Amadou Diallo (BBC) : l’enfant de Diari revient sur son brillant parcours (interview)

20 janvier 2019 à 21 09 22 01221
Amadou Diallo, ancien correspondant de la BBC en Guinée

Pour sa toute première grande interview après son départ de notre pays, monsieur Amadou Diallo, ancien correspondant de la BBC en Guinée, a accepté de se confier à un journaliste de Guineematin.com qui était récemment en séjour à Dakar, au Sénégal. Le célèbre journaliste a répondu à toutes nos questions, y compris sur son parcours scolaire et professionnel.

Ci-dessous, Guineematin.com propose le décryptage de la première partie de cette interview portant sur le parcours scolaire de notre confrère et le début de sa carrière de journaliste à la Radiotélévision Guinéenne (RTG).

Décryptage !

Guineematin.com : on va commencer cet entretien par parler de vous-même. Pour ceux qui ne vous connaissent pas bien, qui est Amadou Diallo ?

Amadou Diallo : c’est toujours très difficile pour moi de parler de ma personne ; mais, pour les besoins de la cause, puisque vous avez demandé, nous allons nous soumettre à l’exercice. Amadou Diallo est un guinéen qui est né en zone rurale, d’une famille très modeste. Mes parents étaient des paysans ; mais, j’en suis très fier, vraiment. Des paysans modestes, honnêtes et qui m’ont donné l’éducation à la quelle je suis vraiment fier ; ça, je puis le dire. Je suis né à Diari, une sous-préfecture de Labé. J’ai fait une partie de mes études primaires à Diari et l’autre partie, je l’ai faite à Conakry, un peu à Kipé.

Il y avait une petite école primaire à Kipé, j’ai fréquenté cette école pendant deux à trois mois ; après, je suis allé au CER de Ratoma où j’ai passé le collège et le lycée. Après le bac, je suis allé à la faculté des sciences sociales et de la nature de Donka, qui n’existe plus maintenant. C’était à l’époque de Sékou Touré. Et, à l’époque, il y avait l’université premier degré et second degré. Le premier degré, c’était après le bac, vous devez faire trois ans dans les facultés et après les trois ans, vous faites un concours d’accès à l’université second degré. Et, donc, après les trois ans à la Fasona, j’ai eu le concours, j’étais parmi les meilleurs.

Guineematin.com : c’était en quelle année ?

Amadou Diallo : c’est en 1983-1984 parce que quand Sékou Touré mourait, nous étions en 1ère année à l’Ecole Normale Supérieure de Manéah. A l’époque, cette école était une école d’élites où les enseignants, les professeurs devaient être formés. Le concours était très serré, et les 10 premiers de chaque promotion en faculté des sciences sociales et de la nature ont été orientés à l’Ecole Normale Supérieure de Manéah, les autres sont allés à Poly. Il y avait cette petite rivalité entre Manéah et Poly (rire).

Guineematin.com : Manéah qui était une école d’élites…

Amadou Diallo : c’était l’élite parce que Sékou Touré voulait vraiment faire des élites pour la formation des professeurs. Et donc, nous sommes allés à l’Ecole Normale Supérieure de Manéah où nous sommes restés jusqu’en 1985-1986. A Manéah, il y avait l’émulation, les conditions de vie étaient difficiles parce que l’internat en Guinée, vous savez que les conditions n’étaient pas ça ; mais, la formation était excellente. Il y avait des grands professeurs. Déjà, à la Fasona, on avait des bons professeurs ; et, à Manéah, on a trouvé aussi des grands professeurs. Parmi les professeurs qui m’ont enseigné je me souviens de certains. Je me souviens du professeur Ninguélandé Diallo qui est un excellent professeur de philosophie et de psychologie.

Je me souviens d’Ibrahima II Barry, c’est un excellent professeur de Sociologie, de Philosophie et de Psychologie. Je me souviens de monsieur Malick Kouyaté qui était un ami de Ninguélandé qui était aussi un excellent professeur de Philosophie, de monsieur Taran Diallo qui est l’actuel maire de Ratoma, un excellent professeur de Philosophie. Ça, c’était à la Fasona. Lorsqu’on a rencontré ces professeurs, nous sommes rentrés dire à nos parents qu’on ne savait pas que la Guinée a des savants, tellement qu’ils étaient brillants. Je vous le dis franchement.

Lorsqu’on est rentré à l’Ecole Normale Supérieure de Manéah, non seulement on avait des bons professeurs comme monsieur Mamadou Boiro qui est décédé (paix à son âme). Il m’a enseigné en philosophie africaine. Je ne sais pas dans nos universités actuellement si on enseigne la Philosophie africaine ; mais, c’était un excellent professeur. Il y a Ibrahima Sory Traoré qui sera nommé par après comme ambassadeur. Donc, nous avons pu bénéficier de l’apport de tous ces bons professeurs.

Guineematin.com : vous étiez avec des amis à l’université. Vous vous rappelez de quelques-uns d’entre eux ?

Amadou Diallo : oui ! J’ai fait la même classe à l’Ecole Normale Supérieure de Manéah avec Ben Daouda Sylla, Alpha Kabinet Doumbouya, Nestor Sovogui qui est actuellement au ministère de l’information, Alhassane Mohamed Diakité qui est à la RTG. Nous étions très nombreux qui avons, après la formation, migré à la RTG.

Guineematin.com : vous avez refusé donc d’enseigner alors que vous étiez formés comme enseignants ?

Amadou Diallo : j’ai été formé pour enseigner ; mais, le micro aussi c’est un enseignement. Je voulais bien enseigner ; mais, je pense que mon destin c’était le micro.

Guineematin.com : comment ça s’est passé pour vous après Manéah ?

Amadou Diallo : après Manéah, directement, j’ai cherché et obtenu un stage à la RTG parce qu’il n’y avait pas de radios privées. Donc, si vous voulez être journaliste, il faut forcément passer par la RTG ; mais, ce n’était pas facile d’obtenir un stage à la RTG. Il y avait beaucoup d’hostilités. Les anciens qui étaient là-bas ne voulaient pas voir les nouveaux. Ça a été très difficile.

Guineematin.com : l’insertion ou bien l’arrivée même ?

Amadou Diallo : l’arrivée était plus difficile que l’insertion. En fait, les anciens qui étaient à la RTG étaient très hostiles aux nouveaux qui venaient notamment de l’université.

Guineematin.com : pour avoir votre stage, vous avez appelé des grands à vous ou bien vous êtes allés frapper à la porte d’entrée ?

Amadou Diallo : (rire). Quel grand ? Je n’en ai jamais eu dans ma vie.

Guineematin.com : c’est un parent alors qui vous a appuyé ?

Amadou Diallo : non ! Pas de parent. Je vous ai dit que je suis issu d’une famille paysanne, modeste, honnête et digne ; mais où est-ce que je pouvais puiser des bras longs ? Non ! Je n’en ai jamais eu.

Guineematin.com : On arrivera peut-être à la vie professionnelle que vous avez eue, mais vous avez parlé de la qualité de l’éducation de la famille, de l’école notamment de Manéah, que vous avez qualifiée de très bonne.

Amadou Diallo : une très bonne école. Je suis vraiment meurtri depuis qu’on a « tué » l’école de Manéah, honnêtement, je trouve que ce n’était pas bien. La plupart des pays qui nous environnent, ils ont encore des Ecoles normales supérieures.

Guineematin.com : vous êtes réputé être un intellectuel de qualité, un journaliste professionnel que beaucoup estiment irréprochable. Vous avez été fabriqué, à votre avis, par les parents ou par l’école de Manéah ?

Amadou Diallo : les deux. J’ai été fabriqué d’abord par mes parents. Je vous ai dit que j’ai suivi une éducation traditionnelle qui était assez rigoureuse et je m’en félicite aujourd’hui. Et puis, déjà enfant, on était habitué à travailler dur : le champ, les bétails, la rivière pour puiser de l’eau, aller chercher des bois morts, aller accompagner les parents au champ, les clôtures… Dès le départ, je me suis habitué à travailler dur. A l’époque, je disais pourquoi me faire travailler autant ; mais, après, j’ai compris qu’il le fallait. Cela faisait partie de la formation de la personnalité parce que vous avez vu, la formation c’était à l’internat. C’était inqualifiable.

Guineematin.com : vous n’étiez pas gâtés vous les étudiants à l’internat ?

Amadou Diallo : pas du tout. Il fallait un apport supplémentaire des parents pour ceux qui en avaient à Conakry pour supporter le coût. L’alimentation était tellement difficile, il y avait une sauce qu’on appelait « trouve-moi au fond » parce qu’en dessus, vous ne voyez rien. C’est quand vous plongez la main à l’intérieur, vous trouvez de l’eau parce que c’est un peu de l’eau. Donc, les conditions de vie étaient très difficiles et la plupart d’entre nous vivaient des mangues, parce que tout autour de Manéah, il y avait des mangues. La saison des mangues, c’est ce qui nous sauvait. En tout cas, personnellement, avec ces mangues, j’en ai beaucoup profité. Je remercie beaucoup les populations de Manéah pour ça.

Donc, de ce point de vue, je dis que c’est d’abord la famille qui m’a forgé et la Fasona où j’ai rencontré des professeurs pour lesquels j’ai beaucoup de respect. Je remercie ces professeurs. Parmi eux, je sais qu’il y a des vivants comme Ibrahima II Barry, Ninguélandé Diallo, Malick Kouyaté (qui doit être aux Etats-Uni. Je profite de cette interview pour leur dire merci. Donc, la formation, c’est la famille, c’est l’école, la Fasona et Manéah.

Guineematin.com : vous arrivez donc à la RTG malgré les difficultés, vous arrivez à vous imposer et même à aller au-delà.

Amadou Diallo : oui ! Parce que dès au départ, moi, je suis habitué à lutter parce que je vous dis qu’à la RTG, lorsque je venais une fois je pouvais faire deux mois sans y revenir, étant donné l’hostilité. Quand je viens dans les salles de rédaction, je salue, les gens lèvent les yeux, personne ne répond, ils continuent leur travail. Intimidé, je ressortais. La seule personne qui répondait à un salut à l’époque, c’était le rédacteur en chef, Alpha Kabinet Kéïta (Paix à son âme). Il avait été DG de la RTG et c’était une personne extraordinaire, je partais dans son bureau pour le saluer. Parfois, je venais, trempé, mouillé parce que vous connaissez les pluies de Conakry, sans le transport. Lui, je venais le saluer et lui il répondait dans son bureau avec gentillesse ; et puis, les autres, dans les salles de rédaction, ils ne vous répondaient pas quand vous êtes nouveau.

Guineematin.com : donc, l’hostilité était vraiment là ?

Amadou Diallo : l’hostilité était là. C’est pourquoi, quand je sortais de là, je pouvais faire un mois sans revenir. Mais, puisque je tenais à devenir journaliste, je revenais toujours. Un jour, j’ai pris mon courage en main, j’ai trouvé le directeur de la radio, c’était Cheick Fantamady Condé (que beaucoup connaissent. C’est un excellent reporter sportif), j’ai dit monsieur le directeur, j’ai obtenu un stage chez vous ; mais, depuis que je suis arrivé, personne ne s’occupe de moi, j’ai même du mal à fréquenter l’établissement. J’ai dit que personne ne s’occupe de moi. Il m’a dit : ‘’d’où venez-vous’’, j’ai dit que je viens de l’Ecole normale supérieure, je vous montre le papier que l’école m’avait donné pour solliciter le stage. Evidemment, il a annoté pour le studio école qui n’existait que de nom. Ce studio était géré par un excellent journaliste pour lequel j’ai une grande admiration et auquel je rends un vibrant hommage : c’est Odilon Théa. C’est lui qui m’a appris le B.a.-ba du journalisme. Je lui dis merci. Il est âgé, mais il est toujours vivant et actif. C’est comme ça que c’est parti. Mais, au studio école, Odilon Théa était de très bonne foi, il a une bonne formation et il fait partie de la première génération des journalistes formés en Suisse. Donc, il a les outils pour ça, mais il n’avait pas le matériel, il n’y avait même pas de salle. Donc, j’étais avec d’autres journalistes qui sont venus aussi de Manéah, comme Ibrahim Ahmed Barry, Hawa Touré…

Guineematin.com : ils sont venus après vous ?

Amadou Diallo : non ! Ibrahima Ahmed Barry, lui, on a commencé ensemble. Il est venu de Manéah aussi, et même Fodé Tass Sylla, on a commencé ensemble au studio école. Donc, il y avait un petit groupe, Odilon Théa s’occupait de nous parfois dans la salle de conférence du ministère, et c’est comme ça que c’est parti. On a fait un bon temps avec lui ; et, après il a dit : ‘’voilà, moi j’ai fait ce que je pouvais faire’’. Il a fait des attestations et on devait partir dans les salles de rédaction. Chacun est parti et nous avons commencé petit à petit. Donc, je n’ai jamais fait une école de journalisme. J’ai une formation universitaire que j’estime bonne, mais je n’ai jamais fait une école de journalisme. L’école de journalisme que j’ai fréquentée, c’est le studio école de la RTG ; c’est beaucoup de formations avec RFI sur des reportages, des magazines, des interviews, etc. Tout ça, c’est quand j’étais à la RTG et plus tard, j’ai fait des formations avec la BBC ; mais aussi, j’ai beaucoup lu des livres de journalisme.

Donc, pour la théorie, j’ai beaucoup lu les livres sur le journalisme et pour la pratique, j’ai commencé par la RTG. Moi, j’ai une formation de Philosophie. A l’université, j’ai fait philosophie. J’aurais pu enseigner la Philosophie, mais le destin a voulu que je pratique le journalisme. Donc, j’ai un esprit indépendant, critique, libre. Même à la RTG, je n’ai jamais accepté de faire un éditorial. J’étais même de ceux qui étaient opposés aux éditoriaux parce qu’à l’époque, à la RTG, on avait un groupe qui était opposé à ce genre de pratiques. Nous avons même voulu révolutionner la RTG. A un moment donné, on a même révolutionné la RTG. Au début des années 1990, 1991, 1992 et 1993, on a révolutionné la RTG…

Guineematin.com : comment ?

