Assemblée générale des Nations Unies : discours du Secrétaire Général, Antonio GUTERRES

23 septembre 2021 à 15 03 28 09289
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Je suis ici pour tirer la sonnette d’alarme : le monde doit se réveiller. 

Nous sommes au bord du précipice – et nous continuons de nous en approcher.  

Jamais notre monde n’a été aussi menacé. 

Ou plus divisé.  

Nous faisons face à la plus grande avalanche de crises de notre existence.  

La pandémie de COVID-19 a amplifié des inégalités déjà flagrantes.  

La crise climatique s’abat sur la planète. 

De l’Afghanistan à l’Éthiopie en passant par le Yémen et ailleurs, les bouleversements font échec à la paix.  

Un embrasement de méfiance et de désinformation polarise les gens et paralyse les sociétés.  

Les droits humains sont mis à mal.  

La science est vilipendée.  

Et l’aide économique destinée aux plus vulnérables, à supposer qu’elle leur parvienne, est insuffisante et arrive trop tard.  

La solidarité est portée disparue – au moment même où nous en avons le plus besoin.  

Une image résume peut-être ce que nous vivons. 

Celle qui nous vient de certains coins du monde, où l’on voit des vaccins contre le COVID-19 … jetés à la poubelle.  

Périmés et inutilisés.  

D’un côté, les vaccins sont mis au point en un temps record – une victoire de la science et de l’ingéniosité humaine.  

De l’autre, ce triomphe est réduit à néant par le manque tragique de volonté politique, l’égoïsme et la méfiance.  

L’abondance pour certains pays. Des étagères vides pour d’autres.  

La plupart des habitants des pays riches sont vaccinés. Plus de 90 % des Africains attendent toujours leur première dose. 

Nous sommes moralement coupables de l’état du monde dans lequel nous vivons. 

La situation est indécente.  

Nous avons réussi l’épreuve de sciences.  

Mais nous avons un zéro pointé en éthique.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

La sonnette d’alarme climatique est également assourdissante.  

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un code rouge pour l’humanité. 

Nous voyons les signes d’avertissement sur chaque continent et dans chaque région. 

Températures caniculaires. Perte de biodiversité épouvantable. Pollution de l’air, de l’eau et des espaces naturels.  

Et à chaque instant des catastrophes liées au climat. 

Comme nous l’avons vu récemment, même la ville où nous sommes – la capitale financière du monde – n’est pas à l’abri.  

Les climatologues nous disent qu’il n’est pas trop tard pour respecter l’objectif de 1,5 degré fixé dans l’Accord de Paris sur le climat.  

Mais la fenêtre pour le faire se ferme rapidement. 

Nous devons réduire nos émissions de 45 % d’ici à 2030. Pourtant, un récent rapport de l’ONU a clairement montré que, compte tenu des engagements nationaux en matière de climat, d’ici à 2030, les émissions augmenteront de 16 %.  

Cela nous condamnerait à une situation infernale où la température augmenterait d’au moins 2,7 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Une catastrophe. 

Dans le même temps, l’OCDE vient de signaler un déficit d’au moins 20 milliards de dollars dans le financement essentiel de l’action climatique promis aux pays en développement.  

Nous sommes à quelques semaines de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Glasgow, mais nous sommes à des années-lumière de nos objectifs.  

Nous devons nous y mettre sérieusement. Et vite.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

Le COVID-19 et la crise climatique ont mis en évidence de profondes fragilités, dans nos sociétés et pour notre planète.  

Pourtant, ces défis formidables ne suscitent pas l’humilité, mais l’arrogance.  

Au lieu de suivre la voie de la solidarité, nous sommes dans une impasse qui mène à la destruction. 

Dans le même temps, une autre maladie se propage aujourd’hui dans le monde : le fléau de la méfiance. 

Quand les gens voient les promesses de progrès anéanties par les réalités d’un quotidien éprouvant… 

Quand ils voient leurs droits fondamentaux et leurs libertés restreints… 

Quand ils voient autour d’eux la petite – et la grande – corruption… 

Quand ils voient des milliardaires se balader dans l’espace alors que des millions de personnes sur terre ont faim…  

Quand les parents voient pour leurs enfants des lendemains plus sombres encore que l’adversité à laquelle ils sont confrontés aujourd’hui… 

Et quand les jeunes ne voient aucun lendemain… 

Les personnes pour lesquelles nous œuvrons et que nous représentons pourraient perdre la foi non seulement dans leurs gouvernements et leurs institutions, mais aussi dans les valeurs qui animent le travail de l’ONU depuis plus de 75 ans. 

Paix. Droits humains. Dignité de toutes et tous. Égalité. Justice. Solidarité.  

Jamais auparavant les valeurs fondamentales n’ont été aussi menacées.  

Une rupture de la confiance entraîne une rupture des valeurs.  

À quoi bon des promesses si les gens ne voient pas de résultats dans leur vie quotidienne.  

Quand le résultat n’est pas au rendez-vous, place est faite à certaines des pulsions les plus sinistres de l’humanité. 

Cela alimente les solutions faciles, les pseudo-solutions et les théories du complot.  

Cela attise les griefs anciens. La suprématie culturelle. La domination idéologique. La misogynie violente. La mise en joue des personnes les plus vulnérables, notamment les réfugiés et les migrants.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

L’heure de vérité a sonné.  

Le moment est venu d’agir.  

Le moment est venu de redonner confiance.  

Le moment est venu de raviver l’espoir.  

Et de l’espoir, j’en ai !  

Les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre.  

L’humanité a montré que rien ne l’arrêtait quand tout le monde travaillait main dans la main.  

C’est la raison d’être des Nations Unies.  

Mais soyons francs. Le système multilatéral actuel a ses limites : ses instruments et ses capacités ne suffisent pas pour assurer l’efficacité de la gouvernance des biens publics mondiaux.  

Ce système est trop axé sur le court terme.  

Nous devons renforcer la gouvernance mondiale. Nous devons nous concentrer sur l’avenir. Nous devons renouveler le contrat social. Nous devons adapter l’ONU à une nouvelle ère.  

C’est pourquoi j’ai présenté comme je l’ai fait mon rapport sur Notre Programme commun.  

Ce programme offre une analyse à 360 degrés de l’état de notre monde, accompagnée de 90 recommandations concrètes visant à relever les défis d’aujourd’hui et à renforcer le multilatéralisme de demain.  

Notre Programme commun s’appuie sur la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat.  

Il s’inscrit dans le droit fil du mandat qui m’a été confié dans la Déclaration faite à l’occasion de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU : chercher une voie vers un monde meilleur.  

Mais pour atteindre cette terre de promesses, nous devons combler de grands fossés.  

Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Pour moi, il y a 6 grands fossés – 6 Grands canyons – que nous devons combler maintenant.  

Premièrement, nous devons combler le fossé qui nous sépare de la paix.  

Pour bien trop de personnes, partout dans le monde, la paix et la stabilité restent un rêve lointain.  

En Afghanistan, où nous devons redonner de l’élan à l’aide humanitaire et défendre les droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles.  

En Éthiopie, où nous demandons à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités, de garantir l’accès humanitaire et de créer les conditions nécessaires à l’ouverture d’un dialogue politique conduit par les Éthiopiennes et les Éthiopiens. 

Au Myanmar, où nous réaffirmons notre soutien indéfectible au peuple, qui aspire à la démocratie, à la paix, aux droits humains et à l’état de droit. 

Au Sahel, où nous nous sommes engagés à mobiliser l’aide internationale en faveur de la sécurité, du développement et de la gouvernance de la région. 

Ailleurs encore, comme au Yémen, en Libye et en Syrie, où nous devons sortir de l’impasse et tout faire pour que la paix soit instaurée. 

En Israël et en Palestine, où nous exhortons les dirigeants à reprendre un dialogue constructif et à reconnaître que la solution des deux États est la seule voie pouvant conduire à une paix juste et globale. 

En Haïti et dans tant d’autres pays laissés pour compte, où nous sommes solidaires à chaque mesure prise pour sortir de la crise.  

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force.  

Les coups d’État militaires reprennent.  

Et la désunion de la communauté internationale n’aide pas. 

Les clivages géopolitiques sapent la coopération internationale et empêchent le Conseil de sécurité de prendre les décisions qui s’imposent. 

Un sentiment d’impunité s’installe.  

Et pourtant, il sera impossible de relever les prodigieux défis de l’économie et du développement tant que les deux plus grandes économies du monde seront en désaccord l’une avec l’autre.  

Hélas, je crains fort que notre monde ne s’achemine vers deux ensembles de règles économiques, commerciales, financières et technologiques bien distincts, deux conceptions opposées du développement de l’intelligence artificielle – et finalement deux stratégies militaires et géopolitiques différentes. 

Ce serait la garantie de problèmes à venir. Bien moins prévisibles que la guerre froide.  

Pour redonner confiance et raviver l’espoir, nous avons besoin de coopération. Nous avons besoin de dialogue. Nous devons nous entendre.  

Nous devons investir dans la prévention des conflits et le maintien et la consolidation de la paix. Nous devons faire avancer le désarmement nucléaire et l’action que nous menons ensemble contre le terrorisme.  

Nous devons agir dans le profond respect des droits humains. Et nous devons nous munir d’un nouvel Agenda pour la paix. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Deuxièmement, nous devons combler le fossé climatique. Pour ce faire, il faut rétablir la confiance entre Nord et Sud. 

Et cela commence en faisant tout ce que nous pouvons dès maintenant pour assurer le succès de la Conférence de Glasgow.  

Il faut que tous les pays se montrent plus ambitieux dans trois grands domaines d’action : l’atténuation, le financement et l’adaptation. 

Plus d’ambition en matière d’atténuation, cela veut dire que les pays s’engagent à atteindre la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle et à se fixer des objectifs concrets de réduction des émissions pour 2030 qui nous permettent d’y parvenir, et qui s’appuient sur des mesures réalisables dans l’immédiat.  

Plus d’ambition en matière de financement – cela veut dire que les pays en développement reçoivent les 100 milliards de dollars par an qui leur ont été promis pour l’action climatique, en mobilisant pleinement les ressources des institutions financières internationales et aussi celles du secteur privé. 

Plus d’ambition en matière d’adaptation – cela veut dire que les pays développés tiennent la promesse qu’ils ont faite d’apporter un soutien crédible aux pays en développement afin de renforcer la résilience et de sauver des vies et des moyens de subsistance.  

