Cancer de la peau : causes, symptômes, traitement… Prof. Bangaly Traoré à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 38 05385
Professeur Bangaly Traoré, chef service de cancérologie Oncologie de l’Hôpital national Donka, basé à l’hôpital Jean Paul II

Bien que peu connue de nos concitoyens, le cancer de la peau gagne du terrain en Guinée et préoccupe de plus en plus de personnes. Cette maladie qui affecte les cellules de la peau de l’Homme, peut conduire parfois jusqu’à l’amputation du membre atteint. Mais, qu’est-ce qui entraîne ce cancer et comment le guérir ? Ce sont là entre autres les questions que Guineematin.com a posées au Professeur Bangaly Traoré, chef service de chirurgie oncologie à l’hôpital national Donka, qui nous a accordé une interview. Nous vous proposons ci-dessous notre entretien.

Guineematin.com : le cancer de la peau est une préoccupation de beaucoup de personnes dans notre pays. Parlez-nous de cette maladie qui reste encore peu connue dans notre pays.

Professeur Bangaly Traoré : merci de me donner l’opportunité de parler d’un sujet aussi important que le cancer de la peau. Le cancer de la peau est un ensemble de maladies caractérisées par une multiplication cellulaire anarchique des différentes cellules qui composent la peau. Donc la peau est un constituant de plusieurs types de cellules et chacune de ces cellules peut être le siège de développement du cancer. Donc en fonction des types de cellules affectées, on parlera des types de cancer.

Guineematin.com : qu’est-ce qui est à la base du cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : contrairement à certaines maladies, en matière de cancérologie, on ne parle pas de causes. Plutôt on parle de facteurs favorisant parce qu’il n’y a pas de relations de causes à effets. Donc il peut y avoir du cancer et que pour ce cancer, il y ait un ou plusieurs facteurs. Alors, il y a des cancers dont on n’a pas identifié les causes. Pour le cancer de la peau, le facteur principal, c’est l’exposition solaire parce que la peau c’est l’écran, c’est l’enveloppe qui protège notre organisme. Alors, l’exposition au soleil entraîne des lésions ou des brûlures chroniques au niveau de la peau. Si ces lésions ne sont pas réparées, les cellules vont être atteintes et on va assister au développement du cancer. Donc c’est le principal facteur.

Ensuite, il y a des facteurs chimiques qui sont liées à des produits chimiques. C’est notamment tout hydrocarbure aromatisé polycyclique. Tous les produits contenant des hydrocarbures aromatisés polycycliques tels que le goudron peut entraîner l’apparition du cancer de la peau. Il y a également des produits comme l’alchimique qui étaient autrefois fabriqués pour traiter certaines lésions de la peau. Ces produits sont considérés comme des produits cancérigènes. Nous avons la consommation du tabac. Il y a également les facteurs infectieux notamment l’infection par le virus du papillome humain qui est d’espèce humaine de type 8, qui est aussi un virus d’opportuniste et qui ne se développe presque pas chez le sujet immunocompétent, donc qui se voit fréquemment chez le sujet infecté par le VIH. Ce virus entraîne surtout le cancer de sarcome de kaposi.

Alors, il y a des lésions précancéreuses de la peau qui sont des lésions qu’on considère comme des maladies cutanées préexistantes, qui constituent le siège de développement des cancers de la peau. Il y a des lésions asthéniques, c’est-à-dire ce sont des séquelles des brûlures entraînées par l’exposition solaire, donc qui constituent les toutes premières lésions avant l’apparition du cancer. Il y a des lésions en Afrique surtout, ce sont des lésions cancéreuses sur les cicatrices des brûlures, des anciennes cicatrices et des ulcères chroniques non traités, donc il peut y avoir l’apparition du cancer de la peau.

Il y a également des maladies génétiques qui prédisposent au développement du cancer de la peau tel que l’albinisme. Chez les albinos, il y a un défaut de pigmentation de la peau. Donc c’est ce qui fragilise leur peau vis-à-vis de leur exposition au soleil. Il des sujets, heureusement que c’est une maladie rare, qui ne réparent pas les lésions cutanées provoquées par le soleil. Ce sont des sujets atteints des xeroderma pimentosum qui est une maladie très rare dont les sujets ne réparent pas les lésions provoquées par le soleil et qui font le cancer de la peau à 100%. C’est-à-dire c’est sont ces sujets-là qui n’ont la paix que lorsqu’ils ne sont pas exposés à la lumière ou aux rayons solaires. Il y a aussi des taches noirâtres au niveau de la peau qui, une fois exposées au soleil ou victimes de microtraumatisme, peuvent avoir le cancer de la peau.

Guineematin.com : quels sont les signes de manifestation du cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : il faut considérer que toute lésion, toute ulcération, tout bourgeon de la peau doit être considéré jusqu’à preuve contraire comme un cancer de la peau. Le plus souvent, surtout en Afrique, une plaie qui siège au niveau de la jambe qui ne cicatrice pas pendant plus de trois semaines doit être considérée comme une lésion cancéreuse. Lorsque la plaie persiste pendant longtemps, il y a une transformation cancéreuse. Lorsque sur une cicatrice apparaît une plaie qui ne guérit pas pendant plus de 3 semaines, ça aussi ça doit être considéré comme un cancer de la peau. Lorsqu’on a une tache noirâtre quelle que soit sa localisation, qui change de taille, d’aspect, qui s’ulcère, qui saigne, c’est un cancer de la peau que l’on peut considérer jusqu’à preuve de contraire.

Guineematin.com : est-ce que le cancer de la peau est-il guérissable ? si oui, comment se fait le traitement ?

Professeur Bangaly Traoré : c’est un des cancers qu’on peut guérir pratiquement à 100%, à condition que ces maladies soient vues à un stade précoce. La probabilité de guérison dépend des types de cancers. Il y a des cancers qui n’ont qu’une évolution locale c’est-à-dire qui ne se disséminent pas au niveau de l’organisme. Malheureusement, ces types de cancers ne sont pas fréquents chez nous les noirs. C’est un cancer qui est surtout trop fréquent dans la peau blanche. Les autres des cancers, sont des cancers qui ont des évolutions différentes qui peuvent, en fonction de leur stade, être traités.

Le traitement du cancer, quel que soit son emplacement, dépend de son stade de découverte et des moyens mis en place pour son traitement. Parmi les moyens que nous développons sur place, il y a la chirurgie, la chimiothérapie, les traitements médicaux du cancer. Il y a un volet important, le traitement qui nous aide pour optimiser le résultat chirurgical par exemple, c’est la radiothérapie mais qui malheureusement, jusque-là, n’est pas disponible dans notre pays. Parlant du traitement du cancer cutané, il y a l’intervention chirurgicale qui va de la plus simple des chirurgies, c’est-à-dire l’ablation de la fermeture de la plaie, l’ablation de la tumeur avec le développement des artifices pour pouvoir fermer la plaie. Ça c’est la chirurgie plastique.

Il y a aussi l’ablation de la maladie de la façon la plus étendue. Par exemple, des gens qui ont des cancers au niveau des membres, avec un envahissement de toutes les structures de la jambe tels que les os, les muscles, si on doit enlever ces cancers de façon vraiment carcinologique, enlever de façon totale, on est obligé de faire l’amputation, la désarticulation du segment du membre concerné. Donc il y a la chirurgie mineure et la chirurgie majeure. Chaque type de chirurgie est fait au cas par cas en fonction du type de patient avec toutes les conditions que je viens de citer. Il y a la chimiothérapie, ce sont des médicaments anticancéreux qu’on donne, pour traiter la maladie quand elle a surtout évolué.

Guineematin.com : y a-t-il des précautions, c’est-à-dire des comportements qu’on peut adopter et qui peuvent nous éviter d’attraper le cancer de la peau ?

Professeur Bangaly Traoré : c’est de se référer tout simplement aux facteurs favorisant l’exposition au soleil. Donc éviter au maximum de s’exposer au soleil surtout quand on a une peau fragile. Je prends l’exemple des albinos, les gens qui réparent difficilement les lésions provoquées par le soleil, ils doivent éviter l’exposition solaire prolongée. Il faut également éviter de consommer le tabac, consommer beaucoup de fruits et de légumes, consommer moins gras, pratiquer du sport. Cela va permettre de renforcer la capacité de résistance au niveau de l’organisme vis-à-vis de ces facteurs-là. En dehors de ça, il faut traiter les ulcères, les plaies chroniques. Il faut les traiter pour éviter le cancer de la peau. Surveiller la peau des personnes qui sont fragiles tels que les albinos, et il faut également surveiller les anciennes cicatrices des brûlures.

Guineematin.com: est-ce que vous disposez de statistiques en la matière dans votre service ?

Professeur Bangaly Traoré : je ne vous donnerai pas de chiffres de façon très globale parce qu’il y a différents types de cancers. En général, dans mon service de cancérologie qui est la référence dans le traitement des différents cancers, de tous sites confondus, le cancer cutané constitue pratiquement le 6ème cancer, la 6ème cause de consultation dans notre unité. Et quand on entre là-dedans, on verra qu’il y a différents types de cancers.

Ce que je vais dire enfin, c’est qu’on peut détecter précocement le cancer de la peau en surveillant par exemple les personnes qui ont des peaux fragiles, tels que les albinos, en évitant la dépigmentation, et consulter le plutôt que possible dès qu’on voit apparaître une ulcère chronique sur une cicatrice. Donc, il faut surveiller et détecter les lésions précancéreuses.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622 91 92 25/666 91 92 25

Lire

Avantages et inconvénients des contraceptifs : Dr Abdourahmane dit tout à Guineematin

26 mai 2019 à 14 02 18 05185
Docteur Abdourahmane Diallo, spécialiste en Gynécologie-obstétrique au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Ignace Deen et enseignant à la faculté de médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry

L’usage de contraceptifs devient de plus en plus répandu dans notre pays au niveau de la couche féminine en âge de procréer. Les campagnes de sensibilisation menées dans ce sens, visant entre-autres à espacer les naissances, gagnent du terrain lentement mais sûrement.

Pour parler de la conception, de ses avantages et inconvénients, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu avec le Docteur Abdourahmane Diallo, spécialiste en Gynécologie-obstétrique au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Ignace Deen et enseignant à la faculté de médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Guineematin.com : qu’est-ce que la contraception et quelle est son importance ?

Dr Abdourahmane Diallo : la contraception, c’est l’ensemble des précautions qu’on observe pour avoir des relations sexuelles et éviter d’avoir une grossesse. La contraception joue un rôle capital dans la vie d’une femme, d’une famille, de la société, de tout un pays. Elle a plusieurs avantages. D’abord pour la mère, parce que vous savez que lorsqu’on prend une grossesse en un âge très jeune, donc à un moment où on est encore immature, on n’a pas la maturité qu’il faut, le risque pour la mère et pour l’enfant est extrêmement important. Donc, il y a des avantages d’abord sur le plan sanitaire. Le risque pour les enfants de mourir, est très important. Pour la mère aussi, c’est très important, lorsque la grossesse intervient à un âge très jeune, donc avant même l’âge de 18 ans. Lorsqu’on prend des grossesses en âge également très avancé, le risque d’avoir des complications et de mourir est très grand, et pour la mère pour l’enfant. Lorsqu’on fait des enfants à chaque moment, des enfants très rapprochés, ça constitue aussi le risque de décès maternel et même infantile. Ou alors, lorsqu’on fait trop d’enfants, des grossesses nombreuses, tous ces facteurs peuvent être évités par l’utilisation de la contraception. Donc, vous voyez que la contraception contribue à améliorer la santé de la mère et de l’enfant aussi. Sur le plan économique, il y a des dépenses. Quand il y a des maladies, le père de famille aussi a des problèmes. C’est lui qui prend en charge ce problème. Dans le pays également, lorsqu’il y a trop d’enfants, il y aura trop d’enfants à soigner, trop d’enfants à nourrir, trop d’enfants à scolariser et ça, ça continue à accentuer la pauvreté même dans le pays.

Guineematin.com : quelle sont les personnes qui doivent prendre des contraceptions ? Combien de types de contraceptifs existe-t-il ?

