Congo : au pays de « l’Empereur » Sassou, triste anniversaire pour la conférence nationale

10 juin 2021 à 14 02 13 06136
Sassou Nguesso

BRAZZAVILLE, 10 JUIN 2021 (AFP) – « On peut dire que la déception est totale »: plus qu’ailleurs en Afrique, les opposants au Congo-Brazzaville célèbrent avec amertume le 30e anniversaire de leur « conférence nationale » vers la démocratie, quelques semaines après la réélection écrasante de l’indéboulonnable président Sassou Nguesso.

C’était en 1990-91, dans la foulée de la chute des dictatures soviétiques. Le président français François Mitterrand mettait en garde les autocrates africains -dont Denis Sassou Nguesso- au sommet de la Baule: sans démocratie, moins d’aide.

Du Bénin au Zaïre (actuelle RDC), en passant par le Gabon et la Côte d’Ivoire, des « conférences nationales » ouvertes aux opposants ont tenté d’écrire les règles du multipartisme.

Le succès a été foudroyant à Brazzaville. Un an après la fin de la conférence le 10 juin 1991, le président Denis Sassou Nguesso était battu par Pascal Lissouba aux élections.

Encore aujourd’hui, il s’agit du seul exemple d’alternance en Afrique centrale, mis à part le compromis politique qui a conduit à la passation de pouvoir entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi en République démocratique du Congo en janvier 2019.

Trente ans et quatre guerres civiles plus tard, le président Denis Sassou Nguesso, 77 ans dont 37 au pouvoir, a été réélu en mars pour un quatrième mandat avec plus de 88% des voix. Son fils a été nommé ministre.

Né de la conférence nationale, le principal parti d’opposition UPADS a boycotté le scrutin du 21 mars, en dénonçant ses conditions d’organisation.

Fils d’une figure de 1991, le candidat de l’opposition Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé du Covid le lendemain du scrutin. Il a été crédité de 7,84% des voix selon le résultat officiel.

Les opposants du précédent scrutin de 2016 (Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa) sont en prison, condamnés à des peines de 20 ans pour « atteinte à la sécurité de l’Etat ».

Dans ce pays où l’opposition est décapitée, l’esprit de la « conférence nationale » s’est largement dissipé.

« On peut constater avec regret que la plupart des acquis de la conférence ont été remis en cause », affirme à l’AFP l’opposant Clément Miérassa.

– Espoirs déçus –

La promotion de la démocratie, la lutte contre la corruption, la réconciliation nationale étaient entre autres valeurs prônées par la conférence nationale, se souvient M. Muiérassa, 72 ans, un économiste qui a joué un rôle actif à l’époque.

Fondateur du Parti social démocrate congolais (PSDC) il a fait partie du gouvernement de transition (1991-1992) avec un Premier ministre, André Milongo, disposant des prérogatives d’un chef d’Etat.

La lutte contre la corruption passait par « la Commission des biens mal acquis », ajoute Clément Miérassa.

« Aujourd’hui l’indice de perception de la corruption est de 19/100, faisant apparaître le Congo comme l’un des pays les plus corrompus du monde, dans le top 10 des pays les plus corrompus d’Afrique », constate-t-il. 

Des enquêtes ont été ouvertes en France sur les « bien mal acquis » de la famille présidentielle.

« La Conférence a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population », se rappelle Grégoire Lefouoba, un autre ancien de 1991.

La conférence voulait débarrasser le Congo de tous ses vieux démons, ajoute-t-il: « le tribalisme, le clanisme, le favoritisme, le clientélisme et surtout la violence politique érigée en art politique ».

Participant à la conférence nationale, M. Lefouoba a été ministre du président Lissouba. Il milite aujourd’hui au PCT, le parti au pouvoir.

– Des regrets –

En 30 ans de démocratie, le Congo a enregistré au moins quatre guerres civiles, dont celle de 1997 qui a permis le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso.

« L’histoire politique du Congo depuis l’indépendance n’est qu’une succession de violences », remarque Ulrich Stevio Baralangui, enseignant d’histoire à l’université Marien Ngouabi.

Dans son dernier discours d’investiture, le président Sassou Nguesso a parlé de « rupture avec les mentalités déviantes et les comportements pervers du passé », dont « la corruption, la fraude » et « le népotisme et la tendance à la gabegie ».

Ailleurs en Afrique, les « conférences nationales » ont connu des fortunes diverses, des alternances au Bénin au maintien de la famille Bongo au pouvoir au Gabon, en passant par des épisodes de violence en Côte d’Ivoire et en RDC.

Quant au président Sassou Nguesso, ses homologues de Guinée et de Côte d’Ivoire l’appellent désormais « l’Empereur ».

AFP

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Mali : Choguel Maïga nommé Premier ministre !

7 juin 2021 à 16 04 29 06296
Choguel Maïga

Quelques heures après l’investiture du colonel Assimi Goïta comme président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, ce dernier a nommé officiellement Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, Premier ministre.

Son nom circulait depuis plusieurs jours. Le colonel Assimi Goïta, tout juste investi président pour la période de transition censée ramener les civils au pouvoir au Mali, a officiellement nommé, lundi 7 juin, Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, un vétéran de la politique nationale, selon un décret lu à la télévision publique.

En la personne de Choguel Koballa Maïga, ministre à plusieurs reprises et trois fois candidat à la présidentielle (2002, 2013 et 2018), le colonel Goïta a choisi l’un des chefs de file du collectif qui a mené en 2020 la contestation contre le président Ibrahim Boubacar Keïta. Le colonel Goïta satisfait ainsi à une exigence des partenaires du Mali qui réclamaient que le poste soit confié à un civil.

Un vétéran de la politique nationale

Maïga, dont le parcours a épousé les soubresauts de la politique nationale depuis plus de 30 ans, devra former une équipe qui gouvernera pendant la période de transition ouverte après le coup d’État d’août 2020 et jusqu’à des élections présidentielle et législatives prévues le 27 février 2022.

Il succède à Moctar Ouane, premier chef de gouvernement de transition après le putsch de 2020, que le colonel Goïta a fait arrêter le 24 mai en même temps que le président de transition, Bah Ndaw, au cours d’un deuxième coup de force en neuf mois.  

Avec AFP

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Aliou Barry sur la situation au Mali : « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel »

6 juin 2021 à 23 11 35 06356
Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé la « suspension des opérations militaires conjointes » avec le Mali. Cette suspension fait suite au coup d’Etat de mai dernier dans ce pays en proie à des groupes djihadistes depuis près d’une décennie maintenant. Cette suspension des opérations militaires pourrait se solder par un retrait de la France du Mali où elle intervention depuis 2012 dans le cadre de l’opération Barkhane. Avec plus de 5000 hommes sur le terrain, la France est aujourd’hui un partenaire stratégique majeur dans la lutte contre le djihadisme au Mali et au Sahel. Son départ subite du Mali, si on en arrivait là, pourrait avoir des répercutions sur la situation sécuritaire dans la région Sahel. C’est du moins ce que pense Aliou Barry, le directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES).

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, samedi 05 juin 2021, ce chercheur a prévenu sur les risques de faire du Sahel un autre Afghanistan. « Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le Sahel », a-t-il prévenu.

Décryptage !

Guineematin.com : quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du Mali ?

Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Etudes Stratégiques (CAES)

Aliou Barry : pour le moment, c’est une menace de retrait qui n’est pas encore mise en exécution. En fait, la situation du Mali s’adosse sur l’instabilité politique. Vous ne restez pas sans savoir que depuis un an c’est le deuxième coup d’Etat ; et, les gens appellent cela un coup d’Etat dans un autre, dans un contexte sécuritaire d’instabilité politique qui ne permet pas aux forces françaises de travailler de façon commode. Qu’est-ce que cela veut dire ? Il faut savoir que la France est intervenue au Mali à la demande des autorités maliennes, c’est-à-dire en vertu des accords de défense signés entre les deux pays. Cette menace de retrait était prévisible, parce qu’à mon avis, depuis un an, il y a une véritable instabilité politique dans ce pays. Et, la France ne souhaite pas intervenir au moment où le gouvernement malien envisagerait de négocier avec les djihadistes.

Guineematin.com : si ce retrait se réalise, quelles pourraient être les conséquences pour ce pays et le reste de la sous-région ?

Aliou Barry : si ce retrait se réalise, il y aura des véritables conséquences sur la stabilité à la fois du Mali et du G5 sahel, c’est-à-dire le Burkina Faso, le Mali, le Niger et voir plus loin la Mauritanie. Ce qui est clair, c’est qu’aujourd’hui la France a fait une première étape. Elle a mis fin à ce qu’on appelle les programmes militaires opérationnels. Jusqu’à maintenant, Barkane, en plus d’intervenir pour la stabilité du Mali, accompagne les forces armées maliennes en les renforçant dans leur capacité de lutter contre les djihadistes. Donc, en fait, aujourd’hui la France retire d’abord ses assistants militaires, arrête toute coopération de manœuvre commune avec les forces armées maliennes. Et, je pense que la prochaine décision du gouvernement malien, c’est-à-dire la nouvelle équipe qui va être mise en place, si elle s’achemine vers une négociation avec les djihadistes, je pense que la France va se retirer du Mali.

Guineematin.com : mais comment comprenez-vous que cette armée française, avec tout son arsenal, se retrouve au Mali et qu’on ne puisse pas en finir avec ces groupes djihadistes qui opèrent en pleine journée avec des colonnes de véhicules et des motos ?  

