Dix derniers jours du Ramadan, Aumône de la rupture : Oustaz Ramadan Bah à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 51 05515
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam au quartier Koloma

Les fidèles musulmans du monde ont entamé ce dimanche, 26 mai 2019, la dernière partie du mois de Ramadan. Plus importante des trois phases de ce mois de pénitence, cette étape est également la plus difficile. Elle requiert du jeûneur davantage de courage, de dévouement et d’abnégation. Pour parler de ces 10 derniers jours du Ramadan : les actes d’adoration requis et les avantages qui en découlent, Guineematin.com a reçu comme invité Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam au quartier Koloma.

Décryptage !

Guineematin.com : parlez-nous de la particularité des 10 derniers jours du mois de Ramadan et leur importance pour les jeûneurs.

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : les 10 derniers jours du mois de Ramadan, c’est la partie la plus importante de ce mois. Vous savez, le mois est subdivisé en trois parties : la première partie est appelée miséricorde, la 2ème partie le pardon, et la 3ème partie l’affranchissement de l’enfer. Donc, cette partie est la plus importante parce qu’il se trouve dans cette partie, la nuit du destin qui est « Laylatoul Gadri ». Donc Laylatoul Gadri se trouve dans les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. Le prophète Mohamed (PSL) a dit de rechercher cette nuit dans les 10 dernières nuits du mois de Ramadan. Cette nuit est très importante puisque Allah nous dit dans le Saint Coran que cette nuit est meilleure que mille mois.

Donc, si on adore Allah dans cette nuit de Laylatoul Gadri c’est comme si on avait adoré Allah pendant plus de mille mois. Mille mois c’est un peu plus de 83 ans 4 mois. Et, l’adoration d’Allah pendant cette nuit dépasse les mille mois, donc c’est très important. Nous savons qu’à notre temps, il est rare de voir quelqu’un atteindre 80 ans à plus forte raison dépasser 80 ans. Donc avoir une récompense qui est égale ou plus à 80 ans, c’est énorme. Donc voilà pourquoi cette dernière partie est très importante pour les musulmans.

Guineematin.com : alors, qu’est-ce qui est particulièrement demandé aux musulmans pendant ces dix derniers jours de ce mois de Ramadan ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : pendant ces dix derniers jours, surtout ces dix dernières nuit, c’est de prier, d’aller dans les mosquées, faire cette prière nocturne appelée Ghyamou Layli. Faire tout pour assister à cette prière et pendant les 10 ou 9 nuits. Donc cette prière, tout le monde peut y participer : les hommes, les femmes, les enfants, tout le monde. En tout cas, le Prophète Mohamed (PSL), quand cette 3ème partie du mois de Ramadan arrivait, il se levait, il attachait la ceinture et il réveillait sa famille. Tous ceux qui peuvent prier, il les réveillait pour participer à cette adoration. Donc c’est ce qui est demandé aux musulmans : d’aller dans les mosquées de minuit jusqu’à 4 heures du matin pour faire cette prière.

Il y a aussi une invocation à faire pendant cette période. Notre mère Aïcha, épouse du Prophète Mohamed (PSL) a demandé au Prophète : quand arrive la dernière partie du mois de Ramadan qu’est-ce qu’elle doit dire. Le prophète Mohamed (PSL) lui a dit de faire l’invocation suivante : Dieu, tu pardonnes, tu aimes à pardonner, pardonne-moi. Donc, c’est cette invocation qu’il faut réciter pendant ces dix derniers jours. Nuits et jours, surtout pendant la nuit. Ça c’est très important pour les musulmans. Donc, il faut retenir cette invocation. C’est la seule invocation que le Prophète Mohamed (PSL) a enseignée à notre mère Aïcha pour réciter quand arrive cette dernière partie du mois de Ramadan.

Guineematin.com : celui qui jeûne et fait tous ces actes d’adoration, à quoi peut-il s’attendre comme récompense ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : la récompense, comme on l’a dit à l’entame, si Allah nous donne la chance de tomber sur la nuit de Laylatoul Gadri, puisque personne ne sait dans ces 10 dernières nuits où se trouve Laylatoul Gadri. Personne n’en a cette connaissance. Il y a beaucoup qui se trompent, ils pensent que cette nuit se trouve dans la nuit du 26 au 27. Mais cela n’est pas fondé. Donc, c’est de rechercher cette nuit dans les 10 dernières nuits. Si Allah vous accorde la chance et que vous tombez sur cette nuit, vous avez la récompense de quelqu’un qui a adoré Allah pendant plus de 83 ans et 4 mois.

Guineematin.com : après le jeûne, les musulmans doivent s’acquitter aussi du Zakatoul Fitr ou aumône de la rupture. Parlez-nous de cette aumône, et quelle est son importance ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : l’aumône de la rupture, c’est une aumône qui n’est pas comme les autres. Nous savons que l’aumône de façon générale, c’est quelqu’un qui est nanti, qui a les moyens, qui est censé la donner. Mais ici, ça ne demande pas beaucoup des moyens. Ici, même le bébé qui est né le jour de la fête, avant la prière, il doit donner cette aumône. C’est une aumône qui n’est pas comme les autres. C’est le chef de famille, c’est-à-dire le père de la famille qui doit s’acquitter de cette aumône, et pour lui et pour tous les membres de sa famille et tous ceux qui travaillent pour lui y compris les domestiques. Donc c’est la particularité de cette aumône qui est appelée Zakatoul Fitr. En tout cas, si on a de quoi manger et il y a du reste le jour de la fête, il faut donner forcément, obligatoirement cette aumône.

Guineematin.com : à quel moment doit-on donner cette aumône ?

Outaz Mohamed Ramadan Bah : il faut d’abord préciser que cette aumône, c’est 2 kg et demi de riz, parce que c’est le riz qui est l’aliment le plus consommé chez nous, donc c’est 2 kg et demi par personne : du père de famille jusqu’au dernier bébé, chacun doit enlever 2 kg et demi de riz. Et ça, il faut le dire, ce n’est pas une bascule qu’il faut utiliser pour peser, il y a un pot qui est conçu spécialement pour ça, c’est lui qu’il faut utiliser. Aussi, ce n’est pas l’argent qu’il faut enlever, c’est de la nourriture, la nourriture que nous consommons. Si c’est le riz que nous consommons, on doit enlever du riz, si c’est du maïs, il faut enlever du maïs, mais il ne faut pas donner de l’argent.

Au temps du Prophète Mohamed (PSL), il y avait de l’argent, mais il n’a pas donné de l’argent. On donne l’argent quand il n’y a de personnes qui ont besoin de la nourriture. Et ça, je crois ce n’est pas en Guinée. Je ne crois pas qu’il y a un endroit en Guinée où on a des gens qui n’ont pas besoin de la nourriture, surtout le riz. Donc il faut aller acheter le riz, peser avec le pot et donner ça aux pauvres musulmans. On peut commencer à distribuer cette aumône dès le 28ème jour du Ramadan. Mais il est préférable de donner cette aumône le jour de la fête, avant la prière. On se lève très tôt après la prière de l’aube, on compte les membres de la famille, on pèse avec le pot et automatiquement on commence à distribuer.

Et aussi, il est préférable de réunir cette aumône dans les mosquées. C’est meilleur. Pourquoi ? Parce que la plupart des pauvres viennent dans les mosquées. Donc, amener cette aumône dans les mosquées est mieux. Là aussi, la distribution doit se faire rapidement. Mais, ce qu’il faut éviter aussi, il y a beaucoup de mosquées où quand on amène l’aumône là-bas, les gens qui sont chargés de la collecte ne redistribuent pas. Ils prennent ça pour eux-mêmes. Ça, c’est interdit. Ce n’est pas dans toutes les mosquées, mais il y a des endroits où c’est comme ça que ça se passe. Donc ça, c’est quelque chose qu’il faut éviter. Quand on réunit cette aumône au niveau des mosquées, il faut penser aux pauvres parce que cette nourriture appartient aux pauvres.

Comme l’a dit le Prophète Mohamed (PSL), cette nourriture c’est pour les pauvres. C’est pour les aider à ne pas quémander le jour de la fête. Ce jour-là, comme tout le monde est dans la ferveur, dans la joie, eux aussi ils doivent participer à cela. Donc voilà, pourquoi cette aumône a été prescrite.

Interview réalisée par Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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Dix derniers jours du Ramadan, rôle du croyant, calendrier lunaire… Dr Alhoussény à Guineematin

21 mai 2019 à 21 09 47 05475
Dr Alhoussény Diallo, ancien inspecteur général aux affaires religieuses

Les fidèles musulmans continuent d’observer le jeûne du mois saint de Ramadan, entamé depuis le 05 mai 2019. L’on se rapproche des dix derniers jours de ce mois de pénitence, qui doivent être marqués par des prières nocturnes intenses telles que recommandées par l’Islam.

Pour parler du Ramadan en général, des dix derniers jours en particulier, des vertus du jeûne, du rôle de l’homme dans sa communauté, du calendrier lunaire musulman, utilisé dans notre pays et dont il est le concepteur, Guineematin.com a reçu la visite dans ses locaux de Dr Alhoussény Diallo. Ce septuagénaire, originaire de la sous-préfecture de Brouwal Sounki, dans Télimélé, est détenteur d’un doctorat en Théo-Pédagogie, ancien inspecteur général aux affaires religieuses. De nos jours, Dr Alhoussény Diallo est enseignant-chercheur à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, au département Langue Arabe.

Guineematin.com : d’entrée de jeu, quelle est l’importance de ces 10 derniers jours du mois de Ramadan dans la vie du musulman ?

Docteur Alsény Diallo : d’abord, nous sommes dans un mois de pardon et de tolérance, vous savez que le ramadan est le quatrième pilier de l’islam. C’est le fondement de la religion, mais n’oubliez pas qu’il y a beaucoup de choses à faire. Quand vous prenez la journée qui a 24 heures, vous partagez ce temps comme suit : 8h de travail, 8h pour le sommeil et enfin 8h pour les affaires sociales, maintenant que reste-t-il à la prière ? Pas trop. Les cinq prières quotidiennes ne peuvent pas prendre plus d’une heure, comme en tout c’est 17 rakats. Si vous augmentez 17 autres rakats pour la prière nocturne, vous ne prendrez pas plus de 2heures. Et maintenant, c’est seulement ces deux heures qui sont exclusivement réservées à la prière. Quand tout se limite à ça, vous comprendrez que le temps est court. Maintenant, Dieu le miséricordieux nous a accordés ce mois de Ramadan pour l’adorer en toute circonstance. C’est seulement ce mois de ramadan qu’on a pour L’adorer au moins 12 heures par jour de l’aube à 19 h, parce que tant que tu es à jeûne, tu ne fais qu’adorer Dieu, parce que même pendant la nuit, dans le sommeil, quand tu es bien purifié, tu es en train de l’adorer. A part ça, le Ramadan ne demande pas à ce qu’on abandonne de faire le mal seulement pour la circonstance, car tel n’a jamais été une autorisation avant le mois. Donc, de ce point de vu là, il s’agit de respecter les principes religieux pour pouvoir adorer Dieu dans des conditions normales en se méfiant de tout ce qui est interdit par le prophète Mohamad (Paix et Salut sui Lui). Et surtout n’oublions pas que c’est pendant ce mois que le Coran a fait son apparition. Il est conseillé encore aux musulmans de s’abstenir de parler du mal, de voler, d’insulter, de se bagarrer avec quelqu’un d’autre. Il est appelé à renforcer le bon comportement, à cultiver l’amour et la tolérance. Même manger et boire s’inscrivent dans le cadre d’adorer Dieu, si les conditions sont satisfaites, c’est-à-dire reconnaitre les bienfaits de Dieu, à plus forte raison si tu pries ou tu lis le Coran.

Guineematin.com : que dire des dix derniers jours du mois de Ramadan ?

Docteur Alsény Diallo : pour honorer ses créatures, Dieu a envoyé les 10 derniers jours du mois de ramadan pendant lesquels, on doit identifier la nuit de Laylatoul Ghadri dans les nuits impaires pour implorer la grâce d’Allah. Cette nuit équivaut à l’adoration de 1000 mois. Et, 1 000 mois nous font 83 ans 4 mois, qui correspondent à la vie d’un homme qui adore Dieu de façon réaliste, c’est l’équivalent à la nuit de Laylatoul Ghadri. Imaginez pour celui qui vit pendant longtemps et qui profite bien de cette nuit. On multiplie les biens pour l’intéressé. C’est pourquoi pendant ces jours, le prophète Mohamed (PSL) revenait à la maison pour réveiller toute sa famille pour accomplir la prière. Donc, essayons de faire comme lui chaque fois. Maintenant, comment jeûner ? Et qui est intéressé par le jeûne ? Cesser de manger, boire, qui en veut ? L’âme n’aime pas ça, mais c’est une occasion de nous ramener sur le bon chemin. Dieu a fait appel à tout le monde : « vous les repentis, on a inscrit en vous le jeûne », pour éviter que les gens disent que le Ramadan est difficile. Il poursuit, « mais vous n’êtes pas les premiers à avoir pratiqué le jeûne, vos devanciers aussi ont jeûné ». Ça, c’est juste pour éviter que les gens se disent, pourquoi c’est seulement nous ? Maintenant, il nous a montré qu’il faut qu’on imite d’autres. Vous savez, on a fait venir la sourate « Bagharati Houdan lilmoustaghine » afin de faciliter la soumission, mais exception faite aux voyageurs et malades qui sont autorisés à ne pas jeûner, surtout les vieilles ou les faibles personnes. Mais, le plus important pour eux, c’est de jeûner pour mieux être récompensé. Après tout, Dieu dit que Ramadan, c’est le mois pendant lequel le Coran est descendu pour convaincre ses créatures de plus, c’est ainsi qu’il a exigé aux gens, celui qui est en bon état de santé, n’est pas en déplacement, de jeûner le mois de Ramadan. Un moment viendra où on ne va pas chercher la lune, les fidèles l’observeront seulement. Par exemple ce mois-ci, dans la nuit de dimanche à lundi, la lune a fait 42 minutes après le soleil. Ça suffisait pour l’observer. Nous nous connaissions ça. Donc, ceux qui n’ont pas débuté leur jeune le lundi (5 mai 2019, ndlr) ont raté le premier jour. Il dit, quand tu implores la grâce divine, il va te répondre positivement, surtout pendant ce mois de Ramadan. Seulement, il aime qu’on le flatte à tout moment pour qu’il puisse accorder ses grâces à ses créatures. Les prières formulées par un voyageur, quelqu’un qui a juste couper son jeun, ou à l’aube seront toujours exhaussées. Dieu ne s’éloigne pas et ne s’éloignera jamais de ses créatures.

Guineematin.com : au cours de votre intervention vous avez évoqué le cas des prières nocturnes dans les 10 derniers jours du mois de Ramadan avec le prophète Mohamad PSL qui revenait à la maison avec sa famille. Quel est le lieur le mieux indiqué pour ces prières-là ?

Docteur Alhoussény Diallo : tout est normal, mais le mieux, c’est de rester à la maison pour faire ses prières nocturnes. Mais, ces derniers temps, avec le mouvement salafiste, vous verrez des gens qui se mobilisent pour lire tout le Coran en une nuit, ce n’est pas grave. Le prophète n’a pas fait tout ce qu’il faut faire, mais il a fait tout ce qui est normal. Tout ce qu’il interdit, éloignons nous de ça et tout ce qu’il autorise, faisons autant que nous pouvons. Celui qui dit qu’il ne va pas faire, sauf ce que le prophète a fait, il aura beaucoup dit, et celui qui dit tout ce que le prophète a fait, il va le faire, il a exagéré par ce que ça n’existe pas et c’est impossible. Mais, ne faisons pas ce qui est interdit par le prophète. De toute façon, il nous a montré le chemin à suivre ce qui est bon pour le musulman.