Docteur Abdourahmane Diallo : toutes les femmes en période d’activité génitale peuvent prendre les contraceptifs, pour qu’elles puissent avoir le nombre d’enfants qu’elles souhaitent, au moment aussi qu’elles souhaitent avoir cet enfant. Donc, c’est toutes femmes, il n’y a pas une catégorie particulière Toutes les femmes en âge de procréer, qui ne souhaitent pas avoir un enfant, mais qui souhaitent avoir un rapport sexuel, peuvent utiliser une méthode contraceptive. Il y a plusieurs méthodes de contraceptifs, parmi ces méthodes, il y a des méthodes que nous appelons les méthodes hormonales, qui se présentent sur plusieurs formes. Certains contraceptifs hormonaux sous forme de comprimés qu’on appelle les pilules. Il y a des méthodes hormonales, d’autres se présentent sous forme injectable. Il y a aussi des implants, c’est des petits bruns qu’on place sous la peau sur la face interne du bras gauche de la femme. Il y a aussi des méthodes qu’on appelle les méthodes de barrières, ce sont des méthodes qui empêchent les femmes d’être en contact avec le sperme du conjoint. C’est notamment les condoms, appelés préservatif ou capote, il y a en pour les hommes et les femmes. Il y a aussi les diaphragmes, c’est des petits dispositifs ou la carte que la femme peut placer dans son appareil avant le rapport sexuel pour ne pas qu’elle soit en contact avec le sperme… Parmi ces méthodes modernes, on a parlé des méthodes, il y a des méthodes variées et mécaniques, notamment le dispositif intra-utérin, c’est un type d’appareil qu’on met dans l’utérus de la femme et qui la protège contre la grossesse pendant 12 ans… Il y a la méthode de l’abstinence périodique, il y a la méthode de l’allaitement maternel, chez une femme qui a accouché, dont le bébé est âgé de moins de 6 mois qui n’a pas encore revu ses règles et qui ne pratique que l’allaitement, est protégée contre la grossesse jusqu’à ce que l’enfant ait l’âge de 6 mois. Mais, s à condition qu’elle pratique l’allaitement maternelle exclusif

Guineematin.com : l’utilisation de contraceptifs n’a-t-elle pas d’inconvénients à la longue ?

Docteur Abdourahmane Diallo : oui, ces méthodes contraceptives là ont des effets qu’on appelle des effets indésirables. Les contraceptifs ont des avantages, ils ont aussi des effets indésirables. Il y a certaines méthodes qui peuvent perturber leur cycle menstruel, soit provoquer l’absence, ou peut faire que la femme saigne quelque fois de façon rapprochée, chaque fois elle fait des petits saignements. Mais, c’est des effets qui sont réversibles. Si vous comparez les inconvénients de ces effets aux avantages qu’on a cités plus haut, par rapport a une grossesse indésirable, qui conduit souvent les femmes même à pratiquer les IV (Interruption Volontaire de grossesse), des avortements provoqués avec toutes les conséquences que cela comporte. Mais, vous verrez que les avantages sont nettement supérieurs aux effets indésirables. Mais, les pilules par exemple même sont utilisées pour soigner quelques problèmes, tel que quand il y a certaines femmes qui ont des troubles menstrues, chez certaines femmes qui n’arrivent pas à avoir des enfants, on utilise ses pilule. Il y en a qui font grossir. Certaines femmes, quand elles prennent des pilules, elles peuvent augmenter de poids. Et les inconvénients, c’est qu’elles ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH.

Guineematin.com : quels sont les aliments ou les produits à ne pas consommer pendant l’utilisation des contraceptifs ? Est-ce que les filles qui se marient en âge avancé peuvent avoir des complications pour faire des enfants ?

Docteur Abdourahmane Diallo : tous les aliments néfastes à la santé doivent être évités quand on prend des contraceptifs. Il est déconseillé de prendre du tabac ou de l’alcool. Vous savez, la fertilité de la femme diminue beaucoup à un âge avancé, notamment à partir de 35 ans. La chance pour la femme d’avoir un enfant devient très faible à cet âge, mais c’est possible. Seulement, elle n’a pas les mêmes chances comme si elle cherchait à avoir un enfant quand elle avait l’âge de 20 ans par exemple. Après 35 ans, le risque est l’hypertension au cours de la grossesse, le risque de développer le diabète au cours de la grossesse est très élevé. Ces deux pathologies aussi ont d’autres complications qui sont extrêmement graves, sans oublier aussi le risque que l’enfant développe la malformation est très élevée lorsque la mère est âgée de plus de 35 ans. Certaines malformations sont très graves.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Lire

Vaccination contre la fièvre aphteuse : le ministre de l’élevage lance la campagne à Boké

24 mai 2019 à 17 05 12 05125

La campagne nationale de vaccination contre la fièvre aphteuse a été lancée ce vendredi, 24 mai 2019 à Denken, localité de la sous-préfecture de Kolaboui, dans la préfecture de Boké. C’est le ministre de l’Elevage, Roger Patric Millimono qui a présidé la cérémonie, en présence des autorités locales et des partenaires techniques et financiers, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com qui était sur place.

Ansoumane Zito Coumbassa

Dans son discours de bienvenue, Ansoumane Zito Coumbassa, maire de la commune rurale de Kolaboui, a indiqué que la population de sa circonscription est à majorité agro-pastorale et l’élevage constitue la seconde activité après l’agriculture. Et selon lui, l’élevage à Kolaboui a été confronté à de sérieuses difficultés ces jours-ci, à cause de cette fièvre aphteuse. « La maladie à fièvre aphteuse a provoqué d’importantes pertes économiques au niveau des éleveurs à cause de sa contagiosité, des difficultés liées au traitement et de notre système d’élevage. Nous espérons qu’avec cette campagne de vaccination, qui est le seul moyen de lutte efficace contre la maladie, des milliers de bovins pourront être sauvés. Et que par conséquent, elle contribuera significativement au développement de l’élevage à Boké en général et particulièrement à Kolaboui », a-t-il dit.

Dr Doré Molou

De son côté, Dr Doré Molou, directeur national adjoint des services vétérinaires, a souligné que cette épidémie de fièvre aphteuse frappe le cheptel guinéen depuis mai 2018. A ce jour, dit-il, ce sont 27 préfectures qui sont touchées avec des taux élevés de mortalité et de morbidité. « Les répercussions économiques de cette maladie sont significatives. Cette crise sanitaire provoquée par la fièvre aphteuse a entraîné la fermeture des principaux marchés à bétail dans les zones affectées, la baisse considérable des superficies cultivées par les bœufs de labour, une perte économique estimée à plus de 2 milliards de nos francs.

Face à la gravité de la situation, le ministère de l’élevage a adressé une requête de financement à ses partenaires pour faire face en urgence et organiser la riposte. Cette requête a été favorablement accueillie par les partenaires et plusieurs activités ont été réalisées dont entre autres : les missions d’investigation et de diagnostic, qui ont permis de déterminer la stéréotype et la phylogénie du virus aphteuse ; l’élaboration du plan de riposte comportant 5 volets ; l’acquisition de 350 mille doses de vaccins polyvalents contre la fièvre aphteuse », a notamment indiqué le directeur national adjoint des services vétérinaires.

Dr Mohamed Hama Garba

Pour sa part, Dr Mohamed Hama Garba, représentant de la FAO en Guinée, a exprimé la satisfaction de son institution d’avoir été associée à toutes les étapes de ce processus de lutte contre la fièvre aphteuse dans notre pays. « En effet, dès l’éclatement des premiers foyers de la fièvre aphteuse, la FAO a été sollicitée pour apporter une assistance technique à la Guinée. C’est dans ce cadre que nos équipes techniques se sont mobilisées aux côtés de celles de votre département, pour produire tous les documents techniques qui soutiennent la recherche d’un tel financement. C’est ainsi qu’un plan d’urgence et un plan de contrôle ont été élaborés. Nous avons ensuite participé à vos côtés à toutes les phases de présentation et de validation des stratégies proposées », a-t-il rappelé.

Ibrahima Magazi

S’exprimant au nom de la Banque Mondiale en Guinée, Ibrahima Magazi a reconnu que cette maladie de fièvre aphteuse a eu de graves conséquences sur le cheptel guinéen (bovins, ovins et caprins), entraînant la perte de 880 têtes de bovins pour les éleveurs. Et, c’est ce qui a poussé son institution à mettre la main à la poche pour assister le gouvernement guinéen, précise-t-il. « Au regard de cette situation sanitaire préoccupante, la Banque Mondiale, à travers ces projets actifs, a accepté de financer le plan d’urgence pour un montant de 1 078 377 (un million soixante-dix-huit mille trois cent soixante-dix-sept) dollars dont 1 028 377 sur le projet REDISSE et 50 000 sur le PASAG pour aider le gouvernement dans les efforts de riposte à la maladie. Cet appui a servi à couvrir les activités de communication, de renforcement de la surveillance de la maladie, d’achat des vaccins, de suivi et supervision de l’opération de riposte et d’application des mesures de police sanitaire », a-t-il expliqué.

Patrick Millimono

Très satisfait de l’engouement des partenaires techniques et financiers que sont la Banque Mondiale et la FAO à accompagner la Guinée dans la lutte contre cette fièvre aphteuse, le ministre de l’élevage a dit son optimisme quant à l’éradication totale de cette maladie dans notre pays. « Cette maladie qui a été constatée en mai 2018, s’est propagée dans 27 préfectures de la Guinée avec des taux élevés de morbidité et de mortalité qui ont affecté près de 72 000 animaux exposés, 7467 cas de suspects et 871 animaux morts. C’est pourquoi, je demande aux éleveurs et leurs organisations professionnelles de se mobiliser pour conférer un succès éclatant aux opérations de vaccination contre la fièvre aphteuse qui, j’espère, sera un lointain souvenir », a dit Roger Patric Millimono.

De Boké, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Dr Abdourahmane Diallo, DG du Partenariat RBM (Roll Back Malaria) : le fils de son père !

24 mai 2019 à 13 01 09 05095

C’est toujours avec beaucoup de fierté qu’un père voit son fils embrasser son métier. Sékouba et Kabinet ont hérité de la voix mâle de l’illustre Sory Kandia Kouyaté ; le Général Sékouba du capitaine Doubani Konaté ; Elhadj Badrou de Thierno Abdourahmane Bah ; Julien de Mamadou Aliou Kéita Njoléa ; Abdourahmane de Docteur Mamadou Saliou Diallo et de Nénédio Souaré, infirmière d’Etat.

Le grand père et homonyme était aussi docteur, mais vétérinaire celui-là. Il a longtemps servi à Youkounkoun en pays Coniagui, et eut des fils remarquablement bien formés : Hadja Néné Gallé ; l’ingénieur des ponts et chaussées, Chérif ; l’administrateur civil, Saïkou Yaya, etc.

Comme on le voit, l’ancien ministre de la Santé de la République de Guinée est né et grandi dans la rigueur d’une éducation et une formation académique assidue estampillée d’excellence, même en dehors du pays où son expertise est sollicitée pour conduire des programmes et projets dans plusieurs pays à travers le monde.

C’est ce qui lui a valu d’arracher, au prix d’un concours auquel cinq cents candidats ont pris part, le poste de responsable de l’ONU-Palu, quelques mois seulement après son départ du gouvernement. Une récompense du mérite dans la perpétuation des valeurs de ces illustres cadres de sa famille paternelle et maternelle dont l’ancrage académique et sociologique en font le creuset de la préfecture de Mali.

Descendant du Kaldouyanké, Thierno Mamadou Cellou, dit Karamoko Alpha Mo Labé, dont l’ardente braise est entretenue par son père, docteur Diallo à travers la fondation Abdourahmane, dégage le profil d’un cadre compétent doté d’une grande intelligence, courtois et humble qui a horreur des souverainetés excessives.

Cette histoire vécue le confirme. Un jour, alors qu’il était Ministre de la Santé, nous avons pris un vol d’Air France au départ de Paris pour Conakry, via Nouakchott, en Mauritanie. Au dessus du détroit de Gibraltar, une passagère arabe, voulant mettre son bébé dans le berceau, le fit maladroitement tomber. Des pleurs incessants s’en suivirent au point que l’équipage n’écarta pas l’idée de faire demi-tour pour atterrir dans la ville espagnole la plus proche. C’est en ce moment qu’une hôtesse commença à se demander s’il n y avait pas un médecin à bord. Je lui fis appel et lui indexa Abdourahmane, dont j’étais séparé de quelques fauteuils seulement en business.

J’ai dit à l’hôtesse que c’était le ministre de la Santé de la République de Guinée, de surcroit mon beau frère (cousin à ma femme), mais de ne pas lui dire qui était son informateur. L’hôtesse alla présenter ses civilités à Abdourahmane qui demanda qu’on lui amena le bébé, toujours en pleurs dont les parents étaient devenus anxieux.

Alors, Abdourahmane tint tour à tour les bras du bébé, le secoua et le posa sur ses genoux. Le bébé arrêta de pleurer et se mit à jouer et nous continuâmes le vol sur Nouakchott où le couple devait descendre avec beaucoup de compliments adressés à Abdourahmane. L’hôtesse me remercia et c’est à travers ces lignes qu’Abdourahmane saura que c’était bien moi l’informateur.

Peut être que la chance d’Abdourahmane, c’est d’être parmi les héritiers d’une longue tradition de la présence de l’école française dans Mali, voulue et surtout entretenue par un chef charismatique, clairvoyant et visionnaire, Thierno Chérif Yembéring. Ce chef de canton, tout comme Alpha Saliou Porédaka (Mamou), avait très tôt compris qu’il fallait aller apprendre à « souder le bois au bois », comme l’a écrit cheik Hamidou Kane, dans son roman « l’Aventure ambiguë ».

