Guinée : le CNRD allège le couvre-feu, qui commence désormais à 00h

23 septembre 2021 à 23 11 04 09049

C’est une bonne nouvelle pour de nombreux guinéens. Le couvre-feu, qui s’étendait de 22h à 4h du matin, passe désormais de 00h à 4h du matin. Le CNRD, la junte militaire au pouvoir, a annoncé cette décision à travers un communiqué diffusé ce jeudi, 23 septembre 2021, à la télévision nationale.

C’est l’une des principales doléances posées par les propriétaires des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit, à l’occasion de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya, président du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Rencontre tenue hier, mercredi, dans le cadre des concertations nationales engagées par la junte militaire qui dirige la Guinée.

Les tenanciers des lieux de loisir ont tous sollicité la levée ou au moins l’allègement du couvre-feu nocturne, instauré par l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Et le colonel Mamadi Doumbouya a accédé à cette demande, en allégeant le couvre-feu. Au lieu de 22h, cette mesure commence maintenant à 00h et s’étend jusqu’à 4h du matin.

Le CNRD justifie ce réaménagement par le recul de la pandémie de Covid-19, qui se traduit par la baisse du nombre de contaminations, la baisse du nombre de décès et du taux d’occupation des lits. « Face à cette situation, les mesures d’urgence sanitaire ont été révisées, en concertation avec l’agence nationale de sécurité sanitaire, le conseil scientifique et le ministère de la santé, comme suit :

Le couvre-feu est allégé de 00h à 4h du matin. Les mesures barrières sanitaires (port des bavettes, lavage des mains, distanciation physique) sont maintenues. Les regroupements et les manifestations de masse, sont subordonnés à la mise en place d’un dispositif du port des bavettes, de contrôle de l’état vaccinal. Le transport des corps de Conakry pour l’intérieur du pays est placé sous la responsabilité de la Croix-Rouge guinéenne.

Le contrôle sanitaire dans les points d’entrée et de sortie reste maintenu. Le test PCR pour les passagers se rendant à l’extérieur du pays reste en vigueur, conformément aux orientations de l’organisation ouest-africaine de la santé et du règlement sanitaire international. L’accès aux lieux publics : départements ministériels, centres culturels, hôtels, motels, etc. et les voyages interurbains sont subordonnés à la présentation d’un pass vaccinal ou un test PCR ou TDR négatif d’une validité de 5 jours », a annoncé le CNRD.

Les autorités guinéennes précisent que ces mesures entrent en vigueur à compter du 27 septembre 2021 et préviennent que « tout manquement ou non-respect des présentes mesures fera l’objet de sanctions disciplinaires, allant de la verbalisation, l’interdiction voire la fermeture du centre ou lieu de l’événement su cité ».

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628 12 43 62

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Rencontre entre le CNRD et les jeunes : « la phrase choc qui a marqué l’assistance »

23 septembre 2021 à 23 11 01 09019

Au cours de sa rencontre avec les faîtières des organisations de jeunes et de femmes, ce jeudi 23 septembre 2021, le colonel Mamadi Doumbouya a déclaré qu’il n’y aura pas de recyclage. Le président du CNRD répondait ainsi à une préoccupation soulevée par certains participants aux échanges, qui ont appelé à un renouvellement de la classe politique et des cadres du pays. Selon Moussa Daraba, coordinateur des J-Awards Guinée, c’est cette phrase du chef de la junte militaire au pouvoir qui a le plus marqué l’assistance.

« Nous avons pu échanger avec le CNRD, à travers certaines voix qui ont l’occasion de se faire entendre. Les intervenants ont pu évidemment énumérer les problèmes réels auxquels les jeunes sont confrontés, notamment la question du chômage. Les femmes également ont cité leurs problèmes et les conditions dans lesquelles les deux couches évoluent. Et des solutions ont été proposées aux problèmes dont souffrent les deux couches.

En réponse, la chose la plus marquante dans le discours du président du CNRD a été cette phrase choc. Il a dit qu’il n’y aura pas de recyclage. Et c’est en réponse effectivement à des préoccupations de certains jeunes qui disaient qu’il fallait qu’il y ait une nouvelle génération d’acteurs politiques et de cadres pour pouvoir mieux aider la Guinée à s’épanouir. Le président a dit donc qu’il n’y aura de recyclage et cela a marqué toute l’assistance », a déclaré le journaliste, qui a participé à la rencontre.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel +224622919225

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Justice et réconciliation : Thierno Mamadou pour la nomination de Robert Sarah, Bah Oury, Gassama Diaby…

23 septembre 2021 à 22 10 34 09349

Lettre ouverte au Colonel Mamadi Doumbouya

Monsieur le Président du CNRD,

Cher frère,

Le coup d’Etat du 05 septembre 2021, n’était une surprise que pour les moins avertis. Il fallait bien s’y attendre. Je l’avais dit et même décrit publiquement dans une interview-télé, quelques semaines après le simulacre d’élection présidentielle d’octobre 2020. J’avais dit, -la vidéo est encore disponible-, que … le président Condé sortirait par la petite porte ou même par la fenêtre. J’ai malheureusement eu raison.

J’avais aussi dit sur RFI, alors que j’étais encore journaliste, que la préoccupation n’était pas le temps qu’Alpha Condé passerait aux affaires, mais plutôt comment les Guinéens pourront-ils s’en débarrasser sans trop de préjudices. Nous y sommes monsieur le président du CNRD. Des dégâts, il y en a eu, vous le savez bien. Et, ce n’est pas fini, parce que le ‘’colis’’ que vous gardez par-devers vous, est plus qu’encombrant. Et pour vous, ce ne sera pas du tout repos.

Mon Colonel,

Je sais que vous êtes républicain, en dépit de ce coup d’Etat que vous avez dirigé par devoir, mais à vos risques et périls. La situation au sein de la Grande muette et dans la sphère sociopolitique vous l’y imposait d’ailleurs. Militaire de votre gabarit, si je l’avais été, j’aurais renversé ce régime depuis 2018 pour éviter à la Guinée de sombrer dans un naufrage démocratique. Tout ou presque, prouvait à suffisance, que le régime Condé était à la dérive et aux antipodes des principes démocratiques.