Guineematin.com : on va changer de sujet pour parler du devoir d’un musulman vis-à-vis de sa société. Qu’est-ce qu’il est recommandé de faire pour la communauté ?

Docteur Alhoussény Diallo : c’est une question très importante. D’abord, la terre et le ciel et tout ce que nous ne connaissons pas, ont été créés pour faciliter la vie aux humains avant de demander à Adama et Hawa de rester là. L’inauguration de tout ça a été faite par ces deux. « Nous respectons l’être humain en le rendant supérieur à tout ce qui existe sur terre ». L’être humain, avec toute sa grandeur, quand nous demandons toute suite à quoi nous servons ? C’est quoi notre importance dans la société ? Je ne pense pas qu’on aura une réponse. Mais, tout ce que Dieu a créé nous sert. Vous verrez des gens qui disent que le serpent n’a aucune importance, alors que ce n’est pas vrai. Si le serpent n’était pas féroce, on n’allait pas avoir peur de lui ; et d’ailleurs, il y a des médicaments à base de serpent. Tout ce que Dieu a créé est important pour nous. Mais en revanche, c’est quoi notre importance dans la société ? On est utile au soleil ? A la lune ? A la terre ? Pour le ciel ? Quelle est notre mission alors ? Tout est utile pour nous. Mais nous, nous sommes utiles pour rien, voyez-vous. Dieu a créé tout pour nous et nous il nous a créés pour lui. Maintenant, comme nous ne servons à rien, alors que tout est utile pour nous, qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est de rendre service à l’humanité pour bénéficier de la grâce d’Allah afin d’avoir son paradis. Quelqu’un avait demandé au prophète (PSL) un jour, parmi tous les humains, Dieu préfère qui ? En réponse, le prophète Mohamad (PSL) avait répondu Dieu aime beaucoup celui qui lui rend service de plus. Et celui qui est aimé par Dieu est toujours récompensé du bien. Et Dieu aime quoi au juste ? Il a répondu encore en disant « tout ce qui rend l’homme heureux ». Puis, « allez aider les gens à avoir à manger m’est beaucoup important que de rester dans ma mosquée ici », avait dit le prophète. Donc, il faut être utile à l’humanité et l’orienter vers le bon chemin, saluer les gens, leur serrer la main de façon normale, avoir un cœur ouvert et être de bonne moralité. Un autre jour, ils ont demandé au prophète qu’est ce qui est meilleur dans l’islam ? Il a répondu en disant que c’est la salutation, faire manger aux gens et se lever pour accomplir la prière pendant la nuit. C’est pour nous faire comprendre que notre paradis ou l’enfer est lié à l’humanité.

Guineematin.com : est-ce que dans ce cas c’est seulement pour les musulmans qu’il faut faire du bien ou c’est valable pour tout le monde ?

Docteur Alhoussény Diallo : je vous rappelle que les envoyés de Dieu, leur mission ne se limitait pas seulement qu’aux musulmans, mais à ceux qui ne sont pas musulmans. C’est valable pour tout le monde et tout ce que Dieu a créé. Si tu aimes Dieu, tu dois aimer forcement ses créatures. Il faut donc adorer Dieu en public et privé, être son esclave. Il faut être bon envers tout le monde pour sauver la face du musulman devant les autres, cherchez à mériter leur confiance.

Guineematin.com : donc, vouloir seulement adorer Dieu sans venir en aide aux gens, doit être fortement déconseillé ?

Docteur Alhoussény Diallo : non pas ça. Dans ce cas, il aura très mal adoré Dieu. Comment peut-on adorer Dieu sans le soutien des autres ? Qui lui sert à manger s’il faut adorer Dieu ? On ne peut pas s’éloigner des autres.

Guineematin.com : parlez-nous du calendrier que vous avez mis en place qui est aujourd’hui une référence. D’où est venue l’idée de sa préparation ?

Docteur Alhoussény Diallo : c’est en 1993 que je suis revenu de mes études. Cette année là, certains ont commencé le jeun lundi, d’autres mardi et puis une autre catégorie encore le mercredi. Donc, pendant trois jours. La nuit du Laylatoul Ghadri encore, ils l’ont faite jeudi, vendredi et samedi. Il n’y a pas eu d’entente. La fête a été aussi célébrée pendant trois jours : mercredi, jeudi, vendredi. Maintenant, quand vous faite le calcul, vous comprendrez que le mois a fait 32 jours. Finalement je me suis posé la question de savoir comment concilier les positions des uns et des autres afin de mettre fin à cette pagaille. Après plusieurs années, j’ai commencé mon calendrier. 1999-2000 j’ai commencé à faire le calendrier lunaire et solaire. Avant, je ne faisais que quatre pages. En l’an 2000, j’ai fait un bouquin ou il y avait les horaires de prière, malgré que la ligue avait réussi à mettre en place les horaires de prières, j’ai seulement pris et sillonné l’intérieur du pays pour avoir la confirmation que les heures indiquées peuvent correspondre ou peuvent faire l’objet d’une quelconque modification. Finalement, j’ai pris le document pour le soumettre aux autorités religieuses qui, par la voix de feu Elhadj Ibrahima Sory Fadiga m’avait dit que je devais inscrire dans le document les heures de prière. Mais, j’étais vraiment méfiant. Pour moi, ce n’est pas les recherches scientifiques qui doivent indiquer les heures de prière, mais plutôt les autorités religieuses. Ils ont refusé de me comprendre et après, moi aussi j’ai arrêté de faire mes recherches pendant deux ans. C’est seulement en 2002, j’ai repris mes travaux en mettant uniquement les heures de prière de 13h ,16h et 20h. Pour le reste j’ai dit de laisser le soin à la ligue islamique en attendant que j’approfondisse mes recherches. Là, ils ont compris et accepté. C’est après tout, l’année dernière, j’ai compris que 9 minutes interviennent avant le moment indiqué pour la prière de l’aube. Malgré tout, je précise que les gens ne dépassent pas le temps mis à prendre leur déjeuner. Mais, d’ici là, j’ai ramené ça un peu en arrière encore. C’est pourquoi d’ailleurs, les gens me critiquent, croyant que j’ai commis des erreurs, alors que c’est pour éviter des retards en mangeant et en priant à l’aube. Cela a évolué ainsi jusqu’en 2006. Un exemplaire de mon document est parvenu à l’USESCO, ils ont fait appel à moi pour me dire qu’ils ont vu une de mes œuvres qui peut les servir. Ils m’ont dit qu’ils se sont battus pendant 10 ans pour un tel travail alors que moi j’ai déjà évolué dans les recherches. En ce moment, j’étais inspecteur à la ligue islamique ici. Ils m’ont invité à participer à une réunion des experts qu’ils organisaient pour réfléchir sur comment mettre en place un calendrier musulman unique. J’ai accepté, on m’a envoyé les dossiers de voyage. J’avais effectué le déplacement. A mon arrivée, après mon exposé, ils ont dit que mon travail est le quatrième projet à analyser et étudier parmi 14 pays représentés. Mais, moi je pensais que j’étais là juste comme un simple observateur. La même année, on m’a nommé membre du comité de suivi. Après l’analyse de mon document, j’ai été deuxième derrière le Maroc, suivi de l’Arabie Saoudite et de la Libye. En 2009 encore on s’est retrouvé. Au cours de la réunion, le modérateur avait demandé aux participants de venir désormais avec leurs exemplaires pratiques, comme fait le guinéen que je suis pour faciliter la tâche. Depuis lors, on ne m’a pas encore invité. Je n’en sais pas les raisons, mais qu’à cela ne tienne, je ne me reproche de rien jusque-là. Notre calendrier actuel nous sert beaucoup. Il nous a évité assez d’erreurs. Ceux qui ont commencé par exemple le jeûne de cette année 2019 le mardi, ont refusé seulement de respecter le contenu du calendrier. Il y a eu beaucoup de personnes qui ont observé la lune. Donc, ils auront honte certainement.

Guineematin.com : comment vous faites vos calculs pour mettre en place un calendrier annuel, surtout quand on sait que le mois peut apparaitre soit le 29 ou le 30 ?

Docteur Alhoussény Diallo : ce qui rend difficile pour le calendrier lunaire, c’est du fait qu’il est séparé du calendrier solaire. Le calendrier solaire par exemple, à chaque 4 ans, le quart devient un jour. Donc, 366 au lieu de 365 jours. Si de l’autre côté encore, chaque trois ans, le un tiers pouvait devenir un jour, les problèmes seraient limités. Chaque 30 ans lunaire, durant les 11 ans, ce qui se fait pendant chaque 4 ans du calendrier solaire, va se répéter et un jour s’augmente. Le mois a un grand tour et un petit tour. Pour le petit tour, c’est 30 ans. Chaque 30 ans, le premier jour du mois va se répéter, et le grand tour ,30 ans multiplié par 7, ça donne 210 ans. Le monde revient à sa phase initiale et nous sommes actuellement à la 7ème fois. J’ai vu le document astronomique d’un célèbre mathématicien Egyptien, Abdou Fatah Toukh, qui m’a beaucoup inspiré dans mes recherches. Avant, le 30 avril était le début de la saison des pluies. Mais maintenant, s’il ne pleut pas, c’est qu’il y a décalage. Désormais, c’est le 10 mai qui correspond au début de la saison des pluies qui, d’ailleurs n’a pas du tout retardé cette année. Maintenant, je ne souffre pas beaucoup dans mes calculs. Il n’y a pas un mois de 30 jours, ni de 29 jours seulement. La durée moyenne d’un mois est de 29 jours, 12 heures 44 minutes, 2 secondes et quelques tierces. Ce que les gens appellent conjonction entre la lune, la terre et le soleil, qui ne nous permet pas d’observer la lune tellement qu’il fait obscur, mais pour une toute petite durée de quelque minutes seulement, mais comme la terre tourne, vous verrez une toute petite trace qu’on appelle naissance de la lune. On peut l’observer en ce moment après 16 heures par endroit.

Guineematin.com : quel est votre message à l’endroit de ceux qui vous suivent actuellement, je précise qu’ils sont nombreux à vous écouter via notre page Facebook ?

Docteur Alhoussény Diallo : premièrement, je vous remercie pour m’avoir invité et je remercie encore tous ceux qui m’écoutent à travers votre media. Je les invite tous à être objectifs, surtout faire le tri de tout ce qui a été dit ici au cours de cette grande interview pour se servir du bien. Nous prions pour que Dieu accepte nos prières et jeûnes.

La rédaction

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Conakry : les imams invités à agir en faveur de la paix et de la quiétude sociale

13 mai 2019 à 12 12 16 05165

C’est sous les thèmes « l’éducation des enfants en islam » et « le rôle des imams pour la consolidation de la paix » que l’Association Moussidal Kouffa pour le Développement (AMKD) a organisé hier dimanche, 12 mai 2019, une conférence islamique. La rencontre, tenue au secteur 10 du quartier Wanindara, dans la commune de Ratoma, vise notamment à impliquer les imams dans le combat pour le maintien de la paix et de la quiétude sociale, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La conférence a connu la présence de plusieurs personnalités dont Mouctar Diallo, ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes ; le secrétaire général aux affaires religieuses, Aly Jamal Bangoura ; l’ambassadeur du royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH.

Les deux thèmes ont été respectivement développés par Dr Alhoussény Diallo, ancien inspecteur de la ligue islamique, et Cheick Oumar Barry, grand intellectuel et connaisseur de l’islam.

Elhadj Abdoulaye Sow

Le vice-président de l’Association Moussidal Kouffa pour le Développement, l’initiateur de la conférence, a fait savoir que le choix de ces thèmes n’est pas fortuit. Selon Elhadj Abdoulaye Sow, « aujourd’hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La Guinée a beaucoup plus besoin de paix, de quiétude et d’entente que par le passé. Pour parler de développement, il faut forcément qu’il y ait d’abord la paix. Sans la paix, il n’y a pas d’école, il n’y a pas marché, etc. Donc, nous avons combiné les thèmes : l’éducation des enfants en islam ainsi que le rôle des imams et des érudits dans la consolidation de la paix. Quand un imam parle, on sait que c’est des centaines de personnes qui écoutent. A travers les sermons de vendredi et les cinq prières quotidiennes, quand ils parlent, ils sont écoutés parce que ce sont des autorités morales ».

Elhadj Aly Jamal Bangoura

Pour sa part, le secrétaire général aux affaires religieuses, Elhadj Aly Jamal Bangoura, a remercié les organisateurs de la conférence et a salué le choix de la thématique. « Je suis venu, au nom des musulmans et au nom de l’islam, encourager et féliciter les organisateurs de cette rencontre axée sur le rôle des imams et des oulémas dans la restauration de la paix et la quiétude dans la société. En ce mois béni de ramadan, c’est une fierté pour nous, en tant que secrétariat des affaires religieuses, de venir s’associer et accompagner une telle démarche », a-t-il laissé entendre.

Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH

L’ambassadeur du royaume d’Arabie Saoudite en Guinée, S.E Dr Hussain Nasser ALDAKELALLAH, s’est aussi félicité de l’organisation d’une telle conférence dans notre pays et au bénéfice des populations. En outre, le diplomate saoudien a réitéré sa volonté d’œuvrer au raffermissement des relations de coopération entre nos deux pays.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Mosquée Turque de Bambéto : fin du concours de mémorisation du Saint Coran

12 mai 2019 à 5 05 41 05415

Le concours de lecture et de mémorisation du saint Coran, organisé par l’Association pour le Développement de Donghol Touma, a pris fin ce samedi, 11 mai 2019, à la mosquée Turque de Bambéto, dans la commune de Ratoma. Pendant quatre jours, 59 candidats se sont mesurés, sur les 67 inscrits. Au total, 23 parmi eux sont sortis victorieux, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La cérémonie a connu la présence de plusieurs personnalités religieuses et politiques, notamment le ministre de la Jeunesse, Mouctar Diallo, des représentants du ministre des travaux publics et du secrétaire général des affaires religieuses.

L’initiateur du concours, Oustaze Mouhamadou Bah, satisfait de la réussite de cette organisation qui est à sa première édition, est revenu sur les objectifs qui étaient recherchés. « Les objectifs de ce projet sont, entre-autres, permettre l’identification et l’union entre les filles et les filles ressortissants et sympathisants de la sous-préfecture de Donghol Touma (dans Pita, ndlr) pour un développement harmonieux et l’entraide sociale entre les originaires ; la promotion et l’encouragement de la mémorisation du saint Coran à travers les concours l’implantation des foyers coraniques dans la sous-préfecture ; la lutte contre l’ignorance, la délinquance juvénile, l’échec scolaire, la pauvreté et le chômage dans le pays », a-t-il énuméré.

Oustaze Mahmoud Bah, coordinateur de l’Association pour le Développement de Donghol Touma a mis l’occasion à profit pour rappeler les réalisations à mettre à l’actif de leur mouvement. « Nous avons pu réaliser, sur le plan social, la construction et la rénovation de notre collège ; l’assistance financière et matérielle auprès des personnes sinistrées lors des incendies mystérieux des cases et de maisons de 2017 à nos jours à la hauteur de 500 millions de francs guinéens, et tant d’autres projets réalisés. Sur le plan culturel, l’organisation de cette première édition du concours de mémorisation du saint Coran entre les filles et les fils de Donghol Touma. Cet événement constitue l’aboutissement d’un travail collectif considérablement mené dès le début du mois de septembre 2018. Dès lors, plusieurs personnes participent d’une manière ou d’une autre à la réussite de cette organisation. Sur le plan économique, les projets sont en cours de réalisation pour le développement des principales activités qui sont, entre-autres, l’agriculture, l’artisanat, l’élevage et le commerce ».