Aliou Barry : il faut savoir qu’aujourd’hui, les menaces ont changé de forme. Aujourd’hui, au Mali, on assiste à une guerre asymétrique. On est plus à l’époque où c’est deux armées qui s’affrontent. C’est des gens qui, à bord de motos, de pick-up, se mêlent à la population. Donc, une armée conventionnelle n’est pas outillée pour lutter contre cette menace. Aujourd’hui, tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est pas la plus appropriée pour venir à bout de ces personnes. Il y a encore à côté les problèmes de gouvernance, des problèmes d’instabilité politique. La force Barkane, aujourd’hui tout le monde se rend compte que la réponse militaire n’est plus la seule adéquate. La menace étant asymétrique, il faut que les réponses soient plurielles. C’est-à-dire qu’il faut jouer à la fois sur la sécurité en luttant contre les djihadistes, mais il faut aussi répondre aux problèmes de gouvernance locale. Dans beaucoup de parties de ce territoire, l’Etat est absent depuis des années, c’est-à-dire tout le Nord du Mali. Ce qui explique d’ailleurs qu’à la place de l’Etat, c’est des mouvements djihadistes et des associations religieuses qui ont pris le pas sur l’Etat.

Guineematin.com : beaucoup s’interrogent aujourd’hui sur le fait que la France dise ne pas soutenir le putsch au Mali, alors qu’elle a eu une position contraire au Tchad où un groupe de militaire s’est emparé du pouvoir suite à la mort du Président Idriss Deby. Ils dénoncent « du deux poids, deux mesures ». S’agit-il de cela vraiment ?

Aliou Barry : il faut savoir qu’au Tchad, la France s’est retrouvée devant une situation très complexe ; parce que si vous observez bien ce qui se passe dans la sous-région, le Tchad est vraiment le centre pivot de la stratégie de lutte contre les djihadistes. Et si vous prenez tous les contingents qui sont au Mali, les tchadiens sont les plus nombreux et les plus efficaces sur le terrain. La France s’est appuyée et continue à s’appuyer sur le Tchad pour la lutte contre le djihadisme. Donc, le fait que le président du Tchad, Idriss Déby, a été tué, ça a été un coup très dur dans la stratégie mise en place contre le terrorisme. A mon avis, les deux problèmes sont plus ou moins différents et c’est pourquoi d’ailleurs que la junte au Mali, vu le silence de la France sur le coup d’Etat qui a eu lieu au Tchad, a fait un autre coup d’Etat en disant qu’au Tchad il y a eu une succession de Deby par des militaires alors pourquoi pas nous. Mais, moi je suis très inquiet de ce risque de ce qui pourrait se passer dans cette région. Si on ne fait pas attention, on risque d’avoir un Afghanistan dans le sahel. Parce que le Tchad va rentrer en instabilité avec ce qui se passe en Centrafrique, le Mali est dans une instabilité politique et si vous prenez un pays comme le Burkina, pratiquement une partie du pays est envahie par les problèmes djihadistes. Donc, la situation sécuritaire dans le Sahel devrait interpeller à mon avis plus d’un, notamment l’Union africaine qui est très en retrait et même mal outillée par rapport à cette menace.

Guineematin.com : la Guinée étant voisine du Mali, est-ce qu’il y a des risques que la Guinée aussi soit une cible de ces mouvements si toutefois des solutions ne sont pas trouvées ?

Aliou Barry : à mon avis, il n’y a aucun pays de la sous-région qui est à l’abri de cette menace, notamment un pays comme la Guinée qui connaît une instabilité politique aussi depuis les dernières élections et où il y a eu le changement constitutionnel. Vous avez vu que la situation politique est bloquée. Plus on lutte contre le djihadisme dans le Sahel, plus ces gens-là sont très organisés. Vous avez vu récemment des attaques qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire. Donc, la menace commence à se diluer vers les pays côtiers. Il n’y a pas longtemps, le Bénin a été victime et à mon avis, des pays comme la Guinée Bissau, la Guinée Conakry devraient ouvrir les yeux, assurer une stabilité politique dans le pays pour ne pas mettre en place un terreau favorable aux djihadistes. La Guinée est loin d’être à l’abri des menaces terroristes. C’est très clair et je pense que tous les ingrédients sont réunis en Guinée pour une instabilité politique.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Burkina Faso : plus de 100 morts dans une attaque terroriste

5 juin 2021 à 15 03 22 06226
Des soldats burkinabè en patrouille dans le nord du pays

Au moins 114 civils ont été tués en quelques heures dans la nuit de vendredi à samedi, lors de deux attaques dans le Nord du Burkina Faso, dont l’une a fait une centaine de morts, la plus meurtrière dans ce pays depuis le début des violences jihadistes en 2015.

Ces attaques ont été commises dans la zone dite « des trois frontières » entre Burkina, Mali et Niger, régulièrement ciblée par des assauts meurtriers de jihadistes présumés liés à Al-Qaïda et à l’État islamique contre des civils et des militaires.

« Dans la nuit de vendredi à samedi, des individus armés ont mené une incursion meurtrière à Solhan, dans la province du Yagha. Le bilan, toujours provisoire, est d’une centaine de personnes tuées, des hommes et femmes », a indiqué une source sécuritaire.

L’attaque et le bilan « provisoire » ont très vite été confirmés par le gouvernement qui précise dans un communiqué que les victimes sont des « civils sans distinction d’âge, tués par les terroristes » et que « plusieurs habitations et le marché (de Solhan) ont été incendiés ».


Deuil national

« Face à cette tragédie des forces obscures, un deuil national de 72 heures, à compter de ce jour 5 juin à 00H00 au lundi 7 juin à 23H59, est décrété », ajoute le gouvernement qui affirme que « les forces de défense et de sécurité sont à pied d’oeuvre pour neutraliser ces terroristes et ramener la quiétude au sein des populations ».

Dans un message de condoléances aux familles des victimes, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a dénoncé « cette attaque barbare » et « ignoble ». « Nous devons rester unis et soudés contre ces forces obscurantistes », a-t-il ajouté.

Selon une source locale, « l’attaque, qui été signalée aux environs de 02H00 (locales et GMT), a d’abord visé le poste des Volontaires pour la défense de la Patrie », les VDP, des supplétifs civils de l’armée, et « les assaillants ont ensuite visité les concessions (maisons) et procédé à des exécutions ».

Solhan est une petite localité située à une quinzaine de kilomètres de Sebba, chef-lieu de la province du Yagha qui a enregistré de nombreuses attaques attribuées à jihadistes ces dernières années.

Le 14 mai, le ministre de la Défense Chériff Sy, et des membres de la hiérarchie militaire s’étaient rendus à Sebba, assurant que la situation était revenue à la normale, après de nombreuses opérations militaires.

14 morts dans un autre village

Cette attaque massive en a suivi de près une autre, menée tard vendredi soir, sur un village de la même région, Tadaryat, au cours de laquelle au moins 14 personnes, dont un supplétif civil, ont été tuées.

Ces attaques surviennent une semaine après deux autres attaques dans la même zone, au cours desquelles quatre personnes, dont deux membres des VDP, avaient péri. Créés en décembre 2019, les VDP interviennent aux côtés des forces armées pour des missions de surveillance, d’information et de protection, après une formation militaire de 14 jours. Ils font également office de pisteurs et combattent souvent avec l’armée, au prix de lourdes pertes, avec plus de 200 morts dans leurs rangs depuis 2020, selon un décompte de l’AFP.

Les 17 et 18 mai, quinze villageois et un soldat avaient déjà été tués lors de deux assauts contre un village et une patrouille dans le Nord-Est du pays, selon le gouverneur de la région burkinabè du Sahel.

Depuis le 5 mai, face à la recrudescence des attaques jihadistes, les forces armées ont lancé une opération d’envergure dans les régions du Nord et du Sahel. Malgré l’annonce de nombreuses opérations de ce type, les forces de sécurité peinent à enrayer la spirale de violences jihadistes qui ont fait depuis 2015 plus de 1.400 morts et déplacé plus d’un million de personnes, fuyant les zones de violences.

Jeuneafrique

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Interconnexion électrique : le président Adama Barrow salue les travaux effectués à Souapiti

5 juin 2021 à 12 12 13 06136

En séjour de travail en Guinée depuis jeudi dernier, 03 juin 2021, le président gambien, Adama Barrow, a effectué une visite guidée sur les installations du barrage hydroélectrique de Souapiti. Il était accompagné par le Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, de la ministre de l’Energie, ainsi que plusieurs personnalités. Le chef de l’Etat gambien a mis à profit cette occasion pour appeler les chefs d’Etat des pays membres de l’OMVG à « libérer leurs contributions » pour faire de l’interconnexion électrique une réalité au bénéfice des populations de cette zone d’intégration, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

Avant de se rendre sur le chantier de Souapiti, l’hôte de marque de Conakry depuis quelques jours et président de l’OMVG (organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie) a eu droit à un briefing sur les objectifs de l’interconnexion électrique entre la Guinée, la Guinée Bissau, le Sénégal et la Gambie. A travers le haut-commissaire de l’OMVG, Elhadj Lansana Fofana, le président Adama Barrow a été informé que le projet d’interconnexion est de 183 kilomètres en haute tension dans pays (la Gambie) et deux postes y seront installés (un à Soma et un autre à Birikama). « Ces deux postes pourront couvrir une bonne partie des besoins électriques de la Gambie », a laissé entendre le haut-commissaire de l’OMVG.

Sur le terrain, le président Adama Barrow a été impressionné par la qualité de ce gigantesque barrage hydroélectrique de Souapiti qui suscite déjà beaucoup d’espoir en Guinée et dans la sous région ouest-africaine. Le chef de l’Etat gambien, visiblement très satisfait des travaux effectués sur ce site, a exprimé tout l’importance et l’attention qu’il accorde à cette infrastructure qui s’inscrit dans le cadre de l’ambitieux projet d’interconnexion dont son peuple se sent hautement concerné.

«Je profite de cette visite pour remercier le Président de la République de Guinée et son gouvernement pour m’avoir donné l’opportunité de venir sur ce site et voir ce projet. Personnellement, je ne suis pas quelqu’un qui ose l’hélicoptère ; mais, compte tenu de l’importance de ce projet, j’ai voulu prendre le risque parce qu’il fallait que je vienne voir le site et pouvoir rendre compte. En tant que Président, je suis le représentant du peuple gambien et ce projet intéresse socialement tout mon peuple et ça m’intéresse à plus d’un titre », a dit le Président Adama Barrow.

