Commémoration de l’armistice : « la France n’oublie pas le sang versé par des soldats venus d’Afrique…»

11 novembre 2019 à 16 04 51 115111

Le 101ème anniversaire de l’armistice, signé le 11 novembre 1918 (et qui a mis fin à la première guerre mondiale) a été célébré ce lundi, 11 novembre 2019, en France et dans les représentations diplomatiques dudit pays dans le monde. En Guinée, la cérémonie commémorative de cette date qui reconnait la victoire des Alliés sur l’Allemagne a eu lieu au cimetière de Boulbinet, dans la presqu’ile de Kaloum, à Conakry. Elle s’est tenue en présence des cadres et officiers de l’ambassade de France en Guinée, des cadres du ministère guinéen de la Défense et des officiers des forces armées guinéennes, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui a assisté à cette commémoration.

Décoration de soldats, poignets de mains, dépôt de gerbes de fleurs, une minute de silence pour saluer les morts… C’est avec beaucoup d’émotion et de souvenir que le 101ème anniversaire de l’armistice a été célébré ce lundi au cimetière de Boulbinet, dans la commune de Kaloum. Et, à l’absence de l’ambassadeur Jean-Marc Grosgurin, c’est le premier conseiller à l’ambassade de France en Guinée, Fabien Talon, qui a lu le message du secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armes françaises. Un message qui décrit l’atmosphère d’une France bouleversée, transformée par quatre années (1914-1918) de guerre. Il a aussi rendu un hommage à tous les soldats qui ont versé le sang pour la France lors de la grande guerre.

« C’était il y a un siècle, un an après la fin des combats de la grande guerre, le 11 novembre 1919 fut le premier de la paix retrouvée. Désormais, le silence domine là où la rage d’acier entonnait avec fureur. Il règne sur d’innombrables champs de batails, qui ont charrié un si long cortège de morts, de mutilés et de blessés. Des traités sont signés, l’allégresse de la victoire se déployait dans une ampleur incomparable le 14 juillet 1919. L’Etat de siège vient d’être levé, la vie sociale et politique reprend ses droits, la démobilisation poursuit sa lente progression, les poilus retrouvent leurs foyers, leurs familles et leurs communes. Ils découvrent une vie bouleversée, une France transformée par une épreuve de quatre années et par de profondes séquelles. Partout, le pays est transformé par la sourde évidence que rien ne sera plus jamais comme avant, que le retour à l’avant-guerre est impossible. C’était il y a cent ans, une nouvelle page s’ouvrait. Celle du souvenir, de la mémoire et de l’honneur. Depuis, inlassablement, les français sont fidèles à cet anniversaire. En ce jour, dans les métropoles (…), toutes les générations, unies et solidaires, se rassemblent et recueillent. La nation se souvient de ceux qui se sont battus pour elle, entre 1914 et 1918. Elle n’oublie pas ses enfants tombés au champ d’honneur… Elle n’oublie pas le sang versé par des soldats venus d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et d’Amériques. Elle salue toutes les nations alliées qui ont partagé le même combat. Les noms gravés sur nos monuments aux morts nous rappellent constamment des valeurs d’honneur, de courage, de dévouement et de bravoure. Depuis 2012, chaque 11 novembre est aussi une occasion d’honorer toutes les filles et les fils de France qui, dans tous les conflits (…) ont accompli leur devoir jusqu’au don suprême. En ce jour, la nation rend un hommage particulier aux soldats morts pour la France en opérations extérieures. En inaugurant un monument national à leur mémoire, le président de la République (Emmanuel Macron) inscrit dans leurs cœurs comme dans leurs mémoires, la reconnaissance pleine et entière de tout un peuple pour ces combattants. Ce monument aux morts est aussi un rappel que la préservation de notre indépendance, de notre liberté de nos valeurs repose sur ceux qui ont donné leurs vies pour les défendre », a indiqué Fabien Talon.

Présent à cette cérémonie commémorative, le Général de brigade aérienne et directeur de cabinet du ministère guinéen de la Défense, Sidy Yaya Camara, a exprimé un réconfort moral. « L’anniversaire de l’armistice est un évènement mémorable pour toute l’humanité. En cela, la République française a joint à cet anniversaire la commémoration des morts tombés sous les théâtres d’opérations extérieures pour la France. En tant que frère d’arme, il est important que nous puissions partager ces moments pathétiques, mémorables, de l’histoire », a dit le Général Sidy Yaya Camara au nom du ministre guinéen de la Défense.

Rappelons que c’est l’armistice, signé le 11 novembre 1918, qui a mis fin aux combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Le cessez-le-feu (effectif à 11 heures) a entraîné dans l’ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, annonçant la fin d’une guerre qui a fait pour l’ensemble des belligérants plus de 18,6 millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont 8 millions de civils.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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« Malick Sankhon assassin ! » : les Guinéens de France devant le domicile français du DG de la CNSS

10 novembre 2019 à 11 11 13 111311

Malick Sankhon, Baïdy Aribot, Colonel Ansoumane Bafoé camara, Colonel Balla Samoura… Les promoteurs de la nouvelle constitution pour un troisième mandat du président Alpha Condé et qui ont des maisons et leurs familles en France sont visés aujourd’hui par nos compatriotes vivants dans ce pays et qui défendent la Constitution guinéenne.

Lancé hier, ce vaste mouvement pourrait s’étendre dans d’autres pays occidentaux et même africains (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, etc.) pour toucher le maximum de prédateurs de l’économie guinéenne et promoteurs du 3ème mandat pour leur prouver qu’ils ne réussiront pas à tuer les enfants des autres en Guinée, détourner nos richesses et entretenir tranquillement leurs enfants ailleurs. Ce temps est révolu !

Ainsi, hier, samedi 09 novembre 2019, les Guinéens de France ont manifesté devant la maison achetée en France (Le Mans) par Malick Sankhon, Directeur Général de la Caisse nationale de la sécurité sociale, où vivent actuellement les membres de sa famille. « Malick Sankhon assassin ! Malick Sankhon criminel ! », ont-ils scandé avec des amplificateurs pour indiquer aux voisins français que le propriétaire de cette maison est impliqué dans des crimes humains en République de Guinée.

Montrant les images de quelques victimes (déjà 17 en Guinée : 15 à Conakry et 2 à Mamou) des manifestations contre le troisième mandat du président Alpha Condé, les manifestants ont dénoncé l’implication dans ces crimes du patron de la CNSS, qui disposerait une milice, soupçonnée de commettre des exactions lors des manifestations à Conakry.

Selon Ibrahima Sory Makanéra, Secrétaire fédéral de l’UFR-France et porte-parole du FNDC-France, une procédure judiciaire sera également engagée en France contre les promoteurs du 3ème mandat dont les familles résident en Europe.

En plus de Malick Sankhon, plusieurs autres familles des hauts cadres du pays sont visées par les défenseurs de la Constitution guinéenne en France. Ce sont, entre autres les familles de Baïdy Aribot (vice-gouverneur de la Banque centrale), Colonel Ansoumane Bafoé Camara (Directeur Général de la police nationale), Colonel Balla Samoura (Directeur de la gendarmerie régionale de Conakry)…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, une vidéo de nos compatriotes défenseurs de la Constitution :

A suivre !

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Coopération militaire : Dr. Mohamed Diané décroche 16 millions de dollars de dons de matériels et équipements

3 novembre 2019 à 9 09 43 114311

Invité par le gouvernement chinois à prendre part aux 7èmes Jeux mondiaux militaires et au 9ème Forum de Beijing pour la Promotion de la sécurité et de la paix en Asie-Pacifique, le ministre guinéen de la Défense, Dr. Mohamed Diané, a eu un entretien fructueux avec son homologue chinois, Wei Fenghe. Au sortir de la rencontre, de larges sourires. Et pour cause…

En faisant le déplacement de Beijing, le ministre d’Etat chargé de la Défense nationale a obtenu le gros lot en signant des accords de dons d’un montant total de 16 millions de dollars destinés à l’équipement des Forces armées guinéennes. Alors qu’il n’était prévu au prenable que la moitié de cette somme, Dr. Mohamed Diané a réussi à convaincre la partie chinoise de doubler son offre au profit de l’armée guinéenne. Ce qu’a accepté bien volontiers Wei Fenghe qui n’a pas tari d’éloges à l’endroit des autorités guinéennes. La Chine continuera a soutenir le gouvernement guinéen dans son vaste programme de réforme du secteur de la Défense a notamment indiqué le ministre de la Défense chinois.

En réponse Dr. Mohamed Diané a tout d’abord remercier les autorités chinoises au plus haut niveau pour ce geste avant de transmettre le message du président de la république Alpha Condé au gouvernement et au peuple chinois.

« Je voudrais surtout me faire un agréable devoir, celui de vous demander de transmettre à Son Excellence Monsieur XI Jinping, Président de la République Populaire de Chine, les chaleureuses salutations de son ami, Son Excellence Pr Alpha Condé, Président de la République de Guinée et Chef des Armées, ainsi que ses félicitations appuyées pour la brillante célébration du 70 ème anniversaire de la République Populaire de Chine, pour la réussite des 7èmes Jeux mondiaux militaires et du 9ème Forum de Beijing pour la Promotion de la sécurité et de la paix en Asie Pacifique ».

S’adressant au ministre Wei Fenghe, Dr. Mohamed Diané a rappelé que la coopération sino-guinéenne remonte au lendemain de l’indépendance de la Guinée, en 1958. Depuis cette date, la Chine coopère avec la Guinée dans tous les domaines. Une coopération qui s’est enrichie depuis l’élection du Pr. Alpha Condé à la magistrature suprême.

Dr. Diané a mentionné que dans le cadre de la coopération militaire, la Chine a été l’un des tous premiers pays à répondre favorablement à l’appel du dirigeant guinéen suite à l’attaque terroriste contre le bataillon Gangan en février 2016 au Mali.

« On ne le dira jamais assez, plusieurs dizaines de militaires guinéens suivent chaque année des formations en Chine. Cette aide du gouvernement et du peuple chinois nous va droit au cœur et occupe une place importante dans la mise œuvre de la Réforme du Secteur de Sécurité et renforce sans nul doute les liens d’amitié et de coopération entre nos deux pays », a tenu à magnifier le ministre guinéen de la Défense.

A rappeler que la Chine avait également récemment contribué de façon significative à l’équipement du bataillon du génie militaire.

Et puisqu’il n’y a jamais deux sans trois… c’est un exemple de coopération à encourager !

Transmis par le Ministère de la Défense nationale

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Affaire 3ème mandat en Guinée : le FNDC-Italie veut manifester à PIAZZA VENEZIA

28 octobre 2019 à 18 06 33 103310

Communiqué : le Front National pour La Défense de la Constitution FNDC-Italie informe toute la communauté guinéenne d’Italie, les membres et sympathisants du FNDC, les africains, les partenaires et amis italiens de l’organisation d’une grande manifestation devant l’ALTARE DELLA PATRIA alla PIAZZA VENEZIA à Roma. La manifestation se déroulera le samedi 2 novembre 2019 à partir de 10 heures GMT.