Amadou Diallo : en étant critiques, indépendants. Nous, nous sortions de l’université. Et à l’université, je ne sais pas comment ça fonctionne maintenant ; mais, à l’université, c’est l’indépendance. Et donc, on est venu à la RTG avec l’esprit des universitaires qui discutent, qui contestent et qui donnent leurs points de vue. Donc, lorsque nous avons eu les armes qu’il fallait pour travailler à la RTG, lorsqu’avec nos aînés que nous avons trouvés, les Lamine Dia, les Boubacar Yacine Diallo, Mamadouba Diabaté, Abdourahmane Diallo, Saran Touré, Madina Bâ, Fodé Bouya Fofana, etc., lorsqu’on est venu les trouver, on a eu les premières armes, on a voulu apporter notre contribution, un changement à la RTG. Et, j’avoue que ce changement, à un moment donné, on l’avait apporté parce qu’à un moment donné, avec le concours de circonstances, dans les années 1990, il y a eu les journées de l’information en Guinée.

C’est le régime qui avait organisé ces journées et qui avait invité des journalistes venus de part et d’autre : de l’’Europe, de l’Afrique. C’était à cette occasion que j’ai vu pour la première fois Siradiou Diallo (paix à son âme) parce qu’il avait été invité. C’était le régime du CMRN (Comité Militaire de Redressement National). Le régime de Sékou Touré était déjà mort, renversé par le CMRN dirigé par les militaires qui ont organisé dans les années 1990, les journées de l’information. C’était des journées de critique, c’était pour faire le point sur le fonctionnement des médias d’Etat parce qu’il n’y avait pas de radios privées.

Guineematin.com : faire l’état des lieux pour dégager des perspectives ?

Amadou Diallo : oui, faire l’état des lieux pour dégager ses perspectives. Et, c’est ce concours de circonstances qui nous a aidé.

Guineematin.com : cela vous a renforcé dans votre conviction ?

Amadou Diallo : notre conviction, était qu’il fallait foncer pour apporter des changements. Et, honnêtement, nous nous sommes lancés dedans. On critiquait le régime, le fonctionnement des départements. Nous faisions des enquêtes parce que celui qui nous a donné le goût d’aller au bout de ces enquêtes, c’est Boubacar Yacine Diallo qui était le seul à l’époque à faire des enquêtes et qui était aussi indépendant d’esprit.

Guineematin.com : Yacine était donc indépendant ?

Amadou Diallo : il était très indépendant d’esprit au point que lorsqu’il est devenu rédacteur en chef, il a interdit au DG de la RTG de mettre les pieds à la rédaction et il lui a dit : ‘’si vous voulez interpeller un journaliste, c’est moi que vous devez interpeller. Vous n’avez rien à avoir avec les journalistes’’. C’était quelqu’un d’assez indépendant et qui assumait aussi. Donc, la RTG m’a apporté une contribution et les choses étant ce qu’elles étaient, lorsqu’on nous a envoyé un ministre qui était policier et que tout le monde craignait, qui était très puissant à l’époque, vous avez entendu parler d’Ervé Vincent Bangoura, lorsqu’il a été nommé comme ministre de l’information, ça a été un ras-le-bol à la RTG. Tout le monde a crié : on nous a envoyé un policier, c’est pour nous assiéger, on ne peut plus travailler librement. Et, ça a été tout à fait le contraire. La RTG n’a jamais été autant libre que du temps d’Ervé Vincent Bangoura (paix à son âme aussi). Evidemment, la révolution dont je vous parlais était déjà en marche. Il a trouvé cette révolution en marche, il ne l’a pas freinée.

Guineematin.com : il a laissé la dynamique continuer ?

Amadou Diallo : il a laissé la dynamique continuer et lui-même, dans les reportages, les enquêtes qu’on faisait, on l’égratignait. Il ne réagissait pas. Et, lorsque ses collègues ministres, à travers nos reportages, venaient se plaindre, il disait que ce n’est pas la peine de réagir.

Guineematin.com : il vous arrivait réellement d’attaquer les ministres, mener des enquêtes sur des affaires qui les accablent ?

Amadou Diallo : absolument !

Guineematin.com : et les révélations étaient diffusées à la RTG ?

Amadou Diallo : bien sûr ! On faisait des révélations qu’on diffusait, parce qu’il y avait une section Enquête que Yacine avait créée et que je dirigeais finalement, à laquelle d’ailleurs, appartenaient Abdoulaye Djibril Diallo, Georges Kantabadouno qui est parti en Europe, et puis d’autres. On faisait des enquêtes et les autres collègues de la rédaction qui avaient des sujets venaient nous les soumettre et nous leur donnions le quitus pour sortir et mener leurs enquêtes. Le fonctionnement des départements était passé aux crible au point que je vais vous dire, vous n’allez pas me croire, j’avais des piles de documents que les auditeurs nous ont envoyés. Des auditeurs qui avaient des problèmes avec X ou Y, ils venaient à la RTG.

Guineematin.com : parce qu’ils savaient que vous alliez fouiner ?

Amadou Diallo : absolument ! Ils venaient avec les documents ; et, nous, on s’en saisissait pour faire nos enquêtes. Et, lorsque les ministres étaient égratignés ou cités dans les dossiers, ils n’étaient pas habitués à ça, ils venaient se plaindre chez Ervé Vincent Bangoura. Celui-ci leur disait toujours que ce n’est pas la peine de réagir parce que si vous réagissez, les journalistes auront toujours le dernier mot. Ils ont des choses certainement qu’ils n’ont pas révélées. Si vous réagissez, vous les pousser à faire d’autres révélations. Et, les ministres partaient tranquillement sans réagir. A l’époque, lorsque la RTG tapait à la porte d’un département ministériel, je vous le jure, il ne perdait pas du temps au salon. On ouvrait les portes assez vite.

Guineematin.com : est-ce qu’il arrivait aussi qu’on vienne négocier ? On a trouvé un truc, mais contre des espèces sonnantes et trébuchantes, on lâche prise ?

Amadou Diallo : ce n’est pas possible ! Je ne sais pas si ça se fait maintenant. Mais, à l’époque, ce n’était pas possible. La dynamique qui avait été enclenchée, le professionnalisme avec lequel on travaillait ne permettaient pas ce genre de choses à l’époque. Je ne sais pas comment ça fonctionne maintenant à la RTG. Il y a un peu longtemps que j’ai quitté, donc, je ne peux pas me prononcer par rapport au fonctionnement actuel de la RTG ; mais, à l’époque, il y avait de la crédibilité, des jeunes fraîchement sortis de l’Ecole supérieure de Manéah qui étaient arrivés en vague à la RTG et qui ont voulu apporter un changement, qui ont bénéficié certes de concours de circonstances, mais qui ont apporté leur contribution à la marche des médias d’Etat de notre pays.

A suivre !

Interview réalisée par Nouhou Baldé pour Guineematin.com

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Elhadj Sékhouna sur l’élection à Matoto : « On n’a pas besoin d’aller déchirer des bulletins, travestir les faits »

20 décembre 2018 à 17 05 55 125512

La polémique liée à la contestation de la victoire de Kalémodou Yansané à la tête de mairie de Matoto par un cadre du RPG arc-en-ciel (qui était dans la salle et qui a déchiré les bulletins) suscite assez de préoccupations dans toute la République puisque c’est le fondement même de la démocratie qui est attaqué et cela risque d’entraîner des conséquences incalculables.

Dans la matinée de ce jeudi, 20 décembre 2018, le Kountigui (chef coutumier) de la Basse Guinée, Elhadj Sékhouna Soumah a demandé aux autorités guinéennes d’installer le vainqueur de l’élection. L’envoyé spécial de Guineematin.com à Tanéné, dans la préfecture de Dubréka, a décrypté l’intégralité de cette déclaration.

Décryptage !

Aujourd’hui, on n’a pas la paix du cœur en Guinée parce qu’il y a trop de violences dans le pays. Et, cette situation est liée aux élections locales, au contrôle des mairies. A mon avis, ces élections ne devaient pas nous entraîner dans la situation que nous vivons aujourd’hui. Elles ne devaient pas engendrer des problèmes parce que si l’élection est organisée normalement, chaque citoyen vote librement pour son candidat. Puis, les conseillers élus se retrouvent pour élire l’exécutif communal, celui qui remporte cette élection, il faut lui donner sa victoire.

Je veux parler de ce qui se passe actuellement à Conakry autour de l’élection du maire de Matoto qui est la plus grande commune du pays. Dans cette commune, on retrouve des guinéens venant de partout. Mais, celui que les populations de la commune aiment, c’est lui qui doit être le maire. En tant que Kountigui de la Basse Côte, qu’est-ce que je veux dire au gouvernement ? Qu’est-ce que je veux dire aux partis politiques ? Ils n’ont qu’à éviter des comportements de nature à mettre le feu au pays. Si vous organisez une élection et quelqu’un remporte cette élection, laissez-le diriger parce que le pouvoir, c’est Dieu qui le donne à qui il veut.

Ce que je vois actuellement à propos de la mairie de Matoto, ça fait pitié. C’est quelque chose qui ne fera que nous mettre en retard alors que nous avons devant nous d’autres élections plus importantes que celle-là. Nous avons les élections locales et la présidentielle à venir. Mais si on s’affronte pour des élections locales, que ferons-nous lorsqu’il s’agira des élections législatives ? Depuis combien de temps ces élections ont eu lieu ? Jusque-là, il y a plusieurs communes qui n’ont pas encore leurs conseils communaux installés. Arrêtez de provoquer des violences en Basse Guinée ! Celui qui a gagné l’élection à Matoto, quel que soit son parti politique, laissez-le diriger la commune. Ne gâtez pas notre pays ! On ne prépare pas une élection le jour du vote, on la prépare bien avant. Mais, on n’a pas besoin d’aller déchirer des bulletins, travestir les faits, on prépare l’élection avant d’aller sur le terrain.

Vous les responsables des partis politiques : RPG, UFDG, UFR, etc. Celui qui a gagné l’élection, laissez-le diriger, c’est un pouvoir local ça, ne prenez pas cela pour mettre au-dessus des élections nationales. Je vais dire au ministre de l’intérieur que celui qui a la majorité à Matoto, c’est les gens qui l’ont élu, ce n’est pas lui qui a voté pour lui-même. Donc il n’a qu’à le laisser prendre le pouvoir pour permettre de maintenir la paix et la quiétude dans le pays. Cela fait neuf mois depuis que ces élections ont eu lieu, jusqu’à présent on ne parle que de ça encore. Dans certains pays, on organise l’élection le même jour et on en finit avec le même jour, arrêtons-nous aussi de compliquer les choses qui sont simples. J’insiste là-dessus, si c’est Kalémodou Yansané qui a gagné l’élection à Matoto, qu’on le laisse diriger la mairie. Si c’est Bangaly qui a gagné qu’on le laisse diriger, si c’est Bourama aussi, pareil. Cela ne dérangera en rien le pouvoir, ça ne dérangera pas la population. On parle quand même d’une seule commune alors qu’on a 33 communes urbaines dans le pays.

Donc, on ne doit pas nous affronter pour le contrôle d’une seule commune. Au nom des sages de la Basse Guinée, je vous demande de tout faire pour qu’on en finisse maintenant avec ces élections communales.

Propos recueillis par Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com à Tanéné (Dubréka)

Tél : 622 68 00 41

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Acquis et faiblesses du régime Lansana Conté : le regard du ministre Jean Paul Sarr (interview)

20 décembre 2018 à 11 11 26 122612

Le 22 décembre 2018 marque le 10ème anniversaire du décès du Général Lansana Conté, le deuxième président de la République de Guinée. Alors que sa famille et son parti, le PUP, s’apprêtent à commémorer cet événement, c’est aussi l’occasion de revenir sur la vie de l’homme et sur son règne à la tête du pays. Et pour cela, Guineematin.com donne la parole à ceux qui ont côtoyé le président Lansana Conté et qui le connaissent donc très bien. Parmi eux, Jean Paul Sarr, ingénieur agronome, ministre de l’agriculture, de l’élevage, des eaux et forêts sous le régime Conté. Avec lui, nous avons parlé des acquis et des faiblesses de la deuxième République.

Décryptage !

Guineematin.com : il y a de cela 10 ans depuis que le Général Lansana Conté est décédé, l’anniversaire de sa mort sera commémoré le 22 décembre prochain. Vous avez été l’un de ses proches collaborateurs lorsqu’il était au pouvoir, quel souvenir gardez-vous de lui ?

Jean Paul Sarr : le Général Lansana Conté est un homme au-dessus de la mêlée. C’est un grand homme qui est rentré par la grande porte de l’histoire. Puisqu’en fait, si le premier président Ahmed Sékou Touré a amené la liberté avec ses compagnons, le père de la démocratie, c’est le Général Lansana Conté. Il a estimé qu’il était important, avant la conférence de la Baule, de décider sans contrainte de choisir la voie du libéralisme. Et, c’est dans ce contexte que nous vivons aujourd’hui. Sa pensée politique a fait que plus jamais, ce pays ne pourra retourner dans la dictature. C’est ça l’acquis fondamentale du Général Lansana Conté.

C’est un homme qui aimait son pays et son peuple, c’est pourquoi il a embrassé l’agriculture comme priorité des priorités. Parce qu’il a estimé qu’il est important de trouver à manger à la population. Vous savez, l’existence, on a trois (3) besoins fondamentaux : se nourrir, se vêtir et se loger. Alors, le président Lansana Conté avait le souci de cela. C’est pourquoi, on a fait un investissement important aussi bien dans le cadre de la modernisation de l’agriculture, la formation des hommes. Et, il a mis en place un système de financement qui permettait de donner la possibilité à l’ensemble des paysans, que ça soit de la Forêt, de la Haute Guinée, de la Moyenne Guinée, de la Basse Guinée, des moyens de pouvoir produire davantage et de qualité.

En cela, moi j’ai eu à faire ma part de travail. J’ai hérité d’un département, mes devanciers avaient fait le grands pas, je suis venu continuer. Et, pour que cela soit dans les normes, on a mis en place la lettre de politique de développement agricole. C’est une politique participative, volontariste, ça n’a pas été parachuté du sommet. On est allé dans les hameaux. Et, tous ceux qui m’ont vu dans mon département, me voyaient sur le petit écran partout. Il était difficile de me voir dans le bureau, j’étais tout le temps sur le terrain. On a fait participer les bailleurs de fonds, les paysans sur leurs priorités. Et, c’est ce qu’on a pris en compte pour faire cette politique. Nous l’avons fait au niveau des préfectures, au niveau de la région et finalement au niveau national.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce qu’on peut retenir comme acquis de la gouvernance du Général Lansana Conté ?

