‘’Histoire du royaume de Kania, actuel Kindia’’ : le livre d’Abdoulaye Salim Camara

21 juin 2021 à 13 01 09 06096

Fruit de 13 ans d’intenses fouilles et de recherches, ce livre de 169 pages retrace les pas du royaume de Kania (actuel préfecture de Kindia) fondé au ⅩⅤème siècle par Manga Kindi Camara. Il a été écrit par Abdoulaye Salim Camara, diplômé en Histoire de l’université Julius N’yéréré de de Kankan, journaliste et enseignant-chercheur à Conakry. Cet ouvrage a été dédicacé depuis février 2020 à la ‘’Maison des écrivains de Guinée’’, sise à Taouyah, dans la commune de Ratoma ; mais, c’est le samedi dernier, 19 juin 2021, qu’il a été présenté au public de la cité des agrumes à l’université de Kindia. C’était à l’occasion d’une cérémonie qui a été présidée par le ministre de l’environnement, des eaux et forêts, Oyé Guilavogui, constaté un des correspondants de Guineematin.com à Kindia.

Abdoulaye Salim Camara, enseignant-chercheur à Guinée Conakry

« Histoire du royaume de Kania, actuel Kindia », est un livre de six (6) chapitres écrit par le guinéen Abdoulaye Salim Camara. A travers les 169 pages de cet ouvrage, l’auteur narre, dans un style particulier et très distingué, l’histoire de la Cité des agrumes. Des mécanismes de sa fondation à l’organisation politique et administrative de ce royaume de feu Manga Kindi Camara, rien n’échappe à la fine plume de cet écrivain guinéen. Et ce samedi, Abdoulaye Salim Camara parle de son livre avec beaucoup de fierté. Car, cette œuvre est une contribution inestimable à la connaissance du patrimoine historique et de l’histoire de la Guinée. Une histoire extrêmement riche d’amour, de paix, d’amitié et de cohabitation pacifique.

« Le premier chapitre expose sur les mécanismes qui ont prévalu à la fondation du royaume de Kania qui a vu le jour en 1750 à Friguiagbé sous l’initiative de Manga Frigui Camara ; alors que le deuxième chapitre parle de son organisation politico-administrative. Ce livre retrace l’histoire du royaume de Kania, devenu au fil du temps préfecture de Kindia. Un royaume qui était constitué de quatre provinces, à savoir Wantamba Kiri (Kindia), Samoun Kiri (Samaya), Kélessi Kiri (Molota) et Magnéria Kiri (Friguiagbé) avec des structures organisationnelles irréprochables. Il (le royaume de Kania) établit des relations diplomatiques et amicales avec tous les peuples de la Guinée du littoral jusqu’en forêt en passant par le Foutah et la savane. Ce qui témoigne que le sens de l’unité, de la fraternité et de la solidarité ont toujours prévalu dans les sociétés guinéennes », a confié Abdoulaye Salim Camara.

Abdoulaye Salim Camara, enseignant-chercheur à Guinée Conakry

Dans ce livre publié aux ‘’ Collection l’Afrique D’hier’’, puis à ‘’MAFEDITION’’ de Bamako (en République du Mali) en septembre 2020, l’auteur promène le lecteur dans l’histoire de ce vieux royaume et le fait découvrir les dix rois qui y ont régné. Il met aussi en exergue deux grandes figures de la résistance contre la pénétration coloniale française en Guinée. Egalement, à travers cette œuvre, l’auteur abreuve ses lecteurs d’une riche et diverse histoire de la terre d’un peuple de fratrie d’une grande civilisation.

« L’histoire nous fait découvrir deux grandes figures de la résistance guinéenne à la conquête coloniale dont : Gali Manguè Sounkhori Modou Soumah et Thierno Aliou Ndiaye dit Waliou de Gomba qui défendirent avec bravoure le Kania contre le système colonial jusqu’au dernier souffle de leur vie. Ce qui veut dire, l’histoire de Kania, de par sa richesse et sa diversité, constitue un véritable réservoir de savoir pour tous les guinéens », a indiqué Abdoulaye Salim Camara.

A noter que le livre ‘’Histoire du royaume de Kania, actuel Kindia’’ du journaliste Abdoulaye Salim Camara est disponible en Guinée et est vendu à 100 mille francs guinéens. Il a été présenté au public de Kindia le weekend dernier avec l’aide d’AJRAF (association des jeunes ressortissant et Amis de Friguiagbé).

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél : 628518888

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Création d’une nouvelle confrérie en Guinée : « ils ne sont plus musulmans »

18 juin 2021 à 17 05 33 06336
Elhadj Mamadou Saliou Camara, premier imam de la grande mosquée Fayçal

Comme annoncé précédemment, des citoyens de Kankan ont annoncé hier, jeudi 17 juin 2021, la création d’une nouvelle confrérie musulmane en Guinée. Dénommée Djèdèkolobaaya, cette confrérie vise à promouvoir la prière (salat) dans la langue maninka. Elle a pour guide spirituel, le controversé imam Ismaël Nanfo Diaby, détenu depuis quelques semaines à la Maison centrale de Kankan pour troubles à l’ordre public.

Cette annonce suscite des réactions chez les leaders religieux musulmans. Dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com, ce vendredi 18 juin, le premier imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry s’est dit surpris de cette nouvelle. Selon Elhadj Mamadou Saliou Camara, les fondateurs de cette confrérie ont déserté l’islam et ne peuvent donc plus être considérés comme étant des musulmans.

« Ce que je peux dire pour le moment par rapport à ça, c’est que l’islam c’est la religion d’Allah, il ne doit pas y avoir de division au sein de la religion d’Allah, il ne doit pas y avoir des sectes et des confréries au sein de la religion d’Allah. Le mot Djèdèkolobaaya, c’est la signification du terme islam en maninka. Si c’est en soussou, on dit Yètèkhouroudinè. Mais en créant cette confrérie, ils ont déserté l’islam. Donc, actuellement, ils ne sont plus musulmans. Qu’Allah guide leurs pas vers la vérité », a dit le leader religieux.

Elhadj Mamadou Saliou Camara promet de passer à la télévision pour « expliquer profondément » cette situation.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Une nouvelle confrérie musulmane créée en Guinée : « Nanfo Diaby est notre guide spirituel »

17 juin 2021 à 20 08 50 06506

La condamnation de Nanfo Ismaël Diaby par la justice guinéenne n’a nullement découragé ses partisans. Ces derniers ont décidé de créer une nouvelle confrérie musulmane dénommée « Djèdèkolobaaya », qui promeut la Salat (prière) dans la langue maninka (N’ko). Et ils ont choisi l’imam controversé, actuellement détenu à la Maison centrale de Kankan, comme guide spirituel. Ils ont annoncé cette décision dans une déclaration lue ce jeudi, 17 juin 2021, devant la presse, à Kankan. Une déclaration que Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous.

Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.

Une assemblée générale constitutive des membres fondateurs de la Confrérie Musulmane de Djèdèkolobaaya s’est tenue virtuellement le dimanche 12 juin 2021 de 17h00 à 20h00.

