Le tribunal de première instance de Coyah a condamné hier, vendredi 9 juillet 2021, trois jeunes qui étaient jugés pour des faits d’association de malfaiteurs, vol à main armée, détention illégale d’armes et assassinat. Les accusés ont écopé de peines allant de 5 à 30 ans de réclusion criminelle, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Mamadou Aliou Diallo alias Bac13, Ibrahima Sory Diallo alias Mo et Sékou Traoré, ont été arrêtés par la gendarmerie de Coyah, à la suite de plusieurs attaques à mains armées enregistrées en 2019 dans cette préfecture. Au cours de l’une de ces attaques, Boubacar Barry, un habitant de la localité de Bentouraya, a été tué par balles dans la nuit du 29 avril 2019. Les trois jeunes, accusés d’avoir perpétré ces attaques, ont été placés sous mandat le 24 mai 2019. En comparaissant devant le tribunal criminel de Coyah, les accusés ont tous rejeté les faits mis à leur charge.

« On m’a arrêté seul et conduit à la BAC10. Les agents m’ont frappé et torturé. Ils ont cité plusieurs attaques à mains armées survenues au pont KK, à Gombonya et à Coyah, mais je n’ai rien reconnu, parce que je n’ai jamais participé à une association de malfaiteurs », a déclaré Mamadou Aliou Diallo.

« Je suis maçon. Je n’ai jamais fait usage d’une arme de guerre. Je n’ai jamais participé à une opération armée. Je ne suis au courant de rien dans cette affaire », a dit Sékou Traoré. Même son de cloche chez Ibrahima Sory Diallo alias Mo.

Mais la représentante du ministère public a aussitôt balayé les arguments des accusés. Djénè Cissé a indiqué que ce groupe est responsable de plusieurs attaques à mains armées perpétrées dans la préfecture de Coyah. « Dans le groupe, il y a un certain Ibrahima Kalil Keïta alias Toguin (un militaire) qui n’a pas été interpellé, alors qu’il est considéré comme le pivot dans cette affaire. Pour Sékou Traoré qui est chauffeur, il a mis son véhicule à la disposition de ces malfrats pour réaliser leurs opérations.

Il est complice pour le vol qui s’est produit à Gombonya, chez Sékou Doura Traoré. Au pont de KK aussi, ils ont utilisé son véhicule pour réaliser l’attaque. Il a aidé ces personnes à réaliser leurs forfaitures. Mais par rapport à l’assassinat de Boubacar Barry, on ne peut pas lui imputer cette responsabilité, parce qu’il n’a pas participé à cette opération. Pour Mamadou Aliou Diallo, il a été cité dans cette affaire, mais en aucun cas il n’a participé à une opération. On ne trouve aucun indice qui peut l’incriminer. 

Concernant Ibrahima Sory Diallo alias Mo, les faits d’association de malfaiteurs, vol à main armée et assassinat sont établis à son égard. C’est pourquoi, le ministère public vous demande d’acquitter Mamadou Aliou Diallo, de condamner Sékou Traoré à 5 ans de réclusion et 50 millions de francs guinéens de dommages et intérêts pour la famille de Sékou Doura Traoré, et condamner Ibrahima Sory Diallo alias Mo, à 20 ans de réclusion criminelle et 100 millions de francs guinéens de dommages et intérêts pour la famille du défunt Boubacar Barry », a requis la procureure.

De son côté, l’avocat de la défense, Me Abdoulaye Keïta, a demandé au tribunal d’acquitter purement et simplement Mamadou Aliou Diallo et Sékou Touré, et d’accorder de larges circonstances atténuantes à Ibrahima Sory Diallo. Mais dans sa décision, le tribunal a reconnu tous les trois accusés des faits qui leur sont reprochés. Il a condamné Mamadou Aliou Diallo à 5 ans de réclusion criminelle, Sékou Traoré à 10 ans de réclusion criminelle et Ibrahima Sory Diallo à 30 ans de réclusion criminelle. 

Une décision surprenante pour l’avocat de la défense qui promet de l’attaquer devant la Cour d’appel de Conakry. « C’est une décision amer. Le ministère public avait requis l’acquittement pour Aliou Diallo, 5 ans de réclusion contre Sékou Traoré et 20 ans contre Ibrahima Sory Diallo, alias Mo. Mais je suis vraiment étonné que le tribunal criminel dans sa décision, condamne Mamadou Aliou Diallo à 5 ans, Sékou Traoré à 10 ans et Ibrahima Sory Diallo à 30 ans de réclusion criminelle.

C’est une décision excessive et anormale. Le droit n’a pas été dit dans cette affaire, le tribunal est passé à côté. C’est pourquoi on ne va pas se limiter à ce stade, on va relever appel de la décision pour que la cour d’appel de Conakry examine cette affaire à nouveau », a déclaré Me Abdoulaye Keïta.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620589527/664413227

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin