Service cancérologie de Donka : « environ un malade sur 4 a un cancer du sein » (interview)

15 septembre 2019 à 9 09 59 09599
Pr. Bangaly Traoré, service de cancérologie de l’hôpital national Donka

Même s’il n’y a pas de statistiques fiables en la matière, de plus en plus de femmes sont atteintes du cancer du sein en Guinée. Cette maladie est aujourd’hui la première cause de consultation au service de cancérologie de l’hôpital national Donka. Quels sont les facteurs pouvant entraîner le cancer du sein ? Comment la reconnait-on et comment la traite-t-on ? Ce sont entre autres les questions qu’un journaliste de Guineematin.com a posées au Professeur Bangaly Traoré, le responsable du service.

Décryptage !

Guineematin.com : parlez-nous du cancer du sein.

Professeur Bangaly Traoré : le cancer du sein est un ensemble de maladies, caractérisées par une modification cellulaire anarchique et désordonnée aux dépens des cellules ou des tissus mammaires, qui détruisent les tissus et qui ont tendance à se disséminer au niveau de l’organisme qu’on appelle des métastases. Donc, ce sont des tumeurs malignes développées au niveau du sein et qui sont responsables du décès de la majorité des femmes en quelque sorte.

Le cancer du sein représente le quatrième cancer dans les deux sexes confondus, le deuxième cancer chez la femme avec un taux d’incidence de 15 cas pour 100.000 habitants. Alors, si on rapporte ça à l’ensemble de la population féminine, on se retrouve à environ 700 cas annuels. Ce chiffre c’est ce qui est connu. Mais, actuellement, on a tendance à obtenir beaucoup plus de femmes atteintes de cancer du sein que de cancer du col de l’utérus. Le taux mortalité avoisine les 70% sans traitement chaque année. Donc, sur les 700 cas, il y a environ un peu plus de 400 décès annuels. Au service que je dirige, c’est la première cause de consultation, avec une fréquence de plus de 26%. C’est-à-dire, environ un malade sur quatre a un cancer du sein.

Guineematin.com : quels sont les types de cancers du sein ?

Professeur Bangaly Traoré : aujourd’hui, on ne parle pas de cancer du sein, mais des cancers du sein. Cette classification découle du profil moléculaire, c’est-à-dire le comportement biologique du cancer du sein. Alors, il y a des cancers du sein qui se développent aux dépens de la stimulation hormonal, donc qui sont sensibles au traitement antihormonal. Vous savez, la glande mammaire qui développe aux dépens de la stimulation hormonal, donc certains cancers vont poursuive leur évolution en dépendant de la stimulation hormonale.

Il y a des cancers du sein qui se développent également indépendamment de la stimulation hormonale, donc qui sont insensibles à l’hormonothérapie, mais qui expriment des gènes qui font qu’elles sont différentes des cellules normales, donc qui ont acquis l’expression de nouveau gène. Il y en a qui sont dépourvus non seulement de l’expression antigénique, mais aussi des récepteurs hormonaux, donc ce sont des catégories appelées les triples négatifs. Ces cancers-là sont très méchants. Ils évoluent très rapidement, et ils sont responsables de beaucoup plus de décès que les autres cancers qui dépendent de la stimulation hormonale ou qui dépendent de l’expression oncogénique du cancer du sein.

Guineematin.com : parmi ces différents types de cancers, lesquels sont les plus répandus dans notre pays ?

Professeur Bangaly Traoré : nous n’avons pas de statistiques très fiables sur ce plan. Mais, il faut reconnaître que ce sont les triples négatifs qui sont fréquemment rencontrés, tout simplement parce que l’âge de survenue des cancers du sein dans la population féminine chez nous tourne autour de 48 ans. C’est-à-dire que ce sont des femmes qui sont proches de la ménopause, mais qui, dans environ 40 à 48% des cas ne sont pas ménopausées.

En Europe, l’âge moyen de survenue de cancer, c’est autour de 65, 75, 78 ans, donc ce sont des femmes âgées là-bas, alors que chez nous ce sont des femmes jeunes. Donc, c’est ça que ces femmes-là qui sont jeunes, leurs cancers sont un peu plus agressifs et ils évoluent plus vite que le cancer chez la femme âgée.

Guineematin.com : quelles peuvent être les causes de ces différents cancers ?

Professeur Bangaly Traoré : on ne parle pas de causes en cancérologie, mais plutôt de facteurs. Parce que quand vous parlez de causes, c’est comme si vous dites : le paludisme pour l’avoir, il faut avoir le plasmodium, il faut avoir été piqué par un moustique qui va infecter l’organisme par le plasmodium, dont le parasite qui donne le paludisme.

Le cancer est une maladie qui est multifactorielle, donc qui ne dépend pas que d’un seul facteur, qui dépend de plusieurs facteurs. Chaque facteur va jouer son rôle dans le développement de la maladie à un moment ou un autre donné de l’évolution naturelle de la maladie. Le cancer du sein, il y a deux groupes de facteurs qui sont importants à connaître. Il y a des facteurs qu’on peut éviter, donc qu’on peut maîtriser pour prévenir la maladie ; il y a des facteurs qu’on ne peut pas éviter ni utiliser pour prévenir la maladie.

Les facteurs qu’on peut éviter sont : le manque d’activités physiques, la consommation en excès de protéines animales et surtout la consommation des graisses, le manque de consommation des fruits et légumes, la consommation de tabac. Ces trois facteurs sont évitables. Les facteurs qu’on ne peut pas éviter, c’est d’abord le vieillissement. La maladie est liée à l’âge, donc plus on est âgé, plus le risque est élevé. Il y a aussi des problèmes génétiques, des anomalies génétiques. Donc, l’atteinte de certains gènes expose ou multiplie le risque de cancer chez les personnes adultes.

Guineematin.com : y a-t-il aussi d’autres maladies qui peuvent provoquer le cancer du sein ?

Professeur Bangaly Traoré : si, il y a des maladies, c’est pas très important. Ce qui est le plus important c’est, qu’est ce qu’on peut éviter? C’est l’alimentation pauvre en fruits et légumes, riche en graisses et en protéines animales, c’est le manque d’activer physique et le consommation du tabac. Quand on évite pas des aliments riches en protéines, graisses, c’est-à-dire on ne mange ses aliments, sans consommer de légumes et d’épreuves physiques on prend du poid et l’excès du poid, est facteur prédisposant au cancer du sien et à des nombreux autres cancers. Mais aussi à des maladies non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires, hypertension, le Diabète.

Ce sont aussi des maladies qui sont surtout des maladies à connotation génétique, donc il y a des anomalies génétiques qui prédisposent le développement du cancer. Ce sont des femmes qui sont infectées par le VIH SIDA également, ça on peut l’éviter, aussi, il y a aussi le vieillissement.

Guineematin.com : comment peut-on détecter le cancer du sein ?

Professeur Bangaly Traoré : la détection, il y a trois méthodes : la première qui est plus facile, c’est l’autopalpation. C’est-à-dire une femme qui est bien réglée, donc qui voit ses menstruations, à la fin de chaque menstruation, la femme doit se regarder les seins, s’auto examiner, pour rechercher la présence d’une boule ou de toute autre anomalie qui peut orienter vers le cancer du sein. Donc quand elle suspecte qu’il y a une boule ou une anomalie au niveau du sein, elle va dans la structure de santé la plus proche, où un professionnel de santé va l’examiner pour voir s’il n’y a pas d’anomalies.

Il y a aussi, l’examen clinique systématique des seins. C’est-à-dire qu’à l’occasion de chaque consultation, on propose à une femme de se laisser examiner les seins, afin de rechercher une anomalie ou une boule qui peut orienter vers cette maladie. La troisième méthode qui est idéale qui devait être accessible, c’est la mammographie. C’est-à-dire la radiographie du sein qui permet de voir, de détecter la maladie sans même que la boule ne soit perceptible au niveau du sein. Donc ça permet de voir la maladie tout à fait au début et de faciliter le traitement.

Guineematin.com : comment se fait le traitement ?

Pr. Bangaly Traoré, service de cancérologie de l’hôpital national Donka

Professeur Bangaly Traoré : le traitement est aussi complexe et varié. Il comporte le traitement chirurgical, c’est-à-dire c’est l’opération qui consiste soit à opérer pour en enlever la maladie tout en conservant le sein ou bien à enlever la totalité du sein, ça s’appelle traitement conservateur et radical. Mais ça, ça dépend du stade auquel on a reçu le patient. Je dis le patient, parce que l’homme et la femme peuvent être victimes du cancer du sein. L’homme est atteint du cancer du sein dans une proportion de 1% à 2%.

Alors, il y a les traitements médicaux, dont la chimiothérapie. Ce sont des médicaments chimiques anti-cancéreux qu’on donne pour détruire la cellule, partout où elle se trouve dans l’organisme. Il y a l’hormonothérapie. Je parlais tout à l’heure de cancers qui dépendent de la stimulation hormonale, donc on donne des antihormones pour bloquer la stimulation hormonale. Il y a aussi des thérapies ciblées, où on utilise des médicaments pour détruire certaines cellules particulières du cancer du sein. Ça s’appelle les anticorps monoclonaux. Donc, permet de cibler les cellules et de les détruire. Il y a les traitements physiques, c’est la radiothérapie. On utilise des radiations ionisantes pour traiter et détruire les cellules cancéreuses.

En dehors de ces traitements, c’est-à-dire la chirurgie, du traitement médical et de la radiothérapie, il y a d’autres traitements accompagnants telle que la prise en charge de la douleur. Quand les malades ou les femmes sont anémiés, il faut aussi une prise en charge de ceci.

Guineematin.com : pendant combien de temps peut durer le traitement du cancer du sein ?

Professeur Bangaly Traoré : le traitement du cancer du sein varie de huit mois à un peu plus d’un an. Il y en a même qui peuvent aller jusqu’à deux ans. Et si le traitement est purement chirurgical, ça peut s’arrêter à plus de deux mois. Ça dépend du stade auquel on a vu le patient. Il est plus facile de traiter très rapidement quand c’est vu tôt que si la maladie est un peu avancée.

Guineematin.com : est-ce que tous les types de cancers du sein peuvent être traités aujourd’hui en Guinée ?

Professeur Bangaly Traoré : bien sûr, nous prenons en charge tous les types de cancers du sein en Guinée. Par contre, quand la maladie arrive en phase de la radiothérapie, on les oriente vers l’extérieur pour bénéficier de ce traitement, parce que nous n’avons pas ce traitement sur place.