A cette occasion, le FNDC-Italie sollicite la participation effective de toute la Communauté guinéenne pour démontrer à Alpha Condé notre opposition à une nouvelle Constitution en République de Guinée.
Comment arriver à PIAZZA VENEZIA ?

  • Prendre le Bus numéro 64 ou le bus numéro H
  • Vous pouvez aussi prendre le métro : de la Stazione TERMINI, prenez le métro B Direction LAURENTINA et vous descendez à COLOSSEO ; ensuite, vous arrivez à la PIAZZA VENEZIA après 10mn à pied.

Pour plus d’informations, vous êtes priés de contacter un des organisateurs suivants :
Abdoul Karim-Prato : 351 121 0693
Boubacar Diallo Babagallé-Brescia : 389158 0460
Mamadou Dian-Roma : 348 910 1315
Amadou-Ravenna : 329 049 6881
Mouctar Barry-Bolzano :381 936 9884
Amadou-Lucca : 351 278 7002
Alpha Diallo-Cassino : 331 188 6240
Amadou Touré-Verona : 329 071 3567
El Hadj Allassane-Napoli : 328 425 2895
Boubacar Sidy-Milan : 380 748 8314
Amadou Saikou-Treviso : +39 329 193 1762
Mamadou-Sadio Macerata : 338 143 6127
E-mail : fndcitalie@libero.it

Vive la Guinée

Le bureau FNDC-Italie

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Manifestation à Lyon contre le tripatouillage de la constitution en Guinée

28 octobre 2019 à 11 11 38 103810

Dans le cadre de la lutte pour la défense de la constitution en Guinée, le FNDC Lyon invite les Guinéens, les Africains, les amis de la Guinée ainsi que les défenseurs du Droit et des droits de l’homme à une grande manifestation ce dimanche 3 novembre 2019 à 14h à la place Bellecour à Lyon, en France.

Cette manifestation vise à :

  • Empêcher l’entêtement du Président Alpha Condé de tripatouiller la constitution pour se pérenniser au pouvoir ;
  • Dénoncer la violation des droits de l’homme, les violences des citoyens (manifestants et non manifestants) jusque dans leur domicile par les forces de l’ordre ;
  • Condamner la mort d’au moins neuf personnes, plusieurs dizaines de blessés, beaucoup d’arrestations et des dégâts matériels en seulement trois jours de manifestation ;
  • Dénoncer la condamnation politique de certains membres du FNDC pour avoir défendu la constitution ;
  • Imposer la volonté du peuple de Guinée de vivre maintenant l’alternance politique : Dorénavant, il n’est plus question qu’un Président se pérennise au pouvoir !
  • Eteindre l’espoir de tout politicien ou clan de mettre en péril l’alternance politique en Guinée ;

Ce combat, c’est celui des Guinéens, des Africains. Ensemble, nous devons régler une fois pour toute cette question de troisième mandat sous toutes ses formes.

Merci à chacun de mobiliser dans son entourage et de diffuser largement dans son réseau. Soyons nombreux le 3 Novembre à la place Bellecour pour dire non au tripatouillage de la constitution guinéenne.

Libérez nos camarades

Justice pour les victimes et les martyrs

Vive la Guinée

Vive le FNDC

Vive la démocratie

Contacts :

Rahim Barry : 0751054038 ; Ibrahima Ahmed Bah : 0613146052 ; Check Abdoul Camara : 0629521006 ; Soulemane Sadio Diallo : 0753222605

FNDC Lyon

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Sommet Russie-Afrique à Sotchi : Vladimir POUTINE à l’agence TASS (interview)

21 octobre 2019 à 13 01 50 105010
Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie

A la veille du sommet Russie-Afrique, prévu les 23 et 24 octobre 2019 à Sotchi (en Russie), Monsieur Vladimir POUTINE, Président de la Fédération de Russie, a accordé une interview à l’agence d’information publique TASS. Au cours de cet entretien, le numéro 1 russe a expliqué les grandes lignes de ce sommet.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette interview :

Agence TASS : Le sommet de Sotchi est appelé à ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la Fédération de Russie et les pays d’Afrique. Les participants amèneront à Sotchi leurs idées concernant le développement de la coopération. Et la Russie, qu’est-ce qu’elle est prête à proposer aux États du continent ? Quel est l’atout principal de la Russie que vous présenterez aux chefs des délégations lors du sommet ? Quel est le volume des investissements russes dans l’économie des pays africains que vous espérez atteindre, disons, dans les cinq ans à venir ?

Vladimir Poutine : La Russie et les pays africains sont liés par des relations traditionnellement amicales, éprouvées par le temps. Notre pays a joué un rôle significatif dans la libération du continent en aidant la lutte des peuples d’Afrique contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid.

Plus tard, nous avons aidé les Africains à protéger leur indépendance et leur souveraineté, à établir les États, à mettre en place les fondements des économies nationales, à créer des forces armées aptes au combat. Les spécialistes soviétiques et puis russes ont construit d’importants sites de l’infrastructure, des centrales hydroélectriques, des routes, des entreprises industrielles. Des milliers d’Africains ont reçu une formation professionnelle de qualité dans nos grandes écoles. De nombreux leaders actuels des pays africains s’en souviennent bien et apprécient notre soutien. Nous n’oublions pas ces pages de l’histoire non plus.

Aujourd’hui, le développement et le renforcement des relations mutuellement avantageuses avec les pays africains et leurs groupements d’intégration font partie des priorités de la politique extérieure russe. Très bientôt, nous serons témoins d’un événement historique, sans précédents : le 24 octobre Sotchi accueillera le sommet Russie – Afrique. C’est le premier sommet à part entière qui rassemblera les leaders des pays africains et les dirigeants des groupements régionaux majeurs. L’idée d’organiser un tel événement a surgi il y a longtemps, mais il a fallu du temps et de grands travaux préparatoires pour que le Sommet devient le point de départ pour des relations de partenariat équitables, basées sur l’égalité en droit et l’intérêt pratique mutuel.

Nous attendons que nos collègues africains, représentants du milieu d’affaires, amènent à Sotchi un portefeuille important de propositions visant à élargir les relations bilatérales. Et que les dirigeants des organisations régionales africaines nous fassent part de leurs considérations comment développer ensemble la coopération multilatérale. Nous allons examiner ces idées avec intérêt et réfléchir sur ce qui peut être réalisé dès maintenant et ce qui demandera une étude supplémentaire.

La Russie a aussi des projets concernant la croissance future des relations avec le continent africain. Nous visons à discuter ces idées avec nos partenaires, les systématiser et fixer de manière la plus concrète possible dans la déclaration finale. En plus, il est important de définir les mécanismes pour réaliser les accords qui seront atteints lors du sommet à Sotchi.

Je suis persuadé que le sommet sera une réussite car nous avons toutes les conditions préalables nécessaires. Aujourd’hui, les relations russo-africaines sont en plein essor. Un dialogue politique intense est en cours, y compris sur les questions de sécurité globale et régionale. Les liaisons interparlementaires s’élargissent. Le commerce mutuel augmente et se diversifie progressivement.

Ensemble avec la communauté mondiale, la Russie prête une assistance intégrée à l’Afrique, y compris pour réduire le fardeau de la dette des États de la région. Nous réalisons avec de nombreux pays les programmes « dette en échange du développement ». Nous aidons à lutter contre la propagation de maladies transmissibles (y compris la fièvre hémorragique Ebola), à surmonter les séquelles des catastrophes naturelles, à régler les conflits existants et à prévenir de nouvelles crises. Nous assurons la formation des cadres nationaux africains dans les universités russes à titre gratuit et commercial. Nous établissons l’interaction dans le cadre des institutions de défense et des forces de l’ordre.

Mais l’ordre du jour de notre coopération est loin de s’y limiter. Nos partenaires africains voient et apprécient que la politique extérieure de la Russie, y compris en ce qui concerne le continent, est constructive. Que notre pays qui est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies se prononce pour la démocratisation de la vie internationale, soutient l’aspiration bien fondée des États africains de mener une politique indépendante et autonome et de définir leur avenir eux-mêmes, sans recommandations imposées. Avec ceci nous ne soumettons pas notre soutien et les projets de développement proposés à des conditions politiques ou autres, aux préférences économiques et commerciales soi-disant « exclusives » qui sont en réalité léonines, nous n’imposons pas notre position – au lieu de cela nous respectons le principe proposé par les Africains eux mêmes « solutions africaines aux problèmes africains ».

En ce qui concerne le volume éventuel des investissements en Afrique dans les cinq ans à venir, ils sont bien considérables – aujourd’hui nous sommes en train de préparer et de mettre en œuvre des projets d’investissements avec la participation russe mesurée en milliards de dollars. Les ressources dont disposent la Russie et les entreprises russes sont importants. À notre tour, nous attendons que nos partenaires créent des conditions stables et prévisibles et les mécanismes de protection des investissements qui sont indispensables pour le business, qu’ils assurent un climat d’investissements favorable.

Agence TASS : Le monde moderne se distingue par une concurrence particulièrement élevée. La Russie est-elle prête à une compétition rude en Afrique, par exemple, avec la Chine ou les États-Unis ? Voyez-vous des risques de protectionnisme, de conflits commerciaux ou de concurrence malhonnête envers la Russie ? Quelles sont les méthodes de lutte ? Cette compétition ne nuira t elle pas aux partenaires africains ?

Vladimir Poutine : Oui, effectivement, ce ne sont pas seulement les pays de l’Europe occidentale, les États-Unis et la République populaire de Chine qui sont intéressés par le développement des relations avec les pays d’Afrique, mais aussi l’Inde, la Turquie, les États du Golfe, le Japon, la République de Corée, l’Israël, le Brésil. Et ce n’est pas par hasard. L’Afrique devient de plus en plus un continent d’opportunités. Elle dispose d’énormes ressources et d’une potentielle attractivité économique. Ses besoins d’infrastructure augmentent, la population s’accroît rapidement et les demandes de cette dernière augmentent aussi. Donc, le marché intérieur et la consommation s’élargissent. Et là où il y a des perspectives considérables pour les investissements, pour le profit, il y a aussi la concurrence qui, malheureusement, dépasse parfois les bornes de la décence.

Nous voyons de nombreux États occidentaux recourir à la pression, à l’intimidation et au chantage des gouvernements des pays souverains africains. Par de telles méthodes, ils essaient de restituer l’influence et les positions dominantes perdues dans les anciennes colonies et – déjà sous un « nouvel emballage » – de pomper des surprofits, d’exploiter le continent sans tenir compte ni des gens qui habitent ici, ni des risques environnementaux ou autres. Et, peut-être, afin que personne ne s’oppose à cette politique, ils entravent l’établissement des relations plus étroites entre la Russie et l’Afrique.

Bien sûr, nous tenons compte de ces réalités et nous en tirons des conclusions appropriées. Et nous sommes prêts, non à une « répartition » des richesses du continent, mais à une concurrence pour la coopération avec l’Afrique. L’essentiel est qu’elle soit civilisée et se développe dans un cadre légal. Nous avons bien quelque chose à offrir à nos amis africains. C’est de cela, entre autres, qu’il s’agira lors du futur Sommet.

Et, bien sûr, nous visons avec nos partenaires africains à défendre les intérêts économiques communs, à les protéger des sanctions unilatérales, y compris par la diminution de la part du dollar et le passage aux autres monnaies dans les règlements mutuels.