Prenant part à cette cérémonie, le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes a salué cette initiative. « Nous sommes là pour montrer que la foi, la spiritualité constituent l’une des priorités du gouvernement. Nous voudrions vous dire que c’est une belle activité que soutenons et encourageons. D’ailleurs hier, le Premier ministre, chef du gouvernement, était au palais du peuple pour le lancement officiel du concours national de lecture et mémorisation du saint coran. Donc pour nous, une jeunesse pieuse est une jeunesse citoyenne qui va adopter les bonnes attitudes qui vont renforcer la cohésion nationale, la paix mais les activités de développement de notre pays », a dit Mouctar Diallo.

Le premier lauréat de ce concours se nomme Ibrahima Dramé, étudiant en première année à l’Université de Sonfonia, au département Langue Anglaise. Il n’a pas caché sa satisfaction d’être sorti premier de cette compétition. « Je suis très content de maman aujourd’hui, parce que c’est elle qui m’a poussé, qui m’a chauffé pour en arriver là. Je remercie aussi les initiateurs de ce projet. Mon rang de premier est le fruit d’un travail dur parce que je travaillais de jour comme de nuit, sans cesse. Je n’avais presque pas de repos. Je demande à tous les jeunes de s’intéresser à la mémorisation du Coran et surtout à connaitre aussi son contenu, parce que tout est dedans », a laissé entendre le jeune lauréat.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : 622 91 92 25 / 666 91 92 25

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Boké : recensement des mosquées et foyers coraniques pour prévenir le radicalisme

11 mai 2019 à 20 08 27 05275

Une mission du Secrétariat Général des Affaires Religieuses (SGAR) est en séjour dans la ville de Boké depuis ce samedi, 11 mai 2019. L’activité s’inscrit dans le cadre de la prévention du radicalisme dans les lieux de culte mais aussi du recensement de toutes les mosquées et foyers coraniques, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Dr. Lamine Diallo

Boké fait partie des treize (13) préfectures du pays qui sont concernées par ce projet. Selon Docteur Mohamed Lamine Diallo, point focal du SGAR près de l’UNESCO, de l’OIM, « l’objectif de ce projet est de prévenir le radicalisme religieux dans notre pays. Le secrétariat général des affaires religieuses a décidé d’établir une cartographie de l’ensemble des mosquées et des foyers coraniques en République de Guinée. Après cette étape, nous allons réglementer ces lieux de culte aussi ».

Sur le terrain, la mission a formé les membres des bureaux au niveau préfectoral, communal et régional des affaires religieuses sur les techniques à suivre pour faire le recensement et a mis des fiches à leur disposition.

Sékou Touré

Ahmed Sékou Touré fait partie de ceux qui ont contribué à accomplir cette tâche. « Les fiches serviront d’outils pour procéder à la cartographie des mosquées et des foyers coraniques. Aujourd’hui, les statistiques manquent même au niveau du secrétariat général des affaires religieuses pour savoir réellement l’effectif des mosquées et des foyers coraniques dans notre pays », a-t-il dit.

Elhadj Wakil Yattara

Pour sa part, Elhadj Mohamed Wakil Yattara, inspecteur régional des affaires religieuses de Boké, a dit tout le bien qu’il pense de ce travail avant de s’engager à lutter contre l’extrémisme religieux. « Nous apprécions très bien ceux qui ont confectionné ces fiches, parce qu’ils ont utilisé le français facile, mais aussi il y a des détails clairs. Nous nous engageons à faire très bien ce travail, car ça barre le chemin à l’extrémisme », a laissé entendre l’inspecteur régional des affaires religieuses de Boké.

Il faut préciser qu’une équipe est déjà mise en place pour faire le recensement des mosquées et des foyers coranique dans les 9 sous-préfectures qui composent la préfecture de Boké et la commune urbaine.

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 98 49 38

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L’imam de Kipé maudit les députés qui ont voté la loi contre la polygamie : « ils iront tous en enfer ! »

10 mai 2019 à 18 06 38 05385
Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé

Des voies se font de plus en plus entendre suite l’adoption hier jeudi, 09 mai 2019 par l’Assemblée nationale guinéenne, du nouveau code civil interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse. Elhadj Mohamed Aly Soumah, le premier imam de la grande mosquée de Kipé, s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi.

Le leader religieux s’insurge contre le texte qui va à l’encontre des principes de l’islam et estime que les députés qui l’ont voté iront tous en enfer.

Décryptage !

Guineematin.com : le nouveau code civil qui a été adopté hier par l’Assemblée nationale, en son article 281, interdit désormais à un homme marié d’épouser une autre femme sans le consentement de sa première femme. Autrement dit, si les femmes ne l’acceptent pas, la polygamie n’est désormais plus possible. En tant que leader religieux musulman, quelle est votre position sur la question ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je suis très content que vous me donniez l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet. Moi, je considère la loi de Dieu, le créateur, le vrai chef. Et, toute personne qui contredit ce que Dieu a dit, parce qu’il t’a mis au monde, il a fait de toi un intellectuel, toi tu dis que tu vas falsifier ce que Dieu a dit, un jour tu vas rencontrer Dieu. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut beaucoup réfléchir et se dire avant que je dise ça, qu’est-ce qui va se passer après. Dieu a dit qu’il faut marier une femme que vous aimez. Il dit qu’il faut vous marier à une, deux, trois ou quatre femme.

Mais, la seule condition qu’il a donnée, c’est d’être juste avec elles. Si vous pouvez être juste avec elles, vous avez la possibilité d’épouser jusqu’à 4 femmes. Et même la justesse dont on parle ne concerne pas l’amour que vous pouvez ressentir pour chacune d’elle. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas aimer deux choses de la même manière. La justesse, c’est dans le partage. Ce que tu donnes à Mamata, il faut le donner Makhissa, il faut être juste dans le partage entre elles.

Et, je précise que dans le coran, Dieu a commencé par deux femmes, après trois, après quatre. Il a conclu en disant que si tu sais que tu ne peux pas les nourrir toutes ces femmes et être juste avec elles, il faut prendre une seule. Régulièrement, nous voyons des femmes qui viennent à la mosquée pour nous demander de prier pour leurs filles afin qu’elles aient un mari. Maintenant si par la grâce de Dieu, un homme décide d’épouser une fille et quelqu’un vient lui dire qu’il ne peut pas l’épouser parce qu’il est marié à une autre, vous voyez ce que ça fait.

Quand on dit qu’il faut le consentement préalable de la première femme, est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme demande à sa femme s’il peut épouser une autre femme et qu’elle lui donne son accord ? Je pense qu’ils veulent bafouer l’islam, ils veulent bafouer la religion. Avec cette loi, beaucoup de femmes risquent de rester en Guinée sans mari. Parce que si la femme refuse que son mari épouse une seconde femme, il peut l’abandonner pour prendre une autre. D’ailleurs, tous ceux qui ont parlé de ça en disant que le monsieur qui veut épouser une seconde femme doit prendre la permission de sa première femme iront en enfer. C’est moi qui le dis, ils iront tous en enfer !

Tous ceux qui ont voté cette loi-là, ils n’ont pas demandé l’avis des religieux, ils veulent mettre le pays en retard. Sinon, s’il y a une question pareille qui se pose, il faut demander aux religieux, il ne faut pas voter comme ça parce que ce sont les populations qui ont voté pour vous. Moi je n’ai jamais vu où quelqu’un demande la permission à sa première femme pour épouser une autre et qu’elle l’accepte. Elle va refuser. Alors, le mari peut dire c’est moi qui t’ai épousée, je ne veux plus de toi maintenant.

Guineematin.com : concrètement, quelles conséquences cette loi pourrait avoir dans la société ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : cette loi va créer des troubles dans les foyers. Il y aura toujours des bagarres dans les foyers. Par exemple, moi j’ai trois femmes, mais moi quand je veux marier une autre femme, c’est moi qui le dis à ma femme. Je ne dis pas à une autre personne d’informer ma femme parce qu’en le faisant, je vais montrer que ma femme ne me respecte pas. Je n’informe pas ma femme pour qu’elle dise oui non, je lui dis par respect, pour l’informer. Je fais en sorte même qu’elles ne soient pas dans la même concession. Maintiennent quand la loi là dit qu’il faut qu’elle dise oui, si elle ne dit pas oui, on ne célèbre pas le mariage, je n’ai jamais vu ça quelque part.

Qu’est-ce que les intellectuels guinéens font ? Dieu a dit de ne pas faire l’adultère, mais en refusant à un homme d’épouser une seconde femme qu’il aime et qui l’aime, il risque de faire l’adultère. Parce que si sa première femme refuse qu’il l’épouse, il peut décider d’avoir une relation hors mariage avec elle. Parce que quand deux personnes s’aiment et qu’on refuse qu’ils se marient, ils peuvent se cacher pour se voir. Ce n’est pas bon. Cette loi va aussi empêcher beaucoup de femmes d’avoir des maris et elle pourrait être à la base des divorces entre les couples.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, le président de la République doit la promulguer. Aujourd’hui quel message vous avez à l’endroit du Chef de l’Etat ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : moi, ce que je vais dire au Chef de l’Etat, c’est qu’il est le papa de tout le monde. Il sait qu’il y a des imams, il sait qu’il y a le secrétariat des affaires religieuses, il devrait les consulter, leur demander qu’est-ce qu’il faut ? Eux, ils savent. Ceux qui votent les lois, personne d’entre eux ne peut vous dire que son papa a épousé qu’une seule femme. Pourquoi les gens ne sont pas d’accord ? Parce que tout le monde regarde le matériel. Sinon, depuis toujours, un homme peut marier jusqu’à quatre femmes. Dans certaines concessions, tu verras deux femmes mariées à un seul homme se partager une seule chambre. Mais avec ça, elles aident leur mari et l’assistent.

Le Chef de l’Etat, on va lui dire qu’avant qu’il n’approuve quelque chose, qu’il demande aux religieux, aux musulmans, surtout les musulmans. Parce que le problème là concerne surtout les musulmans. Il ne faut pas qu’il approuve une loi aujourd’hui et demain tout le monde se lève pour dire que loi là, il faut qu’on l’annule encore. Parce que tu peux prendre une femme et qu’elle fasse 10 ans sans faire d’enfant. Elle ne peut pas dire que tu ne peux pas prendre une deuxième.

Tu peux épouser une femme et que tes parents disent qu’ils ne l’aiment pas. Mais, puisque tu l’as déjà épousée, ils disent alors qu’ils vont épouser une seconde femme pour toi, celle qu’eux ils voulaient pour toi. Ça existe dans notre société. Donc, le président n’a qu’à regarder tout ça avant de signer ce qui a été voté à l’Assemblée nationale, je veux parler du code civil.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Loi contre la polygamie : « ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut que la première accepte »

10 mai 2019 à 18 06 22 05225
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Le code civil révisé a été adopté par l’assemblée nationale hier jeudi, 09 avril 2019. Mais, l’article 281 de cette loi qui interdit la polygamie, sous réserve de l’accord de la première épouse, continue de susciter des réactions dans la cité. Nombre de compatriotes dénoncent une loi qui ne tient pas en compte les réalités socioculturelles guinéennes.

Pour Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam à Koloma, cet article du code civil est contraire aux principes de l’Islam. Il l’a dit dans une interview accordée à Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi 10 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : les députés guinéens ont voté le code civil révisé, ramené en seconde lecture. Dans ce code civil, ce qui frappe le plus est que désormais la polygamie n’est autorisée qu’avec l’accord de la première épouse. Vous qui êtes un leader religieux musulman quel est votre réaction par rapport à cela ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne le mariage ou la polygamie, l’islam ne refuse pas que celui qui veut une seconde femme informe la première et discute même avec elle sur le mariage de la seconde. Mais, cela ne veut pas dire que s’il y a refus de la première, que le mariage ne peut pas avoir lieu. Donc ça, c’est la position de l’islam. Vous savez, en islam, on ne cache rien. Il n’y a pas de tricherie. Donc, celui qui veut se remarier, peut en tous cas discuter avec sa femme. Il y a certains même, qui avec leur première femme, choisissent ensemble la seconde femme. Donc ça, c’est une très bonne chose. Mais seulement, on ne peut pas dire qu’il faut forcement que la première femme accepte que son mari épouse une deuxième femme avant que ce dernier épouse sa deuxième femme.

Guineematin.com : justement, c’est ce que dit cette loi là. Est-ce que vous pensez qu’elle va à l’encontre des lois islamiques ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que ça va à l’encontre des lois islamiques, mais en tout cas, je vous ai dit la position de l’islam. L’islam accepte que le mari informe sa seconde épouse, de discuter avec elle, puisque c’est une autre femme qui va rejoindre la première. Donc, il faudrait que cela se passe dans l’entente, il faudrait que cela se passe dans l’amabilité.

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que c’est une mauvaise loi qui a été votée par les députés guinéens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que c’est une mauvaise loi qui a été votée, mais en ce qui concerne l’islam, c’est ce que je viens de vous dire. La loi islamique et nos lois, souvent il y a contradiction. Nous savons que quand il y a contradiction, et nous savons que c’est nous les humains qui faisons les lois, nous devons faire beaucoup attention pour ne pas qu’il y ait incident entre les deux lois.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles musulmans face à cette situation ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : ce que je conseille aux musulmans, c’est d’être patient, puisque c’est une loi qui a été votée. Vous savez, il y a beaucoup de lois qui ne sont pas conformes aux lois islamiques. Mais, puisque dans le pays où nous vivons, ce sont des lois qui ont été votées, qu’il y a des contradictions, ou quand il n’y a pas d’équilibre ou quand il n’y a pas d’entente entre les lois, ce que la religion dit, c’est de suivre la loi divine.

Guineematin.com : à vous écouter, on comprend que cette de loi va à l’encontre des principes religieux. Et, pour que le code civil entre en vigueur, il faut que le président de la République le promulgue. Vous, en que leader religieux, quel message avez-vous à l’endroit du président Alpha Condé dans ce sens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant cette loi, je demande au président de revoir. J’aurais voulu qu’il dise que le mari informe sa première femme et qu’il discute avec elle avant de se remarier. Mais, ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut forcement que la première accepte. Sinon, cela va empêcher beaucoup de mariages. Donc moi, c’est ce que j’aurais voulu.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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N’zérékoré : le mur d’une école oppose chrétiens et musulmans à Tilépoulou

7 mai 2019 à 17 05 19 05195

Les élèves du lycée-collège privé Sainte Marie, sis au quartier Tilépoulou, dans la commune urbaine de N’zérékoré, ont pris d’assaut la route qui mène sur les lieux ce mardi, 7 mai 2019. Ils entendaient ainsi exprimer leur colère contre la destruction de la cour de l’école par des inconnus la nuit dernière, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Selon nos informations, le mur en construction a été démoli par des inconnus la nuit dernière. L’école en question est contigüe à une mosquée. Un responsable du lycée-collège privé Sainte Marie, qui a requis l’anonymat, est revenu sur les faits. « Depuis le lancement des travaux de construction de la clôture qui va entourer l’école, le conseil de la mosquée a dit son opposition. Le lieu sert de lieu de prière et de célébration des grandes cérémonies musulmanes, parce que la mosquée se trouve à quelques mètres de l’école. Après plusieurs rencontres entre les responsables de l’église et ceux de la mosquée, sous l’égide des autorités de la ville, ça s’est soldé par une sortie de crise la semaine dernière. A ma grande surprise, ce matin, les élèves ont découvert la destruction de leur cour par des inconnus. C’est ce qui a suscité la colère des élèves qui ont fini par barricader la route qui mène dans le quartier », a expliqué notre interlocuteur.