En sa qualité de président en exercice de l’OMVG, le chef de l’Etat gambien a profité de cette visite pour appeler ses homologues des pays membres de l’OMVG à libérer leurs contributions pour la réalisation du projet d’interconnexion. Adama Barrow aussi félicité le président guinéen Alpha Condé qui a payé toutes les contributions de la Guinée qui couvrent jusqu’à l’année 2021.

« Je lance un appel aux présidents des autres pays, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et la Guinée, que tout le monde libère leurs contributions pour faire en sorte que ce projet livre sa promesse. Je sais que le problème budgétaire est un défi pour l’organisation. Et, c’est pour ça que je fais appel à tous les chefs d’Etat pour qu’on accorde la priorité à ce projet compte tenu de son utilité sociale… J’exhorte aussi les populations à s’approprier de ce projet. C’est un projet social qui est bénéfique pour toutes les populations de notre pays. Donc, j’exhorte tout le monde de faire en sorte qu’on puisse réussir ces travaux pour qu’ils soient aux bénéfices des populations », a indiqué Adama Barrow, tout en émettant l’espoir de pouvoir inaugurer le projet d’interconnexion dans son pays au plus tard en octobre prochain.

De retour de Souapiti, Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

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Bah Oury aux maliens : « évitez de faire entrer le diable par la petite porte »

4 juin 2021 à 18 06 31 06316
Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé hier, jeudi 03 juin 2021, la suspension à titre conservatoire des opérations militaires conjointes avec le Mali. Cette décision fait suite au coup d’Etat perpétré en mai dernier dans ce pays de l’Afrique de l’ouest en proie au djihadisme depuis près d’une décennie. Cependant, cette suspension des opérations militaires conjointes intervient aussi à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au sein de l’opinion malienne. Aujourd’hui, beaucoup souhaitent le départ de la force française Barkhane du Mali et déroulent, dans les discours, le tapis rouge pour la Russie et la Turquie. Mais, pour l’opposant Guinéen, Bah Oury, les maliens doivent faire très attention pour « ne pas faire rentrer le diable par la petite porte » au risque de voir leur pays exploser et se disloquer.

En tant que panafricaniste convaincu, Bah Oury rappelle que la France est « un partenaire majeur du Mali » et demande aux autorités actuelle de ce pays à faire preuve d’intelligence pour savoir conjuguer de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie.

« Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention… Il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire », a indiqué Bah Oury, tout en laissant entendre que la suspension des opérations militaires conjointes est une mise en garde de la France à la junte militaire au pouvoir à Bamako.

Décryptage !

Guineematin.com : La France a annoncé la suspension de la coopération militaire conjointe avec le Mali, un pays en proie au djihadisme depuis près d’une décennie maintenant. Alors, quelles conséquences peuvent avoir cette décision de l’Etat Français sur la situation actuelle de la république du Mali ?

Bah Oury : D’abord il faut préciser les choses. La décision française est une mise en garde pour rappeler la junte sur ses obligations qui doivent cadrer avec les recommandations de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) et de l’Union africaine. Donc, si dans les prochains jours la junte s’inscrit dans le cadre de la direction que les instances régionales et continentales africaines ont mis en relief, il va de soi que la France reconsidérera sa position pour continuer, comme par le passé, à mener des opérations conjointes avec l’armée malienne et à donner une assistance en termes de renseignement et de logistique à l’armée malienne qui en a besoin. En d’autres termes, dans le contexte actuel, c’est pour dire que la France ne cherche pas coûte que coûte à s’incruster au Mali. Il faut rappeler que sa présence est consécutive à l’appel des autorités de la transition malienne en 2012 qui étaient en proie à une situation désastreuse avec la vague djihadiste qui déferlait du nord. De l’autre côté, il faut que la junte au Mali se rende compte qu’une transition a des objectifs très limités et ne peut pas résoudre les problèmes stratégiques majeurs d’un pays. Ce sont des autorités légitimes, démocratiquement installées qui peuvent mettre le Mali dans une voie qui puisse remettre en cause des engagements fondamentaux. Ceci dit, il faut que l’expérience syrienne nous serve de leçon. La Syrie est avec des millions de réfugiés de par le monde, avec des centaines de milliers de morts, avec une destruction de l’économie et des infrastructures du pays. Aujourd’hui, la junte, aussi bien que la classe politique malienne, doit étudier ces expériences pour ne pas engager le Mali dans des voies sans issues. Les contradictions entre blocs extérieurs au continent ne devraient pas s’infiltrer dans les contradictions que les maliens ont déjà en leur sein, du fait d’une incapacité d’assurer une totale souveraineté sur l’ensemble de leur territoire. Donc, il faudrait qu’ils fassent très attention.

Guineematin.com : Peut-on interpréter cette suspension des opérations militaires comme une réponse pratique de la France contre le coup d’Etat de mai dernier au Mali ?

Bah Oury : Non, c’est une mise en garde. Cela veut dire : je suis là dans la mesure où nous pouvons continuer à avancer ensemble, la main dans la main. Si vous relâchez ma main et que vous considérez que je suis de trop, je suis disposé à vous laisser seul faire votre combat. C’est clair. Mais, vous savez, il faut que nous africains que nous soyons beaucoup plus responsables que cela. Très souvent, il est très facile de mettre tous les torts sur l’extérieur en disant que nous sommes ceci parce que la colonisation, parce que la France… Mais, il faut être suffisamment responsable. Nos États sont indépendants depuis plus de 60 ans. Il est inadmissible, dans le contexte actuel, que même pour assurer la souveraineté de nos Etats les gouvernants en sont incapables. Ce sont les autorités nationales qui doivent privilégier l’intérêt national et coopérer en conséquence et au regard des intérêts de leur pays avec tous les pays susceptibles de leur apporter une aide pour résoudre les problèmes de nos Etats. Considérer que tout le mal c’est l’extérieur est une position qui n’est pas défendable, surtout quand on voit la mauvaise gouvernance, les incuries des gouvernants, l’incapacité d’avoir une vision qui unifie son pays et assure la stabilité. Il faut qu’on se remette en cause et qu’on se rende compte que nous sommes en partie les problèmes qui font que nos pays ne sont pas tout à fait viables. Nos populations sont désespérées, la pauvreté s’amplifie alors que de l’autre côté une petite poignée de gens s’enrichit de manière ostentatoire.

Guineematin.com : Cette décision de la France intervient à un moment où le sentiment anti-français est très répandu au Mali. Aujourd’hui beaucoup de maliens veulent le départ de la France de leur pays et réclament inlassablement une arrivée de la Russie ou de la Turquie sur place. Ce scénario est-il vraiment envisageable aujourd’hui, quand on sait que la France est un partenaire stratégique historique du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des guerres d’influence, des guerres de position, il y a un retour en première ligne d’une confrontation Est-Ouest avec des changements tels que nous le voyons ; mais, je dois dire qu’il faut faire preuve de responsabilité et avoir une vision longue et ne pas se contenter de vision à court terme. La France, dans le contexte actuel de nos Etats, est à l’heure actuelle un partenaire stratégique majeur. Mais, avoir une relation avec un partenaire stratégique majeur ne veut pas dire en faire une exclusivité. Donc, il est demandé à la junte et à la classe politique malienne de faire de ce point de vue d’intelligence et de sens d’opportunité pour savoir conjuguer et faire consider de la manière la plus optimale une coopération renforcée avec la France, tout en coopérant avec les autres pays comme la Russie ou la Turquie. Mais, il faut faire attention à ne pas faire rentrer le diable par la petite porte, au risque de voir le pays exploser et se disloquer totalement. La Syrie en est un exemple. Une bonne partie du territoire syrien est aujourd’hui sous d’autres dominations. Donc, tout ce qui brille n’est pas or. Donc, je dois dire à nos compatriotes et frères du Mali, faites preuve de beaucoup plus de sens d’à-propos et de responsabilité pour ne plonger votre pays dans une spirale où on n’en sortira pas de si tôt et qui risque de rejaillir sur l’ensemble de l’Afrique de l’ouest. Il faut que les gens prennent garde d’aller dans cette direction là.

Guineematin.com : A quoi pourrait-on vraiment s’attendre d’une éventuelle intervention de la Russie ou de la Turquie au Mali ?

Bah Oury : Je ne pense pas que ces deux pays, officiellement, vont avoir des politiques offensives pour essayer de prendre la place de la France dans le Sahel. La France, du fait de l’histoire et des intérêts géostratégiques, a une position et une longueur d’avance extrêmement importante au Sahel. Et, même nos États n’ont pas intérêt que cette situation géostratégique soit perturbée comme certains le prétendent. Vous voyez la Libye aujourd’hui, l’implication de beaucoup de puissances sur le théâtre libyen est un frein à l’entente des Libyens entre eux. Donc, si d’autres acteurs viennent pour bousculer les acteurs traditionnels, je pense que cela contribuera beaucoup plus à l’intensification des conflits, à la destruction de l’Etat malien, au lieu de conforter la stabilité, le retour à la paix et à la concorde nationale.

Guineematin.com : Au du ‘’Panafricanisme’’, beaucoup d’africains estiment aujourd’hui que la France doit maintenant se retirer du Mali. Apparemment, ces gens font beaucoup plus confiance à la Russie qui, il faut le rappeler, n’est pas un exemple de démocratie et de respect de droits dans le monde. Mais, est-ce vraiment cette substitution de puissances étrangères que réside le salut du Mali ?

