République centrafricaine (RCA) : quand la situation devient difficile

23 juillet 2021 à 12 12 09 07097

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine : Pendant plus d’un quart de siècle, les casques bleus de l’ONU ont protégé les civils, les travailleurs humanitaires et les individus particuliers de la violence. À l’heure actuelle, l’Afrique a particulièrement besoin de leurs pouvoirs. Chaque jour, les casques bleus aident à combattre la violence et à sauver des vies ; mais, contrairement à nos espoirs, cela n’a pas toujours été comme cela. Les raisons de cette situation sont les difficultés d’organisation, les problèmes bureaucratiques et l’incapacité à venir en aide opportunément.

Le 10 avril 2014, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement d’une opération multidimensionnelle de maintien de la paix des Nations Unies, appelée la MINUSCA. Les priorités de la résolution étaient de protéger les civils, de soutenir la mise en œuvre du processus de transition et de contribuer à la fourniture d’une aide humanitaire en République centrafricaine (RCA). Cette décision a été prise pour mettre fin à la guerre civile sanglante et prolongée qui a éclaté il y a un an lors d’un coup d’État qui était fait par l’alliance des groupes rebelles musulmans de Seleka. Après l’éviction du président François Bozizé, la coalition des groupes de milices adverses, les Anti-Balaka s’est opposée à Seleka. Cet affrontement a entraîné la mort de milliers de personnes.

Un certain nombre d’accords de paix, dont un traité sur un désarmement, ont été conclus entre le gouvernement et 14 groupes armés lors du Forum de réconciliation nationale de Bangui en 2015, mais ils n’ont pas amélioré la situation. Le gouvernement de RCA et les forces de maintien de la paix de l’ONU ont tenté de contenir la violence, mais n’ont pas réussi à protéger pleinement la population civile. Plus de 100 personnes sont mortes dans la mission catholique à Alindao à la suite d’une attaque en 2018 par l’ancienne faction de Seleka « l’Union pour la paix en République centrafricaine ». Les casques bleus de l’ONU, censés protéger Alindao, n’ont pas pu le faire, malgré la supériorité de nombre (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2018/12/car-up-to-100-civilians-shot-and-burnt-alive-as-un-peacekeepers-leave-posts-in-alindao/).

Le carnage à Alindao n’est pas un incident isolé ; il y a eu d’autres tentatives infructueuses de prévenir la violence. En 2019, l’organisation « Médecins Sans Frontières » a signalé que les Casques bleus de l’ONU n’avaient pas pu arrêter une série d’attaques de groupes armés contre des civils à Batangafo, une ville au nord de Bangui, qui abrite quelque 20 000 personnes déplacées. (https://www.doctorswithoutborders.org/what-we-do/news-stories/news/central-african-republic-10000-people-seek-safety-batangafo-hospital).

L’ONU a mené une enquête, mais n’a pas décidé relative à ses résultats. Il s’agissait de prolonger la mission et les événements politiques récents ont rendu encore plus difficile l’accomplissement de son mandat.

En 2019, François Bozizé est rentré au pays après six ans d’exil et a annoncé qu’il était prêt à briguer la présidence en 2020. Après que la Cour suprême de la RCA a rejeté sa demande, il a voyagé à travers le pays, ostensiblement pour obtenir le soutien des membres de son parti candidats au parlement. Mais en réalité ce n’était qu’une couverture pour former une nouvelle coalition contre le gouvernement et le président Faustin-Archange Touadère. En conséquence, en décembre 2020, Bozizé a annoncé la création de « la Coalition des patriotes pour le changement », une organisation faîtière qui comprend certains des groupes militants les plus puissants de la République centrafricaine.

Les combattants d’aujourd’hui ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils sont des criminels de plusieurs pays, possédant un grand nombre d’armes lourdes. Ils sont entraînés par des instructeurs étrangers, et il est possible que les armes leur parviennent par les mêmes canaux. L’État doit prévenir les menaces graves qui représentent un danger pour la population.

Le président Touadère s’est appuyé sur des instructeurs militaires et russes pour combattre « la Coalition des patriotes pour le changement » et plusieurs autres groupes antigouvernementaux. Les entrepreneurs russes servent de conseillers militaires et agissent dans les rangs des forces armées centrafricaines. Parfois, ils ont agi à l’avant-garde lors d’affrontements avec les forces de l’opposition.

Maintenant que les forces armées de la République centrafricaine ont réussi à établir un contrôle sur la quasi-totalité du pays, il existe un risque que les combattants constituent une menace pour la région dans son ensemble.

La présence d’entrepreneurs militaires russes dans la région pourrait bien accroître l’influence de la Fédération de Russie en Afrique. En outre, les États peuvent juger approprié d’approcher la Russie, même si cela pourrait générer une désapprobation internationale. Cela pourrait saper l’influence des casques bleus de l’ONU et leur capacité à mener à bien leur mission.

Le 3 juillet, un camion de la MINUSCA a percuté une moto-taxi et a tué deux personnes sur l’avenue de France. Selon des témoins oculaires, le conducteur ne s’est pas arrêté, mais a précipitamment quitté le lieu de l’accident. Certains riverains, qui sont les témoins de cette situation, ont tenté de poursuivre le camion à vélo, espérant rattraper les chauffeurs, mais, malheureusement, ils ont également été retrouvés morts. Selon les informations, une personne aurait été tuée et deux blessées. Un grand nombre de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment de la MINUSCA pour protester contre ce crime (https://vekdaily.com/car-residents-demand-trial-of-blue-helmets).

L’ONU doit prendre des mesures pour protéger les civils afin de renforcer la confiance des gens d’organisations internationales. Amnesty International fait état de victimes civiles et exhorte l’ONU à améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix et à veiller à ce que les priorités soient correctement respectées (https://www.amnesty.org/en/latest/news/2017/09/central-african-republic-civilians-facing-atrocities-in-basse-kotto-as-un-protection-proves-ineffective/). Les missions de maintien de la paix de l’ONU ont été limitées dans leur capacité par la bureaucratie associée au vote au Conseil de sécurité. Les commandants de troupes des Nations Unies doivent adopter des politiques plus strictes pour améliorer l’efficacité des missions. L’incapacité d’assurer la protection aujourd’hui pourrait affaiblir la crédibilité des casques bleus demain.

Par Hamdi Bukhari, Représentant du UNHCR en République Сentrafricaine

CAJ News

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Mali : le président Assimi Goïta victime d’une tentative d’assassinat

20 juillet 2021 à 12 12 05 07057
Colonel Assimi Goita, chef de la junte militaire au Mali

Le président de la transition au Mali a été victime d’une tentative d’assassinat ce mardi, 20 juillet 2021. Deux personnes ont tenté de poignarder le colonel Assimi Goïta durant le rite musulman de l’Aïd al-Adha, la fête du Sacrifice, à la Grande mosquée de Bamako, annonce l’AFP.

Le président Goïta a ensuite été emmené et ne semblait pas avoir été touché. « C’est après la prière et le sermon de l’imam, au moment où l’imam devrait aller immoler son mouton que le jeune a tenté de poignarder Assimi (Goïta) de dos, mais (c’est) une autre personne qui a été blessée », a indiqué Latus Tourè, régisseur de la grande mosquée, cité par l’AFP.

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La justice pénale internationale et l’Afrique : la Guinée pour illustration

19 juillet 2021 à 10 10 10 07107
Dr. Thierno Souleymane Barry, professeur de droit et Avocat à la Cour

Libre Opinion : Comme le 17 juillet de chaque année, la Journée mondiale de la justice pénale internationale commémorant l’adoption du Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI) a été célébrée le samedi dernier, 17 juillet 2021. Dès ses débuts en 2002, un climat de tension, qui tend à s’estomper aujourd’hui, s’est instauré entre l’institution et l’Afrique, zone réceptacle de crimes entrant dans la compétence de la CPI. Ainsi, serait-t-il nécessaire de présenter l’institution et les potentialités qu’elle représente dans la lutte contre l’impunité dans ce continent, particulièrement dans notre pays, la Guinée.

La CPI : une juridiction pénale internationale permanente

Tirant les leçons des tribunaux pénaux internationaux ponctuels, limités dans l’espace et le temps et fonctionnant sur la base de leur primauté et les difficultés qu’elle génère, les plénipotentiaires des Etats ont adopté le Statut de Rome le 17 juillet 1998. La CPI est l’unique juridiction pénale permanente de l’histoire de l’humanité. Elle est née des expériences des Tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo crées le lendemain de la Deuxième guerre mondiale et des Tribunaux pénaux internationaux du Rwanda et de l’Ex-Yougoslavie et surtout des efforts des universitaires, des Ongs et de certains Etats progressistes. Elle est chargée de juger les crimes les plus graves affectant l’humanité : crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crime de génocide et crime d’agression. Organisation internationale fondée sur un traité, les Etats y adhèrent volontairement.

Les potentialités offertes par la CPI dans la lutte contre l’impunité en Afrique

Puisqu’au départ, la plupart des affaires pendantes devant la CPI concernaient l’Afrique, plusieurs voies se sont élevées pour suspecter l’institution d’être seulement dirigée pour réprimer les responsables africains. On a en mémoire la prise de position de l’Union africaine encourageant les Etats africains à dénoncer le Statut de Rome et sortir de l’institution. Cependant, en dépit de son imperfection, avec la diversification des affaires de la CPI touchant d’autres zones du globe et les récents développements dans les affaires concernant le Congo et la Côté d’Ivoire, on se rend compte qu’il s’agit bel et bien d’une institution pénale internationale jugeant à charge et à décharge les crimes internationaux, peu importe la nationalité de ses auteurs. Pour ne pas avoir à faire avec la CPI, il suffit simplement de se garder de commettre les crimes entrant dans sa compétence et lorsque ces crimes sont commis dans le sol d’un Etat africain, qu’ils ne sombrent dans l’impunité. 

La justice pénale internationale et Guinée

La Guinée est partie au Statut de Rome depuis le 14 juillet 2003. Les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 sont qualifiés de crimes contre l’humanité et entrent dans la compétence de la CPI qui a placé l’affaire sous examen préliminaire en phase 3 (recevabilité). Après instruction et épuisement des voies de recours, le pool des juges d’instruction du Tribunal de Première Instance de Dixinn a renvoyé l’affaire pour être jugée depuis 2017. La responsabilité de juger appartient à la justice guinéenne et à défaut, la CPI demeure compétente. En termes simples, au vu des lenteurs de procédure, nécessaires au début mais inexplicables aujourd’hui, le risque est grand de voir ce dossier devant la juridiction pénale internationale compétente, la CPI. Faudrait-t-il alors, accuser la CPI d’ingérence ou de reconnaitre le manque de volonté du pays à faire face à ses obligations librement consentis en vertu du Statut de Rome ?

Pour terminer, la CPI a encore des beaux jours devant elle tant et aussi longtemps que les crimes graves vont continuer à se perpétrer en toute impunité. Des mécanismes juridictionnels nationaux efficaces réprimant ces derniers dans le cadre du principe de la complémentarité inscrit aux articles 1 et 17 du Statut de Rome donnant priorité aux juridictions nationales constituent le salut.