C’est pourquoi, Yembéring et Porédaka portèrent le nom flatteur de « quartier Latin » du Fouta Djallon et l’illustrèrent par le mariage entre le brillant Boubacar Telli Diallo et Nénan Kadiatou Sampiring Diallo.

Ils prirent d’assaut, par centaines, l’école française et furent des cadres dans tous les domaines de la vie nationale : le ministre des travaux publics, Cellou Bamba ; le brillant magistrat, Abdoul Ghadiri Wora, docteur Souleymane ; l’ingénieur, Alimou Diallo ; les cousins d’Abdourahmane : Mamadou Saliou ; Aissatou Tidiane, docteur et fonctionnaire internationale ; Binta Tidiane, Ousmane Hafia, l’autre Abdourahmane, la liste est longue de ces fils et filles des cantons de Dougountouny, Yembéring et Madina Wora, à aristocratie régnante Kaldouyanké dont les compétences avérées font l’unanimité, contrairement à bien des cantons du Fouta Djallon.

Et ce n’est pas tout, car Abdourahmane a tété le savoir au sein d’une mère issue d’une prestigieuse famille maraboutique : les Souaré. Celle du Premier ministre, Ahmed Tidiane Souaré ; du ministre et ancien basketteur international, Ousmane Souaré ; de l’inspecteur des douanes, Minkael Souaré, en alliance familiale avec les Tounkara, celle du ministre des Sports du triplé du Hafia77, Manma Tounkara, des Sacko et des Dieng, la descendance du chef de canton de mali-centre, Alpha Mamadou Cellou Dieng, le père de l’historien-archéologue Ousmane Dieng, et grand père maternel du cardiologue, le professeur Dadhi Baldé. Non loin de là, Somba, le village du boxeur-député Lansana Béa Diallo.

La caravane du savoir prend tout Mali, jusqu’à Donghel Sigon, Salambaldé, Fougou, Hidaya, Lébékeré et Balaki.

C’est donc ces terres labourées par la charrue de l’histoire, ensemencées des graines du pouvoir et du savoir qui sont celles de l’éminent médecin et fonctionnaire du Système des Nations Unies. Abdourahmane Diallo, un des guinéens qui fait merveilleusement bien la fierté de la Guinée. Peut-être, comme le président Abdou Diouf, il n’a jamais traversé la rue pour acheter une miche de pain chez le boutiquier. Il tient une planchette du coran sur les genoux un livre dans les bras ou encore une plume dans l’encrier.

Rien à dire. Quand on a tété le savoir au sein et à la barbe de si valeureux parents, appartenant à deux emblématiques familles, on ne peut faire autrement ni être autre chose que soi-même.

Amadou Diouldé Diallo

Journaliste-historien

Lire

Soutien au Syli national : la contribution du gouverneur et du préfet de Labé

24 mai 2019 à 9 09 42 05425

La campagne de collecte de fonds en faveur du Syli national qui doit participer à la prochaine CAN de football a été officiellement lancée hier jeudi, 24 mai 2019. C’est le préfet et le gouverneur de Labé qui ont donné le ton en apportant leur part de contribution, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

C’est dans la salle de conférence de la préfecture de Labé que la cérémonie de lancement de cette campagne a eu lieu. L’objectif est de mobiliser des fonds pour soutenir la participation de l’équipe nationale de Guinée à la Coupe d’Afrique des Nations de football, prévue du 21 juin au 19 juillet prochain, en Egypte.

C’est le préfet de Labé, Elhadj Safioulaye Bah, qui a été le premier contributeur. Il a offert un montant de 1 000 000 (un million) de francs guinéens. Le gouverneur de la région administrative de Labé, Elhadj Madifing Diané, lui a emboité les pas en contribuant à hauteur de 200 000 (deux cent mille) francs.

Le préfet en a profité pour s’adresser à la commission chargée de collecter les fonds. « Je voudrais que chacun sache que ce que vous représentez est apolitique. Le Syli national est une institution autour de laquelle, nous nous retrouvons tous. Que personne dans un manteau de partisan ne puisse vous détourner du travail qu’on vous a confié. La Guinée est qualifiée pour la coupe d’Afrique des nations, c’est une très bonne chose. Et c’est certain, notre soutien s’en ressentira.

Quand vous sillonnerez la ville, dans les différentes entreprises que vous visiterez, nous passerons notre mot à chacun pour qu’ils vous accueillent. Quel que soit le montant qu’ils vous donnent, sachez que cela sera donné du fond du cœur. Ici à la préfecture, nous avons trouvé un montant que nous allons mettre dans cette caisse. Et nous espérons que cette caisse sera très grosse à la fin. Tout ce qui sera fait, c’est pour soutenir le Syli national. Vous expliquerez cela aux citoyens », a dit le préfet.

A l’issue de cette campagne, les fonds collectés seront mis à la disposition de la Fédération Guinéenne de Football.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Lire

Lutte contre le VIH/SIDA : un nouveau centre de prise en charge inauguré à Dubréka

23 mai 2019 à 16 04 31 05315

La préfecture de Dubreka vient de bénéficier d’un nouveau centre de prise des personnes atteintes du VIH/SIDA. Il a été construit par la communauté de Sant’Egidio dans le cadre de son projet DREAM, sur financement du japon. Ce centre clinique (DREAM) a été inauguré ce jeudi, 23 mai 2019. La cérémonie a connu la présence des autorités communales et religieuses de Dubreka, des ambassadeurs du Japon et d’Italie en Guinée et de la représentante de l’ONUSIDA en Guinée notamment, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com qui était sur place.

Initié par la communauté de Sant’Egidio, le projet de construction de ce centre DREAM de Dubreka a été financé par le gouvernement japonais à hauteur d’environ 922 000 000 francs guinéens. Le bâtiment comprend 4 salles, 2 cabinets, une pharmacie, un magasin, 6 latrines et un forage. Il permettra de traiter 100 patients atteints du VIH/SIDA par an.

Fatoumata Sylla

A l’occasion de la cérémonie inaugurale, Fatoumata Sylla, coordinatrice des centres DREAM en Guinée, a indiqué que la construction de ce centre a été motivée par la forte demande. Selon elle, l’idée de la construction d’un tel centre à Dubreka, vise à rapprocher DREAM des patients dont le nombre augmente de jour en jour. « Depuis 2006, nous sommes en Guinée. Et, les patients viennent de partout en Guinée : N’zérékoré, Boké, Boffa, bref de toutes les régions.

Donc, vu nos petits moyens, on a jugé nécessaire d’aller à la rencontre des patients. C’est-à-dire, faire en sorte que les patients ne viennent pas de si loin pour se faire soigner jusqu’à Conakry. Donc, c’est pour permettre aux patients qui quittent vers Boké, Boffa, Fria, d’être ici, prendre les médicaments, faire les examens et retourner dans leur ville. Donc, c’est ce qui nous a motivé, avec l’appui du Japon et de l’ONUSIDA, à ouvrir ce centre ici à Dubréka », a-t-elle expliqué.

Mme Cristina Canneli

De son côté, Cristina Canneli, directrice du projet DREAM de Sant’Egidio, a dit que « ce centre constitue pour nous un nouveau départ. La préfecture de Dubreka compte à ce jour 300 patients. C’est petit, mais c’est grand. Il faut dire aussi que soit dans l’évangile, mais aussi dans le coran et dans la tradition juive, nous savons que quand on sauve une seule vie humaine, c’est comme si on a sauvé toute l’humanité. Donc, nous pensons que 300 personnes atteintes du VIH/SIDA, c’est un grand nombre. Et nous voulons élargir l’accès à tous ceux qui ont besoin de traitement et l’offrir gratuitement. La construction de ce centre ici nous permettra de donner des soins aux malades presque tous les jours de la semaine », a-t-elle annoncé.

SE Hideo MATSUBARA

Pour sa part, S.E Hideo MATSUBARA, ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Japon en Guinée, a souligné que le financement de ce projet, d’une valeur d’environ 922 000 000 de francs guinéens, a été rendu possible grâce au contribuable japonais. « C’est la communauté Sant’Egidio ACAP qui a soumis la requête de ce projet auprès de notre ambassade. Et, c’est cette association qui a suivi sa mise en œuvre tout au long de sa réalisation, et qui a fourni le terrain, les équipements et le mobilier. La mise en œuvre de ce projet permettra de traiter 100 patients atteints du VIH-SIDA par an. En outre, il sert de plaque tournante pour les activités d’orientation en matière de nutrition et de sensibilisation à la santé dans la communauté locale. Au total, 5000 résidents cibles en bénéficient (…). Il s’agit pour le Japon à travers ce projet, de poursuivre son appui au renforcement des services sanitaires de base. Ceci fait partie du pilier, promouvoir des systèmes de santé résilients pour la qualité de vie : Afrique résiliente, défini en commun par le Japon et les pays africains, dont la Guinée, lors de la 6ème conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD 6) », a dit le diplomate japonais.

Elhadj Alsény Bangoura

Très content de la construction de ce centre DREAM dans sa commune, Elhadj Alsény Bangoura, le maire de Dubreka, a remercié toutes les personnes qui ont permis la réalisation dudit projet. Il a promis de sensibiliser les populations afin qu’elles puissent venir faire leur test de dépistage. « C’est un réconfort moral pour nous. Pour nous, quand on vient secourir les gens, quand on vient pour améliorer l’Etat de santé de ma population, c’est une grande joie pour moi. Surtout le fait que ma commune soit choisie pour abriter ce centre. Nous allons sensibiliser les gens, nous allons faire en sorte que les gens viennent se faire dépister. Parce que quand on entend VIH/SIDA, les gens ont peur. Pourtant, il faut venir. En y allant, on préserve sa santé mais aussi la santé de ceux qui ne viennent pas mais qui peuvent être susceptibles d’être contaminés. Donc quand les gens viennent, c’est que ça va protéger certaines personnes qui ne sont pas atteintes, mais aussi soigner, disons protéger ceux qui sont atteints. C’est cet appel qu’on va faire à l’endroit des populations et on le fera avec beaucoup de prudence, avec beaucoup de souplesse », a-t-il promis.

A rappeler que le taux de prévalence du VIH/SIDA en Guinée est de 1,7%, selon les données de 2017-2018.

De Dubreka, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Télimélé : le préfet distribue des vivres à l’hôpital préfectoral

16 mai 2019 à 17 05 26 05265

C’est en compagnie du maire de la commune urbaine, Younoussa Goulgoul Diallo, de la directrice préfectorale de l’action sociale, Kadiatou Alpha Bah, et du directeur préfectoral de la santé, Boubacar Mouminy Diallo, que le préfet de Télimélé, Amadou Sadio Diallo, s’est rendu à l’hôpital préfectoral ce jeudi, 16 mai 2019. Il est passé dans tous les pavillons pour remettre des sachets de riz et de sucre aux agents de santé et aux malades admis dans cet hôpital, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

« On m’a apporté du riz. Je me suis dit qu’il y a des gens malades, alités et couchés en ce moment à l’hôpital sans moyens, aller leur offrir des vivres est une bonne chose. Donc les sacs riz et les sacs de sucre qu’on m’a envoyés, j’ai décidé de partager ça aux malades. C’est pour cela j’ai appelé le DPS pour m’accompagner et distribuer cela moi-même. C’est quelque chose que j’aime faire. Je prie Dieu de me donner les moyens pour pérenniser cela », a dit le préfet, Amadou Sadio Diallo.

Une action vivement saluée par le directeur de l’hôpital préfectoral de Télimélé, Docteur Chérif Amir Haidara. « Selon les informations, c’est la première fois de voir un tel geste ici. Donc nous souhaitons à monsieur le préfet plein succès dans son travail et nous demandons au tout puissant, au nom de ce saint de Ramadan, qu’il lui accorde une grande promotion, qu’il le protège et protège toute la préfecture. Que Dieu apporte le bonheur à Télimélé », a-t-il prié.

Dr Mouminy Diallo

Egalement content de ce geste du préfet, le directeur préfectoral de la santé, Docteur Boubacar Mouminy Diallo, n’a pas manqué de remercier l’autorité préfectorale. « Je remercie monsieur le préfet de ce qu’il a fait, il peut compter sur nous et savoir que la santé est entièrement à sa disposition pour les activités. Je suis là depuis plus de vingt (20) ans, c’est la première fois qu’une autorité vienne jusqu’ici pour saluer les malades et faire un geste si magnanime. Ce n’est pas le geste qu’on voit, mais l’intention. Que Dieu vous protège et augmente votre promotion », a souhaité le DPS de Télimélé.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél. : 622525250

Lire

Labé : 8 cas de rougeole signalés (DRS)

13 mai 2019 à 18 06 12 05125

Huit (8) cas de rougeole ont été enregistrés dans la préfecture de Labé ces derniers jours, annonce la Direction Préfectorale de la Santé. La réticence des parents à faire vacciner leurs enfants expliquerait cette réapparition de la maladie. Le ministère de la Santé a déjà dépêché une équipe sur le terrain pour tenter de circonscrire la maladie, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Malgré les multiples efforts fournis par les agents de la santé pour lutter contre la rougeole en Guinée, huit cas de rougeole ont été enregistrés dans la préfecture de Labé ces derniers jours.