Bah Oury : Vous savez, il y a des lobbies qui existent, il y a des idées comme ça qui existent. Paradoxalement, je vois des idées d’extrême droite d’Europe qui appuient ces genres d’idées. Donc, ne soyons pas naïfs, regardons les choses par nous-mêmes et sachons où sont les intérêts de notre continent. Personnellement, je suis profondément panafricaniste, je suis pour une émancipation et un renforcement de la coopération entre les Etats et une plus grande intégration. Donc, au lieu de chercher midi à quatorze heures, regardons d’abord comment mutualiser les forces de défense et sécurité au niveau de la CEDEAO. Ça permettra de contribuer avec plus d’efficacité à renforcer la sécurité dans le Sahel. Il doit y avoir un champ de réflexion de ce côté-là pour avoir une défense commune ouest-africaine qui permettrait, quels que soient les intérêts d’ailleurs, que nous puissions assurer la sécurité de nos Etats. Deuxièmement, en ce qui concerne les politiques de développement, de conforter le vivre ensemble dans l’ensemble de nos Etats. Parce que la question sécuritaire ne suffit pas à résoudre et à répondre aux questions auxquelles les pays sont confrontés. La pauvreté, l’absence de l’Etat dans beaucoup de zones fait que le désert politique a donné la possibilité à d’autres terreaux de prospérer. Donc, nous devons remettre en cause la gouvernance locale, la gouvernance de nos Etats, changer de paradigme pour faire émerger une idée de construction ouest-africaine plus conforme à nos intérêts. Et, dans ce cadre, il y a des partenaires stratégiques majeurs avec lesquels nous devons faire chemin ensemble pour pouvoir aller de l’avant. Mais, si on préfère l’aventure, certains de nos Etats risquent d’être comme la Libye actuelle, la Somalie, l’Afghanistan.

Entretien réalisé par Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Clash entre Paris et Bamako : « nous serons très heureux que la France plie bagage et quitte notre pays »

4 juin 2021 à 13 01 26 06266
Mohamed Sidibé, président du Haut Conseils des Maliens en Guinée

Comme annoncé précédemment, la France a annoncé hier, jeudi 3 juin 2021, la suspension de sa coopération militaire avec le Mali. Une décision qui fait suite au deuxième coup d’Etat en neuf mois perpétré par l’Armée malienne, et qui va entraîner l’arrêt des opérations des soldats français déployés au Mali. Comment cette décision est-elle accueillie par les Maliens vivant en Guinée ? Faut-il craindre une aggravation des problèmes sécuritaires dans le pays ? Un journaliste de Guineematin.com a posé ses questions à Mohamed Sidibé, le président du Haut Conseils des Maliens en Guinée. 

Nous vous proposons ci-dessous leur entretien :

Guineematin.com : suite au nouveau coup d’Etat enregistré récemment au Mali et qui a conduit au départ du président et du premier ministre de la transition, la France a décidé de suspendre sa coopération militaire bilatérale avec votre pays. Une décision qui entraîne un arrêt des opérations conjointes menées par les militaires de la force française « Barkhane » avec les Forces armées maliennes (FAMa). Est-ce qu’il ne faut pas craindre des conséquences graves, notamment l’avancée des djihadistes qui sont dans le nord du Mali ?

Mohamed Sidibé : est-ce que la France a empêché l’avancée des djihadistes ? Parce qu’il faut quand même bien analyser la situation. La France, à un moment donné, a effectivement stoppé l’avancée des djihadistes. Les Maliens l’ont applaudi et on est sorti brandir le drapeau de la France. Mais par la suite, ça n’a pas évolué, parce que les djihadistes ont continué à sortir. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a eu plus de 200 mille morts depuis que la France est là-bas. Aujourd’hui, 80% du pays n’est pas sous contrôle de l’Etat et pourtant, il y la France. 

Les djihadistes opèrent à visage découvert aussi bien dans le centre que dans le nord du pays. Kidal n’est pas accessible aux autorités maliennes alors que la France est là. Nous, nous pensons que la France a rendu un service. Mais si elle ne peut plus continuer dans la même logique, nous serons très heureux qu’elle plie bagage et qu’elle quitte. Ça va passer ou ça va casser. On aura un pays ou on n’aura pas de pays, quand même on aura assumé nos responsabilités. Mais l’histoire d’une bouteille à moitié vide, à moitié pleine, ce n’est pas la meilleure politique.

Guineematin.com : justement, comment comprenez-vous cette position radicale de la France, qui refuse au Mali ce qu’elle a accepté au Tchad ?

Mohamed Sidibé : moi, je ne rentre pas dans la comparaison. Autrement dit, ce n’est pas le point de vue de la France qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est que le peuple malien a eu besoin d’un changement, de rectifier la trajectoire de la transition, les militaires l’ont fait et on l’a approuvé. Maintenant, que la France approuve ou pas, ça n’engage qu’elle.

Guineematin.com : avant la France, la CEDEAO et l’Union africaine avaient déjà pris des sanctions contre le Mali. Elles ont suspendu le pays de leurs institutions suite à la reprise du pouvoir par l’Armée malienne. Quelle lecture faites-vous de ces décisions ?

Mohamed Sidibé : je comprends aisément les sanctions auxquelles on fait état. La condamnation des coups d’Etat, c’est un point de principe. Et c’est l’un des principes intangibles même aussi bien au niveau de la CEDEAO qu’au niveau de l’Union africaine. On n’a pas parlé d’embargo, mais de suspension du Mali dans les institutions de ces deux organisations. Comme vous le savez, les institutions de la CEDEAO par exemple, c’est la commission, la conférence du conseil des ministres et des chefs d’Etat ainsi que le parlement de la CEDEAO. Ne pas participer à ceci, est-ce que ça ne fait pas des économies ? 

A quoi ça sert de payer des députés pour aller assister à des réunions dont les résultats sont connus d’avance ? Je pense qu’il n’y a pas de problème par rapport à cela et je suppose que c’est pour un moment parce que dans leur résolution, ils disent qu’il faut accompagner la transition, qu’il faut que la transition soit soutenue pour respecter le délai. Il y a quand même une contradiction. On vous suspend, on veut vous accompagner dans le processus, on veut que vous respectiez le délai. Normalement, c’est ou on est amis, on travaille ensemble pour une bonne fin de transition, ou bien on n’est pas amis, chacun gère ses humeurs et sa façon de conduire.

Guineematin.com : quel est votre message personnel aujourd’hui par rapport à la situation qui prévaut dans votre pays ?

Mohamed Sidibé : mon message, c’est de dire que nous avons besoin du soutien de tous les Maliens. Nous avons besoin aussi de l’accompagnement des pays amis, notamment la République de Guinée. Nous avons des problèmes avec la France et les organisations affiliées à la France, mais nous avons tous besoin aujourd’hui de l’appui des pays africains, de l’appui des pays frères à travers une aide qui ne dit pas son nom. De mon point de vue, le combat qui se fait actuellement au Sahel, c’est la politique de l’Autruche.

Parce qu’on ne peut dire que ces puissances ne peuvent pas combattre des mouvements. Comment ils n’arrivent pas à les neutraliser alors qu’ils ont des avions, des drones ? Quand un mouvement se lève au Tchad, dans les heures qui suivent, vous voyez qu’il est neutralisé, parce que les informations sont données. Mais au Mali, malheureusement, ce n’est pas le cas. Donc la communauté internationale juge les choses en fonction de ses intérêts ou en tout cas de ses humeurs.   

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41  

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Coup d’Etat au Mali : la France suspend sa coopération militaire avec le pays

4 juin 2021 à 7 07 31 06316
Emmanuel Macron rencontre des soldats français de la force « Barkhane » au Mali

Paris est passé de la menace aux actes au Mali. A la suite du coup d’Etat du 24 mai, qui a porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, la France a décidé de suspendre « à titre conservatoire et temporaire » sa coopération militaire bilatérale avec ce pays du Sahel, a confirmé au Monde, jeudi 3 juin, le ministère des armées. Une décision qui entraîne un arrêt sine die des opérations conjointes menées par les militaires de la force française « Barkhane » avec les Forces armées maliennes (FAMa).

Cette annonce intervient alors que le Mali a connu, le 24 mai, son deuxième coup d’Etat en à peine neuf mois. Ce jour-là, le président de transition, Bah N’Daw, et son premier ministre, Moctar Ouane, ont été arrêtés puis contraints à la démission par les hommes du colonel Goïta, déjà auteurs du putsch du 18 août 2020, qui avait renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK ».

La décision française de suspendre sa coopération militaire avec le Mali entraîne aussi l’arrêt des activités de formations menées par les Français auprès des militaires et des forces de sécurité maliennes. « Ces décisions seront réévaluées dans les jours à venir au regard des réponses qui seront fournies par les autorités maliennes », faisait-on savoir, jeudi soir, au ministère des armées.

L’armée malienne se voit ainsi coupée de deux de ses principaux soutiens : la France et les Etats-Unis. Au lendemain du putsch, les Américains avaient en effet annoncé la suspension de leur assistance aux forces maliennes.

« Il n’y a plus de légitimité démocratique »

Depuis 2014, quelque 5 000 hommes de l’opération française « Barkhane » sont déployés au Sahel, particulièrement dans le nord du Mali, pour combattre les groupes djihadistes qui y sévissent, affilés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique (EI).

Mais Emmanuel Macron avait laissé entendre, le 30 mai, lors d’un entretien au Journal du dimanche, qu’il ne resterait pas « aux côtés d’un pays où il n’y a plus de légitimité démocratique ». En ligne de mire, aussi, du président français : le profil des nouvelles autorités maliennes, qu’il craint plus ouvertes à « l’islamisme radical ». « Si cela va dans ce sens, je me retirerai », avait assuré M. Macron.

Les militaires maliens qui ont repris le pouvoir se savaient sous la menace de sanctions françaises. Au lendemain de l’arrestation de l’exécutif malien, Paris avait menacé de prendre des « sanctions ciblées » contre les putschistes si le processus de transition ne reprenait pas son « cours normal ». Depuis, MM. N’Daw et Ouane, bien que libérés par la junte, n’ont pas été réinstallés dans leurs fonctions. C’est le colonel Goïta lui-même qui s’est installé comme président de la transition. Il doit prêter serment lundi 7 juin, à Bamako, avant de désigner son futur premier ministre.