La réunion a connu la participation de membres établis dans les pays suivants : Belgique, Espagne, Thaïlande, Allemagne, Libye, France, Mali, Côte d’Ivoire, Italie, Guinée Bissau, Nigéria, Congo Brazzaville, Turquie, Arabie Saoudite et la Guinée.

Les résolutions de l’Assemblée générale constitutive sont les suivantes :

Eriger la réunion en assemblée générale constitutive de la confrérie musulmane de Djèdèkolobaaya qui est une association regroupant les membres de la communauté musulmane qui veulent accéder à Dieu en faisant la Salat dans la langue accessible aux fidèles ;

A l’image de nombreuses obédiences musulmanes comme le wahabisme, la Tidjania, la Quadriya, le sunnisme, le chiisme, l’amadia, du soufisme, du mouridisme.., la confrérie de Djèdèkolobaaya s’est constituée et s’administre librement dans le respect de la diversité du monde musulman et des non musulmans ;

Un document islamique issu de sources vérifiables sera bientôt publié dans différentes langues pour expliquer les fondements religieux indiscutables de la validité de la salat dans les autres langues que l’arabe ;

Désigner l’imam Nanfo Ismael DIABY comme le Nyèbaa, Guide Spirituel, de Djèdèkolobaaya ;

Notifier la formation de cette confrérie et la désignation du Nyèbaa Nanfo Ismael DIABY aux différentes autorités administratives des pays concernés y compris à ceux spécifiques de la Guinée, pays du citoyen et de résidence du guide spirituel ;

L’assemblée a décidé que la déclaration informant l’opinion nationale et internationale de la constitution de la confrérie religieuse musulmane de Djèdèkolobaaya sera lue lors d’une conférence de presse à Kankan, ville du guide spirituel Nanfo, le jeudi 17 juin 2021.

Par ailleurs, l’assemblée constitutive demande à la justice et aux autorités religieuses de la Guinée, de mettre fin à l’arbitraire en libérant Nanfo Ismael DIABY, car le Guide n’a enfreint à aucune loi ni islamique, ni à celle de son pays.

De ce fait, si les juridictions nationales guinéennes refusent de dire le Droit dans l’affaire Nanfo, et après avoir épuisé les voies de recours internes, la confrérie de Djèdèkolobaaya, se réserve le droit de saisir contre les juridictions internationales, notamment la cour de justice de la CEDEAO et la cour africaine des droits de l’homme et des peuples.

L’Association Djèdèkolobaaya s’associera au comité de libération du guide Nanfo en renforçant l’équipe de sa défense déjà composée d’un pool d’avocats dont Maître Salif Béavogui, Maitre Mohamed Kourouma et Maitre David Béavogui.

Enfin, la confrérie de Djèdèkolobaaya, salue les personnalités publiques, les avocats, de nombreux anonymes et volontaires qui se sont coalisés pour défendre les droits violés du citoyen Nanfo.

L’assemblée constitutive de Djèdèkolobaaya.

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Interdiction du pèlerinage aux non-résidents en Arabie Saoudite : la réaction du DG de ‘’Nouroul Makka pour le Hajj et la Omra’’

15 juin 2021 à 14 02 27 06276
Elhadj Mansour Fadiga, chroniqueur Islamique et imam de la grande mosquée de Nongo

Pour la deuxième année consécutive, les fidèles musulmans vivants hors du territoire saoudien seront privés du grand pèlerinage aux lieux saints de l’islam. Ceci, à cause de la pandémie du COVID-19 qui sévit dans le monde depuis décembre 2019. Les autorités saoudiennes ne comptent pas prendre le risque de mobiliser sur leur sol une marrée de musulmans venus de tous les coins et recoins de la planète pendant cette crise sanitaire mondiale. Et, dans cette logique, ils viennent d’interdire aux musulmans non-résidents en Arabie Saoudite de s’y rendre cette année pour le pèlerinage. Une triste décision qui a une incidence négative sur les entreprises de voyage spécialisées dans le transport de pèlerins aux lieux saints de l’Islam.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce mardi, 15 juin 2021, Elhadj Mohamed Mansour Fadiga, imam Ratib de la mosquée centrale de Nongo et Directeur général de l’Agence de voyage guinéenne ‘’Nouroul Makka pour le Hajj et la Omra’’, a laissé entendre que cette situation est une « triste nouvelle » qui fait perdre aux fidèles musulmans des avantages spirituels et économiques.

« Nous allons dire que c’est une triste nouvelle pour la umma islamique. Mais, comme c’est dans le cadre de la préservation de la vie des hommes pour ne pas encore éparpiller la Covid-19 au sein des pèlerins, nous ne pouvons qu’accepter. Mais, pour nous (agence de voyage) c’est une triste nouvelle, d’autant plus que le pèlerinage est composé de plusieurs variantes. Il y a le volet purement spirituel, parce que c’est grâce au pèlerinage que nous arrivons à nous laver de nos souillures, comme l’a dit le prophète Mohamed (PSL) : quiconque va faire un bon pèlerinage avec une intention sincère sera purifié de ses pêchés comme le jour où sa maman l’a mis au monde.

Mais, avec ce côté spirituel qui nous manque déjà, il y a aussi le côté économique. Le pèlerinage représente le plus grand marché mondial. C’est le monde entier qui amène les marchandises pour revendre et pour acheter d’autres marchandises. Donc, c’est un marché mondial. Ça, c’est sur le plan économique qui concerne le monde entier. Dieu a qualifié le pèlerinage en donnant l’ordre à Abraham lorsque celui-ci a fini de construire la Kaaba, il a dit : fais appel au monde entier pour leur demander de venir faire le pèlerinage et pour assister à des avantages qui leur concerne. Ces avantages sont aussi économiques. Donc, sur le plan économique, c’est le monde entier qui profite. Malheureusement, cette année encore, tout ça c’est tombé dans l’eau », a déploré l’imam Elhadj Mohamed Mansour Fadiga.

Pour ce patron d’agence de voyage guinéenne, l’interdiction du pèlerinage aux musulmans non-résidents en Arabie Saoudite pénalise les entreprises de voyage qui ont pourtant des charges à supporter (frais de locaation du siège, salaire des employés permanents, etc).

« Maintenant, nous qui sommes dans les agences privées qui sont des agences qui viennent aider le gouvernement et le secrétariat général pour que nos parents qui ne connaissent rien arrivent à bien accomplir leur hadj, nous sommes affectés. Le pèlerinage nous aidait aussi, nous les agences, à subvenir à nos besoins pour soutenir nos familles. Par exemple, il y a des restauratrices ici qui partaient pour se débrouiller, des commerçants qui partaient pour se débrouiller, etc. Au niveau des agences, nous avons les charges de nos sièges, il y a des agences qui ont des employés permanents, etc. Pour arriver à payer tous ceux-ci et payer le loyer des bureaux durant deux ans maintenant, c’est difficile pour nous. C’est pourquoi nous disons que c’est une triste nouvelle et on ne sait pas qu’est-ce qu’il faut faire. Face à cela, nous demandons au gouvernement de venir au secours des agences sinon, beaucoup d’agences vont fermer. Et, ce sont des agences qui nourrissaient beaucoup de familles », a indiqué Elhadj Mohamed Mansour Fadiga.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Canicule du Pouvoir : Ces mémoires d’Ibrahima Sampiring font un formidable présent aux générations futures (Laurent Correau)

10 juin 2021 à 17 05 32 06326

L’ancien maire de Labé, Elhadj Ibrahima Sampiring Diallo, enseignant à la retraite, vient de publier son premier essai chez les Editions Gandal à Kipé, dans la commune de Ratoma, à Conakry. Avec une préface de Laurent Correau, Rédacteur en Chef Afrique à Radio France Internationale, Canicule du Pouvoir retrace l’itinéraire de son auteur. L’ouvrage s’ouvre sur l’évocation de la période coloniale et se referme sur des souvenirs de la vie politique locale, avec une parenthèse sur l’intelligente réponse apportée à Sékou Touré par l’érudit Elhadj Thierno Abdourahmane Bah autour du racisme peule. Guineematin.com vous fait lire ci-dessous la préface de Laurent Correau.