Cela veut dire que 50 % de tous les financements climatiques fournis par les pays développés et les banques multilatérales de développement devraient être consacrés à l’adaptation.  

La Banque africaine de développement a montré la voie en 2019 en allouant la moitié de ses financements climatiques à l’adaptation.  

Certains pays donateurs ont suivi son exemple. Il faut que tous en fassent autant.  

Le message que j’adresse à chaque État Membre est le suivant : n’attendez pas que d’autres fassent le premier pas. Faites votre part.  

Partout dans le monde, nous constatons que la société civile – menée par les jeunes – est pleinement mobilisée pour faire face à la crise climatique. 

Le secteur privé s’engage de plus en plus.  

Il faut que les gouvernements aussi mobilisent tous leurs pouvoirs en matière de politique financière pour faire la transition vers l’économie verte.  

En imposant les émissions de carbone et la pollution plutôt que le revenu des ménages, afin de faciliter le passage à des emplois verts durables.  

En arrêtant de subventionner les combustibles fossiles et en dégageant des ressources à réinvestir dans la santé, l’éducation, les énergies renouvelables, les systèmes alimentaires durables et la protection sociale.  

En s’engageant à ne pas construire de nouvelles centrales à charbon. Si toutes celles qu’il est prévu d’ouvrir entrent en service, non seulement nous dépasserons nettement 1,5 degré, mais nous serons bien au-dessus de 2 degrés. 

Les objectifs de Paris partiront en fumée. 

Nous sommes face à une urgence planétaire.  

Nous avons besoin de coalitions de solidarité – entre les pays qui sont encore fortement tributaires du charbon et ceux qui ont les moyens financiers et techniques de financer leur transition.  

Nous pouvons et nous devons agir. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Troisièmement, nous devons combler le fossé entre riches et pauvres, dans les pays et d’un pays à l’autre.  

Cela commence par mettre fin à la pandémie, partout et pour tout le monde.  

Nous avons besoin de toute urgence d’un plan de vaccination mondial permettant de faire au moins doubler la production et d’acheminer des vaccins à 70 % de la population au premier semestre 2022. 

Ce plan pourrait être exécuté par une équipe spéciale d’urgence composée de producteurs actuels et potentiels de vaccins, de l’Organisation mondiale de la Santé, de partenaires du dispositif Accélérateur ACT et des institutions financières internationales, en collaboration avec les sociétés pharmaceutiques.  

Nous n’avons pas de temps à perdre.  

Une reprise asymétrique creuse les inégalités.  

Les pays riches pourraient retrouver les taux de croissance d’avant la pandémie d’ici la fin de l’année, tandis que les retombées de la crise sanitaire pourraient se faire sentir pendant des années dans les pays à faible revenu.  

Est-ce bien étonnant ? 

Les économies avancées investissent près de 28 % de leur produit intérieur brut dans la reprise économique.  

Pour les pays à revenu intermédiaire, ce chiffre tombe à 6,5 %.  

Et il chute à 1,8 % pour les pays les moins avancés – un pourcentage infime d’un montant très inférieur.  

En Afrique subsaharienne, le Fonds monétaire international prévoit que la croissance économique cumulée par habitant pour les cinq prochaines années devrait être égale au quart de ce qu’elle est dans le reste du monde.  

De nombreux pays ont besoin d’injections d’urgence de liquidités.  

Je me réjouis que le Fonds monétaire international ait émis 650 milliards de dollars de Droits de tirage spéciaux.  

Mais ces droits vont en grande partie aux pays qui en ont le moins besoin.  

Les économies avancées devraient réaffecter l’excédent de leurs DTS aux pays qui en ont vraiment besoin.  

Les DTS ne sont pas la panacée.  

Mais ils permettent une reprise et une croissance durables. 

Je renouvelle aussi mon appel en faveur d’une réforme de l’architecture de la dette internationale, qui doit être plus équitable.  

L’Initiative de suspension du service de la dette doit être prolongée jusqu’en 2022 et devrait être accessible à tous les pays vulnérables et à tous les pays à revenu intermédiaire très endettés qui le demandent.  

C’est ça, la solidarité en action.  

Les États ne devraient pas avoir à choisir entre assurer le service de la dette et être au service de la population.  

Une véritable solidarité internationale permettrait d’établir à l’échelle nationale un nouveau contrat social prévoyant une couverture sanitaire universelle et la protection du revenu, d’offrir à toutes et à tous un logement, un travail décent et une éducation de qualité pour toutes et tous et d’éliminer la discrimination et la violence contre les femmes et les filles. 

J’engage les pays à procéder à des réformes fiscales et à mettre enfin un terme à la fraude fiscale, au blanchiment d’argent et aux flux financiers illicites.  

Et pour l’avenir, face aux grands risques mondiaux, nous devons nous doter d’un meilleur système de prévention et de préparation ; nous devons suivre les recommandations du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie. 

J’ai fait de nombreuses autres propositions dans Notre Programme commun, parmi lesquelles une plateforme d’urgence et un laboratoire pour l’avenir. 

Quatrièmement, nous devons combler le fossé entre les genres. 

Le COVID-19 a mis à nu et exacerbé la plus vieille injustice du monde : le déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes. 

Lorsque la pandémie a frappé, les femmes représentaient la majorité des travailleurs de première ligne. Elles ont été les premières à perdre leur emploi et les premières à mettre leurs carrières en suspens pour s’occuper de leurs proches.  

Les fermetures d’écoles ont touché les filles de manière disproportionnée, freinant leurs parcours et augmentant les risques d’abus, de violence et de mariage d’enfants. 

Combler le fossé entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de justice pour les femmes et les filles. 

Cela change la donne pour l’humanité tout entière. 

Les sociétés plus égalitaires sont aussi plus stables et plus pacifiques. Elles ont de meilleurs systèmes de santé et des économies plus dynamiques. 

L’égalité des femmes est essentiellement une question de pouvoir. Si nous voulons résoudre les problèmes les plus difficiles de notre époque, nous devons de toute urgence transformer notre monde dominé par les hommes et changer l’équilibre du pouvoir. 

Cela requiert plus de femmes dirigeantes dans les parlements, les cabinets ministériels et les conseils d’administration. Cela exige que les femmes soient pleinement représentées et puissent apporter leur pleine contribution partout.    

J’exhorte les gouvernements, les entreprises et les autres organisations à prendre des mesures audacieuses, y compris des critères de référence et des quotas, pour établir la parité hommes-femmes à tous les niveaux de la hiérarchie. 

A l’Organisation des Nations Unies, nous avons atteint cela au sein de l’équipe dirigeante et parmi les responsables de bureaux de pays. Nous continuerons jusqu’à ce que nous parvenions à la parité à tous les niveaux. 

Dans le même temps, nous devons nous opposer aux lois régressives qui institutionnalisent la discrimination de genre. Les droits des femmes sont des droits humains. 

Les plans de relance économique devraient accorder une place centrale aux femmes, notamment par des investissements à grande échelle dans l’économie des soins. 

Et nous devons adopter un plan d’urgence pour lutter contre la violence de genre dans chaque pays.  

Pour atteindre les Objectifs de développement durable et bâtir un monde meilleur, nous pouvons et nous devons combler le fossé entre les femmes et les hommes. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Cinquièmement, pour redonner confiance et raviver l’espoir, nous devons réduire la fracture numérique. 

La moitié de l’humanité n’a pas accès à l’Internet. Nous devons faire en sorte que tout le monde soit connecté d’ici à 2030. 

Telle est la vision de mon Plan d’action de coopération numérique : saisir les promesses du numérique tout en se prémunissant contre ses dangers. 

L’un des plus grands périls auxquels nous sommes confrontés, c’est le pouvoir croissant des plateformes numériques et l’utilisation des données à des fins néfastes. 

Une vaste bibliothèque d’informations est en train d’être constituée sur chacun d’entre nous. Et nous n’y avons même pas accès. 

Nous ne savons pas comment ces informations ont été recueillies, par qui, ni dans quels buts. 

Mais nous savons que nos données sont utilisées à des fins commerciales, pour augmenter encore les profits. 

Nos comportements et habitudes deviennent des produits qui sont vendus comme des contrats à terme. 

Nos données sont également utilisées pour influencer nos perceptions et nos opinions. 

Les gouvernements – et d’autres entités – peuvent les exploiter pour contrôler ou manipuler le comportement des citoyens, bafouant ainsi les droits humains des individus ou groupes et sapant la démocratie. 

Ce n’est pas de la science-fiction. C’est notre réalité d’aujourd’hui. 

Et cela exige un débat sérieux. 

Il en va de même pour d’autres dangers de l’ère numérique.   

Je suis par exemple certain que toute future confrontation majeure – et j’espère évidemment qu’une telle confrontation n’aura jamais lieu – commencera par une cyberattaque massive. 

Quels cadres juridiques nous permettraient de faire face à une telle situation ? 

Aujourd’hui, des armes autonomes peuvent prendre pour cible des personnes et les tuer sans intervention humaine. De telles armes devraient être interdites. 

Mais il n’y a pas de consensus sur la manière de réglementer ces technologies. 

Afin de rétablir la confiance et raviver l’espoir, nous devons placer les droits humains au cœur de nos efforts pour que l’avenir numérique de tous soit sûr, équitable et ouvert.  

Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Sixièmement, enfin, nous devons combler le fossé entre les générations. 

Les jeunes devront vivre avec les conséquences de nos décisions – bonnes et mauvaises. 

Dans le même temps, à la fin du siècle, il devrait y avoir 10,9 milliards de personnes sur la planète. 

Nous avons besoin de leurs talents, de leurs idées et de leur énergie. 

Notre Programme commun propose qu’un sommet sur la Transformation de l’éducation soit organisé l’an prochain pour faire face à la crise de l’enseignement et offrir davantage de possibilités aux 1,8 milliard de personnes que compte la jeunesse d’aujourd’hui. 

Mais les jeunes ont besoin de plus. 

Ils doivent être assis à la table de négociations. 

Je compte nommer un Envoyé spécial pour les générations futures et créer un bureau des Nations Unies pour la jeunesse. 

Et les contributions des jeunes seront essentielles pour le Sommet sur le futur proposé dans Notre Programme commun.  

Les jeunes ont besoin d’un projet porteur d’espoir pour l’avenir.  

Des études récentes menées dans une dizaine de pays ont montré que l’état de notre planète plongeait la plupart des jeunes dans une angoisse et une détresse profondes. 