Je suis persuadé que les Africains ne sont pas intéressés par l’escalade de la confrontation des grands pouvoirs sur le continent. Au contraire, ils préféreraient que la rivalité se remplace par la coopération dans la lutte contre les défis tellement aigus pour l’Afrique comme le terrorisme, la criminalité, le trafic des stupéfiants, la migration incontrôlée, la pauvreté, les maladies transmissibles dangereuses. Je le répète, c’est à ce travail que la Russie est prête.

Notre agenda africain a un caractère positif, orienté vers l’avenir. Nous ne nous faisons pas des amis contre qui que ce soit et rejetons résolument les « jeux » géopolitiques quelconques autour de l’Afrique.

Agence TASS : Le modèle soviétique de la coopération avec les pays d’Afrique prévoyait souvent l’octroi de crédits. Cette politique s’est elle justifiée ? Est ce que la Russie prévoit continuer la pratique d’octroi de crédits aux pays africains ? Quels sont les autres mécanismes de soutien aux pays africains que vous êtes prêt à discuter ?

Vladimir Poutine : Sans aucun doute, le modèle soviétique, avec ses avantages et ses inconvénients, s’est avéré suffisamment efficace à l’étape de l’établissement des États africains. Aujourd’hui nous continuons à prêter une aide financière aux États d’Afrique. Cependant, si avant ces décisions étaient prises surtout pour des raisons politiques, aujourd’hui c’est fait dans le cadre d’assistance humanitaire.

Quant à l’octroi des crédits, aujourd’hui ils portent un caractère de marché. Par exemple, la décision est prise sur l’octroi à l’Égypte d’un crédit de 25 milliards de dollars pour la construction de quatre exemplaires de la centrale nucléaire à El-Dabaa. Il s’agit justement d’un crédit de marché.

Je veux également noter qu’à l’époque post-soviétique, à la fin du XXe siècle, la Russie a annulé les dettes soviétiques des pays africains d’un montant de 20 milliards de dollars. C’était non seulement un acte de générosité, mais un geste pragmatique car beaucoup d’États africains étaient incapables de régler les intérêts pour ces crédits. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il était optimal pour tous de prendre un nouveau départ pour la coopération.

Aujourd’hui, d’autres schémas s’appliquent à une partie de la dette restante. Par exemple, des accords intergouvernementaux sont réalisés selon le programme « dette en échange du développement » avec le Madagascar, le Mozambique et la Tanzanie. Par analogie avec ces pays, nous prévoyons régler le reste de la dette de l’Éthiopie (163,6 millions de dollars) auprès de la Russie – le projet d’un accord en question est en train d’être coordonné.

Je voudrais aussi rappeler que la Russie apporte des contributions aux programmes internationaux de l’assistance à l’Afrique dans le cadre du Programme des Nations Unies pour le développement, de l’Organisation mondiale de la santé, du Programme alimentaire mondial (PAM), de l’Organisation internationale de protection civile. Parfois, l’aide est prêtée en nature. Ainsi, depuis 2011, nous avons fourni aux représentations du PAM en Afrique 258 camions KAMAZ. Une autre partie de 75 camions vient d’être expédiée.

Avec ceci, le recours aux nouveaux mécanismes financiers ne signifie aucunement le renoncement aux crédits, au contraire, il élargit et enrichit la palette des instruments pour l’aide au développement. Il favorise l’établissement de la coopération mutuellement avantageuse entre la Russie et les pays d’Afrique.

Tous ces problèmes seront examinés au forum économique du 23 24 octobre. Nous sommes prêts à écouter les propositions de nos partenaires africains et à faire part de nos propres considérations.

Agence TASS : La coopération militaire et technique a été précédemment une des sphères de coopération de Moscou avec les pays d’Afrique. Y a t il des projets visant à élargir l’interaction dans ce domaine ? Préparez-vous des projets ou contrats concrets pour les discuter avec les participants au sommet ?

Vladimir Poutine : Oui, effectivement, les traditions de notre coopération militaire et technique ont des racines profondes. Elle s’est formée aux toutes premières étapes de l’établissement des États africains et a joué son rôle dans la lutte des peuples du continent pour l’indépendance. Et nos partenaires africains l’apprécient hautement.

Aujourd’hui, des accords sur la coopération militaire et technique sont en vigueur avec plus de 30 pays africains auxquels nous expédions une large nomenclature d’armes et de matériel. Bien sûr, elle est expédiée en partie à titre gratuit. Mais c’est une pratique habituelle suivie par tous les pays majeurs du monde.

Il est encourageant de voir que le partenariat militaire et technique continue à évoluer énergiquement. Et souvent ses initiateurs sont les pays africains eux-mêmes qui sont conscients qu’il faut savoir protéger son indépendance et sa souveraineté. Y compris face aux groupes extrémistes et terroristes. De là, une motivation de plus pour l’interaction avec la Russie qui possède une expérience riche de la lutte contre le terrorisme, y compris en Syrie.

Nos partenaires africains participent activement aux forums et manœuvres militaires et techniques, organisés par la Russie où ils prennent connaissance des modèles prometteurs des armes et du matériel militaires russes, de l’expérience de leur emploi. De notre part, nous allons contribuer à la préparation des cadres militaires des États africains et participer à la formation des soldats de la paix africains.

Agence TASS : La coopération sociale et humanitaire est nommée parmi les sujets du sommet. Pourquoi la Russie vient elle en aide à l’Afrique si les questions sociales sont loin d’être résolues à l’intérieur de la Fédération de Russie elle même ?

Vladimir Poutine : L’aide humanitaire à l’Afrique est prêtée par de nombreux États du monde. Et dans chacun d’entre eux – que ce soient les États-Unis, la France, la Chine ou d’autres pays – les problèmes du secteur social, c’est-à-dire de la santé, de l’éducation, de la culture, sont loin d’être résolus.

La Russie octroie aussi de l’aide humanitaire aux États africains, mais sans réduire le financement de ses propres programmes. En plus, les bonnes qualités de l’humanisme, de la charité, du soutien au moment difficile sont inhérentes à notre peuple.

Je vais vous citer un exemple récent. La Russie, comme beaucoup d’autres États, a prêté son aide aux pays africains frappés du cyclone tropical Idai en avril 2019. Des convois humanitaires russes ont été expédiés au Zimbabwe, Malawi et Mozambique – des tentes multiplace, des couvertures et des produits alimentaires d’un poids de 30 tonnes pour chaque pays.

Nous continuons à participer activement à l’assistance intégrée à l’Afrique. Ainsi, depuis octobre 2017, la partie russe participe à la mise en œuvre au Mozambique du projet du Programme alimentaire mondial des Nations Unies pour la création d’un système d’alimentation scolaire, d’un montant de 40 millions de dollars. Et à Madagascar, un projet est mis en œuvre pour l’introduction des technologies modernes et des équipements de désinfection, d’un montant allant jusqu’à 15 millions de dollars.

Nous aidons aussi nos amis africains dans le développement de la santé publique. Car les maladies transmissibles dangereuses ne connaissent pas de frontières. Ainsi, la Russie a été parmi les premiers à réagir à l’épidémie de la fièvre hémorragique Ebola en assignant 60 millions de dollars à la lutte contre la maladie. Aujourd’hui, le « Centre de recherche microbiologique et de traitement des maladies épidémiologiques » fonctionne en Guinée. La Russie a fait une contribution de 20 millions de dollars au programme de la Banque mondiale pour la réalisation de l’Initiative mondiale de la lutte contre le paludisme.

Et ces exemples sont nombreux. Je veux souligner : la participation de la Russie à la lutte contre la pauvreté, les maladies dangereuses, d’autres menaces de caractère global, la prévention des risques potentiels, comme on dit, « à distance » – correspond entièrement à nos intérêts nationaux.

Agence TASS : Les questions de sécurité sont très aigües dans de nombreux pays d’Afrique. Cela empêche le travail des entreprises russes là bas. Allez-vous aborder des questions de sécurité lors du sommet et proposer des mesures pour son renforcement ? Par quoi la Russie est-elle prête à aider à surmonter les conflits sur le continent ?

Vladimir Poutine : L’interaction dans le domaine de la sécurité régionale reste une composante importante dans les relations de la Russie avec les pays du continent africain. Ce n’est pas par hasard que le slogan de notre sommet est « Pour la paix, la sécurité et le développement ». Sans résoudre ces problèmes aucune avancée progressive n’est possible.

La situation dans de nombreuses régions de l’Afrique reste instable : des conflits nationaux et ethniques ne sont pas réglés, des crises aigües sociales et économiques ne s’arrêtent pas. Une activité intense est menée au nord de l’Afrique, dans la région de Sahara-Sahel, du Tchad et de la Corne de l’Afrique par de nombreuses organisations terroristes, y compris Daech, Al Qaïda, « Boko Haram », « Al Shabab ». Les forces armées et de l’ordre de nombreux pays africains ne sont pas capables de s’opposer seuls aux combattants et ont besoin d’une aide importante.

Nous allons tenir le cap de l’élargissement des contacts entre les services spéciaux et les forces de l’ordre de la Russie et des pays d’Afrique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, la propagation de drogues, le blanchiment d’argent, la migration illégale, la piraterie.

La pratique de formation des cadres militaires nationaux et des agents des forces de l’ordre africaines dans les grandes écoles du Ministère de la défense de la Russie et du Ministère de l’Intérieur de la Russie, y compris à des conditions préférentielles ou gratuitement, est bien recherchée. Par exemple, au cour des cinq dernières années seulement plus de 2 500 militaires des pays d’Afrique ont suivi des cours dans les établissements de formation militaire du Ministère de la défense de Russie.

Nos partenaires africains participent activement aux évènements organisés par la Russie comme le Forum militaire et technique international et les rencontres des hauts représentants en charge des questions de sécurité. Onze pays africains ont participé aux Jeux internationaux de l’armée « ArMI 2019 ». Et le nombre de ceux qui voudraient s’y joindre augmente toujours.

Finalement, tous ces programmes poursuivent le même objectif – aider les Africains à résoudre eux-mêmes les problèmes existants de la sécurité, ce qui permettra de renforcer les États africains eux-mêmes, leur souveraineté et leur indépendance. Ce qui veut dire que la situation dans le monde entier deviendra plus stable et prévisible.

Fin

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An 61 de l’indépendance : la célébration en France

11 octobre 2019 à 18 06 29 102910

A l’instar des précédentes éditions, nos compatriotes vivants en France ont massivement pris part aux festivités marquant le 61ième anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Pour marquer l’évènement de toute sa noblesse et sa grandeur, l’Ambassade de Guinée en France n’a pas lésiné sur les moyens. C’est ainsi qu’elle s’est attachée des services du très chic Pavillon Royal situé dans le quartier huppé du 16ième arrondissement de Paris.

L’évènement fût avant tout rehaussé de la présence très remarquée du Ministre Guinéen des Affaires Etrangères, monsieur Mamadi Touré, une première depuis l’accréditation de notre Ambassade dans l’Hexagone. En provenance de New-York où il avait pris part à l’Assemblée Générale des Nations Unies, le patron de la Diplomatie Guinéenne a fait halte à Paris pour prendre part à ces festivités. « Cette présence du Ministre est un signe éloquent de l’excellence des relations entre lui et l’Ambassadeur Amara Camara. Les deux se connaissent depuis leur jeune âge », murmure-t-on du côté de la rue Faisanderie.