La mémoire d’un homme peut être un guide précieux. Particulièrement quand il faut avancer sur les terres embrumées d’une Histoire nationale encore en cours d’écriture. Toute personne qui a eu l’occasion de s’asseoir dans le salon d’Ibrahima Sampiring Diallo à Labé et de l’écouter a pu le mesurer. Les mille anecdotes et petits détails qu’il a gardés en tête restituent des ambiances, font surgir des visages. Des époques revivent avec une précision remarquable. C’est ce qui donne à ses mémoires, désormais couchées sur le papier, un intérêt tout particulier.

On le mesure très vite dans l’ouvrage : son récit du 14 juillet 1956 est un témoignage d’une rare précision sur les rapports coloniaux et la façon dont la République française se mettait en scène dans sa colonie guinéenne au moment des célébrations de la fête nationale, deux ans avant l’indépendance. On ne peut qu’être frappé, six décennies plus tard, par le paternalisme qui se manifeste lors de la tournée effectuée ce jour-là par les élèves guinéens dans le « quartier des blancs » de Labé.

Ces mémoires nous offrent un récit personnel, depuis les localités de l’intérieur du pays, de plusieurs moments essentiels de l’histoire de la Guinée, comme la campagne du NON et le vote du 28 septembre 1958… ou encore le « complot des enseignants » de 1961 qui fut à l’origine de heurts à Labé. On voit comment la Loi-Cadre du 8 novembre 1964 a accentué l’exode des Guinéens dans les pays voisins. On partage l’émotion des habitants de Labé le jour où la mort de Sékou Touré a été annoncée. On constate comment la grande ville du Fouta a réagi à la prise de pouvoir de Lansana Conté en 1984 et au coup d’Etat de Diarra Traoré en 1985.

« Canicule du pouvoir » s’ouvre sur l’évocation de la période coloniale et se referme sur des souvenirs de la vie politique locale pendant les années Conté. La Première République (1958-1984) occupe la place centrale du récit.

Le quotidien de cette époque transparaît au fil des pages. On voit le jeune enseignant tenter d’utiliser, en 1968, une « réquisition de transport » pour traverser le pays de Macenta à Conakry. Plus loin, on découvre comment, faute d’autorisation, il doit recourir à un passeur pour aller voir de manière clandestine sa famille au Sénégal, à Tambacounda. On prend place avec lui dans une file d’attente, un jour de mai 1975, dans l’espoir (finalement déçu) de pouvoir obtenir un morceau de viande pour pouvoir fêter l’anniversaire du Parti Démocratique de Guinée (PDG).

On saisit d’ailleurs, au travers de ces mémoires, l’importance du dispositif de surveillance mis en place par le Parti-État sous la Première République. Cette surveillance se ressent notamment dans un moment du récit très intimiste, quand l’auteur décrit son idylle avec une religieuse suisse à Macenta. Le PDG, informé, fera tout pour mettre fin à la liaison. En pointillé du récit d’Ibrahima Sampiring Diallo, on sent la nécessité quasi-permanente, sous la Première République, de prouver sa conformité à la ligne de la Révolution. Le récit de la comparution de Sampiring devant le Pouvoir Révolutionnaire Local (PRL) de son quartier, à Labé, pour expliquer les raisons de son absence aux réunions hebdomadaires en est une belle évocation. Le titre même de cet ouvrage – Canicule du pouvoir – rend bien compte de la pesanteur du climat politique instauré par le parti-Etat : arrestations, comparutions devant les hommes en uniforme, crainte d’être malmené… La peur affleure à plusieurs reprises dans les pages de ces mémoires. La peur et, en miroir, de nombreux gestes discrets de compassion ou de solidarité, y compris d’inconnus.

Le Parti-État a aussi produit des notables convaincus de leur toute-puissance. On croise dans ce récit Ismaël Touré, le demi-frère du président Sékou Touré, mais aussi Emile Cissé, une figure complexe et méconnue de la Première République. Au moment des faits rapportés par Ibrahima Sampiring Diallo, Emile Cissé est déjà auteur de roman et de théâtre, président de l’Éducation Révolutionnaire Locale. Il joue déjà un jeu trouble dans le premier cercle du pouvoir. « Un manipulateur dangereusement subtil » nous raconte Sampiring.

La canicule politique ne s’arrête pas avec la fin de la première République. Ce livre de mémoires le montre clairement. Dans la troisième partie de son ouvrage, Sampiring nous fait discrètement entrer dans l’histoire de la démocratisation guinéenne, avec ses jeunes partis politiques, ses manœuvres et ses rapports de force.   

Les fâcheux diront, une fois de plus, que ce récit est partiel, que c’est un simple point de vue. Ils auront raison et tort. Vu l’état des archives de la Guinée, les anciens qui consignent leurs souvenirs font un formidable présent aux générations futures. Ceux qui contesteront tel ou tel souvenir d’Ibrahima Sampiring Diallo devraient à leur tour prendre la plume pour consigner leur version des faits. C’est ce croisement des regards qui pourra conduire à un récit historique véritablement polyphonique. 

Un dernier mot enfin : ce travail est l’œuvre conjointe d’un père et de son fils. Le texte qui suit est né de leurs échanges. Et c’est à ces deux hommes qu’il faut rendre hommage pour avoir accompli ce devoir de mémoire. Pour avoir accepté, à leur tour, de braver les critiques et de travailler à faire reculer le silence.

Laurent Correau

Rédacteur en chef Afrique à Radio France Internationale

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Mamou : le cimetière de Kabyah devenu un lieu de consommation de drogue pour certains jeunes de la ville

7 juin 2021 à 17 05 41 06416

Créé en 1930 (soit 28 ans avant l’indépendance de la Guinée), le cimetière de Kabyah, situé à Kimbely, un quartier au nord-ouest dans la commune urbaine de Mamou, est le deuxième cimetière (après celui de Tambassa) de la ville carrefour. Plusieurs morts (dont des notables de Mamou) y reposent depuis des décennies. Mais, depuis quelques temps, des jeunes érigent domicile dans ce cimetière pour consommer du chanvre indien et autres stupéfiants. Cette situation exaspère les sages et les autorités de Kimbely qui dénonce « un manque de respect envers les morts », rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

En dépit de sa vieillesse, le cimetière de Kabyah n’est pas encore clôturé. Et, de ce fait, il est aujourd’hui est proie aux chiens errant qui partent quotidiennement y déterrer des corps. Mais, depuis quelques temps, ce cimetière est aussi devenu un lieu d’attraction et de regroupement de groupuscules de jeunes consommateurs de chanvre indien et d’autres stupéfiants. Elhadj Saïdou Sall, le 1er Imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou est exaspéré par cette situation déshonore ce lieu de repos des morts.