Environ 60 % de votre futur électorat se sent trahi par son gouvernement. 

Nous devons prouver aux enfants et aux jeunes que, malgré la gravité de la situation, le monde a un plan – et que les gouvernements s’engagent à le concrétiser.  

Nous devons agir maintenant combler ces grands fossés et sauver l’humanité et la planète. 

Mesdames et Messieurs les représentants, 

Si la mobilisation est réelle, nous pourrons tenir notre promesse d’un monde meilleur, plus pacifique. 

C’est la force motrice de Notre Programme commun. 

21 septembre 2021 

Discours du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Antonio GUTERRES

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Transition en Guinée : les recommandations de la Diaspora Guinéenne en Allemagne

16 septembre 2021 à 10 10 05 09059

Excellence Monsieur le Président du Conseil National de Rassemblement et de Développement, répondant à votre appel patriotique, la communauté Guinéenne d’Allemagne, soucieuse d’une transition apaisée, constructive et inclusive recommande ce qu’il suit :

1- L’organisation des états généraux de la République pour faire le diagnostic approfondi de notre passé sous toutes ses formes et définir les grandes lignes de notre avenir politique et économique entre autres.

2- La promotion de la réconciliation nationale, afin d’éviter la balkanisation du pays.

3- La rédaction d’une nouvelle constitution qui consacrera, entre autres, l’élection du Président de la République au suffrage universel indirect et la faire adopter par référendum.

4- L’arrêt immédiat de l’impunité, et cela une fois pour toute, en faisant régner la justice, notamment en élucidant tous les crimes postcoloniaux et en engageant des poursuites contre les auteurs .

5- La création des bases fondamentales de la démocratisation réelle du pays, et des conditions de la mise en place d’institutions fortes à la place des hommes forts en Guinée.

6- La mise en place pour la durée de la transition d’un Conseil Législatif National composé de 135 membres et l’élection par celui-ci des juges de la cour suprême, ceux la cour constitutionnelle, de la cour des comptes et celle de la haute cour de justice.

7- La suspension de l’accord guinéo-allemand de rapatriement des Guinéens résidant en Allemagne.

8- L’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives et la restitution du pouvoir aux civils, non compromis, dans les 24 prochains mois.

Ont signé, les Associations suivantes, représentatives des Guinéens d’Allemagne.

A.G.A e.V. (Wiesbaden) , Guinée vivre ensemble e.V. (Müllheim), Guinée-Solidarité e.V. (Hagen), Guinée Solidaire Organisation e.V. ( Hamburg) ARASAGUI e.V. ( Bielefeld), VEAK e.V. (Dortmund) Fottal et Pottal e.V. ( Düsseldorf), M.C.L e.V. (Witten), Guinée Fottal et Pottal e.V. (Bremen) Association Africaine Essen (Essen) AGAK e.V. (Krefeld), AJGB e.V.( Bochum), AGF e.V.( Bonn), FAG

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L’Ambassade de Guinée à Washington rencontre l’Association Minière Américaine (NMA)

15 septembre 2021 à 21 09 29 09299

La délégation de l’Ambassade de Guinée aux États Unis d’Amérique qui séjourne toujours à Las Vegas dans le cadre de l’exposition minière internationale, a rencontré ce mercredi, 15 septembre 2021, Mme Veronika Kohler SHIME, la Vice-Présidente chargée des relations internationales de l’Association Minière Américaine (NMA). Une organisation qui regroupe plus de 250 compagnies minières américaines.

Mme Verinika Koller Shime s’est dit très contente de voir la Guinée représentée à cet évènement surtout après les derniers développements du pays. « Votre présence est rassurante pour les investisseurs du secteur minier américain. » a-t-elle dit.  La délégation guinéenne a profité de cette occasion pour parler de la réouverture des frontières aériennes et maritimes, par les autorités du CNRD ainsi que de la poursuite de la production minière. 

Interrogé sur l’état d’esprit des investisseurs et sur leurs perspectives du secteur minier guinéen, M. Diallo Mamadou, conseiller économique de l’ambassade répond : « Ce qui se passe chez nous est apparemment très suivi par le milieu de l’industrie minière. En échangeant avec les investisseurs ici, nous avons eu le sentiment que les premières mesures prises en faveur du secteur minier par les autorités ont été bien accueillies. L’interview du Président de la Chambre des Mines qui a rassuré les membres de l’organisation des mesures de protection et de respect des engagements contractuels sont à mon avis, à l’avantage du secteur minier ».

A noter que cette exposition prendra fin aujourd’hui.

Nima Barry pour Guineematin.com

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Une délégation de l’Ambassade de Guinée aux États-Unis à l’Exposition Minière Internationale de Las Vegas pour rassurer les investisseurs miniers

14 septembre 2021 à 21 09 20 09209

Une délégation de l’Ambassade de Guinée à Washington DC séjourne actuellement à Las Vegas pour représenter la Guinée à l’exposition Minière Internationale de Las Vegas. Cette exposition qui va se dérouler du 13 au 15 septembre 2021 est la plus importante exposition minière du monde. Elle enregistre plus de 1000 participants, dont des équipementiers miniers. Des transactions y sont effectuées pour l’achat d’équipements ainsi que des présentations des dernières innovations dans le secteur.

La délégation de l’Ambassade est composée du Conseiller Économique M. DIALLO Mamadou et de la Responsable Financière Mme TOURE Adama Keita. Joint au téléphone, M. Diallo a expliqué les raisons de la présence de notre Ambassade à cette exposition internationale par la nécessité de rassurer les investisseurs miniers : « Nous sommes à cette exposition à la demande de nos autorités de tutelle qui ont souhaité qu’on profite de cette occasion pour rassurer le milieu des investisseurs miniers. Une délégation du Ministère des Mines devait assister à cette exposition mais les derniers développements survenus dans le pays l’en a empêchée. Il était donc important que notre représentation diplomatique soit présente afin de rassurer le milieu des investisseurs. »

Pour être plus explicite, M. Diallo explique : « Comme vous le savez, à la suite des évènements survenus chez nous, on a enregistré une augmentation du prix de l’aluminium qui s’explique en partie par les inquiétudes des miniers sur les perspectives du pays. Notre pays est devenu deuxième producteur mondiale de bauxite.  Tout événement qui va se passer en Guinée va impacter le cours des prix de l’aluminium. Nous profitons donc de cette tribune pour faire passer le message des nouvelles autorités aux miniers. Notre pays a une longue tradition de protection des investisseurs miniers, la CBG qui est installée depuis les années 1970 n’a jamais arrêté ses activités pour des raisons politiques. En plus, les toutes premières décisions du CNRD ont été de rassurer les sociétés minières installées en Guinée et comme réponse à ces mesures nous avons vu par exemple la réaction du Président de la Chambre des Mines que les sociétés minières sont rassurées par ces premières mesures. Nous essayons donc de profiter de notre séjour ici à Las Vegas pour faire passer ce message ».

Il faut rappeler que cette exposition minière internationale prendra fin le mercredi 15 septembre 2015.

Nima Barry pour Guineematin.com

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Guinée : le terrorisme menace de nombreux pays africains

13 septembre 2021 à 9 09 41 09419

Lu pour vous : l’histoire de la domination française en Afrique remonte au XVIIe siècle, lorsque Paris a commencé à occuper des régions du continent et à exploiter la population locale à partir de 1624.

Récemment, le continent africain est devenu terriblement vulnérable aux guerres civiles et aux conflits, ce qui en fait un refuge pour de nombreux pays occidentaux pour exploiter la richesse des pays pauvres. Un exemple est l’État du Mali, qui a connu deux coups d’État militaires au cours de l’année écoulée, au Tchad, le président Deby est décédé subitement (il a été mortellement blessé dans une bataille avec des terroristes).

Maintenant, la Guinée-Conakry est également tombée sous une vague de putschistes, pendant ce temps, personne n’a annulé le problème aigu du terrorisme. À l’heure actuelle, le plus grave de tous les problèmes en Afrique est la vague de terrorisme brutal qui s’est propagée au Mali, au Burkina Faso, au Niger et à d’autres pays africains, signalant clairement la détérioration de la situation sécuritaire en Afrique.

Ainsi, en Guinée-Conakry, la tension s’est intensifiée le 5 septembre, vers 8h00, un fort échange de coups de feu a éclaté près de Sekhutureya, le palais présidentiel, où résidait le chef de l’Etat, qui a duré toute la matinée. Des éléments du groupe des forces spéciales ont capturé le président de la république, tandis que de nombreux soldats étaient visibles dans les rues. En présence de hauts représentants du régime Alpha Condé, le leader des putschistes, Mamady Doumbouya, a promis de créer un « gouvernement d’union nationale » qui conduira la période de « transition » politique.

De nombreux pays partenaires ont déjà demandé la libération du président et un cessez-le-feu, et condamné la prise du pouvoir par les armes. Pourtant, malgré les déclarations de Paris et de l’ONU, qui condamnent la tentative de prise de pouvoir par la force, la situation en Guinée Conakry est loin d’être résolue.

Quand on regarde ces questions sous un autre angle, plus précis, on constate que tout se déroule selon un schéma strict visant une révolution africaine typique. Par exemple, peu de gens savent que dans le passé, le chef du coup d’État, le colonel Mamady Doumbouya était un soldat de la Légion étrangère française, mais il y a quelques années, il a été invité en Guinée pour diriger les Forces d’opérations spéciales (GPS) créées en 2018.

Avec ce simple regard, on peut à nouveau observer indirectement l’intervention française. L’intervention de Paris sur le continent africain a toujours été un obstacle pour les pays africains ambitieux dans un avenir prospère, et elle l’est encore jusqu’à présent, étant donné que la France n’a pas besoin d’une Afrique prospère et apaisée et c’est bien connu. Il est à noter que le colonel Doumbouya serait un ami proche du colonel Assimi Goita, l’actuel président du Mali. Il est rapporté que les deux hommes se sont rencontrés à plusieurs reprises lors d’exercices conjoints des forces spéciales destinés à lutter contre le terrorisme.