Parmi les autres convives, on notait la présence des représentants de l’Etat Français et des Institutions internationales dont le siège est en France, également de nombreux Ambassadeurs des pays amis de la Guinée accrédités en France. On notait aussi la présence de nombreux responsables associatifs guinéens et d’autres anonymes. C’est dans une salle pleine à craquer que le Ministre Mamadi Touré et les Ambassadeurs amis de la Guinée ont été chaleureusement accueillis et installés par l’Ambassadeur de Guinée en France entouré de ses principaux collaborateurs.

Après les salamalec d’usage, c’est le patron de l’Ambassade qui a pris la parole. L’enfant de Kankan a, dans son discours, souhaité la bienvenue aux invités avant de retracer l’histoire de la Coopération bilatérale entre la France et la Guinée, de 1958 à nos jours. Pour l’ancien haut cadre de l’UNESCO, les relations entre la France et la Guinée sont excellentes. Il a pris des exemples concrets pour illustrer ses propos dont celui de la hausse de l’enveloppe de l’aide bilatérale. « Je me réjouis du soutien concret de la France et du soutien personnel du président de la République française en portant son aide bilatérale à la Guinée à un niveau jusque-là inégalé (de 350 millions d’euros à 501 millions d’euros) » se félicitera monsieur Camara. Au cours de cette prise de parole ponctuée d’applaudissements de l’auditoire, l’Ambassadeur a demandé l’aide de chacun et tous pour lutter contre l’immigration clandestine des jeunes mineurs qui ternit l’image de notre pays. Il a également exhorté nos compatriotes aux respects scrupuleux des lois de la République française, condition sine qua non d’une intégration réussie dans le pays d’accueil, en l’occurrence la France.

Pour sa part, le patron de la diplomatie guinéenne a mis l’accent sur les valeurs historiques dont notre pays a été pionnier au lendemain de notre indépendance. Mamadi Touré a vivement souhaité que la Guinée retrouve cette place qui nous honorait sur le plan culturel, économique et historique.

Après les discours, la fête s’est poursuivie autour du cocktail offert par l’Ambassade. C’était le moment d’échanges et de prise de connaissances entre les invités.

L’évènement fût aussi marqué par la brillante prestation de plusieurs vedettes de la musique guinéenne dont Doura Barry et Mory Kanté. C’est dans cette ambiance festive que la fête s’est poursuivie jusque tard dans la soirée.

Malgré le tohu-bohu de la classe politique guinéenne autour de l’épineuse question sur une nouvelle constitution, aucune altercation à caractère politique, ethnique et religieuse n’a eu lieu durant ces festivités du 61ième anniversaire de notre indépendance. Pourtant, parmi les invités, on notait la présence de nombreux responsables politiques, aussi bien de la mouvance que de l’opposition. Comme quoi, les Guinéens peuvent mettre leurs différences de côté, le temps de la fête nationale. Et, nos compatriotes vivants en France se sont donné rendez-vous au 02 Octobre 2020 dans l’espoir que la Guinée sera plus forte et plus unie.

De paris (France), Alpha Oumar DIALLO pour Guineematin.com

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France : un guinéen meurt dans un accident de moto, la police mise en cause

11 octobre 2019 à 12 12 06 100610

Un jeune guinéen a trouvé la mort dans un accident de la circulation le dimanche, 06 octobre 2019, en France. Sa famille qui accuse la police française d’être à l’origine de sa mort, a déposé plainte pour homicide involontaire. Une information judiciaire a été ouverte hier, jeudi 10 octobre sur cette affaire, a appris Guineematin.com de médias français.

Ibrahima Bah, 23 ans, originaire de la préfecture de Pita (en moyenne Guinée), circulait en moto à proximité d’une opération de police dans le quartier de la Ceriseraie, à Villers-le-Bel, dans le Val-d’Oise. Selon un communiqué du parquet de Pontoise, des témoins ont expliqué que le jeune serait passé au moment où des policiers avaient fait arrêter une voiture à un carrefour après des « infractions routières ».

« Un des fonctionnaires de police, par geste et par la voix, lui aurait fait signe de ralentir. Dans des circonstances qui restent encore floues, Ibrahima est allé percuter le poteau métallique d’un lampadaire. Il a trouvé la mort sur place. De son côté, la famille de la victime estime la police a joué un rôle dans la chute du jeune. Elle a déposé plainte contre X pour homicide involontaire.

Selon l’avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, des « témoins qui ont assisté à toute la scène ont indiqué qu’un véhicule de police a pu être responsable de la chute mortelle ». L’enquête, désormais diligentée par un juge d’instruction, doit permettre de faire la lumière sur « les circonstances entourant la chute », précise le procureur de Pontoise Éric Corbaux.

Lundi dernier, un millier de personnes se sont rassemblées à Villiers-le-Bel pour réclamer « la vérité » sur les circonstances de la mort d’Ibrahima Bah. Une mort qui intervient près de 3 mois après celle de Mamoudou Barry, un enseignant-chercheur guinéen, agressé mortellement le 19 juillet 2019 près de Rouen, dans l’ouest de la France.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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An 61 de l’indépendance : des enfants guinéens de Toronto (Canada) à l’honneur !

3 octobre 2019 à 5 05 50 105010

« Indépendance et diversité culturelle guinéenne à l’honneur des enfants de la communauté guinéenne de Toronto », c’est le thème choisi cette année par l’AFROGUI (Amicale Francophone des Guinéens et Guinéennes de l’Ontario), au Canada, pour célébrer l’an 61 de notre souveraineté nationale, après le « Non » historique du 28 Septembre 1958.

Sponsorisé par l’entreprise BNB TRANSFERT, cet évènement connaîtra sans nul doute un grand succès, le 5 Octobre prochain.

Au programme : Accueil et intonation de l’Hymne National de la Guinée par les enfants guinéens de Toronto, suivis de la présentation Power Pointe des objets d’Arts et des lieux touristiques de la Guinée et des témoignages de trois membres de la communauté sur les fêtes d’indépendance et la diversité culturelle.

Il est également prévu la présentation artistique de M. Kanté Amara (Djembé et dance traditionnelle). Entre autres, l’allocution du président de l’AFROGUI, Monsieur Abdourahamane Diallo, celle de Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de la République de Guinée au Canada et du défilé des enfants en tenues traditionnelles de notre pays.

Cette fête s’annonce donc très riche en couleurs ! Comme pour dire que nos compatriotes vivant au Canada ne sont pas du tout en reste de la célébration de notre indépendance, bien que programmée en différé. Pas étonnant pour quiconque connaît le dynamisme et le patriotisme qui animent tous les membres de cette association créée, le 27 septembre 2003.

Aussi, faut-il noter avec force, que l’organisation de la fête de l’indépendance de la Guinée à Toronto, une première d’ailleurs, était inscrite dans son programme de redynamisation et des innovations à apporter au sein de l’association depuis son congrès du 13 Avril dernier.Car, planifier et organiser des activités intéressantes pour les enfants, c’est de créer et d’entretenir l’harmonie au sein de l’association. Sinon, c’est de montrer aux enfants se trouvant loin du pays ce qu’a représenté leur pays dans l’émancipation des autres nations du continent africain et ailleurs. Plus encore, c’est d’éviter que les enfants guinéens de l’extérieur soient déracinés sur le plan culturel.

Bonne fête à toutes et à tous !

ThiernoTanou Diallo

Secrétaire Général Adjoint AFROGUI

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Élection du Bureau des jeunes de la section -Crown Heights Brooklyn –USA (Compte rendu)

2 octobre 2019 à 9 09 24 102410

Conformément aux dispositions statutaires et réglementaires du parti l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), la fédération de Brooklyn-USA a procédé à l’installation du Bureau des jeunes de la section -Crown Heights le lundi, 30/09/2019.

C’est dans une ambiance festive que l’élection s’est déroulée. Cette élection s’est passée sous les yeux vigilants de Mr Alpha Issagha Diallo et de El hadj Ousmane Diallo tous membres de la Direction nationale du parti, ainsi que le Secrétaire Fédéral intérimaire, Mr Alpha Oumar Samoura accompagnés du secrétaire général de la section Ibrahima Dara, de la présidente des femmes Kadiatou Barry et tout leur staff. Il y avait neuf(9) postes à pourvoir, Mr Saliou Barry a été élu Secrétaire Général de la jeunesse de la dite section pour un mandat de trois (3) ans.

Après avoir remercié et félicité les jeunes pour leur brillante élection, Mr Samoura a saisi l’occasion pour dénoncer les malversations financières du gouvernement et la souffrance que les Guinéens endurent malgré d’énormes potentialités économiques du pays. Il a également exhorté les militants de l’UFDG à rester mobilisés pour défendre et préserver les acquis démocratiques du pays. C’est dans cette optique que certains responsables ont émit l’importance de défendre la constitution tout en refusant à l’actuel Président de violer la constitution pour s’octroyer un troisième mandat ou une présidence à vie.

Étant conscients que que la démocratie fonctionne de la base au sommet, les responsables de la fédération procéderont à l’élection des bureaux des jeunes de la section de Flatbush et de East New York dans les prochaines semaines, et qui sera suivie de l’élection du Bureau des jeunes de la fédération de l’UFDG de Brooklyn.

La cérémonie s’est terminée dans une atmosphère émouvante où les militants et représentants des différentes structures de la fédération restent résolument déterminés pour contrer Les velléités machiavéliques de Alpha Condé et participer à l’élection de président Elhadj Cellou Dalein Diallo en 2020.

À noter que la liste des membres élus de la section sera transmise à qui de droit.

Hamidou BARRY
Sec. Communication et information du Bureau Fédéral de Brooklyn

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Décès de Jacques Chirac : les hommages de l’opposant guinéen Ibrahima Sakho

1 octobre 2019 à 13 01 26 102610
Les défunts présidents Lansana Conté et Jacques Chirac à l’inauguration du barrage Garafiri, en 1998

Les réactions continuent de se faire entendre à travers le monde suite à la mort de l’ancien président français Jacques Chirac, décédé la semaine dernière à Paris. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com depuis la capitale française où il se trouve, l’opposant guinéen Dr Ibrahima Sakho a regretté la perte d’un grand ami de l’Afrique et la Guinée. Le président du parti CPUG a rendu un vibrant hommage à l’ancien chef d’Etat français.

Dr Ibrahima Sakho, président du parti CPUG

« C’était un grand homme politique français. Il était un grand ami de l’Afrique et en particulier de la Guinée. On se souviendra de lui comme un personnage qui a beaucoup aidé la Guinée ne serait-ce que dans la construction du barrage hydroélectrique de Garafiri. Il a contribué beaucoup financièrement à l’époque du président Lansana Conté. On peut aussi parler de cet homme politique français qui s’est aussi battu pour la libération du professeur Alpha Condé qui est notre président actuel. C’est une énorme perte pour nous. Et, nous présentons nos condoléances à sa famille naturelle mais aussi à toute la France », a-t-il réagi.