Jean Paul Sarr : l’acquis fondamental, c’est la liberté d’entreprendre, la démocratie. Chacun est libre d’investir et de récolter le fruit de son travail sans contrainte ni rien. Donc, c’est quelqu’un qui aimait son pays, qui a donné de larges ouvertures. Il ne se souciait pas de votre appartenance politique. Il dit : le peuple m’a confié un mandat, je vous appelle pour que vous m’aidiez à atteindre ces résultats. En quoi faisant ? En faisant participer chacun des éléments à la construction nationale. Aussi, cet homme, c’est un vrai soldat sinon, la rébellion ne serait pas rentrée ici et ressortir. Il a dit : ce que j’aime, c’est ma Guinée, et je n’accepterai pas une domination de mon pays tant que je vivrai. Et, je suis sûr, même après moi, ma pensée continuera.

Et, c’est pourquoi à un moment donné, on a dit « Koudeï ». Les gens pensent que c’est son corps, personne n’est éternel, mais c’est sa pensée politique, la démocratie qu’il a instaurée, la liberté d’entreprendre, la liberté de monter et de descendre. Il tenait à la sécurité du pays. A son temps, vous n’entendiez pas des crimes crapuleux n’importe comment et n’importe où. Vous conviendrez avec moi que le système de sécurité mise en place, intéressait toute la population. Il était important que l’administration puisse être à l’écoute du peuple, aux difficultés du peuple conformément à l’option qu’il avait choisie. Donc, c’est quelqu’un qui nous a beaucoup marqué que le plan du patriotisme. C’est quelqu’un qui nous a marqué sur l’ouverture vers les autres.

C’est quelqu’un qui nous a appris la patiente et la tolérance. Il arrivait des moments où nous autres, on était excédés, mais lui, il gardait son calme olympien. Il dit : nous sommes guinéens, il est inadmissible que nous nous bâtions entre nous. Quel que soit le prix de la paix, il disait qu’il faut l’assumer. C’est un homme de la paix, c’est un homme qui aime son pays, c’est un homme qui est foncièrement attaché à ses coutumes, à sa culture.

Guineematin.com : est-ce qu’il y a quelque chose quand même que vous regrettez, quelque chose que vous n’avez pas apprécié dans la gouvernance du feu Général Lansana Conté ?

Jean Paul Sarr : je suis un peu peiné. Je vous l’ai dit, pendant 11 ans, j’ai pratiqué l’homme et j’étais avec lui. Ce qu’il aimait le plus, c’est l’agriculture. Il aimait donner à manger à la population. Car pour lui, c’était la meilleure façon de combattre la pauvreté. C’est avec la pauvreté que vous avez des dérives, des convulsions sociales à tout moment. Il me l’a dit, il dit que les quatre (4) régions naturelles doivent se suffire. C’est pourquoi, en Forêt, il y a la SOGUIPAH ; en Haute Guinée, il y a le coton ; en Moyenne Guinée, la paume de terre, l’horticulture. Il disait que quand les gens ont à manger, ils ne seront pas dans la rue. Alors, il faut veiller sur l’équilibre, que chaque guinéen se sente chez-lui.

Guineematin.com : vous pensez donc que tout était parfait ?

Jean Paul Sarr : non, la perfection n’est pas de ce monde, Dieu seul est parfait. Mais ce que je dis, quand vous agissez, il faudrait que ce qui est bien, dépasse ce qui est mauvais. C’est ça la part des choses. Moi, j’ai apprécié étant auprès d’un homme que j’ai pratiqué pendant 11 ans. Il me l’a dit : je te confie quelque chose qui me tiens à cœur, l’agriculture. Ma Guinée, ma patrie, je n’accepterai jamais que ce pays subisse de qui que ça soit. Je suis prêt à prendre les armes.

Guineematin.com : aujourd’hui, en tant qu’ancien ministre, quel regard avez-vous de la gouvernance du professeur Alpha Condé ?

Jean Paul Sarr : je ne me détermine pas par rapport à la gouvernance de ceci ou de cela. Je constate simplement que le domaine que je connais, l’agriculture que je connais, doit encore reprendre et repenser vraiment la stratégie, le plan d’action et les projets qui supportent ce plan d’action. Je l’ai déterminé tout à l’heure, c’est-à-dire que le plan d’action agricole est une politique volontariste, participative. Ça veut dire qu’on a pris en compte les besoins immenses du peuple de Guinée et que nous avons traduit en politique de développement. C’est ce qu’il faut faire. Je vous l’ai dit, on a quatre (4) microclimats. Les engrais et autres que nous devons faire, il y a des formules et autres qui sont établies selon les spéculations. Que ça soit les céréales, les tubercules ou les fruitiers, chaque spéculation doit être abordée selon la science et la vulgarisation.

Guineematin.com : un dernier mot ?

Jean Paul Sarr : je reste convaincu que notre pays, dans son unité, est un grand pays. La Guinée est un grand pays qui, a des moments donnés de l’histoire, on a montré la voie à suivre. Aujourd’hui, la jeunesse, les femmes, doivent se donner la main, faire tout pour sauvegarder la paix dans notre pays. Nous devons combattre l’ethnocentrisme, combattre le régionalisme. Mais vous savez, la paix c’est un comportement comme l’a dit quelqu’un. Il faudrait que chacun de nous accepte l’autre dans sa diversité, dans sa façon de faire pour que nous puissions évoluer dans la paix. Et ça, c’était l’œuvre chère au Général Lansana Conté.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Le maire de Dixinn à Guineematin : « j’ai trouvé deux millions et quelques dans les caisses »

5 décembre 2018 à 21 09 05 120512

Récemment porté à la tête de la commune de Dixinn, Mamadou Samba Diallo se dit très ambitieux. Devant les nombreux défis qui se dressent sur son chemin, le nouveau maire, qui se succède à lui-même, compte parachever l’œuvre entreprise il y a de cela quelques temps. Il l’a dit dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com quelques jours après son installation officielle.

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Poésie et cantiques en poular : Elhadj Bâ Bely contre la division entre les fils du Fouta

12 septembre 2018 à 14 02 43 09439

Elhadj Bâ Bély, chroniqueur islamique et poète, a accordé une interview exclusive à Guineematin.com dans l’après-midi d’hier, mardi 11 septembre 2018. L’ancien responsable de la ligue islamique préfectorale de Koubia est une personnalité très connue et respectée au Fouta Djallon, grâce à ses poèmes qu’il enregistrait sous forme de cantiques en langue poular. Il s’en servait pour diffuser des messages de sensibilisation sur l’éducation des enfants, la lutte contre les mariages précoces et forcés, la protection de l’environnement, la bonne pratique de la religion musulmane, etc.

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Dr N’diouria tire la sonnette d’alarme : « la tranche 15-24 ans est la plus touchée par l’hépatite B en Guinée »

27 juillet 2018 à 18 06 08 07087

L’humanité célèbre ce samedi 27 juin 2018 la journée mondiale de lutte contre les hépatites. Les hépatites virales B et C sont de graves problèmes de santé qui touchent 325 millions de personnes dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Elles comptent parmi les causes premières du cancer du foie qui entraîne 1,34 millions de décès chaque année, ajoute la même source. L’OMS  a choisi pour thème de la journée mondiale contre l’hépatite 2018 « Agir contre l’hépatite : dépister, traiter ».

En prélude à cette journée, un reporter de Guineematin.com a échangé avec le Dr Abdourahmane N’diouria Diallo.  Ce médecin de renom est maitre de conférences, hépato-gastro-entérologue, chargé des cours de gastro-entérologie à la Faculté de Médecine de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry depuis 1992. Dr N’diouria est également président de l’association SOS Hépatites Guinée.

Guineematin : qu’est-ce qu’une hépatite, comment se transmet-elle ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : l’hépatite est une inflammation aigue et chronique du foie. Toutes les hépatites sont des inflammations du foie. Pour ce qui est de l’hépatite A par exemple, la contamination se fait par voie alimentaire. On peut le contracter aussi à travers les eaux souillées, les matières fécales des personnes infectées. L’hépatite B aussi se transmet par voie sanguine et par voie sexuelle. Les personnes atteintes peuvent la transmettre à travers certains fluides. Les personnes qui sont dans les services hospitaliers peuvent aussi contracter la maladie à travers les infections nosocomiales. Les tatouages à travers les seringues, les objets souillés, les coiffeurs avec les mêmes lames de rasoir, l’excision, la circoncision… sont autant d’éléments qui favorisent la contamination.  Pour l’hépatite C, c’est aussi pareil par exposition du sang contaminé. Quand on prend l’hépatite Delta ou D, il ne se présente qu’en combinaison avec l’hépatite B. Il est toujours masqué par l’hépatite B, mais ils ont les mêmes modes de contamination. Il y a l’hépatite E aussi qui atteint les femmes enceintes. Il a le même mode de contamination que l’hépatite A.

Guineematin.com : comment se manifestent les hépatites virales ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : les hépatites sont des maladies graves qui évoluent le plus souvent de manière silencieuse. Dans 90% des cas, elles sont asymptomatiques, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de symptômes, le malade ne ressent rien.  C’est ce qui est plus grave puisque les malades viennent ici à un stade grave.  Concernant l’hépatite E, ça crée des problèmes chez les femmes enceintes, ça provoque des avortements à répétition parfois même des morts nés. Les plus graves et les plus sérieux concernent l’hépatite B et l’hépatite C. Avant que les yeux deviennent jaunes, le patient peut ressentir une fatigue  chronique, des grippes répétitives, des douleurs articulaires… C’est des maladies qui peuvent évoluer pendant 10, 20 voir 30 ans. Un stade peut arriver où les yeux deviennent jaunes. Les urines deviennent foncées et c’est ce qui pousse le plus souvent les malades à venir vers nous. On peut ressentir une douleur au niveau du côté droit du ventre, la partie devient plus dure, dure comme un caillou. C’est une modification qui commence à s’installer au niveau du foie, on parle de fibrose. Après la fibrose, il y a la cirrhose. Quand elle s’installe, on peut remarquer de l’eau qui commence à s’installer sur le ventre. On parle d’acide. On peut aussi avoir des œdèmes, les pieds qui peuvent s’enfler qui entraine même une encéphalopathie, autrement dit une dépression, une anxiété.

Guineematin.com : que peut-on retenir de la lutte contre les hépatites en Guinée ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : depuis 2012, l’ONG que je dirige, SOS Hépatites Guinée procède à de la sensibilisation, de la recherche sur les porteurs du virus de l’hépatite B et l’hépatite C, et maintenant sur l’hépatite E chez les femmes enceintes. Nous procédons également au traitement des cas d’hépatites confirmés, nous procédons à la vaccination de tous les nouveaux nés dont les mamans sont suivies dans les 24 heures. Nous procédons aussi à a vaccination de l’entourage des gens qui ont le virus de l’hépatite B, des malades qui ont la cirrhose, l’hépatite chronique, le cancer du foie et les groupes à risques. Ces groupes à risque sont les personnels de santé et autres. Ensuite, nous faisons le plaidoyer auprès des entreprises qui renvoient les cas  d’hépatite de leurs employés. Nous faisons le plaidoyer auprès de la hiérarchie militaire, ça marche très bien. Nous avons le haut commandement de la gendarmerie par exemple où des dispositions ont été prises dans ce sens pour la formation des agents.

Guinematin.com : pour ce qui est du traitement de la maladie en Guinée, que disent les statistiques ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : le bilan est très grave pour notre pays. Nous y sommes depuis 2012 avec SOS Hépatites Guinée. Du mois de mai 2012 au 26 juillet 2018, nous avons consulté et nous suivons 1303 malades porteurs de l’hépatite B et 66 malades porteurs de l’hépatite C. Soit un total de 1369 malades. Parmi ces cas, ce sont les hommes qui dominent. Nous avons 873 hommes pour 496 femmes. La prédominance chez les hommes s’explique comment ? Est-ce que c’est la polygamie ? Est-ce que les hommes ont plus de partenaires sexuels ? En tout cas, c’est un problème à rechercher. L’autre résultat très inquiétant, c’est que parmi les hommes, ce sont les jeunes qui sont le plus touchés. La tranche 15-24 ans est la plus touchée par l’hépatite B. Des jeunes qui sont en pleine activité sexuelle. En termes de métiers, on a fait un décompte. On a vu que les plus touchés sont les marchands alors que les moins touchés sont les hommes de médias : marchands (425), ménagère (292), étudiants (220), ouvriers (160), comptables (77), ingénieurs (70), gendarmes (34), enseignants (28), personnel médical (27), juristes (22), secrétaire s(9), journalistes (5). Donc, c’est un problème très sérieux surtout qu’il affecte la jeunesse, l’avenir de notre pays.

C’est pourquoi, il faut que les gens acceptent de faire le dépistage pour savoir leur statut, c’est très important. Les hépatites constituent un problème de santé publique majeur en Guinée.

Guineematin.com : est-ce que vous disposez de données sur la fréquence de cette maladie dans le monde ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : l’OMS nous apprend que depuis 2006, plus de deux milliards de personnes sont entrées en contact avec un virus de l’hépatite B ou C. Heureusement que toutes ces personnes ne font pas la maladie. C’est seulement 15 à 20% d’entre eux qui développent la maladie plus tard. L’OMS nous apprend également que 55 millions de personnes ne savent pas qu’elles souffrent de l’hépatite C. Pour ce qui est de l’hépatite B, l’OMS parle de 100 millions de femmes qui ignorent qu’elles la portent. Aujourd’hui, l’Etat commence à prendre en charge cette maladie à travers un organe qui le programme national de lutte contre le SIDA. Le ministère de la santé a confié la prise en charge des hépatites virales à cet organisme.

Guineematin.com : quel appel avez-vous à lancer ?

Dr Abdourahmane N’diouria Diallo : je lance un  appel à tous les guinéens. Chacun doit se faire dépister à l’hépatite B et l’hépatite C. A toutes les autorités, de s’occuper de l’assainissement de nos villes et villages, car il y a l’hépatite A, il y a l’hépatite E. Donc, l’assainissement à la maison, dans les rues, ça fait partie et ne doit pas être un vain mot ou une démagogie. Ça doit être une réalité pratique, concrète.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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Hajj 2018 : voici ce qui est recommandé avant, pendant et après le hajj (interview)

26 juillet 2018 à 21 09 30 07307

Le premier convoi des pèlerins guinéens doit normalement quitter Conakry le 30 juillet prochain pour les lieux saints de l’islam. Ces pèlerins se rendront à la Mecque et à Médine pour accomplir le cinquième et dernier pilier de la religion musulmane. Et, pour que son hajj soit agréé par Dieu, chaque pèlerin doit  adopter un certain nombre de comportements et agir conformément aux enseignements du Prophète Mohamed. Pour parler justement des comportements à adopter pendant le hajj notamment, et d’autres questions liées au pèlerinage musulman, Guineematin.com s’est entretenu avec Oustaz Mohamed Ramadan Bah, chroniqueur islamique et imam à Koloma.