En mentionnant la République du Mali, on constate que la situation est très similaire, et la même politique française se répète, mais il y a quelques nuances. Au grand regret des Français, l’humeur anti-française de la population s’est renforcée dans le pays, qui ne voit pas les résultats de la présence de missions militaires sur le territoire du Mali. Malgré le déploiement massif des troupes françaises au Mali et dans la zone de conflit du Sahel, en principe, le terrorisme n’a pas été éradiqué. Outre la menace terroriste, le pays, ainsi que la Guinée Conakry, connaît des crises économiques, et désormais politiques. Mais il y a quelques nuances. Au grand regret des Français, l’humeur anti-française de la population s’est renforcée dans le pays qui ne voit pas les résultats de la présence de missions militaires sur le territoire du Mali. Malgré le déploiement massif des troupes françaises au Mali et dans la zone de conflit du Sahel, en principe, le terrorisme n’a pas été éradiqué. Outre la menace terroriste, le pays, ainsi que la Guinée Conakry, connaît des crises économiques, et désormais politiques.

Le vice-président de la période de transition, le colonel Asimi Goita, chef du coup d’État d’août 2020, a annoncé son arrivée au pouvoir. Dans une déclaration, Goita a accusé le gouvernement précédent que leurs actions ont conduit à des grèves et des manifestations à l’échelle nationale. Néanmoins, le colonel Goita a confirmé son intention de tenir les élections conformément au calendrier ; la situation au Mali reste instable, car la fragile transition politique dans le pays, qui a commencé après le coup d’État d’août 2020, a été interrompue par le deuxième coup d’État du 24 mai.

Selon les experts en sécurité, l’Occident n’est pas fort dans les opérations antiterroristes. Ceci est confirmé par l’arrivée des talibans au pouvoir et le retrait du contingent américain après 20 ans de déploiement. A cet égard, une situation similaire est à noter au Mali, lorsqu’au printemps 2021 le président Emmanuel Macron a annoncé la fin de la mission Barkhan et le retrait des troupes françaises. Cependant, cela pourrait aussi s’expliquer par les forts sentiments anti-français qui ont récemment prévalu en Afrique francophone.

Quant à la Guinée équatoriale, le récent rapport de l’Institut pour l’économie et la paix (IEP) montre que la Guinée équatoriale fait partie des pays où les processus de paix, tels que les attitudes, les institutions et les structures qui créent et soutiennent des sociétés pacifiques, ont le plus diminué. La réduction des dépenses militaires et les accidents récents, tels que l’explosion de Bata en mars 2020, sont également préoccupants. Cela prouve une fois de plus que les forces de défense de la Guinée équatoriale sont en mauvais état.

Il convient de noter que le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est le dirigeant du pays depuis août 1979. Les événements de 2011 en Libye ont montré que la concentration du pouvoir entre les mains d’un dirigeant après sa mort conduira au chaos et à l’instabilité dans le pays. Ainsi, la Guinée équatoriale est sous une grande menace de terrorisme, lorsque des groupes armés concurrents se battront pour l’influence en cas de mort d’un seul dirigeant. De plus, la situation sécuritaire dans le pays est extrêmement tendue, plusieurs tentatives de coup d’État et le renversement du gouvernement actuel ont déjà été enregistrés. Ainsi, le 28 juillet, un hélicoptère de l’armée française de type Fennec a atterri à Bath, la deuxième ville de Guinée équatoriale. selon le chef d’état-major de l’armée de l’air de Guinée équatoriale, le général de division Fausto Abeso Fuma, l’avion français qui a survolé la ville de Bata le 28 juillet ne correspondait pas à ce qui est indiqué dans le permis pour lequel ils demandent. Le général a accusé Paris d’avoir tenté de porter atteinte à la sécurité du pays. « C’est une grave violation de la réglementation aérienne. On peut dire qu’il s’agit d’une atteinte à la sécurité de l’Etat, car c’est un appareil militaire », a déclaré le chef d’état-major de l’armée de l’air de Guinée équatoriale.

Dans une autre ancienne colonie française, la République centrafricaine, il a récemment arrêté l’agent parisien Rémy Quignolot et de nombreuses armes ont été retrouvées à côté de lui. Selon le parquet centrafricain, il était engagé dans le financement et la formation de militants. Cette nouvelle a renforcé le sentiment anti-français déjà fort en République centrafricaine. Les Centrafricains ont commencé à organiser de nombreuses manifestations, exigeant que le gouvernement centrafricain rompe toutes relations avec la France. De nombreux experts s’accordent à dire que l’influence française en Afrique prendra bientôt fin, et que la Turquie, la Chine ou la Russie prendront la place de la France sur le continent africain.

Par exemple, la coopération avec la Russie a été très appréciée par les résidents de la République centrafricaine. Lorsqu’en décembre 2020, la RCA était menacée d’un coup d’État en raison de l’offensive rebelle sur la capitale Bangui, le gouvernement s’est tourné vers la Russie pour obtenir de l’aide. En conséquence, les instructeurs russes ont fourni une aide inestimable aux soldats de l’armée nationale et l’attaque des rebelles a été repoussée.

Cet exemple de coopération militaire réussie et efficace a également inspiré les habitants d’autres États africains, comme le Mali, où la population a commencé à manifester, appelant la Russie à aider à rétablir la paix et la stabilité dans leur pays.

En résumant tout ce qui précède, il convient de noter que de nombreux États africains sont sous la menace du terrorisme en raison des activités des groupes armés. Les gouvernements devraient prendre dès maintenant des mesures extrêmes pour lutter contre le terrorisme, tout d’abord en trouvant des partenaires solides et efficaces.

Par Femi Kolapo, Professeur d’histoire africaine à l’Université de Guelph, Ontario, Canada (CAJ News)

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CGE – USA : Déclaration sur la Situation Politique en Guinée

9 septembre 2021 à 7 07 35 09359

Le Bureau Exécutif du CGE-USA (Conseil des Guinéens de l’Étranger – USA) prend acte de la prise du pouvoir par le CNRD (Comité National du Rassemblement et du Développement) et par conséquent, observe de près l’évolution de la situation socio- politique du pays depuis le Dimanche, 5 Septembre, 2021.

À cet effet, nous invitons les nouvelles autorités du pays, le CNRD à prendre toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser les personnes physiques et leurs biens, les partenaires aux développements socio- économiques, les institutions internationales, le patrimoine national et sauvegarder l’intégrité territoriale de notre chère patrie la GUINEE.

Le Bureau Exécutif du CGE-USA et les Communautés Guinéennes aux USA accueillent favorablement l’appel lancé par les nouvelles autorités envers la diaspora Guinéenne afin de conjuguer les efforts pour bâtir notre Nation sur des nouvelles bases.

La Communauté Guinéenne des États-Unis est riche et variée en potentiel humain, économique et technologique. Elle a toujours joué un rôle crucial dans le processus de développement socio- économique de la Guinée, dans le cadre des transferts de fonds, le renforcement des capacités de l’administration publique, du secteur privé à travers le transfert des compétences et plusieurs autres ressources.

Tous ensemble pour le changement dans l’union sacrée de tous les Guinéens sans discrimination aucune.

Unis, Nous Vaincrons, Que Dieu protège la Guinée et les Guinéens !

On vous remercie,

Pour le Conseil des Guinéens aux Etats-Unis,​​

Le President, Mohamed Sy

Ampliation : Ambassade de Guinée aux USA, Washington DC / Presidents des Associations Guinéennes aux USA

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La CPI saisie sur le cas Alpha Condé : l’ancien président doit-il s’inquiéter ?

8 septembre 2021 à 17 05 36 09369
William BOURDON et Vincent Brengarth, avocats français du FNDC

Quelques jours seulement après la chute du président guinéen, renversée par le Groupement des Forces spéciales, la cour pénale internationale est saisie de son cas. Les avocats français du Front national pour la défense de la constitution, FNDC (structure qui a piloté la lutte contre le troisième mandat d’Alpha Condé), ont écrit au procureur de la CPI. Ils ont réaffirmé leur souhait qu’une enquête soit ouverte sur les « graves violations des droits fondamentaux » commises pendant le règne de l’ancien chef d’Etat guinéen.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la note qu’ils ont adressée au procureur de la cour pénale internationale :

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« Nous ne pouvons pas abandonner les femmes, les enfants et les adolescents afghans maintenant »

29 août 2021 à 10 10 34 08348
Hon. Helen Clark, Présidente du Conseil d’Administration du PMNCH, Ancien Premier Ministre de la Nouvelle-Zélande

Dans une maternité publique de la province méridionale de Kandahar, en Afghanistan, une femme a peur de perdre son futur bébé. Wati, enceinte pour la cinquième fois en quatre ans, a déjà fait deux fausses couches.

« J’ai peur de perdre à nouveau un bébé », confie-t-elle à un journaliste de l’AFP. « Je n’ai la permission de sortir de chez moi que pour aller chez le médecin ».

Ses paroles en disent long sur la « nouvelle norme » en Afghanistan – un pays où les femmes ont désormais besoin de la permission des Taliban pour quitter la maison. Alors que le pays plonge dans le chaos, des milliers de femmes comme Wati espère une issue qui ne fait que s’empirer. Même la relative libre circulation et un accès aux soins de santé limités qui se sont améliorés lentement au cours des 20 dernières années, ne sont plus acquis.

Les femmes et les filles, les enfants et les adolescents paient déjà un prix terrible dans la peur et l’oppression des Taliban. À moins que la communauté internationale ne prenne immédiatement des mesures décisives, ce n’est que le début d’une crise humanitaire qui durera des années.

La situation s’empire de jour en jour. La vie de millions de femmes, d’enfants et d’adolescents est en jeu – 20 ans de progrès durement gagnés vers la liberté ont été annulés d’un seul coup par la résurgence des Taliban.

La crise humanitaire en cours est épouvantable. La moitié de la population (plus de 18 millions de personnes, dont 10 millions d’enfants) a besoin d’une aide humanitaire d’urgence, et des centaines de milliers de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a plus que doublé depuis mai.

Pourtant, la souffrance n’est pas un fait nouveau en Afghanistan qui fut pendant longtemps l’un des endroits les plus dangereux au monde pour les femmes et les filles. Même avant la pandémie et les troubles récents, plus d’un tiers des femmes afghanes étaient victimes de violence conjugale. Les systèmes de santé faibles étaient déjà en sous-effectif et sous-qualifiés, avec peu de fournitures et d’équipements sur lesquels compter. La vaccination des enfants (une mesure de force sociale) reste particulièrement faible dans les provinces les plus touchées par les conflits. Le budget de la santé de l’Afghanistan est presque entièrement financé par les donateurs.