Dr Mamadou Houdy Bah

Interrogé par Guineematin.comle directeur régional de la santé de Labé, Dr Mamadou Houdy Bah, a dit cette réapparition de la rougeole s’expliquerait par le refus de certains parents de faire vacciner leurs enfants. « Nous avons un système de surveillance sanitaire qui est mis en place. Et nous avons instruit à toutes les structures de santé, dès qu’elles voient une maladie sous surveillance, il doit obligatoirement la déclarer. C’est dans ce cadre que l’hôpital régional nous a informés qu’il a enregistré onze cas d’éruption cutanée. C’est suite à cela, ces cas ont été prélevés et acheminés vers Conakry. Sur les onze, huit c’était des cas de rougeole », a précisé Dr Houdy Bah.

Selon le directeur, ce n’est pas la première fois que la rougeole est détectée à Labé. « La rougeole continue de sévir à Labé compte tenue de plusieurs facteurs : le premier facteur, c’est compte-tenu du fait que les parents n’aiment pas vacciner leurs enfants. Et la DPS (Direction Préfectorale de la Santé) a organisé une campagne de riposte pour rattraper les enfants d’un an et plus, qui n’avaient t pas été vaccinés. Mais malgré tout, les agents de santé de Labé ont rencontré des difficultés pour assurer la couverture de certains enfants ».

Pour faire face à ces cas de rougeole, Docteur Houdy Bah a fait savoir qu’il y’a déjà une mission de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) qui est arrivée à Labé. La démarche vise à assister les autorités sanitaires locales à circonscrire la rougeole et organiser une grande campagne de riposte contre la maladie, très contagieuse et mortelle.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guinéematin.com

Lire

Guinée : sur 100 000 femmes, 550 meurent en donnant la vie

13 mai 2019 à 17 05 04 05045
Dr. Edouard Niankoye Lamah

La nouvelle fait froid dans le dos, même si le ministère de la santé parle d’évolution ! Sur 100 000 femmes qui accouchent, 550 meurent en voulant donner la vie en République de Guinée, selon les statistiques de 2018. Satisfait des performances du régime Alpha Condé depuis 2011, le Département de la santé rappelle que 980 femmes sur cent mille mourraient dans les mêmes conditions en 2011.

L’annonce a été faite par le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, à l’occasion d’une conférence de presse animée ce lundi 13 mai 2019, dans un réceptif hôtelier. Une démarche qui visait à faire le bilan des activités réalisées par son département (de 2011 à 2018) et annoncer les défis et perspectives.

D’après Dr. Edouard Niankoye Lamah, malgré les efforts fournis dans le secteur, la situation sanitaire du pays n’était pas reluisante en 2011. « Le taux de mortalité maternelle était à 980 pour 100.000 naissances vivantes, le taux de mortalité infantile à 98 pour 1000, la prévalence du VIH à 1,5% ; la prévalence du paludisme à 44%, tandis que le risque d’infection à la tuberculose était de 1,5% », a expliqué le ministre.

Parlant du bilan de la 3ème République, le ministre de la Santé a cité, entre-autres : la création de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire (ANSS) en 2016, la construction de 38 Centres de Traitement Epidémiologique (CTEPI), la création de 8 Equipes Régionales d’Alerte et de Riposte contre les Epidémies (ERARE) et 38 Equipes préfectorales d’Alerte et de Riposte contre les Epidémies (EPARE), la gratuité des Soins Obstétricaux et Néonatales d’Urgence (SONU), le recrutement de 4 200 nouveaux agents de santé à la fonction publique ; l’augmentation du budget de la santé qui est passé de 81 milliards (soit 2,27%) en 2011 à 1325 milliards (soit 7,41%) en 2018, etc.

En se fondant sur certains chiffres, Dr Edouard Niankoye Lamah a estimé que l’analyse des résultats en 2018 par rapport à la situation de 2011 permet de constater « des évolutions considérables en termes de mobilisation des ressources, de création des structures, d’utilisation des services et d’amélioration de l’état de santé des populations de notre pays ».

Toutefois, le ministre de la Santé a fait ressortir un certain nombre de défis qu’il va falloir chercher à relever, comme « la faible participation des communautés dans la gestion des problèmes de santé, la faiblesse du mécanisme de redevabilité, l’insuffisance de l’offre des soins en infrastructures sanitaires normalisées, le développement du marché illicite des médicaments, mais aussi des structures privées ».

Pour y faire face, Dr Edouard Niankoye Lamah a annoncé plusieurs actions pour inverser la tendance pour ce qui est de la période 2019-2020 : « la mise en avant de la prévention par rapport aux soins, la recherche de l’efficience dans l’utilisation des technologies, le développement des soins centrés sur les personnes et les services intégrés, le renforcement de la participation communautaire à travers la décentralisation ainsi que le développement du partenariat avec le secteur privé et les autres secteurs connexes ».

Pour finir, le ministre de la Santé a précisé qu’un « long chemin a été parcouru depuis 2011. Mais, beaucoup reste à faire encore parce que la santé n’est pas figée et acquise une fois pour toute. Elle demande un engagement individuel et collectif de tous les jours ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

Lire

Un diabétique peut-il jeûner ? Comment doit-il procéder ? Dr Amadou Bah à Guineematin

10 mai 2019 à 5 05 56 05565
Dr Amadou Bah, médecin Endocrinologue-Diabétologue, spécialiste des maladies métaboliques et nutrition, en service à l’hôpital national Donka

Les personnes atteintes du diabète sont des gens qui ont un régime alimentaire spécial. A cause de leur maladie et de ses exigences, beaucoup d’entre eux ne jeûnent pas le Ramadan. Mais, selon Docteur Amadou Bah, médecin Endocrinologue-Diabétologue, spécialiste des maladies métaboliques et nutrition, en service à l’hôpital national Donka, les diabétiques peuvent bien jeûner. Mais, à condition de respecter un certain nombre de conditions qui commencent bien avant le début du Ramadan. Il est longuement revenu sur la question au cours d’une interview qu’il a accordée à un journaliste de Guineematin.com ce jeudi, 09 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : nous sommes au début du Ramadan, et on sait que faire le jeun c’est quelque chose de très compliqué pour les personnes atteintes du diabète. En tant que spécialiste de la question, dites-nous est-ce qu’un diabétique peut jeûner et dans quelles conditions ?

Docteur Amadou Bah : c’est vrai, on est au mois de Ramadan. Et, dans un pays musulman comme la Guinée, tout le monde voudra jeûner mais il y a aussi beaucoup de malades qui ne peuvent pas le faire, y compris les diabétiques. Le diabète déjà, c’est une maladie chronique caractérisée par l’élévation permanente d’un taux de sucre dans le sang. Qui dit diabétique dit un malade qui observe un régime, qui prend des médicaments. C’est une maladie chronique et un traitement à vie. Donc chez nous, en tant que praticiens hospitaliers, en tant que médecins, il faut d’abord préparer le malade pour pratiquer le Ramadan.

Dans les conditions normales, les malades, on doit les voir au moins trois mois avant le jeun pour les préparer d’abord : il faut évaluer l’état clinique du malade, faire une éducation thérapeutique, qui veut dire savoir ce que la personne va manger, à quelle heure manger, les types de médicaments à prendre et comment les prendre. Il faut faire l’évaluation de l’état métabolique du malade, voir si le patient présente déjà des complications liées à sa maladie, les complications micro vasculaires et macro vasculaires et s’il y a des comorbidités. Vu tous ces éléments-là, il y a une recommandation internationale, cette recommandation de la fédération internationale du diabète a stratifié les malades en trois catégories de risques.

Le risque très élevé dans la stratification, selon la recommandation de la fédération internationale du diabète, ne doit pas jeûner. C’est-à-dire un malade qui a une hypo glycémie sévère, c’est-à-dire que son taux de sucre a baissé dans les trois mois précédant le mois de Ramadan. Lui il est classé à un risque très élevé. Ou le malade qui fait de façon récurrente l’hypoglycémie alors qu’il ne ressent pas les signes, c’est-à-dire quand le taux de sucre baisse de trop, tu transpires beaucoup, tu as faim, tu es agité. Dans les conditions normales, c’est une urgence, tu dois corriger ça en prenant trois morceaux de sucre ou une boisson sucrée rapidement pour que le taux de sucre monte.

Mais, si toi malade tu ne ressens pas ces signes-là, tu risques de faire le coma. Donc les malades qui sont dans ces catégories-là, ils sont à un risque très élevé. Nous avons l’acidocétose dans les trois mois qui précèdent le mois de Ramadan, c’est-à-dire le malade qui a eu une hyperglycémie sévère avec des signes d’acidocétose, il est inconscient, il a une respiration incontrôlée, la glycémie est supérieure à 3 grammes, quand on fait une bandelette urinaire, il y a la présence des cétones dans les urines.

Donc, c’est une urgence, il faut le réanimer, il faut faire disparaitre les corps cétoniques, il faut essayer de normaliser progressivement la glycémie pour le sortir de ça. Tout malade qui a eu l’acidocétose trois mois avant le Ramadan ne doit pas jeûner. Nous avons ensuite le diabète de type 1 qui est celui de l’enfant. Et le traitement de ce diabète là c’est l’utilisation de l’inciline, et l’inciline étant des hormones hypoglycémiantes qui créent l’hypoglycémie, il ne doit pas jeûner.

Nous avons la présence d’autres maladies graves : les malades qui ont des insuffisances rénales qui sont sous dialyse, qui sont à risque très élevé, ne devraient pas jeûner. Les femmes en grossesse et les malades diabétiques qui ont du travail intense et des médicaments à prendre, le risque est très élevé. Maintenant nous avons le risque modéré qui est faible. Ceux-là peuvent jeûner avec surveillance accru des médecins. Donc logiquement, il faut préparer les malades pour les autoriser à jeûner ou à ne pas jeûner.

Guineematin.com : quels sont les aliments que le diabétique doit consommer pendant la rupture du jeun ?

Docteur Amadou Bah : le conseil qu’on donne, pendant la rupture, déjà on est dans une période de chaleur, le diabétique doit commencer par les boissons : de l’eau, des dattes, du lait frais, du thé c’est-à-dire il doit avoir des glucides à absorption lente. Apres, il peut manger un peu du riz avec la sauce mais logiquement il doit couper son jeun, après prendre son médicament. Et prendre beaucoup d’eau parce que c’est une période de chaleur. Mais, il y a des indications pour couper le jeun : parmi elles, quand la glycémie est supérieure à 3 grammes il faut couper le carême ou si la glycémie, 1 heure après le repas du petit matin est inférieur à 0,70. Dans ce cas, il faut rompre le jeun.

Guineematin.com : ça veut dire que le diabétique qui jeûne doit absolument se lever à l’aube pour manger avant de jeûner ?

Docteur Amadou Bah : oui, le diabétique doit manger plus tard que les autres, prendre un fruit après chaque repas. Il faudra aussi boire beaucoup d’eau, éviter les boissons sucrées, manger beaucoup des légumes cuites et crues, des fruits, des produits laitiers. S’il doit faire une activité physique, il doit le faire après la rupture. Donc pour l’alimentation, il doit avoir deux ou trois repas repartis entre la rupture et l’aube.

Entretien réalisé par Amadou Oury Touré pour Guineematin.com

Lire

Campagne de vaccination et réticence des populations : le ministère de la santé réorganise sa communication

9 mai 2019 à 18 06 26 05265

Après la psychose enregistrée au mois de Mars dernier, suite à la distribution de praziquantel dans des écoles à Coyah, Dubréka, Fria… le ministère de la santé compte revoir sa stratégie de communication. Ceci, dans le but de faciliter la mise en œuvre de ses activités communautaires comme les campagnes de vaccination ou de distribution de médicaments. Et, c’est dans ce cadre qu’une réunion d’échange s’est tenue ce Jeudi, 09 Mai 2019, dans la salle de réunion du PEV (programme élargi de vaccination), rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Depuis que la distribution du praziquantel (le 18 Mars dernier) dans certaines écoles de Conakry et de l’intérieur du pays (Coyah, Dubréka, Fria, Koundara et Beyla) a viré à la psychose, le ministère de la santé et ses partenaires rencontrent une farouche résistance des populations vis-à-vis des activités de masse (campagne de vaccination, distribution de médicaments et moustiquaires) dans le pays. Cette distribution du praziquantel a renforcé de manière drastique la méfiance, les préjugés et les rumeurs sur les activités dudit ministère, dans le cadre de la prévention des maladies.

Selon nos informations, le programme élargi de vaccination (PEV) a déjà des campagnes programmées. Mais, à cause de la réticence des populations sur le terrain, les autorités sanitaires se demandent bien comment mettre en œuvre ces campagnes.