Mis au courant de la situation, le préfet de N’zérékoré, accompagné du maire de la commune urbaine, a fait le déplacement sur les lieux. Entouré des élèves, Elhadj Sory Sanoh a déploré les dégâts causés. « Je n’étais pas informé de cette situation. J’ai été informé par le maire. Mais, je déplore et je regrette tout de même cet acte ignoble qui ne garanti pas la cohésion entre les fils et filles de N’zérékoré. Moi, Sory Sanoh, je suis musulman et je n’accepterais pas qu’on se moque d’une religion. La Guinée est un pays laïc et il faudrait que cette laïcité soit respectée. Le domaine dont il est question appartient à l’école. L’école Sainte Marie appartient à l’église. Et, la mosquée est située à quelques mètres de l’école. Donc, il ne faudrait pas qu’il y ait un conflit entre les deux religions. Alors, je vous promets que les coupables seront arrêtés », a dit le préfet.

En outre, Sory Sanoh a regretté l’attitude des manifestants qui avaient barricadé la route. « A vous les élèves du lycée, vous n’avez pas donné le bon exemple à vos jeunes frères, c’est-à-dire les collégiens. Au moment où vous manifestiez dehors, c’est au même moment que vos jeunes frères font cours en classe. Quand on fait le lycée, on doit se considérer grand et intelligent. Les cours que vous avez perdus pendant que vous manifestiez, l’école ne va jamais vous rembourser, c’est vos parents qui payent l’école et c’est eux qui perdent. Alors, je vous invite au calme et à la retenue, et surtout ayez confiance aux autorités de N’zérékoré », a demandé le préfet.

À noter qu’une réunion d’urgence a été convoquée par le préfet entre les autorités de la mosquée, celle de l’école, le conseil des élèves, le bureau des confessions religieuses ainsi que les autorités du quartier afin de trouver une solution durable.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Hommage à Aly Badra Diakité ! Par Amadou Diouldé Diallo

5 mai 2019 à 15 03 18 05185
Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

Né à Adjamé (Côte d’Ivoire), le 2 janvier 1954, Aly Badara Diakité a rendu l’âme le 04 mai 1996 au CHU Ignace Deen, dans la capitale guinéenne. Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’hommage que lui a rendu un de ses anciens collègues de la radio nationale (RTG), Amadou Diouldé Diallo..

Il nous était venu d’Abidjan au moment où le maestro Justin Morel Junior quittait le micro pour les fonctions administratives de directeur de la télévision nationale et de directeur général de la RTG, puis ministre, laissant de fait un vide difficile à combler.

C’est en ce moment de doute pour trouver un porteur du lourd héritage de JMJ que Aly le grand comme son homonyme vainqueur de la bataille de Badri nous vint des bords de la lagune Ebrié.

Là-bas, il avait ses armes en animation sur les chaînes de radio et dans les célèbres boîtes de nuit d’Abidjan. Ce by night parfumé marquera toute la vie de ABD d’une passerelle d’Abidjan à Conakry.

La musique Aly l’avait dans ses veines, elle irriguait ses artères et faisait exploser de joie les nombreux cœurs de ses millions de fans. Et, cette musique au tempo était distillée à des décibels enivrants accompagnés d’un riche vocabulaire expressif d’un niveau de culture unanimement reconnu.

Oui ABD n’était pas un animateur culturel d’occasion. Il connaissait bien la musique préparait soigneusement ses émissions avant sa prise d’antenne de son samedi féerique à partir de 9 heures 00. Le fils de Nga Sayon qui ne disait jamais son nom les samedis enflammait alors Conakry debout à l’aube pour ne pas rater une seconde de son émission Africa cadence.

La chaude actualité de la Guinée et de l’Afrique était développée par Aly Badara Diakité avec des sonorités langoureuses aux rythmes cadencés de la force et de la vitalité du continent bois d’ébène. L’Afrique dans toute son horizontalité musicale condensée en une heure les samedis, c’était la marque de Aly pour un bon début de weekend. Mais, ce n’était pas tout. Car ABD tenait aussi Conakry by night en haleine dans les présentations des albums des artistes ou des majestueuses et solennelles cérémonies de mariage et de souveraineté.

C’est alors en duo avec l’artiste guitariste animateur Jean Baptiste Williams, ils faisaient toucher le plafond du ciel aux spectateurs. ABD était un génie qui avait la musique africaine en livre de poche comme un condensé kaléidoscopique.

Un génie, un météore comme Boubacar Kanté qu’un destin brutal raccourci la vie sur terre dont le remplacement pose encore problème par manque d’héritiers capables de porter les charges et les fonctions de leur noble mission. Tous deux l’un de Boké l’autre de Dabola ont vécu à Abidjan et ont apporté leur pierre à l’édifice du miracle ivoirien de Félix Houphouët Boigny.

ABD était un animateur fulgurant un homme de culture achevé mais aussi un être généreux et serviable. Je lui dois la vie en cette épouvantable nuit pluvieuse du 24 août 1987 sur la petite côte qui mène à la cité CFP de Ratoma où j’habite. Il était 23 heures 30’. Je venais d’être renversé par un chauffeur qui a pris la fuite. J’avais une fracture semi-ouverte du fémur droit et une grosse plaie ouverte à la tête. Je saignais abondamment et je criais de toutes mes forces au secours. Arrivé juste après l’accident avec son cousin, Doulla Sanoussy, un de mes voisins, ABD fait le bon policier en filant la voiture jusqu’à son stationnement dans la cour de monsieur Lancei Traoré, alors secrétaire général du ministère de l’Industrie.

Après avoir repéré la voiture, ABD revient à mon chevet où se trouvaient déjà ma femme portant au dos notre petite fille, capitaine Ibrahima Bah, un autre voisin, Mahawa Cheik Camara, en état de famille et son mari Padre. Mahawa est la sœur aînée de mon amie Nbalou Ckeik Camara de Fria. A la question de savoir où était le chauffeur qui m’a renversé, ABD demanda à l’assistance de le suivre. Arrivé dans la cour, il indiqua la voiture qui appartenait à Kaba Laye dit « Radio Mali ».

Il fut aussitôt mis aux arrêts et conduit au commissariat ; et, moi, à l’hôpital Donka, puis à Pechiney Fria où je fus opéré le 1er septembre 1987 par Docteur Cissoko de la clinique du Km36. Après 8 mois d’hospitalisation et de rééducation, je repris l’usage de ma jambe droite tandis que celui qui m’a accidenté, monsieur Kaba Laye, dit « Radio Mali », recouvrit sa liberté le lendemain même de l’accident sur instructions fermes de mon père qui s’en était remis à la volonté de Dieu.

Voilà racontée l’odyssée cauchemardesque d’une nuit dont l’obscurité et la brutalité m’auraient ôté la vie sans ce SAUVEUR appelé ABD à qui je formule le vœu d’être parmi les Élus D’ALLAH AU PARADIS MUHAMMAD (PSL) étant son ENVOYÉ.

Amen !

Amadou Diouldé Diallo, journaliste et historien

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Qui doit jeûner, comment se comporter pendant le Ramadan ? Oustaz Ramadan à Guineematin

5 mai 2019 à 10 10 19 05195
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à Koloma

Selon toutes les prévisions, les fidèles musulmans de Guinée et du monde vont entamer le jeûne du Ramadan demain, lundi 06 mai 2019. En France par exemple, la date a été rendue officielle depuis hier, samedi, par le Conseil français du culte musulman, à l’issue d’une réunion des grandes fédérations musulmanes. En Arabie Saoudite comme en Guinée, on attend le crépuscule pour scruter l’apparition du croissant lunaire.

Comme on le sait, le ramadan est un mois pendant lequel ils vont multiplier les actes de dévotion afin de se faire pardonner leurs péchés et se rapprocher davantage de leur créateur.

A la veille du début de ce mois très important pour les musulmans du monde entier, Guineematin.com a reçu comme invité Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à Koloma. Avec lui, nous avons évoqué plusieurs sujets liés au mois de Ramadan.

Décryptage !

Guineematin.com : nous sommes à la veille du début du mois saint de Ramadan, dites-nous est-ce que le jeûne du Ramadan doit commencer ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je vous remercie. Concernant le jeûne du mois de Ramadan, tout est défini par le Saint Coran et les hadiths du Prophète Mohamed (PSL). Dieu nous dit dans le Coran que celui qui observe le croissant lunaire doit jeûner le mois. Et dans les hadiths, le Prophète Mohamed(PSL) nous enseigne dans un des hadiths de jeûner lorsqu’on le croissant et rompre le jeûne lorsqu’on observe le croissant lunaire du mois suivant. Le Prophète a ajouté que : si le croissant se cachait derrière les nuages, si vous n’arrivez pas à observer le croissant, compléter le mois à 30 jours. Donc c’est ce que disent le verset et les hadiths du Prophète Mohamed (PSL).

Guineematin.com : à ce niveau justement, on rencontre régulièrement des polémiques dans notre pays, soit au début ou à la fin du Ramadan. Parfois, les musulmans ne commencent pas tous ensemble le jeûne et ils ne le terminent pas tous ensemble. Que disent les textes là-dessus ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant l’observation du croissant lunaire, il n’est pas dit forcément que tout le monde doit l’observer. Si on arrive à voir nous-mêmes la lune, c’est bien. Et dans le cas contraire, la religion nous dit que si d’autres personnes croyantes observent le croissant lunaire, c’est valable pour ceux qui n’ont pas observé la lune, ils doivent jeûner. Il n’est pas dit forcément que tout le monde doit observer le croissant pour jeûner. Maintenant, le problème se trouve à deux niveaux : le premier, c’est si par exemple l’Arabie Saoudite observe la lune et que nous ici on ne l’a pas observé, est-ce qu’on peut jeûner avec eux ? Ça, c’est le premier aspect.

Le deuxième aspect, c’est est-ce que chaque pays doit observer la lune ? Puisque nous savons que le lever et le coucher du soleil diffèrent. Il y a un décalage horaire entre les pays. C’est là où il y a le problème. Mais tout est défini par la religion. Si un musulman croyant observe la lune quelque part dans le monde, c’est valable pour tous les musulmans du globe de jeûner. C’est l’argument le plus solide. Maintenant pour résoudre tous ces problèmes, nous avons une autorité religieuse qui est là. Pour ne pas qu’il y ait des mésententes, des divergences, des malentendus entres les musulmans, croyants, nous devons écouter les autorités religieuses.

Ces autorités ne vont pas dire ce qui n’est pas vrai en ce qui concerne le croissant lunaire. Si elles nous disent que le croissant a été observé, nous devons jeûner. Et à la fin du mois de Ramadan aussi, si elles nous disent que le croisant a été observée nous devons rompre le jeûne. C’est ce que l’islam recommande. Puisque que l’islam demande l’unité des musulmans. Chaque pays doit commencer le jeûne le même jour et rompre le jeûne le même jour. C’est ce qui est bien pour les musulmans. Mais si les uns jeûnent aujourd’hui, les autres jeûnent demain, ça ce n’est pas une bonne chose. Cela divise la communauté, et c’est interdit par la religion. C’est une religion qui appelle à l’union de la communauté et de la nation.

Guineematin.com : comment le musulman doit se préparer pour accueillir le mois de Ramadan ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le musulman doit attendre ce mois avec des invocations et des prières. D’abord, il faut demander à Dieu qu’il nous donne longue vie, une bonne santé, pour accueillir ce mois de Ramadan. En même temps remercier Allah. Puisque l’année dernière on était avec des gens, on a jeûné avec eux, et cette année ils ne sont plus là. Que Dieu ait leurs âmes ! Donc si nous on a eu la chance de vivre jusqu’à cette année, nous devons rendre grâce à Allah, lui remercier et faire beaucoup d’invocations pour qu’Allah nous donne une longue vie. Le musulman doit aussi accueillir ce mois dans la ferveur.

Il doit être content de la venue du mois béni de Ramadan. Il ne doit pas se fâcher, être triste parce que le mois de Ramadan est là. C’est des choses que le musulman doit éviter. Ce mois, c’est un bonheur pour l’humanité tout entière. Pas pour les musulmans seulement. Cela seulement, doit conforter le musulman. On entend le gens dire cette fois-ci encore le mois de Ramadan est venu, comment on va s’en sortir avec les dépenses, la famille, les enfants, les habits, les parents, les beaux-parents ? Tout ça, c’est à éviter. Il ne faut pas être triste.

Guineematin.com : dites-nous maintenant qui doit jeûner ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : c’est le musulman qui doit jeûner. Le musulman qui a atteint l’âge de la puberté, qui est en bonne santé et qui n’est pas en voyage. Celui qui n’est pas musulman n’est pas demandé à jeûner ce mois de Ramadan ; l’enfant qui n’a pas atteint l’âge de la puberté, on doit lui apprendre à jeûner petit à petit à jeûner, mais on ne doit pas le forcer parce qu’en islam tout est facile. Celui qui est malade aussi, l’islam ne lui demande pas de jeûner, sauf s’il peut supporter le jeûne avec la maladie. Mais s’il trouve qu’il ne peut supporter le jeûne avec sa maladie, l’islam lui dit de ne pas jeûner.

Pourquoi ? Parce qu’il ne doit pas faire souffrir son âme. Ça c’est interdit. Donc il doit se ressaisir, il doit manger, et compter les jours qu’il a mangés et après le mois il rembourse les jours qu’il a mangés. Le musulman aussi qui est en voyage, l’islam lui dit de ne pas jeûner. Parce que nous savons que le voyage est difficile. Maintenant s’il peut supporter le jeûne et le voyage, là, il n’y a pas de problème, il peut jeûner. Mais si cela va porter préjudice à sa santé, l’islam lui dit de ne pas jeûner. Donc de manger et après rembourser après le mois.

Guineematin.com : il y a certains, notamment des personnes très âgées qui ne peuvent pas du tout jeûner. Ils ne peuvent pas le faire pendant le Ramadan et ne peuvent pas rembourser après le Ramadan. Que doivent-ils faire ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : il y a deux catégories de personnes qui ne doivent pas jeûner. Ceux-là, en contrepartie, ils doivent faire manger un pauvre une seule fois dans la journée, comme il est indiqué dans les versets. Un demi-kilo suffit pour cela. Il y a les vieilles personnes et il y a des gens qui ne sont pas des vieilles personnes mais qui sont malades et qui sont condamnés à ne pas jeûner avec leur maladie. Maintenant, il faut préciser que c’est seulement celui-là qui est condamné c’est-à-dire il n’attend pas à guérir de la maladie. Quelqu’un qui attrape une maladie qui peut guérir, n’est pas dispensé du jeûne.

Il peut bien sûr manger pendant le Ramadan mais après, il doit rembourser les jours qu’il a mangés. Cela est valable aussi pour les femmes qui voient leurs règles et celles qui sont en grossesse et qui allaitent. La femme en état de grossesse ou en état d’allaitement, si elle trouve qu’elle ne peut pas supporter le jeûne avec la grossesse ou avec l’allaitement, elle doit manger et à la fin du mois de Ramadan elle rembourse le jeûne. C’est ce qui est dit. Elles ne font pas mangées des pauvres.