Elhadj Saïdou Sall, premier imam de la mosquée de Kimbely et membre de la ligue islamique préfectorale de Mamou

« Nous avons constaté que notre cimetière rencontre des problèmes très épineux à cause de l’accès des chiens et les enfants drogués dans ce cimetière. Beaucoup de corps sont déterrés par les chiens ; et ça, c’est à chaque jour. Donc, c’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les autorités  surtout les autorités religieuses et administratives et les personnes de bonnes volontés de nous aider. Le cimetière a une place de choix dans la religion, c’est un lieu sacré qu’on doit honorer. Il  constitue pour nous une demeure avant le paradis ou l’enfer. Le prophète visitait tous les lundis et jeudis le cimetière de Ouhoud », dit-il avec indignation.

Tout comme ce sage du quartier, Sékou Yalani Camara, le chef quartier de Kimbely, est en colère contre ces jeunes qui font du cimetière de Kabyah un « temple » de consommation de stupéfiants. Et, il demande l’aide des bonnes volontés pour clôturer ce cimetière.

Sékou Yalani Camara, chef quartier de Kimbely

« Le premier Cimetière de  Mamou fut Tambassa et le deuxième fut Kabyah ici à kimbely  créé depuis 1930. La première personne enterrée ici fut le vieux Demba le propriétaire d’ici selon la déclaration de nos ancêtres. Nous avons constaté avec amertume certains jeunes viennent se droguer ici, mais aussi les chiens errants déterrent nos parents enterrés. Les enfants se mobilisent pour se droguer ici. C’est pourquoi certaines personnes comme Nana Kourouma et autres nous viennent en aide pour finir les travaux de clôture. Nous demandons aux personnes de bonne volonté, aux ressortissants, de nous venir en aide. Car, chaque personne a ici un parent. Nous demandons aux parents de penser à l’éducation de leurs enfants. Se droguer est anormal, à plus forte raison se droguer dans un cimetière », a dénoncé Sékou Yalani Camara.

De Mamou, Boubacar Ramadan Barry pour Guineematin.com

Tél : 625 69 89 19 / 657 34 39 39

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Participation ou pas de la Guinée au Hadj 2021 : le Gouvernement entretient le doute (Communiqué)

7 juin 2021 à 13 01 51 06516

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, les fidèles musulmans de la République de Guinée ne savent toujours pas s’ils seront autorisés ou pas d’effectuer le pèlerinage cette année. Mais, contrairement aux pays occidentaux, le Royaume d’Arabie Saudite n’hésite pas avec la Guinée à cause des innombrables violations des droits humains, le changement de la Constitution pour imposer un troisième mandat d’Alpha Condé, les arrestations et détentions d’opposants. 

Les doutes sur la participation ou pas des pèlerins guinéens sont plutôt causés par les épidémies qui se surpassent en Guinée. Comme on le sait, au-delà de la pandémie du Covid-19, la Guinée est également sécouée par l’épidémie d’Ebola et la fièvre Lassa. À deux mois de la station de Arafat, les candidats guinéens au pèlerinage ne savent pas s’ils auront ou pas l’autorisation d’entrer en Arabie Saudite. Et, ce n’est pas le communiqué que le Gouvernement guinéen vient de pondre qui répond à la question. Au contraire, cette communication sème encore le doute dans la tête des candidats. Les dirigeants guinéens menacent toute agence qui enregistrerait « de potentiels pèlerins » ou même qui ne ferait qu’entamer « des opérations liées au Hadj 2021 ».

N’étant pas suffisamment clair sur la question qu’il a décidé d’aborder sans en avoir été contraint, le Gouvernement laisse penser qu’il a lui-même des doutes. Ne pouvant donc être sûr que les candidats de notre pays auront ou pas l’autorisation d’aller à la Mecque, le Gouvernement interdit aux agences de se comporter comme si la Guinée avait déjà le quitus du Royaume d’Arabie… Allahou Akbar !

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose GRATUITEMENT ce communiqué :

Le Gouvernement guinéen informe les citoyens que la date retenue, cette année, pour le pèlerinage aux lieux saints de l’Islam est le 19 juillet 2021. Les autorités du Royaume d’Arabie Saoudite ont fixé le nombre de candidats-pèlerins venant de l’étranger à 45000. Au moment opportun, elles détermineront le quota réservé à chaque pays de la Ummah islamique, ainsi que les conditions pour effectuer le pèlerinage. 

Le Gouvernement guinéen, à son tour, donnera toutes les informations nécessaires et utiles aux candidats au pèlerinage de cette année et leur fera part des dispositions pratiques à prendre. En attendant, aucune agence de voyage ne peut enregistrer de potentiels pèlerins ou entamer des opérations liées au Hadj 2021.

Le Gouvernement guinéen compte sur l’esprit civique et la collaboration de tous afin de prévenir tout désagrément. D’ores et déjà, il avertit que des mesures seront prises contre toute éventuelle violation de cette décision, pouvant aller jusqu’à la suspension des agences contrevenantes, l’application de lourdes pénalités et l’engagement de poursuites judiciaires.

Fait à Conakry, le 6 juin 2021

Tibou Kamara, Ministre d’État, Porte-parole du Gouvernement

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Apprendre à lire le coran en 3 mois : vers le lancement de la 12ème édition

6 juin 2021 à 12 12 21 06216

Le CIFOD (Centre Islamique de Formation et de Documentation) a le plaisir d’informer les fidèles musulmans de Guinée, qu’elle s’apprête à lancer la 12ème édition de son programme intitulé « APPRENDRE À LIRE LE CORAN EN 3 MOIS ». Un programme conçu pour répondre au besoin de formation des intellectuels qui n’ont pas eu la chance d’apprendre à lire le coran à bas âge.

Il est bien sûr impossible de maîtriser le coran entier en trois mois, nous n’avons pas de baguettes magiques ! Mais il est bien possible d’avoir une initiation à la lecture du coran en 12 séances (3 mois), en raison de de 3 heures par séance. Cela a déjà été expérimenté pendant plusieurs années dans plusieurs pays, et le résultat a été très positif.

Comment se déroule cette formation ?

Nous consacrons tout le premier mois à la maîtrise des 28 lettres de l’alphabet arabe (le coran entier n’est constitué que d’une combinaison des 28 lettres de l’alphabet arabe). Ensuite, nous consacrons le deuxième mois à l’apprentissage des règles de base de la grammaire arabe : les 3 types de voyelles (les voyelles brèves, les voyelles longues et les voyelles doubles ou tanwines), les consonnes doubles ou chadda et l’article défini de liaison.

Enfin, le dernier mois est consacré à l’application pratique de la lecture du coran avec la Sourate Yassine, puis on clôture la session par une évaluation. Après cette session, l’apprenant a la possibilité, s’il le souhaite, de s’inscrire pour une nouvelle session de trois mois (niveau 2) afin de s’améliorer dans la lecture du coran.