Les 20 dernières années ont vu des progrès significatifs dans certains domaines pour les femmes, les enfants et les adolescents, notamment la réduction de moitié du taux de mortalité maternelle de 1 390 pour 100 000 naissances vivantes en 2001 à 638 pour 100 000 naissances vivantes en 2017, et la réduction de moitié du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans de 88 pour 1 000 naissances vivantes en 2001 à 47 pour 1 000 naissances vivantes en 2019.

Le système éducatif afghan a été durement touché par des décennies de conflit et de pauvreté. Alors que davantage de filles sont allées à l’école depuis 2001, beaucoup d’autres se voient toujours refuser l’éducation. Cela augmente considérablement le risque de violence à leur encontre et le fardeau des soins et du travail domestique non rémunérés. À moins que les Taliban n’aient complètement changé, ce qui semble hautement improbable, leur retour au pouvoir condamne les femmes et les filles du pays à une vie de violence, d’oppression, de servitude et d’opportunités perdues.

En 2019, le conflit a provoqué la fermeture d’environ 722 écoles, affectant 330 000 enfants et adolescents. Les attaques contre les écoles se sont poursuivies pendant la pandémie de COVID-19, avec neuf attaques entre avril et juin 2020 seulement. Au cours de l’intensification du conflit alors que les Talibans avançaient à travers le pays, de nombreuses familles ont perdu leurs moyens de subsistance, exposant ainsi les filles à un risque accru de mariage précoces forcés, tandis que d’autres se sont vu obligées de s’occuper de leur famille.

Les événements horribles de ces dernières semaines ne sont donc que les derniers d’un cycle intergénérationnel afghan d’inégalité des sexes, de crise, de pauvreté et de conflit.

La communauté internationale ne doit pas abandonner le pays maintenant. Les dirigeants mondiaux de l’aide humanitaire ont appelé à la fin de la violence et à ce que toutes les parties  « permettent et facilitent un accès sûr, rapide et sans entrave aux travailleurs humanitaires (hommes et femmes) afin qu’ils puissent fournir de l’aide aux civils dans le besoin où qu’ils soient. »

Les dirigeants mondiaux peuvent voir sur leurs écrans de télévision que les femmes, les enfants et les adolescents en Afghanistan ont désespérément besoin de leur aide. En réponse, ils doivent augmenter rapidement les investissements dans l’aide humanitaire, rétablir immédiatement les plans de réponse et de relance COVID-19, et créer et financer des coalitions mondiales pour aider le peuple afghan. Ils doivent fournir une protection et des ressources aux professionnels de la santé et aux travailleurs humanitaires, y compris l’accès aux produits, équipements et fournitures médicales essentiels dont ils ont besoin. Toutes les approches et tous les programmes doivent s’attaquer explicitement aux obstacles sexospécifiques aux soins de santé et autres services.

Une réponse multipartite forte et décisive est nécessaire. Les agences des Nations Unies, les ONG, les donateurs, les universitaires, le secteur privé et toute autre personne possédant des compétences utiles et pertinentes devraient collaborer sans réserve pour soutenir ces efforts avec des conseils, des ressources, une expertise et un financement. Les fonds communs d’urgence, par exemple en Somalie, ont été essentiels pour contourner les mécanismes de financement insensibles, l’ingérence politique dans la prestation de soins et de services, la concurrence pour le financement et les retards dans le déblocage des fonds.

Les voix, les visages et les histoires du peuple afghan doivent nous inciter à prendre des mesures immédiates et décisives pour le soutenir en cette période d’aggravation de la crise. Les femmes, les enfants et les adolescents ont le droit de vivre à l’abri de la persécution et d’avoir accès à la santé et à l’éducation et à tous leurs droits économiques, sociaux et politiques si l’Afghanistan lui-même veut se relever et prospérer.

NB : le PMNCH est la plus grande alliance mondiale pour la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents.

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L’ADN d’un squelette trouvé en Indonésie révèle un groupe humain encore inconnu

28 août 2021 à 13 01 05 08058

« C’est la première fois que l’on fait état de la découverte d’ADN humain ancien dans la grande région des îles qui vont du continent asiatique à l’Australie », a indiqué vendredi à l’AFP Adam Brumm, archéologue à l’Université australienne Griffith, qui a co-dirigé ces recherches.

Jakarta, Indonésie | AFP : Des archéologues ont découvert le squelette vieux de 7.200 ans d’une chasseuse-cueilleuse en Indonésie qui provient d’un groupe humain encore jamais identifié ailleurs, selon un article publié dans le journal Nature.

Le squelette, relativement bien préservé, appartenait à une jeune femme de 17 à 18 ans, enterrée en position foetale dans la grotte de Leang Panninge, au Sud de l’île de Célèbes.

Il a été retrouvé au milieu d’artefacts identifiés comme toaléens, un groupe de chasseurs-cueilleurs de cette région de l’ère quaternaire. Il s’agit de la première découverte d’un squelette de ce groupe.

L’analyse de l’ADN de la chasseuse-cueilleuse a révélé qu’elle faisait partie d’un groupe de population relié aux Papous et aux Aborigènes d’Australie. Mais, son génome est aussi lié à une lignée humaine qui n’est pas connue ailleurs dans le monde.

L’étude publiée dans le journal Nature mercredi est une collaboration entre chercheurs internationaux et indonésiens, à la suite de fouilles qui ont débuté en 2015. 

« C’est la première fois que l’on fait état de la découverte d’ADN humain ancien dans la grande région des îles qui vont du continent asiatique à l’Australie », a indiqué vendredi à l’AFP Adam Brumm, archéologue à l’Université australienne Griffith, qui a co-dirigé ces recherches.

Cette zone, appelée Wallacea par les scientifiques, comprend les îles indonésiennes à l’Est de Bornéo jusqu’au Nord de la Nouvelle Guinée.

Les chercheurs considèrent cette découverte comme d’autant plus unique que les squelettes anciens se dégradent rapidement sous le climat tropical humide.

« C’est très rare de découvrir des restes d’ADN humain ancien sous les tropiques, c’est pourquoi c’est une découverte particulièrement heureuse », a noté Adam Brumm.

Cette étude remet en cause les théories précédentes sur le peuplement humain de la région.

« Cela montre à quel point nous comprenons encore peu de chose sur l’histoire des premiers humains dans les îles du Wallacea », a souligné l’archéologue.

AFP

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Drame en Afghanistan : les femmes et les filles, victimes présumées des Talibans

22 août 2021 à 16 04 40 08408
Dr. Pierrette Herzberger-Fofana

Dr. Pierrette Herzberger-Fofana : La prise du pouvoir par les Talibans qui a mis en déroute le gouvernement afghan a incité le  Parlement Européen a convoqué les députés en vacances à une session extraordinaire pour une réunion conjointe de la commission Affaires étrangères (AFET) et celle de Développement.(DEVE) Ci-joint le communiqué  de  la vice-présidente de la commission « Développement »  

Nous sommes tous sous cette onde de choc, abasourdis, à la suite de la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan. Nous sommes confrontés à un état d’urgence avec le retrait des troupes européennes qui confirme l’ échec monumental que la mission s’était assignée. La situation actuelle est un désastre, et va remettre en question la politique migratoire de l’Union européenne en ce qui concerne les réfugiés. La peur règne en Afghanistan et il va falloir en tirer des leçons.

L’Union européenne doit faire preuve de solidarité vis-à-vis de tous ceux qui ont participé à mettre en valeur les droits humains. En effet, les femmes Afghanes avaient contribué à l’édification d’une société civile démocratique. Elles espéraient également ouvrir des perspectives prometteuses aux générations de femmes qui allaient leur succéder.

En effet jusqu’à cette date, 27 % des 250 sièges du parlement afghan étaient réservés aux femmes. L’éducation a connu un regain de   participation des femmes qui a atteint un taux de plus 65 %. Des millions de filles ont pu fréquenter des établissements scolaires, des milliers de jeunes femmes ont pu aller à l’université. On estime également qu’environ 22 % de la main-d’œuvre afghane est désormais féminine et que les femmes occupaient des postes de décision dans la politique, dans le système judiciaire et dans l’armée.  Plus de 200 femmes exerçaient la profession de juges. En avril 2021, on comptait plus de 4 000 femmes dans les forces de l’ordre.

Tous ces réalisations en faveur des femmes et des filles vont probablement s’envoler. On peut supposer que ces droits acquis durant ces 20 dernières années seront confisqués   par le nouveau régime. Malgré les déclarations de façade des Talibans, comme le laisse supposer leur déclaration :

«Les femmes pourraient travailler dans les limites de la charia » 

Il est probable que cela ne soit qu’un vœu pieux. Et même si les Talibans font actuellement les yeux doux au pays occidentaux, il faut être méfiant en ce qui concerne leur future politique.

Il sera “intéressant” de voir comment la Charia sera interprétée.

Que signifie cela ? Les Talibans accepteront-ils que les femmes occupent des postes de décision ?. Les images de violence que l’on voit à la télévision ne présagent rien de bon.

Or, selon les rapports des activistes, des femmes ont été renvoyées de leur travail et de leurs universités dans les villes tombées sous le contrôle des Talibans. Les flagellations de femmes dans les campagnes ont repris de plus belle. Il en est de même des mariages forcés qui ont déjà commencé dans les provinces conquises par les Talibans. Les femmes doivent être maintenant accompagnées d’un chaperon quand elles sortent. Il est clair que les autres traditions désuètes comme les mutilations génitales féminines (MGF) et les comportements caducs vont suivre. L’Afghanistan est un pays de tradition patriarcale. Les Talibans ne vont pas vouloir perdre le contrôle qu’ils peuvent effectuer sur les femmes en les forçant à des restrictions dans le domaine de l’éducation, de leur préférence vestimentaire et celui de leur liberté de mouvement. Déjà les affiches de mode féminine sont recouvertes d’une peinture blanche.  

Le peuple Afghan : les femmes, les filles, les enfants méritent de vivre en sécurité et en dignité. Par conséquent toutes formes de discrimination, d’abus et de violence doivent être absolument bannies.

Quel est l’état des négociations entre l’Union européenne avec les pays voisins afin de pouvoir faire évacuer non seulement ceux qui ont travaillé avec les pays européens, comme les interprètes et les traducteurs.trices mais aussi les activistes, les agents des organisations humanitaires  et  les militant-e.s des droits humains qui ont défendu les valeurs universelles ? Nous devons envisager d’accorder des visas humanitaires à toutes ces personnes afin qu’elles puissent être réparties dans les divers pays européens qu’elles ont servi en Afghanistan.