Monsieur le président,

Je m’inscris en faux contre ceux qui affirment que vous n’êtes pas républicain. Être un officier républicain, c’est aussi refuser d’être continuellement complice -passif ou actif- d’une dictature comme celle dont vous êtes le tombeur. Vous devez, cependant, tout faire pour réussir. Et pour y arriver, vous devez entre autres :

1– Eviter tout acte qui ne vise qu’à contenter ou faire plaisir à un quelconque clan ;

2– Mettre en place une commission Vérité-Justice-Réconciliation (y nommer des Guinéens comme Robert Sarah, Bâ Oury, Gassama Diaby, …) et la doter de suffisamment de moyens financiers et matériels avec un mandat clair et précis ;

3- Mettre définitivement fin au désordre et à l’impunité en rétablissant la peine de mort pour un certain nombre de crimes (notamment pour le viol sur mineur, les crimes de sang et les crimes économiques). C’est le moyen le plus dissuasif pour les futurs gouvernants et même pour les membres de la junte. Et, faut-il le préciser, ceci n’a rien d’un règlement de comptes et ne vise pas particulièrement les dignitaires du régime défunt, puisque la loi n’est pas rétroactive ;

4- Eviter de se tromper dans le choix des femmes et des hommes auxquels des responsabilités publiques seront confiées ;

5- Ne pas hésiter de prendre des décisions impopulaires dès qu’elles sont au bénéfice exclusif des populations guinéennes.

Monsieur le président,

La Guinée, notre pays, est à la croisée des chemins et notre responsabilité, à nous tous, militaires et civils, est plus que jamais engagée. Nous sommes obligés d’avancer et nous n’avons absolument pas droit à l’erreur. Et comme l’a dit Einstein, ‘’…il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.’’ Vous devez faire ce qui est bon et juste pour notre patrie.

Mon Colonel,

Pour finir, j’ai constaté -à moins que je ne me trompe- que vous vous hâtez lentement, mais je vous suggère de ne pas trainer.  Le monde nous observe et le peuple impatiente.

Bien cordialement !

T.M.B

Président de la NGC 

Ancien Journaliste

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Concertations initiées par le CNRD : Quand Bouna Kéita déterre l’affaire dite ‘’Batax-Bouna International – Ministère des Mines !

23 septembre 2021 à 22 10 19 09199

Libre opinion : Le Comité National pour le Redressement et le Développement (CNRD), dans la foulée de sa récente prise de pouvoir le 5 septembre passé, a initié une série de concertations avec l’ensemble des acteurs sociopolitiques et économiques de la Guinée. Le jeudi 16 septembre 2021, c’était le tour du monde des Miniers  de rencontrer le Colonel Mamady Doumbouya au Palais du peuple. Au-delà de la richesse des échanges, un fait insolite n’aura pas échappé à l’attention de ceux qui s’y trouvaient…

Dans sa prise de parole à cette occasion, Bouna Kéita, qui n’est peut-être plus à présenter aux guinéens, a lancé une accusation assez grave à l’encontre du PDG de GUITER Mining, en l’occurrence M. Ansoumane Kaba, plus connu sous l’appellation de ‘’Kaba GUITER’’. Sans sourciller, ni hésiter, l’ex-patron de la société Batax-Bouna International, le sieur Bouna Kéita, a fait savoir qu’il a été spolié de l’ex-société AREDOR par le PDG de GUITER Mining du fait, selon lui, « d’un trafic d’influence », dénonçant par la même occasion une supposée proximité, voire complicité de M. Ansoumane Kaba avec le Président guinéen déchu, à savoir le Pr Alpha Condé.

Fort heureusement pour le CNRD et son Président, pourrions-nous dire ou écrire, qui n’auront certainement pas à chercher trop loin pour pouvoir faire la part des choses. Tout compte fait, il ne s’agit pas de profiter de ce qu’on croit être une opportunité, une tribune, pour tenter de porter des accusations, il faudrait avancer des preuves irréfutables. Ne dit-on pas d’ailleurs en journalisme que les « commentaires sont libres, les fais sacrés » !

Ce dont a en fait parlé à la volée Monsieur Bouna Kéita à l’occasion d’une démarche somme toute salutaire du Colonel Mamady Doumbouya, visant à être à l’écoute de tout le monde pour éviter les erreurs du passé, a trait à un dossier qu’on croyait ‘’rangé’’ dans les placards pour bien longtemps encore. Du moins du côté de l’ex-patron de Batax-Bouna International.

Comme ce n’est visiblement pas le cas, il devient du coup très important de remonter l’échelle du temps pour non seulement une quête de vérité, mais surtout  éviter au CNRD de se faire induire en erreur. L’exercice a d’autant été aisé pour nous qu’il existe dans les archives d’un journal d’informations générales de la place, ‘’Le Standard’’, une série d’articles ayant justement trait à l’affaire opposant Batax-Bouna International au Ministère des Mines et de la Géologie de la Guinée.

Dans laquelle affaire, il est clairement prouvé les manquements graves qui ont conduit à l’éviction de Batax Bouna International par le Ministère des Mines et de la Géologie, sous le magistère du ministre Mahmoud Thiam, et non point par un simple citoyen guinéen, fût-il PDG d’une grande société de la place. L’occasion de les relire donc pourrait d’autant s’avérer d’une grande opportunité, pour quiconque voudrait comprendre les dessous de la dernière sortie de M. Bouna Kéita, qu’elle pourrait permettre aussi au Colonel Mamady Doumbouya de se saisir d’un autre pan de la Gouvernance déchue. A ce niveau, il conviendrait de rappeler que M. Bouna Kéita, du fait certainement de sa proximité avec le régime Condé qu’il semble avoir envie de vite vomir aujourd’hui, avait été nommé Président du Conseil d’Administration d’une entité publique de la place. En avait-il seulement les aptitudes intellectuelles ? Ou est-ce qu’il s’agissait de trouver un point de chute pour l’ex-patron de Batax-Bouna International ? Des questions cruciales, auxquelles le CNRD pourrait avoir à répondre afin d’éviter certaines répétitions de l’histoire. En attendant, nous vous invitons à la relecture de l’article intitulé : Batax-Bouna International – Ministère des Mines : Une autre affaire qui en dit suffisamment long ! Il est paru dans le numéro 085 du 14 mars 2011dans le Bimensuel d’Informations générales et d’analyses ‘’Le Standard’’.

