Kankan : le front anti 3ème mandat trimballe Taliby Dabo, Mamby Camara et Cie en justice

20 mai 2019 à 14 02 53 05535

L’agression récente dont ont été victimes les membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dans la ville de Kankan se transporte sur le terrain judiciaire. Les victimes ont porté plainte au tribunal de première instance de Kankan contre des responsables locaux du RPG Arc-en-ciel, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Taliby Dabo, Mamby Camara et Cie, des responsables du RPG Arc-en-ciel de Kankan, sont visés par une plainte du FNDC, un mouvement qui se bat contre une modification de la Constitution au bénéfice d’Alpha Condé. En effet, des opposants au projet de tripatouillage de la Constitution ont été pris à partie et sérieusement molestés le 30 avril dernier à Kankan par des partisans du régime en place en Guinée.

C’est pour protester contre cette agression et demander réparation que les membres du FNDC ont saisi la justice à Kankan. Une plainte en bonne et due forme a été déposée devant qui de droit pour « attaque barbare, coups et blessures, vol de matériel violation du siège de PADES ».

Dans la matinée de lundi 20 mai 2019, des membres du FNDC de Kankan, composé des partis politiques de l’opposition, se sont rendus dans les locaux du tribunal de première instance de Kankan. Selon nos informations, l’affaire devait être présentée devant un juge ce lundi. Finalement, ça c’est limité à une rencontre à huit clos entre les membres du FNDC et le Procureur de la République, Aly Touré.

Sory Kouyaté

Selon Sory Kouyaté, coordinateur de l’Union des Forces Républicaines (UFR) à Kouroussa, « nous avons porté plainte contre les membres du RPG au tribunal de première instance de Kankan. Le procureur a jugé bon de nous entendre. Ce matin nous sommes venus, tous les membres du front sont là, on l’a rencontré, il nous a dit que notre plainte est recevable et de rester à l’écoute, qu’il nous informera au courant de cette semaine ».

Par ailleurs, Sory Kouyaté a fait savoir son optimisme par rapport à ce bras de fer qui oppose le FNDC au parti au pouvoir. « L’espoir d’abord nous a amené à venir vers la justice. Les faits sont là, ils sont indéniables et je crois que la justice ne peut pas nier la vérité. Donc, nous comptons suivre cette affaire jusqu’à la fin », a-t-il lancé.

Interrogé par notre reporter, le Procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Aly Touré a confirmé l’information selon laquelle, le parquet allait appeler les membres du Front courant cette semaine pour la suite de cette affaire.

A rappeler que Taliby Dabo, Mamby Camara, Djènè Mady Keïta, Moussadjan Condé, Aboubacar Condé, Babou Cherif et Adama Keïta (Donso), tous du RPG, sont pointés du doigt par le FNDC, qui les accuse d’avoir orchestré leur agression au siège du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES).

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : (00224) 627 24 13 24

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Réhabilitation des voiries de Kankan : bras de fer entre les citoyens de Sogbé et la société Guiter

11 janvier 2019 à 10 10 17 01171

Les contestations contre l’absence de canaux d’évacuation des eaux pendant les périodes hivernales ont refait surface dans la commune urbaine de Kankan. C’est dans ce cadre qu’un groupe de citoyens, composé de sages et de jeunes, du quartier Sogbé, a rendu visite au préfet de Kankan ce jeudi, 10 janvier 2019. La démarche visait à révéler les préoccupations des habitants du quartier face aux travaux de la société Guiter, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est pour éviter les inondations à répétition que connaissent plusieurs quartiers de la commune urbaine, qu’une vingtaine de citoyens est allée exposer ses craintes au préfet Aziz Diop. Dans ses explications, Djènè Mady Keïta, président des jeunes du quartier Sogbé, accuse l’entreprise Guiter (Guinéenne de Terrassement) de ne pas vouloir creuser les canaux de ruissellement des eaux dans l’exécution du projet de réhabilitation des voiries urbaines de Kankan sur la voie 17.

Djènè Mady Keïta

« Il y a longtemps, nous sommes sortis trouvé les gens de Guiter en train de travailler sur les voiries. On a appris que dans ce projet, qu’ils ne vont pas creuser des caniveaux. Pourtant, les citoyens de notre quartier ont souffert cette année d’inondations pendant la saison pluvieuse. Alors, on est venu leur demander s’ils vont creuser. Ils nous ont répondu par la négative. Ils ont ajouté que cette zone n’est pas concernée. Ils nous ont conseillé de nous adresser aux responsables de l’entreprise. On l’a fait. Arrivés dans leurs locaux, ils nous ont fait savoir que cela ne faisait pas partie du contrat qu’ils ont signé avec le gouvernement, que d’ailleurs qu’ils font beaucoup de travaux gratuitement. Ainsi, on leur a demandé d’arrêter les travaux parce qu’on ne veut pas de cadeau empoisonné. On a alors adressé une demande à la mairie, à la préfecture et au gouvernorat », a dit le président des jeunes.

Aziz Diop

Après avoir écouté ses visiteurs, le Préfet de Kankan, Aziz Diop, a effectué une visite sur le terrain, échangé avec les citoyens et quelques responsables de Guiter sur la situation. Selon lui, « ces sages et jeunes sont venus ce matin, m’exprimer leurs préoccupations liées à la réalisation des infrastructures routières, notamment la voie 17 au quartier Sogbè. Effectivement, on s’est rendu sur le terrain et on s’est rendu compte que les préoccupations exprimées par les citoyens sont réelles. Alors, il fallait accéder à leur demande. Nous sommes revenus au bloc préfectoral et on a décidé d’écrire au ministre des travaux publics avant que la voie là ne soit touchée, de faire un appui financier supplémentaire pour qu’on puisse creuser des canaux pour faciliter le drainage des eaux pendant la saison des pluies ».

Sur le terrain, après les explications des émissaires de Guiter sur l’impossibilité de creuser ces canaux d’évacuations, certains jeunes ont menacé de barricader la route et d’empêcher la société de travailler s’ils ne sont pas satisfaits. « S’ils ne creusent pas des caniveaux, on ne va pas les laisser travailler ici, on va barricader la route pour réclamer notre droit », a lancé un d’entre eux.

Les émissaires de la société Guiter ne se sont pas prêtés aux questions de notre reporter. Toutes nos tentatives de rentrer en contact avec la cellule de communication de l’entreprise au quartier Kankan-Koura sont restées vaines.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00224 627 24 13 24

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