Entretien réalisé par Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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Accessibilité au traitement du VIH : des personnes infectées interpellent l’Etat et les partenaires

10 septembre 2019 à 19 07 59 09599

Pour améliorer l’accessibilité au traitement du VIH/SIDA, le Réseau Guinéen des Personnes Infectées et Affectées par le VIH/Sida (REGAP+) et la Coalition Internationale pour la Préparation au Traitement (ITPC) ont présenté un plaidoyer ce mardi, 10 septembre 2019. C’est un réceptif hôtelier de Conakry qui a servi de cadre à cette présentation, adressée aux autorités guinéennes et aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF) a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son allocution, le rapporteur du Groupe Consultatif Communautaire et responsable suivi-évaluation de l’Association des Femmes de Guinée pour la lutte contre les Maladies Sexuellement transmissibles y compris le SIDA (ASFEGMASSI), Docteur Mamady Keira, est revenu sur l’objectif de cette rencontre.

« L’objectif de ce plaidoyer vise, entre-autres, à partager : les objectifs de l’observatoire communautaire pour l’accès aux soins et aux traitements de qualité ; partager les résultats issus de la mise en œuvre des activités de l’observatoire communautaire de ITPC/REGAP+ ; discuter et orienter les stratégies du groupe consultatif communautaire ; faire le plaidoyer auprès des autorités politico-administratives et les partenaires techniques et financiers (PTF) pour l’amélioration de la qualité de la prise en charge chez les personnes vivant avec le VIH… »

Pour sa part, Dr Mamadou Thiapa Diallo, responsables des programmes et projet du REGAP+, dans sa présentation des résultats de l’observatoire, a livré quelques tendances des données pour les personnes qui ont fait le dépistage courant 2019. « Pour ce trimestre, nous avons 3593 cas de dépistage. Nous constatons ici, ce sont les femmes enceintes qui ont fait le maximum de dépistage, suivi des jeunes de 15 à 24 ans ; avec 15% chez les jeunes et 72% chez les femmes enceintes.

Pour les personnes dépistées positives et qui connaissent les résultats au niveau de ces 12 sites selon les signes, il y a eu 162 cas qui ont été dépistées positifs, dont les femmes enceintes ont aussi une grande partie : 48% ; suivis des jeunes dont l’âge varie entre 15 et 24 ans, 27%. Les professionnels de sexe 16%. Sur les 162 cas dépistés positifs 141 ont été initiés au traitement », a-t-il précisé.

Dans son discours, la présidente du groupe consultatif, Hadja Aminata Soumahoro, a fait savoir que la Guinée, à travers le REGAP+, est en charge de la mise en œuvre des activités de l’observatoire communautaire national pour améliorer l’accessibilité au traitement du VIH des personnes concernées au niveau des sites sélectionnés pour la période 2017-2019. « La surveillance du système de santé par les communautés améliore l’accès des personnes aux services sanitaires et offre de la qualité du système de santé, ainsi que le respect des droits de l’homme par une responsabilité améliorée.

C’est dans cette optique que le REGAP+, en collaboration avec ITPC Ouest Afrique, a sélectionné 12 structures, dont deux zones communautaires (Kindia et Conakry), pour la mise en œuvre des activités de l’observatoire au niveau des services de prise en charge, ciblant les personnes vivant avec le VIH, les femmes enceintes, les populations clés, les jeunes de 12 à 24 ans et les Utilisateurs des Drogues Injectables (UDI) », a-t-elle expliqué.

En outre, Hadja Aminata Soumahoro a mentionné quelques dysfonctionnements liés à leur activité. « Il s’agit entre-autres : la panne des appareils à charge virale dans les sites de prise couverte par le projet ; le délai de compte-rendu des résultats des examens biologiques assez long (3 à 6 mois) ; le faible dépistage des utilisateurs des drogues injectables et les populations clés ; les ruptures des équipements et des matériels de laboratoire pour la réalisation des examens biologiques, y compris la charge virale ; la faible initiation des nouveaux cas dépistés positifs au VIH » a-elle énuméré.

Devant les nombreux défis recensés dans le cadre de la lutte contre le VIH et pour l’atteinte des objectifs de l’ONU/SIDA à l’horizon 2030, le Groupe Consultatif Communautaire (GCC), à travers le REGAP+, « sollicite un soutien pour la mobilisation des ressources auprès des partenaires techniques et financiers pour la poursuite des activités de l’observatoire communautaire au traitement du VIH en République de Guinée ».

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

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Conakry : immersion dans l’univers de Siba Kolié, guérisseur traditionnel de l’os

9 septembre 2019 à 22 10 40 09409

De nombreux accidents de la circulation sont enregistrés tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Au delà du nombre élevé de morts, on note de nombreux cas de blessés qui sont envoyés dans les structures sanitaires. Certaines victimes de fractures, d’entorses ou de luxations s’orientent le plus souvent vers la médecine traditionnelle pour leur traitement. Ces tradi-praticiens sont très prisés et leurs locaux ne désemplissent pas de malades. C’est le cas à Simbaya Gare, relevant de la commune de Matoto, à quelques pas du marché à bétail, où Kolié Siba pratique le traitement traditionnel de l’os, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

De nos jours, plusieurs personnes font recours à la médecine traditionnelle pour soigner les fractures ou entorse dont elles sont victimes. Les responsables de ces structures reçoivent un nombre important de blessés.

Siba Kolié
Siba Kolié

C’est le cas de Siba Kolié qui pratique cette activité depuis de très longues années. Selon lui, le traitement de l’os est certes traditionnel, mais la radiographie est obligatoire pour tout patient qui sollicite ses services. « C’est un traitement qui est purement traditionnel. On utilise le kaolin avec une solution traditionnelle avant d’attacher la fracture. Mais avant de commencer tout travail, nous exigeons de faire la radio d’abord. Nous sommes en partenariat avec ceux qui font la radio dans les hôpitaux. Parfois, si on a des fractures ouvertes, on est obligé de mélanger le traitement moderne et celui traditionnel. Nous disposons d’un médecin qui est spécialisée pour l’opération et la chirurgie moderne », a expliqué monsieur Kolié.

Pour ce qui est de la durée du traitement et des frais y afférents, Siba Kolié a fait savoir que beaucoup de facteurs entrent en ligne de compte. « Le traitement dure par rapport à la fracture. Si c’est une fracture ouverte, le traitement dure 3 à 4 mois. Mais, si c’est une fracture fermée, la durée du traitement est de 2mois. Par rapport au prix, ce prix même est traditionnel. Lorsque la personne vient, on te demande d’abord d’amener les colas traditionnels. Ce qui est à 7 mille FG. Si la fracture n’es pas ouverte, on fait le traitement à 400 mille FG. Mais, si c’est une fracture ouverte, on fait le traitement à 1 million 500 mille FG. Les clients viennent en fonction du temps. Pendant la saison des pluies, on a plus de patients que pendant la saison sèche ».

Parlant de son personnel, Siba Kolié a fait savoir qu’il compte 10 employés avec qui il travaille régulièrement. « Le local-là, c’est chez nous. Pour les employés, ils ont au nombre de 10 personnes. Chacun d’entre eux a une fonction par rapport au travail qu’on fait ici. Et ce personnel, c’est presque la famille. On a beaucoup de clients qui nous payent en fonction de la nature de la fracture. Nous travaillons ici avec une vieille dame, du nom de Maman Paula Sény Haoulohara, qui est surnommée Mama Africa. Elle est la cheffe et fait ce travail depuis 2004. Elle a hérité le travail-là de sa maman », a révélé Siba Kolié.

Aïssatou Sow pour Guineematin.com

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Reprise des orientations en médecine : Pr. Mohamed Cissé à Guineematin

8 septembre 2019 à 10 10 55 09559
Pr Mohamed CISSE, Doyen de la faculté des sciences et techniques de la santé de l’UGANC

Après une pause de 5 ans, les orientations des bacheliers guinéens en médecine reprennent cette année. La faculté est revenue avec une nouvelle dénomination. On l’appelle désormais faculté des sciences et techniques de la santé. Mais, il n’y a pas que le nom qui a changé. Plusieurs autres changements sont intervenus à ce niveau. Pour en parler justement, un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre du Professeur Mohamed Cissé, le doyen de cette faculté à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Décryptage !

Guineematin.com : le gouvernement a annoncé la réouverture de l’ex-faculté de médecine. Dites-nous pourquoi le changement de dénomination et comment elle va fonctionner désormais ?

Pr Mohamed Cissé : je voudrais rappeler que la faculté de médecine de l’université Gamal Abdel Nasser a été créée en 1968. La faculté de pharmacie en 1969. Et, en 1990, le département d’odontostomatologie a été créé. Finalement, la faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie a été mise en place. Je rappelle que cette faculté de médecine de Guinée est la plus vielle des facultés de médecine d’Afrique noire en dehors celle de Dakar et de Kinshasa. Depuis sa création à cette date, il n’y a eu aucun investissement. Sa capacité d’accueil était de 20 étudiants. De cette date à maintenant, il n’y a eu aucun investissement pour augmenter les capacités d’accueil pouvant l’amener à donner une formation de qualité aux futurs médecins, pharmaciens, chirurgiens et dentistes du pays.

D’autres problèmes naturellement existaient, et c’est pour toutes ces raisons que le département de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a, dans son programme de réformes, s’est occupé de la faculté de médecine. Il a fait une évaluation menée par un expert sur financement de l’OMS. Et c’est suite à cette évaluation, qu’il y a eu des propositions qui ont été faites d’une part de changer le nom de la faculté et d’autre part pour être conforme aux nouvelles normes de la formation dans le domaine de la santé. C’est pourquoi, elle est passée du nom de faculté de médecine, pharmacie et odontostomatologie au nom de la faculté des sciences et techniques de la santé.

Guineematin.com : pourquoi ce nom ?

Pr Mohamed Cissé : vous savez, nous sommes dans l’espace CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) qui a ce qu’on appelle l’organisation de la santé, qui régule tout ce qui est santé dans l’espace CEDEAO. Cet organisme s’est mis depuis plusieurs années dans un processus d’harmonisation des programmes de formation dans toutes les institutions qui assurent la formation dans le domaine de la santé. C’est dans ce cadre qu’il a été décidé de ramener au niveau universitaire ce qu’on appelle la formation des sciences infirmières, obstétricales et paramédicales. Désormais, dans cette faculté, on va former des médecins, des pharmaciens, des chirurgiens-dentistes mais également des sages-femmes, des infirmiers et d’autres paramédicaux.

Guineematin.com : est-ce à dire que les autres écoles de santé primaires et secondaires vont disparaitre ?

Pr Mohamed Cissé : vous savez, cette question ne relève pas de moi. La disparition ou la création d’une école ne relève pas d’un doyen de faculté.

Guineematin.com : parlons des conditions d’accueil. Qu’est-ce qui est prévu pour la reprise de cette faculté des sciences et techniques de la santé ?

Pr Mohamed Cissé : je vous ai dit tout à l’heure que depuis sa création, il n’y a pas eu d’investissement. Mais on est en train de faire des investissements maintenant. On a décidé que pour cette rentrée, on aura six laboratoires au minimum sans compter ceux qui sont au niveau de l’université. La faculté des sciences en dispose et le CELFIG également. En ce qui concerne d’ailleurs les chirurgiens-dentistes que nous formons, tous les équipements sont sur place et le département a été rénové, grâce à l’appui du bateau Mercy Ship.