Sidimé Alpha K.

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Abdoul Wahab Diallo (Bill Clinton) : « nous demandons un cadre permanent de dialogue avec les autorités »

23 septembre 2021 à 16 04 07 09079
Abdoul Wahab Diallo

Abdoul Wahab Diallo a représenté la fondation du complexe scolaire Bill Clinton, situé à Koloma Soloprimo, à la rencontre entre le colonel Mamadi Doumbouya et les fondateurs des écoles et universités privées du pays. Rencontre qui s’inscrit dans le cadre des concertations nationales engagées par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Pour lui, il faut mettre en place un cadre permanent de dialogue entre les acteurs de l’enseignement privé et les autorités pour trouver des solutions aux problèmes qui assaillent le secteur éducatif guinéen.

« Nous, acteurs du secteur de l’enseignement privé, et même ceux qui sont dans l’enseignement public, sommes tous dans des difficultés. Pourtant, on dit : tant vaut l’éducation, tant vaut la nation. Donc, il était important pour nous de venir répondre à l’appel du CNRD dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya pour solliciter l’aide des autorités. Il y a beaucoup de problèmes dans ce domaine, mais s’il y a un cadre permanent de dialogue et de concertation avec les autorités, ça pourra aider à changer beaucoup de choses pour plus de qualité dans l’éducation puisque les cadres de demain se préparent aujourd’hui.

Le président Mamadi Doumbouya, dans sa réponse, a dit qu’il est très content pour ce que nous apportons à la nation. Il s’est engagé à nous recevoir à tout moment et il dit également qu’il veillera à ce que nos recommandations soient prises en compte. Puisque depuis 2010, chaque année, il y a un changement au niveau du calendrier scolaire en ce concerne l’ouverture et la fermeture des classes, des évaluations et des examens nationaux. Mais en contrepartie, il nous a demandé de faire notre travail dans le strict respect des règles et procédures établis pour le bon déroulement des programmes scolaires », a dit M.Diallo.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Assemblée générale des Nations Unies : discours du Secrétaire Général, Antonio GUTERRES

23 septembre 2021 à 15 03 28 09289
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU

Monsieur le Président, Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Je suis ici pour tirer la sonnette d’alarme : le monde doit se réveiller. 

Nous sommes au bord du précipice – et nous continuons de nous en approcher.  

Jamais notre monde n’a été aussi menacé. 

Ou plus divisé.  

Nous faisons face à la plus grande avalanche de crises de notre existence.  

La pandémie de COVID-19 a amplifié des inégalités déjà flagrantes.  

La crise climatique s’abat sur la planète. 

De l’Afghanistan à l’Éthiopie en passant par le Yémen et ailleurs, les bouleversements font échec à la paix.  

Un embrasement de méfiance et de désinformation polarise les gens et paralyse les sociétés.  

Les droits humains sont mis à mal.  

La science est vilipendée.  

Et l’aide économique destinée aux plus vulnérables, à supposer qu’elle leur parvienne, est insuffisante et arrive trop tard.  

La solidarité est portée disparue – au moment même où nous en avons le plus besoin.  

Une image résume peut-être ce que nous vivons. 

Celle qui nous vient de certains coins du monde, où l’on voit des vaccins contre le COVID-19 … jetés à la poubelle.  

Périmés et inutilisés.  

D’un côté, les vaccins sont mis au point en un temps record – une victoire de la science et de l’ingéniosité humaine.  

De l’autre, ce triomphe est réduit à néant par le manque tragique de volonté politique, l’égoïsme et la méfiance.  

L’abondance pour certains pays. Des étagères vides pour d’autres.  

La plupart des habitants des pays riches sont vaccinés. Plus de 90 % des Africains attendent toujours leur première dose. 

Nous sommes moralement coupables de l’état du monde dans lequel nous vivons. 

La situation est indécente.  

Nous avons réussi l’épreuve de sciences.  

Mais nous avons un zéro pointé en éthique.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

La sonnette d’alarme climatique est également assourdissante.  

Le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un code rouge pour l’humanité. 

Nous voyons les signes d’avertissement sur chaque continent et dans chaque région. 

Températures caniculaires. Perte de biodiversité épouvantable. Pollution de l’air, de l’eau et des espaces naturels.  

Et à chaque instant des catastrophes liées au climat. 

Comme nous l’avons vu récemment, même la ville où nous sommes – la capitale financière du monde – n’est pas à l’abri.  

Les climatologues nous disent qu’il n’est pas trop tard pour respecter l’objectif de 1,5 degré fixé dans l’Accord de Paris sur le climat.  

Mais la fenêtre pour le faire se ferme rapidement. 

Nous devons réduire nos émissions de 45 % d’ici à 2030. Pourtant, un récent rapport de l’ONU a clairement montré que, compte tenu des engagements nationaux en matière de climat, d’ici à 2030, les émissions augmenteront de 16 %.  

Cela nous condamnerait à une situation infernale où la température augmenterait d’au moins 2,7 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Une catastrophe. 

Dans le même temps, l’OCDE vient de signaler un déficit d’au moins 20 milliards de dollars dans le financement essentiel de l’action climatique promis aux pays en développement.  

Nous sommes à quelques semaines de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Glasgow, mais nous sommes à des années-lumière de nos objectifs.  

Nous devons nous y mettre sérieusement. Et vite.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

Le COVID-19 et la crise climatique ont mis en évidence de profondes fragilités, dans nos sociétés et pour notre planète.  

Pourtant, ces défis formidables ne suscitent pas l’humilité, mais l’arrogance.  

Au lieu de suivre la voie de la solidarité, nous sommes dans une impasse qui mène à la destruction. 

Dans le même temps, une autre maladie se propage aujourd’hui dans le monde : le fléau de la méfiance. 