Lisez plutôt notre interview !

Guineematin.com : bonjour Oustaz, de nombreux fidèles musulmans du monde s’apprêtent en ce moment à effectuer le hajj 2018, pour commencer dites-nous d’abord quels sont les vertus du hajj ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le hajj d’abord, c’est le cinquième pilier de l’islam et donc Dieu a prescrit le hajj et cela est mentionné dans le saint Coran et les hadiths (enseignements) du prophète paix et salut sur lui. Donc, il y a beaucoup de versets coraniques qui parlent du pèlerinage et qui parlent du hajj. Et quelque part dans le saint Coran, Dieu nous dit « c’est un devoir ou c’est un droit de Dieu en vers les musulmans d’effectuer le pèlerinage, d’effectuer le hajj à la Mecque pour celui qui en a les moyens ».

Bien sûr pour celui qui en a les moyens parce que le hajj demande des moyens ; donc ça, c’est le verset coranique qui le dit. Dans les hadiths du prophète, il y a beaucoup de hadiths qui parlent du hajj. Et parmi ces hadiths qui parlent du hajj, il y a ce hadith qui nous dit que l’islam est basé sur cinq (5) piliers et le dernier pilier, c’est d’effectuer le pèlerinage à la Mecque. Donc, il faut effectuer le hajj quand on a les moyens bien entendu, et cela dans le mois qui porte son nom même, « Zilhijja », c’est-à-dire le mois prochain ; donc, du 08 au 13 de ce mois lunaire, c’est là qu’il faut effectuer le hajj.

Guineematin.com : qui doit effectuer le hajj ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le hajj, ce n’est pas n’importe qui, qui doit l’effectuer. Le hajj, n’est pas comme les autres piliers de l’islam, le hajj demande des moyens : les moyens de transport, les moyens d’hébergement etc. En plus, être en bonne santé et connaître comment effectuer le hajj, donc il faut apprendre comment faire le hajj avant de se déplacer pour faire le pèlerinage à la Mecque.

Guineematin.com : vous venez de dire qu’il faut connaitre comment faire le hajj, parlez-nous en justement, quels sont les comportements qu’un pèlerin doit adopter ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : le pèlerin doit adopter de bons comportements avant, pendant et après le hajj. Avant le hajj, c’est une occasion pour chaque pèlerin, de vraiment se réconcilier avec tout le monde, surtout avec ceux-là avec lesquels il avait des problèmes. Il faut profiter de l’occasion pour effacer tout ce qu’il y avait comme mésentente entre le pèlerin et les hommes avec qui il vivait : ses collaborateurs, ses voisins, ses amis etc. Aussi, il faut leur dire au revoir, il faut leur demander des bénédictions avant de partir, ça c’est avant le pèlerinage.

Pendant le pèlerinage aussi, il doit montrer un comportement vraiment exemplaire, il doit éviter les disputes pendant le pèlerinage, là-bas n’est pas fait pour des disputes ou des bagarres ; là-bas, c’est fait uniquement pour les adorations. Donc, le pèlerin doit faire beaucoup d’invocations, il doit beaucoup lire le saint Coran, il doit effectuer beaucoup de prières. Depuis le jour où le pèlerin est descendu à la Mecque, jusqu’au jour où il doit quitter, il doit éviter tout ce qui n’est pas important par exemple : parler de la politique ou parler du football etc. Le pèlerin doit donc faire des invocations, demander à Allah de lui effacer ses péchés et de lui accorder le paradis et prier pour ses autres parents, prier pour le pays. Donc c’est ça le comportement d’un bon pèlerin pendant le pèlerinage.

Maintenant après le pèlerinage, le pèlerin doit changer de comportement, il doit vraiment adopter un comportement exemplaire après le pèlerinage. Donc, s’il avait des comportements qui n’étaient pas bien, il doit changer ces comportements. Il est allé laver ses péchés, il est devenu saint, il ne doit donc pas salir ce qu’il a fait. Puisque celui qui va au pèlerinage, d’après le hadith du prophète paix et salut sur lui, il est effacé de ses péchés comme le bébé qui vient de naître, il n’a plus de péchés, il devient saint ; donc, il doit préserver cela.

Guineematin.com : quand est-il des pèlerins qui se font représenter à la Mecque, c’est-à-dire quelqu’un qui va effectuer le pèlerinage à la place d’un autre?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : oui c’est possible. Quand on n’est pas en bonne santé par exemple, on n’est pas capable d’aller effectuer nous-mêmes le pèlerinage alors qu’on a les moyens pour effectuer le pèlerinage, une personne peut aller faire le pèlerinage à notre place. Mais, il faut que cette personne, soit quelqu’un qui a déjà fait le pèlerinage ; ça, c’est recommandé par la religion, il n’y a pas de problème.

Guineematin.com : et celui qui effectue le pèlerinage et qui revient faire des choses qui ne sont pas recommandées par l’islam ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en tout cas, celui qui va au pèlerinage et qui revient continuer des mauvais comportements, ou-bien après le pèlerinage qui adopte des mauvais comportements, ça, il ne fait du tort à personne sauf à lui-même. Il a dépensé de l’argent, 40 millions et quelques, il a fourni beaucoup d’efforts parce que la Guinée et l’Arabie Saoudite ce ne sont pas des pays voisins, il faut 7 heures de vol, voire plus. Donc, aller faire ce grand effort et revenir adopter de mauvais comportements, cette personne se fait elle-même du mal. C’est quelque chose qui est déplorable, c’est quelque chose que le pèlerin doit éviter.

Mais cela ne veut pas dire qu’il n’est plus musulman ou que Dieu ne va plus le pardonner ; non, seulement il aura fait quelque chose qui est interdit par notre religion. Après le pèlerinage, le pèlerin doit être exemplaire parce qu’il y a d’autres personnes qui vont prendre des exemples sur lui. Ils diront que même Elhadj tel, fait telle chose. Donc, si ce n’est pas une bonne chose, ça salit le musulman, pas l’islam mais le musulman lui-même. Donc, on doit dire qu’Elhadj tel adopte un bon comportement, il doit éviter tout ce qui est illicite, tout ce qui est haram.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18     

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L’Ambassadeur de Russie à Guineematin : « le climat des affaires s’est amélioré en Guinée »

7 juillet 2018 à 20 08 50 07507

Alexandre Bregadzé est l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la fédération de Russie en Guinée et en Sierra Léone. Il a reçu à la chancellerie russe en Guinée, des médias dont Guineematin.com pour parler aussi bien des relations d’amitié et de coopération entre la Guinée et son pays mais également aborder des questions internationales et d’actualité, notamment la rencontre très prochaine entre les présidents Américain et Russe à Helsinki. Supporteur inconditionnel de la Sbornaïa, il se veut prudent dans les pronostics et pense tout de même que la finale de cette Coupe du monde va se terminer par des tirs au but.  

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Entrée de Mouctar Diallo au Gouvernement : les raisons et les objectifs selon Bhoye Sall des NFD

28 juin 2018 à 13 01 53 06536

Mouctar Diallo, président des NFD, nommé ministre dans un gouvernement du président Alpha Condé. C’est l’un des faits qui ont marqué le récent remaniement ministériel opéré par le chef de l’Etat guinéen. Et cela a suscité plusieurs réactions controversées au sein de la classe politique et même de l’opinion publique. Certains ont jugé anormal que cet opposant farouche au régime actuel fasse volte-face pour finalement travailler avec ce régime.

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Entrée de deux nouveaux députés de l’UFDG au parlement : Dr Maréga « très heureux »

22 juin 2018 à 8 08 56 06566

La plénière de l’Assemblée nationale du mardi, 19 juin 2018, a été marquée notamment par l’entrée au parlement de deux nouveaux députés de l’UFDG qui a un groupe parlementaire au sein de la représentation nationale. Les honorables Chérif Diallo et Amadou Dieng, remplacent Mouctar Diallo et Abouacar Sylla, récemment nommés respectivement ministres de la Jeunesse et des Transports. Ce qui fait la joie de l’honorable Fodé Ammar Bocar Maréga, député uninominal de Dinguiraye et membre du groupe parlementaire des Libéraux-démocrates qui nous accordés un entretien à l’issue de cette plénière. Nous sommes revenus également avec lui sur les quatre textes votés à cette occasion et leur impact sur la vie de la Nation.

Guineematin.com: bonsoir honorable, vous venez de voter 4 textes qui sont essentiellement des conventions internationales notamment celle relative au parlement panafricain. Qu’est-ce que cela peut offrir comme avantage à notre pays ?

Docteur Maréga: vous savez, ce sont des textes de lois qui devaient être validés depuis longtemps, mais que nous n’avions pas fait jusqu’ici. Ce sont des textes qui portent sur la communauté de l’Union africaine, et ces textes, la Guinée ne les avait pas ratifiés. Donc aujourd’hui, c’était une autorisation de ratification que nous avions à faire pour ces textes-là. Nous avons des députés qui siègent là-bas au parlement panafricain dans l’illégalité totale. Alors, il fallait qu’une autorisation soit donnée par les députés pour que ces textes soient ratifiés afin de permettre aux députés qui siègent au parlement panafricain de siéger en toute légalité.

Guineematin.com : parmi ces textes, figure aussi celui de la création de la zone de libre-échange continentale africaine. Que peut-on attendre de l’application de cette convention ?

Docteur Maréga : ce que nous disons, c’est des textes un peu à controverse, mais nous disons que c’est le futur qui est toujours mis en avant parce que vous savez que nous ne produisons absolument rien, donc ce libre échange-là ne se fait pas avec les autres pays. Comme nous ne produisons absolument rien, ça nous pousse à travailler, ça nous pousse à avoir des universités d’industrialisation parce que ceux qui sont industrialisés à côté de nous font écouler leurs marchandises vers chez nous. Alors, le gouvernement guinéen doit encore trouver des mesures pour nous permettre d’équilibrer notre balance commerciale.

Guineematin.com : la loi portant sur l’accord de coopération entre le gouvernement de la République de Guinée et le gouvernement de la République Algérienne Démocratique et Populaire dans le domaine sanitaire vétérinaire est aussi l’un des 4 textes que vous avez approuvés à l’unanimité des députés. A quoi devrait servir la mise en œuvre de cet autre accord de coopération ?

Docteur Maréga : nous, nous disons que ces textes peuvent avoir des avantages, mais il faut que l’Etat se mette en conformité. Il s’agit pour l’Etat non seulement d’améliorer la qualité mais aussi la quantité de nos cheptels. Donc, ces sanitaires arrivent au bon moment. En Guinée ici, on a la chance d’avoir les meilleurs textes, mais sans application. Tous ces textes sont importants si l’application va se faire correctement sur le terrain. Ce que nous craignons, c’est que la gouvernance d’Alpha ne nous amène pas vers un lendemain meilleur.

Guineematin.com : et puis, deux nouveaux députés issus de l’UFDG ont fait leur entrée aujourd’hui à l’Assemblée. Ils remplacent deux alliés qui avaient pris leurs distances avec votre parti avant d’être nommés ministres, quel est le sentiment au sein du groupe parlementaire des Libéraux-démocrates aujourd’hui ?

Docteur Maréga : nous sommes très heureux de nous retrouver avec ces députés-là, parce qu’au moins, nous avons maintenant des députés issus réellement de l’UFDG. Et donc, nous avons des convergences d’idées qui nous permettront de pouvoir un peu plus travailler dans le calme, dans la sérénité,  surtout de permettre à ces éminentes personnalités de donner toutes leurs mesures, leurs qualités, pour que l’Assemblée nationale soit encore plus qualifiée par un pharmacien et un opérateur économique.

Guineematin.com : l’autre fait qui a marqué cette plénière, c’est la minute de silence que l’Assemblée nationale a observée à la mémoire d’Abdoulaye Bah, journaliste au site d’information Guineenews.org, décédé à la suite d’un accident de la circulation à Conakry. Personnellement, comment avez-vous accueilli cette triste nouvelle ?

Docteur Maréga : c’est une lourde perte, en tant que député de Dinguiraye, c’est vraiment triste pour moi parce que vous savez que lui-même est de Dinguiraye. Se lever à trois heures du matin pour aller dans une localité pour faire des photos avec des responsables de poubelles sur le chemin de Linsan, que quelqu’un vienne faucher nos valeureux combattants ? C’est vraiment la tristesse. Et au-delà, je pense que c’est vraiment le problème du travail des policiers. Nous avons eu le ministre qui est arrivé et a dit que la récréation est terminée, et on se retrouve là encore.

Au lieu de s’occuper de leur travail, des BAC sont en train de tuer des individus dans les quartiers, jeter leurs corps sur le trottoir un peu partout dans la cité. Ce qui fait le chagrin, c’est l’incompétence et l’inconscience de nos responsables-là qui, au lieu de s’occuper de leur travail, entrent dans un cadre de démagogie, de mamayah et qui nous interdisent vraiment d’être sereins, d’être tranquilles lorsque nous travaillons la nuit dans la cité. Comme c’est des travailleurs qui étaient requis pour travailler pour l’Etat, normalement l’Etat devait à l’urgence évacuer les gens là parce qu’on connait l’état de nos hôpitaux ici.

Et ce, tout le temps que l’hôpital Donka n’est pas ouvert. C’est un signal fort pour l’Etat. Que des ministres aillent à 3h ou 4h du matin, s’occuper du ramassage d’ordures rien que pour avoir des images alors que le travail essentiel devrait être fait, c’est ce qui est dommage. Donc, je souhaite que celui qui est là soit évacué très rapidement pour qu’il puisse être soigné dans de très bonnes conditions. Pour Abdoulaye Bah c’est déjà tard, mais je souhaite vraiment qu’un prix d’excellence soit donné au nom d’Abdoulaye Bah.

