Les auteurs présumés des violences qui ont émaillé le double scrutin du 22 mars 2020, à N’Zérékoré, seront bientôt situés sur le sort. Leur procès s’ouvre demain, jeudi 11 mars 2021. L’annonce a été faite par le procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Environ une année après les violences survenues les 22, 23 et 24 mars 2020, à N’Zérékoré, la justice cherche à situer les responsabilités. Pour cela, le tribunal de première instance de N’Zérékoré va entendre, à partir de ce jeudi 11 mars, les 42 personnes poursuivies dans cette affaire, dont 8 sont en détention et les 35 autres en liberté conditionnelle. Et selon le procureur de N’Zérékoré, Sidiki Kanté, ce procès se tiendra dans le respect strict des mesures barrières de sécurité sanitaire. Car il intervient dans un contexte marqué par la présence de la pandémie de Covid-19 et de l’épidémie d’Ebola dans cette région.

Sidiki Kanté, procureur de N’Zérékoré

« Nous avons 6 dossiers criminels programmés, dont le dossier des événements du 22 mars dernier. L’ouverture de ce procès aura lieu ce jeudi 11 mars. J’ai déjà informé le département sur la tenue de ce procès qui fait beaucoup de bruit. J’ai informé aussi les responsables sanitaires, mais aussi la Croix-Rouge qui va venir ce soir pour désinfecter le local. Et demain, le nombre de participants à l’audience sera limité. Du côté des journalistes, nous avons sollicité 2 médias en ligne, 3 radios locales et la RTG pour la couverture, afin de respecter les mesures barrières contre l’épidémie d’Ebola et la pandémie de Covid-19 qui sévissent actuellement dans la région », a dit le procureur.

Contesté par le FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution), qui voulait empêcher sa tenue, le double scrutin (élections législatives et référendum constitutionnel) du 22 mars 2020 a été émaillé de graves violences à N’Zérékoré. Les manifestations visant à empêcher le président Alpha Condé de briguer un troisième mandat ont tourné en affrontements intercommunautaires. Le bilan établi par certaines organisations de défense des droits de l’homme fait état d’une soixantaine de morts, plus d’une centaine de blessés, des maisons, des commerces et des églises pillés et incendiés.

Les enquêtes ouvertes après ces douloureux événements ont conduit à l’interpellation de 42 personnes, qui ont été placées en détention provisoire à la Maison centrale de Kankan. Après plus de 6 mois de détention, 35 d’entre eux ont été remis en liberté conditionnelle et les 8 autres sont restés en prison. Et, selon le procureur, l’ensemble des accusés passeront devant le tribunal criminel de N’Zérékoré pour s’expliquer sur ce qui leur est reproché.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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