Par ailleurs, Dr Ibrahima Sakho s’est prononcé aussi sur certains sujets qui font l’actualité en Guinée. C’est notamment la date annoncée par le président de la CENI pour la tenue des élections législatives. Le jeune opposant trouve le chronogramme proposé irréaliste et dénonce une mascarade en cours de préparation. C’est pourquoi, il appelle « tous les patriotes guinéens, tous les démocrates guinéens à ne pas participer à cette mascarade. Parce que s’ils font ces élections alors que nous avons un fichier électoral tronqué, c’est que le gouvernement actuel et Alpha Condé ont des idées derrière la tête.

A savoir certainement une fraude massive et la corruption généralisée pour pouvoir engranger d’éventuels résultats en leur faveur. Cela peut conduire à des violences dans notre pays, chose qu’on ne souhaite pas. Nous voulons la paix, l’unité et une véritable démocratie dans notre pays. Aucune personne soucieuse du bonheur de nos concitoyens guinéens ne voudra participer à ces élections législatives qui seront certainement biaisées et qui peuvent engendrer d’autres violences postélectorales », a-t-il laissé entendre.

En ce qui concerne les consultations menées par le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana autour du changement de constitution ambitionné par le pouvoir, le président du parti CPUG a donné les raisons de la non-participation de sa formation politiques à ce débat. « On ne peut pas adhérer à des consultations de cette sorte lorsqu’ils ont déjà leurs idées arrêtées. De toutes les façons, ce régime doit être combattu et balayé », a lancé Dr Sakho.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Fuite de la misère : un autre guinéen est mort dans le train d’un avion

30 septembre 2019 à 15 03 15 09159

20 après la mort de Yaguine Koïta et Fodé Tounkara dans le train d’atterrissage arrière droit d’un appareil de la compagnie Sabena Airlines à destination de Bruxelles, un autre guinéen qui voulait fuir la misère qui sévit dans notre pays a perdu la vie la nuit d’hier à aujourd’hui, a-t-on appris des médias marocains.

Ce compatriote dont l’identité n’a pour le moment pas été révélée, a profité des failles sécuritaires de l’aéroport international de Conakry pour s’introduire dans le train d’un appareil de la RAM (Royal Air Maroc). C’est le vol AT526 (l’avion CN-ROA B737-800) qui a transporté ce jeune homme de Conakry pour Casablanca (Maroc) où son corps a été trouvé dès l’arrivée, à 06 heures 30’, indique-t-on.

A rappeler que comme Yaguine Koïta, Fodé Tounkara et tous ceux qui se perdent la vie dans la Méditerranée et les autres cimetières de l’exil, cette autre victime tentait de fuir la misère qui est une conséquence de la mauvaise gouvernance de la Guinée.

61 ans après l’indépendance nationale, les Guinéens cherchent toujours à fuir leur pays pour espérer une vie heureuse qu’ils ne rêvent pas trouver dans la terre de leurs ancêtres…

Guineematin.com présente ses condoléances à la famille éplorée et à l’ensemble du peuple de Guinée

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Conakry : 28 nouveaux volontaires du corps de la paix prêtent serment

28 septembre 2019 à 10 10 46 09469

Après 3 mois de cours suivis au centre de formation américain de Bagakoundou, situé à Dubreka, vingt-huit (28) volontaires du corps de la paix ont prêté serment ce vendredi, 27 septembre 2019, à Conakry. Dans les prochains jours, ils seront déployés à l’intérieur du pays pour enseigner dans des écoles pendant deux ans, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La présence du corps de la paix en Guinée vise à favoriser un échange culturel et linguistique entre guinéens et américains. C’est dans ce cadre que ces 28 enseignants sont arrivés dans notre pays. Avant leur déploiement sur le terrain, ils ont suivi une formation de trois mois pour apprendre le français et les langues locales. Une formation couronnée par un succès, selon Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée.

Audu Besmer, chargé d’affaires à l’ambassade des Etats-Unis en Guinée

« C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à vous cet après-midi à l’occasion de l’assermentation de notre dernière classe de 28 volontaires du corps de la paix. Tous les 28 qui sont arrivés le 3 juillet, ont terminé leur programme de formation avec succès et réaffirment leur engagement. Le corps de la paix est un élément important du partenariat entre les USA et la Guinée depuis 1963, année de l’arrivée ici des premiers volontaires. Je tiens personnellement à remercier le personnel et les formateurs techniques qui ont encadré ces volontaires tout au long de leur formation initiale. Je tiens également à remercier le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation pour leur coopération tellement indispensable au succès du programme », a déclaré le diplomate américain.

Sébastean Zenzo Selarque

En prêtant serment, les volontaires du corps de la paix ont pris l’engagement d’accomplir correctement leur mission sur le terrain. Celle de contribuer à la formation des élèves guinéens. « Je suis venu en Guinée pour être professeur de mathématiques au lycée Pathé Diallo de Mandiana. Et, je compte apporter mon soutien aux autres enseignants ainsi qu’aux élèves de là-bas afin d’améliorer le système éducatif dans cette localité », a promis Sébastean Zenzo Selarque, l’un des volontaires.

Dr Diéné Keïta, ministre de la coopération internationale et de l’intégration africaine

Présente à cette cérémonie, la ministre guinéenne de la coopération internationale et de l’intégration africaine, Dr Diéné Keïta, a remercié le corps de la paix pour le soutien qu’il apporte à la Guinée. « Je voudrais vous dire au nom du président de la République et au nom du Premier ministre toutes mes félicitations. La philosophie du corps de la paix est absolument unique. Vous êtes là pour partager ce que votre pays a de plus beau : sa générosité et son courage. Merci pour mon pays, merci pour tous les jeunes guinéens qui vont bénéficier de cette générosité ».

Parmi ces 28 nouveaux volontaires du corps de la paix, il y a dix-huit(18) professeurs de mathématiques ; huit (8) professeurs de sciences (Physique, Chimie et Biologie) ; et deux (2) professeurs de langue anglaise. Ils seront répartis entre les préfectures de Kindia, Boké, Gaoual, Mamou, Dalaba, Pita,Tougué, Mali,Télémélé, Dabola, Dinguiraye Kouroussa, Kankan, Siguiri, Mandiana, Kissidougou et Guéckédou.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 623532504

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Mort de Jacques Chirac : Quelques souvenirs de Boubacar Yacine Diallo, journaliste et écrivain

27 septembre 2019 à 11 11 47 09479
Les défunts présidents Lansana Conté et Jacques Chirac à l’inauguration du barrage Garafiri, en 1998

Au moment où je m’apprête à embarquer à bord d’Air France pour Paris, le souvenir de mon premier contact avec Jacques Chirac me revient au galop. C’est en effet dans l’ascenseur de l’hôtel de Crillon au cœur de Paris que Mamadouba Diabaté et moi, tous deux reporters à la RTG, rencontrions celui qui était maire de la capitale française, souhaitant serrer la main au président Lansana Conté, en visite officielle, que nous accompagnions.

Sur l’agenda des audiences, Chirac ne figurait pas. Il a donc ignoré le protocole et se mit à la recherche de la suite présidentielle.

Aussitôt mis au courant de sa présence, le président Conté accepta de le recevoir.

Larges sourires, chaudes accolades, les deux hommes d’Etat, sans se connaître, s’appréciaient réciproquement. Le maire de Paris déclara à l’occasion : « Nous avons en France et à Paris en particulier beaucoup d’estime pour le président Conté, parce qu’il mène une action à la fois intelligente, courageuse, efficace de redressement et de développement économique de la Guinée. »

Très flatté, le président guinéen n’en dira pas moins de son hôte.

Le deuxième souvenir que j’ai de lui, c’est à Rabat lors des funérailles du Roi Hassan II, le 26 juillet 1999.

La vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement et les représentants d’environ cinquante pays présentent brièvement leurs hommages. Bill Clinton et Jacques Chirac, Ehud Barak et Yasser Arafat Et aussi le chef d’Etat algérien Abdelaziz Bouteflika, grande première. Et bien sûr le général Lansana Conté.

Une image m’est restée, celle où le président Chirac présentait au couple Bill Clinton le chef de l’état guinéen.

Avec des mots forts comme « c’est un homme à féliciter et à encourager ».

Troisième et dernier souvenir, c’est lors de sa visite à Conakry, toujours en 1999.

A sa descente d’avion, il dit sa satisfaction de revoir Lansana Conté qui le conduira à l’hôtel de l’indépendance.

La RTG avait fait un plateau et tout le parcours depuis l’aéroport avait été retransmis en léger différé. Aïssatou Bella Diallo, directrice de la télévision avait fait une brillante présentation de l’émission spéciale.

Chirac avait tenu à nous féliciter de vive voix. Moi le premier en tant que Directeur Général de l’ORTG et surtout Bella et toute l’équipe. Il avait tenu à nous serrer la main en lançant : « Je suis heureux d’être à l’hôtel de France !»

Au cours de la conférence de presse qui a sanctionné la visite, Chirac avait sollicité la libération du leader du RPG et candidat à l’élection présidentielle, Alpha Condé.

En répondant à la question posée par Christophe Boisbouvier de RFI, le président Lansana Conté avait révélé avoir certifié à Chirac que le procès d’Alpha Condé, l’opposant guinéen, serait un procès transparent et que la justice demeurerait sereine. »

Il quittera Conakry sous nos yeux à l’aéroport Gbessia de Conakry, après avoir inauguré le barrage de Garafiri.

Je l’ai revu, à d’autres occasions mais de loin, lors des sommets de la Francophonie, de France- Afrique ou encore à l’Assemblée Générale des Nations Unies.

La mort de Chirac est une immense perte pour l’humanité. Et comme le disait De Gaulle : « Il n’y a rien de grand sans de grands hommes et ceux-ci le sont pour l’avoir voulu. »

Chirac s’est battu pour l’être, et il le demeure.

Boubacar Yacine Diallo journaliste et écrivain

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Entretien : Boubacar Sidi Diallo, professeur de droit en Pologne, à Guineematin

26 septembre 2019 à 23 11 06 09069

En séjour en Guinée, son pays d’origine, Boubacar Sidi Diallo, professeur de droit international en Pologne, a accordé un entretien à Guineematin.com, le vendredi 20 septembre 2019. Avec lui, nous avons évoqué son parcours et ses expériences en Europe, son livre qui porte sur le système africain régional de sécurité collective à la lumière du droit international, publié en Pologne, et un projet de coopération entre l’université où il travaille et les institutions d’enseignement supérieur de notre pays.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes professeur de droit international dans une grande université de Pologne, parlez-nous d’abord de votre parcours qui vous a conduit dans ce pays européen.

Boubacar Sidi Diallo : je suis originaire de Télimélé, où j’ai passé mon enfance. Quand j’ai eu le bac à partir de Fria, j’ai eu une bourse d’études du gouvernement guinéen pour aller continuer mes études en Pologne. Et, c’est comme ça que je ne me suis retrouvé en 1989 en Pologne et j’ai commencé des études de droit. Après la maîtrise, j’ai fait la thèse en droit international public sur la problématique du règlement pacifique des différends internationaux en Afrique. Ensuite, j’ai continué mon parcours universitaire sur la recherche scientifique en faisant une deuxième thèse pour l’habilitation sur la sécurité collective, principalement le système africain régional de sécurité collective à la lumière du droit international.

