Le marché de Taouyah ne sera ni vendu ni mis en bail. C’est la réponse donnée par le maire de la commune de Ratoma aux vendeuses qui craignent de perdre leurs places dans ce centre de négoce. Ces femmes ont manifesté dans la rue ce lundi, 21 juin 2021, pour exprimer leur opposition à la « vente » de leur marché, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Il n’y a pas eu de travail ce lundi matin au marché de Taouyah. Boutiques et magasins étaient fermés, et les étales vides. A l’origine de cette situation, un mouvement de colère des vendeuses qui disent avoir appris que ledit marché est sur le point d’être vendu à un particulier. Ayant peur de perdre leurs places, elles ont décidé de manifester dans la rue et devant la mairie de Ratoma pour protester contre cette « décision ».

Madame Lamarana Kanté, vendeuse au marché Taouyah

« Les responsables du marché sont venus nous dire qu’ils veulent rénover le marché. Mais nous savons qu’ils veulent privatiser le marché comme ils l’ont fait au marché de Koloma. Nous, nous ne voulons pas de hangar ici. Nous allons faire nos propres hangars à nous. Nous ne savons pas qui a acheté ici, mais on a vraiment peur qu’ils nous dépossèdent ce marché. C’est ici que nous gagnons la dépense de nos différentes familles », a déclaré madame Lamarana Kanté, l’une des manifestantes.

Madame Bountouraby Sylla, vendeuse au marché Taouyah

Madame Bountouraby Soumah, une autre vendeuse au marché de Taouyah, exprime la même inquiétude. « La situation de notre marché nous préoccupe beaucoup aujourd’hui. Cette affaire a commencé au mois de ramadan passé, lorsqu’un membre de l’administration du marché est venu nous réclamer 50.000 par personne pour un soi-disant recensement. Depuis lors, nous ne comprenons rien dans ce marché. Chaque jour, on ne fait que voir de nouvelles figures qui viennent prendre des mesures.

C’est pourquoi, ce matin, nous avons décidé de nous faire entendre pour qu’ils nous disent qui est le nouveau propriétaire de notre marché. Mais les policiers sont venus nous gazer à trois reprises. Il a fallu qu’on mette des herbes pour se couvrir les narines pour ne pas tomber. Nous demandons humblement aux autorités de nous laisser tranquille ici. Car moi j’ai 7 enfants que je nourris et dont je paie les frais de scolarité grâce à ce que je gagne dans ce marché », a lancé cette manifestante.

Après l’intervention de la police, venue disperser les manifestantes qui bloquaient la circulation, une vendeuse a été blessée à la tête et trois autres ont été interpellées par les agents de sécurité. Finalement, ces femmes en colère ont été reçues par le maire de la commune de Ratoma, Issa Soumah. Et ce dernier les a rassurées qu’il n’y aucun projet de vente ni de bail de leur marché.

Issa Soumah, maire de la commune de Ratoma

« Nous n’avons ni vendu ni baillé leur marché. Le marché de Taouyah est une propriété de l’État guinéen que quelqu’un ne peut pas vendre. On a rencontré leurs responsables et nous leur avons fait part de notre volonté de moderniser tous les marchés de la commune de Ratoma. Parce que nous avons un projet de rénovation des marchés dans notre plan annuel d’investissement (PAI) qu’on est en train d’exécuter. Alors si les femmes de Taouyah veulent qu’on fasse leur marché, elles viendront nous voir on va discuter. Et si elles n’en veulent pas, on n’enverra pas même une mouche là-bas », a laissé entendre le maire de Ratoma.

Au sortir de cette rencontre avec l’autorité communale, la présidente des femmes de Taouyah, madame M’mah Camara, a déclaré qu’elles sont rassurées que leur marché « n’est ni acheté, ni vendu, ni prêté à quelqu’un ». Et aux dernières nouvelles, les trois manifestantes qui étaient détenues au commissariat central de police de Bellevue ont été libérées. Quant à celle qui a été blessée au cours de la manifestation, Issa Soumah a indiqué que la mairie prend en charge des frais de traitement.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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