Guineematin.com : quelle va être la capacité d’accueil ?

Pr Mohamed Cissé : la formation d’un médecin, d’un pharmacien, d’une sage-femme, c’est 30% dans les amphithéâtres et 70 % dans les hôpitaux. C’est extrêmement important que là où on les accueille dans les structures de santé, que cela ne soit pas un problème pour les malades qui viennent se soigner. Ça va être un effectif réduit qui va permettre aux formateurs de pouvoir assurer une bonne formation à ces étudiants. C’est pourquoi, les effectifs qui sont retenus sont les suivants : 100 en médecine, 50 en pharmacie et 25 en chirurgie-dentaire. En ce qui concerne les sciences infirmières obstétricales et paramédicales, ce sera 90 étudiants en tout. Ils seront répartis comme suit : infirmiers 25, sages-femmes 25, les préparateurs en pharmacie 15, les techniciens supérieurs en laboratoires 15 et la kinésie thérapie 10.

Guineematin.com : combien de temps vont durer les formations ?

Pr Mohamed Cissé : la durée de formation ne change pas ni pour les médecins, ni pour les pharmaciens, ni pour les chirurgiens-dentistes. Mais pour les infirmiers, à partir du moment où la formation se fait au niveau universitaire, il va falloir passer 4 ans pour décrocher une licence professionnelle.

Guineematin.com : quelles sont les conditions d’admission à la faculté des sciences et techniques de santé?

Pr Mohamed Cissé : ce qui a été arrêté par les autorités, c’est que pour être admis, il faut avoir le bac avec au minimum mention Bien et passer un concours pour la médecine, la pharmacie et la chirurgie. Vous savez que la formation en sciences médicales n’est pas la même pour les autres options. Il faut de la rigueur et un bon encadrement. En Tunisie par exemple, pour être admis, il faut avoir 17/20 de moyenne. C’est pourquoi dans ce pays, le taux de réussite en médecine tourne autour de 97% de la 1ère année à la sortie. Il ne suffit pas d’avoir un millier d’étudiants dans un amphi mais d’avoir des étudiants d’un bon niveau, quel que soit l’effectif qu’on peut former.

Guineematin.com : faire la rigueur dans le recrutement est une chose, pouvoir former les admis est une autre. Qu’est-ce qui est prévu pour permettre aux futurs étudiants d’avoir une formation de qualité ?

Pr Mohamed CISSE, Doyen de la faculté des sciences et techniques de la santé de l’UGANC

Pr Mohamed Cissé : vous savez, le système de santé d’un pays repose sur six piliers. Le plus fondamental est celui des ressources humaines. Tous les autres cinq piliers tournent autour. On ne peut pas avoir un système de santé de qualité sans des ressources humaines de qualité. C’est pourquoi on investit dans la formation et c’est ce qui est en train d’être fait. J’ai parlé de laboratoires qui existent et des travaux qui ont déjà commencé. Vous pouvez aller voir dans la cour de Hadja Mafori Bangoura, les gens sont là. Et, on estime que dans les mois qui vont suivre, tous ces laboratoires seront disponibles. Une première partie, ce sera les cours théoriques et on a suffisamment de temps pour que les laboratoires soient prêts.

Deuxième partie, c’est ceux qui enseignent. Je l’ai dit récemment dans une interview, quand vous regardez dans le système éducatif guinéen, plus précisément au niveau de l’enseignement supérieur, c’est la faculté de médecine qui a le plus grand nombre d’enseignants de rang A de toutes les universités guinéennes réunies. Nous avons plus 12 professeurs titulaires du CAMES, plus de 25 maitres de conférences agrégés du CAMES et une dizaine de maitres de conférences, nommés localement. Donc nous avons toutes les ressources humaines requises pour donner une bonne formation aux étudiants.

Guineematin.com : quand est-ce que la rentrée est prévue chez vous ?

Pr Mohamed Cissé : c’est les autorités qui décident. D’habitude, c’est le 3 octobre. Mais on ne nous a rien dit encore. On attend.

Guineematin.com : à part à l’université Gamal, y aura-t-il des facultés de sciences et techniques de santé dans d’autres endroits du pays ?

Pr Mohamed Cissé : pour les établissements d’enseignement public, ce sera ici à Gamal, donc à Conakry. Mais il y a des universités privées qui ont des facultés de médecine. Seulement, les conditions de recrutement seront les mêmes pour toutes universités du pays qu’elles soient publiques ou privées. C’est ce que les autorités ont décidé.

Interview réalisée par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Rupture de préservatifs à N’zérékoré ? « Ce sont des fausses rumeurs », DPS

6 septembre 2019 à 18 06 20 09209

Comme annoncé précédemment, une rumeur annonçant une rupture de préservatifs s’est emparée de la ville de N’zérékoré depuis hier, jeudi 05 septembre 2019. La nouvelle s’est répandue sur les réseaux sociaux et dans les quartiers de la commune urbaine, inquiétant de nombreux citoyens. Mais, les autorités sanitaires de la préfecture ont aussitôt démenti la nouvelle, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Dr Antonio Doualamou, chef des ressources humaines en santé et directeur par intérim de la DPS

Selon Dr Antonio Doualamou, responsable des ressources humaines en santé et directeur préfectoral de la santé de N’zérékoré par intérim, il ne s’agit là que de fausses rumeurs. « C’est ce matin, à la réunion de tous les chefs de centres de santé, que le pharmacien-chef qui a suivi la radio, nous a informés qu’il a entendu parler d’une rupture de préservatifs à N’zérékoré. Et, nous avons passé la parole à tous les chefs de centres en leur demandant s’il y a rupture de préservatifs chez eux. Ils ont tous répondu par non. Donc, nous sommes très surpris que cette nouvelle puisse circuler sur les réseaux sociaux et même dans les médias, alors que nous-mêmes on n’est pas informés. Les préservatifs sont bien disponibles dans nos structures sanitaires. Ça je le confirme, on n’est pas en rupture. Ce sont des fausses rumeurs », a déclaré le DPS par intérim.

Le responsable sanitaire annonce d’ailleurs des sanctions contre l’agent de santé qui a annoncé cette nouvelle. « On a convoqué déjà l’agent qui a diffusé la fausse nouvelle avec son directeur au niveau de la direction préfectorale de la santé (DPS). Quand ils seront là, nous allons les écouter et des sanctions administratives vont être prises à leur encontre pour ne pas que de tels cas se répètent », a laissé entendre Dr Antonio Doualamou.

Il a enfin invité les citoyens de N’zérékoré, désireux de se procurer de préservatifs, à se rendre dans les structures concernées. « Les gens qui avaient la possibilité d’aller à l’AGBEF, parce que l’information est venue de là, ils n’ont qu’à continuer à y aller, parce que le directeur même de cette structure a démenti la nouvelle. Les portes de nos structures sanitaires sont largement ouvertes et les préservatifs y sont disponibles.

Je demande aussi aux citoyens de recevoir toutes les missions qui viennent vers vous pour la sensibilisation sur le VIH/SIDA. Parce que nous savons que le taux de prévalence est très élevé à N’zérékoré. Selon le chargé des IST, la préfecture de N’zérékoré a un taux de prévalence de 7% alors qu’il est de seulement 1,7% au niveau national », a dit le DPS par intérim de N’zérékoré.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél : +224620166816/666890877

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Diarrhée et vomissement à Bodié (Dalaba) : décès de 2 sœurs en 48H

5 septembre 2019 à 14 02 04 09049

Deux dames ont trouvé la mort en l’espace de 48 heures, de suite de diarrhée et de vomissement, à Oussoumaniyah, relevant du district de Bodié IV, dans la Commune Rurale de Bodié, préfecture de Dalaba. Seulement, les symptômes ne disent rien aux autorités administratives et sanitaires de la collectivité.

Selon des ressortissants de cette sous-préfecture à Conakry, qui ont échangé avec un journaliste de Guineematin.com, c’est une vieille qui souffrait de diarrhée et vomissement à Oussoumaniyah, dans le district de Bodié IV qui est décédée moins de 48 heures après la déclaration des symptômes.

Malheureusement, sa petite sœur qui s’occupait d’elle est morte 48 heures après l’inhumation de la vieille dame ; c’est-à-dire dans la soirée d’hier, mercredi 4 septembre 2019.

« Nous avons prévu de l’inhumer ce jeudi après la prière de 14 heures », confirme le maire adjoint de Bodié, Elhadj Abdoulaye Lenguêdjé Baldé, qui semble prendre ce drame à la légère.

« Ce n’est pas une épidémie qui se déclare ! C’est la vieille qui souffrait de diarrhée et de vomissement. Les gens ont voulu que le chef du centre de santé aille à la maison pour l’examiner. Mais, ce dernier a expliqué qu’il ne pouvait pas se déplacer sous le prétexte qu’il avait déjà un patient en coma. Il a alors demandé à ce qu’on transporte la vieille au centre de santé. Entre-temps, elle est décédée la nuit » a ajouté l’adjoint au maire de Bodié.

Egalement interrogé par Guineematin.com, le chef du centre de Santé de Bodié, Boubacar Bah, se disant infirmier d’Etat sorti de Kindia, n’a pu révéler grand-chose. « J’ai reçu la seconde victime. Je l’ai traitée. Elle est rentrée à la maison. C’est là-bas qu’elle est décédée la nuit du mercredi », a indiqué l’agent de Santé.

Ces deux décès de suite de diarrhée et de vomissement enregistrés dans la même famille en moins de 48 heures n’ont éveillé aucun réflexe défensif en cet agent de santé, qui estime qu’il n’y a rien de grave au point de s’en alarmer.

Seulement, dans la même semaine, il y a aussi eu le décès d’un boulanger, mort de suite de maux de ventre à Kollenté, dans Kindia, à peine une semaine après son départ de Bodié, Dalaba, où il gérait une boulangerie.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Fièvre aphteuse, manque d’eau, vol de bétail : le secteur de l’élevage menacé à Koumbia

30 août 2019 à 11 11 01 08018

La commune rurale de Koumbia, située dans la préfecture de Gaoual, est une zone agropastorale par excellence. Berceau de la race Ndama, elle dispose du 8ème du cheptel national, se classant ainsi en tête des communes réputées favorables à la pratique de l’élevage en Guinée. Mais depuis quelques années, ce secteur est confronté à plusieurs problèmes qui le menacent sérieusement. L’un des acteurs du secteur a expliqué ces difficultés à un journaliste de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Idrissa Diallo, membre de l’Union des jeunes éleveurs de Koumbia et membre de la coordination des éleveurs de la préfecture de Gaoual
Idrissa Diallo, membre de l’Union des jeunes éleveurs de Koumbia et membre de la coordination des éleveurs de la préfecture de Gaoual

Idrissa Diallo, un des responsables de l’union des jeunes éleveurs de Koumbia et membre de la coordination des éleveurs de la préfecture de Gaoual, connaît bien ce secteur. Rencontré au milieu de son troupeau, campé à quelques 5 km du chef-lieu de la sous-préfecture, le jeune éleveur explique que les problèmes entre agriculteurs et éleveurs persistent dans la localité. Et cela, malgré les dispositions prises pour y mettre fin.

