Le procès de Sidiki Traoré et Daouda Matty, poursuivis pour vol et complicité de plus 4 milliards de francs guinéens, s’est ouvert hier, lundi 27 juillet 2020, au tribunal de première instance de Mafanco. Les deux prévenus ont rejeté en bloc les accusations portées contre eux, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Sidiki Traoré et Daouda Matty sont poursuivis pour un vol qui a eu lieu le 31 août 2019, dans plusieurs magasins situés dans le grand marché de Madina. Le premier habite dans la cour qui abrite les magasins tandis que le second est le gérant des lieux. Après le vol, qui s’est produit sans qu’aucun cadenas ne soit cassé, ils ont été placés sous mandat de dépôt le 6 septembre 2019, à la maison centrale de Conakry. A la barre, Sidiki Traoré a assuré qu’il n’est nullement impliqué dans ce vol. Selon lui, ce sont des bandits qui sont venus le ligoter avant de s’introduire dans les magasins pour voler l’argent et d’autres biens.

« C’est aux environs de 3 heures du matin que j’ai entendu un bruit dans la cour. Quand je me suis levé pour sortir vérifier ce qui se passe, un des bandits m’a pris au cou. Entre temps, un autre m’a cogné violemment à la tête. J’ai été ligoté par les bandits qui ont aussi bandé ma bouche. C’est après leur départ que je me suis libéré, alors que j’avais beaucoup saigné. Vers 7 heures, je suis allé voir Daouda Matty pour lui dire ce qui s’est passé. Directement, il a appelé les propriétaires des boutiques pour leur dire que j’ai été attaqué par des bandits. Après, nous sommes allés faire le constat avec la gendarmerie. Donc, je ne suis associé ni de près ou de loin à ce vol », a-t-il déclaré.

De son côté, Daouda Matty, qui est aussi commerçant, dit être victime au même titre que ceux qui le poursuivent dans cette affaire. « C’est aux environs de 7 heures du matin que Sidiki Traoré est venu chez moi en saignant pour me dire qu’il a été attaqué par des bandits qui ont emporté beaucoup d’argent. Sur le coup, j’ai informé les autres. Nous sommes allés vérifier et j’ai constaté que les cadenas n’étaient pas cassés. Je suis surpris d’être à la barre ici en tant que présumé voleur alors que moi aussi j’ai perdu beaucoup de choses, et les gens qui m’ont poursuivi en savent quelque chose. Est-ce que moi-même, je peux planifier un vol chez moi ? » S’est-il interrogé.

Après les débats, l’avocat de la défense a sollicité la remise en liberté de ses clients en attendant la décision qui sortira de ce procès. « Madame la présidente (du tribunal, ndlr), depuis le 06 septembre 2019, mes clients sont placés sous mandat de dépôt. Et pour le moment, ils bénéficient de la présomption d’innocence. A cause du temps mis en prison, je vous prie de leur accorder une liberté provisoire pour qu’ils puissent au moins fêter la Tabaski en famille », a plaidé maître Sidiki Bérété.

Le ministère public, par la voix de Lancinè Sangaré, a soutenu cette requête de la défense. Par contre Facinet Soumah, avocat de la partie civile, s’est opposé à cette demande de son adversaire. « Les prévenus ont prouvé leur mauvaise foi. Matty n’est pas à sa première comparution, il a été condamné au tribunal de première instance de Dixinn pour les mêmes faits. Madame la présidente, je vous prie de rejeter cette demande. Et si vous êtes prête à l’accepter, nous demandons à ce que les prévenus signent au greffe, une consignation de 4 milliards de francs guinéens pour leur accorder cette liberté provisoire », a-t-il réagi.

Finalement, la présidente du tribunal, madame Djéinabou Doghol Diallo, a renvoyé l’audience à ce mardi, 28 juillet 2020, pour se prononcer sur cette demande de remise en liberté des prévenus.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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