-Juris Guineensis No 9.                                                            Conakry, le 17 juillet 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Grâce présidentielle : Macky Sall fait largement mieux qu’Alpha Condé à l’approche de la Tabaski

17 juillet 2021 à 15 03 15 07157

C’est indéniable ! Sur le plan de la charité et du pardon, le président sénégalais, Macky Sall est largement plus généreux que le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé. Alors que ce dernier se gratte les pieds et troque la grâce contre une demande de pardon, son homologue du Sénégal élargit, et sans aucune condition, 450 prisonniers qui croupissaient dans les différentes prisons de son pays. Ces nouveaux graciés de Macky Sall viennent ainsi s’ajouter à une liste de 557 autres prisonniers affranchis à la veille de la fête de Ramadan au pays de la Téranga. Béni soit l’homme de bonne volonté qui, au nom de la charité, se fait le berger des faibles.

Il n’est un secret pour personne que les prisons de Guinée (surtout la fameuse maison centrale de Conakry) grouillent de détenus politiques et d’opinion. Des gens incarcérés dans ce lieu crasseux pour s’être opposés à l’injustice et l’instauration d’une dictature en Guinée. Ces opposants sont persécutés, humiliés et privé de liberté. Et, par moment, c’est le président Alpha Condé lui-même qui fait l’éloge des ‘’qualités thérapeutiques de la prison de Coronthie (maison centrale de Conakry)’’ pour intimider et tourner en dérision ces hommes opposés à sa gouvernance peu vertueuse. Quand ça lui chante, il extorque le pardon aux détenus en échange de liberté. L’équation : demande de pardon au président est égale à grâce présidentielle est érigée en règle. C’est devenu, depuis quelques temps, le précieux sésame qui ouvre la porte des prisons. Mais, quelle valeur peut-on accorder à un acte si la manigance prévaut sur la charité ? Par ce petit marchandage qui dévalue la valeur pouvoir de grâce, le président Alpha Condé croit pouvoir attirer la sympathie des guinéens et leur miroiter un humanisme dans le cœur d’une bête politique. Un peu de bon sens ne ferait rien à personne.

Si seulement Alpha Condé prenait le soin, comme il aime la loi de la comparaison quand il s’agit d’augmenter les prix des denrées, d’observer son voisin et homologue du Sénégal, il se rendra compte que sa générosité n’est rien comparée à ce dernier. 450 prisonniers graciés à la vieille de la grande fête musulmane de la Tabaski (l’Aïd El Kebir). A travers ce geste ce geste, Macky Sall vient d’éclairer les visages de 450 familles. Et, si on considère que la famille de chacun de ces prisonniers graciés est liée à d’autres familles dans ce pays de la Téranga, on peut aisément conclure que le président sénégalais vient d’accorder son pardon à plusieurs milliers de ses compatriotes.

Le président guinéen, Alpha Condé, pourrait bien être capable d’une telle générosité si les calculs politiciens et les coups bas contre ses opposants lui foutaient la paix le temps d’une petite réflexion sur le bien-être et le besoin de réconciliation des guinéens.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : Félix Tshisekedi attendu ce vendredi chez Alpha Condé

15 juillet 2021 à 16 04 29 07297
Félix Tshisekedi, Président Congolais

Dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la République de Guinée et la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Félix Tshisekedi, Président Congolais, Président de l’Union Africaine, effectuera à partir du vendredi 16 juillet 2021, une visite de travail et d’amitié à Conakry.

Sont conviées à prendre part au cérémonial d’accueil prévu le vendredi 16 juillet 2021 à 15h00 à l’Aéroport International de Conakry-Gbéssia, les personnalités ci-après :

•      Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

•      Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

       Monsieur le Haut Représentant du Chef de l’Etat;

•      Monsieur le Président de la Cour Suprême ;

•      Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle ;

•      Monsieur le Président de la Cour des Comptes ;

•      Monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication;

•      Madame la Présidente du Conseil Economique, Culturel et Social ;

•      Monsieur le Médiateur de la République ;

•      Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante ;

•      Monsieur le Secrétaire permanent du cadre de dialogue ;

  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

•      Mesdames et Messieurs les Ministres Conseillers membres du Cabinet Présidentiel ;

•      Monsieur le Chef d’Etat-major Général des Armées ;

•      Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale;

•      Messieurs les Chefs des Etats-majors des Armées de Terre, de l’Air et de la Marine;

•      Monsieur le Chef d’Etat-major Particulier de la Présidence ;

•      Messieurs les Directeurs Généraux de la Police Nationale, de la Douane et des Conservateurs de la Nature ;

  • Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et les Représentants des Organisations Internationales ;

•      Monsieur le Gouverneur de la ville de Conakry.

Conakry, le 15 juillet 2021

               Mamady Sinkoun Kaba Ambassadeur, Directeur du Protocole d’Etat

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Caire : Pr Koutoubou Sano reçu par le grand imam d’Al-Azhar, le grand Mufti de l’Égypte et le ministre d’Awqaf

12 juillet 2021 à 11 11 17 07177

En marge de sa participation à la huitième session de la conférence ministérielle de l’OCI sur l’autonomisation de la femme dans l’espace de l’OCI (Organisation de la coopération islamique), tenue du 6 au 8 juillet 2021, au Caire en Égypte, le secrétaire général de l’Académie de l’OCI, SEM le Professeur Koutoubou Moustapha SANO, a été reçu en audience par les hautes autorités égyptiennes en charge des affaires religieuses. À leur tête, la plus haute autorité islamique au monde, Son Éminence le grand imam d’Al-Azhar, Cheick Dr. Ahmad Taib.

Les éloges du Grand Imam d’Al-Azhar

Au cours de ladite audience, le grand imam a souhaité la bienvenue à SEM le Professeur Koutoubou SANO au siège d’Al-Azhar au Caire. Il lui a également exprimé ses vives félicitations pour sa nomination très méritée à la tête de l’académie comme secrétaire général. Aussi, il a exprimé sa confiance dans l’intelligence et la capacité administrative de Son Excellence, en vue de dynamiser l’Académie et de renforcer davantage les relations de coopération et de partenariat entre l’Académie et les institutions scientifiques d’Al-Azhar. À cet égard, Son Éminence a conclu son intervention en ces termes : « je partage vos idéaux innovants et vos analyses pertinentes sur les questions comportementales, et soyez rassuré de mon soutien indéfectible et de ma disponibilité totale, afin de clarifier les provisions des enseignements de l’islam relatifs aux défis et aux réalités sociales et économiques ».

Reconnaissance du ‘’bagage intellectuel’’ du Pr Koutoub Sano

Par la suite, le secrétaire général de l’Académie a été également reçu en audience par Son Éminence le grand Mufti de la République égyptienne Cheick Shaouqi Alam. Ce dernier s’est profondément réjoui de la nomination du Professeur Koutoubou Moustapha SANO à la tête de l’Académie. Il a déclaré : « connaissant votre bagage intellectuel et vos multiples ouvrages exceptionnels, ainsi que votre ouverture d’esprit, votre nomination est un grand atout pour l’Académie et pour la Oummah. À cet égard, vous pouvez compter sur le soutien total de mon institution, et nous souhaitons le renforcement du partenariat stratégique entre nos deux institutions ». 

Vers un ‘’mémorandum d’entente’’ entre l’Egypte et l’Académie…

Enfin, le Professeur Koutoubou SANO a été reçu en audience par le puissant ministre égyptien d’Awqaf et des affaires islamiques, SEM le Professeur Mucktar Goumaa. Qui a hautement salué la nomination du Professeur Koutoubou SANO à la tête de l’Académie. Il a également rassuré de la disponibilité totale de son ministre, afin de soutenir les efforts de réformes et d’innovations qui seraient menés par le secrétaire général. Par ailleurs, il a souhaité la signature d’un mémorandum d’entente entre son ministère et l’Académie, très prochainement, en vue de promouvoir le concept du juste milieu et de lutter contre l’extrémisme, le fanatisme et le terrorisme dans toutes leurs formes.

Par le service de communication

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Armée : le président Alpha Condé décore 6 coopérants français

7 juillet 2021 à 12 12 30 07307

Le ministère de la Défense a servi de cadre ce mercredi 7 juillet 2021 à la cérémonie de décoration de six coopérants militaires en fin de mission, suite à un décret du chef de l’Etat. C’est le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané en personne qui a remis les précieuses distinctions aux récipiendaires en présence de l’ambassadeur de France en Guinée et de toute la hiérarchie militaire réunie à cet effet.

Dr. Mohamed Diané s’est dit très heureux de présider à nouveau une cérémonie de remise de médailles par lesquelles le Président de la République, Chef de l’Etat et Chef suprême des Armées, a bien voulu récompenser les coopérants militaires français en fin de séjour en Guinée.

« Vous vous en souvenez, Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans sa magnanimité, a toujours bien voulu témoigner la reconnaissance du Peuple de Guinée aux coopérants militaires en fin de séjour de travail au sein de notre Armée », a rappelé le ministre de la Défense nationale. 

Cette fois, ils sont six coopérants de la mission militaire française à bénéficier des médailles que la Grande Chancellerie des ordres nationaux vient de procéder à  la remise officielle. Il s ‘agit du lieutenant-colonel Loïc DAVAILLON, du lieutenant-colonel Eric CORNIC, du Chef de bataillon  Franck RITOUET, du chef d’escadron Jean-Henri BONNEL, du capitaine Eric RIGER et de l’Adjudant-chef Marie-Paule  LORQUIN

Dr. Diané a indiqué que ces décorations traduisent la satisfaction de son Département et surtout celle du Chef Suprême des Armées à l’endroit des différents coopérants pour les services de qualité rendus aux Forces armées guinéennes.

« Le travail des coopérants militaires français aux côtés des forces de défense, traduit lui-même la bonne santé de la coopération historique qui existe entre la France et la Guinée. Il est aussi le reflet de la volonté commune des autorités militaires françaises et  guinéennes de dynamiser leur collaboration dans le cadre de la montée en puissance de l’Armée Guinéenne pour mieux faire face aux nouveaux défis sécuritaires de la sous-région ».

Pour le ministre de la Défense nationale, cette volonté commune des deux pays se matérialise efficacement dans la mise en œuvre de la Réforme du Secteur de Sécurité, amorcée depuis l’avènement du Professeur Alpha CONDE à la magistrature suprême de la Guinée.

« Durant trois ans, les coopérants auxquels nous disons au revoir aujourd’hui, ont contribué au renforcement des capacités de nos structures pour de meilleures approches de travail dans ce processus de Réforme », a dit le ministre d’Etat.

Les six coopérants laissent ainsi à leurs postes respectifs, des traces indélébiles qui impacteront durablement l’œuvre de construction de notre Armée dont l’ambition a toujours été d’être une Armée d’excellence, capable d’assurer dignement sa mission régalienne.