« Cette zone (le campement des éleveurs) est la 2ème du genre à Koumbia. Elle s’étend sur un périmètre estimé à près de 10 mille hectares. Nous nous sommes entendus : agriculteurs et éleveurs, appuyés par les autorités locales, que cette zone est réservée à l’élevage et ne doit pas être occupé par les planteurs. Mais malgré tout cela, certains agriculteurs s’entêtent et mettent en pleine prairie des champs isolés non clôturés. D’autres encore essaient de revendre les domaines. Certains encore tentent de faire des plantations. Ce qui occasionne souvent des accros puisque facilement les troupeaux peuvent passer par là sans la volonté du bouvier », soutient-il.

Mais, ce problème entre agriculteurs et éleveurs est moins complexe par rapport à d’autres que rencontrent les acteurs du secteur de l’élevage à Koumbia. « Cette année, nous avons enregistré une maladie qui a fatigué notre bétail. Tu peux voir un taureau de 5 ans, 6 ans, voire plus tomber banalement et mourir de la fièvre aphteuse. Nous avons perdu assez de têtes cette année à cause de cette maladie. D’autres vaches en état n’ont pas pu arriver à terme. Heureusement, vers la fin de la saison, nous avons obtenu des produits pour lutter contre cette dangereuse fièvre », explique Idrissa Diallo.

Il ajoute que « l’un des problèmes les plus graves que nous avons ici c’est le manque d’eau. Ici sur cette zone, il y a plus de 2000 têtes de bœufs. Nous sommes au moins 15 à 20 éleveurs à camper dans la zone depuis plusieurs dizaines d’années. Il y a beaucoup de cours d’eau et de sources d’eau. Mais ces 5 dernières années, les points d’eau sont devenus rares. Pendant la saison sèche, entre mars et juin, nos bœufs, à la recherche d’eau, meurent parfois de soif. D’autres, toujours à la recherche d’eau, tombent et meurent isolés sur les anciens sites où ils avaient l’habitude de trouver de l’eau ».

Autre souci évoqué par le jeune éleveur, c’est le sempiternel problème vol de bétail. « Les gens nous fatiguent ici. Je veux dire les voleurs. Les voleurs ont souvent des complices masqués. S’ils volent, il est difficile de les dénicher, si tu réussis à le faire, ils passent par les mailles de la justice. Nous voulons que cela cesse. Que les éleveurs et leur bétail soient bien sécurisés. Cela va dans l’intérêt de chacun de nous. D’ailleurs à cause des nombreux problèmes que je viens de citer ici, surtout le manque d’eau et le vol de bétail, beaucoup de nos parents ont traversé la frontière du côté de la Guinée Bissau.

Nous aimons bien notre pays, c’est pourquoi nous lançons ce cri d’alarme afin que l’Etat nous vienne en aide en solutionnant ces différentes difficultés auxquelles nous sommes confrontés au quotidien ici. Je précise que notre secteur contribue énormément au développement du pays », a dit monsieur Diallo.

La preuve, dit-il, grâce à cette activité, au moins 5 à 6 camions remorques, remplis de bœufs, quittent cette localité chaque lundi en direction de Conakry. Sans compter le lait et ses produits dérivés qui sont également vendus dans la capitale guinéenne.

« C’est grâce à cette activité que nous parvenons à faire vivre nos familles, nous envoyons nos enfants à l’école, et en cas de maladie, nous les soignons. Nous contribuons efficacement au progrès économique du pays, à travers l’élevage. Nous voulons que ce secteur soit protégé et développé par l’Etat pour le bien de tout le monde », a conclu notre interlocuteur.

De retour de Koumbia, Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Santé : « un seul avortement peut rendre la femme stérile », prévient Dr Abdourahmane Diallo

22 août 2019 à 13 01 09 08098

La stérilité, ou incapacité de se reproduire, touche de nombreux couples. Elle est souvent source d’inquiétude et même de déception, d’autant plus que les femmes sont souvent et parfois injustement pointées du doigt. Mais, quand est-ce qu’on parle de stérilité ? Quelles peuvent être ses causes ? Pour en parler, un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre du Docteur Abdourahmane Diallo, médecin spécialiste en Gynécologie obstétrique, en service à l’hôpital Ignace Deen de Conakry.

Décryptage !

Guineematin.com : la stérilité, est-ce une situation naturelle ou bien c’est quelque chose qu’on peut provoquer ?

Dr Abdourahmane Diallo : non, la stérilité n’est pas naturelle. Elle a des causes qui sont certes multiples, mais elle est causée par quelque chose. Elle ne survient pas de façon spontanée.

Guineematin.com : qu’est-ce qui peut alors causer la stérilité ?

Dr Abdourahmane Diallo : les causes de la stérilité sont multiples : il y a des causes qui sont liées à la femme et il y a d’autres causes qui sont liées à l’homme. Vous savez, les responsabilités sont partagées. 50% des causes sont liées aux hommes et les autres 50% sont liés aux femmes. Il faut d’abord préciser certains aspects, toute difficulté de conception n’est pas appelée stérilité. La stérilité, c’est l’incapacité totale pour un couple d’avoir un enfant.

Mais, lorsqu’un couple vit ensemble et entretient des rapports sexuels réguliers sans aucune méthode contraceptive pendant plus d’un an sans avoir une grossesse, on parle en ce moment d’infertilité. Par contre, l’infécondité, c’est lorsque la femme n’arrive pas à mener les grossesses jusqu’à terme. Mais, lorsqu’il y a une incapacité totale d’avoir un enfant, c’est en ce moment qu’on emploie l’expression stérilité. La stérilité peut être liée à l’homme lorsqu’il a une azoospermie, c’est à dire qu’il ne produit pas de spermatozoïde.

Chez la femme, certaines malformations de l’appareil génital portant sur les ovaires, sur l’utérus ou le vagin, certains traitements comme par exemple l’hystérectomie (intervention chirurgicale qui consiste à enlever l’utérus) sont responsables de stérilité. En dehors de ces causes de stérilité, il y a beaucoup d’anomalies qui peuvent retarder la procréation mais qui peuvent être soignées. En ce moment, on parle d’infertilité ou d’infécondité.

Guineematin.com : y a-t-il un lien entre la stérilité et les interruptions volontaires de grossesses. Autrement dit, est est-ce que l’avortement volontaire peut causer la stérilité chez la femme ?

Dr Abdourahmane Diallo : l’avortement provoqué, par les complications qu’il engendre, peut être responsable soit de l’infertilité, de l’infécondité ou d’une stérilité. Quand est-ce que l’avortement provoqué peut être cause d’une stérilité ? C’est lorsque par exemple, l’avortement est pratiqué par des manœuvres instrumentales, avec des instruments souvent métalliques, tranchants, pour interrompre la grossesse. Alors, au cours de ces manœuvres, il peut arriver quelque fois que les gens blessent ou perforent l’utérus et quelques fois les lésions sont telles que pour sauver la vie de la femme, on est obligé d’enlever son utérus.

Lorsqu’on n’a plus son utérus, on ne peut pas concevoir. Les curetages réalisés par certaines personnes qui pratiquent l’avortement peuvent entraîner un accolement des parois utérines, qu’on appelle synéchies, rendant impossible toute grossesse. Ces avortements aussi peuvent s’accompagner d’infections génitales pouvant s’étendre aux trompes et entraîner leur fermeture et l’impossibilité de concevoir de façon naturelle, car chez l’espèce humaine, la fécondation a lieu au niveau de ces trompes.

Guineematin.com : combien d’avortements provoqués peuvent rendre une femme stérile ?

Dr Abdourahmane Diallo : un seul avortement peut tuer la femme, peut la rendre stérile. Un seul avortement, lorsqu’il est mal pratiqué, peut entraîner l’infertilité ou l’infécondité. Ce n’est pas seulement le nombre. C’est vrai que le nombre est important, mais un seul avortement mal pratiqué peut tuer.

Guineematin.com : il y a certaines personnes qui pensent que les contraceptifs peuvent aussi provoquer la stérilité. Est-ce une réalité ?

Dr Abdourahmane Diallo : non. En fait, il y a deux catégories de contraceptifs : il y en a qui sont réversibles et il y en a qui sont irréversibles. Tous ceux qui sont réversibles ne provoquent pas une stérilité. C’est vrai qu’avec certains, ont peut observer un petit retard dans le retour à la fertilité quand la femme aura arrêté la méthode contraceptive. C’est-à-dire que si elle arrête, elle peut ne pas pouvoir concevoir tout de suite, mais au bout de quelques mois, la conception est possible.

Si elle ne conçoit pas après, ça ne sera pas parce qu’elle a pris un contraceptif, mais il faut chercher une autre cause et la traiter. Maintenant, les méthodes irréversibles, quand on les réalise, c’est fini, la conception n’est plus possible. Mais ne choisissent ces méthodes irréversibles que les femmes qui ne souhaitent plus faire d’enfant dans leur vie et on ne peut pas parler de stérilité chez une femme qui ne souhaite plus faire des enfants.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Réduction des sociétés grossistes de médicaments : « il y a une bonne avancée…», dit Dr Manizé Kolié

17 août 2019 à 11 11 40 08408

Le gouvernement et ses partenaires sont décidés à mettre de l’ordre dans l’importation et la vente des médicaments en Guinée. Après avoir réduit le nombre de sociétés importatrices de médicaments de 104 à 58, les autorités comptent encore diminuer ce nombre, en le ramenant à 04. Les membres du Syndicat des Pharmaciens et d’autres structures, constitués en commission, ont tenu une réunion marathon dans les locaux du ministère de la Santé ce vendredi, 16 août 2019.

A la fin de cette réunion de près de 10 heures d’horloge, Dr Manizé Kolié, secrétaire général du Syndicat des Pharmaciens d’Officines Privées de Guinée, a confié ses impressions à un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Guineematin.com : vous sortez d’une longue réunion relative à la réglementation de l’importation des produits pharmaceutiques. Que peut-on retenir de cette rencontre ?

Dr Manizé Kolié : nous sommes sur la centralisation des résultats de l’évaluation des sociétés grossistes. Nous sommes dans une expédition depuis le 15 juillet, et nous sommes à la phase de la centralisation. C’est la phase la plus importante parce que nous avons des objectifs. Les objectifs, c’est de rester dans la dynamique du Chef de l’Etat.

Quand il nous a reçus en audience le 27 mars 2019, il nous a conseillé de revoir le nombre de sociétés grossistes dans notre pays. Par rapport à ce qui se passe dans la sous-région, nous sommes à un nombre pléthorique. Il y a trop de sociétés grossistes en Guinée, et c’est ce qui fait qu’il y a un marché parallèle inadmissible qu’on ne peut pas gérer.