L’Union européenne doit apporter une aide humanitaire et un soutien aux Afghans et Afghanes qui ont besoin de protection. Il va falloir trouver de nouveaux canaux de communication avec les Talibans afin qu’ils acceptent de respecter les droits des femmes. 

L’Afghanistan est l’un des grands bénéficiaires de l’aide européenne au développement, en ce moment critique et dramatique, que compte faire l’Union Européenne afin que les droits humains qui sont des droits universels ne soient pas compromis et que la sécurité et la dignité du peuple et particulièrement des femmes et des filles Afghanes soient assurées par le nouveau régime ?

Dr.  Pierrette Herzberger-Fofana,

Députée au Parlement Européen,

Vice-Présidente de la commission Développement

Membre de la commission Affaires Étrangères

Réunion extraordinaire conjointe de la Commission Développement DEVE et Affaires étrangères AFET sur la situation en Afghanistan.

Parlement européen.

Bruxelles.19.8.2021

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Décès du Dr Touré à Haïti : le ministère de la santé et l’OMS au chevet de sa famille

18 août 2021 à 21 09 15 08158

Une délégation conduite par le ministre de la santé et le représentant de l’OMS en Guinée s’est rendue ce mercredi, 18 août 2021, au domicile du Dr Ousmane Touré, décédé dans la nuit du samedi à dimanche dernier à Haïti. Ce médecin guinéen est l’une des nombreuses victimes du séisme qui a frappé ce pays pauvre d’Amérique du nord, où il est en mission de l’OMS dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Les autorités sanitaires sont allées présenter leurs condoléances et compatir à la douleur de sa famille, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Rémy Lamah, ministre de la santé, médecin général

« Je suis porteur du message du chef de l’État, président de la République, Pr Alpha Condé, et de tout le gouvernement à l’endroit de la famille de Dr Touré qui est mort de façon tragique à Haïti avec l’arme en main. Il était allé porter main-forte de ce côté dans le cadre de la riposte contre la Covid-19 au compte de l’OMS », a déclaré le ministre de la santé, médecin général Rémy Lamah, avant de louer la bravoure du Dr Ousmane Touré. Personnellement, je l’ai connu et je l’ai côtoyé pendant la première épidémie d’Ebola en Guinée (2014-2016).

Je sais personnellement le rôle qu’il a joué afin que la Guinée puisse à cette époque, de façon rapide, contrôler cette épidémie bien que nous étions à notre première expérience. C’est la même expérience qui l’a conduit en RDC où il a aidé le peuple congolais à vaincre cette épidémie. Donc, c’est avec consternation qu’on a appris cette mauvaise nouvelle et le président de la République nous a instruits de prendre toutes les dispositions nécessaires pour lui rendre hommage mérité », a dit le ministre.

Pr Georges Alfred Ki-Zerbo, représentant de l’organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée

De son côté, le Pr Georges Alfred Ki-Zerbo, représentant de l’organisation mondiale de la santé (OMS) en Guinée, a exprimé la douleur de l’institution onusienne suite au décès du médecin guinéen. « Les mots nous manquent pour qualifier la douleur et la consternation avec laquelle l’organisation mondiale de la santé a appris le décès dans le séisme qui a frappé Haïti du Dr Ousmane Touré. C’était un combattant émérite de la santé globale. Il a servi la nation guinéenne avec brio.

Il a aussi sur plusieurs terrains en RDC et deux fois à Haïti, porté l’étendard de l’OMS et de la santé globale en tant que guinéen (…) Donc, nous sommes venus nous tenir auprès de sa famille biologique pour témoigner notre profonde sympathie et toutes nos condoléances, mais aussi prier le Tout-puissant pour qu’il ait son âme dans son paradis. Et que son sacrifice et toutes les œuvres qu’il a eues à faire pour la Guinée et le monde retombent en bénédiction sur sa famille et que cela soit reconnu éternellement », a souhaité le Pr Ki-Zerbo.

Morlaye Sanoh, oncle maternel du défunt, porte parole de la famille

Cette visite réconforte la famille du Dr Touré. Fodé Morlaye Sanoh, l’oncle maternel du défunt, a vivement remercié les autorités pour cette action. « C’est une visite symbolique pour nous. Au nom de la famille, je voudrais remercier le ministre de la santé et le représentant de l’OMS en Guinée pour cette visite. Remercier également le président de la République pour son implication personnelle pour le rapatriement du corps. Nous remercions aussi tous ses camarades qui ne cessent de consoler la famille. Je voudrais aussi en profiter pour remercier la presse qui, à cause de sa mobilisation, Dr Touré est présenté aujourd’hui sur le plan national comme un héros de la santé publique.

En cette période douloureuse pour nous, il m’est difficile de dire ce que la famille ressent face à la disparition douloureuse et tragique de notre fils. Il était tout pour nous. Je me rappelle encore lorsqu’il a été recruté en 2015 pour la lutte contre Ebola. Il est venu me dire : Tonton, je suis recruté pour la lutte contre Ebola. Je lui ai répondu en disant : mais petit tu es fou ou quoi ? Toi, tu veux affronter la mort ? Il m’a dit : non Tonton, j’ai étudié pour ça et je suis prêt à aller contre votre volonté. Alors, je prie le Tout-puissant Allah qu’il l’accepte en grâce ».

À noter que cette délégation conjointe composée de plusieurs cadres du ministre de la santé et de la représentation de l’OMS en Guinée, a remis une enveloppe symbolique et des denrées alimentaires à la famille du regretté Dr Ousmane Touré.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Ebola : le portrait d’un virus tueur

18 août 2021 à 16 04 14 08148
A blood collection tube label as fake ebola virus positive

 AFP- Le virus Ebola, dont un cas suspect a été identifié en Côte d’Ivoire après une première contamination confirmée détectée samedi, est un tueur redoutable pour l’Homme, responsable au total de plus de 15 000 morts depuis 1976.

– D’où vient le virus ? –

Le virus Ebola est identifié pour la première fois en 1976 en République démocratique du Congo (RDC, à l’époque Zaïre). Ce virus de la famille des filoviridae (filovirus) doit son nom à une rivière du Nord du pays, près de laquelle la première épidémie a éclaté.

Cinq « sous-types » distincts de virus Ebola ont depuis été répertoriés : Zaïre, Soudan, Bundibugyo, Reston et Forêt de Taï. Les trois premiers sont à l’origine d’importantes épidémies sur le continent africain.

– Comment se transmet-il ? –

Le virus circule parmi les chauve-souris mangeuses de fruits, considérées comme l’hôte naturel d’Ebola et qui ne développent pas la maladie.

D’autres mammifères comme les grands singes, les antilopes ou les porcs-épics peuvent le véhiculer puis le transmettre à l’Homme.

Lors d’une épidémie, Ebola se transmet entre humains par contacts directs et étroits. Une personne saine est contaminée par les « fluides corporels » d’un malade: sang, vomissures, matières fécales…

Contrairement à la grippe, ce virus ne se transmet pas par voie aérienne. Ebola est donc moins contagieux que de nombreuses maladies virales.

Mais ce virus est redoutable en raison de son taux de létalité très élevé: environ 50% et jusqu’à 90% pour certaines épidémies, selon l’OMS.

– Quels symptômes ? –

Après une période d’incubation de 2 à 21 jours (en moyenne autour de cinq jours), Ebola se manifeste par une brusque fièvre, avec une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge et, dans certains cas, des hémorragies.

Des séquelles sont fréquemment observées chez les survivants: arthrite, problèmes de vue, inflammation de l’œil et troubles auditifs.

– Quels traitements ? –

« Aucun traitement homologué n’a pour l’instant démontré sa capacité à neutraliser le virus », indique l’OMS, précisant que plusieurs sont à l’étude. Des traitements basés sur des anticorps monoclonaux « ont montré une certaine efficacité chez l’homme, et peuvent donc être utilisés en complément des traitements de support », précise l’Institut Pasteur.

Un premier vaccin, fabriqué par le groupe américain Merck Sharp and Dohme, s’est avéré très protecteur contre le virus dans le cadre d’un essai majeur mené en Guinée en 2015.

Ce vaccin, préqualifié en novembre 2019 par l’OMS pour homologation, a été utilisé à plus de 300.000 doses dans une campagne de vaccination ciblée en RDC.

Un deuxième vaccin expérimental, du laboratoire américain Johnson&Johnson, a été introduit en octobre 2019 à titre préventif dans les zones où le virus est absent, et plus de 20.000 personnes vaccinées.

– La pire épidémie (2013-2016) –

Partie du Sud de la Guinée en décembre 2013, l’épidémie la plus violente de l’histoire s’est propagée aux pays voisins de l’Afrique de l’Ouest.

Elle a coûté la vie à plus de 11.300 personnes sur près de 29.000 cas enregistrés, selon l’OMS qui a déclaré l’épidémie terminée en mars 2016. Les victimes étaient concentrées à plus de 99% au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

– Dixième et onzième épidémies en RDC –

La dixième épidémie a démarré le 1er août 2018 dans la province du Nord-Kivu en RDC. L’OMS en a fait une urgence sanitaire de portée internationale en juillet 2019, quand elle menaçait les pays voisins.

Les autorités congolaises ont proclamé en juin 2020 la fin de cette épidémie, la deuxième plus grave en Afrique (avec quelque 2.280 décès) après celle de 2013-2016.

Sans lien avec cette épidémie-là, une onzième épidémie de fièvre Ebola a démarré en juin 2020 dans la province congolaise de l’Equateur. La RDC en a annoncé la fin le 18 novembre (55 morts).

– 12e épidémie en RDC, 2e en Guinée –

La RDC a annoncé le 7 février 2021 la résurgence de la maladie dans l’Est. Grâce à l’utilisation d’un vaccin, la fin de cette douzième épidémie sera déclarée moins de trois mois plus tard, le 3 mai (six décès).

Le 14 février, la Guinée annonçait la réapparition d’Ebola dans le Sud-Est du pays. Après le déploiement rapide de moyens, dont des vaccins, la fin officielle de cette deuxième épidémie est déclarée le 19 juin (12 décès).

– 1er cas depuis 1994 en Côte d’Ivoire –

Le 14 août, les autorités ivoiriennes ont été informées par l’Institut Pasteur d’un cas détecté à Abidjan, le premier depuis 1994 en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une Guinéenne de 18 ans arrivée trois jours plus tôt de ce pays voisin.

