Mohamed Kaba, Coordinateur du parti PADES

A l’occasion d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, Mohamed Kaba, le coordinateur administratif du PADES, a évoqué les tueries de manifestants enregistrées à travers le pays. Il a accusé les autorités guinéennes d’être responsables de ces morts par balles qui interviennent à l’occasion de la plupart des manifestations politiques appelées par les adversaires du pouvoir. L’opposant prévient toutefois que ces agissements ne vont nullement tuer le mouvement de protestation contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé et que ces crimes ne resteront pas impunis.

« Dans le cadre des actions de protestation du FNDC, le pouvoir se donne pour vocation de réprimer. Cela ne nous découragera pas. Ils vont continuer à tuer, nous ne reculerons pas. Pour les victimes, la justice sera faite un jour. Ces crimes ne resteront pas impunis. Nous allons tout mettre en œuvre pour qu’un jour, chaque responsable de ces cas de morts soit jugé et puni à la hauteur de sa forfaiture », a promis ce responsable du Parti des Démocrates pour l’Espoir.

Par ailleurs, monsieur Kaba est revenu sur le refus des principaux partis d’opposition, dont le sien, de prendre part aux élections législatives du 16 février 2020. Il explique que cette décision est motivée par des raisons bien fondées. « Nous ne boycottons pas les élections pour les boycotter. Nous avons décidé de ne participer parce que les conditions d’une élection transparente et crédible ne sont pas réunies. C’est pourquoi nous avons exigé la satisfaction de nos demandes qui portent essentiellement sur quatre (4) points. D’abord, le fichier électoral doit être assaini.

Le fichier est le nœud gordien d’une élection. Tant qu’il n’est pas assaini, il n’y aura pas d’élections transparentes. Le fichier que nous avons actuellement, est un fichier complètement corrompu, il ne permet pas d’avoir une élection crédible. Donc nous demandons qu’il soit assaini. Ensuite, vous avez vu les agissements du président de la CENI, qui prend parti pour la mouvance. Ce qui est extrêmement grave. Nous avons demandé à ce qu’il y ait une certaine impartialité au niveau de la CENI. Elle doit jouer son rôle à équidistance par rapport à tous les acteurs du processus électoral.

Troisièmement, nous avons eu des élections communales qui ne sont pas allées au bout. Nous ne pouvons pas comprendre que les élections communales ne soient pas parachevées et qu’on entre dans un autre cycle. Nous exigeons aussi le parachèvement de ce processus avant d’entamer un autre. Enfin, c’est la violation du code électoral. Le code électoral lui-même n’est pas respecté du tout. Nous demandons tout simplement qu’il y ait un cadre normatif qui puisse permettre à un électeur d’aller voter avec toutes les chances que sa voix soit respectée… », a dit l’opposant.

Le PADES, dirigé par Dr Ousmane Kaba, appelle ses militants et sympathisants à se mobiliser pour répondre à l’appel du FNDC à une « résistance citoyenne, active et permanente », le mardi 21 janvier et le mercredi 22 janvier 2020. Cela, pour amener le président Alpha Condé à renoncer à son projet de nouvelle Constitution, qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat.

Alsény Kaba pour Guineematin.com

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