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Crise politique, 3ème mandat… Soria Bangoura de l’UFDG se déchaîne sur Alpha Condé

13 juin 2018 à 23 11 09 06096

Dans une longue interview qu’il vient d’accorder à Guinematin.com, le candidat de l’UFDG à la mairie Matam, Soria Bangoura, s’est exprimé sur le retard de l’installation des conseils communaux élus à l’issue du scrutin du 04 février dernier, sa priorité s’il est élu maire de Matam, et bien sûr sur le débat autour d’un éventuel 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

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Contentieux électoral : « il faut restituer les voix des citoyens… », dit Abdoulaye Diallo, élu du MR à la mairie de Fria

5 mai 2018 à 13 01 27 05275

Trois mois après les élections locales du 04 février dernier, la Guinée peine encore à installer les conseils municipaux élus. Cela, en raison de la crise post-électorale née de l’annulation de plusieurs procès-verbaux de bureaux par les présidents des CACV. L’opposition qui exige la restitution de ces résultats annulés menace de reprendre les manifestations de rue à partir de la semaine prochaine. Interrogé par Guineematin.com, Abdoulaye Diallo, élu du mouvement républicain (MR) à la mairie de Fria, déplore cette situation et appelle au respect de la loi.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de notre entretien.

Guineematin.com : Bonjour Abdoulaye Diallo, le mouvement républicain (MR) qui a présenté une liste de candidature indépendante lors des élections locales du 04 février dernier à Fria, a créé la surprise en obtenant quatre sièges à la mairie de cette commune urbaine. C’est vous qui avez conduit cette liste, comment vous avez réussi à obtenir ce score, qu’est-ce qui a joué en votre faveur ?

 Abdoulaye Diallo : Vous savez, être né dans une ville c’est une aubaine, et quand vos parents ont laissé des traces positives dans cette ville c’est aussi une aubaine. Quand vous travaillez dans les médias et que vous dénoncez la malversation économique, et quand vous faites du bien socialement, c’est aussi une aubaine. Donc, le mouvement MR à Conakry a cru en nous, ses responsables sont allés nous voir à Fria, nous, nous voulions nous lancer dans ce processus électoral parce qu’on a compris qu’à Fria la chose publique était gérée de façon irrationnelle, on voulait contribuer à changer les choses.

Donc quand le mouvement MR est allé à Fria, ils ont cru que nous pouvons ensemble changer les choses, ils nous ont aidés. Ils nous ont aidés à payer la caution, et nous avons fait le reste. Nous sommes allés rencontrer les jeunes dans les 13 quartiers de Fria, nous avons fait comprendre aux jeunes que cette fois-ci c’est notre tour, il faut que nous nous donnions la main pour changer les choses, les jeunes ont accepté, et les femmes aussi ont accepté.

Guineematin.com : Quand vous dites que cette fois-ci c’est notre tour, que voulez-vous dire exactement ?

Abdoulaye Diallo : C’est évidemment le tour de la jeunesse. Parce que vous savez que ceux qui gèrent aujourd’hui la chose publique sont pratiquement tous vieux, on ne pense aux jeunes que quand il y a une campagne, on leur distribue des T-Shirts et un peu d’argent pour les utiliser à des fins qui ne leur profitent pas. Mais pourquoi ne pas faire en sorte que les jeunes accèdent eux-aussi aux postes de responsabilité ? C’est le message qu’on a fait passer aux jeunes.

Guineematin.com : Et vous pensez que ce message a été entendu ?

Abdoulaye Diallo : Oui ! N’eût été la campagne de dénigrement dont nous avons fait l’objet de la part de l’UFDG et du RPG Arc-en-ciel à Fria, mais aussi l’annulation de plusieurs résultats qui nous sont favorables, on pouvait avoir plus de quatre sièges. Parce que le magistrat qui a présidé la CACV (commission administrative de centralisation des votes) de Fria, a annulé délibérément les résultats de 15 bureaux de votes. S’il n’avait pas pris une telle décision, on allait avoir plus de 4 sièges.

C’est pourquoi je vous dis que les jeunes ont cru en nous. Avant d’aller à ces élections, nous avons mis en place des comités de base dans chaque quartier et dans chaque district de Fria, et malgré le fait que nous n’avons pas assez de moyens, les jeunes, les femmes et certains intellectuels ont pensé que nous pouvons changé les données, voilà comment nous avons réussi à obtenir les quatre sièges à la mairie.

Guineematin.com : Vous avez eu 4 sièges, l’UFDG qui est arrivée en tête, a 11 sièges et le RPG Arc-en-ciel en a 10, est-ce que malgré tout vous comptez briguer la mairie ?

Abdoulaye Diallo : Pour l’heure, on ne peut pas briguer la mairie parce que nous n’avons eu que 4 sièges. Certes, nous sommes les faiseurs de roi, il y a différentes propositions qui nous sont faites par les l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel en vue d’une éventuelle alliance pour la direction de la mairie, mais, pour l’instant nous sommes en train de les étudier avant de prendre une décision. J’ai entendu beaucoup de contre-vérités nous accusant d’avoir rejoint tel ou tel camp parce qu’on aurait reçu de l’argent et un véhicule, je dis que pour l’heure, nous ne sommes allés ni à l’UFDG ni au RPG Arc-en-ciel, nous sommes en train d’étudier les différentes propositions pour voir avec qui aller.

Guineematin.com : Qu’est-ce que vous privilégiez dans ces négociations, qu’est-ce que vous mettez en avant ?

Abdoulaye Diallo : On privilégie Fria, celui qui va nous offrir Fria, nous accepterons d’aller avec lui. Parce comme je vous le disais tantôt, Fria est enfantée par cette unité industrielle, depuis 1958, cette unité industrielle donne de l’argent à la commune urbaine, à la préfecture également. Mais tous ceux qui sont passés à la commune, on a compris qu’ils ont utilisé les fonds publics, l’argent du contribuable guinéen pour d’autres fins. Aujourd’hui ce que nous voulons, certes nous n’allons pas avoir la tête de la mairie, mais, il faut que nous ayons le poste de premier vice maire.

Ensuite, nous souhaitons avoir la direction de certains quartiers dans lesquels nous avons eu un grand électorat, nous voulons aussi présider la commission finances de la mairie qui s’occupe de la gestion des fonds alloués à la commune par l’Etat et ceux versés par l’usine RUSAL Friguia. Entre l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel, celui qui va accepter ces conditions-là, on va voir si on peut aller avec ce parti politique.

Guineematin.com : Trois mois après le scrutin du 04 février, vous les élus vous attendez encore d’être installés dans vos fonctions, dans la tête est-ce que vous ne vous dites pas qu’on a trop attendu ?

Abdoulaye Diallo : Oui ! C’est vrai qu’on a trop attendu. Les élections ont eu lieu le 04 février 2018, nous sommes en mai. Les délégations spéciales qui géraient nos communes ne sont plus là, mais il y a des secrétaires généraux qui sont nommés par le gouvernement qui continuent à gérer ces communes. Est-ce qu’on a élu des personnes pour sortir ces collectivités de l’ornière ou alors on veut continuer à les enfoncer ?

Moi je me dis que ceux qui sont là en train de gérer les affaires courantes des communes, ne sont pas habilités à les gérer, alors qu’il y a des gens qui sont élus pour ça. Donc on a trop attendu, on a attendu 7 ans pour organiser ces élections, on a enregistré de nombreux morts avec les manifestations de l’opposition pour que ces élections aient lieu, aujourd’hui on se retrouve à la case départ pratiquement. Alors, je pense qu’il faut faire en sorte que la loi soit respectée, pour que ceux qui sont élus puissent siéger.

Guineematin.com : Respecter la loi en quoi faisant, parce que la mouvance dit qu’il faut respecter la loi en acceptant les résultats publiés parce que les décisions des TPI sont sans recours. L’opposition de son côté dit qu’il faut respecter la loi en remettant les résultats qui ont été illégalement annulés par les présidents des CACV, donc qu’entendez-vous par respecter la loi au niveau du MR ?

Abdoulaye Diallo : Ecoutez, je reviens sur le cas spécifique de Fria où le magistrat qui a présidé la CACV a annulé délibérément les résultats de 15 bureaux de vote, alors que la CENI avait déjà publié un communiqué pour dire qu’aucun magistrat n’a le droit d’annuler un procès-verbal d’un bureau de vote. A Fatala par exemple où le MR est sorti victorieux, tous les bureaux ont été annulés. Alors, nous pensons que pour respecter la loi, il faut restituer les voix des citoyens à ceux pour lesquels ils ont voté. Parce que ce que les magistrats ont fait, ils l’ont sciemment fait en violation de la loi. Donc, si on remet les voix annulées, on aura respecté la loi, si on ne le fait pas, on aura piétiné la loi.

Guineematin.com : Vous pensez alors que l’opposition républicaine qui menace de reprendre les manifestations de rue à partir de la semaine prochaine pour exiger la restitution de ces voix annulées a raison de le faire ?

Abdoulaye Diallo : Je concède ça à l’opposition. Moi je ne suis pas de l’opposition, je suis membre d’un mouvement qui a présenté des listes indépendantes. Mais, je pense que l’opposition a bel et bien raison d’organiser des manifestations de rue parce que c’est quelque chose qui est reconnue par notre constitution, donc c’est un droit pour l’opposition et pour tout autre citoyens guinéen.

Propos recueillis par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Journée mondiale de la liberté de la presse: voici ce qu’en dit Asmaou Barry de l’APAC

2 mai 2018 à 23 11 45 05455

La Guinée va célébrer demain jeudi, 03 mai 2018, la journée mondiale de la liberté de la presse. Une célébration qui coïncide avec la publication du classement de Reporters Sans Frontières, dans lequel la Guinée recule de trois places.

C’est dans ce cadre que Guineematin.com a donné la parole à Asmaou Barry, présidente de l’APAC (Association des Professionnelles Africaines de la Communication). Pour notre consœur, le bilan de la liberté de la presse en Guinée est mitigé. Il a également été question des actions menées sur le terrain pour l’ancrage de la liberté de la presse, chèrement acquise.

 Guineematin.com : Demain jeudi, 03 mai 2018, c’est la journée internationale de la liberté de la presse. Quel est votre regard sur le respect de la liberté de presse en Guinée ?

Asmaou Barry : par rapport à la situation de la presse en Guinée, c’est que même si tout n’est pas rose, il faut se féliciter, remercier les ainés qui ont travaillé, pour que la jeune génération de journalistes exerce aujourd’hui ce métier dans une certaine liberté. Une liberté qui peut bien entendu être relative… Rien n’est encore parfait, tout est perfectible… Aujourd’hui, nous sommes en 2018, comment les journalistes exercent le travail ? On a tous vu le rapport de RSF, qui n’a pas surpris la presse guinéenne cette fois-ci. Vu ce que les médias, les journalistes ont vécu courant 2017, notamment le dernier trimestre de 2017, il y a des cas de bastonnades, il y a eu des cas d’emprisonnement, il y a eu des poursuites judiciaires, il y a eu des radios fermées, il y a eu des menaces verbales à l’endroit des journalistes. Donc, tous ces faits ne contribuent pas à donner une très belle appréciation de la situation de la liberté de la presse et d’expression en Guinée.

Guineematin.com : quels sont les défis à relever par la jeune génération ?

Asmaou Barry : il y a des chalenges aujourd’hui. Si hier nos ainés, les défis étaient de dépénaliser les délits de presse par exemple, aujourd’hui la nouvelle génération, le défi se situe à deux niveaux.

Premièrement, c’est au niveau de l’accès à l’information. Si toujours on continu à dire que les journalistes sont bastonnés parce qu’ils sont allés couvrir un évènement ou bien il y a eu un incident, c’est parce que tout simplement les journalistes guinéens ont des problèmes à accéder aux sources d’information, aux documents d’information publique. Et ça, c’est du à la classification de la loi sur l’accès à l’information qui a été adopté au même titre que la loi sur la liberté de la presse, et la loi sur la HAC (Haute Autorité de la Communication) qui ont toutes été adoptées par le CNT (Conseil National de Transition). Mais, la troisième sur l’accès à l’information a tout simplement disparu. Et aujourd’hui, les journalistes peuvent arriver dans un endroit et il n’est pas exclu qu’ils soient renvoyés comme des malpropres.  A mon avis, ça c’est un défi pour la Guinée, pour les journalistes guinéens mais aussi pour les citoyens parce que cette loi permet à n’importe quel citoyen de rentrer dans un service public et demander des informations sur un dossier, sur une affaire et de l’obtenir. Donc, si la presse guinéenne arrive à se donner les mains, se battre ensemble pour que cette loi soit déclassifiée, ça serait un grand pas vers la liberté de la presse, un grand pas vers la liberté d’informer les citoyens. Et je pense qu’en ce moment,  lorsque la loi sur la liberté de la presse et la loi sur l’accès à l’information seraient suffisamment vulgarisées, notamment auprès des sources d’informations, mais aussi des populations, peut-être que les incidents liés aux couvertures médiatiques vont diminuer.

A part l’accès à l’information, il y a également le défi qui est d’ordre économique. Aujourd’hui, qu’on ne se voile pas la face, en Guinée le modèle économique des médias n’est pas ce que ça devait être. Nos organes de presse, rares sont ceux qui fonctionnent comme une entreprise de presse, du coup aujourd’hui, ce qu’on constate, c’est un quelqu’un, un journaliste il a deux ordinateurs, une table il crée un organe de presse sans pour autant avoir même les six (6) premiers mois de fonctionnement. Du coup, quand le journaliste arrive, il a des problèmes de fonctionnement, il y a des problèmes de salaire, des problèmes de matériels de travail quelques fois. Du coup, le cadre n’est pas réuni, les conditions ne sont pas réunies pour que le journaliste exerce librement et en toute impartialité. Et ce que cela a comme conséquences, quand le reporter arrive sur le terrain, c’est le gombo on parle, c’est le communiqué final ; ou  alors c’est de céder à certaines tentations à garder certaines informations en échange d’argent. Et comment peut-on lutter contre cet amateurisme-là, contre ce journalisme alimentaire lorsque le reporter à la fin du mois n’a pas un bon salaire ou alors lorsqu’il peut faire trois mois sans être payer, alors lorsque son enregistreur c’est lui qui achète, son matériel de travail  n’est pas disponible quand il voudrait ? Donc, voici autant de facteurs qui font que le cadre économique aujourd’hui des médias doit être revu.

Guineematin.com : aujourd’hui, en tant que présidente d’association de presse, qu’est-ce que vous faites pour permettre aux journalistes de travailler en toute sécurité sur le terrain ?