Le Mali avait déjà été suspendu, il y a quelques jours, des instances sous-régionales – la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) – et de l’Union africaine (l’UA) à la suite de ce nouveau coup de force. La Cédéao réclamait notamment la nomination d’un premier ministre qui ne soit pas un militaire mais un civil et le respect de la date prévue pour l’élection présidentielle au Mali, fixée au 27 février 2022.

« Des exigences et des lignes rouges ont été posées par la Cédéao et par l’UA pour clarifier le cadre de la transition politique au Mali. Il revient aux autorités maliennes d’y répondre rapidement », affirmait-on au français ministère des armées, jeudi en début de soirée.

Lemonde.fr

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L’Union africaine et la re-crise malienne : la mauvaise leçon venue du Tchad

3 juin 2021 à 11 11 20 06206
Dr Thierno Souleymane BARRY, Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada), Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

Par Dr Thierno Souleymane BARRY : 18 août 2020 : coup d’État militaire au Mali avec le renversement du Président Keita et mise en place d’un Comité militaire. Ferme condamnation de l’UA et de la CEDEAO et fixation d’un plan de retour à un régime civil sous la gouverne du Président Bah Ndaw. 20 avril 2021 : annonce de la mort du Président Deby Itno et de son remplacement par un Comité militaire de transition présidé par son fils Mahamat Itno. Timide réaction de l’UA et de la CEEAC, avec aucune sanction en vue. Deux faits quasi-similaires ont abouti à deux réactions divergentes, en dépit de la ferme position de l’UA et de la CEDEAO sur le changement anticonstitutionnel du pouvoir qui est celle du refus d’acceptation d’un tel changement et l’exigence du retour à l’ordre constitutionnel. 28 mai 2021 : Assimi Goita renverse à nouveau le gouvernement civil intérimaire et nouvelles mesures fermes de l’UA et de la CEDEAO allant jusqu’à la suspension du Mali de leurs instances. Pour bien cerner cette déambulation politico-stratégique illisible, nous allons successivement effectuer un bref rappel du dispositif combiné de l’UA et de la CEDEAO sur le respect de la légalité constitutionnelle, la mauvaise leçon offerte par le précédent tchadien et les couacs dans la gestion du cas malien.

Bref rappel du dispositif combiné de l’UA et de la CEDEAO sur le respect de la légalité constitutionnelle en Afrique

Le continent africain, tirant les leçons de son passé tumultueux en matière de résistance au processus démocratique et des effets indésirables qui en résultent, s’est doté d’instruments contraignants allant dans le sens du respect de la démocratie et des droits de l’homme. C’est le sens de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance adoptée le 30 janvier 2007. Son article 32 condamne tout changement anticonstitutionnel de gouvernement, une condamnation assortie de sanctions allant de la suspension du dit État jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Le Protocole additionnel sur la démocratie et de la bonne gouvernance de la CEDEAO du 21 décembre 2021, lu avec le Protocole du 10 décembre 1999, abonde dans le même sens. Son article 1er c interdit tout changement anticonstitutionnel et son article 45 liste une série de sanctions culminant à la suspension du dit État des instances de la CEDEAO. Ces deux dispositions militent en faveur du respect du processus démocratique comme mode normale d’accession et du maintien au pouvoir, condamnent fermement la rupture de la légalité constitutionnelle et exigent son rétablissement sous peine de sanctions. A défaut d’un équivalent du dispositif de la CEDEAO dans la zone CEEAC, on peut bien indiquer que celui de l’UA couvrirait à suffisance aussi le cas tchadien.

La mauvaise leçon venue du Tchad ou la genèse d’un dangereux précédent pour la dévolution démocratique du pouvoir en Afrique

Pour rappel, le Président tchadien Idriss Deby Itno venait d’être réélu pour gérer les destinées du Tchad pour un nouveau mandat lorsqu’il a été tué au front aux dires du communiqué officiel. En pareilles circonstances, on aurait pu respecter la légalité constitutionnelle selon les prévisions de la constitution tchadienne. Tel n’a pas été le cas. C’est un Comité militaire qui a été mis en place. Ainsi, la Charte africaine de la démocratie sus citée devrait-elle trouver à s’appliquer avec rigueur. Cependant, en lieu et place d’une telle démarche, on a assisté à un ballet diplomatique semblant bénir cet accroc à l’une des plus grandes réussites de l’UA et de la CEDEAO à savoir le refus absolu des coups d’États en Afrique. S’il faut tenir compte des aspects géostratégiques, il ne faut pas sacrifier les principes contenus dans ladite Charte.

L’Union africaine, la CEDEAO et la re-crise malienne. Ce qui a été fait et ce qu’il faut faire

Sans établir un lien direct entre le cas malien et celui tchadien, il est tout à fait légitime de s’interroger sur la fermeté avec laquelle les auteurs du coup d’État d’avril au Mali sont revenus sur la gestion consensuelle de la transition qu’ils avaient préalablement acceptés sous la menace des sanctions combinées de l’UA et de la CEDEAO. Pour ne pas vider la Charte africaine de la démocratie, il est nécessaire, pour le Mali, de continuer à accompagner la transition malienne par des moyens et l’expertise requise jusqu’au retour de la légalité constitutionnelle. Il doit en aller de même pour le cas tchadien, avec plus de fermeté.

Pour terminer, il est plus qu’impératif de revenir aux fondamentaux du dispositif de l’UA et de la CEDEAO sur le respect de la légalité constitutionnelle en Afrique dans le double but de décourager toutes velléités de changement anticonstitutionnel du pouvoir à travers des coups d’États et autres modes similaires et d’encourager l’instauration de la dévolution et du maintien démocratique du pouvoir sur le continent.

-Juris Guineensis No 6.

Conakry, le 02 juin 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Conakry : Adama Barrow, président Gambien, attendu chez Alpha Condé

2 juin 2021 à 11 11 48 06486
Adama Barrow, président gambien

Communiqué : Dans le cadre du renforcement des liens d’amitié et de fraternité existant entre la République de Guinée et la République de Gambie, Son Excellence Monsieur Adama Barrow, Président Gambien, effectuera à partir du jeudi 3 au vendredi 4 juin 2021, une visite d’Etat à Conakry.

Sont conviées à prendre part au cérémonial d’accueil prévu le jeudi 3 juin à 13 h00 à l’Aéroport International de Conakry-Gbéssia, les personnalités ci-après :

•       Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

•       Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

•       Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle;

•       Monsieur le Président de la Cour Suprême ;

•       Monsieur le Président de la Cour des Comptes ;

•       Monsieur le Président de la Haute Autorité de la Communication;

•       Madame la Présidente du Conseil Economique, Culturel et Social ;

•       Monsieur le Médiateur de la République ;

•       Monsieur le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante ;

•       Monsieur le Secrétaire permanent du cadre de dialogue Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

•       Mesdames et Messieurs les Ministres Conseillers membres du Cabinet Présidentiel ;

•       Monsieur le Chef d’Etat-major Général des Armées ;

•       Monsieur le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale;

•       Messieurs les Chefs des Etats-majors des Armées de Terre, de l’Air et de la Marine;

•       Monsieur le Chef d’Etat-major Particulier de la Présidence ;

•       Messieurs les Directeurs Généraux de la Police Nationale, de la Douane et des Conservateurs de la Nature ;

  • Mesdames  et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et les Représentants des Organisations Internationales ;

•       Monsieur le Gouverneur de la ville de Conakry.

Conakry, le 2 juin 2021

               Mamady Sinkoun Kaba

Ambassadeur, Directeur du Protocole d’Etat

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Coup d’Etat au Mali : l’Union africaine suspend le pays et menace la junte militaire

2 juin 2021 à 8 08 30 06306
Assimi Goïta, le chef de la junte militaire au Mali, entouré de quelques collaborateurs

L’Union africaine (UA) a annoncé mardi soir dans un communiqué sa décision de suspendre le Mali, théâtre en mai d’un second coup d’Etat militaire en neuf mois. L’UA « décide […] de suspendre immédiatement la République du Mali de sa participation à toutes les activités de l’Union africaine, ses organes et ses institutions, jusqu’à ce qu’un ordre constitutionnel normal soit rétabli dans le pays », déclare dans ce texte le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’organisation.

L’UA appelle les militaires maliens à « urgemment et inconditionnellement retourner dans leurs casernes et à s’abstenir de toute interférence future dans le processus politique au Mali ». Elle demande à établir les conditions pour le retour à une transition démocratique « sans entrave, transparente et rapide. » « Sans quoi, le Conseil n’hésitera pas à imposer des sanctions ciblées et d’autres mesures punitives » contre ceux qui empêchent la transition, ajoute le texte.
Une mission d’évaluation au Mali.

La décision de l’UA suit de quelques jours celle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a également annoncé suspendre le Mali de ses institutions. Ce pays du Sahel a connu deux coups d’Etat en neuf mois. Le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », accusé de corruption et d’impuissance face à l’insécurité, est renversé par un putsch après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales.

L’UA suspend alors le Mali. Mais l’organisation continentale lève cette décision début octobre, après que la junte s’est engagée à une transition vers un pouvoir civil dans les 18 mois. Le 15 avril 2021, les autorités de transition fixent dans ce sens des dates en février et mars 2022 pour les élections présidentielle et législatives. Mais en mai, les militaires, mécontents d’une recomposition du gouvernement décidée suite à une contestation grandissante, arrêtent le président et le Premier ministre, Bah Ndaw et Moctar Ouane, conduits sous la contrainte au camp militaire de Kati, près de Bamako.

La Cour constitutionnelle déclare ensuite chef de l’Etat et président de transition le colonel Assimi Goïta, homme clé dans l’actuelle crise politique. Ce dernier a assuré que les élections prévues se tiendront courant 2022. Dans son communiqué, l’UA appelle à ce qu’aucun des responsables actuels ne se présente aux élections à venir et demande la levée des « restrictions » sur tous les acteurs politiques, dont Bah Ndaw et Moctar Ouane, actuellement assignés à résidence. Elle annonce également l’organisation prochaine d’une mission d’évaluation au Mali.