Quand les gens voient les promesses de progrès anéanties par les réalités d’un quotidien éprouvant… 

Quand ils voient leurs droits fondamentaux et leurs libertés restreints… 

Quand ils voient autour d’eux la petite – et la grande – corruption… 

Quand ils voient des milliardaires se balader dans l’espace alors que des millions de personnes sur terre ont faim…  

Quand les parents voient pour leurs enfants des lendemains plus sombres encore que l’adversité à laquelle ils sont confrontés aujourd’hui… 

Et quand les jeunes ne voient aucun lendemain… 

Les personnes pour lesquelles nous œuvrons et que nous représentons pourraient perdre la foi non seulement dans leurs gouvernements et leurs institutions, mais aussi dans les valeurs qui animent le travail de l’ONU depuis plus de 75 ans. 

Paix. Droits humains. Dignité de toutes et tous. Égalité. Justice. Solidarité.  

Jamais auparavant les valeurs fondamentales n’ont été aussi menacées.  

Une rupture de la confiance entraîne une rupture des valeurs.  

À quoi bon des promesses si les gens ne voient pas de résultats dans leur vie quotidienne.  

Quand le résultat n’est pas au rendez-vous, place est faite à certaines des pulsions les plus sinistres de l’humanité. 

Cela alimente les solutions faciles, les pseudo-solutions et les théories du complot.  

Cela attise les griefs anciens. La suprématie culturelle. La domination idéologique. La misogynie violente. La mise en joue des personnes les plus vulnérables, notamment les réfugiés et les migrants.  

Mesdames et Messieurs les représentants, 

L’heure de vérité a sonné.  

Le moment est venu d’agir.  

Le moment est venu de redonner confiance.  

Le moment est venu de raviver l’espoir.  

Et de l’espoir, j’en ai !  

Les problèmes que nous avons créés sont des problèmes que nous pouvons résoudre.  

L’humanité a montré que rien ne l’arrêtait quand tout le monde travaillait main dans la main.  

C’est la raison d’être des Nations Unies.  

Mais soyons francs. Le système multilatéral actuel a ses limites : ses instruments et ses capacités ne suffisent pas pour assurer l’efficacité de la gouvernance des biens publics mondiaux.  

Ce système est trop axé sur le court terme.  

Nous devons renforcer la gouvernance mondiale. Nous devons nous concentrer sur l’avenir. Nous devons renouveler le contrat social. Nous devons adapter l’ONU à une nouvelle ère.  

C’est pourquoi j’ai présenté comme je l’ai fait mon rapport sur Notre Programme commun.  

Ce programme offre une analyse à 360 degrés de l’état de notre monde, accompagnée de 90 recommandations concrètes visant à relever les défis d’aujourd’hui et à renforcer le multilatéralisme de demain.  

Notre Programme commun s’appuie sur la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Accord de Paris sur le climat.  

Il s’inscrit dans le droit fil du mandat qui m’a été confié dans la Déclaration faite à l’occasion de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de l’ONU : chercher une voie vers un monde meilleur.  

Mais pour atteindre cette terre de promesses, nous devons combler de grands fossés.  

Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Pour moi, il y a 6 grands fossés – 6 Grands canyons – que nous devons combler maintenant.  

Premièrement, nous devons combler le fossé qui nous sépare de la paix.  

Pour bien trop de personnes, partout dans le monde, la paix et la stabilité restent un rêve lointain.  

En Afghanistan, où nous devons redonner de l’élan à l’aide humanitaire et défendre les droits humains, en particulier ceux des femmes et des filles.  

En Éthiopie, où nous demandons à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités, de garantir l’accès humanitaire et de créer les conditions nécessaires à l’ouverture d’un dialogue politique conduit par les Éthiopiennes et les Éthiopiens. 

Au Myanmar, où nous réaffirmons notre soutien indéfectible au peuple, qui aspire à la démocratie, à la paix, aux droits humains et à l’état de droit. 

Au Sahel, où nous nous sommes engagés à mobiliser l’aide internationale en faveur de la sécurité, du développement et de la gouvernance de la région. 

Ailleurs encore, comme au Yémen, en Libye et en Syrie, où nous devons sortir de l’impasse et tout faire pour que la paix soit instaurée. 

En Israël et en Palestine, où nous exhortons les dirigeants à reprendre un dialogue constructif et à reconnaître que la solution des deux États est la seule voie pouvant conduire à une paix juste et globale. 

En Haïti et dans tant d’autres pays laissés pour compte, où nous sommes solidaires à chaque mesure prise pour sortir de la crise.  

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Nous assistons à une flambée des prises de pouvoir par la force.  

Les coups d’État militaires reprennent.  

Et la désunion de la communauté internationale n’aide pas. 

Les clivages géopolitiques sapent la coopération internationale et empêchent le Conseil de sécurité de prendre les décisions qui s’imposent. 

Un sentiment d’impunité s’installe.  

Et pourtant, il sera impossible de relever les prodigieux défis de l’économie et du développement tant que les deux plus grandes économies du monde seront en désaccord l’une avec l’autre.  

Hélas, je crains fort que notre monde ne s’achemine vers deux ensembles de règles économiques, commerciales, financières et technologiques bien distincts, deux conceptions opposées du développement de l’intelligence artificielle – et finalement deux stratégies militaires et géopolitiques différentes. 

Ce serait la garantie de problèmes à venir. Bien moins prévisibles que la guerre froide.  

Pour redonner confiance et raviver l’espoir, nous avons besoin de coopération. Nous avons besoin de dialogue. Nous devons nous entendre.  

Nous devons investir dans la prévention des conflits et le maintien et la consolidation de la paix. Nous devons faire avancer le désarmement nucléaire et l’action que nous menons ensemble contre le terrorisme.  

Nous devons agir dans le profond respect des droits humains. Et nous devons nous munir d’un nouvel Agenda pour la paix. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Deuxièmement, nous devons combler le fossé climatique. Pour ce faire, il faut rétablir la confiance entre Nord et Sud. 

Et cela commence en faisant tout ce que nous pouvons dès maintenant pour assurer le succès de la Conférence de Glasgow.  

Il faut que tous les pays se montrent plus ambitieux dans trois grands domaines d’action : l’atténuation, le financement et l’adaptation. 