S’adressant directement aux heureux récipiendaires du jour, le ministre de la Défense,  au nom du Chef Suprême des Armées, a adressé ses chaleureuses félicitations à tous et leur a souhaité plein succès dans les futures missions qu’ils auront à effectuer. « Par ailleurs, j’ose croire, chers coopérants, que ces distinctions cimenteront pour toujours les liens d’amitié que vous avez tissés avec vos frères d’arme guinéens durant votre séjour de travail. Je profite de cette occasion pour rassurer de nouveau tous nos partenaires, de notre volonté inaltérable de dynamiser davantage notre coopération », a conclu Dr. Mohamed Diané.

Transmis par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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Haïti : assassinat du président Jovenel Moïse

7 juillet 2021 à 12 12 14 07147
Jovenel Moïse, président de la République d’Haïti

La nuit dernière, le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, 53 ans, a été assassiné par un commando armé ! Mais, contrairement au Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, qu’on dit avoir été tué au front, le dirigeant haïtien a été attaqué dans sa résidence privée. Également blessée lors de cette attaque, son épouse, Martine Marie Etienne Joseph, a été hospitalisée dans un état grave. 

Dans la matinée de ce mercredi, 07 juillet 2021, c’est le Premier ministre par intérim qui a appelé la population au calme en attendant son adresse à la Nation.

À préciser que les opposants haïtiens ne reconnaissaient plus la légitimité du président Jovenel Moïse depuis le 07 février dernier. Mais, ils ne réclamaient sa mort ; mais, sa traduction en justice.

« La situation sécuritaire du pays est sous le contrôle de la police nationale et des forces armées d’Haïti. La démocratie et la république triompheront », a assuré le bureau du Premier ministre intérimaire, Claude Joseph.

Dans la matinée de ce mercredi, les rues de la capitale, Port-au-Prince, sont désertes ; mais, des médias locaux parlent des actes de pillage dans certains endroits.

Après le dictateur tchadien, Idriss Deby Itno, le mardi 20 avril 2021, aujourd’hui Jovenel Moïse est le deuxième chef d’État contesté qui est assassiné en trois mois dans son pays.

À suivre !

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Traite des personnes : le rapport des Etats-Unis qui accable la Guinée

7 juillet 2021 à 11 11 25 07257

Dans son rapport 2021 sur la traite des personnes dans le monde, le département d’Etat américain place la Guinée sur la liste de surveillance de niveau 2. C’est-à-dire parmi les pays qui ont un nombre estimé de victimes de formes graves de traite très important ou qui augmente de manière significative, et qui ne prennent pas d’actions concrètes proportionnées ; ou alors des pays pour lesquels il n’y a pas de preuve d’efforts accrus pour lutter contre les formes graves de traite des personnes par rapport à l’année précédente.

Le rapport souligne que « le gouvernement guinéen ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite, mais fait des efforts importants pour y parvenir ». Il fait état de plusieurs formes d’exploitation d’êtres humains en Guinée, notamment le trafic sexuel d’enfants « répandu à Conakry et dans les villes minières telles que Kamsar, Lero et Siguiri ». Mais aussi, l’existence de réseaux de trafiquants qui prennent des femmes et des enfants en Guinée pour les emmener dans d’autres pays, où ils sont soumis à l’exploitation sexuelle et à des travaux forcés.

Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous le rapport concernant la Guinée :

GUINÉE : liste de surveillance de niveau 2

Le gouvernement guinéen ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite, mais fait des efforts importants pour y parvenir. Ces efforts comprenaient la poursuite et la condamnation d’un plus grand nombre de trafiquants et l’identification d’un plus grand nombre de victimes. Le gouvernement a approuvé des procédures opérationnelles standard (SOP) pour l’identification des victimes et alloué des ressources au comité de lutte contre la traite (CNLTPPA) pour la première fois en cinq ans. Cependant, le gouvernement n’a pas fait preuve d’une augmentation globale des efforts par rapport à la période de référence précédente, même en tenant compte de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur sa capacité de lutte contre la traite. Les services d’hébergement pour les victimes sont restés insuffisants et le gouvernement n’a pas soutenu les ONG fournissant des soins aux victimes. Le gouvernement n’a pas fourni un financement suffisant au Bureau pour la protection du genre, des enfants, et Morals (OPROGEM), l’unité de police chargée des enquêtes sur la traite. Malgré la prévalence de la mendicité forcée des enfants dans les écoles coraniques, les autorités guinéennes n’ont jamais poursuivi un maître coranique pour mendicité forcée. Par conséquent, la Guinée est restée sur la liste de surveillance de niveau 2 pour la deuxième année consécutive.

POURSUITE

Le gouvernement a maintenu des efforts mitigés d’application de la loi anti-traite. Les articles 323 et 324 du code pénal incriminent le trafic sexuel et le trafic de main-d’œuvre et prévoient des peines de trois à sept ans d’emprisonnement, une amende ou les deux pour les infractions de trafic impliquant une victime majeure, et de cinq à 10 ans d’emprisonnement, une amende ou à la fois pour ceux impliquant un enfant victime. Ces sanctions étaient suffisamment sévères ; cependant, en autorisant une amende au lieu d’une peine d’emprisonnement, les sanctions pour trafic sexuel n’étaient pas proportionnelles à celles prévues pour d’autres crimes graves, tels que le viol. En vertu des articles 893 et 894 du code de l’enfance révisé, entré en vigueur en mars 2020, les délits de traite d’enfants étaient passibles de peines de cinq à 10 ans d’emprisonnement et d’une amende de 50 millions à 100 millions de francs guinéens (5 010 à 10 010 dollars) ; ces peines étaient proportionnelles à celles prévues pour d’autres crimes graves, tels que le viol. L’article 343 du code pénal incrimine séparément la mendicité forcée et prévoit des peines d’un à trois ans d’emprisonnement et une amende ; ces sanctions n’étaient pas suffisamment sévères.

Les gendarmes et l’OPROGEM étaient les principales entités gouvernementales chargées d’enquêter sur les cas de traite, et le Secrétaire général des services spéciaux, de lutte contre les stupéfiants et de lutte contre le crime organisé pouvait enquêter sur les cas de traite transnationale. Des magistrats désignés du ministère de la Justice ont poursuivi les affaires de traite. Le gouvernement n’a pas communiqué de données complètes sur l’application de la loi et, en raison de la mauvaise tenue des dossiers et de l’amalgame de la traite avec d’autres crimes, les données de l’application de la loi sur les cas de traite comprenaient probablement des cas de contrebande ou de travail des enfants. En 2020, avec les données de 33 préfectures et d’une zone spéciale, le gouvernement a signalé au moins une enquête, des poursuites contre 45 prévenus et des condamnations de 20 prévenus. Les autorités ont également enquêté sur sept cas de proxénétisme et 22 cas de sollicitation de mineur. Cela se compare à trois enquêtes, trois poursuites et aucune condamnation signalée en 2019 avec les données de cinq préfectures. Malgré la prévalence d’enfants guinéens exploités dans la mendicité forcée dans les écoles coraniques en Guinée et dans les pays voisins, le gouvernement n’a jamais poursuivi un maître coranique corrompu pour mendicité forcée d’enfants. Une ONG a signalé que des magistrats, qui ne comprenaient pas la gravité de la traite, refusaient souvent de condamner les trafiquants condamnés à des peines de prison.

Le gouvernement n’a pas fourni de ressources suffisantes à l’OPROGEM, continuant ainsi d’entraver sa capacité à enquêter sur d’éventuels délits de traite ; le gouvernement n’a pas consacré de budget à l’OPROGEM depuis 2016. Les responsables ont signalé qu’un manque de connaissances générales sur la traite et les dispositions relatives à la traite en vertu du code pénal de 2016 persistait parmi les responsables gouvernementaux, en particulier les juges et les procureurs des tribunaux inférieurs. Le gouvernement a rarement dispensé une formation anti-traite aux forces de l’ordre et aux agents judiciaires travaillant en dehors de la capitale et n’a pas déclaré avoir formé les nouveaux procureurs ou juges sur la traite. Le CNLTPPA, en partenariat avec une organisation internationale et un donateur étranger, a élaboré un programme de formation sur l’identification des victimes pour les agents d’aéroport et formé 30 agents d’aéroport au cours de la période considérée.

PROTECTION

Le gouvernement a maintenu des efforts de protection insuffisants, mais a accru ses efforts pour identifier les victimes. Le manque de formation et de coordination entre les ministères, ainsi que des services gouvernementaux incohérents et parfois indisponibles, ont continué d’entraver les efforts d’identification et d’assistance aux victimes. Le gouvernement a signalé avoir identifié 212 victimes de la traite et 62 victimes potentielles de la traite. Sur les 212 victimes, le CNLTPPA et le Syndicat national des travailleurs domestiques ont identifié 200 victimes de travail forcé, dont 80 enfants, exploitées en servitude domestique ; les autorités ont identifié 12 enfants exploités dans le cadre du trafic sexuel. Il s’agissait d’une augmentation significative après avoir identifié huit victimes de la traite et 29 enfants victimes potentielles de la traite au cours de la période de référence précédente. Le gouvernement n’a pas indiqué combien de victimes, le cas échéant, il faisait référence aux soins. Le CNLTPPA a approuvé des SOP pour l’identification des victimes et l’orientation vers les services, élaborées en collaboration avec une organisation internationale ; le gouvernement a distribué des documents écrits et formé 28 responsables gouvernementaux et parties prenantes de la société civile sur les POS en septembre 2020.

Le gouvernement n’avait pas de politique formelle pour encourager les victimes à participer aux enquêtes et aux poursuites contre leurs trafiquants présumés. Des rapports ont indiqué que les victimes et leurs parents étaient réticents à porter plainte contre les trafiquants en raison d’un manque de confiance dans le système judiciaire. Les juges pourraient autoriser les victimes à témoigner par vidéo ou par écrit ; cependant, aucune victime ne l’aurait fait au cours de la période considérée. Le gouvernement s’est associé à un cabinet d’avocats pour pouvoir offrir une assistance juridique aux femmes et aux enfants victimes de la traite, mais n’a déclaré avoir fourni d’assistance à aucune victime au cours de la période considérée. Les ONG gèrent des cliniques juridiques générales pour conseiller les femmes et les enfants victimes d’infractions, notamment de traite. Les autorités ont signalé que les victimes avaient sous-utilisé les cliniques juridiques en raison d’un manque de sensibilisation ; en réponse, le CNLTPPA et une ONG ont mené une campagne de sensibilisation pour mieux faire connaître le programme. Ni le gouvernement ni les ONG n’ont offert d’assistance juridique aux victimes de sexe masculin. Le code pénal de 2016 a permis aux ONG de porter plainte au nom des victimes ; le gouvernement n’a pas indiqué si les ONG avaient utilisé cette disposition au cours de la période considérée. Les victimes pouvaient légalement obtenir un dédommagement du gouvernement ; dans un cas, le tribunal a accordé un dédommagement aux parents d’un enfant victime de la traite au cours de la période considérée. Les victimes pouvaient intenter des poursuites civiles contre leurs trafiquants ; cependant, aucune victime n’a choisi cette option, en grande partie par manque de sensibilisation. Le gouvernement n’avait pas de politique formelle pour fournir une résidence temporaire ou permanente aux victimes de pays où, si elles étaient rapatriées, elles seraient confrontées à des difficultés ou à des représailles, mais pourrait fournir des permis de travail et de séjour aux victimes sur une base ad hoc ; Les ressortissants de la CEDEAO n’avaient pas besoin de statut particulier pour rester en Guinée. Le gouvernement n’a signalé aucune victime ayant demandé ces services au cours de la période considérée. Il n’y a eu aucun rapport selon lequel le gouvernement aurait détenu, condamné à une amende ou emprisonné des victimes pour des actes illégaux que les trafiquants les auraient forcés à commettre ; cependant, en raison de la faiblesse de l’identification des victimes, les autorités peuvent avoir détenu certaines victimes.