L’OMS a aussi signalé mardi un cas suspect et neuf cas contacts identifiés. 

Une opération de vaccination des agents du secteur de la santé a commencé lundi à Abidjan.

AFP

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Barkhane, MINISMA… Et si le Mali et l’Afrique tiraient la leçon afghane

12 août 2021 à 9 09 18 08188

Un pays protégé par une puissance étrangère est à l’image d’un homme dont la vie ne dépend que d’une assistance respiratoire. Ce qui se passe actuellement en Afghanistan devrait inspirer les Africains en général et les Maliens en particulier. Ces derniers ne devraient pas attendre que ce qui arrive aujourd’hui aux Afghans leur arrive demain.

Les Etats-Unis ont réalisé qu’ils ne peuvent pas rester éternellement en Afghanistan. Aussi longtemps qu’ils resteraient, il va falloir partir un jour. Ce qui veut dire que leur présence n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Comme dit un proverbe de chez nous, un chien perché sur les épaules de son maître ne peut jamais ramener un gibier. Tôt ou tard, il faut quitter ce pays et laisser ses habitants régler leurs différends.

Depuis l’annonce par le nouveau président américain de son intention de quitter ce pays, le régime de Kaboul savait que ses jours sont comptés. Chaque mètre carré abandonné par un soldat américain est occupé par un agent taliban. Plus leur nombre est réduit, plus les soldats Yankee savent que la vie de ceux qui restent est menacée. Ce qui va accélérer le rythme de départ. A la fin ça risque d’être une véritable débandade.

Cet aveu d’impuissance de la première puissance du monde ne manquera pas de faire tache d’huile dans d’autres régions du monde. Et plus particulièrement dans le Sahel. La France, qui a du mal à impliquer l’Europe dans le bourbier sahélien, va sans doute s’inspirer du cas américain. Ce qui augure des lendemains qui déchantent pour certains pays du Sahel comme le Mali. Lequel Mali ne doit sa survie en tant qu’Etat qu’à l’intervention et la présence française.

Malheureusement pour ce vaste pays, au lieu de construire un Etat et une armée forts, il s’enfonce dans sa fragilité et sa frilosité au point de ramer le Mali aux années 60 et 70 avec leurs corolaires de coup d’Etat militaire. Ce qui fait que ce pays a aujourd’hui deux défis majeurs à relever. Le tout premier étant celui de bâtir des institutions fortes et capables de maintenir ce pays comme un Etat stable. Le deuxième c’est justement comment éviter l’embrasement général et la disparition de ce pays en tant qu’Etat indépendant et souverain.

En effet, si, en Afghanistan, les talibans, en dépit de leur radicalisation, sont capables de diriger un pays, en revanche au Mali les groupes armés ne sont pas organisés pour assumer une telle responsabilité. Leur éventuelle invasion de Bamako créerait un véritable chaos dans ce pays et chez tous ses voisins immédiats dont la Guinée.

C’est en raison de ce danger qui nous guette que les Africains et plus particulièrement la CEDEAO ne doivent pas croiser les bras et attendre que la France gère toute seule le dossier malien. Si le feu s’allume demain au Mali c’est toute la sous-région qui risque de s’embraser. D’où l’impérieuse nécessité de prendre les devants afin d’aider ce pays, confronté à ses pires difficultés avec une junte miliaire dont l’obsession de rester au pouvoir est un secret de polichinelle, pour que le Mali sorte la tête de l’eau. Il y va de son avenir mais aussi de celui de ses voisins.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : Nicolas Sarkozy en visite à Conakry

6 août 2021 à 15 03 01 08018

Nicolas Sarkozy est de nouveau en Guinée. L’ancien président français est arrivé ce vendredi, 6 août 2021, à Conakry. Il a été reçu par le président Alpha Condé au palais Sékhoutouréya. L’objectif de cette visite n’a pas été dévoilé, mais ces dernières années, Nicolas Sarkozy est devenu fréquent en Guinée.

En 2020, il a effectué trois visites à Conakry. L’ancien chef d’Etat devenu intermédiaire d’affaires. Il avait réussi à rapprocher l’Etat guinéen à l’homme d’affaires Beny Steinemetz, patron de la Beny Steinmetz Group Ressources (BSGR). La Guinée avait alors retiré sa plainte contre le milliardaire franco-israélien, et la BSGR a renoncé à toute prétention sur Simandou, le plus grand gisement de fer au monde.

Guineematin.com

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JO de Tokyo : repêchée, la guinéenne Yarie Camara rate sa dernière chance

5 août 2021 à 11 11 59 08598

Fatoumata Yarie Camara n’a pas réussi à profiter de la nouvelle opportunité qui lui a été offerte aux Jeux olympiques de Tokyo. Eliminée d’entrée après avoir perdu son premier combat (8-2) contre la Japonaise Risako Kawai, la lutteuse guinéenne a été repêchée. Ce qui lui donnait la possibilité d’aller chercher la médaille de bronze du tournoi de lutte libre des moins de 57 kg.

Malheureusement, elle a raté cette dernière chance en s’inclinant (10-0) ce jeudi, 5 août 2021, face à la Mongole Khongorzul Boldsaikhan. Elle rentre donc sans médaille, tout comme les quatre autres athlètes guinéens qui ont pris part aux JO de Tokyo. Mamadou Samba Bah (judo), Aissata Deen Conté (athlétisme) et Mamadou Tahirou Bah (natation), ont aussi été éliminés dès leur premier match.

De son côté, Mariama Lamarana Touré (natation) n’a pas pu participer à sa compétition pour cause de retard. En raison du tâtonnement des autorités du pays, la délégation guinéenne est arrivée tardivement dans la capitale japonaise. Le gouvernement avait annoncé d’abord que le pays se retirait de ces JO pour cause de Covid-19, avant de revenir sur cette décision.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 12 43 62

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Traite d’êtres humains en Guinée et dans le monde : un fléau à combattre

30 juillet 2021 à 9 09 21 07217
Dr. Thierno Souleymane Barry, avocat

Libre Opinion : 30 juillet 2021 : Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains. La traite d’êtres humains est un phénomène à la fois vaste et complexe. Il est présent dans tous les pays du monde. Ainsi, importe-t-il de définir le phénomène de traite d’êtres humains, de présenter le cadre conventionnel de la lutte pour sa suppression dans le monde et en Guinée.

L’appréhension du phénomène de trafic d’êtres humains

La traite d’êtres humains est aussi ancienne que le monde et constitue une des violations les plus abjectes des droits humains. On a encore en mémoire le triste souvenir de la traite négrière. Il en est de même des cas insidieux plus récents comme la vente des migrants en Lybie. Le phénomène englobe des aspects divers comme la servitude pour dettes, le trafic des migrants, travail forcé et toutes les autres pratiques analogues. La traite d’êtres humains est définie comme : « […] le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes.» (Protocole de Parlerme). Ainsi, la communauté internationale a-t-elle fait de cette lutte une absolue priorité.

Le cadre conventionnel de lutte contre le trafic d’êtres humains

Le cadre conventionnel est gouverné par la Convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale, encore appelée Convention de Palerme et ses protocoles additionnels, dont le Protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Au plan institutionnel, les Nations Unies ont mis en place un bureau spécialisé, l’Office des Nations Unies pour la lutte contre la Drogue et le Crime (ONUDC). Ce cadre universel a son pendant régional au niveau africain notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et celle sur les droits et bien-être de l’enfant. Il se déploie aussi dans le cadre sous-régional, avec la Déclaration de la CEDEAO et son Plan d’Action en la matière. Les Etats ont l’obligation d’adopter des mesures législatives et réglementaires pour combattre la traite d’êtres humains. Qu’en est-il de la prévention et de la répression de la traite d’êtres humains en Guinée ?

La lutte contre le trafic d’êtres humains en Guinée

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, n’est pas exempte de la traite d’êtres humains. Pour la prévenir et la combattre, la Guinée s’est dotée d’un arsenal juridique normatif et institutionnel. Au plan normatif, la Guinée est partie à presque toutes conventions internationales réprimant la traite d’êtres humains. Elle a adopté un Code pénal réprimant le phénomène. Au plan institutionnel, la Guinée a mis en place un cadre multisectoriel de lutte : le Comité National contre la Traite des personnes et des Pratiques Analogues (CNLTPPA). Il faut noter aussi l’implication des ONGs dans cette lutte. Cependant, en sus de ce cadre existant et des efforts menées, il est nécessaire d’accentuer les actions en renforçant l’arsenal juridique, la formation des acteurs et accroitre leur collaboration et la répression des auteurs et la réhabilitation des victimes.

En somme, la prévention et la répression du trafic d’êtres humains couplée à la réhabilitation des victimes constitue un travail primordial qui doit impliquer tous les acteurs à l’échelon national, subrégional, régional et universel et ce, dans une synergie de collaboration au bénéfice de l’humanité entière.

-Juris Guineensis No 10.                                                            Conakry, le 30 juillet 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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JO de Tokyo : 2 athlètes guinéens ratent la compétition pour cause de retard

25 juillet 2021 à 18 06 47 07477
Fatoumata Lamarana Touré (natation)

Ils sont cinq athlètes guinéens à avoir quitté Conakry pour Tokyo, mais seulement trois d’entre eux pourront participer aux Jeux Olympiques de cette année. Les deux autres sont déjà écartés de la compétition pour cause de retard, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Il s’agit de Mamadou Samba Bah (judo) et Fatoumata Lamarana Touré (natation). Selon nos informations, le premier a manqué la pesée officielle avant son combat contre le Mongol Tsendochir Tsogtbaatar. Et la seconde a raté le coup d’envoi de sa compétition, qui a eu lieu ce dimanche, 25 juillet 2021, au Centre aquatique de Tokyo. Partie de Conakry vendredi matin, la délégation guinéenne est arrivée dans la soirée à Addis-Abeba, où elle a fait une escale de 24 heures. Elle a quitté la capitale éthiopienne samedi, à 22 heures (heure locale) et n’a pu arriver à Tokyo que ce dimanche à 11 heures.