Guineematin.com : à l’issue de cette réunion, qu’est-ce qui a été décidé ?

Dr Manizé Kolié : la réunion était entre les membres de la commission qui a eu à faire cette évaluation. Nous sommes en train de regarder les notes. Parce que sur le terrain on a visité chaque société grossiste et on a donné des notes à chaque société grossiste par rapport aux 15 critères d’évaluation. C’est ce qu’on est en train de recouper. On veut ramener le nombre de 58 à 4 sociétés importatrices de médicaments. Quand vous prenez le ratio qui dit que 3 millions d’habitants pour une société grossiste, ça veut dire qu’on doit encore aller de façon drastique, on doit quitter de 58 à 4 sociétés.

On peut retenir de cette réunion qu’il y a une bonne avancée et qu’on se comprend : les membres de la commission, tous corps confondus. Parce qu’il y a l’inspection générale, l’ordre des pharmaciens, le syndicat, il y a la DNPM (Direction Nationale de la Pharmacie et du Médicament). Donc, on se comprend. Et je crois qu’avant la fin de la semaine prochaine, on aura complètement terminé et puis identifié un résultat qui sera accepté de tous.

Guineematin.com : quel est le dernier mot ?

Dr Manizé Kolié : le dernier mot, c’est de dire que nous sommes à une phase importante. Notre pays en avait vraiment besoin. Si on dit que la Guinée a 104 sociétés grossistes ça fait mal. Alors que dans la sous-région, chaque pays tourne à deux ou à trois sociétés grossistes. Et cette évaluation qui a commencé va aller très loin. Parce qu’après cette évaluation des sociétés grossistes de médicaments, on va évaluer les pharmacies privées.

Et après les pharmacies privées, le ministère a envie d’aller même dans les cliniques privées. On n’était pas à l’abri des faux médicaments. C’est une histoire d’assainir vraiment le secteur pharmaceutique pour que nous puissions vraiment disposer de produits de bonne qualité pour nos populations.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Passage à 4 sociétés importatrices de médicaments en Guinée : les précisions de Dr Manizé Kolié

14 août 2019 à 18 06 50 08508

Les travaux de la commission d’évaluation des sociétés grossistes répartiteurs de produits pharmaceutiques en Guinée se sont poursuivis ce mercredi, 14 août 2019, au ministère de la Santé. La démarche, entamée depuis pratiquement un mois, vise à réduire le nombre de sociétés grossistes de produits pharmaceutiques dans notre pays. Au terme de la réunion de ce mercredi, Dr Manizé Kolié, secrétaire général du syndicat des pharmaciens de Guinée, a expliqué à un reporter de Guineematin.com de quoi il a été question :

« Nous sommes à la centralisation des résultats. Il y a un mois que nous sommes sur le terrain, en train d’évaluer les sociétés grossistes à partir des critères qui ont été définis. Il y a eu 15 critères valables pour chaque grossiste. Ça a été fait. Depuis ce matin, nous sommes en train d’identifier un plan de travail d’évaluation. Parce que ces sociétés n’ont pas les mêmes emprises sur le marché guinéen. Il faut qu’on s’entende d’abord sur comment il faut procéder. C’est pour évaluer et tomber sur un minimum de sociétés qui va être retenue et qui va être désormais considérer comme les fournisseurs en médicaments de notre pays.

L’idée générale, c’est que la Guinée avait plus de grossistes que les pays de la sous-région. Nous allons sur la base normalement du ratio sous-régional, qui veut que trois millions d’habitants correspondent à une société grossiste. Mais la Guinée en avait jusqu’à 104 sociétés grossistes, recensées et ramenées à 58. Mais, les 58 là même sont encore trop. Ce qui fait que le marché parallèle prospère.

Nous souhaitons réduire à la normale et à la moyenne sous régionale. Entre 3 ou 4 sociétés grossistes. Parce que 11 millions d’habitants correspondent carrément à 4 grossistes. Ça veut dire, 3 sociétés grossistes privées et une société grossiste publique, la Pharmacie Centrale de Guinée, ça fait 4 en Guinée.

Il faut d’abord qu’on identifie les grossistes qui vont être retenus et qui vont avoir des recommandations et qui vont avoir de nouveaux agréments. Ils auront même des agréments à partir d’une liste qui va être déposée au niveau du chef de l’Etat. Il y aura un décret qui va les autoriser à faire le travail, à limiter leur zone d’influence. Pour le moment, ce qui nous intéresse, c’est d’identifier le nombre qui pourra être retenu pour notre pays.

Il y a deux groupes de critères : il y a le critère administratif, c’est qu’il faut être dans la légalité pour exercer ; deuxièmement, il y a le critère de fonctionnalité, c’est-à-dire qui va dépendre de tes capacités financières à pouvoir importer et à avoir une certaines logistiques à être dans un site convenable facile d’accès. C’est ce que nous appelons la fonctionnalité, qui permet aux grossistes d’évoluer sur toute la Guinée. On veut voir si ta valeur correspond aux besoins de la population guinéenne.

On a pu travailler aujourd’hui et je crois qu’on terminera le vendredi, 16 août 2019, parce que nous avons proposé un tableau Excel qui va permettre de départager les sociétés grossistes à partir de ce qu’on a vu sur le terrain ».

Propos recueillis par Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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IIFS de Télimélé : votre meilleur choix pour une formation de qualité en santé

10 août 2019 à 11 11 08 08088

Vous aimez la santé, vous voulez faire carrière dans ce domaine, plus besoin de vous poser de questions maintenant. Rejoignez rapidement l’institut international de formation en santé de Télimélé. L’établissement forme des infirmiers, des sages-femmes, des techniciens de laboratoire, etc.

L’institut est composé de 7 salles de classe, d’un amphithéâtre, d’un laboratoire de compétences, d’un laboratoire d’analyses biomédicales, d’un centre de santé pédagogique et de dortoirs pour les filles avec 15 chambres ayant chacune 4 lits. Il dispose également d’une crèche pour la garde des bébés des étudiantes nourrices et d’une salle de spectacle. Le campus est desservi en eau et en électricité 24/24h.

Avec l’appui de ses partenaires allemands, ce centre de formation professionnelle possède aussi un jardin dans lequel sont élevés des plantes médicinales.

En ce qui concerne la formation de ses étudiants et le traitement de ses patients, en plus du personnel enseignant et soignant guinéen, l’institut est également appuyé par des équipes mixtes allemandes qui s’y rendent souvent pour enseigner ou pour soigner.

Les inscriptions commencent à partir du mois de septembre prochain et les cours vont démarrer le 05 octobre 2019. Pour cette année, l’institut international de formation en santé de Télimélé prévoit d’offrir des bourses à ses 6 meilleurs étudiants. Ces derniers ne paieront pas les frais de scolarité durant toute l’année.

Pour plus d’informations, veuillez appeler le numéro suivant : 622 312 831.

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Conakry : le Groupe Santé Pour Tous (GSPT) Never Die vante les mérites du Moringa

8 août 2019 à 12 12 42 08428

Dans le cadre de la célébration de sa 4ème année d’existence, l’entreprise Groupe Santé Pour Tous (GSPT) Never Die Guinée a organisé une conférence-débat à Sonfonia Gare dans la soirée du mardi, 06 août 2019. Les débats ont essentiellement porté sur la valorisation de la plante Moringa et d’autres plantes médicinales africaines qui constituent la spécialité de ladite entreprise, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cette conférence a été animée par l’assistante de direction du Groupe Santé pour tous Moringa Never Die, Houleymatou Kourouma. Dans son exposé, la conférencière est revenue sur les impacts que la valorisation de la plante Moringa peut offrir en faveur de l’Afrique en général, et la Guinée en particulier. « Nous voulons valoriser les plantes naturelles car la nature ne meurt jamais. Sinon, ces plantes là, avec le Moringa qui est surtout une plante qui traite plusieurs maladies, cela va nous apporter beaucoup en Guinée.

Au lieu d’aller importer des produits chimiques, si nous consommons les produits naturels, ça nous rend vraiment africains. Pendant 4 ans de recherches sur le Moringa, nous avons compris qu’il existe plusieurs impacts dans différents domaines. Dans le domaine de l’environnement, la culture de Moringa contribue à la protection et la préservation de notre environnement contre les effets néfastes de réchauffements climatiques.

Concernant le domaine sanitaire, la consommation des produits issus de la transformation du Moringa apporte la santé et le bien-être en luttant contre la malnutrition de la population rurale et urbaine. S’agissant du domaine économique, le développement de la filière MORINGA augmente le produit intérieur brut de notre pays en limitant l’importation de certains produits similaires qui sont néfastes à la santé tout en diminuant la fuite des capitaux », a révélé Houleymatou Kourouma.

Au terme de l’exposé, le PDG de l’entreprise Groupe Santé Pour Tous (GSPT) Never Die Guinée, Mamadou Hady Barry, est revenu sur quelques produits fabriqués à partir de la plante médicinale Moringa. « Notre produit, c’est Moringa Never Die, c’est-à-dire un produit fait sur la base de Moringa, qui est une plante originaire de l’inde, connue dans le monde à travers ses vertus nutritionnelles et thérapeutiques. Aujourd’hui, nous sommes là dans le cadre de la valorisation non seulement de cette plante Moringa, mais encore la médecine traditionnelle africaine parce que nous avons constaté que cette médecine est en retard.

Cependant, c’est une médecine qui peut générer de l’emploi pour les jeunes, mais qui peut aussi protéger l’environnement à travers le reboisement. Donc, nous avons décidé d’avoir pour projet la promotion et valorisation de la médecine traditionnelle africaine qui est Moringa Never Die.

Pour cela, nous avons plusieurs produits faits sur la base du Moringa, notamment le pauvre Moringa qui lutte contre la constipation et l’hémorroïde ; le savon Moringa, qui lutte contres les dermatoses ; le terre-à-terre, qui lutte contre la faiblesse sexuelle ; l’huile et la pâte dentifrice qui luttent contre les maux de dents ; le thé Moringa, qui réduit le taux de sucre dans le sang et qui normalise la tension ; le savon terre-à-terre, qui lutte contre les infections au niveau de l’appareil génital chez l’homme tout comme chez la femme », a-t-il expliqué.

Monsieur Barry en a profité pour dévoiler les perspectives de sa structure. « Nous avons plein de projets. Nous sommes-là, nous entreprenons des projets dans la médecine naturelle ; dans l’agriculture afin d’apporter quelque chose à notre nation, c’est ça notre vision ».

