Comme plusieurs autres opposants membres du FNDC, Bah Oury a pris part ce mardi, 28 juillet 2020, aux obsèques du jeune Alhassane Barry, tué la semaine dernière à Conakry. C’était au lendemain de la manifestation appelée par le Front National pour la Défense de la Constitution pour exiger le départ du président Alpha Condé. Le président de l’UDRG a mis l’occasion à profit pour exprimer son indignation face aux nombreuses tueries de manifestants ou de jeunes supposés être des militants de l’opposition enregistrées ces dernières années dans le pays. Il a dénoncé une injustice et une impunité qui doivent cesser, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

« C’est encore une énième cérémonie de levée de corps. On ne peut pas compter le nombre de cérémonies de ce genre qui ont eu lieu ces dernières années dans notre pays. Ce que je peux dire, c’est triste pour les parents d’Alhassane Barry, mais aussi c’est une grande tristesse pour l’ensemble du peuple guinéen qui, à chaque fois, voit des jeunes enfants, des adolescents, périr par la faute des éléments des forces de l’ordre. Et là, il faut le dire clairement, cette impunité est tolérée par les autorités sécuritaires de ce pays. Donc, elles ne peuvent pas déroger à leur responsabilité politique. Parce que sinon, elles auraient dû utiliser les moyens les plus adaptés pour faire cesser ce genre d’impunité.

Mais, la répétition de ces assassinats est un encouragement à voir demain des tragédies beaucoup plus vastes arriver encore en Guinée. La tragédie du 22 janvier 2007, celle du 28 septembre 2009, les tragédies récurrentes en Guinée forestière, tout cela n’a pas amené les autorités guinéennes, à se rendre compte qu’il faut aller dans le sens de conforter le respect scrupuleux des droits de l’homme et la sécurité de tous les citoyens. Là, c’est un drame que nous vivons. Au-delà du drame, c’est une tragédie. J’espère et je souhaite qu’Alhassane Barry soit la dernière victime de ce genre de tuerie contre des jeunes enfants, contre des jeunes qui manifestent uniquement pour exprimer leur point de vue, qui est un droit tout à fait constitutionnel », a déclaré l’opposant.

Le président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée a répondu également à ceux imputent une part de la responsabilité de ces tueries aux opposants qui appellent à manifester. Pour lui, ce sont les tueurs qui doivent arrêter et non ceux qui dénoncent l’injustice. « Il est bon de revisiter notre démarche, la manière de faire pour être beaucoup plus efficaces et pour protéger le maximum de citoyens de la République de Guinée. Ça c’est une nécessité urgente, mais cela implique également de la part de l’opinion nationale et internationale une exigence accrue pour obliger les autorités guinéennes à assumer leurs responsabilités constitutionnelles.

C’est-à-dire, protéger les citoyens de la République de Guinée, lutter contre l’impunité. Mais, on ne peut pas demander à ceux qui luttent pour leur dignité, pour leurs droits, pour leur sécurité, pour avoir un avenir meilleur, de croiser les bras parce que de l’autre côté, il y a une force brutale qui utilise la violence exclusivement pour réprimer toute forme de contestation de son pouvoir. On ne peut pas empêcher la liberté de s’exprimer. Parfois, cela nécessite des sacrifices et vous voyez qu’un peu partout dans le monde, les gens se révoltent contre l’injustice. Le fait de tuer des enfants est une injustice la plus extrême et ça nécessite une riposte adaptée à la circonstance pour que cela puisse cesser définitivement », a dit Bah Oury.

Mohamed DORÉ et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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