Guineematin.com : justement, c’est le thème d’un livre que vous avez écrit et publié en Pologne. L’ouvrage est intitulé « Système régional de sécurité collective à la lumière du droit international ». Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce livre ?

Boubacar Sidi Diallo : le motif a été double. Premièrement, c’était une volonté résolue de présenter les problématiques africaines liées à la sécurité, liés aux menaces, pour mes confrères européens avec lesquels je travaille. Parce qu’ils n’ont pas accès à certaines données réellement. Les informations qu’ils ont, ce n’est pas toujours de sources sûres. Alors ça, c’est la première motivation, c’est-à-dire pour essayer de remplir ce vide dans le cadre de documents universitaires chez nous. Le deuxième aspect, c’était de revoir est-ce que le système régional africain de sécurité collective allait être compatible avec le droit international classique. Vu que le droit international classique était conçu exclusivement pour régler les conflits classiques, c’est-à-dire les conflits entre Etats, et maintenant nous assistons à d’autres types de menaces à d’autres types de conflits et avec la participation de différents acteurs qui ne soient pas seulement l’Etat.

Guineematin.com : je vois que le livre est écrit en polonais, quels sont les thèmes que vous abordez ?

Boubacar Sidi Diallo : il y a deux, voire trois volets dans ce livre. La première des choses, c’est de voir l’impact du droit international par rapport au maintien de la paix, par rapport à la sécurité collective dans son ensemble. Est-ce qu’avec le droit, on peut espérer maintenir la paix, sans pour autant passer à d’autres instruments beaucoup plus complexes ? Ça c’est le premier volet. Le deuxième volet, il s’agit de voir est-ce qu’il est nécessaire fondamentalement de passer à la décentralisation du système de sécurité collective qui, depuis la première guerre mondiale, a été un système centralisé au niveau des institutions universelles. D’abord avec la société des nations, ensuite avec l’ONU actuellement qui donne l’exclusivité de la sécurité collective au conseil de sécurité. Alors, est-ce qu’il est nécessaire maintenant de décentraliser le système de sécurité collective au niveau des structures, des organisations régionales telles que l’union africaine.

En droit, on dit que la justice doit être proche des justiciables. Est-ce que maintenant ici aussi, le système doit être beaucoup plus prêt de ceux-là qui sont censés être intéressés par ça ? Ça c’est le deuxième volet. Ensuite, on a essayé d’aborder aussi la problématique qu’on appelle la responsabilité de protéger. La responsabilité de protéger, est un nouveau concept du droit international qui veut remplacer les notions classiques : telles que les aides humanitaires ou alors ingérence pour aide humanitaire.

Guineematin.com : quel est le constat que vous avez fait en fin de comptes ? Y a-t-il une compatibilité ou non entre le système régional de sécurité de collective et le droit international ?

Boubacar Sidi Diallo : vous savez, en principe, le droit international régional, on peut l’appeler ainsi, doit avoir un caractère complémentaire, disons doit s’accommoder au droit international général. Cependant, on contacte qu’avec les situations actuelles, il y a des innovations, il y a des réadaptations. On se réadapte aux réalités de chaque région. Par exemple, vous constatez qu’en Afrique, il y a beaucoup de conflits internes. Dans d’autres régions, vous avez des conflits avec la participation d’acteurs non étatiques. Donc il faut essuyer de voir dans quelles mesures on peut faire face à ces défis, faire face à ces menaces. Donc, la sécurité collective dans son ensemble ne constitue pas seulement une problématique liée à la guerre.

C’est aussi l’environnement, donc les menaces au niveau des changements climatiques, c’est aussi les pandémies. Vous l’avez constaté ici en Guinée avec Ebola et autres, tout cela est considéré comme étant des problématiques qui doivent être prises en amont ensemble pour qu’on puisse trouver une solution à ces problèmes. Vu que le conseil de sécurité est allé jusqu’à considérer Ebola comme étant une menace à la paix et à la sécurité internationale, une première dans l’histoire des institutions universelles, ça veut dire qu’on ne doit plus se camper à chercher des armes et autres pour faire face à des conflits classiques qui pratiquement n’existent plus. Mais, plutôt le terrorisme avec la participation d’individus, d’acteurs non étatiques.

Guineematin.com : vous êtes venu en Guinée avec projet pour les universités guinéennes. De quoi s’agit-il au juste ?

Boubacar Sidi Diallo : aujourd’hui, à travers le monde, il y a des mutations, il y a des changements qui surviennent, il y a ce qu’on appelle la mondialisation. En Europe, aujourd’hui, on a considéré que la science, la recherche scientifique dans son ensemble ne peut plus se limiter à des frontières restreintes. C’est pourquoi on parle maintenant d’internationalisation de la science et d’internationalisation de la recherche. Alors, les universités européennes commencent à s’ouvrir à d’autres institutions d’enseignement supérieur à travers le monde. Et cela, dans l’intérêt de toutes les parties.

On est déjà en partenariat avec certaines universités africaines comme l’université Cheick Anta Diop de Dakar. L’année dernière j’étais à Dakar, j’ai présenté le mémorandum par rapport à ça, et nous avons signé un mémorandum de coopération avec l’université de Dakar. Ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a beaucoup de jeunes sénégalais qui viennent chez nous pour étudier, et même des professeurs sénégalais qui viennent acquérir la méthodologie de travail de chez nous, nous aussi nous partons chez eux pour apprendre. Cette année, c’était l’arrivée du Recteur de l’université de Bamako chez nous. Il a montré sa détermination absolue d’être parmi ceux-là qui vont piloter ce programme.

Et, vu que je suis de la Guinée, vu que je suis dans le domaine, je me suis dit qu’il faut absolument faire le nécessaire pour que ne serait-ce qu’une seule université guinéenne soit coptée dans ce processus que nous avons appelé actuellement l’internationalisation de la science. Au niveau de l’union européenne, on a créé un nouveau programme qui va au-delà des pays qui constituent l’union européenne. Donc, on peut se baser sur ce programme pour essayer de trouver des financements appropriés pour nos jeunes qui veulent se former et surtout pour améliorer encore la qualité du personnel enseignant, afin que sur place, on puisse avoir des personnes ressources fiables pour la formation des jeunes.

Guineematin.com : depuis que vous êtes arrivé en Guinée, avez-vous parlé de ce projet avec les autorités en charge de l’enseignement supérieur ?

Boubacar Sidi Diallo : oui, hier j’ai eu le privilège de rencontrer le ministre de l’enseignement supérieur, qui a montré absolument son intérêt par rapport à cela. Il a même instruit le Recteur de l’université de Sonfonia de nous rencontrer pour qu’on en parle en détails.

Guineematin.com : quelles sont les conditions à remplir pour faire partie de ce projet ?

Boubacar Sidi Diallo : avant tout d’abord, il faut rendre les choses formelles, c’est le plus important. Il faut d’abord qu’il y ait un mémorandum, une convention unique. Et, les conventions ont un caractère général, elles touchent tous les aspects. Maintenant, les détails dépendront du besoin. Notre université a près de 60 000 étudiants et 13 facultés différentes. Donc, les deux parties verront ensuite dans quels domaines elles vont coopérer. Sinon, pour signer la convention, il suffit juste de l’engagement des deux parties.

Guineematin.com : vous avez dit que le ministre a instruit le Recteur de l’université de Sonfonia de vous rencontrer pour en parler, est-ce que c’est la seule université guinéenne qui est visée par le projet ?

Boubacar Sidi Diallo : le projet n’a pas de limités. Mais, pour l’instant, c’est seulement le Recteur de cette université que j’ai la possibilité de rencontrer. S’il y en avait d’autres, je les aurais rencontrés aussi pour parler de ce projet. Mais, c’est la seule possibilité qui m’est donnée pour le moment. On va se rencontrer et échanger. Puis, à mon retour en Pologne, je vais présenter la situation aux autorités et on verra ce qu’il y a lieu de faire. En ce qui concerne le Mali, c’est en une semaine qu’on leur a envoyé l’invitation. Ils sont partis voir nos installations, ils ont vu ce que nous avons à offrir. Donc à travers ça, eux-mêmes ils ont déterminé le cadre de leurs besoins. C’est un peu quelque chose comme ça qui pourrait advenir avec la Guinée aussi.

Guineematin.com : on va parler de vous personnellement. Vous avez étudié en Guinée, vous avez fait l’école primaire et le secondaire ici, vous êtes parti ensuite en Pologne pour faire l’université. Comment êtes-vous parvenu à vous intégrer jusqu’à être pris comme professeur de droit international dans une si grande université de ce pays ?

Boubacar Sidi Diallo : ça, c’est un processus long et complexe. Il fallait être constant, il fallait être déterminé. Des fois, ce n’est plus l’intelligence qui détermine le succès, mais c’est plutôt la détermination, l’engagement, la volonté d’y arriver. En Pologne particulièrement, le doctorat seulement ne vous ouvre pas de grandes portes, il faut avoir absolument l’’habilitation. C’est l’habilitation qui vous permet de devenir professeur, c’est l’habilitation qui vous permet d’être directeur de thèse, c’est l’habilitation qui vous permet d’être directeur de groupe de chercheurs. Un docteur simple ne peut pas être à la tête d’un groupe de chercheurs, ne peut aussi diriger une thèse. C’est ce qui fait que j’ai eu l’ambition d’aller à l’habilitation et puis aller au-delà.

Donc, comme le droit international est un domaine très vaste, après le doctorat, j’ai essayé de cibler plusieurs domaines précis, entre autres les droits de l’Homme. Je suis allé me former à l’institut international des droits de l’Homme de Strasbourg (France), là où j’ai été certifié comme étant habilité à enseigner les droits de l’Homme dans les universités. Ensuite, je suis arrivé à l’académie de la Haye (Pays-Bas) où j’ai été certifié avoir acquis des connaissances requises pour se réclamer étant spécialiste en droit international. Ensuite, jai essayé aussi d’approfondir un peu mon niveau en termes de langue. En Pologne, on utilise que le polonais et l’anglais comme langues de travail. C’est pourquoi d’ailleurs, j’ai parfois du mal à bien parler français aujourd’hui, parce que depuis près de 30 ans je ne parle que le polonais et l’anglais.

Et puis, il fallait parler de l’intégration. Actuellement, à la faculté de droit et administration de l’université où je travaille, non seulement je suis le seul professeur étranger, mais je suis le seul étranger dans l’université. Parce qu’il n’y a même pas d’étudiants à plus forte raison d’autres professeurs étrangers. Donc, c’est ce qui fait je suis à l’œil de tout le monde. Tout ce que je fais est vu et analysé par tout le monde. Mais, je suis aussi actuellement l’un des rares professeurs de cette université qui peuvent éventuellement s’efforcer à donner des cours magistraux en trois langues différentes : anglais, français et polonais, donc c’est l’atout aussi d’apprendre les langues. Ça vous permet toujours d’avoir un pas en avant par rapport à vos concurrents éventuels.

Guineematin.com : en dehors même de l’université où vous travaillez, comment est-ce que vous êtes vu par la société polonaise ?