A noter que la cérémonie a pris fin par la coupure du gâteau d’anniversaire et la remise de satisfécits aux responsables et agents commerciaux de l’entreprise.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel : (00224)622919225 / 666919225

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Santé : le ministre Niankoye Lamah invite les populations à accepter de se faire vacciner

24 juillet 2019 à 21 09 18 07187

En prélude au lancement des prochaines campagnes de vaccination, le ministre d’Etat de la santé rassure les citoyens et les appellent à accepter de se faire vacciner. C’est dans ce cadre que Dr Edouard Niankoye Lamah a animé une conférence de presse ce mercredi, 24 juillet 2019, à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Tirant les leçons de la psychose née de la dernière campagne de distribution des praziquantel dans les écoles, le ministre de la santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, entouré des membres de son cabinet, a conféré avec les hommes de médias dans la soirée de ce mercredi, sur la nécessité pour les citoyens d’accepter de participer aux campagnes de masse à venir. Selon lui, les traitements de masse sont d’une importance capitale. « Les traitements de masse permettent de prévenir des maladies. Ça permet de réduire la mortalité évitable pour certaines maladies. Il y a particulièrement la vaccination. Dans notre pays, très souvent, c’est interprété de plusieurs manières. Mais en fait, il faut retenir que les traitements de masse, les mesures de masse en santé sont nécessaires.

Une grande victoire a déjà été remportée. Si je ne me trompe pas, en 1976, lorsqu’on a évalué que la variole était à jamais éradiquée, c’est grâce à la vaccination. Aujourd’hui, si nous parvenons à contrôler certaines infections comme par exemple la fièvre jaune, c’est grâce à la vaccination, la rougeole, c’est grâce à la vaccination. Et, en 2014-2015, trois pays de l’Afrique de l’Ouest ont subi des chocs, parce que nous fûmes frappés par une grande épidémie à fièvre hémorragique Ebola. Certes, on a pris d’autres mesures préventives, mais au finish, on a abouti à la vaccination, même si elle était expérimentale. Et, on s’est rendu compte que les personnes qui ont été vaccinées présentaient des anticorps protégeant », a-t-il expliqué.

Comme tous les médicaments préventifs, ajoute le ministre, la vaccination peut avoir des effets négatifs. Il précise toutefois que quand les effets sont sévères, le ministère de la santé suspend la campagne. « Là où il n’y a pas de vaccin, il faut donner les produits. Mais, il n’y a pas un seul médicament surtout moderne chimique sans qu’il n’y ait des effets secondaires. Il y en a des effets secondaires modérés, il y en a des effets secondaires très difficiles à supporter. Ce qu’on cherche, quand les effets secondaires sont très durs à supporter, on ne donne pas ce produit. Mais, lorsque les effets secondaires ne durent pas, ils doivent être signalés à celui qui prend les médicaments. Il sait qu’il n’y aura pas de problème mais il va un peut souffrir. C’est ce que nous faisons », soutient Dr Edouard Niankoye Lamah.

Au regard des bienfaits que la vaccination (qui est le plus souvent préventif) peut apporter à l’être humain, le ministre d’Etat de la santé invite donc les citoyens à accepter de se faire vacciner. Aux médias, il demande à aider son département « à briser les rumeurs et rétablir le climat de confiance entre usagers et prestataires en vue de la réussite des prochaines campagnes de masse. Aidez-nous ! Professionnels de santé, aidez-vous-mêmes ! Mères et pères d’enfants, aidons le peuple de Guinée à accepter le traitement de masse et à accepter les vaccinations ! (…)

Le ministère de la santé, sa vocation première n’est pas seulement de soigner. C’est d’empêcher la venue de la maladie. Soigner, c’est vraiment une exception. Et nous, on ne souhaiterait pas soigner, on voudrait trouver tout le monde en bonne santé. Même quand vous allez au pèlerinage, on demande le carnet de vaccination parce que là où vous partez, ils sont convaincus que la vaccination est le meilleur type de prévention de la maladie. Donc, il faut que vous nous aidiez parce que nous allons sortir pour vacciner. Nous allons sortir pour donner des médicaments », a-t-il lancé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Télimélé : l’hôpital préfectoral électrifié grâce à l’appui de la GIZ

20 juillet 2019 à 11 11 50 07507

Plongé dans le noir depuis une décennie, l’hôpital préfectoral de Télimélé vient d’être électrifié, grâce à l’appui de la GIZ. C’est le préfet de Télimélé, Amadou Sadio Diallo, qui a procédé au lancement du courant électrique sur les lieux dans la nuit d’hier vendredi, 19 juillet 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’électrification de l’hôpital préfectoral de Télimélé constitue un ouf de soulagement pour les citoyens et autres usagers du centre. Selon nos informations, depuis qu’il y a eu un incendie sur les lieux, l’hôpital était plongé dans le noir. Le nouveau directeur de l’hôpital préfectoral, Dr Hamidou Chérif, a fait appel aux partenaires qui sont aussitôt venus à l’aide. Il a fallu mettre sur pied une installation souterraine. Notre source ajoute que l’hôpital est désormais desservi par Electricité De Guinée deux jours sur trois. Pour le troisième jour, l’hôpital se sert de son groupe électrogène de 40 KVA, à ses propres frais.

La cérémonie de ce vendredi nuit a réjoui le directeur dudit hôpital, Docteur Hamidou Chérif, qui a expliqué les efforts engagés pour qu’on en arrive là. « Cette cérémonie a intéressé tout le monde parce que, selon les informations, ça fait 10 ans que l’hôpital de Télimélé n’a pas de courant. Quand je suis venu, j’ai évalué l’hôpital, j’ai trouvé que la première priorité, c’est comment éclairer l’hôpital. Je l’ai posé aux partenaires, la GIZ a pris l’engagement de m’accompagner. Donc, c’est en ce moment là qu’ils m’ont remis une requête et de monter le projet. Le financement global du projet est de 71 millions 500 mille FG. A la première phase, ils ont financé 22 millions, et la deuxième phase, ils vont donner le reste. Le projet a été scindé en deux phases : la première phase intéresse la Maternité, la Pédiatrie et le Laboratoire ; la deuxième phase s’intéresse à l’éclairage de tout l’hôpital. Aujourd’hui, grâce à la GIZ, notre hôpital est éclairé. Même si une aiguille tombe, on pourra facilement la retrouver », a dit Dr Chérif.

Pour sa part, le préfet Amadou Sadio Diallo, a exprimé toute sa satisfaction avant de remercier les partenaires, la GIZ, d’avoir réalisé ce projet. « On est content, on est honoré de ce jour. Il est incompréhensible qu’un hôpital reste sans électricité. Depuis que je suis venu, je n’ai pas compris que l’hôpital n’est pas électrifié. C’est vrai que je suis venu plusieurs fois rendre visite aux malades pendant la journée. Dieu fait bien les choses, à travers le courage du nouveau directeur de l’hôpital, Docteur Chérif et de tout son personnel, voilà aujourd’hui l’hôpital de Télimélé électrifié. Nous les remercions très sincèrement, je prie Dieu de leur donner la chance de mieux faire pour la population de Télimélé. Si vous entendez le bien être, le développement, la base c’est le courant. Partout où il n’y a pas de courant, sachez qu’il n’y a pas de développement. Toutes les grandes puissances que vous connaissez ont pris comme priorité l’électricité au départ. C’est une occasion pour moi de remercier la GIZ et le gouvernement guinéen. Je remercie aussi les travailleurs de l’hôpital, parce que c’est grâce à leur courage et à leur façon de faire que nous n’avons pas senti le manque de courant à l’hôpital. Sachez que je suis là pour le bien être de la population, je suis à votre disposition », a fait savoir le préfet.

A noter que cette cérémonie de lancement du courant électrique à l’hôpital a eu lieu en présence de plusieurs personnalités, dont le maire de la commune urbaine, Younoussa Goulgoul Diallo. Il est à préciser que la direction de l’hôpital a préféré faire le lancement pendant la nuit pour permettre à la population de constater le changement positif apporté sur les lieux.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél. : 622525250

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Dr Abdourahmane Diallo prévient : « une seule fausse couche peut conduire à la mort… »

14 juillet 2019 à 15 03 39 07397
Dr Abdourahmane Diallo, spécialiste en gynécologie-obstétrique

De nombreuses femmes sont victimes de fausse couche, autrement dit une interruption spontanée de leur grossesse. Les spécialistes en gynécologie expliquent les fausses couches par plusieurs raisons. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Dr Abdourahmane Diallo, spécialiste en gynécologie-obstétrique, est revenu sur les causes de la fausse couche, ses symptômes, ses conséquences ainsi que les comportements à adopter pour l’éviter. Dr Diallo est médecin en service à l’hôpital Ignace Deen, enseignant à la faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.

Guineematin.com: qu’est-ce qu’on entend par fausse couche ?

Dr Abdourahmane Diallo : la fausse couche, c’est l’interruption spontanée de la grossesse avant la 22ème semaine d’aménorrhée. On parle aussi de fausse couche lorsque l’enfant qui est né, s’il faut l’appeler comme ça, a un poids inférieur à 500 grammes. Donc, lorsque le produit de conception qui est expulsé est inférieur à 500 g, on parle de fausse couche ; ou alors, lorsque l’âge de la grossesse n’a pas dépassé 22 semaines d’aménorrhée.

Guineematin.com : quels sont les symptômes de la fausse couche ?

Dr Abdourahmane Diallo : généralement, la fausse couche se manifeste par des douleurs, des douleurs soit au bas-ventre et au niveau des reins, au bas du dos. Et souvent, ce sont des douleurs intermittentes qui viennent, qui s’estompent. En plus de ces douleurs, il y a des saignements, un saignement génital. Alors, ce sont ces deux signes essentiellement qui font venir les femmes vers le docteur et quand nous examinons, il y a d’autres signes que nous trouvons à l’examen. Notamment des modifications au niveau du col, le col qui commence à raccourcir et à s’ouvrir. Il faut rappeler qu’on peut les recevoir à plusieurs stades. Certaines femmes, on les reçoit au stade de la menace de l’avortement, c’est à dire la grossesse est à l’intérieur, mais elle a des douleurs, elle saigne et quand on examine, on trouve que le col est quelque part pas ou presque modifié. Il y a d’autres qu’on reçoit, qu’on appelle avortement en cours, c’est à dire que tout le processus est à l’intérieur, il n’est pas sorti, mais on ne peut plus arrêter le processus. Il y a d’autres qu’on reçoit à un cas de fausse couche spontané, mais incomplet, c’est à dire il y une partie qui est sortie, il y a l’autre partie qui est à l’intérieur encore. Il y a d’autres qui ont impulsé la totalité du produit de conception. Donc, les signes qu’on retrouve dépendent de ce stade-là, selon qu’on soit au stade de la menace, au stade de l’avortement incomplet ou l’avortement complet.

Guineematin.com: que doit-on retenir des causes de la fausse couche ?

