nouvelle donne. Le premier fut le mouvement « Amoulanfé » entendez ça ne passera pas. Le deuxième « Alammané » qui signifie ça passera. Et enfin le troisième mouvement était celui dit « Anawotagui ». Autrement dit, c’est entre vous. Aujourd’hui encore beaucoup d’observateurs estiment qu’entre ceux qui ont soutenu ouvertement la nouvelle constitution et ceux qui ont observé une neutralité, les premiers ont été de loin les moins nuisibles et les moins préjudiciables. Ajoutant que même en religion, l’hypocrite est pire que le païen. Même si nous sommes en politique, il est évident que ceux qui observent la neutralité pendant que le pays traverse une période charnière de son histoire ont fait preuve de duplicité voire de lâcheté.

De ce qui précède, les forces vives de la Nation doivent faire le tri pour séparer le bon graine de l’ivraie. Ceux qui ont soutenu le premier coup d’Etat doivent subir les conséquences de leurs actes qui ont entrainé le deuxième. Déjà, les flagorneurs ont commencé à caresser les nouvelles autorités dans le sens des poils. C’est ainsi qu’ils nous tympanisent en disant que la transition doit être longue. Uniquement pour faire plaire aux militaires.

Il ne sera pas surprenant que des personnes figurant sur la liste dont on a parlé plus haut soient demain les plus  proches du nouvel homme fort. Si celui-ci ne prend garde. Parce que ces personnes ont un secret qu’on appelle indignité. Ils sont si forts dans leur spécialité que peu de personnes peuvent résister à leur tentation. Même Alpha Condé, qui a refusé toute collaboration avec le régime du président Conté, a succombé à l’offense de charme de ces hommes-caméléons. D’où la nécessité pour le colonel Doubouya de repousser et de repigner les mains entassées de sang des martyrs du troisième mandat.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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