C’est donc pour inverser cette tendance et susciter l’intérêt chez la population que le ministère de la santé et ses partenaires comptent revoir leurs stratégies de communication. Et, c’est dans ce cadre qu’une rencontre d’échange s’est tenue ce jeudi dans la salle de réunion du PEV, à la pharmacie centrale de Guinée.

Dr Timothé Guilavogui

« L’objet de cette réunion, c’est comment revoir les stratégies de communication afin d’aider le ministère de la santé, pour la mise en œuvre des activités communautaires telles que les campagnes de vaccination, la distribution des médicaments et des moustiquaires. Donc, nous avons invité les programmes, les partenaires et quelques médias pour expliquer les difficultés que le ministère de la santé rencontre aujourd’hui dans la mise en œuvre des activités communautaires. Et, cette fois-ci, nous avons tiré des leçons, nous avons compris qu’il faut associer l’ensemble des parties prenantes y compris les populations. Car, il n’y a pas de population difficile, il faut juste revoir les stratégies », a expliqué Dr Timothé Guilavogui, directeur national des grandes épidémies et la lutte contre la maladie.

Dans ce plan de communication, il est prévu de réaliser des tables rondes, des émissions, des spots, des causeries éducatives en langues nationales pour expliquer l’importance de la vaccination. Il est aussi prévu l’organisation d’une conférence de presse (par le ministre de la santé, assisté de ses collègues de l’éducation et de l’action sociale) et des activités d’information et de sensibilisation. D’où la nécessité d’organiser des sessions de formation à l’endroit des hommes de médias pour les aider à mieux comprendre l’importance des activités du ministère de la santé et de ses partenaires sur le terrain.

A noter qu’une commission technique chargée de travailler sur la stratégie qui doit être adaptée à la situation actuelle de réticence, a été mise en place. Ceci, afin d’aider la population à recevoir les services de santé.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Ce qu’il faut prendre et ce qu’il faut éviter à la rupture du jeûne : Dr N’Diouria dit tout à Guineematin

6 mai 2019 à 17 05 59 05595
Dr. Abdourahmane N’diouria Diallo, Professeur en hépato-gastro-entérologie, enseignant-chercheur à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 1992, et président de l’ONG SOS Hépatites-Guinée

La communauté musulmane de Guinée a entamé le jeûne du mois saint de Ramadan ce lundi, 06 mai 2019. Un mois de pénitence, de privation d’aliments et d’autres plaisirs. Pour parler des vertus du jeûne sur le plan scientifique et du comportement à adopter sur le plan alimentaire, un journaliste de Guineematin.com s’est entretenu avec Dr Abdourahmane N’diouria Diallo. Ce médecin de renom est Professeur en hépato-gastro-entérologie, enseignant-chercheur à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 1992, et président de l’ONG SOS Hépatites-Guinée.

Guineematin.com : quelles sont les vertus du jeûne sur la santé de l’être humain ?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : le jeûne est programmé dans le corps humain déjà. Ce qui veut dire qu’il y a des vertus et des bénéfices liés au jeûne au niveau de l’organisme. Parmi les vertus, nous savons que le foie est une usine de fabrication, de stockage et surtout de purification. Quand vous jeûnez, les cellules du foie se multiplient dix fois par rapport au foie d’un non-jeûneur. Donc, le jeûne purifie l’organisme et tous ses déchets toxiques accumulés depuis un an. Ça consiste à balayer, à nettoyer, à désinfecter et à purifier les déchets toxiques. Ce qui veut dire que les 24 premières heures du jeûne, les cellules mortes, les débris et même les cellules cancéreuses sont dévorées par l’organisme pour rendre le corps neuf. Et la défense de l’organisme est assurée par les cellules T qui augmentent le potentiel immunitaire. Donc, le jeûne rend l’organisme plus vigoureux, plus résistant. C’est pourquoi, les sportifs utilisent le jeûne pour compétir en prenant un repas léger. Ils ne remplissent pas le ventre. Quand vous jeûnez, les intestins et l’estomac se rajeunissent. Ils se mettent en jachère. Vous savez que l’homme a de l’acide chlorhydrique dans l’estomac, c’est lui qui bouffe les microbes et qui permet de métaboliser les aliments. Mais, quand vous jeûnez, cette quantité diminue et les cellules se renouvellent. C’est comme si vous faites une vidange d’un moteur. Donc, quand vous jeûnez sans stress, sans acide chlorhydrique, les plaies guérissent si vous aviez de l’ulcère et ou bien de la gastrite. Cela veut dire qu’il y a un repos de la muqueuse et donc, un rajeunissement. Le jeûne nettoie aussi le mauvais cholestérol dans l’organisme. Ce qui veut dire qu’il a un rôle au niveau des maladies comme l’hypertension, des maladies du cœur, etc. C’est donc un médicament contre la gastrite, l’ulcère et surtout contre l’obésité. Le jeûne peut même soulager les allergies.

Guineematin.com : à la rupture du jeûne, qu’est-ce qu’il faut prendre et qu’est-ce qu’il faut éviter?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : Il y a un principe. Normalement, il faut manger ce que vous avez ; manger un peu et ne pas exagérer. Bernard Cavière nous taquine en disant que les musulmans changent d’habitude. Ils mangent la nuit ce qu’ils devraient manger la journée. Mais en principe, pendant le jeûne, il ne faut pas manger beaucoup. L’estomac mesure 2,5 à 3 litres. Donc, coupez le jeûne avec soit de la bouillie, normalement c’est recommandé de couper avec les dattes, parce que les dattes ont des vertus. C’est l’aliment le plus riche au monde et qui a toutes les protéines. Vous savez que quand vous jeûnez, la bouche est sèche et l’estomac est fermé. Vous prenez les dattes qui ramollissent la muqueuse buccale et ouvrent l’estomac. Si vous n’avez pas les dattes, vous utilisez un ou deux verre d’eau. Ce qui va déclencher la sécrétion de la salive qui va faciliter la digestion des aliments que vous allez manger et surtout libérer l’estomac. Ça va déclencher la sécrétion de toutes les enzymes de l’estomac. Donc, c’est très important de prendre une, deux ou trois dattes ou bien un verre d’eau avant la prière. Il faut couper le jeûne avant la prière. Il ne s’agit pas de prier avant de manger parce que là, vous n’avez pas préparé l’organisme à la bonne digestion ; mais, ne pas couper pas avec les gingembre, le bisap ou bien de l’eau glacée. Quand vous prenez ces substances sucrées ou trop acides, vous allez bloquer la digestion. Les dattes ont du sucre à action semi-lente. Mais, les sucres ordinaires inondent rapidement non seulement l’estomac, mais ça va bloquer la sécrétion des enzymes qui facilitent la digestion des aliments. Donc, il faut prendre quelque chose avant la prière. Si vous n’avez pas de gastrite, vous pouvez couper avec du to ; mais ceux qui ont la gastrite, eux, c’est avec du riz local. Le principe c’est de ne pas remplir l’estomac dès le crépuscule. Si vous remplissez l’estomac, le métabolisme ne se fera pas normalement. Vous serez lourd, ballonné, constipé, fatigué et vous aurez une mauvaise haleine.

Guineematin.com : nous avons constaté également que certaines personnes prennent du thé ou bien du quinquéliba à la rupture. Est-ce que cela a un effet sur la santé du jeûneur ?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : il ne faut pas prendre ce qui est trop glacé, ce qui est trop acide et ce qui est très chaud. Ceux qui prennent ce qui est chaud, ce n’est pas bon. Il faut prendre ce qui est recommandé. Prenez deux ou trois dattes ou bien un verre d’eau. Laissez le thé et le quinquéliba, parce que ce n’est pas bon. C’est amer, c’est acide et les gens qui ont de l’hypertension, c’est après qu’il faut prendre du quinquéliba. Il faut prendre ce qui est recommandé, quelque chose qui va déclencher et favoriser la digestion des aliments dans la bouche et dans le tube digestif.

Guineematin.com : dans votre intervention, vous dites souvent que ceux qui ont de la gastrite ne doivent pas manger du gombo pendant le mois de ramadan. Pourquoi ?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : actuellement, nous gérons près de 45 975 malades. Ces malades nous ont dit qu’ils ne supportent pas du tout le manioc sur toutes ses formes. Qu’ils ne supportent pas le gombo, ils ne supportent pas ce qui est gluant. Ils ne supportent pas l’arachide, même dans les boulettes et ils ne supportent pas du beurre ou de la mayonnaise. Ces gens doivent couper le jeûne avec le riz local. Un peu de bouillie au riz local ou alors il faut du lafidi en mettant un peu d’huile rouge. Encore une fois, il faut éviter de remplir le ventre pendant le ramadan.

Guineematin.com : quel est l’impact du stress chez le musulman jeûneur ?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : quand on est stressé, on secrète l’adrénaline. Les gens qui font des crises cardiaques secrètent beaucoup l’adrénaline et ça agit sur le cœur. L’adrénaline est une substance secrétée intérieurement, involontairement par l’homme. Plus vous êtes énervé, plus vous secrétez de l’adrénaline et plus vous avez des problèmes de respiration au niveau du cœur, du tube digestif et de l’organisme en entier. C’est pourquoi on recommande de garder le calme quand on est à jeun.

Guineematin.com : un de nos internautes qui nous suit en directe demande s’il est normal de prendre au moins jusqu’à 5 dattes à la rupture du jeûne?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : il est recommandé de prendre deux à trois dattes parce que c’est l’aliment le plus complet.

Guineematin.com : Votre mot de la fin ?

Dr Abdourahmane N’Diouria Diallo : Je dirais que le jeûne nécessite trois préparations : une préparation physique, une préparation psychologique et une préparation financière. Allez-y voir le dentiste, arranger vos dents, si vous avez l’hypertension ou bien le diabète, voyez les spécialistes. Vous avez de la gastrite, venez nous voir et pendant le jeûne, le traitement se poursuit. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est de remplir le ventre toute la nuit. Manger un peu et des aliments de qualité. Il ne fait pas cracher. Quand vous crachez toute la journée, vous perdez un litre ou un litre demi d’eau par jour. Vous serez déshydraté et fatigué. Ne dormez pas, faites du mouvement

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Les ressortissants de Hérico offrent une ambulance à leur sous-préfecture

22 avril 2019 à 10 10 35 04354

La sous-préfecture de Hérico (Lélouma) dispose désormais d’une ambulance toute équipée, mise à la disposition de l’ensemble des districts de la sous-préfecture. Cette ambulance dont le financement a été entièrement assuré par les ressortissants de Hérico, a été officiellement remise aux autorités sanitaires et communales, le 05 avril 2019.

C’est grâce à une mobilisation sans précédent des fils et filles de Hérico que ce projet intitulé « une ambulance pour Hérico », sous le pilotage et la coordination de l’Union pour le Développement de Hérico (UDH), a pu voir le jour. À ce propos, il faut saluer l’engagement des membres du bureau de l’UDH qui se sont donné corps et âme, afin que ce projet puisse enfin se concrétiser.

Ce projet est parti d’un constat alarmant relativement à la situation sanitaire qui prévaut dans la sous-préfecture. À ce propos, ces dernières années, plusieurs personnes ont perdu la vie faute de structures sanitaires adéquates et de possibilité d’évacuation vers les centres urbains. C’est ce constat qui a amené l’UDH à décider de solliciter les ressortissants de Hérico pour l’acquisition d’une ambulance dont la remise officielle a connu une forte mobilisation des autorités sanitaires et communales. Soulignons notamment la présence du Directeur préfectoral de la santé (DPS), du Directeur de micro-réalisation (DMR) ainsi que des maires de Balaya, Korbé et Diountou. Il y avait également le député uninominal de Lélouma, le maire, ainsi que les sages de Hérico. Ce sont les représentants de l’UDH qui ont procédé à la remise officielle de l’ambulance.

De ce fait, cette ambulance sera disponible pour l’ensemble des districts de Hérico, afin de permettre l’évacuation des malades en toute sécurité. Le principal objectif est de sauver des vies notamment, celles des couches les plus vulnérables. Le bureau de l’UDH s’est dit très ravi de cet élan de générosité de la part des ressortissants de Hérico et remercie chaleureusement tous ceux qui se sont mobilisés pour la concrétisation de ce beau projet.

Par ailleurs, pour s’assurer d’une saine gestion de ce bien commun, les ressortissants de Hérico vivant à Conakry se sont réunis pour convenir d’un mode de fonctionnement tenant compte des besoins de tous les districts de la sous-préfecture. C’est dans ce cadre qu’il est prévu le recrutement d’un chauffeur sous la supervision d’une commission composée de deux personnes par district. De plus, les tarifs pour l’évacuation des malades ont été fixés en fonction de la distance de chaque district par rapport au centre de santé, tout en prenant en considération la ville vers laquelle le malade sera évacué.

PS : cette semaine, a eu lieu une première évacuation réussie d’une patiente vers Labé.