Guineematin.com : quels sont les comportements que le jeûneur doit adopter pendant le mois de Ramadan ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le jeûne, nous savons que c’est de s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des rapports intimes avec son épouse pendant les 29 ou 30 jours du mois de Ramadan. Mais tout le corps doit jeûner, de la tête aux orteils. Les oreilles doivent jeûner : elles ne doivent pas écouter ce qui est illicite comme la musique, le mensonge et la calomnie. Les yeux doivent jeûner : ils ne doivent pas observer tout ce qui est illicite. Il ne faut pas être en jeûne et regarder ce qui est illicite. Même les films, il faut les éviter pendant la journée et même pendant la nuit. Il faut lire et écouter le Coran. C’est ce qui est recommandé. Tout le reste, il faut abandonner. Les mains ne doivent pas toucher tout ce qui est illicite. On ne peut pas être en jeûne et s’amuser avec les femmes d’autrui, excusez-moi du terme. Ça, c’est quelque chose qui est haram, qui est illicite.

Les pieds doivent jeûner : ils ne doivent pas aller n’importe où pendant le jeûne. On doit aller dans les endroits où il y a du bien et éviter les endroits où on peut récolter des pêchés. La langue, la bouche doit jeûner. Quelque part le Prophète Mohamed (PSL) nous enseigne que celui qui ne s’abstient pas aux mensonges et à témoigner le mensonge, Dieu n’a pas besoin de son jeûne. Donc on doit s’abstenir de mentir ou de témoigner le mensonge. Donc il faut faire beaucoup attention. Surtout chez nous ici où tout le monde est devenu politicien. On ne parle que de la politique avec beaucoup de mensonges. Donc c’est des choses qu’il faut éviter. La langue doit faire des invocations, des prières, lire le Coran et dire la vérité.

Guineematin.com : il y a certains jeûneurs qui vont jouer au damier, aux cartes et tant d’autres jeux de divertissement pendant la journée pour faire passer le temps. Est-ce normal d’agir ainsi ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : jouer au damier, au ludo, aux cartes, aux jeux de hasard, c’est des choses à éviter parce que tout cela est illicite en islam. Cela n’annule pas le jeûne mais c’est des choses qui réduisent les biens qu’on peut avoir pendant le jeûne. C’est un mois de repentance, un mois où chacun doit en profiter pour faire beaucoup de biens pour effacer ses pêchés.

Guineematin.com : malade qui suit un traitement, peut-il jeûner et prendre des injections ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne les injections, il y a deux sortes : si ce sont des injections qui remplacent l’alimentation, un jeûneur ne peut pas les prendre pendant la journée parce que ça annule le jeûne. Mais si c’est des injections qui ne remplacent pas l’alimentation, si des injections qui permettent juste de traiter une maladie, cela n’annule pas le jeûne. Donc, on peut jeûner et prendre ce genre d’injections.

Guineematin.com : quels sont les avantages liés au jeûne du Ramadan ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : Il y a beaucoup d’avantages dans le monde ici-bas et à l’au-delà. Le plus grand avantage c’est à l’au-delà. Il y a une porte au paradis appelée Abaya, n’entre par cette porte que le jeûneur. Si le jeûneur entre, elle se referme, elle ne se rouvre plus. Aussi, le Prophète Mohamed(PSL) nous dit qu’Allah a dit que le jeûne lui appartient, et c’est lui personnellement qui récompense le jeûneur. Ça ne veut pas dire que les autres adorations ne lui appartiennent pas. Mais là, c’est une distinction pour le jeûne et le jeûneur. Donc il est très important de jeûner. Puisqu’en le faisant, on devient un homme de Dieu.

Il y a un autre hadith qui dit que c’est une défense entre le jeûneur et le châtiment. Quand on est dans la tombe, quand le châtiment arrive, le jeûne devient un barrage entre le châtiment et le jeûneur. Donc le châtiment n’atteint pas le jeûneur. Et le jour de résurrection aussi, c’est la même chose jusqu’à ce qu’il entre au paradis. Ça, c’est à l’au-delà. Dans ce bas-monde, nous-mêmes nous voyons combien de fois le jeûne est important. D’abord pour la santé, il est dit : jeûnez et vous aurez la santé. Combien de gens vont à l’hôpital et on leur dit de suivre un régime ? Il y a beaucoup de gens qui disent, avant le mois de Ramadan je ne me sentais pas bien, mais après le mois de Ramadan, vraiment je me sens à l’aise.

Donc cela fait partie de l’importance du jeûne sans compter combien de fois le jeûne unit la communauté et la nation. Avant l’arrivée du mois de Ramadan, les mosquées ne sont pas remplies. Mais demain ou après-demain, il faut observer toutes les mosquées seront remplies à cause du jeûne. Il y a cette fraternité, l’amour entre les fidèles de cette communauté. Ils deviennent plus pieux pendant le mois de Ramadan qu’avant le mois de Ramadan. Mais cela ne nous surprend pas parce que le Prophète Mohamed (PSL) nous dit que quand vient le mois de Ramadan, les portes du paradis sont ouvertes, les portes de l’enfer sont fermées et Satan est enchainé. Donc quand Satan est enchainé, ceux-là qui ne pratiquaient pas la religion, en ce moment ils deviennent libres. Ils participent à la prière collective, aux sacrifices, ils s’abstiennent à faire ce qui est illicite.

Guineematin.com : un musulman qui n’est pas malade et qui refuse volontairement de ne pas jeûner, que risque-t-il ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le musulman qui refuse volontairement de jeûner, cela peut conduire à annuler sa foi en Allah. Il peut devenir un mécréant. Cela est interdit par la religion musulmane. Ceux qui le font, qu’ils sachent qu’ils doivent se repentir et revenir chez Allah avant qu’ils ne quittent ce monde. Sinon, s’ils quittent ce monde dans cet état, leur récompense sera l’enfer. Que Dieu nous en garde ! Donc il faut éviter cela. Il y a certains qui disent qu’ils ne peuvent pas jeûner les 30 jours. Si on est majeur, on a atteint l’âge de la puberté, si nous jeûnons 29 jours, et le mois se termine à 30 jours et qu’on ne jeûne pas 30èmejour, tous les 29 jours deviennent nuls.

Et, pour rembourser un seul jour mangé volontairement pendant le mois de Ramadan, il faut jeûner pendant deux mois successifs. Mais, même si on jeûne 2 mois successifs, cela ne va pas remplacer le jour mangé volontairement pendant le Ramadan. Même s’il jeune toute sa vie, cela ne peut pas remplacer le jour qu’il a mangé volontairement. Donc quand on est majeur, on est en bonne santé il faut éviter cela et jeûner. Qu’on soit garçon ou fille, il faut jeûner.

Guineematin.com : La prière de « Taraawi » que nous appelons ici « Naafila », est-elle obligatoire pour les jeûneurs ou facultative ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : la prière « Taraawi » célébrée après « Icha » (la dernière prière du soir) n’est pas une prière obligatoire. En Islam, il y a 5 prières obligatoires. Le reste, même le « Taraawi » dont vous parlez n’est pas obligatoire. C’est une prière surérogatoire. Mais c’est une prière qui est très importante. Puisque le prophète nous dit : celui qui prie cette prière pendant ce mois de Ramadan, à la fin du mois de Ramadan Dieu lui pardonne tous ces pêchés.

Guineematin.com: nous arrivons à la fin de cet entretien. Quel message avez-vous à lancer à l’endroit des fidèles musulmans de Guinée qui vous suivent ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le message que j’ai à lancer, c’est d’abord d’accueillir le mois de Ramadan dans la joie, dans la ferveur ; éteindre les querelles, les mésententes, qui existent entre nous. Partout où nous sommes, que ça soit dans le travail ou dans la famille, soyons des frères et des sœurs. Pardonnons-nous et tolérons-nous surtout dans nos routes évitons les injures et les bagarres pendant ce mois de Ramadan.

Il faut aussi écouter nos autorités religieuses : si elles nous disent que la lune a été observée, nous commençons à jeûner ensemble. A la fin du mois de Ramadan, si elles nous disent que le jeûne est fini, nous prions ensemble. Ensuite, il faut surtout lire beaucoup le Coran et faire beaucoup de sacrifices. Donc c’est me message que j’ai à lancer à l’endroit des fidèles musulmans.

Propos décryptés par Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel. 620 589 527/654 416 922

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Conakry : l’écrivain Saliou Bah présente sa nouvelle Œuvre intitulée l’Homme-hyène

3 mai 2019 à 20 08 28 05285

Un nouveau livre fait son apparition dans le paysage culturel guinéen. Il s’agit de « l’Homme-hyène » de l’écrivain, Saliou Bah. La cérémonie de dédicace de ce roman a eu lieu dans la soirée du jeudi, 02 mai 2019, à Conakry, en présence de nombreux élèves, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Publié par les Editions Ganndal, cet ouvrage de 92 pages traite d’une histoire imaginaire d’un homme, renié par son père et qui désire prendre sa revanche. « Un beau matin, le père de Boory (le personnage principal) lui dit qu’il est déshérité. Suite à cette déclaration de son père, Boory est complètement anéanti.

Et, pendant qu’il cherchait à savoir qu’est-ce qu’il va faire, il y a une personne, un habitant de son village qui a eu pitié de lui. Cette personne, c’est une vieille femme. Et, celle-ci le guide pour assouvir sa vengeance. Mais c’est une vengeance qui va se révéler amère pour tout le village », explique Saliou Bah, l’auteur de ce roman.

Cette fascinante histoire, racontée dans un langage accessible même aux élèves du niveau lycée, dure 6 jours. Et, à travers elle, l’auteur met en exergue certains aspects culturels de notre société. « Je parle de nos propres croyances parce que nous croyons aux Djinns, nous croyons aux joueurs de cauris, nous croyons qu’il y a des hommes qui ont le pouvoir de se transformer ou de transformer une personne en animal.

Donc, il y a tous ces sujets qui sont traités dans ce roman. Le but c’est simplement de montrer que dans la vie d’une personne, un jour, les choses peuvent basculer. C’est le cas de Boory dont la vie a basculé tout d’un coup. Et pendant 6 jours, Boory va vivre un drame. Heureusement, il va finir par s’en sortir », souligne monsieur Bah.

A noter que l’Homme-hyène est le cinquième ouvrage de l’écrivain, Saliou Bah. Le livre est vendu à seulement 25 000 francs guinéens.

Mohamed Doré pour Guineematin.com

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Al-Qaïda, Daesh, Boko Haram: « ce ne sont pas de vrais musulmans »

2 mai 2019 à 13 01 13 05135

La fondation Imam Malik a organisé un colloque islamique hier, mercredi 1er mai 2019, à la mosquée (Turque) de Bambéto. L’objectif était de vulgariser les vraies valeurs de l’islam afin de combattre l’extrémisme et le fanatisme, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Pour ce colloque qui n’est d’ailleurs pas le premier organisé par la fondation Imam Malik, les organisateurs ont réuni de nombreux enseignants de différents foyers coraniques et d’autres fidèles musulmans venus des cinq communes de Conakry. Tous ont été sensibilisés sur les comportements à adopter dans la société et les valeurs qu’il faut inculquer aux enfants pour une paix et une quiétude sociale durables.

Elhadj Cheick Oumar Barry

« Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de l’exécution du plan d’action de la fondation Imam Malik. C’est pour la consolidation de la paix et l’inquiétude dans nos sociétés. Ce colloque a pour thème : Le rôle des foyers coraniques dans la consolidation des valeurs du juste milieu et la modernisation dans la société. Vous savez qu’il y a aujourd’hui l’extrémisme, le fanatisme, il y a beaucoup de choses qui gangrènent nos communautés. Pourtant, l’islam, c’est une religion de juste milieu. C’est pour cela qu’on a organisé cette cérémonie pour dire aux enseignants quelles sont les bonnes conduites dans leur travail dans les foyers coraniques », a expliqué Elhadj Cheick Oumar Barry, secrétaire général de la fondation Imam Malik.

Les organisateurs ont passé leurs messages en arabe, en français et dans certaines langues nationales pour bien expliquer aux enseignants les comportements à adopter dans les foyers coraniques. Aboubacar Sidiki Touré, l’un des conférenciers, en a profité pour évoquer les actes terroristes constatés de par le monde. Pour lui, les auteurs de ces actes qui parlent au nom de l’islam, ne sont pas de vrais musulmans.

Aboubacar Sidiki Touré

« On entend souvent des gens dire c’est des extrémistes. Al-Qaïda, Daesh, Boko Haram, tout est assimilé à l’islam. Mais ce n’est pas vrai, ce ne sont pas de vrais musulmans qui font ça. Tout ce que l’islam demande, c’est d’être au juste milieu sans offenser les autres. Les enfants dans les écoles coraniques, ce sont des enfants qui vont l’école aussi dans les écoles où il y a beaucoup de communautés et de sectes différentes. Donc, vous les enseignants, vous devez enseigner les principes de l’islam : le Coran et la sunna du Prophète Mohamed aux enfants. On les enseigne la tolérance, l’acceptation des autres. On doit conserver notre connaissance et accepter les autres », a-t-il exhorté.

A rappeler que la fondation Imam Malik est une organisation internationale qui œuvre dans le sens du maintien de la paix en milieu islamique.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 07 93 59

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Conakry : dédicace du livre La Guinée en quête de rupture de Yacine Diallo

25 avril 2019 à 12 12 20 04204
Boubacar Yacine Diallo, journaliste-écrivain

A l’occasion de la 11ème édition des 72 h du livre, de nombreuses œuvres littéraires sont en train de voir le jour. C’est dans ce cadre que le journaliste-écrivain, Boubacar Yacine Diallo, a procédé à la dédicace de son livre intitulé « La Guinée en quête de rupture ». La cérémonie, organisée au Centre Culturel Franco Guinéen de Conakry, hier mercredi 24 avril 2019, a réuni plusieurs personnalités, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette œuvre de l’ancien ministre de la communication compte 149 pages. Sa dédicace a réuni plusieurs personnalités : les ministres Tibou Kamara et Khalifa Gassama Diaby, le président de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH), Dr Alya Diaby et bien d’autres.

Dans son introduction, Boubacar Yacine Diallo a expliqué qu’après avoir parcouru l’histoire de la Guinée pendant une trentaine d’années, il s’est dit qu’il fallait rechercher les points de rupture dans l’histoire de notre pays. Monsieur Diallo a dit s’être appuyé sur les questions politiques, les droits de l’homme pour chercher les raisons des échecs de notre pays. « J’ai vu par exemple que sur la question de l’unité nationale, alors que tout le monde reconnait que si la Guinée été indépendante par le NON, c’est parce qu’il y avait une unité. Et, je me suis rendu compte que cette unité avait été bradée au point qu’aujourd’hui encore, nous parlons d’unité comme si nous étions à la veille de 1958 », souligne-t-il.

L’autre cas d’échec cité par Boubacar Yacine Diallo est celui lié à l’économie. Pour lui, à chaque fois qu’on parle de la Guinée, on accuse la France d’être responsable du retard économique de notre pays alors que la Guinée est indépendante depuis 1958. « Depuis 60 ans nous avons pris notre indépendance. Il est vrai que le Président Sékou Touré avait dit que nous la prenions la liberté dans la pauvreté ; mais, on peut bien se demander si aujourd’hui encore nous avons et la liberté et la richesse», s’est-il interrogé.

Le troisième échec est lié à la gouvernance politique. Là également, le journaliste-écrivain a noté qu’à chaque fois qu’un régime est arrivé, c’est comme si c’est pour la première fois qu’on parlait de bonne gouvernance. « Les responsables sont là et c’est eux que j’appelle les voyous de la République, qui vont de branche en branche, de régime en régime. Ils sont incompétents et ne vivent que du mensonge et de la délation », dénonce-t-il.