Dr Abdourahmane Diallo : les causes sont multiples. Il y a certaines qui sont liées à la mère, il y a d’autres qui sont liées à l’œuf, c’est à dire au produit de conception lui-même. Alors, du côté du produit de la conception, vous avez d’abord ce que nous appelons les anomalies génétiques qui sont très fréquentes lorsque l’avortement surtout est précoce. Plus l’avortement est précoce, plus il s’agit d’une anomalie génétique élevée. Il y a d’autres malformations, il y a aussi des anomalies liées au placenta, les anomalies du liquide amniotique qui sont aussi nombreuses, qui peuvent conduire à un avortement. Du côté de la mère, il y a ce qu’on appelle les causes locales, c’est-à-dire qui concernent l’utérus, là où l’enfant se trouve. Parmi les causes locales, nous avons les malformations de l’utérus. Lorsque l’utérus est mal formé, la grossesse ne peut pas se développer correctement. Encore, certains types de malformations, il y a aussi le fibrome utérin, quelques fibromes, pas tous. Mais, lorsque le fibrome est localisé à l’intérieur de la cavité utérine, lorsqu’il a un volume important, il peut entraîner un avortement. Il y a aussi ce qu’on appelle les béances du col, lorsque col n’est pas bien fermé, ça peut aussi entraîner l’avortement. Sur le plan général, vous avez le paludisme qui peut l’entraîner. Ça, c’est une cause fréquente des fausses couches chez nous. Vous avez les infections urinaires, et toutes autres maladies qui affectent l’état général de la mère peuvent conduire à une fausse couche.

Guineematin.com: les infections génitales et les stress peuvent- ils provoquer les fausses couches ?

Dr Abdourahmane Diallo: oui, les infections peuvent provoquer l’avortement, elles peuvent aussi provoquer une complication de l’avortement lorsque cet avortement n’est pas pris en charge. Il y a même d’autres types d’infections, par exemple même, quand quelqu’un parle d’infection urinaire, elle peut… Le stress est un facteur de risque, il augmente la probabilité de survenue de l’avortement, ce n’est pas que directement il l’engendre. Mais, lorsque la femme est stressée, le risque pour avorter est élevé.

Guineematin : quelles conséquences la fausse couche entraine-t-elle ?

Dr Abdourahmane Diallo : les premières conséquences d’abord, on perd la grossesse. L’enfant qu’on avait souhaité avoir, on le perd. Et puis, lorsque l’avortement sera simplement la menace, là d’abord, on ne perd pas la grossesse, on peut être hospitalisé, on peut se soigner et garder la grossesse. Mais, quand ce n’est pas pris en charge correctement, elle peut perdre la grossesse. Maintenant, lorsque cette situation aussi n’est pas bien gérée, les complications quelque part sont possibles. C’est vrai, c’est très rare quand c’est un avortement spontané, mais elle peut se compliquer parfois d’anémie, elle peut se compliquer d’infections et il y a certains avortements qui peuvent se répéter, surtout lorsque la cause n’est pas identifiée et soignée.

Guineematin.com: les fausses couches fréquentes peuvent-elles entraîner la mort ou la stérilité ?

Dr Abdourahmane Diallo: une seule fausse couche, lorsqu’elle est mal gérée, peut conduire à la mort. Ce n’est pas la répétition, même une seule suffit, lorsqu’elle est mal prise en charge, ça peut conduire à la mort. Lorsqu’elle est prise en charge, surtout les fausses couches spontanées, elle peut en faire plusieurs et ne pas mourir. Le fait de ne pas pouvoir mener à terme les grossesses qu’elles contractent, on appelle ça une infécondité. Il y a certaines qui ne conçoivent même pas, on appelle ça l’infertilité. Il y a d’autres qui conçoivent, mais qui ne peuvent pas amener la grossesse jusqu’à terme. On appelle ça infécondité, c’est déjà une anomalie d’infertilité. De façon générale, les fausses couches de façon spontanée concernent 10 à 15% des grossesses.

Guineematin.com: quelles sont les mesures à prendre, les comportements à adopter pour éviter la fausse couche?

Dr Abdourahmane Diallo: il faut savoir que la plupart des fausses couches peuvent être prévenues. Mais par contre, il y a certaines, on ne peut pas. Parmi les mesures à observer, c’est lorsqu’on accuse le retard des règles, vous allez voir un personnel de santé qui va examiner la femme, qui va identifier toutes les anomalies qui pourraient éventuellement conduire à un avortement et prendre en charge. Il y a même certaines causes qui peuvent être prévenues, il y a des conseils aussi qu’on donne aux femmes, c’est des attitudes à adopter vraiment pour que la grossesse évolue correctement, c’est ce message que je peux donner aux gens. Parce qu’elles même ne peuvent pas se prendre en charge. Donc, ce qu’il faut faire, c’est dès la survenue de la grossesse, c’est d’aller voir un personnel de santé qui peut s’occuper de la grossesse, qui va l’examiner, qui va traiter tous les problèmes de santé qu’elle a et puis, faire la prévention d’autres problème de santé qu’elle a et lui dire quelle attitude elle doit avoir qui soit favorable à un meilleur état de santé. Vous savez, les patientes n’ont pas toutes les mêmes problèmes, c’est cas par cas. Lorsqu’il n’y a pas de problèmes, il faut avoir une vie normale. Elle peut travailler, mais pas de façon excessive. Il faut éviter les excès, il faut avoir une alimentation équilibrée, mais pas trop manger gras, sucré et salé et puis, éviter les vices : le tabac, l’alcool ; suivre les conseils du personnel de santé qui assure sa grossesse.

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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32 ans de l’OOAS : le message du Directeur Général, le Prof. Stanley OKOLO

9 juillet 2019 à 11 11 25 07257

Aujourd’hui, 9 juillet 2019, l’OOAS commémore les 32 ans de sa création par le Protocole de la CEDEAO (A/P2/7/87) signé en 1987 par les 15 Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO à Abuja. Nous célébrons donc en ce jour, la Journée de l’OOAS dont l’objectif principal est de réaffirmer l’engagement de l’Institution vis-à-vis de la vision de ses pères fondateurs et par rapport au mandat à elle assigné qui est de promouvoir l’intégration régionale à travers la santé. C’est aussi l’occasion de partager avec les populations de l’Afrique de l’Ouest quelques-unes des activités que nous avons pu mettre en oeuvre, nos projections sur le futur et également leur faire part des défis auxquels nous sommes confrontés.

Au début de sa création, le mandat de l’OOAS était d' »assurer le niveau le plus élevé possible en matière de norme et de protection de la santé des populations de la région par l’harmonisation des politiques des États membres, la mise en commun des ressources et la coopération entre eux et avec les autres pour une lutte collective et stratégique contre les problèmes sanitaires de la sous-région ».

Aujourd’hui, le paysage sanitaire de l’Afrique de l’Ouest a quelque peu changé. En effet, ce paysage est maintenant mitigé, avec une population en meilleure santé, et vivant plus longtemps en 2019 qu’en 1987. Les taux de vaccination des enfants sont élevés, tous nos pays se sont débarrassés de la polio et nos réseaux régionaux de santé se sont davantage renforcés. Cependant, nous sommes toujours confrontés à des épidémies récurrentes telles que la fièvre de Lassa, la fièvre jaune et la méningite. Beaucoup de nos femmes meurent encore lors de l’accouchement et trop d’enfants ne vivent pas au-delà de leur cinquième anniversaire. Les maladies évitables restent un fléau à tout âge. Le paludisme a été éliminé dans plusieurs parties du monde, mais reste endémique dans notre région, où il est responsable d’environ quatre décès sur cinq chez les enfants de moins de cinq ans. Au niveau mondial, 11 pays comptent plus de 80% des cas de paludisme. Il s’agit de l’Inde et de 10 pays africains, dont cinq en Afrique de l’Ouest. L’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires ainsi que les accidents vasculaires cérébraux sont aujourd’hui les principales causes de décès au sein de nos populations. Le problème des médicaments falsifiés se pose avec acuité, et constitue une question urgente et critique dans nombre de nos pays. L’importation de près de 80 % des médicaments dont nous avons besoin dans notre région, illustre la nécessité pour nous d’en faire notre priorité, la fourniture de médicaments de très bonne qualité et à un coût abordable dans toute la région, de préférence à travers la production au niveau régional ; ce qui contribuera également à l’industrialisation et à la création d’emplois.

Guineematin.com vous propose de cliquer sur le lien suivant pour visionner l’intégralité de ce message :

Message du DG OOAS à l-occasion de la célébration de son 32è anniversaire

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Conakry : les autorités lancent les Journées Nationales de Vaccination contre la Poliomyélite

3 juillet 2019 à 19 07 31 07317

Dans le cadre de la lutte pour l’éradication de la poliomyélite, les autorités ont procédé au lancement officiel des Journées Nationales de Vaccination gratuite contre la Polio, couplée à la supplémentation en Vitamine A. La cérémonie a eu lieu ce mercredi, 3 juillet 2019, dans l’enceinte de la mairie de Matoto pour une campagne qui vise à vacciner les enfants de 0 à 5 ans. La démarche vise à les protéger contre cette maladie très contagieuse, invalidante et meurtrière, a appris sur place Guineematin.com à traves un de ses reporters.

La campagne en question se déroulera du 4 au 7 juillet 2019 et va toucher plus de 4 millions 600 mille enfants âgés de 0 à 5 ans sur toute l’étendue du territoire national. Durant ces journées, des équipes de vaccination, composées de plus de 10 milles agents, passeront dans chaque ménage, marché…pour vacciner tous les enfants de cette tranche d’âge et administrer de la vitamine A aux enfants de 6 à 59 mois pour lutter contre la cécité crépusculaire.

Coordinateur National du Programme Élargie de Vaccination (PEV), Dr Moustapha Dabo,
Dr Moustapha Dabo, Coordinateur National du Programme Élargie de Vaccination (PEV)

Le Coordinateur National du Programme Élargie de Vaccination (PEV), Dr Moustapha Dabo, est revenu sur les enjeux de cette campagne. « Ce programme a pour mission de prévenir toutes les maladies évitables justement par la vaccination. Parmi ces maladies, nous avons la poliomyélite. Ces journées nous permettront de parachever les progrès que nous avons réalisés dans le cadre de l’éradication de la poliomyélite en Guinée. Comme vous le savez, en 2015 on a enregistré un cas ici. Donc, nous avons élaboré un plan de riposte que nous sommes en train de mettre en œuvre à travers cette campagne. Notre objectif, c’est de renforcer l’immunité collective chez les enfants de moins de 5 ans. Dans le cadre de l’initiative mondiale de l’éradication de la polio, la Guinée est sur le chemin. Cette éradication n’est pas loin parce que nous avons enregistré énormément de progrès », a-t-il indiqué.