Boubacar Sidi Diallo : vous savez, les gens ont tendance à donner des verdicts sans autant analyser les bases sur lesquelles le verdict a été rendu. Cela veut dire qu’on se base sur des stéréotypes pour faire des jugements qui ne sont pas du tout fondés. Je peux vous dire une chose, dans toutes les communautés, partout dans le monde, les gens ont peur de ce qui est étranger. Je l’ai vécu en Europe, je l’ai vécu aux Etats-Unis parce que j’y ai habité aussi dans le cadre de la formation. Mais, quand vous arrivez à approcher l’étranger et vous le découvrez, vous saurez réellement qu’il n’est pas être étranger. Donc, si moi je suis en Pologne, c’est à moi de chercher à m’intégrer. L’intégration, c’est d’essayer d’apprendre les mœurs, apprendre tout ce qui est là.

Ça ne veut pas dire me déraciner, mais ça veut dire que j’essaie de comprendre comment on vit dans ce pays. Et, au fil du temps, les gens ont cessé même de me considérer comme un étranger. Par exemple, au conseil de faculté, parfois nos collègues professeurs, surtout les jeunes, ils parlent des étrangers : ils les stigmatisent, ils parlent de ceci, de cela alors que je suis là, donc pour eux je ne suis même plus étranger. Donc, le système m’a intégré, les ne me voient plus comme un étranger, et c’est normal. Même chez nous ici, si votre voisin est bien, il est gentil, correct, propre, travailleur, et il ne vous dérange nullement en rien, vous verrez qu’il sera plus proche de vous que même votre parent.

Guineematin.com : même si la Pologne n’est pas touchée par le phénomène de l’arrivée massive de migrants clandestins, vous voyez des pays voisins qui sont confrontés à cette situation. Beaucoup de jeunes quittent l’Afrique, dont la Guinée classée deuxième pays pourvoyeur de migrants dans certains pays d’Europe, ils vont à la recherche de l’eldorado. Quel est votre regard sur cette question ?

Boubacar Sidi Diallo : ça aussi, c’est une problématique très intéressante et complexe, parce qu’il n’y a pas un remède unique à cela. Je suis parfois confronté à des difficultés à l’université, parce que dans la faculté c’est moi qui dirige le cours magistral de droit à l’immigration. Je me retrouve devant dans un amphithéâtre avec plus de 300 étudiants, des jeunes blancs, pour leur parler de la migration. Mais, il faut toujours voir la situation avant de juger, il faut voir la cause pour donner des détails. Les jeunes qui pensent que l’eldorado c’est ailleurs, ils n’ont pas tort. Parce que quand vous êtes dans une situation désespérée, vous ne pouvez pas imaginer qu’ailleurs c’est pire que ce vous vivez. Donc du coup, vous êtes tenté d’aller ailleurs pour chercher le salut afin de sortir de la galère que vous êtes en train de vivre.

Donc, je pense que c’est aux autorités, c’est d’abord la responsabilité de l’Etat de reprendre son rôle régalien dans le cadre de l’éducation, dans le cadre de la formation pour déjà orienter les jeunes. Imaginez, depuis plus d’une décennie, en Guinée, nombreux sont des jeunes étudiants qui sont en dernière année et qui ne savent toujours pas ce qu’ils veulent faire ou qu’est-ce qu’ils vont faire. Ce qui est très dangereux. En principe, un étudiant qui fait la deuxième année devrait être déjà orienté et savoir après ça qu’est-ce qu’il va faire. Et se dire que même si ça ne marche pas, je vais acquérir des expériences et puis après je vais me transporter ailleurs, je vais chercher à faire autre chose. Mais là, c’est le problème fondamental, les jeunes sont abandonnés à eux-mêmes.

Je constate qu’ils (les dirigeants) ont accepté qu’on privatise l’enseignement supérieur, donc on a fait de l’éducation, on a fait de l’enseignement supérieur un fonds de commerce. Ça veut dire qu’on ne peut pas s’attendre à l’excellence. Parce que le monsieur qui a son université privée ou alors son école privée, il s’en moque de la qualité, il veut juste avoir un nombre suffisant d’élèves et d’étudiants pour que sa comptabilité soit au rendez-vous en fin mois. C’est vrai que ce n’est pas tout le monde qui se comporte comme ça, mais ils sont sans très nombreux. Ça c’est un autre problème qu’il faut résoudre. Les jeunes doivent être déjà encadrés dès le début. On ne peut pas parler de l’enseignement de masse et espérer avoir l’excellence.

Donc, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire ? A mon entendement, c’est de revenir un peu sur ce qui était là dans les temps passés. Je ne vais pas dire que c’est une référence, mais quand même ça avait produit vraiment des effets positifs. A savoir, instaurer dans toutes les préfectures de la Guinée de centres de formations professionnelles, des écoles professionnelles. L’université, ce n’est pas pour tout le monde. Vous n’avez pas besoin d’être universitaire, mais vous êtes obligé d’être éduqué et vous êtes obligé d’être formé pour que vous soyez utile à la société. Si vous n’êtes pas formé, vous ne pouvez pas être utile à la société.

Guineematin.com : nous arrivons à la fin de cet entretien, est-ce que vous avez un dernier message à lancer ?

Boubacar Sidi Diallo : le message c’est surtout envers les jeunes de Guinée. Parce que je sais vraiment ce que ça veut dire la formation, ce que ça veut dire l’éducation. Je vais vous dire d’être vraiment très courageux et ambitieux. Apprenez et parlez de votre présent, cherchez à savoir quels sont les enjeux de votre futur, formez-vous ! Sans la formation, vous n’allez même pas vivre votre présent et vous allez aussi compromettre votre avenir. Donc, je n’aimerais pas entendre un jeune né dans les années 90 me parler de l’histoire, me parler du premier ou du deuxième régime. Parlez de développement et laissez les choses telles que l’histoire et autres aux spécialistes, aux historiens.

Ils n’ont qu’à vous donner un cadre idéal pour apprendre le passé de votre pays, mais ce n’est pas à vous de vous mettre à ce niveau. Concentrez-vous au travail avec courage, à la formation, et essayez d’être dynamiques. Parce qu’être statique, c’est-à-dire vouloir toujours se contenter de ce que nous avons ne nous mènera nulle part. Ça ne fera que nous limiter et ça ne va pas nous permettre de développer nos compétences. Et à la longue, vous verrez qu’il y a un gâchis.

Entretien décrypté par Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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La France en deuil : Jacques Chirac est mort

26 septembre 2019 à 11 11 47 09479
Les présidents Lansana Conté et Jacques Chirac à l’inauguration du barrage Garafiri, en 1998

L’ancien président français, Jacques Chirac, est décédé ce jeudi, 26 septembre 2019. Il s’est éteint à l’âge de 86 ans des suites d’une longue maladie, a appris Guineematin.com des médias français.

Jacques est mort à son domicile parisien de la rue de Tournon qu’il ne quittait plus depuis septembre 2016, lorsqu’il il avait été rapatrié du Maroc et hospitalisé à la Pitié-Salpêtrière pour une infection pulmonaire. Les médecins avaient à plusieurs reprises annoncé à sa femme Bernadette et sa fille Claude que le pronostic vital de l’ancien président était désormais engagé.

Il était affaibli depuis son départ de l’Élysée en mai 2007. Jacques Chirac avait été hospitalisé à plusieurs reprises, notamment en décembre 2015 en raison d’un affaiblissement général. Il avait par ailleurs été victime d’un accident vasculaire cérébral en 2005. Sa dernière apparition publique à une cérémonie officielle remonte au 21 novembre 2014 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac au musée du quai Branly.

Jacques Chirac a eu une longue carrière politique. De secrétariat d’Etat en 1967, il est devenu président de la République entre 1995 et 2007, en passant par plusieurs mandats de député de Corrèze puis la mairie de Paris entre 1977 et 1995. Depuis l’annonce de sa mort, les réactions se multiplient dans la classe politique française pour lui rendre hommage.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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89ème Journée Nationale du Royaume d’Arabie Saoudite : voici le discours de l’ambassadeur

25 septembre 2019 à 20 08 23 09239

Dans la soirée du lundi dernier, 23 septembre 2019, la représentation diplomatique du Royaume d’Arabie Saoudite à Conakry a organisé une grandiose cérémonie de célébration de la 89ème journée nationale du Royaume d’Arabie Saoudite. Entouré de plusieurs ministres et face à un public trié sur le volet, notamment des diplomates, représentants des institutions, son Excellence Dr. Hussain Nasser Aldakhelallah a campé cette date historique, avant d’aborder les relations guinéo-saoudienne.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité du discours de S.E. Dr. Hussain Nasser Aldakhelallah :

  • Excellence Monsieur le Représentant du Gouvernement ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales en République de Guinée ;
  • Honorables invités,
  • Mesdames et Messieurs,

     C’est avec un grand honneur et un plaisir que nous célébrons, avec vous, aujourd’hui le 89ème anniversaire de l’unification du Royaume d’Arabie Saoudite par son fondateur le Roi Abdul Aziz bin Abdul Rahman AL SAOUD – Paix à son âme.

     Cet anniversaire rappelle l’important événement historique du 23 Septembre 1932, date à laquelle l’histoire a enregistré la naissance du Royaume d’Arabie Saoudite et l’unification de l’Etat saoudien sous le nom du « ROYAUME D’ARABIE SAOUDITE« .

     La politique étrangère du Royaume d’Arabie Saoudite est basée sur des principes fondamentaux, notamment la bonne collaboration, la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays, l’établissement des relations de coopération avec les pays frères et amis. Elle joue un rôle actif dans le cadre des organisations régionales et internationales.

  • Mesdames et Messieurs;

    La journée nationale est une grande occasion qui se répète chaque année et à travers elle nous suivons la marche de la géante renaissance que le Royaume d’Arabie Saoudite a connu dans tous les domaines et devenu en un temps record parmi les pays développés. Le Royaume d’Arabie Saoudite accorde une attention particulière à la reconstruction et l’extension des deux saintes mosquées, et déploie des gros efforts pour la satisfaction et le confort des pèlerins et visiteurs des lieux saints de l’islam.

     Dans le cadre de ses efforts pour servir la nation et le citoyen, le gouvernement du Royaume d’Arabie Saoudite a lancé «La vision de l’Arabie Saoudite 2030», sous l’égide du Serviteur des deux saintes mosquées le Roi Salman bin Abdul Aziz AL SAOUD, et son Prince héritier Son Altesse Mohamed bin Salman bin Abdul Aziz AL SAOUD. Cette vision a pour objectif la réalisation des aspirations du peuple dans de nombreux domaines, notamment : l’accroissement des recettes non pétrolières, l’augmentation de l’efficacité de l’administration publique dans le domaine de l’e-gouvernement, la réduction du taux de chômage, l’augmentation de la contribution des petites et moyennes entreprises dans le produit intérieur brut et le renforcement de la participation des femmes au marché du travail.