Présent à la cérémonie, le ministre d’Etat, ministre de l’Industrie et des PME, Tibou Kamara, a félicité Boubacar Yacine Diallo pour avoir écrit ce livre. « Ecrire demande beaucoup d’efforts de la part de celui qui le fait. Aujourd’hui, avec le débat démocratique, nous avons besoin de vérité sur notre histoire pour aider les générations montantes à mieux connaitre cette histoire et à se préparer davantage à construire un avenir durable, paisible et partager pour l’ensemble des guinéens ».

Il faut rappeler qu’auparavant, Boubacar Yacine Diallo avait écrit d’autres livres comme : Yacine Diallo, le premier député guinéen à l’Assemblée française, édité en 1996. Un livre qui, après quelques années, a changé de titre pour devenir Yacine, premier député à l’Assemblée française. Ensuite, monsieur Diallo a écrit Guinée, d’un régime à l’autre. C’est la synthèse de ces deux livres qui a été consignée dans un troisième intitulé Un demi-siècle de politique, estampillé « Etude africaine », qu’on peut enseigner dans les universités. D’autres œuvres verront le jour sous la plume du même auteur : Le général Sékouba Konaté au cœur de la transition et Je m’appelle Conakry, édité en 2017 à l’occasion de l’évènement Conakry Capitale Mondiale du Livre.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Pas de 3ème mandat pour Alpha Condé : Djani Alpha, Bill de Sam, Climpoko et Cie rejoignent le front

22 avril 2019 à 16 04 54 04544

Les rangs du Front National pour Défense de la Constitution (FNDC) s’agrandissent chaque jour davantage. Un groupe d’artistes, engagés dans la lutte contre le projet de modification de la Constitution guinéenne, a rejoint le FNDC ce lundi, 22 avril 2019. C’est le siège de la Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD) qui a servi de cadre à cette cérémonie, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ces artistes qui font de la musique urbaine ont pour noms : Djani Alpha, Bill de Sam, Aldji Mamdi, Moula Thug, Climpoko, Djobala, Makovi, Capitaine Donkhodi, Mo Zion, Lord, Fadjidi.

Ce groupe d’artistes a mis l’occasion à profit pour présenter un single évocateur, intitulé « Atö, Akhadan firinma ». Ce qui signifie : « cesse, limite-toi à deux mandats ». Une manière de prendre le contre-pied des sirènes révisionnistes qui incitent Alpha Condé à violer la Constitution guinéenne.

Djani Alpha

C’est l’artiste Djani Alpha, porte-parole du mouvement, qui a planté le décor. « Les acquis de la Guinée, nous avons trop longtemps blagué avec. A quoi ça sert d’avoir dit NON le 28 septembre, si 60 ans plus tard, on doit encore tenir les mêmes débats. L’histoire retient que la vie, c’est un changement, c’est une évolution, soit tu évolues avec l’histoire où l’histoire évolue sans toi. Quand on parle de 3ème mandat, on n’est pas en train de parler de la personne directe du professeur Alpha Condé. Il faut comprendre aujourd’hui que réviser cette Constitution, gardez Alpha Condé au pouvoir, ça serait garder tout un système au pouvoir, ça serait garder les mêmes chefs de quartiers au même endroit, ça serait garder les mêmes têtes d’affiche au pouvoir. (…) Si ça passe avec lui, la personne qui viendra, fera exactement la même chose. Il ne s’agit pas là d’un parti politique, il s’agit du changement, il s’agit de dire qu’à partir de maintenant-là, qu’en 2020, on va aller à des élections après qu’un président démocratiquement élu ait fait deux mandats et qu’il a cédé le pouvoir ».

Poursuivant, Djani Alpha a indiqué que leur lutte ne se limitera pas à chanter une musique anti 3ème mandat et adhérer au FNDC. Mais, précise-t-il, ils seront sur le terrain pour l’aboutissement de ce combat. « Ce point de presse n’est pas de vous dire juste que nous, on a rejoint le front, ou qu’on a fait une chanson que vous allez écouter comme toutes les autres chansons. C’est de comprendre qu’il s’agit de chacun d’entre vous, individuellement pris : qui va prendre ses responsabilités face à son histoire ? En ce qui nous concerne, nous allons faire ce que nous avons toujours fait, l’éveil des consciences. Nous allons faire comprendre aux guinéens, en particulier à la jeunesse guinéenne, que dans un pays, c’est impossible qu’il y ait trois partis politiques, il y aura toujours deux partis politiques : ce sont les dirigeants et les dirigés. Nous allons faire comprendre aux dirigés qu’il est temps de prendre leur destin en main en refusant cette modification de la Constitution. Et ça, on le fera par le dialogue, les conférences. Aujourd’hui, à part le professeur Alpha Condé et les quelques rares personnes qui sont auprès de lui, qui n’atteignent pas 300 personnes, qui est d’accord avec ça ? Ça ne passera pas ».

Abdourahmane Sano

Dans son discours, Abdourahmane Sanoh, président de la PCUD, a dit toute son admiration devant l’engagement de ces artistes à se joindre au mouvement anti 3ème mandat. « Chers frère du monde de l’art, nous sommes très honorés aujourd’hui. D’abord, d’avoir su que vous vous êtes mis en collectif « Atö » qui veut dire cesse. Comme un ultimatum et, qui par ironie ont bien voulu endosser l’image que certains ont voulu vous collez, en vous présentant comme de petits drogués. Vous qui portez la culture de ce pays, vous qui véhiculez une bonne partie de notre civilisation et de l’éducation de notre société, son histoire, ses valeurs, vous qui vous battez en tant que volontaires, pour faire rayonner tout cela dans le monde entier, on n’a pas trouvé d’autres mots que de vous qualifier de petits drogués. Et, nous sommes très heureux que vous ayez pris cela comme de petites ironies, et l’endosser dans le cadre de ce combat très long pour notre pays. Le collectif a sa place au sein du FNDC et nous sommes heureux de vous voir venir occuper cette place. En vous accueillant ici chers frère, vous montrer à l’opinion nationale et internationale qu’il y a cette autre partie des artistes du monde des arts qui a le sens de la dignité, qui a le sens de l’honneur et qui ne peut pas vendre ou se laisser vendre à cause de miettes volées à notre dos pour soutenir un projet aussi dangereux et aussi humiliant, aussi insultant que celui de vouloir nous proposer une imposture à travers une fallacieuse nouvelle constitution», a martelé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Religion : l’association Ahlul Bayt inaugure une mosquée de plus de 1 000 places à la Cimenterie

22 avril 2019 à 9 09 31 04314

Après plusieurs années de travaux, sous l’égide de l’association « Ahlul Bayt », la grande mosquée « Almoustapha » sise à la Cimenterie, dans la préfecture de Dubréka, a été inaugurée hier, dimanche 21 avril 2019. La cérémonie inaugurale a mobilisé plusieurs personnalités du monde politique et des religieux de notre pays, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dr Hafiziou Diallo,

Selon le président de l’association « Ahlul Bayt », Dr Mohamed Hafiziou Diallo, cette mosquée accueille 1000 fidèles au rez-de-chaussée et 400 autres à l’étage. Elle possède 4 bureaux dont : le vestibule des imams, une bibliothèque, deux pièces servant de bureau et secrétariat à l’association. Au rez-de-chaussée et à l’avant-garde de la mosquée, on dénombre une salle de lecture-mémorisation du saint coran, un magasin, une petite pièce et une toilette. En plus, la mosquée Almoustapha compte également des dépendances dont : un forage pour la fourniture d’eau potable, 9 toilettes et salles de bain pour hommes et femmes, des postes d’ablution, une vaste cour, un garage pour les véhicules et un centre de santé.

D’après Dr Mohamed Hafiziou Diallo, les travaux ont coûté environ quatre milliards six cent cinquante-huit millions deux cent sept mille francs guinéens (4.658.207.000 GNF). Et, la construction de cette mosquée répond à l’appel du saint coran dans sa sourate « Attawba » (le repentir), verset 18, citation : « Ne construiront les mosquées de Dieu que ceux qui croient en Dieu et au jour du jugement dernier, observent la prière, donnent l’aumône et ne craignent que Dieu. Peut-être, ceux-là seront-ils du nombre des bien guidés ».

Montrant le caractère unitaire et commun de l’édifice, le président de l’association «Ahlul Bayt » a précisé que c’est une mosquée appartenant aux musulmans de tout bord. « Je voudrais signaler et de façon solennelle que cette mosquée n’est ni une mosquée de secte, ni celle d’une ethnie, encore moins celle d’une région. Tous les musulmans, sans aucune distinction y sont les bienvenus », a-t-il dit.

Dr Mohamed Hafiziou Diallo a, par ailleurs, remercié toutes les autorités religieuses et politiques de notre pays ainsi que le Président de la République, Alpha Condé et l’ensemble des donateurs, notamment l’université Almoustapha internationale, la communauté libanaise de Guinée, l’ambassade de la République Islamique d’Iran en Guinée et les nombreux autres donateurs anonymes.

SE. Seyid Hamid Reza Vahid Kiani

Egalement présent à la cérémonie, l’ambassadeur de la République islamique d’Iran en Guinée, Son Excellence Seyid Hamid Reza Vahid Kiani s’est réjoui d’être dans un pays où il y a l’unité entre toutes les écoles islamiques. « Nous espérons et nous souhaitons que cette maison de Dieu soit un centre de l’unité, un centre qui respecte le livre coranique qui nous appelle à tenir la corde de Dieu sans division, ni distinction. L’unité est la condition sine qua non pour la sécurité dans un pays. Je suis très heureux de participer à l’inauguration d’un centre de l’unité. Cette maison de Dieu doit être le rempart de tous les opprimés, être au service de tous les musulmans, de tous les pauvres et de tous les opprimés », a souhaité le diplomate iranien.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Bras Cassé dégaine : « c’est des artistes très maudits qui iront chanter pour Alpha Condé »

21 avril 2019 à 10 10 39 04394

Comme annoncé dans un précédent article, l’artiste Abdoulaye Sawpit Camara, plus connu sous le nom de Bras Cassé, a été agressé récemment par des hommes en uniforme à son domicile à Coyah. L’auteur du son fétiche « Alpha Banban Farî », en hommage au président Alpha Condé, et sa famille ont été molestés à Mengueta, relevant de la sous-préfecture de Wonkifong.

Dans une interview accordée à un reporter que Guineematin.com a dépêché à Mangata, Bras Cassé est revenu sur sa mésaventure, sur ses rapports avec le président Alpha Condé qui l’a « mal récompensé ». L’artiste dénonce également les promoteurs du 3ème mandat, notamment les artistes sur lesquels il tire à boulets rouges.

Guineematin.com : pourquoi vous appelle-t-on Bras cassé ?

Abdoulaye Sawpit Camara : j’ai eu un choc et mon bras s’est cassé. Depuis, les gens m’ont surnommé Bras cassé pour se moquer de moi.

Guineematin.com : le lundi, 15 avril 2019, vous avez reçu la visite d’hommes en uniforme qui vous ont malmené avec votre famille. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Abdoulaye Sawpit Camara : je n’en sais rien. J’ai vu seulement, vers 20 heures 28 minutes, des gens qui sont venus dans deux pick-up. Ils étaient 26 personnes (24 personnes, plus les 2 chauffeurs). C’est quand ils sont remontés dans leurs véhicules que j’ai pu les compter. Ils sont venus tout en me dépassant. D’autres sont allés derrière ma maison. Les voitures ont été garées à environs 400 mètres de ma maison. Il y avait coupure de courant et ils sont venus à pied. Ils sont rentrés, le chauffeur et le militaire qui gardait les véhicules sont sortis aussi et ont dégagé tous ceux qui étaient avec nous. Les gens ont couru pour alerter la population et demander aux gens de fuir. Tout le monde a fui. C’est ainsi qu’ils sont rentrés dans ma cour. J’ai salué deux d’entre eux et j’ai demandé où ils vont. Ils disent : on s’en fout de ça, pourquoi tu nous demande ? Et ils ont continué dans ma cour, dans ma maison. Il y a un de mes jeunes frères et mes petits fils qui sont venus en disant : Papa, il y a beaucoup de militaires qui sont venus derrière la cour. Qu’est-ce qui ne va pas ? Je me suis levé et je suis allé les voir. J’ai dis : qu’est-ce qu’il y a ? Ils ont dit : on s’en fou de toi. J’ai dit : C’est pour moi ici, c’est ma concession. Ils ont dit : on s’en fout de toi. Si c’est toi Bras cassé, on s’en fout de ça et on va casser l’autre bras aussi. Ils ont insulté ma mère. Ma femme aussi a répliqué. Un autre parmi mes proches est venu demander s’il n’y pas de responsable à Mengueta ? Pourquoi cette pagaille ? Est-ce que vous avez laissé une convocation ? Ils se sont attaqués à ce monsieur aussi. Ils l’ont terrassé. Ils m’ont mis à terre et ils ont déchiré nos chemises. C’est en ce moment qu’ils m’ont roué des coups au niveau du bras et au niveau des côtes. J’ai demandé pardon. Mais, comme j’étais mal habillé, pour eux, ce n’était pas moi Bras cassé. Si non, ils allaient me tuer là-bas. C’est ainsi qu’ils se sont attaqués aux autres membres de ma famille et il y a eu de la bagarre dans la cour. Il n’y avait pas de courant. J’avais un enfant très intelligent, celui-ci est parti photographier les plaques des deux véhicules. Dans cette pagaille, un jeune a dit : Allez-y amener de l’essence on va brûler leurs véhicules. C’est ainsi que leur chef de mission a dit : replions, replions. Ils sont tous montés dans les pick-up et je suis venu m’arrêter devant la voiture, ma famille est venue me récupérer. J’ai dit qu’ils vont me tuer ici parce qu’ils sont venus pour ça. L’un d’entre eux a dit : Tu vas nous trouver à la présidence, au palais. J’ai dit d’accord. Pendant tout ce temps, je ne savais pas qu’un de mes enfants avait pris le numéro des véhicules. Quand je suis revenu, il m’a dit : reste tranquille, voilà les numéros de leurs véhicules. J’ai appelé le préfet qui a envoyé des gens sur le pont de Coyah pour les intercepter. Ils les ont interceptés. Ils ont dit qu’ils sont venus chez moi et ils sont rentrés ; mais, qu’ils se sont trompés. Ce n’était pas chez moi qu’ils venaient. Mais, quitter le KM36, traverser des milliers de concessions pour venir rentrer chez Bras cassé ? Qui est en Guinée qui ne connait pas Bras cassé ? Ils sont venus du KM36. Nous avons identifié leurs voitures : pour la police, le numéro du véhicule c’est PN 600001 ; pour la gendarmerie, c’est GN 251547. Dès que j’ai dit ça, le lendemain, c’est général Bafoé qui m’a appelé pour me demander qu’est-ce qui ne va pas. Dès que je lui ai donné les numéros, il a automatiquement dit : l’un, c’est pour la gendarmerie, et l’autre, c’est mon département. Il dit : je vais les convoquer demain, ils vont me répondre. Mais, jusqu’à présent, je n’ai pas reçu un appel de lui. Le général Baldé aussi ne m’a pas appelé. C’est pourquoi j’ai dit : les militaires relèvent du gouvernement, les véhicules sont du gouvernement. Donc, c’est Alpha Condé qui a dit aux gens de venir me tuer, parce que c’est moi qui ai chanté Cowboy Mou Condoboy Domma. Ils allaient me tuer et repartir sans trace. Ils ont pris un journaliste, jusqu’à présent, il n’y aucune trace. Mais, comme j’ai eu les numéros des véhicules qui appartiennent au gouvernement, je me suis dis que c’est prémédité. C’est quelque chose qui a été organisée pour venir m’éliminer. C’est pourquoi les gens, quand tu les aides à être chef, après demain c’est toi qu’il va tuer le premier. Même son marabout qui a écrit pour lui afin qu’il soit chef, il va le tuer. J’ai dit que c’est ça. Donc, pour mon cas, c’est Alpha Condé. Les personnes qui l’entourent aujourd’hui sont des zéros. Ils sont venus chez Alpha pour de l’argent. Avant-hier, ils n’étaient pas pour Alpha. Aujourd’hui, ils sont pour lui parce qu’il y a l’argent.