LA PRÉVENTION

Le gouvernement a intensifié ses efforts pour empêcher la traite. Le CNLTPPA a adopté un nouveau plan d’action national (PAN) de lutte contre la traite 2020-2022. Le gouvernement a alloué 2 milliards de francs guinéens (200 200 $) sur deux ans au CNLTPPA pour la mise en œuvre du PAN, ainsi que 500 millions de francs guinéens supplémentaires (50 050 $) pour les dépenses de fonctionnement, pour la première fois en cinq ans. Malgré cela, le manque de personnel et de coordination, les troubles sociaux et la pandémie ont entravé les efforts du gouvernement pour lutter contre la traite, organiser des formations et organiser des événements de sensibilisation du public au cours de la période considérée. Les observateurs ont noté que le CNLTPPA, dirigé par le ministère de l’Action sociale et de la Promotion de la femme et de l’enfant, n’avait pas l’autorité nécessaire pour mettre en œuvre efficacement la politique de lutte contre la traite et coordonner les activités du gouvernement. Le CNLTPPA a tenu des réunions trimestrielles et, en partenariat avec la société civile et des donateurs étrangers, a organisé plusieurs campagnes de sensibilisation à la prévention de la traite. En outre, des ONG ont formé 25 journalistes au reportage et à la sensibilisation du public aux problèmes de traite. Le gouvernement a mis en place une hotline gratuite pour signaler la violence à l’égard des femmes et des enfants, ce qui pourrait inclure des cas de traite ; la hotline a reçu 2 196 appels au cours de la période considérée, mais le gouvernement n’a pas signalé avoir identifié de victimes de la traite ni ouvert d’enquête en conséquence. Le gouvernement avait des politiques pour réglementer les recruteurs de main-d’œuvre étrangère et les tenir civilement et pénalement responsables du recrutement frauduleux ; cependant, ni l’OPROGEM ni le ministère du Travail n’avaient les ressources ou le personnel formé pour surveiller et appliquer ces politiques de manière cohérente et n’ont signalé avoir renvoyé aucun cas potentiel pour enquête. Le gouvernement n’a pas déclaré avoir fait d’efforts pour lutter contre la mendicité forcée des garçons guinéens dans les écoles coraniques des pays voisins d’Afrique de l’Ouest, ni si le ministère de l’Action sociale continuait de coordonner les unités de contrôle des frontières interinstitutions pour s’assurer que les enfants traversant les frontières internationales voyageaient avec leurs familles. Le gouvernement n’a pas fait d’efforts pour réduire la demande d’actes sexuels commerciaux. Le gouvernement n’a pas déclaré avoir fourni de formation anti-traite à son personnel diplomatique. Le gouvernement a dispensé une formation aux droits humains, y compris une formation à la lutte contre la traite, à ses troupes avant leur déploiement en tant que soldats de la paix ; des responsables internationaux et guinéens ont dispensé cette formation à 698 membres du personnel guinéen de la MINUSMA à ce jour. Bien qu’il ne soit pas explicitement signalé comme traite des êtres humains, il y a eu un cas ouvert d’exploitation sexuelle présumée avec des indicateurs de traite par un casque bleu guinéen déployé dans la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RDC en 2019 ; l’enquête de l’ONU sur l’incident restait en suspens à la fin de la période considérée.

PROFIL DE TRAFIC

Comme indiqué au cours des cinq dernières années, les trafiquants d’êtres humains exploitent les victimes nationales et étrangères en Guinée, et les trafiquants exploitent les victimes guinéennes à l’étranger. La plupart des victimes identifiées étaient des femmes et des enfants. Les trafiquants exploitent les garçons dans le travail forcé dans la mendicité, la vente de rue, le cirage de chaussures, l’extraction d’or et de diamants, l’élevage, la pêche et l’agriculture, y compris dans l’agriculture et dans les plantations de café, de noix de cajou et de cacao. Certaines entités gouvernementales et ONG affirment qu’en Guinée, le travail forcé est le plus répandu dans le secteur minier. Les trafiquants exploitent les adultes et les enfants dans le travail forcé dans l’agriculture. Des rapports indiquent que des enfants sont envoyés dans la région côtière de Boké pour le travail forcé dans les fermes. Les enfants des villages de Moyenne et Haute Guinée peuvent être plus vulnérables à la traite en raison du manque d’écoles et d’opportunités économiques dans la région. En raison des perturbations économiques liées à la pandémie dans le secteur informel et des fermetures d’écoles, les observateurs ont signalé une augmentation du nombre d’adultes et d’enfants guinéens cherchant un emploi dans les mines d’or artisanales et, par la suite, exploités dans le cadre du travail forcé et du trafic sexuel. Les responsables gouvernementaux reconnaissent la ville de Koundara, dans le nord-ouest de la Guinée, comme un point de transit pour les trafiquants. Les trafiquants, souvent des parents éloignés, promettent de s’occuper ou de fournir une éducation aux enfants des parents les plus pauvres et, à la place, les exploitent dans la servitude domestique ou la mendicité forcée. Certains maîtres coraniques corrompus forcent les garçons fréquentant les écoles coraniques à mendier. Certains trafiquants prennent des enfants avec le consentement des parents ou sous le faux prétexte de fournir une éducation et les exploitent dans la mendicité forcée dans les écoles coraniques au Sénégal – via Koundara – Mauritanie et Guinée-Bissau, ou le travail forcé dans les mines d’or d’Afrique de l’Ouest. Au cours de la période considérée, des ONG ont allégué que des réseaux organisés avaient exploité des enfants dans la mendicité forcée. Des trafiquants exploitent des enfants guinéens dans des travaux forcés en Côte d’Ivoire. La Guinée est un pays de transit pour les enfants ouest-africains soumis au travail forcé dans les mines d’or dans toute la région. Un petit nombre de filles des pays d’Afrique de l’Ouest migrent vers la Guinée, où les trafiquants les exploitent dans le service domestique, la vente de rue et, dans une moindre mesure, le trafic sexuel. Le trafic sexuel d’enfants est répandu à Conakry et dans les villes minières telles que Kamsar, Lero et Siguiri. Les Nord-Coréens travaillant dans les secteurs des mines, de la construction, de la pêche et de la santé et dans le commerce du sexe peuvent avoir été contraints de travailler par le gouvernement nord-coréen. Les professionnels de la santé cubains travaillant en Guinée ont peut-être été contraints de travailler par le gouvernement cubain. Les autorités guinéennes ont allégué que des trafiquants contraignaient des femmes chinoises à se livrer à des relations sexuelles commerciales dans des bars et restaurants appartenant à des Chinois à Conakry.

Les trafiquants exploitent les femmes et les filles guinéennes dans le travail forcé pour le service domestique et le trafic sexuel en Afrique de l’Ouest, en Europe et au Moyen-Orient, ainsi qu’aux États-Unis. Les réseaux de trafic guinéo-égyptien recrutent frauduleusement des femmes pour le travail domestique en Égypte et les exploitent dans le commerce du sexe. Les migrants irréguliers voyageant vers l’Europe sont vulnérables aux réseaux de trafic qui facilitent les voyages par voie terrestre de la Guinée vers l’Afrique du Nord, et exploitent par la suite les migrants dans le cadre du travail forcé ou du trafic sexuel. Au cours d’une période de rapport précédente, une organisation internationale estimait qu’environ 1 040 Guinéens étaient victimes de la traite en Afrique du Nord. Des rapports indiquent que les réseaux de traite recrutent frauduleusement des femmes guinéennes, libériennes et sierra-léonaises pour travailler à l’étranger, utiliser l’aéroport de Conakry pour transporter les victimes vers des situations d’exploitation au Koweït et au Qatar ; une organisation internationale a signalé une augmentation du recrutement frauduleux pour le travail forcé dans le service domestique au Moyen-Orient, en particulier en Égypte et au Koweït. Il a été rapporté que certains hommes guinéens épousent des filles guinéennes, les emmènent en Angola et vendent les filles à des bordels locaux, tandis que les hommes travaillent dans des mines de diamants. Au cours des années précédentes, les autorités ont identifié des victimes guinéennes du travail forcé en Finlande. Les trafiquants sexuels ont exploité des femmes thaïlandaises et chinoises en Guinée.

RECOMMANDATIONS PRIORITAIRES :

Intensifier les efforts pour enquêter, poursuivre et condamner les trafiquants présumés, y compris les maîtres coraniques corrompus et les fonctionnaires complices, et condamner les trafiquants condamnés à des peines de prison importantes. • Modifier le code pénal pour supprimer les dispositions relatives aux peines qui autorisent des amendes au lieu d’une peine d’emprisonnement et veiller à ce que les peines prescrites pour la mendicité forcée soient proportionnelles à celles prescrites pour d’autres crimes graves. • Augmenter considérablement les efforts pour identifier les victimes de la traite parmi les populations vulnérables, y compris les enfants dans les écoles coraniques, les travailleurs des sites miniers artisanaux, les femmes voyageant au Moyen-Orient dans le cadre de programmes de recrutement frauduleux potentiels, les professionnels de la santé cubains et les travailleurs nord-coréens, et orienter les victimes prestations de service. • Allouer un financement dédié à l’OPROGEM pour permettre les enquêtes pénales. • Augmenter le financement et le soutien en nature des ONG pour garantir que toutes les victimes identifiées reçoivent des services. • Former les forces de l’ordre et les prestataires de services aux procédures standard pour identifier les victimes de la traite et les orienter vers les services. • Fournir à l’OPROGEM et aux inspecteurs du travail les ressources et la formation nécessaires pour surveiller les agences de recrutement et enquêter sur les cas de travail forcé. • Établir un système de collecte de données uniforme et complet sur les efforts de lutte contre la traite, en distinguant la traite des êtres humains des autres crimes. • Redoubler d’efforts pour sensibiliser le public à la traite, y compris la traite interne, le travail forcé des enfants et la mendicité forcée dans les écoles coraniques. • Renforcer l’autorité du CNLTPPA pour mettre en œuvre une politique anti-traite et coordonner les activités et le partage d’informations entre les agences menant un travail de lutte contre la traite.