  • Mesdames et Messieurs;

    Sur la base de son engagement à lutter contre le terrorisme qui a affecté le monde entier, l’Arabie saoudite a appelé à la mise en place de la coalition islamique militaire pour combattre le terrorisme. Cette coalition dont le siège est à Riyad a vu le jour le 15 Décembre 2015. Car, le Royaume d’Arabie saoudite est convaincu que la lutte contre ce fléau est une responsabilité collective qui exige un maximum de coopération, de coordination et d’échange d’informations sécuritaires entre les pays, à travers des moyens sûrs pour éradiquer les racines de ce fléau et lutter contre ses causes.

  • Mesdames et Messieurs;

     Depuis la fondation du Royaume d’Arabie Saoudite, ses dirigeants œuvrent pour le raffermissement des liens d’amitié et de coopération avec les pays du monde. La République de Guinée est parmi les plus importants amis du Royaume depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, qui œuvrent pour rehausser le niveau de cette coopération dans tous les domaines, sous l’égide des deux dirigeants, le Serviteur des deux saintes mosquées le Roi Salman bin Abdul Aziz AL SAOUD– Qu’Allah le protège- et Son Excellence Professeur Alpha CONDE, Président de la République de Guinée.

Conformément à ces excellentes relations qui existent entre les deux pays, le Royaume d’Arabie saoudite soutient la République de Guinée dans les domaines de l’économie, du développement, de la santé, de l’éducation et autres domaines visant à améliorer le niveau de vie de la population guinéenne. Outre les visites officielles, j’ai constaté depuis mon arrivée en Guinée les efforts considérables déployés par Son Excellence Professeur Alpha CONDÉ, Président de la République de Guinée, sur les plans international, régional et national, pour promouvoir ce pays à des niveaux avancés d’économie et de développement, dans l’intérêt de l’État et de ses citoyens. 

Pour terminer, je voudrais adresser à vous tous, mes sincères remerciements et ma profonde gratitude, pour votre présence à cette cérémonie, et votre association à notre joie de ce grand jour pour notre pays.

Qu’Allah vous bénisse tous et nous accorde la réussite pour le bien de nos pays et nos peuples.

Fin

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Coopération : la revue semestrielle nationale 2019 lancée à Conakry

21 septembre 2019 à 9 09 14 09149

Les travaux de la revue semestrielle nationale 2019 du Plan cadre des Nations Unies pour l’assistance au développement ont été lancés hier, vendredi 20 septembre 2019, à Conakry. C’est la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Dr Diéné Keïta qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Pr. Joseph Ki-Zerbo, coordinateur résidant par intérim du système des Nations Unies

Dans son discours de bienvenue, Professeur Joseph Ki-Zerbo, coordinateur résidant par intérim du système des Nations Unies en Guinée a dit que la contribution de la famille des Nations Unies avec le leadership de la partie nationale et le concours des partenaires techniques et financiers aux efforts de développement de la Guinée est importante. Selon lui, durant le premier semestre de 2019, son organisation a mené « des activités conjointe dans un environnement sociopolitique et économique marqués par la relance des réformes importantes avec en particulier la réussite des trois premières revues des programmes de facilité élargi de crédits 2017-2020.

Dans ce contexte, toutes les agences du système des Nations Unies, dans la mise en œuvre conjointe du plan des Nations Unies pour l’assistance au développement, ont soutenu le processus de décentralisation et de développement local, fortement promu par les autorités à tous les niveaux. Le système des Nations Unies, en collaboration avec le gouvernement et les partenaires techniques et financiers, a pris en compte le processus de déconcentration et de décentralisation y compris à travers le programme des communes de convergence. Nous nous sommes également attelé à coller aux attentes en termes de renforcement des capacités des autorités et des services locaux y compris à travers le transfert effectif et l’utilisation efficiente des ressources en lien avec la redevabilité et les principes de la déclaration de Paris », a-t-il souligné.

En outre, le professeur Joseph Ki-Zerbo a dit que cet accompagnement du système des Nations Unies en faveur de la Guinée a produit des résultats probants. Cela, dans plusieurs secteurs d’activités. « Dans le domaine de la promotion de la bonne gouvernance, les autorités, les femmes et les jeunes formés, équipés et financés à travers le PNUAD en lien avec les projets du gouvernement cernent mieux leurs rôles et participent davantage à la planification et à la gestion du développement de leurs localités. Les secteurs de la sécurité et de la justice sont renforcés pour tenir compte de la promotion et de la protection des droits de l’homme, du droit international humanitaire et de la lutte contre les violences basées sur le genre », a-t-il notamment cité.

Dr Diéné Keïta, ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine

De son côté, Dr Diéné Keïta, ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, a remercié le système des Nations Unies en Guinée pour l’accompagnement dont il fait preuve à notre pays. Selon elle, la tenue de « l’UNDAF est d’autant plus importante qu’elle constitue une réponse aux engagements pris en termes de reportage et de revue des interventions entreprises et des résultats atteints des programmes, pour accompagner la Guinée dans ses efforts de développement à travers les priorités nationales contenues dans le Programme Nationale de Développement Economique et Social (PNDES) en vue de l’atteinte des objectifs de développement durable. Depuis l’adoption de cet agenda, la Guinée a fait de la réalisation des objectifs de développement durable le fil conducteur de ses politiques et stratégies de développement en mettent en œuvre de nombreuses reformes structurelles et de programmes économiques et sociaux concourant à l’amélioration du bien-être des populations guinéennes », s’est-elle réjouie.

Diéné Keïta a fait savoir également que la revue semestrielle du programme de coopération que le gouvernement a avec le système des Nations Unies « s’attellera donc à apprécier ce qui est fait et ce qui ne l’a pas encore été par rapport aux activités programmées ; identifier les opportunités et les contraintes qui ont affecté sa mise en œuvre, afin d’en tirer les leçons et de dégager les perspectives pour les prochaines étapes de la mise en œuvre du plan opérationnel de travail 2019. Le rapport d’évaluation qui nous est soumis, l’a été dans ce sens.

Les conclusions et recommandations contenues dans les rapports issus de la revue régionale grâce aux informations collectées sur le terrain devraient bénéficier de toute notre attention, en vue non seulement d’une amélioration du processus de mise en œuvre du plan opérationnel de travail pour le reste de l’année. Mais aussi et surtout pour examen judicieux des propositions concernant les prochaines étapes notamment les domaines de concentration, les arrangements de gestion, les questions de mobilisation de ressources et de renforcement de capacités », a dit la ministre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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3ème édition de l’AFMA à Accra : Makalé Soumah représente la Guinée

19 août 2019 à 18 06 19 08198

Lu pour vous : Le Réseau africain de développement et de communication des femmes africaines (FEMNET) continue d’approfondir les connaissances sur la manière dont les politiques macroéconomiques façonnent les réalités vécues par les femmes. Par le biais de l’Académie macroéconomique féministe africaine (AFMA), FEMNET tient à renforcer les connaissances et les capacités des militants et défenseurs des droits des femmes afin qu’ils soient à l’avant-garde pour influencer les processus et les résultats des politiques macroéconomiques aux niveaux national, régional et mondial.

Le programme de l’AFMA continue de générer des connaissances en collaborant avec une masse critique de femmes afin de mener des recherches visant à étayer le plaidoyer en matière de macroéconomie et son impact sur les femmes et les filles en Afrique. Le programme soutient également les initiatives de plaidoyer des membres de FEMNET et des économistes féministes, particulièrement en liant leurs efforts non seulement pour réagir aux impacts des politiques et cadres macroéconomiques, mais aussi pour les influencer.

L’objectif général de l’AFMA est de renforcer la capacité des économistes féministes, des médias, des militants plaidant pour l’égalité des sexes et les droits des femmes à influencer les processus et les résultats des politiques macroéconomiques.

Makalé Soumah, journaliste guinéenne

A cette grande rencontre panafricaine, la République de Guinée est représentée par la Journaliste Makalé Soumah de la Radiodiffusion télévision guinéenne-RTG. Cette dame aux ambitions fortes pour une Afrique forte, est également chargée des plaidoyers au sein de l’ONG internationale Make Every Woman Count. Elle est la présidente de l’antenne guinéenne du ROAJELF, le Réseau Ouest Africain des Jeunes filles et Femmes Leaders de la CEDEAO.

Bonne chance à notre consœur Makalé Soumah !

Source : RTG Koloma

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France : Macron a-t-il dissuadé Alpha Condé et Ouattara de briguer un 3ème mandat ?

19 août 2019 à 12 12 05 08058

Le jeudi, 15 août 2019, la France a commémoré le 75ème anniversaire du débarquement de Provence. Cette année, ce sont les présidents guinéen Alpha Condé et ivoirien Alassane Ouattara qui ont été invités à cette cérémonie. En Guinée et Côte d’Ivoire, cette invitation du président français a été saluée comme une marque de considération. Mais selon certains, Emmanuel Macron a invité les deux hommes pour les dissuader de briguer un troisième mandat dans leurs pays.

C’est le site d’informations Afriksoir.net qui a révélé la nouvelle. Le média ivoirien indique qu’Emmanuel Macron a dit à ses hôtes que plusieurs rapports font état de possibilités de graves troubles en Guinée et en Côte d’Ivoire, au cas où Alpha Condé et Alassane Ouattara mettent à exécution leur volonté de modifier les constitutions de leurs pays pour s’offrir un troisième mandat.

Et, le président français a exprimé clairement l’opposition de son pays aux projets de troisième mandat des deux chefs d’Etats, révèlent nos confrères, citant un diplomate français qui a parlé sous anonymat. « Ce n’est pas par hasard que le président français a invité ces deux dirigeants africains dont les pays n’étaient pas forcément les plus gros pourvoyeurs de contingents de soldats coloniaux, lors de la seconde guerre mondiale.

A travers des mots particulièrement bien choisis pour ne pas choquer ses hôtes, Macron a clairement fait savoir que le gouvernement français ne soutiendrait pas de projet de nature à menacer la stabilité sociopolitique en Côte d’Ivoire et en Guinée, dont les auteurs seraient les dirigeants au pouvoir », a écrit Afriksoir.

Cette information a été confirmée par un journaliste de France24 qui était aux commémorations du débarquement de Provence. Selon lui, Emmanuel Macron a profité du déjeuner qu’il a offert à ses hôtes pour aborder le sujet avec eux. « Alassane Ouattara et Alpha Condé, présidents de ces deux pays, ont des élections l’année prochaine aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en Guinée. Et l’un comme l’autre, ces deux chefs d’Etat sont à la fin de leur deuxième mandat.

Les constitutions de leurs pays respectifs leur interdisent de se représenter, et l’un et l’autre sont en train de modifier la constitution pour potentiellement revenir sur ces règles, en tout cas se donner la possibilité de se représenter. Il y a évidemment un repas qui était prévu. Sans doute qu’un des thèmes de conversation a été bien cette modification des constitutions. Et probablement, les autorités françaises en ont profité pour ne pas les encourager à le faire », a-t-il déclaré.

Récemment, le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires africaines a déclaré que les Etats-Unis ne sont pas opposés sur le principe de modifier une constitution en Afrique. Il a précisé toutefois que son pays est opposé à toute réforme constitutionnelle dont le but est de maintenir un président au pouvoir. Ces positions de Washington et de Paris vont-elles dissuader Alpha Condé et Alassane Ouattara dans leurs projets de changer les constitutions de leurs pays pour briguer un troisième mandat ?

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628124362

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