Par Faty Diallo

Lire

Conakry : Alpha Condé inaugure le Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie

19 avril 2019 à 18 06 51 04514

Le Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée (CERFIG), construit sur le campus universitaire Hadja Mafory Bangoura de Donka, a été inauguré ce vendredi, 19 avril 2019. La cérémonie a été présidée par le professeur Alpha Condé, en présence de nombreux cadres et des partenaires de notre pays, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son discours, Dr Doussou Lanciné Traoré, recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, a dit sa joie quant à la construction de ce centre « qui favorisera la vulgarisation de nombreux travaux pratiques qui y seront menés d’une part, et d’autre part, pour apporter un grand plus au capital crédibilité de notre institution.

En effet, Excellence monsieur le président de la République, chers invités, l’enseignement, la recherche, l’enseignement par la recherche, constituent des éléments indispensables pour l’évolution d’une université vers l’excellence. Notre objectif aujourd’hui est d’atteindre cet idéal », a-t-il indiqué.

De son côté, professeur Eric Delaporte, porte-parole du CERFIG Montpellier, a indiqué que la construction de ce centre s’inscrit dans le cadre de la lutte post-Ebola. « C’est-à-dire dans la capacité à pouvoir répondre à de nouvelles épidémies à travers le renforcement des structures : la formation, la recherche. A peine né, ce centre a déjà eu un impact, puisque c’est ici qu’il y a eu, entre-autres, le suivi des gerris d’Ebola.

Si en Guinée on parle de post-Ebola, Ebola reste une réalité dans le monde et en particulier au Congo où sévie la plus importante épidémie que ce pays n’ait jamais connue, plus de 1500 cas, soit une quinzaine de cas tous les jours. C’est l’occasion de le rappeler, puisque les stratégies déployées au Congo sont directement issues des leçons apprises en Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement en Guinée.

Le vaccin par exemple qui est utilisé au Congo, a été validé en Guinée ; la prise en charge des survivants réalisés ici à travers le projet post-Ebogui a permis de définir le standard des soins et des préventions réalisées en Guinée ; la liste des acquis est longue, qui illustre l’importance de la recherche pour la santé publique et le rôle du CERFIG dans ce contexte », a-t-il fait remarquer.

Pour sa part, Jean-Marc Grosgurin, ambassadeur de France en Guinée, a rappelé l’engagement de son pays à accompagner la Guinée. « Ce projet atteste de manière remarquable l’engagement de l’équipe France en faveur du développement de la Guinée, de la recherche scientifique et de l’amélioration du système de santé du pays. Conçu dans le contexte dramatique de l’épidémie à virus Ebola, le CERFIG qui nous rassemble aujourd’hui est désormais bien ancré dans le paysage universitaire et dans l’environnement de la recherche scientifique guinéen.

Et à cet égard, l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) et l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) n’ont pas attendu la fin des travaux du bâtiment et la cérémonie officielle d’aujourd’hui pour lancer rapidement les premiers projets dont celui du post-Ebogui qui touche à sa fin, les projets contact Ebogui et Contrôle Ebogui qui eux étaient consacrés au suivi des personnes qui ont été en contact avec le malade d’Ebola ».

Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a, quant à lui, rappelé que l’épidémie d’Ebola qui a frappé la Guinée entre 2013 et 2016 « a mis en évidence le besoin de construire en Guinée des centres de recherche et de formation pérennes à même de répondre efficacement et rapidement à toutes sortes d’épidémies. C’est dans cette dynamique que des chercheurs guinéens et français ont développé des projets de recherche structurant dans le but de comprendre l’émergence, la dissémination et les conséquences d’Ebola et d’autres maladies émergentes.

Ces projets qui tournent autour de l’enseignement, de la recherche ont permis la création du Centre de recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée (CERFIG) que le président va inaugurer tout à l’heure. Ce centre, à vocation sous régionale, favorisera une recherche pluridisciplinaire par la conception et la mise en œuvre des projets de recherche clinique dans le domaine des maladies infectieuses et facilitera également la formation par la recherche et l’accueil des chercheurs guinéens et étrangers », a dit le ministre Yéro Baldé.

Pour sa part, le président Alpha Condé a dit sa reconnaissance à la France qui a permis de doter la Guinée de ce centre. « J’avais dit qu’Ebola nous a beaucoup fatigués, avait mis notre économie à terre, mais qu’Ebola peut être une chance pour nous. Car, en tirant la situation de nos hôpitaux et surtout nos laboratoires, nous avions pu aujourd’hui faire en sorte que nous soyons capables de faire face à une autre épidémie.

Je ne souhaite pas qu’il y ait autre épidémie en Guinée, qu’aujourd’hui, nous sommes en mesure de faire face et cela, grâce à nos partenaires français. Je sais que la France nous a accompagnés à lutter contre Ebola. Je n’oublierai pas que le président français est venu lui-même visiter l’hôpital Donka et aller saluer les malades. Ce qui était d’un courage exceptionnel. Et, nous savons aussi la contribution de l’Institut Pasteur. Nous espérons aussi inaugurer bientôt le bâtiment de l’Institut Pasteur », a indiqué le numéro un guinéen.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Plan national de la sécurité sanitaire : plusieurs acteurs réunis à Conakry pour sa validation

15 avril 2019 à 14 02 15 04154

Plusieurs acteurs du monde sanitaire sont réunis depuis ce lundi, 15 avril 2019 à Conakry, pour valider le plan de la sécurité sanitaire de la Guinée. Ce plan devrait permettre de corriger les manquements constatés dans l’évaluation du règlement sanitaire en Guinée, suite à l’apparition de la maladie à virus Ebola dans le pays, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Dr Alfred Ki-Zerbo

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture des travaux, présidée par Dr Sakoba Keïta, Directeur de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire, le représentant de l’OMS en Guinée a placé l’évènement dans son contexte. Dr Georges Alfred Ki-Zerbo, a rappelé que le mandat de son institution est de veiller à la mise en œuvre du règlement sanitaire international au sein des Etats membres. Un règlement qui impose aux Etats membres de mettre en place des dispositifs pour la préparation, la détection et la riposte aux épidémies et aux urgences.

C’est pourquoi, dit-il, au cours de la catastrophique épidémie de maladie à virus Ebola de 2014 à 2016, la Guinée, avec ses partenaires, a eu une évaluation interne et externe de ce règlement. « Après l’évaluation du règlement sanitaire en 2017, des écarts et des gaps ont été identifiés, auxquels il fallait apporter des solutions. Et, le plan national de la sécurité sanitaire qui va être validé cette semaine, va apporter des solutions aux écarts et aux gaps qui ont été identifiés dans l’évaluation du règlement sanitaire international en Guinée. Afin qu’à l’avenir, le pays soit plus résiliant, mieux préparé pour détecter, répondre et contrôler les épidémies et les catastrophes sanitaires », explique le chef de file des partenaires techniques de la santé.

Dr Sakoba Keïta

De son côté, Dr Sakoba Keïta, Directeur de l’Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire, a fait savoir que le plan national de la sécurité sanitaire en cours de validation, va couvrir à peu près 19 domaines dans notre pays. Et, il ira dans la gestion et la détection de nos épidémies pour préparer les réponses à travers tous les départements ministériels, afin que la Guinée puisse réagir de façon prompte et efficace face aux urgences.

« C’est vrai que c’est le ministère de la santé qui est le porteur de l’initiative, mais les évaluations qui ont été menées sous la direction de l’OMS ont montré un certain nombre d’insuffisances dans plusieurs domaines impliqués dans la gestion de nos urgences », a-t-il dit.

Parlant de ces domaines, Dr Sakoba Keïta a fait allusion au plan législatif. « Beaucoup d’actions que nous menons ne sont pas cadrées sur un plan législatif pour que les acteurs des différents ministères se sentent impliqués, dans l’obligation de la loi, d’agir de concert pour pouvoir gérer nos situations d’urgence. Il manquait également un cadre de collaboration intersectoriel. Parfois, quand tu as des urgences, si c’est l’incendie ou l’éboulement, on pense que c’est le ministère de l’environnement qui doit s’en occuper ou la protection civile, alors que dans tout évènement, il y a une implication intersectorielle », explique le Directeur de l’ANSS.

Selon lui, il faut désormais que chacun sache sa feuille de route dans la gestion rapide de nos urgences. D’où l’importance de cet atelier qui va durer deux jours. « Ce plan viendra combler le fossé qui a été révélé par la suite de l’évaluation qui a eu lieu en 2017 en Guinée dans les 19 domaines, dont entre autres, la surveillance, la détection, le laboratoire, le cadre législatif, etc. ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Santé : le centre de traitement des épidémies de Mamou, un « acquis du passage du virus Ebola »

15 avril 2019 à 6 06 14 04144

A Mamou la ville carrefour une préfecture située à 270 kilomètres de Conakry, le passage du virus ebola n’aura pas été que négatif. En effet le centre de traitement des épidémies est un acquis qui fait aujourd’hui la fierté du personnel soignant et des patients qui s’y rendent.

Pour en parler, nous avons rencontré Dr Sekou SOUMAH le Chef de service du centre de traitement des épidémies de l’hôpital régional de Mamou. Les cas d’infections reçues fréquemment, les difficultés quotidiennes et les perspectives du centre sont à lire dans cette interview réalisée à Mamou par Idiatou CAMARA.

Bonjour Dr présentez-nous le centre de traitement des épidémies de Mamou que vous gérez et les infections qui y sont traitées

Dr Sekou SOUMAH

Merci Madame pour cette opportunité, le centre des maladies infectieuses et tropicales de Mamou est un des acquis du passage de l’épidémie Ebola dans notre pays, c’est un centre unique je dois le rappeler, car il n’existe dans les pays voisins victimes de l’épidémie, je veux parler de la Sierra Léone et du Libéria.

Sa mission est d’accueillir les sujets infectés par des maladies à potentiel épidémique. Lorsque notre pays subissait la maladie, figurez-vous que les patients de N’zérékoré par exemple, de Tougué, de Siguiri et d’ailleurs étaient transportés jusqu’à Conakry. Il faut aussi rappeler que les prélèvements étaient envoyés dans des pays occidentaux. Pour être analysés. Toute chose qui ne facilitait pas le travail et augmentait le risque de décès des patients en chemin.

Mais aujourd’hui nous avons la possibilité d’assurer la prise en charge sur place, ce qui rassure aussi les parents des malades et les patients eux-mêmes.

Comment il fonctionne concrètement ce centre ?

Le centre fonctionne en 2 temps, c’est-à-dire en période d’épidémie, comme c’était le cas lors du passage du virus Ebola. Une épidémie déjà il faut dire que c’est lorsque la maladie peut se propager à un rythme accéléré si toutes les dispositions ne sont pas prises. C’est la période d’urgence. Il peut s’agir d’ebola, du choléra, la fièvre jaune, la fièvre lassa qui vient d’être maitrisée fort heureusement comme vous le savez.

En second temps, c’est la période calme comme c’est le cas actuellement. En ce moment le service fonctionne comme la médecine générale et peut recevoir tous les cas d’infections sans urgence. C’est le cas du paludisme, des diarrhées, des amibiases etc…

Au moment de cette épidémie, vous avez dû subir d’énormes difficultés notamment en ce qui concerne les interprétations, les préjugés et tout le reste. ?

Vous avez tout à fait raison, il arrivait des moments où on disait même que les médecins faisaient du trafic d’organes, vous imaginez ce que cela peut faire et avoir comme réaction au sein des populations. Sans oublier les cas de morts enregistrés dans des régions de la forêt notamment du personnel soignant à cause de la psychose enregistrée par ces agissements. Mais grâce à la sensibilisation, et les patients qui sont guéries les choses avancent progressivement, mais la compréhension n’était pas facile à un moment donné je dois dire.

S’agissant du VIH SIDA comment expliquez que la maladie se féminise au niveau mondial donc ici à Mamou aussi ?

Vous avez tout à fait raison, les femmes ont plus le courage de se faire dépister, cela ne veut pas dire qu’elles sont les plus atteintes, mais ce sont elles qui viennent le plus se faire dépister c’est la raison. Et il ne faut pas oublier que le personnel soignant est très réticent, parce que connaissant les dangers de la maladie.

Un message aux populations pour inverser cette tendance ?

Je demande à toute la population de nous faire confiance, c’est important, et de se faire consulter dès qu’elle sente quelque chose d’anormale. Il faut commencer par les centres hospitaliers, car si une maladie est détectée à temps, le patient à plus de chance de s’en sortir.

Il ne faut pas attendre que la maladie soit insupportable avant de venir à l’hôpital. Je conseille aussi aux journalistes de s’intéresser davantage aux questions de santé, de se former et de s’informer, pour mieux informer la population, car si le journaliste lui-même ne sait pas de quoi il parle, cela suppose que le message sera perçu différemment et de manière négative le plus souvent.

Je vous remercie pour cette opportunité, c’était un plaisir d’échanger avec vous.