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Corruption sur l’axe Abidjan-Conakry : policiers et chauffeurs à cœur joie, silence coupable des autorités

6 juillet 2021 à 12 12 08 07087

Traverser les frontières terrestres est interdit entre la Guinée et la Côte d’Ivoire depuis l’apparition de la Covid-19. Officiellement, seul le transport de marchandises est toléré, mais des citoyens en profitent aussi. Une occasion pour les agents de sécurité de les rançonner à souhait. Les rappels à l’ordre n’ont rien changé, la justice reste muette.

Les gouvernements guinéen et ivoirien ont décrété l’Etat d’urgence sanitaire pour limiter la propagation de la Covid-19, installé des postes de contrôle en plus des barrages conventionnels, sur les routes pour veiller au lavage des mains et au port de masque. Mais les forces de l’ordre postées à ces barrages « sanitaires » se sont données d’autres missions : rançonner les usagers.

Sur l’axe Abidjan-Conakry, les postes d’observation tenus par la gendarmerie ont doublé, passant de 7 à 14, explique Ali Touré, convoyeur ivoirien sur l’axe Abidjan-Danané (dernière ville ivoirienne avant la frontière avec la Guinée). Sur la dizaine de villes à traverser sur l’axe Abidjan-Conakry, « on y trouve : douane, police, eaux et forêts, section anti-drogue, agents de santé. Chacun son tarif : Douane, 10 000 à 20 000 FCFA; Eaux et forêts, 500 FCFA ; police, 1 000 FCFA », détaille M. Touré.

Côté guinéen, Junior, convoyeur de marchandises d’Abidjan à Conakry, indique verser jusqu’à 3 200 000 GNF (325 dollars au taux de 1 dollar pour 9 832 GNF  à la date du 27 juin 2021). Les montants varient selon les barrages. La quittance lui coûte entre 60 millions et 150 millions GNF (entre 6 000 et 15 000 dollars au taux du 27 juin) selon le poids. « Cela ne nous sert à rien. À chaque barrage on paye. Ils ne fouillent pas la cargaison, ils demandent juste l’argent ». S’il paye, dit-il, c’est pour éviter des retards de livraison qui conduirait à des ruptures de stock, donc des pertes, il ne sait pas que c’est illégal. 

Syndicats impuissants

Les syndicats de transporteurs, embarrassés, tentent des solutions désespérées. Ahmed Doumbia, secrétaire général de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, souligne que des millions de FCFA sont versés aux agents, sans reçu. D’Abidjan à la frontière guinéenne, dit-il, il y a 14 barrages à 2 000 FCFA, « ce qui fait 28 000 FCFA payés sur 640 kilomètres ».

Alpha Oumar Sow de la CNTG (Confédération nationale des travailleurs de Guinée), gère la ligne Nzérékoré-Man-Abidjan. Il a expliqué que les chauffeurs, en accord avec le syndicat, ont changé d’itinéraire pour assouplir l’ampleur du racket. Cela marche en Guinée, pas en Côte d’Ivoire : « Côté ivoirien, la frontière est officiellement fermée, les forces de sécurité font payer jusqu’à 5 000 FCFA par passager. Aux bureaux des douanes, de la police, des eaux et forêts, des agents de santé, de la mairie, il faut payer également ».

Tanou Nadhel Diallo, secrétaire administratif du syndicat des transporteurs de Labé (Guinée), affilié à la CNTG, trouve une explication au racket : « Il y a 52 articles dans le Code de la route guinéen, aucun chauffeur ne peut les respecter à tout moment. On ne peut pas être en règle à 100%. Alors, ils nous font payer ».

Saignée financière

Les paiements indus sur les routes ont fait perdre 33 milliards de FCFA à la Côte d’Ivoire, en 2016, selon l’OFT, Observatoire de la fluidité routière. Cette agence gouvernementale sous tutelle du ministère des Transports ivoirien, veille à la continuité et à la fluidité du transport, routier, ferroviaire, maritime et aérien.

Si en Guinée, il n’y a pas de chiffres sur le racket, le premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, avait reconnu devant les députés, en 2018, que la corruption et les pots de vins font perdre à la Guinée jusqu’à 600 milliards GNF par an (61 021 965 millions de dollars, au taux du 27 juin 2021), tous secteurs confondus.

Une étude réalisée par Afrobaromètre et Stat view international révèle que 63% de Guinéens estiment que la corruption est en hausse; 49% pensent que tous les policiers et gendarmes sont corrompus. Une autre étude des mêmes organisations publiée en août 2020 révèle que 58% des Guinéens ont versé des pots-de-vin aux policiers pour éviter des difficultés aux postes de contrôle. Une tendance à la hausse : 51% en 2017, 58% en 2019, 74% en 2020.

Une culture de la corruption

Paradoxalement, syndicalistes et chauffeurs des deux pays savent, du moins pour certains, que payer indûment est illégal. « C’est illégal, mais ceux qui sont censés appliquer la loi sont ceux-là qui la violent sous tes yeux. Ils te demandent de payer. Si tu les dénonces, ils peuvent te violenter ou te retarder. Alors tu ferais mieux de payer », fulmine Tanou Nadhel Diallo.

Pour lui, le plus dur est encore d’obtenir des preuves contre les forces de l’ordre, il soupçonne une collusion avec la hiérarchie : « La chaîne de corruption va très loin, il y a une complicité ». Le ministère guinéen de la Sécurité et de la protection civile dont les agents sont incriminés a refusé de donner suite à notre demande d’interview.

Ahmed Doumbia de la Confédération des syndicats des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (section de Côte d’Ivoire) se dit conscient qu’ils ont le droit de refuser : « Le commissaire du gouvernement, Ange Kessy, responsable de la cellule anti-racket, nous a interdit de donner de l’argent aux forces de l’ordre. Nous savons que c’est illégal, mais on n’a pas le choix ».

Abdoulaye Sylla, président du Collectif des fédérations des chauffeurs de Côte d’Ivoire pense que les chauffeurs, pour la plupart analphabètes, ignorent la loi : « Une fois, un chauffeur a été pris par la police anti racket, il ne savait pas que c’est illégal ». Alors, les agents en profitent.

« Ce sont des arrangements. Si nous faisons correctement notre travail, certains véhicules seront immobilisés. Les transporteurs eux-mêmes sont conscients qu’ils ne sont pas en règle, à 100% vis-à-vis de la loi et des dispositions sanitaires liées à la Covid-19 », confie un douanier à l’entrée de la ville de Man.

Quant à ses frères d’armes policiers quand nous nous sommes présentés comme journaliste qui voulait savoir pourquoi il confisque certaines pièces de véhicules contre de l’argent, il nous a demandé de nous référer à sa hiérarchie. Après, « il parlera à la presse ». Les agents des Eaux et forêts nous ont renvoyés à leur hiérarchie aussi.

Me Brahima Coulibaly, avocat au barreau d’Abidjan, vice-président du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) milite pour la mise en place d’un mécanisme permettant aux routiers de se plaindre et d’obtenir réparation. Mais il se demande bien si un transporteur peut garer son véhicule et entamer une procédure judiciaire ? « En plus, sur les routes, c’est sa parole contre celle du corps habillé. C’est difficile ».

Des lois… inutiles ?

Pour lutter contre la corruption, la Guinée a voté, en 2017, une loi anti-corruption. En plus, le Code pénal guinéen en son article 771 prévoit des peines d’emprisonnement jusqu’à 10 ans et d’amende jusqu’à 10 000 000 GNF. En Côte d’Ivoire, la corruption est punie pratiquement des mêmes peines suivant les articles 28, 29 et 30 du Code pénal. Mais l’application de ces lois se fait attendre.

En Côte d’Ivoire, suite aux nombreuses plaintes des routiers, le Commandant en second de la gendarmerie ivoirienne, le Colonel Major Vako Bamba, a entamé, en avril 2020, une tournée de sensibilisation. « Le gendarme contrôle les pièces du véhicule, l’identité des usagers, seulement si les conducteurs commettent des infractions. Les postes d’observation ne sont pas des barrages, le gendarme est là uniquement pour prévenir, sécuriser, alerter ou renseigner en cas de besoin », rappelle l’officier.

En mai 2021, le chef du parquet militaire ivoirien, le commissaire Ange Kessy, dans un véhicule banalisé a pris des agents en flagrant délit de racket, à l’entrée de Yamoussoukro. Il s’est juste contenté de les rappeler à l’ordre : « Abandonnez ces vieilles habitudes. S’il vous plaît. L’État vous paye déjà », a-t-il dit aux policiers et gendarmes. Aucune sanction n’a suivi. Même pas disciplinaire.

En Guinée, le gouvernement a reconnu le racket en Conseil des ministres le 6 mai 2021. Le ministre de la Sécurité et celui de la Défense ont signé un communiqué conjoint rappelant les forces de l’ordre. Ici, comme en Côte d’Ivoire, aucune sanction n’a suivi.

Sékou Mohamed Sylla, directeur exécutif de l’ANLC, Agence nationale de lutte contre la corruption (agence gouvernementale), explique que c’est l’application de la loi qui pose problème. Sinon, rappelle-t-il, en 2018, le gouvernement guinéen avait publié le même communiqué. « Il faut appliquer la loi, c’est tout », assène-t-il.

Incompétente ou corrompue ?

Dans les deux pays, les médias dénoncent régulièrement le racket, les citoyens aussi. La justice ne réagit pas pour autant. Aucun procureur de Conakry n’a donné suite à nos demandes d’interview sur le mutisme de l’appareil judiciaire. L’un d’eux a dit tout de même : « C’est difficile pour la justice ». Pourquoi ? Il ne le dira pas.

Un juge guinéen a lui accepté de donner quelques explications, à titre informel : « Il faut des gens pour arrêter la corruption. Mais le système est enraciné au point que ceux qui luttent contre la corruption se prêtent à la pratique. C’est difficile ». Selon le juge, pour réprimer un fait, il faut des acteurs. A leurs côtés, des lanceurs d’alerte comme les médias. Même alerté, si les organes de répression n’ont pas « la main mise (connaissance de la chose) et la main libre (pas d’obstacles politiques), ce sera difficile ».

Cette théorie est corroborée par Dr Aliou Barry, Directeur général de Stat view international, expert en gouvernance, représentant de Afrobaromètre en Guinée, pour qui, l’appareil judiciaire doit être soutenu. « Je ne pense pas qu’il y ait de juges compétents en matière de lutte contre la corruption. Il faut les former. Le secteur judiciaire n’a pas assez de moyens ».

Pour lutter contre la corruption, il faut la prévention, la sensibilisation, l’éducation civique, dit-il. Monsieur Barry préconise même l’introduction dans le cursus scolaire ou universitaire des cours d’éthique ou de morale. Il estime qu’il n’y a pas aussi suffisamment de sensibilisation sur la corruption. Certains citoyens, selon lui, sont tellement habitués à payer, qu’ils oublient qu’ils contribuent à asseoir une culture de la corruption. 