Source : 20 minutes

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Coup d’Etat au Mali : la Cédéao prend une sanction contre le pays

31 mai 2021 à 7 07 27 05275

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, réunie ce dimanche, a décidé de cette sanction suite au nouveau coup d’État survenu dans le pays. Elle appelle le Mali à nommer un Premier ministre issu de la société civile.
Les présidents africains se sont une nouvelle fois penchés, dimanche, sur le cas du Mali.

La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’organisme régional, tenait au Ghana un sommet exceptionnel pour tenter de trouver une solution acceptable à un nouveau coup d’État qui a secoué le pays. Les dirigeants ont finalement décidé dimanche de suspendre le Mali de leurs institutions communes en réponse au récent double putsch des militaires maliens.

«Après de longues discussions, les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de suspendre le Mali des institutions de la Cédéao (Communauté des États d’Afrique de l’Ouest)» et «appellent à la nomination immédiate d’un Premier ministre issu de la société civile», selon le communiqué publié à l’issue de leur rencontre.

Lundi dernier au Mali, le vice-président, le colonel Assimi Goïta, avait donné l’ordre d’arrêter le président de la transition, Bah N’Daw et le premier ministre Moctar Ouane. Les deux hommes avaient choisi de «démissionner» deux jours plus tard alors qu’ils étaient encore aux mains des militaires putschistes. Assimi Goïta s’était ensuite proclamé président de la transition.

Source : Lefigaro

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Mali : la Cour constitutionnelle déclare Assimi Goïta président de la transition

29 mai 2021 à 8 08 40 05405
Assimi Goïta, président de la transition malienne

La Cour constitutionnelle malienne a déclaré le colonel Assimi Goïta, chef de l’Etat et président de la transition censée ramener les civils au pouvoir. C’est un arrêt rendu ce vendredi 28 mai 2021 qui l’a annoncé, parachevant ainsi le deuxième coup de force conduit par l’officier et les militaires qu’il dirige en neuf mois.

Jusque-là vice-président de la transition, le colonel Goïta exerce désormais « les fonctions, attributs et prérogatives de président de la transition pour conduire le processus de transition à son terme. Il portera le titre de président de la transition, chef de l’Etat », indique l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

La Cour constitutionnelle en arrive là après avoir constaté la « vacance de la présidence de la transition » consécutive à la démission de celui qui était jusqu’alors le président de la transition, Bah Ndaw.

Lundi dernier, le colonel Goïta, homme fort du Mali depuis le coup d’Etat qu’il a mené le 18 août 2020 avec un groupe d’officiers, avait fait arrêter le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane, cautions civiles de la transition ouverte après le putsch.

Le lendemain, mardi, il a annoncé mardi les avoir démis de leurs charges. Leur mise à l’écart a ensuite été présentée comme une démission, sans qu’on sache si elle était volontaire ou forcée.

La CEDEAO va se réunir demain, dimanche, à Accra (Ghana) pour discuter de cette nouvelle situation au Mali.

Avec l’AFP

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Le Nigeria nomme un nouveau chef de l’armée

27 mai 2021 à 15 03 14 05145
Le major général Farouk Yahaya, nouveau chef de l’Armée

ABUJA, 27 MAI (AFP) – Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a nommé jeudi un nouveau général à la tête de l’armée, six jours après la mort du chef de l’armée dans un crash d’avion militaire dans le nord du pays.

Le président « a nommé le major général Farouk Yahaya comme nouveau chef de l’armée », a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué.

Avant sa nomination, qui doit cependant encore être entérinée par l’Assemblée nationale, le général Yahaya commandait la première division de l’armée nigériane ainsi que l’opération militaire contre la rébellion jihadiste dans le nord-est du pays, selon ce communiqué. 

Cette annonce intervient six jours après le décès dans le crash d’un avion avec dix autres officiers du lieutenant général Ibrahim Attahiru, nommé le 26 janvier, alors que le président Buhari était sous le feu des critiques après des mois de grave détérioration de la situation sécuritaire. 

Ce troisième accident cet avion militaire, le troisième depuis le début de l’année, avait eu lieu peu avant son atterrissage prévu à l’aéroport international de Kaduna, à cause de mauvaises conditions climatiques, selon l’armée.

La tâche du nouveau chef de l’armée est immense alors que le pays le plus peuplé d’Afrique est le théâtre de plusieurs conflits meurtriers.

Depuis 2009, la rébellion jihadiste dans le nord-est du pays a fait plus de 40.000 morts et forcé plus de 2 millions de personnes à fuir leur domicile.

La possible mort chef du groupe jihadiste Boko Haram, Abubakar Shekau, attaqué la semaine dernière par des jihadistes rivaux liés à l’organisation Etat islamique (EI), pourrait changer la donne sur ce front. 

L’armée est également engagée dans le nord-ouest et le centre du pays, où des bandes criminelles sèment la terreur dans les zones rurales, attaquant des villages, volant du bétail et multipliant les enlèvements contre rançon.

Elle est également déployée aux côtés de la police pour restaurer la sécurité dans le sud-est du pays, où les attaques armées se multiplient sur fond de velléité indépendantiste. 

Enfin, elle patrouille au large des côtes, dans le golfe de Guinée, repaire de pirates qui attaquent les bateaux et se livrent à des enlèvements. 

AFP

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Oumar Yacine Bah, Président de l’Institut Afrique Emergente : « avec les micros Etats, l’Afrique restera toujours la proie de l’Ogre que constituent les pays riches »

27 mai 2021 à 14 02 08 05085
Oumar Yacine Bah, Président de l’Institut Afrique Emergente

Oumar Yacine Bah, ancien journaliste et fondateur d’organes de presse (Le Djawiré, Le Jour, Guinée Nouvelle), a siégé à la toute première équipe de la Haute Autorité de la Communication (HAC), de 2015 à 2020. Il est aujourd’hui à la tête de l’Institut Afrique Emergente, un jeune think tank citoyen, A l’ occasion de l’An 58 de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue le 9 juillet 2002  l’Union Africaine (UA), nous l’avons rencontré pour parler de cette organisation panafricaine mais aussi aborder quelques sujets d’actualité du continent. Il nous livre ici son analyse.

Avant d’entamer le vif du sujet, Monsieur Bah que signifie l’Institut Afrique Emergente  que vous dirigez présentement et quelle est sa mission?

L’Institut Afrique Emergente est un think tank indépendant à but non lucratif, ayant son siège à Conakry,  qui a une vision panafricaniste. Regroupant un groupe d’intellectuels (consultants, chercheurs, enseignants et autres experts), ce think tank mise sur la valorisation des ressources humaines à travers le continent par l’éveil des consciences de nos populations afin qu’elles puissent se prendre en charge et ; nous constituons ‘’un laboratoire d‘idées’’ issues de nos recherches pour en faire des propositions aux décideurs au niveau des pouvoirs publics et ceux du secteur privé. Aussi, nous comptons œuvrer pour le renforcement d’une société civile responsable, indépendante par le biais de programmes de formations. Tout ceci peut se matérialiser à des travers des travaux de recherche, des publications, des conférences et des séminaires.

Pourquoi avez-vous choisi Conakry comme siège de votre think tank ?

Avant tout nous sommes en Guinée, c’est notre pays de naissance. Mais, il ne faut pas oublier que le Guinéen est très panafricaniste par le fait de son passé. Le Président Sékou Touré, père de l’indépendance guinéenne, a joué un rôle de premier plan en Afrique, notamment dans la phase de décolonisation. Il est l’un des pères fondateurs de l’OUA. Diallo Telli a été d’ailleurs le premier secrétaire général de cette organisation panafricaine, une décennie durant. Et quoi qu’on dise, l’actuel président de la République, Alpha Condé, est un panafricaniste. Pendant sa jeunesse, il a dirigé la Fédération des étudiants africains en France (FEANF), créée par le groupe de l’ancien directeur général de l’UNESCO, Amadou Mathar Mbow en 1950. Déjà, parmi les membres fondateurs de la FEANF, il y avait un autre Guinéen, N’Ki Traoré.  Ce n’est pas pour rien donc que le président Alpha Condé  a été désigné  président en exercice de l’Union Africaine en 2017.

 Donc comme vous le constatez, notre  vision est de haute portée, mais pas impossible, car nous croyons en la capacité de l’Afrique de sortir de l’ornière et de se projeter dans un futur immédiat où elle sera la locomotive de l’Humanité entière. Quand on dit que « l’Afrique est l’avenir du monde », ce n’est pas une utopie. Ça peut être une réalité à condition qu’on parvienne à nous départir de l’afro-pessimisme et de nous libérer du joug de l’ignorance et de la pauvreté.

Justement, ce 25 mai 2021, l’Afrique vient de célébrer les 58 ans de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue Union Africaine. En tant qu’analyste, quel est votre constat sur l’évolution du continent durant ces six décennies ?

Avant tout, je dirais qu’il faut rendre hommage aux pères fondateurs de l’OUA comme l’Empereur Hailé Sélassié 1er , les Présidents Gamal Abdel Nasser, Kwame Nkrumah, Ahmed Sékou Touré, Jomo Kenyatta, Multon Obote, Julius Nyerere, Modibo Keita, Léopold Sédar Senghor, Houphouët Boigny, William Tubman etc… qui ont eu le mérite et le courage de poser les premiers jalons de l’union continentale alors qu’on venait de sortir fraichement de la colonisation et en pleine période de guerre froide. A ce niveau, leur acte a été salutaire. Mais si on se fonde sur l’idéal préconisé par les pères fondateurs de l’OUA, on peut dire que le projet tel que nous le concevons aujourd’hui a été est un échec. Car l’idéal consistait à créer l’intégration politique et économique du continent pour en faire un ensemble fort, uni et prospère où les Africains parlent d’une même voix. Autrement dit, la création d’un Etat fédéral à l’instar des Etats-Unis d’Amérique. Mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. Le principal acquis de l’Organisation panafricaine  est la décolonisation totale du continent. Ce qui est d’ailleurs à relativiser, vu les immixtions régulières et intempestives des puissances étrangères dans nos affaires intérieures. Plus de 60 ans d’indépendance, nos sociétés sont déchirées plus que jamais, la pauvreté est devenue plus endémique.