« LISEZ LE CORAN CAR IL SERA VOTRE INTERCESSEUR LE JOUR DU JUGEMENT DERNIER » (Hadith du prophète).

Pour plus d’informations sur ce programme, veuillez appeler les numéros suivants : 620508999 / 657985659.

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Hajj 2021 : toujours des doutes sur la participation des pèlerins guinéens à la Mecque

4 juin 2021 à 9 09 56 06566

A moins de deux mois du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, (le 19 juillet est probablement la journée d’Arafat), la Guinée n’est pas fixée sur sa participation ou non au Grand pèlerinage de la Mecque pour l’année 2021. Malgré les sollicitations d’entretien exprimées plusieurs fois par un reporter de Guineematin.com auprès des autorités de l’Ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, il n’y a toujours aucune réponse.

Le mercredi dernier, 2 juin, une source non officielle de la chancellerie, a expliqué ceci à notre rédaction de la part du Chargé d’affaire du Royaume saoudien : « ils accéderont à la demande de Guineematin.com dès qu’ils auront une réaction du ministère du Hajj et de la Omra ». comme pour dire qu’ils ne peuvent rien nous dire pour le moment, ne sachant pas eux-mêmes si la Guinée sera autorisée ou pas à participer à ce pèlerinage.

Même son de cloche au Département guinéen des Affaires religieuses. Aucun responsable du Secrétariat général aux affaires religieuses n’accepte de se prêter à nos récurrentes questions sur la participation ou pas des candidats guinéens au Grand pèlerinage 2021.

Dans les couloirs de ce Département, des voix soutiennent de plus en plus l’impossibilité, en tout cas, pour la Guinée, de prendre part, comme dans le passé, à ce voyage religieux. Même si l’Arabie Saoudite a annoncé, le 6 mai dernier, la tenue du Grand pèlerinage cette année.

Ces pessimistes évoquent la présence non seulement du nouveau coronavirus qui a fait d e nombreuses victimes un peu partout dans le monde, même en Arabie Saoudite, mais également de la résurgence d’Ebola et de la présence de la fièvre Lassa en Guinée. En terme clair, même si les deux dernières maladies sont circonscrites, des inquiétudes demeurent à ce niveau pour la participation de la Guinée à ce rendez-vous mondial.

Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Un groupe de cadres qui croit encore au miracle pense qu’il est bien possible pour les fidèles musulmans de la Guinée de renouer avec le voyage religieux, après une année d’interruption, liée au confinement généralisé de mars 2020, imposé par la propagation vertigineuse du Covid-19 dans le monde.

Il est à préciser qu’à ce jour, au Secrétariat général des affaires religieuses, il n’est mentionné nulle part, sur aucune affiche, des conditions de participation au pèlerinage de cette année, encore moins des modalités à suivre pour être du lot des pèlerins. Ce qui pousse certains à conseiller aux futurs candidats de se garder pour le moment de donner leur argent à qui que ce soit, jusqu’à ce que le Royaume Saoudien informe officiellement la Guinée l’autorisation ou non de prendre part au pèlerinage de cette année.

A rappeler que l’année dernière et les deux années sévères d’Ebola, la Guinée n’avait pas été autorisée à envoyer des pèlerins à la Mecque. Habituellement, avec plus de 90% de la population musulmane, la Guinée  fait voyager plus de sept mille candidats au pèlerinage.

À suivre !

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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N’Zérékoré : ABLOGUI clôture avec succès son projet « 1LivrePourZaly »

31 mai 2021 à 16 04 24 05245

Lancé en novembre 2017 par l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), le projet intitulé « 1LivrePourZaly » a été clôturé samedi dernier, 29 mai 2021. L’initiative a permis d’équiper entièrement la bibliothèque de N’Zérékoré, qui a été mise à la disposition de la population locale. La cérémonie a été présidée par le préfet de N’Zérékoré, accompagné du directeur préfectoral de l’éducation et d’autres cadres, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Construite en 2013, à l’occasion de la célébration de la fête tournante de l’indépendance nationale, la bibliothèque de N’Zérékoré était jusque-là non fonctionnelle. Il ne s’agissait en fait pas d’une bibliothèque, mais d’un simple bâtiment, ne disposant d’aucun livre ni d’aucun meuble. C’est suite à ce constat amer que l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) a initié un projet intitulé « 1LivrePourZaly », qui a permis d’équiper entièrement cette bibliothèque. Un motif de satisfaction et de fierté pour Mamadou Alpha Diallo, le président de l’ABLOGUI.

Mamadou Alpha DIALLO, président de l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI)

 « Cette cérémonie marque la fin de l’initiative #1LivrePourZaly, lancée en 2017. Pour la petite histoire, tout est partie d’une formation que nous avons organisée dans l’enceinte de cette bibliothèque. Alors que Conakry était déclarée capitale mondiale du livre, nous avons été touchés de constater que ce grand bâtiment construit par notre Etat manquait de livres. Nous nous sommes alors dit qu’il faut parachever ce que nos autorités ont pu commencer, en tant que jeunes guinéens. Nous avons alors décidé de lancer une campagne numérique, en mettant à contribution des jeunes de N’Zérékoré que nous  avions formés auparavant.

Le résultat a vite suivi, parce qu’il y a une entreprise qui nous a offert 2 ordinateurs, puis ce fut au tour de L’Harmattan Guinée de nous offrir 70 cartons de livres. Les chaînes France 24 et  France Infos ont ensuite repris notre travail, et des centaines de téléspectateurs ont donné des livres. Ce qui était une campagne de jeunes devient une campagne internationale avec la participation active des associations des  étudiants guinéens à l’étranger. Mais ces livres collectés, une fois envoyés à N’Zérékoré, n’ont pas pu être exposés, car la bibliothèque ne disposait pas suffisamment de meubles.

C’est alors que nous avons conçu la deuxième phase du projet. Grâce au soutien de l’Ambassade des États-Unis et des membres de l’ABLOGUI, nous avons pu mobiliser plus de 15.000 dollars. Cela nous a permis d’installer un kit d’énergie solaire, de confectionner des meubles, de décorer pour rendre plus attrayante la bibliothèque et enfin, d’acquérir de nouveaux livres », a indiqué le président de l’Association des Blogueurs de Guinée.

Saa Yola Tolno, préfet de N’zérékoré

Le préfet de N’Zérékoré a vivement salué cette action de l’Association des Blogueurs de Guinée, avant d’inviter les élèves à profiter pleinement de cette opportunité qui leur est offerte pour améliorer leur niveau en français. « Je vous prie chers jeunes de prendre au sérieux les études, et la base des études se fait par la lecture. Aujourd’hui, avec les SMS que vous écrivez sur vos téléphones portables, vous avez inventé un autre français à vous. Même lors des examens, certains utilisent ce français particulier, ils font tellement de fautes que le correcteur n’a même pas envie de continuer à lire leur copie.