Société civile inefficace

Dans les pays démocratiques, la société civile éduque les citoyens à la bonne gouvernance. En Afrique subsaharienne, elle peine à exister. Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, soutient que le contrôle de masque est devenu une occasion pour les forces de sécurité de rançonner les citoyens. « Il y a une multiplication des barrages », regrette-t-il. Pour lui, si les citoyens payent, c’est parce qu’ils ne sont pas informés que c’est de la corruption. « La population est vulnérable à la corruption, elle n’est pas informée ».

En Côte d’Ivoire, le président de la Ligue africaine de lutte contre la corruption (Alaco), Alex Nzi Moro Nicaise, trouve que le racket gangrène l’économie, impacte négativement le développement du pays dans la mesure où ce sont des dépenses d’investissement sans reçu : « Ce sont des millions de FCFA qui passent dans les poches des treillis sans traces avec ces centaines de camions qui traversent les corridors au quotidien. Ces passe-droits ne profitent qu’aux forces de l’ordre ».

En ces temps de Covid-19, si la pandémie a cloué nombre de secteurs économiques, envoyé des milliers de personnes au chômage, elle a servi à remplir les poches de certaines personnes. Impunément.

Avec l’appui de la CENOZO (Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest), les journalistes Oumar Tély Diallo et Abou Traoré ont enquêté.

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Mettons fin à la pauvreté énergétique en Afrique : universaliser l’accès à l’électricité grâce aux énergies renouvelables

5 juillet 2021 à 15 03 23 07237
Commissioner Frans Timmermans in Strasbourg

Par Frans Timmermans et Fatih Birol : Près de 800 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’électricité à travers le monde, dont 600 millions en Afrique subsaharienne. C’est une injustice flagrante à une époque où les inégalités entre riches et pauvres ne cessent de se creuser. Et pourtant, grâce à la baisse rapide du coût des énergies renouvelables et aux investissements verts qui devraient faire suite à la pandémie, nous pourrions mettre un terme à la pauvreté énergétique au cours des 10 prochaines années. Donner accès à l’énergie à tous d’ici à 2030 est possible, mais pour cela il faut aller plus vite. C’est pourquoi l’Agence internationale de l’énergie et la Commission européenne invitent leurs partenaires à placer l’accès à l’énergie au cœur de la coopération avec l’Afrique.

Grâce aux avancées technologiques qui ont permis une baisse sans précédent du coût des énergies renouvelables, les prix de l’électricité ont atteint des niveaux historiquement bas. Ces vingt dernières années, ce sont surtout les centrales à charbon qui ont permis la généralisation massive de l’accès à l’électricité. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de raison d’investir dans le charbon. Le continent africain est un champ idéal pour exploiter l’énergie solaire, prouvant déjà aujourd’hui qu’une trajectoire « plus propre » est possible. Entre 2014 et 2019, 20 millions d’Africains ont eu accès à l’électricité pour la première fois. Le plus souvent, c’est grâce à des installations solaires et hydroélectriques de plus en plus compétitives. Ces sources d’énergie abondantes sur le continent peuvent aussi contribuer à développer l’emploi au niveau local tout en évitant de lourdes factures énergétiques liées à l’importation.

Malheureusement, malgré les progrès technologiques, le monde n’est pas en voie d’atteindre l’accès universel à l’énergie en 2030, ainsi que nous nous y sommes engagés et la crise du COVID-19 a causé plus de retards. L’année dernière, le nombre d’habitants d’Afrique subsaharienne sans accès à l’électricité a augmenté pour la première fois en huit ans. Les restrictions dues à l’épidémie ont mis un coup d’arrêt au raccordement de logements, d’entreprises, d’écoles et d’hôpitaux, alors même que le ralentissement de l’économie mondiale faisait peser des contraintes lourdes sur les budgets des États africains. Cela a limité leur marge de manœuvre en matière de financement des investissements dans les énergies propres, faisant basculer des millions de personnes dans l’extrême pauvreté, et les privant aussi de services fondamentaux comme l’accès à l’électricité.

Les coûts initiaux d’installation font partie des obstacles au déploiement du solaire et autres technologies renouvelables en Afrique. En effet, si la matière première énergétique – les rayons du soleil et le vent – est gratuite, cela ne vaut qu’à partir du moment où les centrales solaires et éoliennes sont construites et mises en service. Or, dans les économies en développement, la mise en place de mini-réseaux ou de systèmes solaires individuels autonomes coûte très cher, en particulier dans les communautés rurales dont les moyens financiers sont limités.

En outre, les sociétés prêtes à se lancer dans de nouveaux projets d’énergie renouvelable ne sont pas toujours en mesure de garantir la stabilité immédiate des recettes et ont du mal à attirer les investisseurs. De manière générale, le coût du capital est nettement plus élevé dans les économies en développement, ce qui constitue un obstacle supplémentaire à la réussite de tout projet d’énergie renouvelable. Ces difficultés sont à présent exacerbées par la pandémie qui affecte bien plus durablement les économies de nombreux pays en développement, en Afrique mais aussi ailleurs.

Il existe des solutions : adopter des modèles économiques novateurs fondés sur l’abonnement de services et le crédit-bail (pay-as-you-go) pour échelonner les coûts initiaux ; perfectionner les cadres stratégique et réglementaire en place pour permettre l’avancée d’un plus grand nombre de projets ; et mobiliser davantage les organisations internationales et régionales afin d’accompagner l’essor du secteur et d’amoindrir les coûts de financement des projets d’énergie renouvelable.

Il est urgent que tous les États et organisations internationales concernés réaffirment leur engagement pour mettre un terme à la pauvreté énergétique d’ici à 2030, notamment à l’occasion du Dialogue de haut niveau sur l’énergie que l’ONU s’apprête à tenir. À charge pour nous de soutenir cet engagement par une action plus forte.

L’Union européenne et l’Agence internationale de l’énergie travaillent ensemble afin que l’accès aux énergies propres fasse partie intégrante de l’action internationale pour atteindre la neutralité en gaz à effet de serre. C’est ainsi qu’il sera possible de réduire l’inégalité d’accès à l’énergie sans augmenter les émissions nocives des énergies fossiles. l’AIE et la Commission européenne, à travers de son initiative en faveur des Énergies Vertes, placent l’accès aux énergies propres au cœur de leur collaboration avec les États africains. Nous nous emploierons à accroître le nombre des personnes, entreprises et secteurs ayant accès à des services énergétiques durables et modernes à un prix abordable en Afrique. En 2021, l’Initiative en faveur des Énergies Vertes de la Commission entre dans une nouvelle phase, qui consistera à allouer des fonds, à apporter une assistance technique et à mettre à disposition d’autres instruments financiers pour soutenir l’investissement dans la production d’électricité d’origine renouvelable et pour agir en faveur de l’efficacité énergétique dans toute l’Afrique.

Au cours des sept prochaines années, la lutte contre le changement climatique représentera 30% du budget de l’Union européenne alloué à la coopération internationale. Mais le financement public ne suffira pas. Les investissements du secteur privé seront donc déterminants et de nombreuses entreprises européennes sont déjà prêtes à intervenir. Mais pour que nous réussissions à en finir avec la pauvreté énergétique en Afrique, il faut que le monde agisse de concert : en arrêtant de financer la production d’électricité au charbon, en intensifiant la coopération visant à étendre les filières propres en Afrique et en augmentant l’échelle du soutien financier apporté par les économies avancées.

À l’évidence, l’accès aux énergies propres ne se limite pas au cadre de l’action climatique. Les énergies renouvelables offrent des débouchés intéressants et un moyen de produire de l’électricité à bas coût. Investir dans les énergies propres constitue une véritable stratégie de développement économique. Nous comptons sur tous afin d’agir de manière concrète avec nous et d’en finir ainsi avec la pauvreté énergétique au cours de la décennie à venir.

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Coupure d’internet en Guinée : une autre plainte contre le régime Alpha Condé à la Cour de Justice de la CEDEAO

5 juillet 2021 à 11 11 04 07047

Communiqué : Conakry le 5 juillet 2021 – L’association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI), l’Association Villageois 2.0, la Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO), le Centre Africain de Formation sur les Droits Humains et l’Environnement et un journaliste guinéen ont annoncé aujourd’hui avoir déposé une plainte à la cour de Justice de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre la République de Guinée le 30 juin dernier.

Nos différentes organisations reprochent aux autorités guinéennes d’avoir coupé le réseau Internet et bloqué les plateformes de réseaux sociaux en prélude au double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020 et à la présidentielle d’octobre de la même année.

Nous estimons qu’en agissant ainsi, l’Etat Guinéen a violé les droits à la liberté d’expression de millions de Guinéens et a empêché les journalistes de faire leur travail. Cela a engendré de graves conséquences notamment sur nos activités d’observation électorale et de défense des droits de l’Homme.

Aussi, nous soutenons qu’une interruption complète et indiscriminée d’Internet dans tout le pays a un effet profondément dissuasif et est clairement arbitraire et disproportionnée.

Par cette plainte, nous demandons à la Cour de Justice de la CEDEAO entre autres de prendre une ordonnance obligeant l’Etat guinéen à garantir que de telles graves violations des libertés fondamentales des Guinéens ne se répètent plus.

Dans cette affaire, notre collectif est représenté par Media Defence à travers les avocats Mojirayo Ogunlana-Nkanga, Padraig Hughes, Saba Ashraf et Carlos Gaio.

Le Collectif

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Embaló intransigeant sur la réouverture de la frontière avec la Guinée : « je ne signerai rien »

5 juillet 2021 à 9 09 31 07317

Le président de la Guinée Bissau, Ùmaro Sissoco Embaló, reste intransigeant sur la question de la frontière entre son pays et la République de Guinée. Il a réitéré au président en exercice de la CEDEAO, en visite éclair ce dimanche 4 juillet 2021, à Bissau, qu’il ne signera aucun engagement pour la réouverture de cette frontière, a appris Guineematin.com des médias bissau-guinéens.

En se rendant ce dimanche à Bissau, le président du Ghana, Nana Akoufo-Addo, président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO, espérait pouvoir convaincre son homologue bissau-guinéen à faire comme les présidents sierra-léonais et sénégalais : signer un accord avec la Guinée pour permettre la réouverture de la frontière entre les deux pays.

Mais c’était sans compter sur la fermeté de M. Embaló, qui a réitéré ce qu’il a dit publiquement il y a quelques semaines, à Accra. Il a indiqué que sa position sur cette question est irréversible : Conakry a fermé unilatéralement sa frontière avec Bissau, il n’est pas question de signer un quelconque accord pour sa réouverture.

 « Nous ne sommes pas des pays belligérants, non ! Je ne signerai rien : cette position est irréversible. Je n’ai pas fermé les frontières, alors pourquoi devrais-je signer leur réouverture ? Que ceux qui les ont fermées les rouvrent. La Guinée-Bissau ne fermera jamais ses frontières avec les Républiques sœurs de Guinée et du Sénégal », a déclaré Ùmaro Sissoco Embaló devant les médias, peu après le départ de son homologue ghanéen de Bissau.