Yaghouba Barry, Secrétaire Général du ministre de la Santé
Yaghouba Barry, Secrétaire Général du ministre de la Santé

Au nom du Ministre de la Santé, le secrétaire général dudit département, Yaghouba Barry, a salué l’initiative avant d’inviter tout un chacun à poursuivre le combat contre la maladie. « Cette campagne de vaccination s’avère nécessaire afin de réduire significativement la poliomyélite en Guinée. Les progrès enregistrés jusque là ont été possibles grâce à l’engagement du président de la République, le professeur Alpha Condé, à l’appui des partenaires techniques et financiers et surtout à la forte participation des médias, de la société civile et des communautés. Nous devons poursuivre ces efforts afin d’améliorer l’immunité chez les enfants et renforcer les indicateurs de surveillance. C’est pourquoi, un appel pressant est lancé aux responsables de la santé à tous les niveaux ainsi qu’à tous les acteurs impliqués dans cette riposte afin qu’ils fassent preuve de responsabilité et d’engagement en vue de conférer à cette campagne une réussit totale », a souhaité monsieur Barry.

Cette cérémonie officielle de lancement de la campagne a été clôturée par l’administration de deux gouttes du vaccin contre la poliomyélite à 3 enfants de moins de 5 ans dans l’enceinte de la mairie. Elle a connu la présence du maire de Matoto, Mamadouba Toss Camara, des conseillers communaux des cinq communes de Conakry, du représentant du gouverneur de la ville de Conakry, des représentants des partenaires techniques et financiers ainsi que des artistes pour joindre l’utile à l’agréable.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 224623532504

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Examen de sortie : zoom sur les épreuves pratiques des infirmiers d’Etat

2 juillet 2019 à 23 11 07 07077

Depuis hier, lundi 1er juillet 2019, les élèves, en fin de cycle dans les écoles techniques et professionnelles du pays, affrontent les épreuves pratiques des examens de sortie, session 2019. Cette phase intervient après celle théorique qui s’est tenue la semaine dernière. Ce mardi, 02 juillet, un reporter de Guineematin.com s’est rendu au Centre d’Application de l’Institut de Formation et de Perfectionnement en Santé de Lambanyi (IFPS), où composent les infirmiers d’Etat des écoles privées des communes de Dixinn, Matoto et Ratoma.

Elhadj Diaraké Condé, infirmier diplômé d’Etat et superviseur du jury d’examen pratique pour les infirmiers d’Etat des écoles privées de la zone de Conakry
Elhadj Diaraké Condé, infirmier diplômé d’Etat et superviseur du jury d’examen pratique pour les infirmiers d’Etat des écoles privées de la zone de Conakry

521 candidats dont 428 filles passent leurs épreuves dans ce centre. Selon Elhadj Diaraké Condé, infirmier diplômé d’Etat et superviseur du jury d’examen pratique pour les infirmiers d’Etat des écoles privées de la zone de Conakry, ces infirmiers d’Etat sont évalués dans les domaines de médecine et de chirurgie. « Parmi ces candidats, chaque jour on évalue un groupe. Hier, on a évalué environ 90 candidats. Ils composent en médecine et spécialités médicales et en chirurgie et spécialités chirurgicales. Mais, ce sont les aspects techniques qu’on cherche à évaluer », a-t-il expliqué.

Souleymane Diao Barry, membre du jury à l’examen de sortie des élèves infirmiers pour la chirurgie

Souleymane Diao Barry est membre du jury à l’examen de sortie des élèves infirmiers pour la chirurgie. Il explique que tout se passe bien pour le moment. « En chirurgie, les élèves viennent attendre dans une salle d’attente dehors. On les appelle et ils rentrent souvent à deux puisque nous sommes deux dans cette salle. Dès que l’élève entre, il se présente et nous procédons par étape selon la rubrique choisie. Mais, il y a trois questionnaires qui sont communs à tout le monde. Et, il y a deux questions qui sont à choix. L’élève choisit les questionnaires qui sont dans les papiers en pli. Alors, nous à notre niveau, on l’évalue en fonction de la question prise au sort. Mais, tout se passe dans l’ensemble bien. Les difficultés sont très minimes. A part l’effectif qui est un peu élevé et les gangs qui ne sont pas trop adaptés pour examiner les élèves, tout se passe bien », a-t-il dit.

De son côté, Dr Jean Tamba Tagbino, membre du jury, côté médecine, de l’examen des infirmiers d’Etat, explique que « Nous sommes en train de faire une évaluation pratique qui est combinée sur des mannequins. L’étudiant vient, on l’évalue sur le BADA, on l’évalue sur tout ce qu’il a appris de la première année en 3ème année, sous les soins de base notamment les injections ; ou bien l’étudiant vient, il fait la démonstration sur le mannequin. Si nous sommes sûrs qu’il a bien travaillé, il a la note. Et, les notes varient de Très bien, Bien, A bien, ainsi de suite. Très bien, le barème c’est 14 ; Bien, c’est 13, ça dépend de sa prestation. Le niveau des candidats est appréciable puisque les 80% ont la maîtrise de ce qu’ils font », a-t-il indiqué.

A noter que ces 521 candidats viennent de 13 établissements privés. Il s’agit de : Cheick Modibo Diarra, Nelson Mandela, Roi Mohamed VI, Fayolle Plus, René Levesque, UNIC, IFPS de Lambanyi, Ecole de Santé Espoir, Carosa, ITPS de Lambanyi, IFPTS Obama, école privée de santé Les sauveurs de Dixinn.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Lutte contre la Polio : le PEV à pied d’œuvre pour vacciner plus de 4 millions et demi d’enfants

28 juin 2019 à 16 04 00 06006

Le Programme Élargi de vaccination (PEV) multiplie les actions pour conférer un succès retentissant à la prochaine campagne nationale de vaccination gratuite contre la Polio et de supplémentation en vitamine A. C’est dans cette dynamique que le PEV a échangé avec les médias ce vendredi, 28 juin 2019, à son siège à Dixinn. La démarche visait à donner de larges informations sur cette campagne en vue de l’atteinte de ses objectifs, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La campagne nationale de vaccination gratuite contre la Polio et de supplémentation en vitamine A est prévue du 04 au 07 juillet 2019. Selon le PEV, la démarche vise « à contribuer au renforcement de l’immunité collective et des acquis ayant arrêté la circulation du poliovirus en vue de la certification de l’éradication de la poliomyélite ».

En effet, cette campagne de vaccination contre la polio est consécutive à la détection au Mali, en septembre 2015, d’un cas de Poliovirus chez un enfant originaire de Siguiri. Mais, la polio ne respectant pas les frontières, les autorités guinéennes ont pris le taureau par les cornes, avec l’appui des partenaires, pour faire face au problème. C’est ainsi que 9 passages de vaccination contre la polio ont été déjà organisés entre septembre 2015 et décembre 2016. Il en a été de même pour des Journées Nationales et Journées Locales de Vaccination en 2017 et 2018.

C’est dans la suite logique de ce combat engagé par les autorités que la campagne de 2019 sera lancée prochainement. Selon les organisateurs, pendant ces quatre jours, ce sont 4 millions 666 mille 695 enfants de 0 à 5 ans qui sont ciblés sur toute l’étendue du territoire national. Pour y arriver, il a été mobilisé 5 millions 180 mille doses de vaccins.

Pour cette première campagne nationale de 2019, les équipes de vaccination feront du porte-à-porte. Ces équipes passeront dans chaque ménage, gare routière, centre de santé, et tout autre endroit d’attroupement pour vacciner les enfants de 0 à 5 ans et administrer de la vitamine A aux enfants de 6 à 59 mois, précise le PEV.

Leaders religieux, acteurs de la société civile, leaders d’pinions, responsables de familles, sont tous invités à jouer leur partition pour faciliter la tâche aux équipes de vaccinateurs dans tout le pays pour faire de ces journées un succès éclatant.

Selon les statistiques, seulement un (1) enfant sur quatre (4) est vacciné en Guinée. D’où la nécessité de mobiliser tous les acteurs pour que ces journées de vaccination connaissent le succès escompté. Nul n’est besoin de rappeler que « la vaccination reste le 2ème moyen de contrôler les infections dans le monde après l’eau potable.

Elle offre l’occasion d’un contact avec le système de soins dès le début de la vie et donne à chaque enfant la possibilité d’être en bonne santé dès le plus jeune âge jusqu’à l’âge avancé. La vaccination confère une éradication des maladies, permet de sauver des millions de vies chaque année et est largement reconnue comme l’une des interventions sanitaires des plus efficaces et les moins coûteuses au monde ».

Aux dires des spécialistes, même si elle a presque disparu du monde, la Guinée, le Nigéria et la Mali connaissent encore des cas de poliomyélite. Les multiples campagnes de vaccination organisées dans le monde ont réduit les cas de polio de plus de 99%. Plusieurs pays, comme l’Inde, l’ont éradiqué à travers la vaccination répétée de leurs enfants de moins de 5 ans. Pourquoi pas la Guinée ?

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Incendie dans des magasins de la Pharmacie Centrale à Labé : les précisions du DG de la PCG

25 juin 2019 à 18 06 54 06546

Suite à l’incendie qui a ravagé deux magasins de stocks de la Pharmacie Centrale à Labé, le directeur général de la structure, Dr Moussa Konaté, s’est rendu sur le terrain pour s’enquérir de la réalité. Après son constat, il a rassuré les citoyens de la région qu’il y a eu plus de peur que de mal, rapporte un correspondant de Guineematin.com à Labé.

Le directeur général de la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG), Dr Moussa Konaté est arrivé à Labé au lendemain de cet incendie qui s’est déclaré dans deux magasins de stockage de produits et équipements, placés sous la responsabilité de ses services déconcentrés dans la région. Cette visite de terrain est intervenue au moment où l’opinion locale se posait beaucoup de questions.

« Dès notre arrivée, nous avons constaté que l’incendie a été très vite circonscrit, parce qu’il est rare de trouver l’incendie dans un compartiment et que le compartiment immédiat ne soit pas touché. On est venu avec beaucoup d’inquiétude comme on disait que l’entrepôt de la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG) a pris feu.

Mais, nous avons constaté qu’il ne s’agit pas de l’entrepôt de la Pharmacie Centrale de Guinée (PCG) ou le dépôt relais de la PCG. Il s’agit en réalité de deux magasins mis à la disposition de l’unité logistique assurée à l’époque par la Pharmacie Centrale de Guinée, et dans lesquels étaient stockés les intrants pour la riposte contre Ebola. Aujourd’hui, le magasin qui a été victime d’incendie contenait le reste de ces intrants de la riposte contre Ebola, à savoir quelques sacs mortuaires, les équipements de protection individuelle et des solutions alcooliques, etc. », a-t-il expliqué.

Le responsable de la PCG se dit donc soulagé de constater qu’aucun médicament ou produit de santé en cours de distribution dans la région n’a été touché par cet incendie. « Les produits de santé qu’on utilise actuellement à Labé et qui sont en cours de distribution n’ont pas été touchés par cet incendie, parce que tout simplement les entrepôts qui sont dans l’enceinte de la Pharmacie Centrale de Guinée ne sont pas concernés par ce sinistre », a-t-il insisté.

Il semble aussi que cet incendie s’est déclaré dans ces magasins à Labé, au moment où la Pharmacie Centrale de Guinée envisageait des dispositions pour ramener le reste de ces intrants pour la riposte contre Ebola à Conakry.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com
Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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