Donc chers élèves, remettez-vous en cause. Faites-vous  un examen de conscience et revenez à la lecture. Faites vous-même des dictées entre vous.  Apprenez, récitez, lisez les livres, consultez les dictionnaires et cherchez à comprendre la signification des mots. Évitez de vous servir du langage des SMS que vous vous envoyez et qui ne vous permettent pas de vous perfectionner en français. Parce que le français est notre langue de travail », a conseillé le préfet, Saa Yola Tolno.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

 Tél. : +224620166816/666890877 

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Condamnation de Nanfo Diaby : son avocat annonce une nouvelle bataille

26 mai 2021 à 19 07 16 05165
Ismaël Nanfo Diaby et son avocat, le 26 mai 2021, au TPI de Kankan

Le camp Nanfo Diaby ne compte pas abdiquer de sitôt. Juste après l’annonce de la décision du Tribunal de Première Instance de Kankan, condamnant l’imam controversé à cause de sa décision de faire la prière dans la langue maninka (N’ko), son avocat a annoncé une nouvelle bataille. Il compte relever appel pour réclamer un autre procès devant la Cour d’appel de Kankan, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Arrêté le 13 mai dernier, alors qu’il officiait la prière de l’Aïd El Fitr à son domicile, l’imam Ismaël Nanfo Diaby a été situé sur son sort ce mercredi, 26 mai 2021. Le Tribunal de Première Instance de Kankan l’a reconnu coupable de trouble à l’ordre public apporté par son ministère de culte et de violation de l’interdiction prise par le Secrétariat général des Affaires religieuses à son encontre. La juridiction a condamné l’imam qui fait la prière (salat) dans la langue maninka à 12 mois d’emprisonnement, dont 6 assortis de sursis, et au paiement d’une amende de 500.000 francs guinéens.

Me Mohamed Kourouma, avocat de Nanfo Diaby

Une décision aussitôt rejetée par l’avocat de la défense. Me Mohamed Kourouma annonce qu’il va interjeter appel pour réclamer le rétablissement de son client dans ses droits. « Nous allons essayer d’appliquer l’article 577 du Code de procédure pénale. Donc nous comptons relever appel de cette décision, parce que nous estimons que M. Nanfo Diaby n’aurait pas dû être condamné par le tribunal correctionnel de Kankan. Les faits à lui reprochés ne sont pas du tout fondés. C’est à tort que mon client a été condamné. Donc je rejette la décision », a dit l’avocat de Nanfo Diaby.

Aly Touré, procureur de Kankan

Egalement non satisfait de la décision du tribunal, le procureur annonce aussi qu’il va relever appel. « Nous allons relever formellement appel, parce que nous estimons que la condamnation pouvait être beaucoup plus élevée par rapport au temps d’emprisonnement. On n’est pas satisfait du quantum de la peine, donc nous voyons le verre à moitié plein. Notre satisfaction réside dans le fait que le tribunal a reconnu coupable Nanfo Ismaël Diaby des chefs d’accusations pour lesquels nous l’avons poursuivi. Ce genre d’individus, fauteurs de troubles à tout bout de champ, doit être éloigné de la société », a dit Aly Touré.

Un nouveau procès devrait donc s’ouvrir prochainement devant la Cour d’appel de Kankan. En attendant, Ismaël Nanfo Diaby reste en détention à la Maison centrale de la ville.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Prière en maninka : l’association N’ko de Siguiri réclame la libération de Nanfo Diaby

26 mai 2021 à 14 02 06 05065
L’imam Ismaël Nanfo Diaby

La polémique se poursuit autour de la décision de l’imam Ismaël Nanfo Diaby de faire la prière (salat) dans la langue maninka (N’ko). Alors que certains condamnent cette attitude, arguant qu’il n’est pas normal pour un musulman de faire la prière dans une langue autre que l’arabe (la langue du coran), c’est tout le contraire chez d’autres.

C’est le cas notamment de l’association N’ko de Siguiri, qui compte plus de 1000 adhérents. Dans une déclaration rendue publique hier, mardi 25 mai 2021, cette organisation a apporté son soutien et sa solidarité à Ismaël Nanfo Diaby, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Des centaines de personnes, venues de la commune urbaine et des sous-préfectures de Siguiri, se sont rassemblées ce mardi 25 mai à la place des martyrs de la préfecture. Ces membres de l’association N’ko de Siguiri sont venus réclamer la libération de Nanfo Diaby. Car, selon eux, l’imam controversé n’a commis une infraction pour qu’il soit mis en prison.

« Comme nous le savons tous, l’imam Nanfo Diaby a été arrêté par les autorités le jour de la fête de l’Aïd El Fitr, dans sa propre concession, à Kankan, pour avoir prié dans sa langue maternelle (le maninka ou N’ko). Les forces de l’ordre ont jeté du gaz lacrymogène sur les membres de sa famille y compris de petits enfants. Sa femme enceinte a été molestée, chose que nous condamnons avec la dernière énergie. A l’heure où nous parlons, Nanfo Ismaël Diaby est en train de souffrir le martyr en prison.

C’est pourquoi, les membres de l’association de N’ko de Siguiri sollicitent auprès des autorités guinéennes, la libération de l’imam Ismaël Nanfo Diaby parce qu’il n’a pas violé la loi. Donc son arrestation est illégale. A ce qu’on sache, la République de Guinée est un Etat laïc. La justice aussi est indépendante et impartiale. Donc personne ne doit et ne peut gagner un procès en raison de sa popularité et vice-versa.

Pour terminer, nous demandons au tribunal de libérer immédiatement l’imam Nanfo et lui accorder officiellement la liberté de prier dans sa langue maternelle », a sollicité Moussa Fanta Traoré, le porte-parole de l’association N’ko de Siguiri.

Il faut noter que cette sortie n’a pas eu une suite favorable. Car Ismaël Nanfo Diaby a été condamné ce mercredi, 26 mai 2021, à 12 mois d’emprisonnement dont 6 assortis de sursis, et au paienement d’une amende de 500 000 francs. Le Tribunal de Première Instance de Kankan l’a reconnu coupable, notamment de trouble à l’ordre public.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Kankan : l’imam Nanfo Diaby condamné à 12 mois de prison

26 mai 2021 à 10 10 58 05585
L’imam Ismaël Nanfo Diaby

Le Tribunal de Première Instance de Kankan a rendu sa décision ce mercredi, 26 mai 2021, dans le procès de Nanfo Ismaël Diaby. La juridiction a retenu l’imam qui fait la prière en langue maninka dans les liens de la culpabilité, notamment de troubles à l’ordre public.

Elle l’a condamné à 12 mois d’emprisonnement dont 6 assortis de sursis et au paiement d’une amende de 500 mille francs, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Kankan. Cette décision du tribunal n’est pas du goût de l’avocat de la défense, mais aussi du procureur. Tous les deux ont promis de relever appel.

Nous y reviendrons !