Guineematin.com : nous avons appris qu’après l’incident, le préfet de Coyah est venu vous rendre visite. Est-ce qu’on peut savoir de quoi il a été question ?

Abdoulaye Sawpit Camara : il est venu avec le secrétaire général chargé de l’administration, le député de Coyah, Sékou Camara, le sous-préfet de Wonkifong et beaucoup d’autres. Mais, quand ils sont venus, ils ont parlé de l’affaire de Dieu. Ils m’ont dit que c’est un fait de Dieu. Donc, de pardonner. J’ai dit que j’ai pardonné, parce que je n’ai pas été tué.

Guineematin.com : on ne vous a toujours pas dit pourquoi ces gens sont venus vous agresser ?

Abdoulaye Sawpit Camara : c’est des menteurs. C’est eux qui ont fait. C’est eux qui ont organisé cela. Les membres du gouvernement. C’est eux. Comment ils peuvent venir me dire quelque chose ? Est-ce qu’un membre du gouvernement m’a même appelé pour me demander qu’est-ce qui s’est passé ? Ou bien qui d’entre eux m’a envoyé même 100 GNF ? Même le préfet qui est venu, il ne m’a pas donné, même 100 GNF. Il n’a pas dit : lève-toi on va aller à l’hôpital pour vérifier ton état de santé. Il ne l’a pas fait. Juste me dire : pardon à cause de Dieu. C’est Dieu qui me l’a fait ? Les gens qui m’ont agressé sont déjà identifiés. Comment ils peuvent rester comme ça sans réagir ?

Guineematin.com : on a appris que le Président Alpha Condé n’a pas pensé à vous malgré la nature de vos relations.

Abdoulaye Sawpit Camara : Mais, bien sûr. Il m’avait promis. Il a dit à son chargé de mission, à Ousmane Bangoura, communément Sossé Banna, à Mimy Coumbassa, l’ancienne femme du général Toto, qui s’est remarié avec monsieur Bernard, questeur à l’Assemblée nationale : Allez-y chercher une villa, je vais remettre à Bras cassé. Ils ne l’ont pas fait. Par après, il a dit à Kiridi Bangoura : Va chez madame Sultan, il va lui remettre un tracteur, après je vais le payer même si c’est en deux tranches. Il dit : comme il a aimé l’agriculture, on va l’aider dans ça pour qu’il nous laisse. Pourquoi ça aussi ? Des artistes ont été jusqu’au Brésil, mais, avant que je chante pour le Président, aucun autre artiste guinéen n’avait osé le faire avant qu’il ne soit Président. C’est après qu’il soit Président, ils ont commencé, sauf peut-être Zangué de Kindia qui a chanté : Alpha Condé, Woulè Baragnon. Mais, A Banban Farî, aucun artiste guinéen ne pouvait dire ce jour qu’il allait battre Lamah Sidibé avec sa musique : Cellou Laamikè. Personne, aucun chanteur malinké ne pouvait. C’est quand je suis venu avec A Banban Fari, c’est ce qui a terrassé Cellou Dalein et qui a transcendé tous les soussous, tous mes parents Bagas. Ils sont venus pour remplir le panier d’Alpha Condé. C’est ce qui fut fait, A Banban Fari ha Sékoutouréya’’.

Guineematin.com : est-ce que vous regrettez aujourd’hui d’avoir soutenu Alpha Condé ?

Abdoulaye Sawpit Camara : non ! Je ne le regrette pas. Moi, c’est mon père, parce qu’il est le père de la nation. Je ne le regrette pas. Mon père m’avait dit qu’il faut aider tous les hommes qui vivent sur cette terre. S’ils te récompensent par le bien, tu dis Dieu merci et s’ils te récompensent mal, dis aussi Dieu merci, que c’est ça que Dieu a voulu pour toi. Mais, que tu continues toujours à aider. Moi, Alpha ne m’a rien fait. Il ne m’a rien dit de mal. Mais, c’est son entourage qui me fait mal. Ce n’est pas Alpha. Je n’accuse pas le Professeur Alpha Condé. Ici, je l’accuse seulement parce que c’est lui qui a intégré les militaires mal formés pour venir me faire du mal. Et, c’est dans les voitures gouvernementales. Si les responsables de ces voitures ne sont pas identifiés, je dirais que c’est le Président qui n’a pas manifesté son désir parce qu’eux, ils sont là-bas. Ils ne font rien pour ce pays. Ils ne cultivent rien pour cette nation. Ils sont là-bas et ils prennent des milliards appartenant aux guinéens. Ils achètent des véhicules PRADO et construisent des villas pour donner à des femmes. Les gens qui vous ont aidé à être dans cette situation, c’est eux que vous combattez. Je ne suis pas du tout d’accord. Je n’ai rien de mal contre Alpha Condé ; mais, comme je suis vieux, Alpha, qu’il le sache ou qu’il ne le sache pas, 1961 on était au lycée classique ensemble. C’est nous qui avions commandité la première grève des étudiants et Sékou Touré l’a transformé en un coup d’Etat. Si un vieux comme moi danse pour lui aujourd’hui dans toutes les préfectures ; mais, qu’il reconnaisse et qu’il me distingue parmi les artistes. S’il ne me distingue pas parmi les artistes, je dirais que c’est lui la cause. C’est lui qui les a envoyés et je peux jurer que c’est lui. Ceux qui combattaient Alpha Condé, ce sont eux aujourd’hui qui sont des ministres et qui ont tout. Ils sont ambassadeurs et c’est eux qui se fichent de moi. C’est pourquoi, je me fais rare à Conakry. Quand je viens, où je vais rentrer ? Je vais aller dans le bureau de qui ? Ils étaient anti Alpha Condé. Quand Lansana Conté était là, ils étaient anti Alpha Condé. C’est ceux-là qui envoient aujourd’hui des gendarmes contre moi pour me tuer. Qu’est-ce que j’ai dit ? Quelles sont les preuves ? Ils n’ont qu’à me monter les preuves palpables de ce que j’ai dit ou fait pour dire par exemple : tu as chanté ou tu as dis cela ou bien tu as manifesté dans tel endroit et on t’a vu dans tel ou tel groupe.

Guineematin.com : aujourd’hui, il y a une velléité de modifier la constitution pour permettre au Président Alpha Condé de continuer à diriger le pays. Il y a même certains artistes qui commencent à se mobiliser pour apporter leur soutien au projet. Est-ce que vous qui aviez chanté pour lui, vous êtes prêts à mouiller encore le maillot pour le soutenir ?

Abdoulaye Sawpit Camara : Non ! Même pas malgré ce qui m’est arrivé. Moi, j’aide quelqu’un à devenir président pour qu’il m’aide. S’il ne m’aide pas, je ne serais plus pour lui. Mais, je ne l’insulterais pas et je ne lui ferais pas du mal. Je m’assois chez moi. Je ne manifeste pas et je ne fais rien. Ces artistes maudits qui veulent partir là-bas, manifester pour Alpha Condé, ils n’ont qu’à partir parce que c’est des maudits. C’est des artistes très, très maudits. A cause de quoi ? Quand tu vas manifester là-bas, tu n’auras que 50.000 ou 100.000 GNF. On dit : c’est pour le parti. Mais, quel parti ? Moi, je ne suis pour personne. Je suis chez moi ici. J’ai alerté tout le monde entier sur mon sort. Même l’ambassade des Etats-Unis et celui de la France, tous sont informés. Ils veulent me tuer. Les gens qui veulent aller jouer demain samedi, ils n’ont qu’à aller, c’est leur affaire. Moi, j’ai été bastonné, j’ai mon corps qui me fait mal. Un vieux comme moi, qui a 72 ans, qui a été bastonné avec tous les membres de sa famille par 26 hommes armés jusqu’aux dents avec des pistolets et des PMAK, venus au bord de deux pick-up, je ne veux aller. Quel militaire dira en Guinée qu’il ne connait pas Bras cassé ? Mais, avant de quitter votre base, vous allez dire c’est où votre destination. Vous ne pouvez pas dire qu’on vient chez Momo et vous rentrez chez Bras Cassé.

Guineematin.com : onc, vous n’allez plus chanter pour Alpha Condé ?

Abdoulaye Sawpit Camara : non ! Il n’en est plus question. Ce que j’ai chanté d’abord, je n’ai pas récolté. Ce que j’ai semé n’est pas encore récolté. Je te dis que le Président Alpha Condé doit me soutenir et me distinguer parmi les artistes. Mais, je sais qu’il ne va pas le faire parce qu’il a des escrocs Soussou qui l’entourent. Moi, je ne connais personne parmi ce groupe, si ce n’est que le Pr Alpha Condé. C’est lui que j’ai aidé. Même si tout le monde me donne ; mais, c’est Alpha que j’ai aidé, ce n’est ni Paul, ni Pierre. Ça aussi c’est pour deux causes. La première chose, c’est grâce à mon ami, Malik Sankhon. La deuxième cause, c’est grâce à sa sœur, Hadja N’Sira Condé. Pourquoi ? Hadja N’Sira Condé, son mari, Sékouba Bob Camara, fut le premier garçon d’Elhadj Bounia Sory Camara de Faranah. Et ma femme, Aldjinè Camara, fut la dernière fille d’Elhadj Bounia Sory Camara. Ma femme m’a dit : si tu es chanteur, fais tout pour aider Alpha Condé parce qu’il est mon beau frère. J’ai dit à ma femme que je suis d’accord, je vais l’aider. Si non, on était tous PUP. Il y a même des artistes malinkés qui ont refusé de chanter pour Alpha Condé. Ils disent qu’ils ne peuvent pas chanter pour deux présidents. Si nous, on a osé chanter pour Alpha Condé, vraiment, c’est à cause de ma femme et de mon ami. Les gens refusent même de venir s’entretenir avec le Président parce que les artistes eux, peuvent dire la vérité au Président ; mais, ils n’ont pas accès au Président. Ils sont bloqués par ceux qui sont autour d’Alpha Condé. Quand tu mets un menuisier comme ministre de la Culture ; ça veut dire quoi ? Tu l’as amené là-bas juste parce que vous êtes apparenté ou bien il a fait ceci ou cela pour toi. Mais, il ne connait pas l’affaire de la culture.

Guineematin.com : aujourd’hui, c’est Sanoussy Bantama Sow qui est le ministre de la Culture. Vous voulez dire qu’il ne connait pas le domaine ?

Abdoulaye Sawpit Camara : mais, est-ce que Bantama Sow a été artiste ? Est-ce qu’il connait quelque chose dans la musique ? Tu l’as vu danser ? Tu l’as vu taper le tam-tam ou le balafon ou la flûte ou bien la guitare? Non ! Il n’est pas un artiste. Il gère notre argent pour rien. Moi-même je devrais être aujourd’hui dans le ministère à défaut être au moins dans la fonction publique parce que depuis 1961 je suis artiste, au Collège Cour 2. Demandez au Bembeya Jazz quand ils sont venus.

Guineematin.com : vous avez parlé tout de suite de votre ami Malik Sankhon, est-ce qu’il vous a contacté depuis que cet incident s’est passé ?

Abdoulaye Sawpit Camara : Non ! Il n’était pas là. Il était en voyage parce que lui aussi, il était malade. Si non, j’allais parler contre lui aussi. Mais, il n’était pas là et il ne connait pas ce qui s’est passé.

Guineematin.com : quel est le mot de la fin ?

Abdoulaye Sawpit Camara : je dirais à tout le monde que je suis dans l’insécurité et je demande en même temps un SOS parce que je suis malade. Ma femme, mes enfants et moi sommes tous malades par suite de cette bastonnade que les policiers et gendarmes nous ont infligée. Ce n’est pas parce que je suis à mesure de vous parler ; mais, nous souffrons. Donc, je demande un SOS pour qu’on nous vienne en aide. Ils ont tapé ma femme et l’ont blessé au niveau de la tête, ils ont tapé sur les côtes. Ces agents m’ont beaucoup fatigué ce jour.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Kindia : les fidèles musulmans de Sambaya dotés d’une nouvelle mosquée

21 avril 2019 à 9 09 19 04194

La nouvelle mosquée de près de 1500 places, offerte à la population du secteur Souaréya, au quartier Sambaya, dans la commune urbaine de Kindia, a été inaugurée le vendredi dernier, 19 avril 2019. La cérémonie a regroupé les autorités administratives, religieuses et communales, ainsi que des personnalités venues de tous les horizons, rapporte le correspondant de Guinematin.com basé dans la préfecture.

Une forte délégation, conduite par le conseiller juridique du secrétariat général des Affaires Religieuses, a été reçue dans le cadre de l’inauguration de cette maison de Dieu. La cérémonie a connu une forte mobilisation des fidèles musulmans venus de divers horizons.

C’est Mohamed Sacko, membre du conseil de quartier de Sambaya et porte-parole des sages, qui a souhaité la bienvenue aux illustres invités. « Votre présence à cette cérémonie est le témoignage éloquent de votre attachement au rayonnement de l’islam. Cette maison de Dieu, que vous avez l’honneur d’inaugurer en ce jour de vendredi saint, a été financée par un ressortissant Saoudien et dont les travaux de construction ont été entièrement effectués par des ouvriers guinéens.

En effet, il convient de signaler qu’Elhadj Sadou Diallo a fait presque toutes ses études coraniques en Arabie Saoudite. C’est grâce à son bon comportement, assorti d’excellents rapports qu’il a tissés avec les donateurs, que cette mosquée a vu le jour. Il est à rappeler qu’à ce jour, l’islam a de grandes dimensions dans le monde et plus particulièrement en Guinée. Le quartier Sambaya s’inscrit dans la même dynamique au regard du nombre de mosquées construites dans la localité », a laissé entendre monsieur Sacko.

Cette nouvelle mosquée, bâtie sur une superficie de 1 800 mètres carrés, possède une bibliothèque, un magasin, des latrines, un forage et un bâtiment servant de logement à l’imam. Son obtention a été rendue possible grâce à l’imam Elhadj Sadou Diallo. « Sa capacité d’accueil est à peu près à 1500 fidèles.

Notre ambition, c’est de pouvoir regrouper les fidèles musulmans pour les enseigner afin qu’ils puissent connaître leur religion parfaitement ; enseigner les enfants, les femmes et les parents, pour qu’ils puissent suivre la voie du prophète Mahomet. C’est pourquoi nous avons fait une année sans inaugurer cette mosquée pour pouvoir instaurer des cours islamiques, Arabe, Théologie, pour attirer les fidèles vers la mosquée », a-t-il précisé.

Pour sa part, Elhadj Ibrahima Ousmane Bah, conseiller juridique du secrétaire général des affaires religieuses, a émis le souhait que cette mosquée serve à renforcer la foi religieuse et la fraternité des fidèles musulmans. « Le motif de notre présence ici, c’est l’inauguration de cette autre mosquée de Dieu qui a été construite par l’intermédiaire de notre frère, Elhadj Sadou Diallo. Nous remercions Dieu de nous donner cette autre chance.