Asmaou Barry : l’association que je préside n’est pas comme les autres. Moi, je tiens à préciser que celle que je préside est une association de femmes journalistes évoluant dans les médias. Ce qui est différent des autres organisations. Et donc, pour apporter une certaine contribution, nous œuvrons quand-même à la formation des femmes journalistes pour qu’elles puissent avoir la capacité d’exercer ce noble métier qui, quand il est très bien exercé, contribue au changement de l’image même de la corporation. D’ailleurs demain, à l’occasion du 3 mai, nous allons signer une convention de partenariat avec le Centre Internationale de Recherche et de Documentation de Kipé et cette convention de partenariat nous permettra d’organiser une séance de formation par mois pour les membres de l’APAC. Donc, il y aura un expert sur une question donnée qui viendra échanger avec eux sur différentes thématiques qui intéressent le métier de journaliste, mais aussi pour des besoins de reportage, de documentation sur un sujet. Tout ça, c’est une manière d’aider les femmes à faire entendre leurs voix. Donc, nous au sein de l’APAC, voici entre autres ce qu’on fait pour les femmes journalistes.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel.  (00224) 621 09 08 18

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Liberté de la presse en Guinée, plainte contre les gendarmes, perspectives…Tham Camara se confie à Guineematin

2 mai 2018 à 23 11 40 05405

La journée mondiale de la liberté de la presse sera célébrée demain jeudi 03 mai 2018. En prélude à cette fête, un reporter de Guineematin.com a rencontré Amadou Tham Camara, journaliste et président de l’AGUIPEL (Association Guinéenne de la Presse en Ligne).

Avec monsieur Tham Camara, il a été question entre-autres d son regard sur la liberté de la presse en Guinée mais aussi de ce que l’AGUIPEL fait pour assurer la protection des journalistes.

Guineematin.com : quel est votre regard sur la situation de la liberté de la presse en Guinée ?

Amadou Tham Camara : si l’on tient compte du dernier classement de Reporters Sans Frontières (RSF), il faut se dire que le pays a reculé. C’est évident, parce que cette année, il y a eu beaucoup de faits qui corroborent ce recul-là. Alors, il y a eu d’abord le fait que des journalistes ont été interpellés, des journalistes de radios ont été indûment enfermés. Tout ceci n’est pas de nature à donner une bonne image de la liberté de la presse, surtout que par moment, le président de la République lui-même s’est mué en censeur, en demandant à la presse de ne pas donner la parole à tel ou tel acteur. Tout ceci a concouru à dégrader un peu la liberté de la presse. Somme toute, la liberté de la presse reste un baromètre de la démocratie et si cette liberté est écornée, la démocratie s’en ressent tout simplement.

Guineematin.com : les journalistes font l’objet de plusieurs brimades sur le terrain de reportage. Vous, en tant que président d’association de presse, qu’est-ce que vous faites pour assurer la protection des journalistes ?

Amadou Tham Camara : chaque fois que nous sommes saisis, évidemment nous dénonçons par les moyens qui sont les notre. Et, s’il s’agit des communiqués nous ne manquons pas. Si le problème se judiciarise, nous nous constituons partie civile, parfois nous portons plainte. Chaque fois que des incidents malheureux arrivent, nous prenons notre responsabilité en dénonçant par des communiqués de presse, dans le cas échéant, nous nous transportons en justice, ce sont là les actions que nous prenons.

Guineematin.com : récemment il y a des journalistes qui avaient été violentés à l’escadron mobile numéro 3 de Matam, leur matériel de travail détruit. Une plainte régulière a été déposée auprès du Parquet Général de la Cour d’Appel de Conakry. Où en est-on aujourd’hui sur cette affaire ?

 Amadou Tham Camara : vous savez, la justice ne va pas à la vitesse voulue. Elle a sa vitesse que nous déplorons, mais sur lesquelles nous n’avons pas beaucoup de levier. Mais, c’est un chantier sur lequel nous travaillons, nous sommes en intelligence avec les avocats qui suivent le dossier. Aux dernières nouvelles, le parquet a écrit à notre avocat pour des compléments d’informations que nous devons fournir. Nous devons lui répondre, pour lui donner ces informations complémentaires. Donc, le dossier n’est pas bouclé et ça n’avance pas au rythme souhaité. Mais, que voulez-vous ? C’est le rythme de la justice guinéenne, nous n’avons pas beaucoup d’emprise sur cette justice-là. Ce que nous pouvons faire, c’est de mettre des bouchées doubles afin que les actions aboutissent.

Guineematin.com : qu’est-ce qui est prévu demain pour la célébration de cette fête ?

Amadou Tham Camara : la presse est conviée demain à La Maison de la Presse à partir de 10 heures, où nous allons nous retrouver autour des thèmes que nous allons développer. Des thèmes d’actualité qui seront débattus par d’éminents professionnels des médias et donc nous allons essayer de marquer ce coup, faire l’état des lieux, faire notre introspection. Nous avons invité la plus haute autorité du pays, le président de la République, mais également certains partis principaux notamment le RPG, l’UFDG et l’UFR à cette cérémonie. C’est pour qu’ensemble nous célébrions la liberté de la presse qui même diminue. Si  la liberté de la presse recule, c’est un recul pour la démocratie. Donc, il faut que les problèmes de la presse soient ressassés demain devant les autorités pour que chacun sache quels sont nos problèmes, quels sont nos difficultés afin qu’ensemble on puisse trouver les meilleures solutions possibles.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. (00224) 621 09 08 18

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Médias : « La Guinée est en avance sur le plan du droit en ce qui concerne la presse », dit le juriste Alhasane MAKANERA

2 mai 2018 à 15 03 56 05565

L’humanité célèbre ce jeudi, 03 mai 2018, la journée de la liberté de la presse. Une journée qui devrait être mise à profit pour évoquer les défis et contraintes des professionnels de la plume et du micro. En Guinée, cette célébration intervient dans un contexte de crise sociopolitique liée à la gestion du contentieux électoral lors des élections locales du 04 février dernier.

Dans cet entretien, Idiatou CAMARA et son invité Docteur Alhasane MAKANERA KAKE, juriste et enseignant chercheur à l’Université Général Lansana CONTE de Sonfonia, parlent de la place et du rôle des médias dans la consolidation de l’État de droit en Guinée.

Décryptage !

Dr MAKANERA quels sont les textes qui consacrent la liberté de la presse en Guinée ?

Pour vous répondre, je dirai que la constitution guinéenne en son article 7 consacre la liberté de la presse, cet article mentionne expressément cette liberté. Il y’a aussi la loi sur la dépénalisation des délits de presse que l’assemblée nationale vient de voter. Il faut dire qu’en matière d’encadrement juridique, le Sénégal dont on vante souvent  les mérites, n’avait pas à cette époque sa loi sur cette question. Donc en dépit des nombreuses contraintes subies par les médias, la Guinée est en avance en matière d’encadrement juridique et de protection des journalistes.

Quelle est aujourd’hui la place des médias dans la consolidation de la démocratie et de l’État de droit dans le monde et en Guinée ?

Sans médias pour moi il n’y a pas de liberté, de démocratie, et sans démocratie on ne peut pas parler d’État de droit. En ce qui concerne la Guinée, la socialisation politique, de l’éducation civique, la connaissance des valeurs républicaines, bref la démocratisation, ils participent donc sérieusement et conséquemment à la consolidation de la jeune démocratie guinéenne. Il faut remonter à 2005, les médias publics étaient décriés, mais aujourd’hui cette image a changée.

Même dans la gestion et l’administration de la presse qu’on n’aimait pas avant, je parle des médias de service publics, notamment la Radio-Télévision Guinéenne (RTG), il y a une grande amélioration dans ce sens. Les gens regardent tous les soirs et écoutent les médias de service publics.

Dans notre pays, il y’a deux sources répandues pour s’informer, on vous dit souvent, le Président de la République a dit, et les médias ont dit, ce qui se dit dans les médias, ce sont des paroles d’évangile. Avant c’était la révolution, mais aujourd’hui depuis plus de 10 ans maintenant, il y’a les médias privés, on a donc le choix et on dit ce que nous pensons. L’impact des médias est extraordinaire je l’avoue, mais vous savez on mesure à long terme et pas dans l’immédiat ce que les médias apportent, comme pour tous les actes posés dans l’évolution de nos sociétés.

Que reprochez-vous à la presse nationale de votre pays?

C’est une bonne question, et je dois être franc avec vous en disant que la presse guinéenne doit se former, se professionnaliser davantage. Lorsque nous écoutons les radios privées surtout avec les fautes inacceptables on a du mal à vous suivre. Ensuite il y’a le fait que la grande majorité des journalistes ont été formés sur le tas sans passer donc par une école de journalisme. Il faudrait que l’État pense à multiplier les écoles de journalisme, parce que pour l’instant tout le monde n’a pas accès, et les écoles ne sont pas partout dans le pays. Il y’a aussi des journalistes qui en vérifient pas leurs sources, qui se focalisent sur des rumeurs et cela est très dangereux.

Un message à l’occasion de cette journée de célébration ?

A l’État de contribuer au renforcement des capacités des médias, de continuer à protéger les droits des journalistes. Ensuite, ces subventions annuelles qu’il octroie aux médias, ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais je crois qu’au lieu de financer ou de subventionner des organes de presse on devrait les orienter vers la formation des journalistes parce qu’il y a un réel besoin de formation des journalistes Guinéens.

Je demande aux journalistes eux aussi de donner des bonnes informations, vérifiées, d’éviter les rumeurs, de refuser  d’être à la solde des politiques, qu’on ne les manipule en les faisant dire ce qu’ils veulent entendre. Je voudrais dire d’être professionnels  en respectant l’éthique et la déontologie. En procédant ainsi c’est toute la Guinée qui gagnera.

Idiatou CAMARA

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Tracasseries policières, mototaxis, grève des transporteurs….Elhadj Yaya Baladé dit tout à Guineematin

1 mai 2018 à 18 06 39 05395

La fête internationale du travail a été célébrée ce mardi 1er mai 2018. A Conakry, c’est l’esplanade du palais du peuple qui a abrité la cérémonie avec une forte mobilisation des travailleurs. En marge de cette célébration, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu Elhadj Mamadou Yaya Baldé, secrétaire général adjoint de la Fédération Syndicale Professionnelle des Transporteurs et parrain des taxi-motos. Il a été question entre-autres de la règlementation de l’exercice du métier de mototaxis et des tracasseries policières dont sont victimes les transporteurs et usagers de la route.

Guinematin.com : comment avez-vous célébré la fête internationale des travailleurs ce mardi ?

Elhadj Yaya Baldé : la fête s’est très bien passée. Il y a eu une mobilisation massive des travailleurs de tous les secteurs d’activités  de Conakry. Les deux centrales syndicales, la CNTG et l’USTG, ont parfaitement mobilisé les travailleurs.

Guineematin.com : vous êtes le parrain des taxi-motards qui ont manifesté récemment dans la banlieue de Conakry. Expliquez-nous ce qui s’est passé.

Elhadj Yaya Baldé : cette manifestation est une chose qui ne devrait pas avoir lieu. Il y a un arrêté qui interdit la circulation des mototaxis dans la commune de Kaloum. Mais, il y a des personnes, en dehors même des vrais acteurs des mototaxis, qui ont été arrêtés. Parmi eux, il y avait des agents de la police ou  de l’armée. Il y avait toute sorte de personnes qui faisaient du taxi-moto dans la commune de Kaloum. Donc, quand il y a eu des arrestations, la police n’a pas cherché à savoir qui est agent ou quoi parce que rien ne permet de les identifier. C’est  pourquoi, la police a mis en place des agents en civile pour demander un déplacement aux motards. Celui qui accepte de se faire déplacer, ils savent que c’est taxi-motard. Ils ont été déposés à Coléah, au ministère de la sécurité.

Guineematin.com : qu’est-ce qui a provoqué la manifestation de la semaine dernière ?

 Elhadj Yaya Baldé : ce n’était pas les vrais taxi-motos qui se sont levés pour faire cette manifestation. Les vrais se sont toujours soumis à la loi. S’il y a eu remous, c’était à cause de ça. Mais, quand il y a eu les explications qu’il fallait, les gens ont compris. Les vrais acteurs des taxi-motos se sont levés pour dire d’arrêter le mouvement.

Guineematin.com : il y a une nouvelle mesure que les autorités veulent prendre et qui concerne les taxi-motos. On parle de nouvelle plaque d’immatriculation. De quoi s’agit-il réellement ?

Elhadj Yaya Baldé : c’est quelque chose qui est légale et normale. Je vous donne un exemple sur les taxi-autos. Il y a l’immatriculation fond noir, caractère blanc pour tout véhicule de transport. En plus, il y a le numéro de police, sur la portière. C’est ce qui identifie le véhicule. Les minibus, les camions et autres ont leur numéro de police aussi. C’est pour cela que les taxi-motos aussi peuvent en avoir. Il leur faut donc une petite plaque noire devant permettant d’identifier les taxi-motos et les motos personnelles. Voilà ce que la police et la direction nationale des transports terrestres nous ont expliqués.

Guineematin.com : vous avez donc donné votre accord aux autorités sur ce sujet….

Elhadj Yaya Baldé : on est tenu d’accepter puisque c’est une réglementation. Tout ce qui est légal ou normal doit être accepté surtout que c’est pour éviter que d’autres personnes viennent se mêler parmi les taxis motos. Il faut identifier les vrais acteurs pour pouvoir les protéger.

Guineematin.com : quel est le prix de cette plaque et comment la mesure a été accueillie par els jeunes taxi-motards ?

  Elhadj Yaya Baldé : puisque nous n’avons pas fini de négocier pour réglementer cela, je me réserve de dire un commentaire sur le prix de la plaque. Ce qui reste clair, ils doivent avoir les deux plaques. Et, ils seront obligés d’accepter tout ce qui du domaine du normal ou de la loi, puisque nul n’est au dessus de la loi.

Guineematin.com : vous aviez lancé un préavis de grève que vous avez suspendu il y a moins de deux jours. Quelles en sont les raisons ?

Elhadj Yaya Baldé : de façon résumée, la fédération syndicale professionnelle des transporteurs et mécanique générale a lancé un avis de grève. Nous dénonçons surtout les barrages non conventionnels sur les routes guinéennes. A partir de Conakry, il doit y avoir trois barrages pour aller cers différentes destinations. Il doit y avoir un seul barrage entre Conakry et Pamelap, un autre entre Conakry et Bamako, un autre entre Conakry et Boké.

Guineematin.com : cela veut dire que les barrages de Kaaka et des 4 ponts à Tanéné ne sont pas conventionnels ?