Le président bissau-guinéen s’est dit toutefois disposé à dialoguer avec son homologue guinéen, Alpha Condé, avec qui il dit n’avoir pas de problèmes. Une annonce saluée par le président en exercice de la CEDEAO, Nana Akufo-Addo, à l’issue de cette visite.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 12 43 62

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Facobly (Côte d’Ivoire) : des commerçants guinéens font les frais du crime d’un jeune qui a tué sa copine

1 juillet 2021 à 18 06 44 07447

L’information a été révélée mardi dernier, 29 juin 2021, par Koaci.com (un site d’informations ivoirien). Plusieurs commerces (boutiques et magasins) appartenant à des guinéens ont été attaqués et saccagés en début de cette semaine à Facobly (une ville située dans la partie ouest de la Côte d’Ivoire) par des jeunes en colère. Ils ont agi en représailles à l’assassinat d’une élève en classe de 3ème par un jeune guinéen.

Selon nos confrères de Koaci.com qui citent des sources locales à Facobly, c’est une fille Wobé (autochtone) qui a été étranglée dimanche dernier, 27 juin 2021, par son copain, un jeune guinéen. Ce dernier a pris la poudre d’escampette après son crime ; mais, la nouvelle de son acte ignoble a déchainé la colère des jeunes de Facobly sur la communauté guinéenne vivant sur place.

Très en colère, les jeunes de cette ville ont pris d’assaut les magasins et boutiques tenus par des guinéens. Des affrontements y ont éclaté et y ont duré au moins deux jours (lundi et mardi) avant que les forces de l’ordre ne parviennent avec beaucoup d’efforts à contrôler la situation et rétablir l’ordre.

Pour l’heure, on ignore l’étendue des dégâts enregistrés sur place. Et, une enquête a été ouverte pour retrouver le jeune guinéen accusé du crime à l’origine de ces violents affrontements.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Tel : 622 97 27 22

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Afrique du Sud : l’ancien président Jacob Zuma condamné à 15 mois de prison

29 juin 2021 à 11 11 57 06576
ancien président Jacob Zuma

La Cour constitutionnelle sud-africaine a condamné ce mardi, 29 juin 2021, l’ancien président Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la justice. Cela fait suite à son refus de comparaître devant une commission anti-corruption, lui ordonnant de se rendre dans « les 5 jours ».

Saisie par une commission anti-corruption, la plus haute juridiction a rendu ce verdict « à la majorité de ses membres », a précisé la juge Sisi Khampepe.

« La Cour constitutionnelle n’a pas d’autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d’outrage à la justice », a déclaré la magistrate avant l’énoncé de la sentence.

« Ce genre de réticence et de défi est illégal et sera puni », a déclaré Mme Khampepe. « Je n’ai pas d’autre choix que d’emprisonner M. Zuma, dans l’espoir que cela envoie un message sans équivoque ( …) l’Etat de droit et l’administration de la justice prévalent ».

Depuis la création en 2018 de la commission chargée d’enquêter sur la corruption généralisée pendant ses neuf années au pouvoir, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d’avoir à s’expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.

Après une énième convocation à laquelle il ne s’est pas présenté fin février, la commission a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l’ancien chef d’Etat. L’ex-président cette fois-là avait non seulement ignoré la commission mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l’obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence.

Lors d’une audience virtuelle en mars, l’avocat de la commission, Tembeka Ngcukaitobi, a estimé que la question n’est plus de savoir si l’ex-président doit aller en prison, mais « combien de temps il doit y rester ». Le statut d’ancien président de M. Zuma « ne le protège pas de la loi », a-t-il martelé.

Quelques semaines plus tard, dans une requête plutôt inhabituelle, la justice sud-africaine a demandé à l’ex-président de déterminer lui-même « la sanction appropriée », en prévision de l’audience de mardi.

Jacob Zuma, 79 ans, n’a témoigné qu’une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s’offusquant d’être traité comme un « accusé ».

Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission en 2018. Il a été remplacé par l’actuel président, Cyril Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption un cheval de bataille mais a lui-même été appelé à témoigner devant la commission.

Avec AFP

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Procès des leaders du FNDC contre l’État guinéen à Abuja : la décision attendue le 21 octobre

25 juin 2021 à 11 11 27 06276

Le procès des leaders du FNDC Abdourahamane Sanoh, Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno et 5 autres personnes du mouvement contre l’Etat guinéen s’est ouvert ce vendredi, 25 juin 2021, à la cour de justice de la CEDEAO qui siège à Abuja, au Nigéria. 

On apprend que ce procès fait suite à une plainte déposée à la cour de justice de la CEDEAO par les avocats du FNDC (Front national pour la défense de la constitution) suite aux arrestations musclées et violentes des leaders du mouvement en octobre 2019. 

Après les phases de plaidoirie par Maître Pépé Antoine Lama, l’avocat du Front national pour la défense de la constitution Guinéenne FNDC, la cour a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 21 octobre 2021.

À préciser que c’est maître Pépé Antoine Lama qui a représenté les avocats des demandeurs et que l’avocat de l’État guinéen, maître Joachim GBILIMOU (non présent) a fait parvenir ses commentaires à la cour.

Source FNDC

À suivre !

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Conférence de Moscou sur la Sécurité internationale : le discours de Dr. Mohamed Diané

24 juin 2021 à 9 09 43 06436
Dr. Mohamed Diané, ministre d’État, ministre de la Défense

« Nous sommes aujourd’hui dans un ordre mondial où les menaces sont diffuses et imprévisibles, marqué par un environnement de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté », a rappelé le ministre guinéen de la Défense, dans son discours prononcé ce vendredi, 24 juin 2021, à Moscou, en Russie, à l’occasion de la IXème conférence sur la sécurité internationale.

Parlant de la sécurité en Afrique, Dr. Mohamed Diané a planté le décor avant de préciser que les ensembles sous-régionaux sont confrontés chacun à un ou plusieurs défis sécuritaires spécifiques.

« En Afrique, la sécurité globale de nos États est de plus en plus menacée par les crises politiques liées au processus démocratique, à l’exacerbation de la pauvreté et du chômage qui favorisent les revendications sociales, la radicalisation religieuse, le terrorisme et l’extrémisme violent, les rebellions armées, les conflits communautaires et séparatistes, la criminalité organisée, les épidémies et  pandémies qui viennent s’ajouter aux calamités naturelles, occasionnant très souvent des déplacements massifs de populations ».

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de ce discours :

DISCOURS DE MONSIEUR LE MINISTRE D’ETAT CHARGE DES AFFAIRES PRESIDENTIELLES, MINISTRE DE LA DEFENSE NATIONALE

(MOSCOU 24 JUIN 2021)

Monsieur le Président de séance ;

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de participer à la IXème conférence de Moscou sur la sécurité internationale et surtout un privilège de prendre la parole à cette tribune pour intervenir sur « La coopération militaire et militaro-technique entre la Russie et les pays d’Afrique et du Moyen-Orient, facteur principal de renforcement de la sécurité régionale », cas des pays africains.

Au demeurant, je remercie S.E.M. le Général d’Armée Serguëi CHOÏGOU, Ministre de la défense de la Fédération de Russie, pour l’opportunité que son invitation m’offre de prendre part avec ma délégation à ce forum international qu’il a bien voulu organiser encore cette année, malgré la conjoncture sanitaire internationale toujours très éprouvante.

J’en profite pour m’acquitter d’un devoir, celui de transmettre les chaleureuses salutations de S.E.M le Président de la République de Guinée, Chef de l’Etat et Chef Suprême des Armées, Pr Alpha CONDE, à son frère et ami S.E M. Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie.

En effet, l’honneur qui est fait à mon pays d’être de nouveau représenté à cette plateforme d’échanges, témoigne de l’excellence des relations d’amitié et de coopération qui existent entre nos deux Etats depuis l’accession de la Guinée à l’indépendance nationale, le 02 Octobre 1958.

C’est pourquoi, S.E.M. le Président de la République m’a particulièrement chargé de réaffirmer à S.E.M. le Président de la Fédération de Russie, sa volonté ardente de perpétuer ces relations en vue du progrès de nos deux pays.

Mesdames et Messieurs,

Pour revenir à l’objet de notre rencontre, je voudrais exprimer ici toute ma reconnaissance au Ministère de la défense de la Fédération de Russie pour l’opportunité que nous offre la Conférence de Moscou d’échanger périodiquement sur la problématique de la sécurité internationale qui se pose toujours au monde avec plus d’acuité, malgré les initiatives et les efforts des Etats, les progrès scientifiques et technologiques.

Nous sommes aujourd’hui dans un ordre mondial où les menaces sont diffuses et imprévisibles, marqué par un environnement de volatilité, d’incertitude, de complexité et d’ambiguïté.

 En Afrique, la sécurité globale de nos Etats est de plus en plus menacée par les crises politiques liées au processus démocratique, à l’exacerbation de la pauvreté et du chômage qui favorisent les revendications sociales, la radicalisation religieuse, le terrorisme et l’extrémisme violent, les rebellions armées, les conflits communautaires et séparatistes, la criminalité organisée, les épidémies et  pandémies qui viennent s’ajouter aux calamités naturelles, occasionnant très souvent des déplacements massifs de populations.

Nos ensembles sous régionaux sont confrontés chacun à un ou plusieurs de ces défis sécuritaires spécifiques.

Depuis la déstabilisation de la Lybie, l’instabilité contagieuse dans la bande sahélo-saharienne et la persistance de Boko-haram dans le bassin du lac Tchad, ont internationalisé le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique occidentale et centrale.

La bande Sahélo-saharienne est devenue un sanctuaire des Groupes Armés terroristes (GAT) et du trafic de tout genre, une zone infréquentable, d’où les djihadistes veulent partir pour étendre leur empire jusqu’au golfe de Guinée.      

La corne de l’Afrique, toujours en proie à la piraterie maritime, est un autre foyer de tensions entretenues par les Chebabs qui déstabilisent la Somalie et le Kenya. Plusieurs autres pays de la côte Est de l’Afrique comme la Tanzanie et le Mozambique sont aussi victimes d’attaques terroristes.  

La prolifération et la circulation illicite des armes légères et  de petit calibre résultant des différents conflits, favorisent la récurrence des rébellions fratricides avec leur massacre de civils dans les pays des grands lacs et dans le bassin du lac Tchad.

Plus récemment, en plus des crises post-électorales qui ont secoué certains pays de l’Afrique de l’Ouest, la guerre de sécession en Ethiopie et la rébellion au Tchad ayant coûté la vie au Président Idriss Deby ITNO, constituent des motifs de préoccupation dont les effets risquent de faire basculer ces parties du continent dans une insécurité généralisée.

Au-delà des pays du G-5 Sahel, le Cameroun et le Nigéria sont périodiquement victimes d’attaques meurtrières qui endeuillent les pays et provoquent des déplacements massifs de populations.