Ce retard est la conséquence du tâtonnement des autorités guinéennes. Mercredi dernier, le gouvernement avait annoncé que la Guinée se retirait des Jeux Olympiques, à cause du Covid-19. Le lendemain, il a fait un rétropédalage, annonçant que le pays participera finalement à la compétition, après avoir eu « l’assurance des autorités japonaises et de l’ambassade de la Guinée au Japon que toutes les dispositions sanitaires seront prises pour protéger la délégation guinéenne ». Après 11 participations aux JO, la Guinée court toujours après sa première médaille olympique.

Une mission qui s’annonce très difficile pour les trois athlètes guinéens qui ont encore la possibilité de participer à la compétition : Fatoumata Yarie Camara (lutte libre), Mamadou Tahirou Bah (natation) et Aïssata Deen Conté (athlétisme). Non seulement ils sont arrivés tardivement dans la capitale japonaise, mais aussi certains d’entre eux, comme la lutteuse Fatoumata Yarie Camara, se plaignent d’un manque d’équipements.

Heureusement pour cette dernière, le programme des JO annonce son entrée en compétition seulement mercredi en huit, le 04 août. Une chance pour Fatoumata Yarie d’avoir quelques jours de préparation et de concentration qui contraste avec l’énorme stress de ces derniers jours avec un si long et compliqué voyage…

Fatoumata Yarie Camara

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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La justice pénale internationale et l’Afrique : la Guinée pour illustration

19 juillet 2021 à 10 10 10 07107
Dr. Thierno Souleymane Barry, professeur de droit et Avocat à la Cour

Libre Opinion : Comme le 17 juillet de chaque année, la Journée mondiale de la justice pénale internationale commémorant l’adoption du Statut de Rome portant création de la Cour Pénale Internationale (CPI) a été célébrée le samedi dernier, 17 juillet 2021. Dès ses débuts en 2002, un climat de tension, qui tend à s’estomper aujourd’hui, s’est instauré entre l’institution et l’Afrique, zone réceptacle de crimes entrant dans la compétence de la CPI. Ainsi, serait-t-il nécessaire de présenter l’institution et les potentialités qu’elle représente dans la lutte contre l’impunité dans ce continent, particulièrement dans notre pays, la Guinée.

La CPI : une juridiction pénale internationale permanente

Tirant les leçons des tribunaux pénaux internationaux ponctuels, limités dans l’espace et le temps et fonctionnant sur la base de leur primauté et les difficultés qu’elle génère, les plénipotentiaires des Etats ont adopté le Statut de Rome le 17 juillet 1998. La CPI est l’unique juridiction pénale permanente de l’histoire de l’humanité. Elle est née des expériences des Tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo crées le lendemain de la Deuxième guerre mondiale et des Tribunaux pénaux internationaux du Rwanda et de l’Ex-Yougoslavie et surtout des efforts des universitaires, des Ongs et de certains Etats progressistes. Elle est chargée de juger les crimes les plus graves affectant l’humanité : crimes contre l’humanité, crimes de guerre, crime de génocide et crime d’agression. Organisation internationale fondée sur un traité, les Etats y adhèrent volontairement.

Les potentialités offertes par la CPI dans la lutte contre l’impunité en Afrique

Puisqu’au départ, la plupart des affaires pendantes devant la CPI concernaient l’Afrique, plusieurs voies se sont élevées pour suspecter l’institution d’être seulement dirigée pour réprimer les responsables africains. On a en mémoire la prise de position de l’Union africaine encourageant les Etats africains à dénoncer le Statut de Rome et sortir de l’institution. Cependant, en dépit de son imperfection, avec la diversification des affaires de la CPI touchant d’autres zones du globe et les récents développements dans les affaires concernant le Congo et la Côté d’Ivoire, on se rend compte qu’il s’agit bel et bien d’une institution pénale internationale jugeant à charge et à décharge les crimes internationaux, peu importe la nationalité de ses auteurs. Pour ne pas avoir à faire avec la CPI, il suffit simplement de se garder de commettre les crimes entrant dans sa compétence et lorsque ces crimes sont commis dans le sol d’un Etat africain, qu’ils ne sombrent dans l’impunité. 

La justice pénale internationale et Guinée

La Guinée est partie au Statut de Rome depuis le 14 juillet 2003. Les crimes perpétrés le 28 septembre 2009 sont qualifiés de crimes contre l’humanité et entrent dans la compétence de la CPI qui a placé l’affaire sous examen préliminaire en phase 3 (recevabilité). Après instruction et épuisement des voies de recours, le pool des juges d’instruction du Tribunal de Première Instance de Dixinn a renvoyé l’affaire pour être jugée depuis 2017. La responsabilité de juger appartient à la justice guinéenne et à défaut, la CPI demeure compétente. En termes simples, au vu des lenteurs de procédure, nécessaires au début mais inexplicables aujourd’hui, le risque est grand de voir ce dossier devant la juridiction pénale internationale compétente, la CPI. Faudrait-t-il alors, accuser la CPI d’ingérence ou de reconnaitre le manque de volonté du pays à faire face à ses obligations librement consentis en vertu du Statut de Rome ?

Pour terminer, la CPI a encore des beaux jours devant elle tant et aussi longtemps que les crimes graves vont continuer à se perpétrer en toute impunité. Des mécanismes juridictionnels nationaux efficaces réprimant ces derniers dans le cadre du principe de la complémentarité inscrit aux articles 1 et 17 du Statut de Rome donnant priorité aux juridictions nationales constituent le salut.

-Juris Guineensis No 9.                                                            Conakry, le 17 juillet 2021

Dr Thierno Souleymane BARRY,

Docteur en droit, Université Laval/Université de Sherbrooke (Canada)

Professeur de droit, Consultant et Avocat à la Cour

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Armée : le président Alpha Condé décore 6 coopérants français

7 juillet 2021 à 12 12 30 07307

Le ministère de la Défense a servi de cadre ce mercredi 7 juillet 2021 à la cérémonie de décoration de six coopérants militaires en fin de mission, suite à un décret du chef de l’Etat. C’est le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané en personne qui a remis les précieuses distinctions aux récipiendaires en présence de l’ambassadeur de France en Guinée et de toute la hiérarchie militaire réunie à cet effet.

Dr. Mohamed Diané s’est dit très heureux de présider à nouveau une cérémonie de remise de médailles par lesquelles le Président de la République, Chef de l’Etat et Chef suprême des Armées, a bien voulu récompenser les coopérants militaires français en fin de séjour en Guinée.

« Vous vous en souvenez, Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans sa magnanimité, a toujours bien voulu témoigner la reconnaissance du Peuple de Guinée aux coopérants militaires en fin de séjour de travail au sein de notre Armée », a rappelé le ministre de la Défense nationale. 

Cette fois, ils sont six coopérants de la mission militaire française à bénéficier des médailles que la Grande Chancellerie des ordres nationaux vient de procéder à  la remise officielle. Il s ‘agit du lieutenant-colonel Loïc DAVAILLON, du lieutenant-colonel Eric CORNIC, du Chef de bataillon  Franck RITOUET, du chef d’escadron Jean-Henri BONNEL, du capitaine Eric RIGER et de l’Adjudant-chef Marie-Paule  LORQUIN

Dr. Diané a indiqué que ces décorations traduisent la satisfaction de son Département et surtout celle du Chef Suprême des Armées à l’endroit des différents coopérants pour les services de qualité rendus aux Forces armées guinéennes.

« Le travail des coopérants militaires français aux côtés des forces de défense, traduit lui-même la bonne santé de la coopération historique qui existe entre la France et la Guinée. Il est aussi le reflet de la volonté commune des autorités militaires françaises et  guinéennes de dynamiser leur collaboration dans le cadre de la montée en puissance de l’Armée Guinéenne pour mieux faire face aux nouveaux défis sécuritaires de la sous-région ».

Pour le ministre de la Défense nationale, cette volonté commune des deux pays se matérialise efficacement dans la mise en œuvre de la Réforme du Secteur de Sécurité, amorcée depuis l’avènement du Professeur Alpha CONDE à la magistrature suprême de la Guinée.

« Durant trois ans, les coopérants auxquels nous disons au revoir aujourd’hui, ont contribué au renforcement des capacités de nos structures pour de meilleures approches de travail dans ce processus de Réforme », a dit le ministre d’Etat.

Les six coopérants laissent ainsi à leurs postes respectifs, des traces indélébiles qui impacteront durablement l’œuvre de construction de notre Armée dont l’ambition a toujours été d’être une Armée d’excellence, capable d’assurer dignement sa mission régalienne.

S’adressant directement aux heureux récipiendaires du jour, le ministre de la Défense,  au nom du Chef Suprême des Armées, a adressé ses chaleureuses félicitations à tous et leur a souhaité plein succès dans les futures missions qu’ils auront à effectuer. « Par ailleurs, j’ose croire, chers coopérants, que ces distinctions cimenteront pour toujours les liens d’amitié que vous avez tissés avec vos frères d’arme guinéens durant votre séjour de travail. Je profite de cette occasion pour rassurer de nouveau tous nos partenaires, de notre volonté inaltérable de dynamiser davantage notre coopération », a conclu Dr. Mohamed Diané.

Transmis par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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Haïti : assassinat du président Jovenel Moïse

7 juillet 2021 à 12 12 14 07147
Jovenel Moïse, président de la République d’Haïti

La nuit dernière, le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, 53 ans, a été assassiné par un commando armé ! Mais, contrairement au Maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, qu’on dit avoir été tué au front, le dirigeant haïtien a été attaqué dans sa résidence privée. Également blessée lors de cette attaque, son épouse, Martine Marie Etienne Joseph, a été hospitalisée dans un état grave. 

Dans la matinée de ce mercredi, 07 juillet 2021, c’est le Premier ministre par intérim qui a appelé la population au calme en attendant son adresse à la Nation.

À préciser que les opposants haïtiens ne reconnaissaient plus la légitimité du président Jovenel Moïse depuis le 07 février dernier. Mais, ils ne réclamaient sa mort ; mais, sa traduction en justice.

« La situation sécuritaire du pays est sous le contrôle de la police nationale et des forces armées d’Haïti. La démocratie et la république triompheront », a assuré le bureau du Premier ministre intérimaire, Claude Joseph.

Dans la matinée de ce mercredi, les rues de la capitale, Port-au-Prince, sont désertes ; mais, des médias locaux parlent des actes de pillage dans certains endroits.

Après le dictateur tchadien, Idriss Deby Itno, le mardi 20 avril 2021, aujourd’hui Jovenel Moïse est le deuxième chef d’État contesté qui est assassiné en trois mois dans son pays.

À suivre !

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