A votre avis, de quoi est dû cet échec ?

Un édifice pour qu’il puisse résister aux temps et aux intempéries, il doit avoir un fondement solide. Or, les pères fondateurs ont pris à l’époque une option consistant à bâtir l’union africaine dans son intégralité par étapes. Ce qui n’a pas marché parce qu’ils n’ont pas suivi Kwame Krumah. Celui-ci, dans son discours prononcé le 24 mai 1963 à Addis Abeba lors du sommet des 33 chefs d’Etat marquant l’acte de naissance de l’OUA,  disait «  Notre objectif c’est, dès maintenant, l’unité africaine. Il n’y a pas de temps à perdre. Nous devons maintenant nous unir ou périr. ». Et c’est là où nous sommes aujourd’hui, malheureusement. On dirait que le leader ghanéen devançait son époque puis que dans ce même discours, qui devrait être une bréviaire pour nous aujourd’hui, il affirmait que « notre indépendance économique réside dans notre Union Africaine et exige la même concentration sur les réalisations d’ordre politique. » et plus loin, il ne manquera pas d’avertir ses pairs en disant : « Si nous ne créons pas dès maintenant l’Unité africaine, nous qui siégeons ici aujourd’hui, nous serons demain les victimes et les martyrs du néo-colonialisme. ». Les faits lui donneront raison bon sang.  Pourtant, dans une vision claire et pragmatique, il a esquivé des pistes en indiquant que « Cette union, nous devons la réaliser, sans sacrifier nécessairement nos diverses souverainetés, grandes ou petites, nous avons, dès maintenant et ici même forgé une union politique fondée sur une défense commune, des affaires étrangères et une diplomatie communes, une nationalité commune, une monnaie africaine, une zone monétaire africaine et une Banque centrale africaine ».

Hélas, la plupart des chefs d’Etat présents à ce sommet pensaient à leur fauteuil de dirigent et à leurs souverainetés. Avec le principe de non-ingérence, la plupart d’entre eux ont fait de leurs micros-Etats des propriétés personnelles en instaurant des partis uniques, étouffant dans l’œuf toute émergence démocratique. Au fil du temps, l’OUA devient un syndicat de chefs d’Etat, ignorant les intérêts de la base que constitue le peuple africain. Devenue l’Union Africaine en 2002, cette triste réalité n’a pas changé.

L’actualité oblige, au Mali voisin, on vient d’enregistrer un nouveau coup d’Etat, si on peut le dire ainsi, huit mois après celui qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keita, perpétré par la même junte. Quelle analyse en faites-vous ?

La situation au Mali est très inquiétante dans la mesure où le pays est en proie de conflits multidimensionnels, à la fois djihadistes, régionalistes et communautaristes depuis 10 ans. Des forces étrangères s’y battent contre le terrorisme afin de ramener la paix et la sécurité dans le pays et surtout freiner la contagion aux pays frontaliers non encore touché par le phénomène du terrorisme. Pendant ces temps, les militaires maliens qui ont essuyé des lourdes pertes face aux djihadistes se battent à Bamako sur le terrain politique alors qu’ils devraient être au front. Mais tout cela est arrivé par le fait de la mauvaise gouvernance des pouvoirs successifs dans une démocratie de façade comme c’est le cas de la plupart des Etats africains. La chute de Kadhafi orchestrée par l’Occident, la France et les Etats-Unis au premier plan, a été une aubaine pour les djihadistes et autres groupes de malfaiteurs de tout acabit qui se sont emparés de l’arsenal libyen pour semer aujourd’hui la terreur dans toute la bande sahélo-sahélienne. La Libye, en guerre tribale, est devenue un terreau des djihadistes, des contrebandiers, des trafiquants d’armes et d’êtres humains.Voilà à quoi le Mali est confronté aujourd’hui à l’instar de ses voisins, le Burkina, le Niger et même la Côte d’Ivoire.

Pour revenir à ce que vous avez appelé coup d’Etat, il n’y a rien d’étonnant dans la mesure où le président de la Transition, Bah N’daw et son premier ministre, Moctar Ouane « mis hors de leurs prérogatives » (avant leur démission collective)  par le chef de l’ex-junte, Assimi Goïta, ne sont pas issus d’un régime démocratique. C’est le Conseil national pour le salut du peuple, CNSP, dissout en janvier 2021 qui, sous la pression internationale, les a choisis, après son putsch qui a provoqué la chute du président IBK. Si le patron de cette même ex-junte, estimant que les deux ont violé la charte de la transition, les démet aujourd’hui, ce n’est pas étonnant ça. N’oubliez pas qu’il y a eu récemment au Tchad un précédent dangereux pour l’avenir de la démocratie en Afrique. Après la mort au front du Maréchal Idriss Déby Itno, son fils, le Général Mahamat Idriss Déby Itno, à la tête d’un Comité militaire de transition, a pris le pouvoir. Ipso facto, il a eu l’onction d’Emmanuel Macron. La France très présente dans la région à travers son armée qui combat le terrorisme islamique, a dû préférer « la stabilité » pour accompagner la transition militaire alors que la succession pourrait se régler par la voie constitutionnelle. L’Union Africaine n’a fait que de suivre le doigt de Macron. Et avec complaisance ! Ni le président de la Commission de l’UA, le Tchadien Moussa Mahamat Faki (ancien Premier ministre d’Idriss Déby), ni le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres n’a eu un mot dur pour condamner les putschistes de Ndjamena et les sommer de rendre le pouvoir aux civils, comme cela se devait. Car, à leur entendement le Tchad fournit des contingents importants dans les autres pays victimes d’agression de Boko Haram, Daesch ou Aqmi. Donc, il faut accompagné la transition pour éviter l’implosion du pays. Ça y ait. Seulement que cette politique de deux poids deux mesures risque d’avoir des effets nocifs dans le processus démocratique à travers nos pays.

Pour revenir au cas malien, je ne pense pas que la menace des sanctions contre les militaires prônées ça et là, serait la bonne option. Maintenant qu’une mission de la CEDEAO, à sa tête Good Luck Jonathan, ancien président du Nigeria, est à Bamako, attendons de voir quelle sera l’issue des pourparlers avec les différents acteurs de la crise malienne. Quoi qu’il arrive, il ne faut pas perdre de vue qu’il faudra impérativement sauver la cohésion au sein des forces armées maliennes bien qu’elles soient beaucoup fragilisées. Toute implosion au sein de cette armée entraînera un chao général que personne ne souhaite et qui sera difficile à gérer. Parce qu’il ne faut pas oublier que la Russie est présente dans la région. Déjà, elle dispute la France en RCA et au Tchad. En partie, ce qui se passe au Mali est une guerre de positionnement stratégique entre les grandes puissances.

Pour finir que préconisez-vous pour que règne la paix en Afrique et que les Africains puissent se consacrer au développement de leur continent ?

A mon avis, d’abord, il nous faut un système démocratique fondé sur nos valeurs africaines et une gouvernance saine, dépourvue de corruption, de gabegie financière, de démagogie, du népotisme. Tout ceci n’est possible qu’avec des institutions fortes comme le disait Barack Obama « l’Afrique a besoin des institutions fortes et non des hommes forts ». Nos Etats doivent investir utiles, c’est-à-dire prioriser l’éducation, la santé, l’agriculture, l’énergie, la communication et le transport.

Les gouvernants doivent se pencher sérieusement sur la fédération continentale. Avec les micros-Etats, l’Afrique restera toujours la proie de l’Ogre que constituent les pays riches.

Propos recueillis par Alpha Ibrahima Diallo

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Mali : le président et le premier ministre de transition libérés

27 mai 2021 à 10 10 29 05295

Le président et le premier ministre de transition maliens, arrêtés lundi et démissionnaires selon les militaires, ont été libérés dans la nuit, a affirmé jeudi 27 mai à l’AFP un responsable militaire.

« Le premier ministre et le président de transition ont été libérés cette nuit vers 01H30 (locales et GMT). Nous avons respecté notre parole », a-t-il dit sous couvert d’anonymat. Des membres des familles ont confirmé leur libération. Les deux hommes sont rentrés chez eux à Bamako, a indiqué leur entourage, sans que les conditions de leur remise en liberté aient été précisées.

Leur libération était une des exigences de la communauté internationale face à ce qui s’apparente au deuxième coup d’Etat en neuf mois. L’homme fort du pouvoir malien, le colonel Assimi Goïta, avait fait arrêter lundi le président Bah Ndaw, le premier ministre Moctar Ouane mais aussi le nouveau ministre de la Défense qu’ils venaient de choisir, ainsi que d’autres hautes personnalités. Le colonel Goïta les avait accusés d’avoir formé un nouveau gouvernement sans le consulter alors qu’il est le vice-président en charge des questions de sécurité, attribution primordiale dans un pays dans la tourmente des violences en tous genres, et notamment djihadistes.

Les militaires avaient indiqué mardi que Bah Ndaw et Moctar Ouane avaient démissionné, sans qu’on sache dans quelles conditions. Depuis leur arrestation, le président et le premier ministre de transition étaient tenus au secret au camp militaire de Kati, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, là où le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu un an plus tôt, avait été conduit lui aussi par les colonels en août 2020 et poussé à annoncer sa démission.

Source : lefigaro.fr

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Mali : Assimi Goika devient président de la transition, après la démission de Bah N’Daw

26 mai 2021 à 14 02 23 05235
Assimi Goika et Bah N’Daw

Le président de la transition, Bah N’Daw, a remis sa démission à son vice-président, Assimi Goïta. Ce dernier devient, de fait, le nouveau chef de la transition.