Plus d’ambition en matière d’atténuation, cela veut dire que les pays s’engagent à atteindre la neutralité carbone d’ici le milieu du siècle et à se fixer des objectifs concrets de réduction des émissions pour 2030 qui nous permettent d’y parvenir, et qui s’appuient sur des mesures réalisables dans l’immédiat.  

Plus d’ambition en matière de financement – cela veut dire que les pays en développement reçoivent les 100 milliards de dollars par an qui leur ont été promis pour l’action climatique, en mobilisant pleinement les ressources des institutions financières internationales et aussi celles du secteur privé. 

Plus d’ambition en matière d’adaptation – cela veut dire que les pays développés tiennent la promesse qu’ils ont faite d’apporter un soutien crédible aux pays en développement afin de renforcer la résilience et de sauver des vies et des moyens de subsistance.  

Cela veut dire que 50 % de tous les financements climatiques fournis par les pays développés et les banques multilatérales de développement devraient être consacrés à l’adaptation.  

La Banque africaine de développement a montré la voie en 2019 en allouant la moitié de ses financements climatiques à l’adaptation.  

Certains pays donateurs ont suivi son exemple. Il faut que tous en fassent autant.  

Le message que j’adresse à chaque État Membre est le suivant : n’attendez pas que d’autres fassent le premier pas. Faites votre part.  

Partout dans le monde, nous constatons que la société civile – menée par les jeunes – est pleinement mobilisée pour faire face à la crise climatique. 

Le secteur privé s’engage de plus en plus.  

Il faut que les gouvernements aussi mobilisent tous leurs pouvoirs en matière de politique financière pour faire la transition vers l’économie verte.  

En imposant les émissions de carbone et la pollution plutôt que le revenu des ménages, afin de faciliter le passage à des emplois verts durables.  

En arrêtant de subventionner les combustibles fossiles et en dégageant des ressources à réinvestir dans la santé, l’éducation, les énergies renouvelables, les systèmes alimentaires durables et la protection sociale.  

En s’engageant à ne pas construire de nouvelles centrales à charbon. Si toutes celles qu’il est prévu d’ouvrir entrent en service, non seulement nous dépasserons nettement 1,5 degré, mais nous serons bien au-dessus de 2 degrés. 

Les objectifs de Paris partiront en fumée. 

Nous sommes face à une urgence planétaire.  

Nous avons besoin de coalitions de solidarité – entre les pays qui sont encore fortement tributaires du charbon et ceux qui ont les moyens financiers et techniques de financer leur transition.  

Nous pouvons et nous devons agir. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Troisièmement, nous devons combler le fossé entre riches et pauvres, dans les pays et d’un pays à l’autre.  

Cela commence par mettre fin à la pandémie, partout et pour tout le monde.  

Nous avons besoin de toute urgence d’un plan de vaccination mondial permettant de faire au moins doubler la production et d’acheminer des vaccins à 70 % de la population au premier semestre 2022. 

Ce plan pourrait être exécuté par une équipe spéciale d’urgence composée de producteurs actuels et potentiels de vaccins, de l’Organisation mondiale de la Santé, de partenaires du dispositif Accélérateur ACT et des institutions financières internationales, en collaboration avec les sociétés pharmaceutiques.  

Nous n’avons pas de temps à perdre.  

Une reprise asymétrique creuse les inégalités.  

Les pays riches pourraient retrouver les taux de croissance d’avant la pandémie d’ici la fin de l’année, tandis que les retombées de la crise sanitaire pourraient se faire sentir pendant des années dans les pays à faible revenu.  

Est-ce bien étonnant ? 

Les économies avancées investissent près de 28 % de leur produit intérieur brut dans la reprise économique.  

Pour les pays à revenu intermédiaire, ce chiffre tombe à 6,5 %.  

Et il chute à 1,8 % pour les pays les moins avancés – un pourcentage infime d’un montant très inférieur.  

En Afrique subsaharienne, le Fonds monétaire international prévoit que la croissance économique cumulée par habitant pour les cinq prochaines années devrait être égale au quart de ce qu’elle est dans le reste du monde.  

De nombreux pays ont besoin d’injections d’urgence de liquidités.  

Je me réjouis que le Fonds monétaire international ait émis 650 milliards de dollars de Droits de tirage spéciaux.  

Mais ces droits vont en grande partie aux pays qui en ont le moins besoin.  

Les économies avancées devraient réaffecter l’excédent de leurs DTS aux pays qui en ont vraiment besoin.  

Les DTS ne sont pas la panacée.  

Mais ils permettent une reprise et une croissance durables. 

Je renouvelle aussi mon appel en faveur d’une réforme de l’architecture de la dette internationale, qui doit être plus équitable.  

L’Initiative de suspension du service de la dette doit être prolongée jusqu’en 2022 et devrait être accessible à tous les pays vulnérables et à tous les pays à revenu intermédiaire très endettés qui le demandent.  

C’est ça, la solidarité en action.  

Les États ne devraient pas avoir à choisir entre assurer le service de la dette et être au service de la population.  

Une véritable solidarité internationale permettrait d’établir à l’échelle nationale un nouveau contrat social prévoyant une couverture sanitaire universelle et la protection du revenu, d’offrir à toutes et à tous un logement, un travail décent et une éducation de qualité pour toutes et tous et d’éliminer la discrimination et la violence contre les femmes et les filles. 

J’engage les pays à procéder à des réformes fiscales et à mettre enfin un terme à la fraude fiscale, au blanchiment d’argent et aux flux financiers illicites.  

Et pour l’avenir, face aux grands risques mondiaux, nous devons nous doter d’un meilleur système de prévention et de préparation ; nous devons suivre les recommandations du Groupe indépendant sur la préparation et la riposte à la pandémie. 

J’ai fait de nombreuses autres propositions dans Notre Programme commun, parmi lesquelles une plateforme d’urgence et un laboratoire pour l’avenir. 

Quatrièmement, nous devons combler le fossé entre les genres. 

Le COVID-19 a mis à nu et exacerbé la plus vieille injustice du monde : le déséquilibre de pouvoir entre les hommes et les femmes. 