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Kankan : un collectif de femmes réclame la libération de Nanfo Diaby

25 mai 2021 à 11 11 36 05365
Déclaration du collectif de femmes pour la libération de Nanfo Diaby

C’est un soutien qui intervient à la veille de la publication du verdict du Tribunal de Première Instance de Kankan dans le procès de Nanfo Ismaël Diaby, attendue ce mercredi 26 mai 2021. Un collectif de femmes a animé un point de presse hier, lundi 24 mai, pour apporter son soutien à l’imam controversé, qui a innové en faisant la prière (salat) dans la langue maninka (N’ko). Ces femmes s’insurgent contre l’arrestation de Nanfo Diaby et exigent sa libération, au nom de la liberté de culte consacrée par les lois guinéennes.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la déclaration de ce collectif de femmes :

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Deux patriarches pour la ville de N’Zérékoré ? Les femmes Zowo recadrent les autorités

24 mai 2021 à 20 08 10 05105

Les femmes Zowo prennent position dans la crise liée au contrôle du patriarcat de N’Zérékoré. Une position qu’elles sont allées exprimer aux autorités locales, accusées d’être à l’origine de cette crise. Pour ces femmes, il n’y a qu’un seul patriarche à N’Zérékoré et il faut mettre fin à tout débat sur ce sujet, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Les femmes Zowo en ont marre d’entendre qu’il y a deux patriarches à N’Zérékoré. Pour elles, ce sont les autorités locales (le gouverneur, le préfet et le maire de N’Zérékoré) qui ont inventé cette histoire pour ne pas reconnaître le patriarche choisi par la famille Zogbélémou. C’est pourquoi, elles se sont mobilisées ce lundi, 24 mai 2021, pour aller rencontrer ces autorités et leur dire qu’il y a un seul patriarche à N’Zérékoré, qui est Goikoya Lambert Zogbélémou. Habillées en tenue traditionnelle, ces femmes ont commencé leur tournée par le gouvernorat de N’Zérékoré, avant d’aller ensuite à la préfecture et à la mairie de la ville.

Maan Koliyé Kpèna, présidente des femmes Zowo de N’Zérékoré

« Nous sommes venues voir les autorités, notamment le gouverneur. Mais son directeur de cabinet nous a dit qu’il est en déplacement, tout en assurant que le gouverneur n’a jamais soutenu un camp. Mais ce n’est pas ce que nous, nous pensons. Parce que si ce n’est pas quelqu’un qui soutient un côté, l’affaire du patriarcat, ça ne se discute pas. Les gens n’ont pas besoin de monter et descendre pour ça. Il y a un patriarche qui a été désigné et intronisé, mais c’est fini. Pourquoi les autorités disent aujourd’hui qu’il y a deux patriarches ?

C’est ce qui nous pousse donc à venir vers ces autorités, pas pour leur demander leur avis, mais pour leur dire que nous n’avons qu’un seul patriarche et non deux, comme ils aiment à le dire. Si on veut la paix à N’Zérékoré ou si on veut que tout le monde se couche bien et se réveille bien, il faut reconnaître qu’on a un seul patriarche. C’est le patriarche Goikoya Lambert Zogbélémou qui a été officiellement intronisé par les notables de N’Zérékoré, comme le demande la tradition Kpèlè, et présenté à la population de N’Zérékoré », a déclaré Maan Koliyé Kpèna, présidente des femmes Zowo de N’Zérékoré.

A noter que les femmes Zowo sont les prêtres de la forêt sacrée. Présentées comme étant des détentrices de pouvoirs surnaturels, elles ont une grande influence dans le milieu Kpèlè. Ce sont elles qui avaient réussi à mettre fins aux réticences à Kpaghalaye, lorsque l’épidémie d’Ebola avait ressurgi récemment dans ce village de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com
Tel : +224620166816/666890877

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Procès de Nanfo Diaby : le prononcé du verdict reporté

24 mai 2021 à 14 02 13 05135
Ismaël Nanfo Diaby

Attendu demain, mardi 25 mai 2021, le délibéré dans le procès de Nanfo Ismaël Diaby, l’imam qui fait la prière (salat) en langue maninka (N’ko) n’aura finalement pas eu lieu ce jour. Le TPI de Kankan a renvoyé l’audience au lendemain, mercredi, pour rendre sa décision, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Kankan.

Aly Touré, procureur de la République près le TPI de Kankan

L’information a été confirmée par le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan. Aly Touré explique que cette décision est due au fait que ce mardi est un jour férié. « Le tribunal avait mis le dossier en délibéré pour décision être rendue le mardi 25 mai. Mais on s’est rendu compte que ce jour est férié. Donc le jour ouvré suivant, c’est-à-dire le mercredi 26 mai 2021, le tribunal va rendre sa décision dans cette affaire », a confié le procureur.

Arrêté à cause de son obstination à prier non pas en arabe (la langue du coran), mais en N’ko, Ismaël Nanfo Diaby a été jugé mardi dernier pour « troubles apportés par le ministère de culte et manquement aux dispositions réglementaires de l’article 991 du Code pénal guinéen ». Le procureur avait requis 2 ans d’emprisonnement et le paiement d’une amende d’un million de francs contre l’imam controversé.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Boké : le musée régional inauguré, après rénovation et équipement

24 mai 2021 à 13 01 18 05185
Inauguration du musée régional de Boké

Après sa rénovation et son équipement, le musée régional de Boké a été inauguré le samedi, 22 mai 2021. Présidée par la ministre de la Culture et Patrimoine historique, la cérémonie a connu la présence des autorités préfectorales et communales de Boké, a constaté le correspondant de Guineematin.com sur place.

Général de brigade Mohamed Diané

Le musée régional de Boké a été entièrement rénové et équipé par le général de brigade Mohamed Diané, chef d’Etat-major de l’Armée de terre et fils de Boké. L’officier explique que son acte par le souci de préserver ce grand patrimoine historique. « Ce musée a été inauguré pour la première fois en 1878. Il est le premier poste français des rivières du Sud créé par Faidherbe. Mais 50 ans avant ça, c’est par là que René Caillé est passé à la recherche de Tombouctou. Ce musée a vu partir des dignes fils de ce pays dans le cadre du commerce des esclaves.

Dans le cadre de la rénovation de cet édifice, nous avons changé les portes et fenêtres, refait la peinture intérieure et extérieure, nous avons électrifié le bâtiment à l’aide de panneaux solaires, nous avons mis un podium. Et dans le cadre de la coopération entre les musées, nous avons fait venir la baignoire de Samory, son coffre-fort et 3 fusils de ses Sofas. Nous avons aménagé une salle pour l’exposition des photos et une autre salle d’exposition des œuvres d’art de la localité », a déclaré le général Mohamed Diané.

Hassane Sanoussy Camara, préfet de Boké

Ce geste du chef d’Etat-major de l’Armée de terre est vivement salué par le préfet de Boké. Hassane Sanoussy Camara promet de veiller à l’entretien de ce patrimoine historique pour ne pas qu’il retombe dans les travers du passé. « Monsieur le gouverneur me charge de remercier le général Mohamed Diané pour ce geste qu’il vient de faire. Je précise que nous n’avons rien contribué dans la rénovation et l’équipement du musée. Tout a été financé par le général Mohamed Diané.

Quand vous voyez ce qui s’est passé dans notre histoire, vous aurez des larmes aux yeux. Vous commencez par la prison où nos parents étaient entassés comme des sacs d’arachide, vous continuez sur la route des esclaves qu’on appelle la route de non-retour qui descend jusqu’au port, vous comprendrez ce que nos parents ont subi pendant le commerce des esclaves. C’est pour cela que je prends l’engagement, au nom de mon gouverneur, de prendre soin de cet édifice », a dit l’autorité préfectorale de Boké.