Par Idiatou CAMARA

Lire

523 cas de rougeole en Guinée en 2019 : voici ce que comptent faire les autorités

10 avril 2019 à 18 06 55 04554

A la date du 7 avril 2019, la Guinée a enregistré au moins 523 cas de rougeole. Pour faire face à cette situation, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS), en collaboration avec ses partenaires, va lancer dans deux jours à Farmoriah, dans la préfecture de Forécariah, le plan de contrôle accéléré des flambées de rougeole. L’annonce a été faite ce mercredi 10 avril 2019, par le directeur général de l’ANSS à l’occasion d’une conférence de presse organisée à son siège à Kaloum, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Baldé Mamadou Oury

La Guinée, à l’instar de certains pays africains, connait une épidémie de rougeole. Selon Baldé Mamadou Oury, responsable Urgences de l’OMS en Guinée, « la situation de la rougeole est préoccupante sur le plan mondial, car les épidémies de la rougeole sont devenues fréquentes et récurrentes dans toutes les régions du monde avec des taux d’incidence variable d’une région à une autre. Citons quelques faits observés depuis 2017 : 19, 9 millions d’enfants non vaccinés en 2017 dans le monde, 4 des 6 régions OMS ont connu des épidémies de rougeole, plusieurs pays et une région ont perdu le statut d’élimination de la rougeole, 2 des 6 régions OMS ont connu des épidémies de diphtérie ».

Par ailleurs, monsieur Baldé a fait savoir qu’en 2018, « la rougeole est devenue de nouveau endémique dans toutes les régions du monde. (…) Nous pouvons citer les pays qui ont connu des flambées de rougeole en 2017 et 2018. Il s’agit entre autres de l’Ukraine, qui a enregistré 3338 cas ; Les Philippines qui ont enregistré 13192 cas ; le Brésil qui a enregistré 1162 cas ; le Yémen, 6641 cas ; le Venezuela, 4976 ; la Serbie, 4355 ; le Madagascar, 4307 ; le Soudan, 3496 cas ; la Thaïlande, 2758 cas ; la France, 2269. Pour la région africaine de l’OMS, depuis le début de l’année 2019, les pays suivant ont rapporté des centaines de cas de rougeole. A la date du 7 avril 2019, les pays suivant ont rapporté des cas : le Tchad, 437 cas ; la République Centrafricaine, 151 cas ; la RDC, 29 820 cas ; l’Ethiopie, 136 cas ; la Guinée, 523 cas ».

Dr Djenou Somparé

De son côté, Dr Djenou Somparé, chef section immunisation au Programme Elargi de Vaccination (PEV), a salué la mise en place de ce plan de contrôle accéléré des flambées de rougeole dans notre pays. « La situation de cette épidémie est préoccupante avec une baisse de la couverture vaccinale et une forte augmentation d’enfants sans vaccins. Ce qui cause la survenue de ces flambées. Par rapport aux enquêtes mixtes, il faut noter que de 2012 à 2018, le pays n’a pas franchi la barre de 23% de couverture, la faible couverture par rapport aux enquêtes comparées aux autres pays, ce qui veut dire que beaucoup d’enfants ne sont pas vaccinés. C’est ce qui explique cette épidémie », a expliqué le responsable du PEV.

Dr Sakoba Keïta

Pour sa part, Dr Sakoba Keïta, directeur général de l’ANSS, a dit son inquiétude face à la flambée de cette épidémie dans notre pays. Selon lui, si autre fois la rougeole survenait en Guinée chaque trois à cinq ans pour les épidémies, ces derniers temps, la rougeole est enregistrée même en saison pluvieuse qui pourtant, n’est pas une période habituelle de survenue de la maladie. « Vous comprendrez donc que ce plan de contrôle accéléré se justifie par les chiffres donnés par l’OMS en ce qui concerne le monde, notre sous-région et même la Guinée. Et, vous venez d’écouter la situation de la stagnation de notre couverture vaccinale dans notre pays… Le premier défi, c’est la méconnaissance du chiffre exact d’enfants que nous détenons dans notre pays ; deuxièmement, il y a aussi l’organisation et l’engagement même de notre communauté vis-à-vis de la vaccination. L’une des questions qu’on se pose : combien de pères de familles maitrisent le carnet de vaccination de son enfant ? Donc, toutes ces préoccupations qui ont été identifiées à partir de l’enquête, nous ont amenées à concevoir ce qu’on a appelé le plan de contrôle de flambées et le plan d’élimination de la rougeole », a dit Dr Sakoba Kéita.

Parlant spécifiquement de ce plan de contrôle qui va nettoyer le terrain avant la mise en place et le lancement du plan d’élimination, le DG de l’ANSS rappelle que « nous avons mis comme objectif d’ici avril 2020, nous devons contrôler les flambées. Donc, il faut qu’on ait zéro flambée en Guinée. Pour y arriver, on s’est dit qu’il faut d’abord connaître le nombre d’enfants de moins de cinq ans. Nous allons faire un recensement de tous les enfants de moins de 5 ans, ménage par ménage. Deuxièmement, nous allons identifier le statut vaccinal de chaque enfant. Les données vont être analysées à l’issue de ça pour programmer la vaccination de rattrapage. Ce qui fait un divorce entre nos campagnes ordinaires et les campagnes de rattrapage que nous allons faire », a-t-il précisé.

A noter que la rougeole est une maladie infectieuse éruptive et fébrile due à un virus de la famille des paramyxoviridae qui touche en général les enfants.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

N’zérékoré : Terre Des Hommes et ses partenaires en conclave pour qualifier la santé communautaire

9 avril 2019 à 21 09 22 04224

La deuxième réunion du comité de pilotage du projet ReCCLAS (Renforcement de la Collaboration entre les Collectivités Locales et les Autorités Sanitaires) s’est tenue ce mardi, 09 avril 2019, dans un réceptif hôtelier de N’zérékoré. Ce projet, présent dans 25 collectivités locales de la région, vise à « contribuer à l’amélioration du niveau de mise en œuvre du projet à travers l’examen des résultats obtenus à ce jour et la définition des orientations à développer », rapporte le correspondant le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Ils sont au total 67 participants, venus des 25 collectivités locales de la région administrative de N’zérékoré, à prendre part à cette réunion. Après la présentation de la physionomie de la salle, l’honneur est revenu au directeur régional de la santé, Dr Adama Kaba, de planter le décor.

Dr Adama Kaba

« Le système de santé de la Guinée est bâti sur les centre de santé primaire. Depuis son lancement en 1987, les ondes des centres de santé primaire ont constitué le socle du système de santé de la Guinée. La santé communautaire doit être soutenue, spécialisée et supervisée par les agents des centres de santé et en passant aussi par les DPS, parce que la santé communautaire fait partie du système de santé de notre pays. Tous les partenaires doivent s’aligner sur cette politique de santé communautaire qui a été définie par notre ministère. Après une année de mise en œuvre de ce présent comité de pilotage, c’est une opportunité pour procéder à une analyse approfondie des résultats obtenus et des facteurs qui entravent la mise en œuvre du projet », a expliqué Dr Adama Kaba.

Par ailleurs, le Directeur Régional de la Santé a dit ses attentes à l’issue des travaux. « Nous sommes persuadé que les recommandations qui seront issues de vos discussions permettront d’élever le niveau d’atteinte des indicateurs, en particulier le niveau de mise en œuvre du projet en général. Je vous exhorte donc à une participation active aux travaux et vous assure de la disponibilité de la direction générale de la santé pour vous accompagner dans la mise en œuvre des solutions efficaces et durables que vous devez identifier », a-t-il promis.

David Bridier

Prenant la parole, David Bridier, représentant pays de l’ONG Terre Des Hommes à N’zérékoré, a saisi cette occasion pour décliner l’objectif de la deuxième réunion. « L’objectif de la rencontre d’aujourd’hui, c’est de faire un retour sur nos activités, de tirer les enseignements de ce qu’on a fait et aussi de réfléchir ensemble à la suite qu’on va donner au projet ReCCLAS pour vous permettre d’atteindre certains des objectifs et surtout pour permettre aux communautés des zones cibles de bénéficier des soins de proximité de qualité qui est l’objectif de ce projet ».

Jean Smith Sandy

Pour sa part, Jean Smith Sandy, le directeur de cabinet du gouvernorat de N’zérékoré, a invité les participants à un débat de fond afin d’en tirer profit. « Pour garantir la santé pour tous, le gouvernement de la 3ème République a mis en place, avec les partenaires techniques et financiers, des programmes et projets dont le PASA (Programme d’Appui à la Santé) pour améliorer l’environnement sanitaire des populations. Ce projet s’inscrit en droite ligne sur la politique du gouvernement. C’est pourquoi, j’interpelle tous les maires des communes bénéficiaires de ce projet ainsi que les élus locaux pour qu’ils prennent dans leur plan de développement local l’application des TDR et les programmes annuels d’investissement, comme le stipule le code des collectivités locales. À cet effet, il vous revient de bien vous approprier le processus d’accompagnement pour renforcer les bonnes pratiques dans l’après projet ».

Dr Jean Louis Haba

Du côté des participants, Dr Jean Louis Haba, chef de centre de Foumbadou, au nom de ses collègues, a magnifié les résultats de la première réunion et apprécié aussi la présence du projet ReCCLAS dans les centres de santé. « Ce qui a permis de renaître la confiance entre non seulement les membres de COSAH (Comite de Santé et d’Hygiène) et les personnel de santé mais aussi, ça a permis de tirer confiance entre la communauté et le personnel de santé. Autre aspect, la présence de Terre Des Hommes (TDH) au sein du centre de santé a permis aujourd’hui d’organiser une grande rencontre qui a regroupé les Matrones des différents districts de la sous-préfecture et à cette occasion, ils ont procédé à une communication sous le thème importance et suivi des femmes en grossesse mais aussi, l’assistance de ces femmes pendant l’accouchement par une personne qualifiée. La présence de Terre Des Hommes dans notre communauté a permis également de renforcer la compétence des agents de santé parce qu’ils ont une assistance technique qu’ils apportent aux centres de santé ».

À noter que le projet ReCCLAS est cofinancé par l’Agence Française de Développement et l’Union Européenne pour une durée de 36 mois, avec un budget global de 2 millions 400 mille euros.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél : 224620166816/666890877

Lire

Conakry : 32 journalistes à l’école de la lutte contre le paludisme

8 avril 2019 à 19 07 03 04034

La capitale guinéenne s’apprête à vivre au rythme d’une vaste campagne de distribution gratuite de Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action (MILDA). En prélude à cette activité prévue du 10 au 19 avril 2019, les responsables du projet StopPalu+ en collaboration avec le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLS) ont conféré ce lundi, 8 avril 2019, avec une trentaine des journalistes guinéens au CHU Donka, a constaté sur place Guineematin.com à travers deux de ses reporters.

Au cours de cette entrevue, il a été essentiellement question de plusieurs points, des symptômes du paludisme à ses conséquences en passant par ses moyens de lutte et les stratégies mises en place par le projet StopPalu+ pour réussir la campagne de distribution des MILDA.

Philip Sedlak

Selon Philip Sedlak, conseiller en communication au projet StopPalu+, l’une des conséquences majeures du paludisme est l’absentéisme dans les activités qui cause énormément de problèmes dans les familles. « Quelqu’un qui ne travaille pas, ne peut pas avoir de salaire pour payer ses produits. Ou bien, si c’est dans le cadre d’un enfant, il peut rater une année scolaire. Tout cela se reflète dans la vie de la famille. C’est dangereux parce que ce n’est pas reconnu par les gens. Et, la plus part des guinéens pense que le palu fait partie de la vie. Ils ne pensent pas que cette maladie peut-être éliminée, alors qu’il est possible de le faire », a-t-il précisé.

Par ailleurs, le conseiller en communication au projet StopPalu+ a fait savoir que l’impact du paludisme se fait ressentir énormément dans l’économie de notre pays. En 2004, explique-t-il, plus de 2 millions 350 mille journées de travail étaient perdues par les malades et 1 million 750 mille journées par les accompagnateurs ; et, le coût financier s’élève à plus de 54 millions GNF, dont 83% sont supportés par les ménages et la prévention (moustiquaires, chimio prophylaxie, spirales, pulvérisation intra domiciliaire).

Dr Mariama Gobicko Diallo

Revenant sur les objectifs visés par la campagne de distribution des MILDA, Dr Mariama Gobicko Diallo, chargée de la communication au projet StopPalu+, a indiqué que cette activité commencera à Conakry par dénombrement dans la période allant du 10 au 19 avril 2019. « Nous avons réuni les médias pour leur expliquer le processus de la campagne, puis échanger sur les messages à véhiculer afin que les communautés adhèrent à ce dénombrement. L’objectif est que 100% des ménages de Conakry soient dénombrés. C’est pourquoi, nous voulons que les médias s’impliquent pour informer les communautés sur l’importance de l’utilisation de ces moustiquaires et surtout pour qu’ils soient utilisés parce que nous avons constaté à Conakry un faible taux d’utilisation des moustiquaires », a-t-elle révélé.