Lorsque la pandémie a frappé, les femmes représentaient la majorité des travailleurs de première ligne. Elles ont été les premières à perdre leur emploi et les premières à mettre leurs carrières en suspens pour s’occuper de leurs proches.  

Les fermetures d’écoles ont touché les filles de manière disproportionnée, freinant leurs parcours et augmentant les risques d’abus, de violence et de mariage d’enfants. 

Combler le fossé entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de justice pour les femmes et les filles. 

Cela change la donne pour l’humanité tout entière. 

Les sociétés plus égalitaires sont aussi plus stables et plus pacifiques. Elles ont de meilleurs systèmes de santé et des économies plus dynamiques. 

L’égalité des femmes est essentiellement une question de pouvoir. Si nous voulons résoudre les problèmes les plus difficiles de notre époque, nous devons de toute urgence transformer notre monde dominé par les hommes et changer l’équilibre du pouvoir. 

Cela requiert plus de femmes dirigeantes dans les parlements, les cabinets ministériels et les conseils d’administration. Cela exige que les femmes soient pleinement représentées et puissent apporter leur pleine contribution partout.    

J’exhorte les gouvernements, les entreprises et les autres organisations à prendre des mesures audacieuses, y compris des critères de référence et des quotas, pour établir la parité hommes-femmes à tous les niveaux de la hiérarchie. 

A l’Organisation des Nations Unies, nous avons atteint cela au sein de l’équipe dirigeante et parmi les responsables de bureaux de pays. Nous continuerons jusqu’à ce que nous parvenions à la parité à tous les niveaux. 

Dans le même temps, nous devons nous opposer aux lois régressives qui institutionnalisent la discrimination de genre. Les droits des femmes sont des droits humains. 

Les plans de relance économique devraient accorder une place centrale aux femmes, notamment par des investissements à grande échelle dans l’économie des soins. 

Et nous devons adopter un plan d’urgence pour lutter contre la violence de genre dans chaque pays.  

Pour atteindre les Objectifs de développement durable et bâtir un monde meilleur, nous pouvons et nous devons combler le fossé entre les femmes et les hommes. 

Mesdames et Messieurs les représentants,  

Cinquièmement, pour redonner confiance et raviver l’espoir, nous devons réduire la fracture numérique. 

La moitié de l’humanité n’a pas accès à l’Internet. Nous devons faire en sorte que tout le monde soit connecté d’ici à 2030. 

Telle est la vision de mon Plan d’action de coopération numérique : saisir les promesses du numérique tout en se prémunissant contre ses dangers. 

L’un des plus grands périls auxquels nous sommes confrontés, c’est le pouvoir croissant des plateformes numériques et l’utilisation des données à des fins néfastes. 

Une vaste bibliothèque d’informations est en train d’être constituée sur chacun d’entre nous. Et nous n’y avons même pas accès. 

Nous ne savons pas comment ces informations ont été recueillies, par qui, ni dans quels buts. 

Mais nous savons que nos données sont utilisées à des fins commerciales, pour augmenter encore les profits. 

Nos comportements et habitudes deviennent des produits qui sont vendus comme des contrats à terme. 

Nos données sont également utilisées pour influencer nos perceptions et nos opinions. 

Les gouvernements – et d’autres entités – peuvent les exploiter pour contrôler ou manipuler le comportement des citoyens, bafouant ainsi les droits humains des individus ou groupes et sapant la démocratie. 

Ce n’est pas de la science-fiction. C’est notre réalité d’aujourd’hui. 

Et cela exige un débat sérieux. 

Il en va de même pour d’autres dangers de l’ère numérique.   

Je suis par exemple certain que toute future confrontation majeure – et j’espère évidemment qu’une telle confrontation n’aura jamais lieu – commencera par une cyberattaque massive. 

Quels cadres juridiques nous permettraient de faire face à une telle situation ? 

Aujourd’hui, des armes autonomes peuvent prendre pour cible des personnes et les tuer sans intervention humaine. De telles armes devraient être interdites. 

Mais il n’y a pas de consensus sur la manière de réglementer ces technologies. 

Afin de rétablir la confiance et raviver l’espoir, nous devons placer les droits humains au cœur de nos efforts pour que l’avenir numérique de tous soit sûr, équitable et ouvert.  

Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants, 

Sixièmement, enfin, nous devons combler le fossé entre les générations. 

Les jeunes devront vivre avec les conséquences de nos décisions – bonnes et mauvaises. 

Dans le même temps, à la fin du siècle, il devrait y avoir 10,9 milliards de personnes sur la planète. 

Nous avons besoin de leurs talents, de leurs idées et de leur énergie. 

Notre Programme commun propose qu’un sommet sur la Transformation de l’éducation soit organisé l’an prochain pour faire face à la crise de l’enseignement et offrir davantage de possibilités aux 1,8 milliard de personnes que compte la jeunesse d’aujourd’hui. 

Mais les jeunes ont besoin de plus. 

Ils doivent être assis à la table de négociations. 

Je compte nommer un Envoyé spécial pour les générations futures et créer un bureau des Nations Unies pour la jeunesse. 

Et les contributions des jeunes seront essentielles pour le Sommet sur le futur proposé dans Notre Programme commun.  

Les jeunes ont besoin d’un projet porteur d’espoir pour l’avenir.  

Des études récentes menées dans une dizaine de pays ont montré que l’état de notre planète plongeait la plupart des jeunes dans une angoisse et une détresse profondes. 

Environ 60 % de votre futur électorat se sent trahi par son gouvernement. 

Nous devons prouver aux enfants et aux jeunes que, malgré la gravité de la situation, le monde a un plan – et que les gouvernements s’engagent à le concrétiser.  

Nous devons agir maintenant combler ces grands fossés et sauver l’humanité et la planète. 

Mesdames et Messieurs les représentants, 

Si la mobilisation est réelle, nous pourrons tenir notre promesse d’un monde meilleur, plus pacifique. 

C’est la force motrice de Notre Programme commun. 