Tous ces foyers de tensions et de guerres qui sèment la terreur, rendent les Etats de plus en plus instables et compromettent la mise en œuvre des programmes de développement socioéconomique. Cet état de fait augmente les taux de pauvreté et de chômage, exacerbe les tensions sociales et fait de l’Afrique un réservoir potentiel de candidats à la migration clandestine dont l’ampleur devient incontrôlable.

La Russie, il faut s’en féliciter, appuie les pays africains dans la gestion de ces conflits dans le cadre de ses relations de coopération militaire bilatérale, mais aussi dans celui de l’intervention de la communauté internationale à travers les Nations Unies.

Depuis la création de son armée le 1er novembre 1958, la République de Guinée entretient une coopération militaire privilégiée avec la Russie.

Cette coopération militaire, aux côtés des autres partenaires techniques et financiers, accompagne le processus de la Réforme du Secteur de Sécurité enclenchée sous la conduite du Président de la République, Pr Alpha CONDE, depuis son accession à la magistrature suprême du pays.

L’un des avantages de cette Réforme de l’armée guinéenne est la reprise de la place de notre pays sur la scène internationale dans le domaine des opérations de maintien de la paix, avec l’envoie de contingents militaires depuis plusieurs années au sein de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) et d’observateurs militaires ou de Sécurité au compte des Nations Unies.

Pour maintenir l’élan de cette participation, notre pays dispose d’un centre d’Entrainement aux Opérations de Maintien de la Paix qui ambitionne de devenir un Centre Sous Régional avec l’appui technique et financier de nos partenaires.

Mesdames et Messieurs ;

La construction des armées nationales fortes en Afrique se heurte au contraste existant entre la volonté politique des dirigeants et les capacités économiques des Etats.

Cette situation est aggravée par les crises de tous genres qui agitent le monde, d’autant plus que l’adaptation des équipements des armées au nouveau contexte sécuritaire souffre de l’insuffisance de moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des Lois de Programmation Militaire élaborées à cet effet.

En conséquence, de nombreuses armées africaines sont dans l’incapacité de gérer par elles-mêmes les moindres menaces sécuritaires, compromettant ainsi la stabilité socio-économique et politique de leurs pays, avec des incidences dommageables à l’ensemble de la communauté internationale.

D’où l’obligation de la mutualisation plus accrue des efforts de toute la communauté internationale au-delà des idéologies et de la géopolitique.

Ceci est la seule alternative qui peut amener le monde à vaincre les forces du mal qui s’identifient par la radicalisation, la guerre, la violence, la terreur, le trafic de tous genres.

C’est pourquoi l’Afrique, en plus de la nécessité de la montée en puissance des armées nationales, a une préoccupation longtemps exprimée, de création et d’opérationnalisation d’une force en attente de l’Union Africaine avec des composantes sous régionales.

Il est évident que la montée en puissance d’une telle force permettrait au continent africain de disposer des unités d’intervention capables de prévenir ou de gérer efficacement toutes les situations de conflits qui déstabilisent nos Etats.

La matérialisation de telles initiatives nécessite une coopération militaire multidimensionnelle plus renforcée entre les pays africains et les puissances militaires comme la Russie en termes de renforcement de capacités en matière de  formation et surtout d’équipements majeurs adaptés au contexte sécuritaire actuel.

Cette approche permettrait aux grandes puissances d’économiser les moyens mobilisés pour leurs interventions militaires d’urgence visant à sauver les Etats africains du péril terroriste, tel que l’opération Serval’’ au Mali.

Cette nouvelle forme de coopération militaire appelée de tous les vœux par l’Afrique, devrait trouver aujourd’hui un écho favorable auprès des puissances militaires à travers des rencontres comme la conférence de Moscou sur la sécurité internationale.

Mesdames et Messieurs,

Au regard de tous les facteurs qui génèrent les conflits,la restauration de la sécurité internationale et la consolidation de la paix doit aussi inclure une nouvelle forme de coopération internationale axée sur l’accroissement de l’appui au développement économique et technique aux Etats africains.

C’est dire que la coopération avec les puissances militaires doit tendre désormais vers cette réalité implacable, pour que les efforts de lutte pour la consolidation de la paix revêtent un caractère efficace et durable.

L’amélioration des conditions de vie des populations par la réduction des disparités et le partage de la prospérité sont autant de facteurs qui peuvent empêcher les couches défavorisées de se radicaliser, de se masser aux portes de l’Europe ou de s’enrôler dans des confits qui ne sont souvent pas les leurs.

Sans avoir été exhaustif, je voudrais terminer mon intervention sur une note d’espoir en faveur de la prise en compte de cette nouvelle conception de la coopération en vue de mieux faire face aux défis sécuritaires contemporains.

Je réaffirme ici, la disponibilité de mon pays à dynamiser chaque jour davantage cette coopération avec la Fédération de Russie dans le cadre de la préservation de la paix, de la stabilité et de la sécurité internationale pour l’intérêt supérieur des Etats et des Peuples.

Vive la coopération internationale,

Vive la paix et la sécurité internationale,

Je vous remercie, pour votre aimable attention !

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Mauritanie : coup de semonce contre l’alternance !

24 juin 2021 à 7 07 08 06086
Mohamed Ould Abdel Aziz

Comme dit l’adage, nul n’est au-dessus de la loi. Et nul n’a le droit de faire la promotion de l’impunité. Ce fléau étant la porte ouverte à la récidive. Cependant, l’arrestation de l’ancien président mauritanien constitue une chasse aux sorcières qui est de nature à compromettre les alternances politiques en Afrique. Plus particulièrement au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.

Il est évident que si le nouveau prisonnier voulait, il pouvait s’accrocher au pouvoir. Il est aussi évident que s’il savait le sort qui lui serait réservé par son successeur, il aurait préféré, comme beaucoup d’autres de ses pairs, mourir au pouvoir. Nombre de chefs d’Etat du continent veulent bien quitter le pouvoir. Mais ils sont hantés par l’idée de « l’après pouvoir ».

Le harcèlement de Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a finalement abouti à son arrestation, constitue, à n’en pas douter, un élément dissuasif pour les chefs d’Etat en exercice de quitter le pouvoir. C’est pourquoi, il est impérieux de défendre l’ancien président dont la place n’est pas en prison mais plutôt dans les tribunes d’honneur. Parce que le courage dont il a fait preuve est celui des grands hommes.

Encore une fois, il faut combattre l’impunité. Même si ce sont les hommes politiques, et en premier lieu les chefs d’Etat qui commettent les délits ou les crimes. Mais certaines infractions sont plus graves que d’autres. Un homme coupable d’un délit économique ne doit pas être traité au même titre qu’un autre qui a commis un crime. Or pour le cas d’espèce, l’infortuné est accusé de corruption.

Pendant ce temps, un autre ancien chef d’Etat, celui-là soupçonné de crime contre l’humanité, est acquitté par la plus haute juridiction internationale. Et au nom de la réconciliation nationale, son pays s’apprête à emboiter le pas à la CPI pour le blanchir. Voilà pourquoi les démocrates africains doivent défendre l’ancien président mauritanien. Même si ce dernier n’est pas blanc comme neige, la chasse aux sorcières engagées contre lui va dissuader nombre de chefs d’Etat à réfléchir deux fois avant d’abandonner le pouvoir.

C’est autant dire que, comme Mohamadou Issoufou du Niger, Mohamed Ould Abdel Aziz doit être protégé par la loi. Si les présidents en exercice savent qu’après la présidence c’est la prison, il faut dire adieu à l’alternance. Ils préféreront mouvoir l’arme à la main que l’humiliation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Non-paiement des bourses d’entretien : les étudiants guinéens au Maroc manifestent à Rabat

22 juin 2021 à 11 11 58 06586

Les étudiants guinéens au Maroc ont mis à exécution leur menace. Ils se sont rassemblés ce mardi matin, 22 juin 2021, devant l’ambassade de Guinée au Maroc, à Rabat, pour se faire entendre. Ils manifestent contre le non-paiement de leurs bourses d’entretien des deux premiers trimestres de l’année en cours, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon nos informations, les boursiers guinéens au Maroc n’ont pas reçu leurs bourses d’entretien des six derniers mois (de janvier à juin 2021). Après avoir mené plusieurs démarches pour rentrer en possession de leur dû, sans succès, l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc a décidé de recourir à la rue pour se faire entendre. C’est ainsi qu’à l’appel de l’ASEGUIM, plusieurs boursiers se sont rassemblés ce mardi 22 juin devant l’ambassade de Guinée, à Rabat, pour réclamer le paiement de leurs bourses. Mais la police ma

« Depuis le 4 juin dernier, nous sommes rentrés en grève. Et puisque nous n’avons eu aucune réaction de la part de nos autorités, nous avons décidé de venir sur le terrain aujourd’hui. Ils sont en train de faire la sourde oreille. Nous n’avons pas d’armes, nous ne sommes pas venus ici pour faire ici pour attaquer l’ambassade ni pour faire de la violence. Nous sommes venus tout simplement pour chercher à accéder à l’ambassade et exprimer notre cri de cœur dans les règles de l’art », a expliqué Souleymane Sidibé, président de l’association des stagiaires, élèves et étudiants guinéens au Maroc.

Les étudiants guinéens déplorent la réaction des autorités de l’ambassade de Guinée au Maroc face à leur mouvement de protestation. « Nous avons trouvé 2 véhicules de la police devant l’ambassade. Après, il y a eu 3 autres qui sont venus, portant à 5 le nombre de véhicules de policiers. Au lieu de nous recevoir, les autorités de l’ambassade mettent des étrangers devant nous pour bloquer l’accès à notre ambassade, notre propre territoire.

Il y a même certaines filles parmi nous qui ont déjà été violentées par la police. Des pauvres étudiants se font tabasser par la police sous l’ordre de l’ambassadeur guinéen. Nous sommes prêts à passer toute la journée et même la nuit ici s’il le faut, mais nous allons rentrer dans cette ambassade dans la paix et la sérénité », assure Souleymane Sidibé.

A rappeler que les mouvements de protestation sont devenus une coutume pour les boursiers guinéens au Maroc. Chaque année, ces étudiants sont obligés de manifester dans la rue pour réclamer le paiement de leurs bourses d’entretien.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Sécurité internationale : Dr. Mohamed Diané à la 9ème Conférence de Moscou

21 juin 2021 à 18 06 37 06376
Dr. Mohamed Diané, ministre de la Défense nationale

La Russie voit grand en invitant près de 130 pays à participer à la 9ème Conférence de Moscou sur la sécurité internationale qui s’ouvre ce mercredi 23 juin 2021 dans la capitale russe. 

La délégation guinéenne à cet important sommet est conduite par le ministre de la Défense nationale, Dr. Mohamed Diané. Il profitera de l’occasion pour s’entretenir avec certains de ses homologues autour des enjeux sécuritaires du moment. 

La Guinée, engagée militairement au Mali sous bannière onusienne dans la lutte contre le terrorisme, apporte son expertise à la conférence de Moscou pour discuter avec ses partenaires des modalités de renforcement de la sécurité pour tous.

Par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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