Elhadj Yaya Baldé : ces deux barrages ne sont pas conventionnels. Donc, c’est à cause des tracasseries là que nous voulions aller en grève. Mais, on a suspendu le mouvement puisque les négociations ont commencé. Et nous sommes optimistes puisque le gouvernement a promis de régler le problème. Nous de la fédération syndicale professionnelle, nous sommes sortis avec le haut commandement de la gendarmerie. On est allé à Forécariah, à Kindia et sur la route de Boké pour enlever les barrages non conventionnels qui étaient là, sur instruction de monsieur le président de la République. C’est ce qui fut fait.  Maintenant, le reste des points de revendication, nous sommes en négociation. Puisqu’il y a eu des points qui ont été obtenus et  eu promesse pour les autres, on s’est dit de suspendre le mot d’ordre de grève. Si nous sommes satisfaits, tant mieux. Au cas contraire, ce n’est que suspendu, on décrochera.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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Contentieux électoral : Mamadou Bhoye Sall des NFD, opposé à une solution politique

30 avril 2018 à 13 01 47 04474

Trois mois après les élections locales du 04 février dernier, la Guinée peine encore à installer les conseils communaux élus à l’issue de ce scrutin. La faute à une crise post-électorale née de l’annulation de plusieurs procès-verbaux de bureaux de vote favorables à l’opposition. Pour en parler, Guineematin.com a reçu Mamadou Bhoye Sall, élu du parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD) à la mairie de Ratoma. Nous revenons notamment sur son regard sur cette crise post-électorale et sur les travaux du comité de suivi de l’accord du 12 octobre 2016, censé trouver solution à cette crise.

Décryptage !

Guineematin.com : Bonjour Mamadou Bhoye Sall, vous êtes élu du parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques) à la mairie de Ratoma, vous étiez depuis plusieurs semaines à l’étranger d’où vous avez suivi la crise post-électorale liée à la contestation des résultats des élections locales par l’opposition républicaine. Quelle est votre position sur cette crise politique ?

Mamadou Bhoye Sall : Bon, j’étais en mission du parti. Dès après les élections locales, étant le coordinateur des antennes de l’extérieur, le parti m’a mandaté pour aller renforcer notre parti à l’extérieur. Cette mission m’a conduit en Amérique du Nord notamment aux Etats-Unis, où nous avons réussi à installer des antennes dans beaucoup d’autres Etats. Donc, c’était l’objet de ma visite.

Par rapport à la crise post-électorale que nous vivons, il faut dire que c’est une situation très regrettable. Mais cette situation était même prévisible, parce que vu le code électoral révisé qui a été adopté par les deux grands partis politiques du pays (RPG Arc-en-ciel et UFDG), je pense qu’on ne pouvait pas éviter cela.

Guineematin.com : Vous pensez que c’est le code électoral qui est à l’origine de cette crise post-électorale ?

Mamadou Bhoye Sall : Bien sûr ! Parce que ce code électoral dit clairement à son article 114, qu’après les élections, s’il y a des contestations, les partis ont 48 heures pour saisir les CACV par rapport à ces contestations, et après les décisions des CACV, ce sont les tribunaux de première instance qu’il faut saisir pour d’éventuels recours. Et après là-bas, il n’y a plus de recours possible. Mais le problème est que ce sont les magistrats des tribunaux de première instance qui dirigent aussi les CACV, et ce sont les mêmes personnes qui ont dirigé les CACV qui vont statuer sur les recours. Dans ce cas, est-ce que les recours pourront prospérer ?

Donc il faut reconnaitre qu’il y a eu bien sûr des fraudes lors de ces élections, des fraudes qui ont eu lieu de part et d’autre. Moi j’étais tête de liste du parti Nouvelles Forces Démocratiques à Ratoma, je vous dis que nous avons enregistré des fraudes un peu partout. Et de la part de l’UFDG, et de la part du RPG Arc-en-ciel. Donc, si j’entends aujourd’hui que l’UFDG réclame la restitution des voix qu’elle a perdues, peut-être que c’est leur droit, mais puisque le contentieux électoral est vidé par les juridictions compétentes prévues par la loi, moi je pense que ce problème ne pourra pas être résolu par ce dialogue politique. Il faut appliquer la loi et chercher à changer cette loi pour ne pas qu’on se retrouve devant une telle situation lors des élections prochaines.

Guineematin.com : Vous préconisez l’application stricte de la loi, mais cette même loi ne donne pas compétence aux présidents des CACV d’annuler les procès-verbaux des bureaux de vote comme cela a été fait !

Mamadou Bhoye Sall : Je suis entièrement d’accord avec ça, ils n’ont pas le droit de le faire. Mais s’ils le font…

Guineematin.com : C’est qu’ils ont eux-mêmes violé la loi !

Mamadou Bhoye Sall : Oui on peut dire qu’ils ont violé la loi, mais dans ce cas ce sont eux qui ont violé la loi qui doivent être sanctionnés. Ça c’est comme un match de football, quand un arbitre siffle un pénalty par exemple et qu’on se rend compte que le pénalty n’est pas valable, c’est l’arbitre qu’on doit sanctionner, mais le pénalty lui sera validé. Donc c’est la même chose ici, on ne doit pas créer un précédent. Il y a une loi, un code électoral qui a été voté par les deux grands partis politiques par un forcing au niveau de l’Assemblée nationale. Parce qu’il y a beaucoup de députés qui n’étaient pas d’accord avec ce code électoral, y compris le président de notre parti Mouctar Diallo. Mais ils ont malgré tout voté la loi à l’Assemblée nationale, donc qu’on applique la loi.

Je vous ai dit que nous-mêmes on a été victime de fraudes de la part des deux partis (RPG et UFDG), mais nous, on est républicain et donc, nous nous remettons à la loi. Et nous allons nous battre pour que cette loi soit changée afin que les élections à venir ne soient pas des élections qui vont déboucher sur des contestations entraîner des morts d’hommes ou bien à une paralysie totale du pays comme ce que nous vivons actuellement.

Guineematin.com : Donc selon vous le combat doit être celui de lutter pour la modification de l’actuel code électoral, plutôt que de lutter pour récupérer ses suffrages qui ont été illégalement annulés ?

Mamadou Bhoye Sall : Effectivement. Moi je n’ai pas dit que des voix n’ont pas été volées, mais on a dit que quand les magistrats statuent c’est sans recours, c’est ce que la loi dit. Maintenant si on essaye de modifier ça par un dialogue, c’est très dangereux pour le pays, parce qu’on aura créé un précédent dont chacun pourra se valoir lors des élections à venir pour ouvrir des brèches qui vont aussi amener à des contestations. Donc, il faut plutôt se battre pour modifier le code électoral que nous avons, ensuite le fichier électoral. Je pense que les acteurs politiques pour la plupart se trompent de cible.

Le fichier électoral que nous avons actuellement, c’est un fichier qui est très dangereux pour le pays. Je vous donne un exemple, quand on vous dit que la population de Mandiana est plus nombreuse que celle de Labé, ou bien que la population de la région de Kankan est plus nombreuse que celle de Conakry, ça c’est dangereux.

Guineematin.com : Oui mais cela avait été expliqué par le gouvernement. Les autorités ont dit que ça s’explique par le fait la région de Kankan regorge beaucoup de mines notamment à Siguiri, qui attirent du grand monde !

Mamadou Bhoye Sall : Cela ne tient absolument pas la route. Il n’y a pas aujourd’hui une région minière plus que Boké, mais si vous regardez le fichier électoral, Boké n’est pas plus peuplé que Conakry. Donc, il y a eu des enrôlements même d’enfants, nous avons démontré ça. Et puis, il faut souligner que depuis que ce fichier électoral a été constitué, il y a eu certainement des morts, il y a eu des personnes qui ont atteint l’âge de voter, donc pour toutes ces raisons, ce fichier nécessite un toilettage. Donc, je pense que tous ceux qui veulent se battre pour une démocratie dans ce pays, doivent se battre pour que ce fichier électoral soit toiletté avant les prochaines élections.

Guineematin.com : Là vous rejoignez l’UFDG, parce qu’on a suivi Cellou Dalein la dernière fois, qui a dit que le toilettage du fichier électoral est une priorité avant les prochaines élections !

Mamadou Bhoye Sall : Ça devait être même une priorité avant les élections passées.

Guineematin.com : Actuellement le comité de suivi de l’accord politique du 12 octobre 2016 se réunit pour tabler sur le contentieux électoral entre autres, quel est votre position par rapport à ces travaux ?

Mamadou Bhoye Sall : Bon ! Je pense personnellement que ce comité de suivi ne va pas résoudre le problème pour deux raisons. Premièrement, si ce comité de suivi arrive à un consensus autour du contentieux électoral, ça sera un consensus qui va violer la loi. Deuxièmement, nous sommes en train de tourner autour d’un cercle vicieux, répéter la même chose et vouloir attendre des résultats différents, ce qui n’est pas possible. Depuis combien de temps on est train de faire des dialogues ? Quand il y a des manifestations et qu’il y a des morts d’hommes, l’opposition se retrouve et délègue le chef de file de l’opposition qui va aller rencontrer le président de la République, ils vont conclure qu’ils vont travailler ensemble pour résoudre le problème. Après c’est le dialogue qui reprend, le dialogue n’aboutit pas, et puis l’opposition reprend la rue, donc on est en train de tourner en rond.

Guineematin.com : La faute à l’opposition ou au pouvoir ?

Mamadou Bhoye Sall : La faute aux deux camps. Parce que dans les conditions normales, le gouvernement devait tout simplement appliquer la loi, organiser les élections à date et assurer la transparence de ces élections. Parce que, pour la plupart c’est ce qui amène des contestations, c’est ce qui amène des morts d’hommes, c’est ce qui amène des pillages et tout ce qui s’en suit avec tout le cortège de malheurs que nous savons. L’opposition aussi, a sa part de responsabilité dedans parce que, on peut essayer de résoudre un problème par une même méthode une, deux ou trois fois, mais si ça ne marche pas, il faut changer de stratégie. On ne peut pas utiliser les mêmes méthodes et s’attendre à des résultats différents.

Aujourd’hui, nous au niveau des Nouvelles Forces Démocratiques, vous le savez, on ne participe plus aux manifestations de rue. Parce que nous avons vu que depuis 2011 on est en train de manifester, il y a des gens qui meurent pour quels résultats ? Je vous dis que c’est extrêmement grave ce qui se passe. Quand il y a des morts d’hommes, nous les acteurs politiques, on se mobilise, on va dans les familles pour présenter des condoléances, on amène un sac de riz, on amène des petites sommes d’argent et on disparait. Le plus souvent ce sont les bras valides des familles même qui sont en train de mourir, et jusqu’à présent on est train de répéter les mêmes choses.

Il y a beaucoup d’autres méthodes qu’on peut utiliser sans les familles ne soient endeuillées. Si le gouvernement n’accepte pas d’appliquer la loi, il faut se plaindre par exemple auprès des juridictions supranationales pour amener le gouvernement à appliquer la loi. Il y a beaucoup d’autres méthodes que nous pouvons faire. Par rapport à ce comité de suivi, vous avez entendu l’opposition qui menace de se retirer des travaux pour reprendre les manifestations, donc c’est un cercle vicieux qui ne donne pas de résultats malheureusement, et c’est la population guinéenne qui est prise en otage.

Guineematin.com : Est-ce que vous des NFD vous souhaiteriez être représentés à ce comité de suivi ?

Mamadou Bhoye Sall : Non ! Pas du tout. Mais on était membre de ce comité de suivi, et on s’est retiré volontairement parce que si vous vous rappelez, le dernier accord qui a été signé, on était contre le point 2 de l’accord. Donc, on ne peut pas faire partie de ce comité de suivi qui travaille pour la mise en œuvre de cet accord dont nous sommes contre, parce que ça c’est un recul démocratique que nous avons dénoncé avec beaucoup d’autres partis politiques. Donc on s’est volontairement retiré de ce comité de suivi, sinon on était membre de l’opposition républicaine et on participait activement à ses travaux.

Guineematin.com : Mais il y a beaucoup qui pensent que vous vous êtes retirés de l’opposition républicaine parce que l’UFDG a refusé de vous céder la mairie de Ratoma !

Mamadou Bhoye Sall : Non ! S’il vous plait ! On n’a jamais demandé à l’UFDG de nous céder la mairie de Ratoma, ça des mauvaises interprétations, c’est des calomnies orchestrées bien sûr par certains membres de l’UFDG. Nous, on était en alliance avec l’UFDG, l’UFDG nous a dit que maintenant chacun n’a qu’à aller seul aux élections, chacun pour soi, Dieu pour tous. On s’est retrouvé au niveau des Nouvelles Forces Démocratiques, nous avons décidé de nous présenter aux élections et nous nous sommes présentés, et on a eu ce qu’on a eu et on l’assume. Nous, notre objectif c’est le bien-être de la population guinéenne en général.

Guineematin.com : Et si le comité de suivi décide finalement de restituer les voix annulées à l’UFDG, quelle sera réaction de votre parti ?

Mamadou Bhoye Sall : Tant mieux ! Mais ça sera quelque chose de très grave, parce qu’on aura créé un précédent. Donc prochainement, tous ceux qui participeront aux élections vont se référer à ça, ils vont dire que nous avons été volés, donc il faut que ça soit restitué. Il faut qu’on essaye dans ce pays, qu’on essaye d’appliquer les lois de la République, ça c’est très important. Qu’on essaye d’attaquer les juges qui ont annulé les résultats au niveau des CACV, là je suis d’accord. Mais dire qu’il faut violer la loi, là nous ne sommes pas d’accord. Mais, si c’est ce qui va arranger, tant mieux. Mais on aura créé un précédent dont vous et moi, nous ne pouvons pas mesurer les conséquences.

Guineematin.com : Sauf qu’en maintenant les résultats comme tel, ça peut être aussi un précédent. C’est-à-dire que si le pouvoir sait que les présidents des CACV peuvent annuler les résultats, il peut en faire une arme pour toujours gagner les élections !

Mamadou Bhoye Sall : Non ! Je ne suis pas d’accord avec ça. Parce que, il faut tout faire avant les prochaines élections, pour que le fichier électoral soit assaini, et pour assurer la transparence des élections pour ne pas qu’une telle situation soit enregistrée à l’avenir. L’Assemblée nationale n’a qu’à voter une loi qui donne des garanties s’il y a un contentieux électoral soit résolu par d’autres juridictions comme la cour constitutionnelle ou même la cour suprême, on peut aussi trouver des mécanismes de recomptage des voix, il y a beaucoup d’autres choses qu’on peut faire pour palier à ça. Mais que ça soit une loi, nous nous voulons que la loi soit respectée.