21 septembre 2021 

Discours du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Antonio GUTERRES

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Conflit domanial à Djinbala (Kankan) : 2 personnes blessées, plusieurs armes saisies

23 septembre 2021 à 14 02 53 09539

Dans la journée d’hier, mercredi 22 septembre 2021, les populations des villages de Kignèba et Djiballan (dans la sous-préfecture de Djinbala, une localité située à 45 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kankan) se sont affrontées à cause de deux hectares de terre agricole. Les affrontements ont fait deux blessés légers. Et, plusieurs fusils de fabrication locale et des armes blanches ont été saisies dans les mains des antagonistes par les forces de l’ordre qui sont intervenues sur place, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture de Kankan.

Selon le sous-préfet de Djinbala, le lieutenant Moïse Touré, les affrontements de ce mercredi marquent la résurgence d’un vieux conflit domanial qui oppose les villages de Kignèba et Djinballan depuis des lustres. On ignore encore ce qui a mis le feu aux poudres, mais les habitants de ces deux villages se sont violemment affrontés. Des coups de feu ont même été tirés dans les heurts. Et, l’intervention des forces de l’ordre a permis la saisie de plusieurs fusils de fabrication locale et des armes blanches. Egalement, plusieurs personnes ont été interpellées dans les deux camps rivaux.

« C’est un affrontement entre deux villages (Kignèba et Djiballan) à cause de deux hectares de terre cultivables. Il y a eu deux blessés légers. Il y a eu des tirs à l’arme, on a tout saisi et envoyé au commissariat de Kankan. Au village de Djinballan, ils ont arrêté cinq personnes qui sont aussi déférées au commissariat. On m’apprend également qu’à Kignèba, des citoyens et des armes sont aussi détenus et qu’ils vont les déférer à Kankan. Moi, je viens d’arriver et on m’apprend que ce conflit perdure depuis longtemps. Moi, je veux le calme, la paix et le bonheur de tous les citoyens », à dit le lieutenant Moïse Touré.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Dennis Lin, DG de l’hôtel Kaloum : « nous avons souhaité que le CNRD améliore le climat des affaires »

23 septembre 2021 à 14 02 05 09059
Dennis Lin, directeur général du Primus Hôtel Kaloum

A la tête d’un des plus grands hôtels de Conakry, Dennis Lin a pris part hier, mercredi 22 septembre 2021, à la rencontre de concertation entre le CNRD et les tenanciers des bars, hôtels, motels, restaurants et boîtes de nuit. La rencontre a eu lieu au palais du peuple et elle a permis à ces patrons d’entreprises de restauration et d’hébergement d’exposer leurs préoccupations aux nouvelles autorités de Guinée.

Devant le colonel Mamadi Doumbouya (le président du CNRD), le directeur général du Primus Hôtel Kaloum a surtout plaidé pour l’amélioration du climat des affaires en Guinée pour permettre au promoteur d’hôtels et restaurants de fonctionner normalement et payer leurs employés.

« Nous avons répondu comme les autres hôtels à l’invitation du président du CNRD. Nous l’avons fait savoir de nos préoccupations, à savoir : le payement de la dette intérieure, la réduction du coût de l’électricité. Nous avons souhaité également qu’il améliore le climat des affaires pour nous permettre de fonctionner normalement. Parce qu’actuellement les hôtels éprouvent beaucoup de difficultés.

Et, pourtant, nous sommes là pour améliorer les conditions de vie de la population. Par exemple, à l’hôtel Kaloum, nous avons plus de 250 employés et toutes ces personnes ont une famille à nourrir. Nous, nous attendons à recevoir beaucoup de personnes à héberger pour avoir les moyens de payer nos employés et réinvestir dans le pays.

Nous avons bien écouté le président de la république et son discours est rassurant. Donc, sur nos préoccupations, il dit avoir pris note et il verra avec l’ANSS, surtout pour le décalage du couvre-feu. Nous attendons son retour, nous espérons que nous aurons un retour positif. En tout cas, nous sommes là pour accompagner les autorités du pays », a dit Dennis Lin.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Salifou Soumah, tenancier de bar et restaurant : « le régime déchu avait abandonné notre secteur »

23 septembre 2021 à 13 01 53 09539
Arafan Salifou Soumah, tenancier de bar et de restaurant

A l’occasion de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya, les tenanciers des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit, ont dénoncé les restrictions imposées par le régime du président Alpha Condé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ils ont sollicité la levée de ces mesures pour leur permettre de reprendre normalement leurs activités. Car, selon Arafan Salifou Soumah, tenancier de bar et de restaurant, ces restrictions ne sont motivées que par des raisons politiques.

« Nous avons parlé avec le président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya, de l’atmosphère qui prévaut au niveau de notre secteur d’activité. C’est notamment, la fermeture de nos lieux de travail et les conditions de reprise de nos activités. Le régime déchu avait abandonné ce secteur, en se servant de la politique derrière laquelle il se cachait pour se maintenir au pouvoir, pour fermer nos lieux de travail. Pourtant, c’est un secteur économique qui emploie beaucoup de personnes.

Les conseillers du président nous ont dit dans la salle que nous allons nous concerter avec l’agence nationale de sécurité sanitaire pour voir dans quelles mesures on pourra lever le couvre-feu. Puisque quand on regarde dans les pays voisins tel que le Sénégal, il n’y pas de couvre-feu. Ils ont mis en place des mesures, notamment le pass vaccinal. Quand tu veux aller à un endroit public, tu montres ton pass et puis tu continues. J’attire l’attention des autorités sur un aspect : la Guinée n’est pas comme l’Europe du point de vue climat.

De la manière dont la maladie réagit en Europe, ce n’est pas de la même manière qu’elle réagit en Guinée. Tout le monde avait souffert ici, surtout la jeunesse. Personne ne sortait. Nous les tenanciers, nous avons beaucoup souffert avec l’ancien régime. Beaucoup parmi nous ont été emprisonnés. Tout ça, c’était pour garder leur fauteuil. Mais je crois qu’avec cette volonté affichée des nouvelles autorités, la Guinée va retrouver sa vie normale », a déclaré Arafan Salifou Soumah, qui s’est exprimé au micro de Guineematin.com, au sortir de la rencontre.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Congrès de Marseille : de l’importance de protéger le pangolin et l’hippopotame

23 septembre 2021 à 13 01 44 09449

Cette année, au cours du congrès de Marseille, presque tous les orateurs ont reconnu que la biodiversité de la planète est menacée. Même les mammifères marins et les vieilles forêts ont été au cœur des débats. Les différents débats se sont aussi appesantis sur l’extinction de deux animaux : le pangolin et l’hippopotame, bien que figurant déjà sur la liste rouge. Mais ils ne sont pas les seuls à être en danger d’extinction à cause de l’homme.