Et, nous pensons que cette perle sera bien utilisée pour essayer non seulement d’adorer Allah et de raffermir les liens de fraternité entre tous les fidèles musulmans de Guinée. Cette ambiance religieuse que nous avons vue, c’est ce qu’il faut toujours chercher à renforcer à travers cette mosquée. Car, nous savons que les mosquées sont construites pour Dieu. Et Dieu nous appelle à nous unir, non seulement dans l’adoration, mais aussi dans notre vie quotidienne », a-t-il rappelé.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. 628516796

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Rénovée à plus de 3 milliards GNF par Oyé Guilavogui, la mosquée centrale de Faranah inaugurée

20 avril 2019 à 12 12 06 04064

La mosquée centrale de Faranah a été inaugurée hier vendredi, 19 avril 2019, par le donateur en personne, Oyé Guilavogui, ministre d’État, ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts. On notait la présence d’une forte délégation composée du ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, du Secrétaire Général aux affaires religieuses, de la maire de commune de Kaloum et des autorités administratives et religieuses de Faranah, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

De nombreux fidèles musulmans de Faranah ont pris part à l’inauguration de cette mosquée, reconstruite grâce à l’implication d’Oyé Guilavogui. Elle est bâtie sur une superficie de 900 mètres carrés, avec une capacité d’accueil de 2500 fidèles, financée à hauteur de 3 milliards 500 millions de francs guinéens.

Selon Oyé Guilavogui, « la mosquée a été reconstruite depuis le soubassement jusque maintenant grâce à la bénédiction de l’association des jeunes de Faranah qu’on appel SYNADEF. C’est par leur canal que j’ai eu le courage de venir m’investir à Faranah. Faranah, c’est ma belle famille, je suis un des fils d’ici… Je suis très heureux aujourd’hui, la mosquée de Faranah ne fait qu’allonger la liste. Il y a bien d’autres qui ont été inaugurés il y a des années, on ne connaît pas le nombre…

Je suis très heureux avec cette mobilisation massive, la qualité de l’organisation. Il est très difficile d’inaugurer une telle infrastructure sans qu’il y ait des morts ou des blessés. Aujourd’hui, personne ne se plaint, tout le monde se déplace tranquillement et tout le monde s’est acquitté de son devoir religieux. Je leur demande de prendre soin de cette infrastructure qui a coûté très chère ».

Même son de cloche chez Alpha Ibrahima Keira, ministre de la Sécurité et de la Protection Civile. « C’est des sentiments de réconfort et de fierté qui m’animent, mais aussi des sentiments d’espoir parce que les conseils qui ont été donnés par le secrétaire général de la ligue islamique cadrent parfaitement avec la vision politique du chef de l’Etat, Pr Alpha Condé, qui appelle tous les ressortissants de Faranah à l’unité d’action, au renforcement de l’unité nationale et surtout des liens de la fraternité entre les fils de Faranah pour que cesse définitivement les dissensions qu’il y a sur le terrain afin que les gens de Faranah puissent aller ensemble bâtir un Faranah prospère et émergent…

Nous avons noté avec satisfaction la présence de préfectures avoisinantes, qui ont cru envoyer des représentants communier avec nous pour célébrer ce geste magnanime de notre frère, de notre ami, Oyé Guilavogui, le ministre d’État, qui a bien voulu procéder à la reconstruction de cette grande mosquée de Faranah auquel nous disons merci et que tout Faranah lui soit reconnaissant », a dit le ministre.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

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Hajj 2019 : Elhadj Abdourahmane Diallo de l’agence Arrahma Voyage à Guineematin

20 avril 2019 à 7 07 19 04194
Elhadj Abdourahmane Diallo, Directeur Général Adjoint de l’agence Arrahma Voyage

Les inscriptions des candidats au hajj de cette année ont été officiellement ouvertes le mercredi, 17 avril 2019, en Guinée. Cela, suite à la fixation du tarif du pèlerinage par les autorités religieuses de notre pays. Ce tarif justement, fixé à 43 millions de francs guinéens, a suscité un débat à Conakry où certains ont dénoncé l’augmentation du coût du pèlerinage.

Mais, Elhadj Abdourahmane Diallo, le Directeur Général Adjoint de l’agence Arrahma Voyage qui évolue dans le transport des pèlerins à la Mecque, lui, dit comprendre cette augmentation. Pour lui, elle pourrait se justifier par la dévaluation du franc guinéen par rapport au dollar. Il l’a dit au cours d’une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, le mercredi dernier, 17 avril. On a abordé aussi d’autres questions liées aux préparatifs et à l’organisation du hajj.

Décryptage !

Guineematin.com : les autorités religieuses de notre pays ont fixé le coût du hajj de cette année à 43 millions de francs, soit une augmentation de 1 million 700 mille francs par rapport à l’année dernière. Certains ont dénoncé ce tarif. Comment vous, vous l’avez accueilli ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : l’augmentation là, personnellement, j’ai fait un calcul et au bout du compte, je pense que c’est dû à la chute du franc guinéen par rapport au dollar. L’année dernière, avec les cambistes, 100 dollars s’échangeaient contre 930 mille francs guinéens, alors que cette année, les 100 dollars coûtent 950 mille francs guinéens. Donc, j’ai suivi les réactions par rapport à ça et je crois que cela est dû à un manque d’explications de la part du gouvernement. Le gouvernement devrait expliquer aux gens.

Guineematin.com : donc pour vous, ce tarif est raisonnable ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : Quand tu calcules, le coût du hajj n’a jamais dépassé les 4 500 dollars. Mais, s’il arrive que le franc guinéen chute par rapport au dollar, il va s’en dire que pour les Guinéens, les frais vont augmenter. Mais, le gouvernement devrait donner des explications là-dessus pour que les gens soient bien situés. Moi, j’ai fait les calculs hier, j’ai trouvé que c’est la montée du dollar par rapport à notre monnaie qui a fait que le tarif est allé jusqu’à 43 millions de francs guinéens.

Guineematin.com : les inscriptions ont été officiellement lancées. Est-ce qu’elles ont commencé chez vous ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : chez nous, bien avant qu’on ne fixe le tarif, on avait déjà des candidats au pèlerinage qui sont inscrits. On leur avait dit de payer l’ancien tarif en attendant. Le moment venu, on verra s’il y a diminution, on leur restitue et s’il y a augmentation, ils vont augmenter.

Guineematin.com : l’année dernière, il y a eu des dysfonctionnement dans l’organisation du hajj. Que comptez-vous faire cette année pour éviter ces mêmes problèmes cette année ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : vous savez, l’organisation du hajj, ce n’est pas au niveau des agences privées de voyage, c’est la ligue qui l’organise. Donc, les dysfonctionnements qu’on constate, ça incombe à la ligue. La ligue peut par exemple, programmer un avion de 288 pèlerins, les pèlerins de la ligue. On arrive dans la salle, on trouve qu’il n’y a pas plus de 100 pèlerins qui sont présents. Donc certains avions peuvent partir sans être remplis.

Le lendemain, il se trouve que ce sont les pèlerins d’une agence privée qui sont programmés. Mais, ceux qui devaient partir la veille au compte de la ligue et qui n’étaient pas venus, viennent s’ajouter à ceux qui sont programmés ce jour. La ligue décide donc de reporter le voyage des pèlerins de l’agence privée pour envoyer ses propres pèlerins. C’est comme ça que les perturbations commencent au niveau des voyages.

Guineematin.com : quel est le rapport qui existe entre vous agences privées et la ligue ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : le rapport entre les agences privées et la ligue, c’est que la ligue va aller négocier avec le gouvernement saoudien, ils décident du quota, le nombre de pèlerins que la Guinée doit envoyer. Après, la ligue revient repartir ce quota entre elle et les agences privées. Quand elle partage ça, il y a des frais qu’on doit calculer pour dire chaque pèlerin doit verser tel montant à la banque centrale. Donc, on travaille ensemble mais c’est elle qui contrôle le haj.

Guineematin.com : puisque nous sommes à la phase des inscriptions, dites aux candidats au pèlerinage pourquoi ils doivent choisir l’agence Arrahma Voyage, qu’est-ce que vous leur proposer ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : nous leur garantissons qu’ils ne regretteront de s’inscrire chez nous. Parce que nous allons les satisfaire non seulement ici mais aussi quand nous arriverons sur les lieux du pèlerinage. Ici d’abord, il y a des préparatifs à faire avant le départ, notamment des séances de formation sur ce qui va être dit et fait pendant le hajj. On leur apprend comment bien faire le hajj. Et quand nous serons là-bas, nous nous occuperons bien d’eux en les suivant et en les aidant partout où ils seront.

C’est pourquoi chez nous à l’agence Arrahma, on ne se préoccupe pas de si on va aller les premiers ou les derniers. Ce qui nous préoccupe, c’est comment bien faire le hajj. Ce qui préoccupe beaucoup d’autres, c’est comment aller au premier ou au deuxième convoi. Par contre, ce qui nous préoccupe nous, c’est comment aider le pèlerin à faire correctement son devoir, c’est-à-dire son hajj.

Guineematin.com : il y a un aspect important qui est celui du logement à la Mecque. Certains pèlerins se retrouvent logés à des endroits très distants de la Kaaba, et cela leur complique la tâche. A l’agence Arrahma, comment négociez-vous les logements des pèlerins ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : oui, cela compte beaucoup. Nous, l’année dernière, on était à 1 km de la Kaaba. Les pèlerins partaient donc à pieds. Je ne vais nommer personne ici, mais il y a certains qui étaient logés jusqu’à 7 km de la Kaaba. Mais nous, on était à 1 kilomètre de la Kaaba et on était dans des hôtels très propres. Cette année encore, notre directeur général, Barry Ahmadou, ira négocier les contrats de logements et de nourriture à l’approche du pèlerinage. Et nous comptons prendre des locaux vraiment appropriés et non distants de la Kaaba pour faciliter la tâche à nos pèlerins.

Guineematin.com : il y a aussi des personnes âgées qui peuvent être parmi les candidats. Est-ce que vous prenez des dispositions pour ces gens qui ne peuvent pas faire un certain nombre de choses ?

Elhadj Abdourahmane Diallo : avec les personnes âgées, il y a des gens qui sont à la Mecque là-bas qui ont des fauteuils roulants. Quand tu leur donne 200 Rials, soit un peu plus de 50 dollars, on te fait faire les 7 tours entre Safa et Marwa. Ceux qui peuvent marcher, on va avec eux, et au retour, on prend des véhicules pour les personnes âgées.

Interview réalisée par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Oustaz Ramadan sur le Hajj : « il ne faut pas envoyer quelqu’un à la Mecque alors que toi-même tu n’as pas été »

19 avril 2019 à 15 03 40 04404
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam et chroniqueur islamique

Après la fixation du tarif du hajj 2019, les inscriptions des pèlerins ont été lancées officiellement le mercredi dernier, 18 avril 2019, en Guinée. A cette occasion, Guineematin.com a donné la parole à l’imam et chroniqueur islamique, Oustaz Mohamed Ramadan Bah, pour parler de quelques points liés à ce pèlerinage musulman. Qui doit effectuer le hajj et comment doit-il se préparer ? Ce sont là entre autres les questions que nous avons évoquées dans cet entretien.

Décryptage !

Guineematin.com : les inscriptions des candidats au hajj 2019 viennent d’être officiellement lancées en Guinée. Dites-nous, qui doit effectuer le pèlerinage ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : c’est le musulman qui doit effectuer le pèlerinage à la Mecque et le Oumra. Donc tout musulman qui en en a les moyens, qui remplit aussi les conditions, doit aller à la Mecque pour effectuer le pèlerinage. C’est ce qui est demandé par Dieu, et par le Saint Coran. Les versets nous disent que chaque musulman qui en a les moyens, doit effectuer le pèlerinage à la Mecque une fois dans la vie. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, ce n’est pas vraiment obligatoire qu’ils forcent la situation pour faire le pèlerinage. C’est seulement pour ceux qui en ont les moyens. Parce que souvent, il y a des personnes qui dérangent les gens, qui demandent partout en disant il faut m’emmener à la Mecque.

Il se trouve que parfois même ceux-là à qui on demande de l’aide n’ont pas les moyens. Donc ce genre de situation, il faut l’éviter. C’est si on a les moyens. Même si on est âgé, si on n’a pas les moyens où par plaisir quelqu’un ne t’inscrit pas pour le pèlerinage, Dieu ne va te reprocher. Donc, il ne faut pas mendier, il ne faut pas déranger les gens pour ça, même à ses propres enfants il ne faut pas leur demander. Si par volonté, il vous inscrit pour le pèlerinage, tant mieux. Dans le cas contraire, ne vous reprochez de rien, car Dieu sait que vous n’avez pas les moyens.

Guineematin.com : à part les moyens financiers, y a-t-il d’autres critères qu’il faut remplir pour le pèlerinage ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : bien sûr ! Il faut être en bonne santé, ça c’est très important. Il faut être aussi en possession de toutes ses facultés mentales. Parce que celui qui n’est pas en bonne santé ne peut pas effectuer le pèlerinage. Il faut avoir la dépense demandée après avoir obtenu le billet d’avion. Il faut avoir la dépense qu’on doit effectuer lors pèlerinage. Il y a beaucoup de dépenses à faire là-bas, car c’est pendant un mois voire plus. Donc, ça demande un peu de moyens. Aller sans ces moyens, cela va causer beaucoup de problèmes.

Guineematin.com : maintenant, pour quelqu’un qui a les moyens les financiers et qui est en bonne, bref qui remplit toutes les conditions, mais dont les parents n’ont pas été à la Mecque. Doit-il aller lui-même ou envoyer ses parents d’abord ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : il ne faut pas envoyer quelqu’un à la Mecque alors que toi-même tu n’as pas été. C’est vrai, c’est une bonne chose d’envoyer les gens à la Mecque, mais il faut commencer par soi-même. Parce que c’est à celui qui a les moyens que Dieu demande d’y aller. Même entre le père et le fils, si c’est le fils qui a les moyens c’est lui d’abord qui doit aller parce que le père ne sera pas reproché mais le fils qui a les moyens sera reproché par Allah. Donc c’est le fils qui doit effectuer en premier le pèlerinage et si les moyens sont toujours là, il envoie son papa ou bien ils effectuent ensemble le pèlerinage si les moyens sont disponibles.

Le prophète Mohamed (PSL) dit que celui qui a les moyens d’effectuer le pèlerinage et qu’il refuse de le faire, s’il meurt, ce n’est pas un musulman qui est mort. Donc, ça c’est très dangereux surtout en ce qui concerne les jeunes. Il y a beaucoup de jeunes qui en ont les moyens et qui refusent d’effectuer le pèlerinage. Certains disent qu’il faut attendre l’âge de la vieillesse pour faire le pèlerinage. Et souvent, on n’atteint pas l’âge de la vieillesse parce que personne ne connait son destin. On peut mourir à mi-chemin. Une fois qu’on a atteint l’âge de la puberté et qu’on a les moyens, il faut aller automatiquement effectuer le pèlerinage. Donc si on a les moyens, il ne faut pas retarder, il faut s’inscrire pour le faire aussitôt.

Guineematin.com : comment le candidat au pèlerinage doit se préparer ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : là, il faut aller d’abord à l’hôpital pour faire des consultations, voir si on n’est pas malade. Ça, c’est très important. Il faut avoir l’avis des médecins, prendre les médicaments s’il y a lieu de prendre et aller se faire vacciner. Ensuite, il faut approcher les érudits pour leur demander conseils. Parce que le pèlerinage c’est quelque chose qu’il faut apprendre au préalable. Il y a beaucoup d’enseignements dans le pèlerinage. Il faut apprendre cela avant d’effectuer le pèlerinage, sinon on risque de se tromper. Parce qu’il s’agit d’aller dans des endroits différents, où on doit faire des invocations. Donc il faut apprendre, toutes ces invocations avant d’effectuer le pèlerinage.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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