Sona Konaté, ministre de la Culture et Patrimoine historique

En recevant les clés de ce musée, qui a fait peau neuve, la ministre de la Culture et du Patrimoine historique a exprimé une grande satisfaction. Au nom du gouvernement guinéen, Sona Konaté a remercié général Mohamed Diané pour cette action. « Au nom du gouvernement, je saisis cette occasion pour adresser ma gratitude et mes félicitations au général Mohamed Diané et tous ceux qui ont participé à la réalisation des travaux.

Ce geste du général ne nous surprend pas, car avant de rénover et équiper le musée régional de Boké, il avait déjà réalisé le musée de l’armée à Kankan. Nul n’ignore l’importance des musées dans la préservation et la valorisation des patrimoines culturels et historiques, dans l’éducation et le développement local et national. C’est pourquoi, la rénovation des musées figure parmi les priorités de mon département », a dit la ministre.

De Boké, N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tel: 628-98-49-38

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Prière en maninka : un imam radié à Faranah pour avoir soutenu Nanfo Diaby

24 mai 2021 à 11 11 38 05385

Mamady Bayo, imam d’une mosquée de Dandaya, à Faranah, est destitué de ses fonctions, mais aussi interdit de prêcher. C’est la décision prise ce dimanche 23 mai 2021, par l’inspection régionale des Affaires religieuses. Cette sanction fait suite à une sortie de l’imam dans laquelle il a défendu la position de Nanfo Ismaël Diaby, le controversé imam qui fait la prière (salat) dans la langue maninka, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

« Dieu entend toutes les langues, donc on peut prier en langue maninka ». C’est la réponse donnée par l’imam Mamady Bayo à une question d’un citoyen, lui demandant s’il est normal pour un musulman de faire la prière (salat) dans une langue autre que l’arabe (la langue du coran). Ces propos, tenus dans une émission de radio, ont suscité une vague d’indignation à Faranah. Ce qui a amené l’inspection régionale des Affaires religieuses à prendre des sanctions disciplinaires contre l’imam.

« Plusieurs localités ont téléphoné à la ligue islamique pour nous demander si nous aussi, nous avons accepté de prier dans une autre langue qui n’est pas la langue du coran. Après cela, nous avons tenu une réunion avec lui (Mamady Bayo), et il répété les mêmes propos devant nous. C’est ainsi nous avons pris la décision de lui retirer son statut d’imam. Parce que la situation qui prévaut à Kankan (l’affaire Nanfo Diaby, ndlr), il veut semer la même chose ici.

Certains médiateurs ont demandé à ce qu’il revienne dans la même émission pour se dédire, mais il n’a visiblement pas accepté cela puisqu’il n’est pas venu à la radio le samedi. C’est pourquoi, la ligue s’est retrouvée ce dimanche et a décidé de le radier, mais aussi lui interdire de faire des prêches. Même au baptême de son propre enfant, il ne doit pas prêcher. La prière ne lui sera pas interdite, mais il ne peut pas être imam, encore moins prédicateur », a indiqué l’inspecteur régional des Affaires religieuses de Faranah, Elhadj Ismaël Souaré.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224620241513/660272707

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L’association N’ko désavoue Nanfo Diaby : « on ne peut pas prier dans une autre langue que l’arabe »

24 mai 2021 à 8 08 56 05565

C’est la première fois que les sages l’association N’ko s’expriment publiquement sur l’affaire Nanfo Ismaël Diaby, l’imam qui a innové en faisant la prière (Salat) dans la langue maninka (N’ko). Même si son objectif premier est de promouvoir cette langue, l’organisation désapprouve l’attitude du leader religieux, qui attend d’être fixé sur son sort demain, mardi 25 mai 2021, au Tribunal de Première Instance de Kankan. Les sages de cette association disent se conformer à la tradition du prophète de l’islam, consistant à faire la prière (Salat) en arabe (la langue du coran).

« Vu la détérioration de la vulgarisation et de l’apprentissage de l’écriture N’ko par les propos et comportements de certains N’kophones malintentionnés, qui aujourd’hui, sont en train de profaner notre belle religion universelle, qui est la religion musulmane au profit de biens mal acquis çà et là ;

Vu la délation de nos valeurs morales et ancestrales que le peuple mandingue dans son ensemble a connu ces derniers temps par des propos haineux et incendiaires de certains N’kophones qui se réclament défenseurs de cette lange, alors qu’ils sont en réalité des destructeurs ;

Vu que la laïcité n’est pas observable que dans deux ou plusieurs religions et non dans une même religion ;
Nous, associations des sages de N’ko, au nombre de 1025 personnes, déclarons que nous ne pouvons prier qu’en arabe comme l’a fait le prophète Mohamed (PSL). Que le N’ko est une forme d’écriture et non une religion ou une branche d’une religion », lit-on dans cette déclaration lue devant les médias par Karim Kourouma, le secrétaire général de cette association.

Karim Kourouma

M. Kourouma en a profité pour appeler l’imam Nanfo Diaby et ses disciples à changer de comportement : « une religion, c’est quand Dieu envoie un prophète. Et on ne sait pas quel est ce prophète que Dieu a envoyé pour le N’ko. Donc, les gens qui confondent, je les invite à changer rapidement de comportement et de pratiquer l’islam comme le prophète l’a recommandé. Il n’a prié que dans l’arabe », a lancé le secrétaire général de l’association.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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Prière collective nocturne pendant le Ramadan : un imam radié, 6 autres suspendus à Kankan

21 mai 2021 à 7 07 31 05315

Dans une décision rendue publique hier, jeudi 20 mai 2021, le secrétariat communal de la ligue islamique a annoncé la radiation de Elhadj Moussa Doumbouya, imam d’une mosquée au quartier Senkèfara, de sa fonction d’imam pour « pour faute lourde, incitation à la violence et non-respect de la décision des autorités de l’Etat ». La même décision en date du 17 mai dernier fait état de la suspension de six autres imams pour les mêmes motifs, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kankan.

Les autorités religieuses de Kankan ne sont pas parties du dos de la cuillère pour réprimer les responsables religieux qu’elle accuse d’avoir orchestré les manifestations qui ont émaillé la ville de Kankan lors de l’interdiction, par le secrétariat général des Affaires religieuses, des prières nocturnes dans les mosquées pendant les dix derniers jours du mois de ramadan. Sept (7) imams ont subi la furie des autorités. Elhadj Moussa Sylla (imam de la mosquée du quartier Briqueterie), Elhadj Amadou Kaba (imam du quartier Sogbè), Elhadj Seydou Camara (imam du quartier Salamani), Elhadj Mamoudou Condé (imam de la mosquée Missiran), Ahmad Abdourahame Keïta (imam du quartier Senkèfara II), Daouda Condé (imam du quartier Dar-es-salam), Oumar Koma (imam au quartier Bordeaux) ont été suspendus de leurs fonctions jusqu’à nouvel ordre.

Mais la sentence la plus lourde a été prononcée à l’encontre d’Elhadj Moussa Doumbouya, imam d’une mosquée au quartier Senkèfara II. Ce dernier a été purement et simplement radié. Car, aux yeux des autorités religieuses de Kankan, c’est cet imam qui a été le fer de lance de la contestation contre la décision d’interdiction des prières nocturnes dans les mosquées.

A suivre !

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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