Guineematin.com : Je rappelle que vous êtes élu à la mairie de Ratoma sous les couleurs des NFD, une mairie largement remportée par l’UFDG, est-ce que malgré vous avez des contacts avec d’autres partis en vue d’éventuelles alliances ?

Mamadou Bhoye Sall : Oui on a été contacté pas seulement à Ratoma, mais partout où nous avons présenté des candidats.  Donc nous avons été contactés plusieurs partis pour des alliances y compris l’UFDG. Mais nous leur avons dit que nous devons formaliser les alliances, c’est-à-dire que les individus qui nous ont contactés, nous leur avons dit qu’ils doivent venir avec un mandat de leur bureau exécutif signé par leur président pour qu’on ouvre les négociations sur l’ensemble des élus et l’ensemble des circonscriptions. Mais malheureusement, ils ne sont pas revenus encore, ils sont plutôt en train d’opérer d’une autre manière. Ils sont en train de contacter nos élus directement pour essayer de les déloger.

A Sangarédi par exemple on a eu deux sièges, l’UFDG a corrompu notre tête de liste et il est déjà parti, donc c’est comme ça qu’ils sont en train d’opérer, voir les gens un à un. Malheureusement aussi, c’est une élection de personnes, quand celui est élu sous les couleurs d’un parti s’en va, il n’y a pas de possibilités pour le parti de le remplacer.  Mais ne sommes pas contre qu’on négocie avec l’UFDG et qu’on fasse une alliance avec l’UFDG, mais il faut que ça soit formel, il faut que ça soit officiel.

Propos recueillis par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Education : « les programmes enseignés sont à 85% vétustes », se plaint Sory Keita du CFP de Fria

28 avril 2018 à 9 09 32 04324

Le Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Fria a été créé en 1979 par l’Etat guinéen grâce à la coopération russe. La démarche visait à former des ouvriers qualifiés en vue de faciliter leur insertion à l’usine d’Alumine de Friguia.  Aujourd’hui, le directeur général de cette école trouve que les cours qui y sont dispensés sont d’une autre époque.

Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin en séjour à Fria, monsieur Sory Kéita est revenu sur les nombreuses difficultés qui assaillent son établissement.

Guineematin.com : faites-nous une présentation du CFP de Fria 

Sory Keita : Le CFP de Fria a été créé en 1979 par l’Etat guinéen en partenariat avec  la compagnie Friguia d’alors, notamment pour la formation des ouvriers qualifiés capables de travailler soit dans l’entreprise ou dans les entreprises qui tournaient au tour de la compagnie, dans trois filières notamment : le Génie Electrique, le Génie Mécanique et le Génie Civil. En Génie Mécanique, nous avons la mécanique automobile et la chaudronnerie ; en Génie Electrique, il y’a l’électricité industrielle et bâtiment ; et, en Génie Civil, nous avons la maçonnerie, la menuiserie et la plomberie. Ce sont les six filières enseignées ici chez nous.

Guineematin.com : quel est l’effectif total dans les six options ?

Sory Kéita : actuellement, il y a 375 étudiants dont 24 filles. Ils sont répartis comme suit : 1er année, 160 dont 10 filles ; 2ème année, 122 dont 10 filles ; et la 3ème année, 93 dont 4 filles.

Guinematin.com : que peut-on retenir de l’état d’avancement des cours ?

Sory Kéita : malgré le retard que nous avons accusé au mois d’octobre et au mois de mars, l’espoir est permis parce que pratiquement, il nous reste qu’une seule semaine pour rattraper ce retard-là. Je veux dire certainement, d’ici la fin du mois de mai on sera à 100% de nos programmes. Le retard était dû notamment au mot d’ordre de grève de la centrale syndicale SLECG, version Aboubacar Soumah.

Guineematin.com : justement après ces deux grèves, quelle a été votre stratégie pour compenser le temps perdu ?

Sory Kéita : pour rattraper ce retard, nous avons surtout pioché au niveau du temps des travaux pratiques parce que là, nous évoluons encore avec les anciens programmes qui ont été élaborés depuis l’année 1985. Donc, des programmes qui sont très vétustes maintenant et qui ne sont plus adaptés au besoin du marché de travail. Comme on a trois jours de travaux pratiques, on prenait deux heures  ou quatre heures par semaine  pour se consacrer au rattrapage des cours théoriques perdus.

Guineematin.com : vous dites que vos programmes sont à 85% vétustes, quelles sont les autres difficultés que vous rencontrez ?

Sory Kéita : les problèmes ne finissent jamais, surtout dans un centre de formation professionnelle. Nous, au niveau de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, nous sommes basés sur trois piliers. Le premier pilier c’est les programmes de formation, parce que si le programme n’est pas adapté au besoin du marché de l’emploi, on va former des chômeurs. Le deuxième volet, c’est les équipements, les ateliers et la matière d’œuvre ; et le troisième pilier, c’est la formation. Donc, si nous prenons les programmes, je vous l’ai dit tantôt que nos programmes ont été élaborés depuis l’année 1985 c’est-à-dire à 85% vétustes. Don, ces programmes ne sont plus adaptés au besoin du marché du travail.

En ce qui concerne les équipements et les ateliers, les équipements que nous avons maintenant sont venus au même moment de l’implantation de ces programmes. Il va de soi que ces équipements sont vétustes. En ce qui concerne la formation, nous venons de recevoir une trentaine de jeunes formateurs mais qui n’ont pas reçu de formation pédagogique. Et normalement, si les programmes sont adaptés au besoin du marché du travail, donc les programmes sont élaborés selon l’approche par compétence et il va falloir former aussi les nouveaux enseignants à l’exploitation de ces programmes et à l’utilisation du matériel qu’on mettra à leur disposition.

Guinematin.com : au moment de l’arrêt de l’usine Friguia, votre CFP était confronté à de multiples problèmes. Vous confirmez cette information ?

Sory Kéita : oui, il y avait beaucoup de problèmes parce que l’école dépendait principalement de cette usine-là. Alors les 4 à 5 ans d’arrêt de l’usine ont été un coup dur pour la formation au CFP de Fria. Notamment, ça s’est ressenti d’abord sur l’effectif. L’effectif a baissé de façon drastique  parce que les enfants qui viennent ici sont souvent de Boffa, Kamsar, Boké, Dubréka et autres qui avaient des tuteurs ici. Donc, avec l’arrêt de l’usine, les tuteurs ne pouvaient plus  abriter les étudiants donc beaucoup ont déserté pour aller vers Boké et Kindia. Mais, avec la réouverture l’espoir est permis parce que les enfants ont commencé à affluer vers le centre de formation professionnelle de Fria.

Guineematin.com : quel est votre dernier message, surtout à l’endroit de votre ministre de tutelle?

Sory Kéita : l’appel que j’ai à lancer à notre ministre de tutelle, Albert Damantang Camara, c’est de nous aider à former les 30 nouveaux jeunes que nous venons de recevoir. C’est le primordial, la formation des formateurs, la formation pédagogique ou formation disciplinaire. Donc, il faut les mettre à niveau. Et ensuite, on va penser à élaborer les programmes qui sont en vigueur dans notre centre, c’est au centre de formation professionnelle de Fria où les programmes ne sont pas encore élaborés selon l’approche par compétence. Donc, si nous avons la chance d’avoir ces nouveaux programmes là et former les formateurs à l’exploitation de ces programmes là et les équipements qui vont venir, je crois que nous allons retourner à notre lustre d’antan parce que c’est le seul CFP qui forme encore dans la filière électricité industrielle. C’est mon espoir après cette formation et l’élaboration des programmes et surtout l’équipement des ateliers que tout va marcher ici comme avant.

De Fria, Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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Un ordinateur fabriqué en Guinée : son inventeur Mountaga Kéïta à Guineematin (Interview)

27 avril 2018 à 13 01 10 04104

Mountaga Kéïta est un génie guinéen inventeur et innovateur. Depuis deux ans, il a créé un ordinateur premier du genre et dont les domaines d’activités sont aussi nombreux que variés. En marge de la plénière parlementaire du 24 avril dernier, il a accepté de répondre aux questions de Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Décryptage !

Guineematin.com : Vous êtes au Parlement pour présenter votre invention. Parlez-nous-en, de quoi s’agit-il au juste ?

Mountaga Kéïta : Très simplement, j’ai vu que nous avons un problème de numérisation et de digitalisation dans notre société avec un taux de 65% d’illettrés. Ma préoccupation était de trouver une solution et faciliter à ces millions de concitoyens l’accès au numérique. Nous avons vu qu’il était plutôt possible d’adapter le monde numérique à eux et non le contraire. Alors ma solution était de créer un système à travers cet appareil que de milliers de personnes peuvent utiliser sans qu’il ne soit détérioré. Tout le matériel a été testé à la performance pour arriver à un design très fort par apport à toutes les agressions venant de l’extérieur. Il a le wifi et une boutique qui sont laminés à l’intérieur, il a un haut-parleur de grande performance, une caméra de 10 méga pixels et des micros multidirectionnels, une imprimante A4 de grande capacité et une dalle tactile incassable. Le tout logé dans un coffre-fort en acier. Nous avons un ordinateur aux capacités supérieures aux lap-tops habituels avec 8 Go de ram et un disque dur de 32 Go qui peut porter jusqu’à 3 terras. Cela dépend de l’utilisateur. Nous adaptons les disques durs selon les utilisateurs. Il est alimenté avec une simple batterie de 220 v et adapté aux conditions et aux possibilités de l’utilisateur.

Guineematin.com : Dites-nous, comment vous avez eu cette idée ?

Mountaga Kéïta : Nous sommes partis d’un constat. Dans l’administration, les hôpitaux, les mairies, bref un peu partout, le manque d’électricité, l’utilisation des machines à taper à l’ancienne, la lenteur dans les services, j’ai vu qu’au lieu de blâmer les gens, il faut chercher des solutions pour les équiper et moderniser ce qu’ils font.

Guineematin.com : Comment est-ce qu’il est alimenté ?

Très simple, il est alimenté à partir d’une énergie hybride de 220 v. ce qui veut dire, à partir d’un panneau de 100 w,  cela suffit à alimenter les composantes et recharger les batteries à lithium qui sont à l’interne. Ce qui veut dire qu’on peut utiliser cette machine dans des zones plus lointaines que possible pour faire des travaux numériques à plein temps.

Guineematin.com : Vous avez pris combien de temps pour concevoir cette machine ?

Mountaga Kéïta : Rien que pour faire la modélisation en 3D, il m’a fallu un à deux ans. De 2014 à 2015, nous avons travaillé sur la maquette pour aboutir à un prototype qui a été présenté l’année dernière. Et les modèles commerciaux sont à l’usine et attendent les commandes pour être livrés aux clients.

Guineematin.com : Vous parlez d’usine. Où est-ce qu’elle se trouve réellement ?

Mountaga Kéïta : Ici même en Guinée, à Sonfonia dans la commune de Ratoma. L’usine nous appartient à 100% et ceux qui y travaillent sont tous des guinéens. Au départ, mes parents voulaient construire un immeuble d’habitation, mais à mon arrivée, je les ai conseillés d’accepter de transformer l’intérieur en usine. Ce qui fut fait sans trop de problème.

Guineematin.com : Vous employez actuellement combien de personnes dans cette unité de production ?

Mountaga Kéïta : Actuellement, il y a 40 personnes. Soit la taille optimale pour faire tourner une telle unité industrielle. Pendant 3 années, j’ai travaillé avec des électriciens, des soudeurs, des ouvriers mais également et surtout des programmeurs guinéens dont certains sont présents avec moi aujourd’hui au Parlement.

Guineematin.com : Parlez-nous de l’utilisation de cette machine. Qui peut l’utiliser, où et comment ?

Mountaga Kéïta : Dans les aéroports, les administrations publiques et privées, ici même au Parlement. Pour contrôler les présences par exemple, il suffit juste de présenter son badge pour qu’il soit scanné. L’Etat en a besoin aujourd’hui avec son programme de biométrie et de contrôle des effectifs de la fonction publique, n’est-ce pas ? Pour les banques par exemple, il y a les tickets qui peuvent être tirés, des relevés bancaires également sans déranger le personnel, dans les mairies avec les tous les actes administratifs, les miniers, les jeunes, les commerçants avec le e-commerce. Bref, notre machine est utile dans tout et partout. Il suffit d’une simple programmation et vous verrez le reste.

Guineematin.com : Il sert à tout pratiquement, mais on constate qu’il est très grand. Est-ce qu’il peut être miniaturisé ?

Mountaga Kéïta : En le rendant un peu plus petit, on crée un autre problème qui est majeur. Cet ordinateur n’est pas destiné à être petit. D’accord qu’il doit être beau et attractif, mais assez lourd, imposant et stable aussi. En le rendant petit, on le rend vulnérable au vol.

Guineematin.com : Il pèse combien de kilogrammes :

Mountaga Kéïta : Il  pèse 60 kg.

Guineematin.com : Est-ce que vous avez commencé à le commercialiser et à quel prix ?

Mountaga Kéïta : Depuis mercredi le 18 avril, nous avons commencé à le vendre. Son prix varie de 30 millions à 50 millions avec une garantie de 3 ans.

Guineematin.com : Avez-vous participé à la semaine nationale du numérique qui vient de s’achever?

Mountaga Kéïta : Oui, l’année dernière j’ai participé à la compétition et j’ai décroché le deuxième prix. Cette année, nous étions présents et il y avait tellement d’engouement qu’on nous a demandés de le fermer un moment et permettre à la foule de suivre les panels.

Guineematin.com : Avez-vous dans votre programme d’autres inventions ?

Mountaga Kéïta : Nous en avons au moins six, dont une invention pour les écoliers. Les autres ne sont pas trop en avance pour le moment. Nous sommes tenus de suivre l’évolution de nos sociétés et aller un peu à son rythme.

Guineematin.com : Avez-vous un appel à lancer à nos décideurs ?

Mountaga Kéïta : Nous n’avons pas besoin de dons. Les dons affaiblissement. Nous avons simplement besoin de commandes pour acheter nos produits. Nous faisons confiance à ce que nous produisons et nous assurons la garantie de ce que nous vendons. C’est aussi simple.

Propos recueillis et décryptés par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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