A en croire Dr Gobicko, les climatiseurs et les ventilateurs sont insuffisant pour éviter la piqûre des moustiques. « Que nous ayons des climatiseurs ou des ventilateurs, il faut dormir sous moustiquaire parce qu’il ne faut pas oublier qu’en Guinée, nous sommes dans une zone endémique où nous avons le paludisme de janvier à décembre. Et, la moustiquaire est le premier moyen de lutte contre le paludisme », a-t-elle prévenu.

Rappelons que selon les statistiques fournies aux journalistes, avant l’utilisation des ces moustiquaires, en 2012, le taux de prévalence du palu en Guinée était de 44% et qu’en 2016 ce taux est descendu à 15%. L’objectif du gouvernement est d’aller à la pré-élimination du paludisme d’ici 2022 en réduisant 75% du paludisme d’ici cette année afin que la Guinée soit sur la phase de pré-élimination.

Alpha Assia Baldé et Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Causes, conséquences et prise en charge de la Constipation…Pr N’diouria Diallo dit tout à Guineematin

31 mars 2019 à 9 09 34 03343

La constipation, rareté ou difficulté de l’évacuation des matières fécales, est un réel problème de santé. De nombreux citoyens s’en plaignent à un moment où la question de l’hygiène alimentaire se pose avec acuité. Pour parler des causes de la constipation, de ses manifestations et de sa prise en charge, un reporter de Guineematin.com a rencontré Professeur Abdourahmane N’diouria Diallo, ce mercredi 27 mars 2019.

Ce médecin de renom est Professeur en hépato-gastro-entérologie, enseignant-chercheur à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 1992, président de l’ONG SOS Hépatites-Guinée.

Guineematin.com : la constipation est un souci de santé qui revient régulièrement. Qu’est-ce que c’est ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : la constipation n’est pas une maladie. Elle est la manifestation d’une anomalie d’évacuation spontanée des selles. En termes simples, c’est la difficulté à évacuer les selles. Vous savez, le ventre constitue le deuxième cerveau de notre organisme, qui a au moins 200 millions de neurones. Le ventre abrite une colonie de bactéries dont l’activité a un impact sur la personnalité de l’individu, sur l’équilibre interne. Ces bactéries-là jouent un rôle fondamental dans la putréfaction et la fermentation des aliments. Elle peut aussi entrainer une suffocation avec une impression de mort imminente.

Guineematin.com : comment peut-on en arriver à une constipation ? Quel est le mécanisme ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : Dieu a fait de l’Homme une machine parfaite, qui a plusieurs organes ayant besoin de beaucoup d’énergie pour son fonctionnement normal. D’où la prise de repas, la prise de différents aliments énergétiques. Après la bouche, l’estomac, l’aliment digéré est absorbé dans les intestins sous forme de nutriments. Et, les résidus, les déchets non digérés qui en résultent subissent une putréfaction et une fermentation sous l’effet des bactéries avec formation de gaz. Il a été remarqué qu’en Europe, le transit peut durer 70 heures avec un poids de 150 grammes de selles.

En Afrique, il est dit que le transit dure en moyenne 36 heures avec un poids de 450 grammes de selles. Cette différence est liée à l’ingestion d’aliments avec des fibres non digestibles. En Afrique on mange en quantité, alors que les autres mangent en qualité. Le poids des selles varie selon les individus mais, surtout en fonction de ce qu’on mange. Les selles normales peuvent contenir jusqu’à 75 à 80 % d’eau, plus du mucus, des cellules intestinales, de la graisse, des protéines et autres, ayant tous échappé à la digestion. D’où la vraie définition scientifique de la constipation.

Donc, la constipation est essentiellement basée sur deux éléments : la fréquence de la défécation et la consistance des selles. Autrement dit, il est admis qu’il y a constipation, s’il y a une diminution de la fréquence des selles. Quand on fait moins de 3 selles par semaine, on est constipé. C’est-à-dire, quand on fait deux jours sans aller aux toilettes, on est constipé.

Ensuite, quand on une anomalie dans la consistance des selles, c’est-à-dire, des selles dures, des selles fragmentées, ou des selles en crottin, on est constipé. Puis, quand on a une défécation difficile, autrement il ya des efforts de poussée pour sortir les selles, on est aussi constipé. Quand on a une sensation de blocage incomplet, ou de blocage anorectal impliquant des manœuvres digitales, c’est-à-dire qu’on est obligé d’envoyer le doigt à côté de l’anus pour pousser la sortie des selles, c’est qu’on est constipé.

Guineematin.com : est-ce qu’on peut dire qu’il y a des degrés de constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : on parle parfois de constipation de transit, caractérisée par un trouble de la progression des matières fécales dans le côlon, autrement dit le passage des matières fécales dans le côlon. Il y a aussi la constipation distale ou terminale, caractérisée par un trouble de l’évacuation au niveau du côlon, du sigmoïde ou du rectum.

La 3ème catégorie, c’est quand on a une anomalie du bol fécal. Donc, on parle de digestion normale, quand il y a arrivée normale d’une selle normale, dans un côlon normal. Maintenant, si la selle n’est pas normale, si l’arrivée de cette selle n’est pas normale, si le gros intestin dans lequel transitent ces selles n’est pas normale, vous aurez une constipation.

Guineematin.com : alors, est-ce qu’on peut se rendre compte soi-même qu’on est constipé ? Autrement dit, est-ce qu’il est facile de détecter une constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : les spécialistes reconnaissent qu’il y a trois types de constipés. Il y a ceux qui croient l’être et qui ne le sont pas ; il y a ceux qui le sont, qui s’en plaignent et qui consultent les médecins ; et ceux qui le sont et qui ne s’en plaignent pas. Mais, il y a une forme atypique de constipation. C’est ce qu’on appelle la fausse diarrhée. C’est quand les matières fécales, au niveau de l’intestin, provoquent une irritation, une sortie de l’eau de la paroi du côlon qui va diluer les matières fécales.

C’est-à-dire, c’est quelqu’un qui est constipé, il fait deux semaines voire un mois, et les selles provoquent une hypersécrétion d’eau, une sorte de diarrhée, c’est ça la vraie constipation. C’est une fausse diarrhée, qui trompe les gens. Mais, c’est une vraie constipation. Donc, il faut être spécialiste pour savoir qu’une fausse diarrhée est une vraie constipation.

Guineematin.com : quelles sont les causes de la constipation ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : quand on a des affections thyroïdiennes, cela entraine des troubles de sécrétion de l’insuline, de la sécrétine, de l’adrénaline, ça perturbe la tonicité et il y a constipation. Il y a des lésions de la paroi du côlon qui entraînent des anomalies de la motricité, déclenchant une constipation. Quand il y a une tumeur bénigne ou maligne du côlon, quand il y a des infiltrations de la paroi, quand il y a des tumeurs externes… il y aura constipation.

Il y a également beaucoup de médicaments qui peuvent entraîner secondairement une constipation. C’est le cas de l’Atropine, qui est un antidouleur. Presque, tous les médicaments qu’on prend en Psychiatrie, contre la dépression, les sédatifs, les neuroleptiques, les opiacés. Il y a également les médicaments qu’on prend en cardiologie, en neurologie, contre le parkinson. Bref, tous ces médicaments-là peuvent donner secondairement une constipation.

Il y a aussi des maladies, quand on a par exemple des problèmes de sécrétion au niveau de la bouche, au niveau de l’estomac, au niveau du bulbe avec les sels biliaires qui permettent la digestion des protéines… Quand ces secrétions-là sont insuffisantes, minimes ou faibles, la digestion se fera difficilement. Les affections des organes de l’homme ou de la femme, comme la prostatite, une tumeur de la prostate, cela peut compresser le gros intestin par où passent les selles, quand une femme a des infections au niveau des annexes, de l’utérus, des ovaires,… ça peut entraîner une constipation.

La femme en grossesse aussi a une constipation par deux mécanismes : il y a un mécanisme mécanique, au fur et à mesure que l’enfant grandit, il va compresser le gros intestin ; mais, il y a un autre mécanisme hormonal, la progestérone. Les gens qui ne marchent pas, qui ne font pas de mouvement, qui sont alités, cela gêne la motricité de l’intestin. On peut parler aussi de l’état émotif du sujet. L’équilibre psychologique assure la motricité intestinale, quelqu’un qui est stressé, qui est émotif, qui est dépressif, ça entraîne une perturbation de la motricité intestinale.

On peut évoquer le cas des individus qui ne boivent pas beaucoup d’eau, quand il ne reçoit pas d’eau, cela va se répercuter sur les selles qui seront fragmentées, elles seront durs et cela ralenti la progression du bol fécal. Parmi les causes qu’on peut citer aussi, c’est les causes occasionnelles. Quelqu’un qui change ses habitudes alimentaires, quelqu’un qui change de logement, qui voyage, aura une constipation occasionnelle.

Quelqu’un qui fait une grève de la fin, quand il y a des calamités, des guerres civiles, il peut y avoir de constipation occasionnelle. Un malade qui a beaucoup de fièvre, parce qu’on perd de l’eau avec la fièvre, peut faire de la constipation occasionnelle. Les enfants nourris au biberon avec du lait de mauvaise qualité peut faire une constipation…

Guineematin.com : la constipation entraîne quoi finalement ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : à la longue, une constipation va donner une impression de gros ventre, avec une intolérance alimentaire, une gêne abdominale, des douleurs, une douleur sourde (le malade n’arrive pas à déterminer la douleur). Surtout, la constipation donne des maux de tête. Elle donne un vertige, une insomnie, une perte d’appétit, et en fin de compte, elle va aboutir à un amaigrissement. On peut également noter des conséquences psychosociales.

Les gens constipés ont une mauvaise haleine, leur bouche va sentir avec une haleine fétide. C’est des gens, soit ils sont rejetés, ou alors eux-mêmes ne fréquentent plus certains milieux, comme la mosquée, les lieux de travail, ça devient gênant. C’est un problème très sérieux. Quand on est constipé à la longue, ça entraine une fatigue sexuelle. Tout ceci peut entrainer des troubles psychologiques, sans compter les crampes, les sensations de masse électrique. Les selles dures peuvent aussi entrainer des fissures anales et ça fait très mal.

Guineematin.com : comment se fait la prise en charge d’un patient souffrant de constipation et quel conseil donnez-vous ?

Pr Abdourahmane N’diouria Diallo : l’objectif, c’est l’amélioration de la qualité de vie par l’amélioration du confort somatique et psychologique. On ne traite pas une constipation pour améliorer le dolichocôlon ou pour soigner une colite installée. Le malade constipé a besoin d’un interrogatoire, on doit l’accueillir correctement. L’interrogatoire doit être rigoureux : bien accueillir le malade, bien l’écouter, l’accepter avec toute la pudeur. Vous savez qu’en Afrique, les zones ano-génitales sont des sujets tabous.

Donc, pour parler de ça, il faut de la pudeur, il faut un tact, il faut le temps aussi. Il y en a qui n’aiment pas le mot constipé en public. Parfois, ils demandent même de sortir les assistants, parce que la constipation est liée aux gaz. Il faut ensuite trouver les facteurs déclenchant : c’est l’école, c’est le bac, c’est le diplôme, il n’y a pas de boulot, c’est l’aventure, c’est la polygamie, c’est des problèmes financiers… En Guinée, tout le monde est stressé : les enfants, les jeunes, les femmes, les hommes.

Donc, il faut rechercher et élimine le stress. Puis, les abus, les médicaments traditionnels, les médicaments importés, les pullules contraceptives chez les femmes. Après l’interrogatoire, le principe fondamental, c’est les règles d’hygiène diététique en première intention. Il faut un régime alimentaire normal. Il faut qu’on arrête de prendre 3 plats de riz par jour. Dans l’alimentation, il faut privilégier la qualité par rapport à la quantité. Il faut avoir un petit déjeuner de Roi, un déjeuner de Prince, mais le dîner pauvre.

Il faut dîner léger et très tôt, pas au delà du crépuscule. Ce qui est fondamental, l’individu doit prendre 1,5 à 2 litres d’eau par 24 heures. Il faut aussi se méfier des additifs comme cube Maggi. Il faut prendre 5 sortes de fruits et légumes par jour : papayes, ananas, pastèques, mangues, oranges… Il faut avoir un rythme alimentaire régulier, des repas pris à des heures fixes. En outre, il est très important de se mouvoir, de faire du sport. Il faut faire un sport non-violent.

Quelqu’un est victime de constipation, le premier reflexe à faire, c’est de choisir une heure fixe à laquelle il est présent à la maison, il va à la toilette à l’heure fixe, même s’il n’a pas envie de faire défécation. Il s’assoit sur le pot, mais sans journal, sans ordinateur, sans téléphone, sans calculatrice. Autrement dit, il ne faut pas calculer, ne penser qu’à une chose : faire sortir les selles. L’individu crée ce réflexe, l’entretien et le respecte pour toute la vie. Car, le stress et l’empressement sont les ennemis du transit…

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

Lire