Moins de 48 heures après avoir démis de leurs fonctions le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, le colonel Assimi Goïta devient de fait le nouveau président de la transition.

Bah N’Daw a en effet remis, ce mercredi 26 mai, sa démission ainsi que celle de son Premier ministre à celui qui était, jusque-là, son vice-président. Le gouvernement, dont la composition avait été dévoilée le 24 mai, quelques heures avant le coup de force des militaires, est quant à lui dissous.

Point de non-retour

Cette annonce vient confirmer la reprise en main de l’exécutif par le chef de la junte qui a mené le coup d’État contre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le 18 août dernier.

Les tensions entre Assimi Goïta et Bah N’Daw s’étaient accrues depuis la reconduction de Moctar Ouane au poste de Premier ministre, le 14 mai dernier. Mais c’est l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, lundi soir, qui a constitué le point de non-retour.

Assimi Goïta, tenu à l’écart des discussions, contestait en particulier l’éviction de deux de ses fidèles, membres influents de l’ancien Conseil national pour le salut du peuple (CNSP, officiellement dissous en janvier) : les colonels Modibo Koné et Sadio Camara, qui était respectivement ministres de la Sécurité et de la Défense dans le précédent gouvernement.

Interpellés le 24 mai au soir, Bah N’Daw et Moctar Ouane se trouvent depuis au camp militaire de Kati, situé à une quinzaine de kilomètres de Bamako. C’est également le cas du général Souleymane Doucouré, qui devait devenir le nouveau ministre de la Défense, et de Kalilou Doumbia, conseiller spécial de Bah N’Daw.

Source : Jeuneafrique

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Bah Oury : « il faut de nouveaux leaderships forts pour relancer l’Union Africaine »

26 mai 2021 à 8 08 01 05015
Bah Oury, président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG)

A l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de la création de l’Union africaine, l’opposant guinéen, Bah Oury, a donné son avis sur le fonctionnement de cette organisation continentale. Pour le président de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée), l’UA a suffisamment montré ses limites dans la gestion des problèmes du continent. C’est pourquoi, il estime qu’il faut l’émergence de nouveaux leaderships dans les différents pays pour relancer l’institution et lui permettre de jouer pleinement le rôle qui lui a été assigné par ses pères fondateurs. Il l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 25 mai 2021.

« Nous sommes dans un contexte où le souffle démocratique qui avait soufflé au début des années 90 avec les conférences nationales souveraines, avec l’éclosion du multipartisme et le fait de faire prospérer la démocratie de type libéral telle qu’elle était exprimée a atteint ses limites. Pratiquement, 30 ans après, nous sommes dans un contexte de crise, d’essoufflement des processus de constitution des Etats. Et les réponses positives ne sont pas encore suffisamment apportées. D’où les renoncements, les reculs des processus démocratiques tel qu’on le constate actuellement.

Si ce n’était que l’aspect institutionnel, il va de soi que les luttes politiques classiques allaient permettre de restaurer, d’une manière ou d’une autre, l’élan démocratique. Par contre, les crises se sont aggravées. Nous ne sommes plus face à des contestations politiques internes, nous sommes face à une géopolitique mondiale avec des forces de plus en plus forte de type djihadiste tel que ça s’exprime sur le Sahel et sur la corne de l’Afrique jusqu’au niveau des confins du Mozambique aujourd’hui. Vous avez des frontières qui éclatent, des gouvernants qui ont amené leurs pays à être des Etats en faillite et c’est le problème qui se pose.

Donc, l’Union africaine qui est dans la dynamique du respect sacrosaint de la souveraineté nationale des Etats, n’est plus de ce point de vue en mesure de faire face à un contexte géostratégique qui est profondément bouleversé. D’où la nécessité d’envisager d’autres dynamiques, d’autres paradigmes pour qu’il y ait de nouveaux leaderships qui puissent émerger pour donner un contenu beaucoup plus positif et constructif de l’élan panafricaniste au lieu d’avoir des attitudes conservatrices qui, dans une certaine mesure, ne font que reléguer l’Afrique de plus en plus en arrière.

Mais il ne faut jamais désespérer de l’avenir. A chaque problème, d’une manière ou d’une autre, il y aura des solutions. Espérons que les solutions les plus heureuses et vertueuses l’emporteront. Mais, encore une fois, pour que l’Union africaine puisse reprendre un élan neuf, un élan positif, il faudrait que dans certains Etats moteurs, il y ait de nouveaux leaderships forts qui puissent prendre le relais, qui puissent prendre une nouvelle vision, une nouvelle pratique de la gouvernance pour faire espérer des changements concrets et notables, tant dans la manière de gouverner que dans la conception de cette gouvernance elle-même », a dit M. Bah.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Dr Zoutomou à propos de l’Union africaine : « elle a complètement raté sa cible »

25 mai 2021 à 17 05 23 05235
Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, président de l’UDRP

Que retenir des 58 ans d’existence de l’Union africaine ? Le bilan est largement décevant aux yeux de Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou, président de l’Union Démocratique pour le Renouveau de la Guinée (UDRP). Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 25 mai 2021, l’opposant guinéen a déclaré que l’organisation continentale a failli à la mission qui lui a été assignée à sa création.

« A sa création, l’OUA avait suscité beaucoup d’espoirs. On se rappelle que le président guinéen de l’époque, Ahmed Sékou Touré, était l’un des acteurs de la création de cette organisation, en mai 1963. Au départ, l’OUA avait de très bonnes intentions. Mais par la suite, je crois qu’elle a complètement raté sa cible. Parce qu’à l’intérieur de l’organisation, on n’était plus en train de chercher l’autonomie politique, qui pouvait ensuite être transformée en une arme de bataille sur le plan économique. Cela n’a pas été fait.

Aujourd’hui, avec la transformation de l’OUA en l’Union africaine (UA), je pense que les choses se sont empirées, parce qu’on a l’impression que l’Union africaine, au lieu de compter sur elle-même pour influer davantage sur la place que l’Afrique doit avoir sur le champ mondial, est plutôt en train de tendre la main aux puissances. Et dans ces conditions, on a l’impression que nous voulons plutôt que les puissances étrangères viennent résoudre nos problèmes à notre place. Pour moi, c’est aussi un échec. Aujourd’hui, on parle de 58ème anniversaire, les coups d’Etat militaires et les changements de constitutions sont là.

En fait, nous devrions être à un stade où l’Union africaine devrait être le champion de la création et du maintien des institutions fortes gouvernementales fortes en Afrique. Mais plutôt, c’est un laisser-aller, on dirait que les chefs d’Etat ne sont là que pour se défendre les uns les autres en fonction des liens particuliers d’amitié qu’ils ont. Ça ne devrait pas être ainsi. L’Union africaine devait être une véritable institution, mais on n’est pas encore arrivé à notre but. Elle n’a pas atteint ce qu’elle devait faire à partir de la base donnée par l’OUA », a estimé le président UDRP.

Le président de l’UDRP, si l’Union africaine ne se reprend pas pour se monter plus efficace dans la défense des intérêts des populations, elle risque tout simplement de disparaître. « Je n’ai pas une balle de cristal pour déterminer ce que réserve l’avenir de cette institution. Mais, à partir de la tendance que nous voyons, puisque l’UA actuelle est muette devant tous les manquements et devant toutes les agressions, on a l’impression que si on ne fait pas attention, elle risque de cesser d’exister. C’est peut-être trop dire, mais c’est la tendance. Parce que si une organisation n’est pas efficace, elle n’arrive plus à rassembler tous les éléments qui pouvaient lui permettre d’accomplir la mission qu’on lui a été confiée, elle cesse d’exister.

Même si ce n’est pas dans les faits, mais dans les comportements, elle va cesser d’exister. Et dans ces conditions, les gens n’en tiendront plus compte. C’est ce qui se fait aujourd’hui. Quand cette union dit qu’on ne peut pas accepter qu’il y ait des gouvernements militaires, mais un peu partout les gouvernements militaires surgissent sans qu’elle ne dise quelque chose. Et, on dit que qui ne dit rien, consent. Ça veut dire que cette institution est en train d’accepter cet état de fait, et c’est malheureux pour le continent », a dit Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Mali : le président et le Premier ministre demis de leurs fonctions

25 mai 2021 à 15 03 22 05225
Assimi Goika, Bah N’Daw et Moctar Ouane

Au lendemain de leur arrestation par des militaires, le président malien et le premier ministre de transition ont été démis, mardi 25 mai, de leurs fonctions par le colonel Assimi Goïta qui les accuse de tentative de « sabotage » de la transition.

« Le processus de transition suivra son cours normal et les élections prévues se tiendront courant 2022 », a également déclaré le colonel Goïta, dans une déclaration lue à la télévision publique par un collaborateur en uniforme.

Le colonel, à la tête des putschistes qui avaient renversé le président élu, Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020, a reproché au président, Bah N’Daw, et au premier ministre, Moctar Ouane, d’avoir formé un gouvernement sans se concerter avec lui, bien qu’il soit chargé de la défense et de la sécurité, domaines cruciaux dans le pays en pleine tourmente.

« Une telle démarche témoigne d’une volonté manifeste du président de la transition et du premier ministre d’aller vers une violation de la charte de transition (…), d’où une intention avérée de sabotage de la transition », a-t-il estimé.
La charte, grandement rédigée par les colonels, est un texte référence de la transition censée ramener des civils au pouvoir.

Le président et le premier ministre maliens ont été arrêtés lundi, quelques heures à peine après avoir formé un nouveau gouvernement. La composition du gouvernement communiquée lundi a, semble-t-il, mécontenté les colonels. Certes, des militaires conservaient des postes-clés, mais deux figures de l’ancienne junte étaient écartées des portefeuilles primordiaux de la défense et de la sécurité.

Assimi Goïta, qui est également vice-président de la transition, a assuré mardi s’être vu « dans l’obligation d’agir » et de « placer hors de leurs prérogatives le président et le premier ministre ainsi que toutes les personnes impliquées dans la situation ».

Source : lemonde.fr

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