Les principales menaces qui pèsent sur l’hippopotame et le pangolin sont la chasse pour la viande, les écailles, pour les canines et la diminution drastique de l’habitat. Le déclin des hippopotames est spectaculaire et s’est produit dans un temps record. Notamment en Afrique Centrale, à cause des trafiquants d’espèces sauvages protégées, 95% des effectifs, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ont été décimés dans les années 2000. Il reste aujourd’hui entre 128000 et 148000 hippopotames en Afrique.

Selon un rapport de 2017 du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW), le nombre de saisies de pangolin a augmenté dans le monde entier. Et, le rapport d’ajouter que le Nigeria est souvent le point de départ de ce trafic à destination de l’Asie : 10,4 tonnes de produits issus du pangolin en provenance du pays d’Afrique de l’Ouest ont été saisies en 2016. En 2019, ces saisies s’élevaient à 53,9 tonnes.

Contrairement aux grands mammifères du continent, le pangolin n’est pas traqué pour devenir un trophée mais pour être revendu en Asie. Sur ce continent, sa viande est un met de luxe, et ses écailles entrent dans la composition d’une poudre prétendument miraculeuse.

Pour estimer l’ampleur de la chasse aux pangolins, les chercheurs de l’ONG Wild Aid ont analysé des données issues de 113 sites, dont les  pays d’Afrique Centrale, principalement le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon, la République démocratique du Congo et la République du Congo. Résultat, plus de 50 saisies majeures de produits issus du pangolin ont été comptabilisées entre 2015 et 2019. Rien qu’en 2018 et 2019, plus de 130 tonnes d’écailles de pangolin ont été interceptées par les autorités de différents pays. Le plus souvent à l’aide de pièges, bien que leur utilisation soit illégale dans la plupart des régions de l’étude.

Ainsi, le pangolin et l’hippopotame ont depuis, rejoint la longue des animaux menacés de disparition. Mais cela n’émeut en rien les trafiquants qui continuent d’appauvrir la biodiversité mondiale. Aussi, d’autres comme la gazelle dama, jadis la plus répandue au Sahara, ou encore plusieurs espèces de requins, des poissons vivant dans les grands fonds marins, sont également au bord de l’extinction.

Selon l’UICN, plus de 40000 espèces ont été répertoriées et actuellement, 16119 d’entre elles sont menacées d’extinction. Parmi ces espèces en danger, un tiers sont des amphibiens, c’est-à-dire des animaux pouvant vivre sur terre et dans l’eau ; un quart sont des arbres, des conifères ; un quart concerne la famille des mammifères ; et les oiseaux constituent un huitième de l’ensemble.

La liste réactualisée de l’UICN au congrès de Marseille du 03 au 11 septembre 2021, indique que près d’un tiers des espèces sont aujourd’hui menacées dans le monde. De nombreux écosystèmes sont aussi menacés, comme les zones humides par exemple, lesquelles ont perdu 50 % de leur superficie au niveau mondial. Ainsi, 784 espèces sont officiellement éteintes. Pour 65 autres espèces, la survie a été rendue possible en captivité pour certains animaux et par le biais de cultures pour plusieurs espèces végétales.

Le trafic des espèces en voie d’extinction dont l’hippopotame et le pangolin provient d’abord des trafiquants qui activent les braconniers par des billets de monnaies, associé à cela, la sous-information et la pauvreté de la majorité de la population. Il faut aussi ajouter un manque d’encadrement efficace des populations sur les questions de la protection des espèces.

Pourtant l’hippopotame est non seulement, l’ingénieur de l’écosystème à cause de sa capacité d’étendre les prairies mais aussi joue un rôle important dans la biodiversité. En déféquant dans les rivières, il les enrichit avec du silicium, un élément indispensable à la croissance de micro-algues essentielles à l’écosystème des rivières africaines. Le pangolin lui, est un élément essentiel de la chaîne alimentaire et contribue aussi à l’équilibre de l’écosystème.

Au Togo, l’hippopotame et le pangolin sont intégralement protégés. Si on ne connait pas le nombre exact de pangolin vivant dans le pays, on compte environ cent hippopotames dans la vallée du Mono, communément appelée la marre d’Afi qui compte à elle seule, plus d’une trentaine d’hippopotames, selon le rapport de l’ONG CDAC.

 La détention, la circulation et la vente de trophées d’hippopotames, sont punies par les articles 761 et 796 du nouveau Code pénal du Togo. « La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie est punie d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million à cinquante millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code », énonce l’article 761 du nouveau Code pénal.

Pourtant, dans le fleuve Mono, le fleuve Oti ou dans les marres et lacs du sud du pays, les hippopotames sont chassés même si on reconnait que la chasse reste une activité traditionnelle. En mars 2018, douze braconniers ardemment armés ont attaqué un hippopotame dans le canton de Sendomé, le fief de ces espèces menacées. Attaqué dans la zone de Atikpatafo, juste à 500 mètres de la marre d’Afi, l’hippopotame s’est battu bec et ongle pour ne pas se laisser dans les mains de ses ennemis. Malheureusement on le retrouve mort le lendemain dans l’après-midi.

La lutte contre le trafic illégal de l’hippopotame et du pangolin nécessite une prise de conscience des populations. Il revient également aux populations de devenir leurs propres gardiens afin de sauvegarder les espèces rares et de permettre leur pérennité dans les pays où ils vivent encore comme l’hippopotame malgré les braconnages ici et là.

Qu’il s’agisse de la chasse entraînant le déclin rapide d’une espèce, ou du réchauffement de la planète, ou encore de la pêche avec ses filets toujours plus longs, l’homme est toujours responsable du recul et de la disparition des espèces animales. Ainsi, la lutte contre le trafic illégal des espèces en voie d’extinction nécessite des actions concrètes : les arrestations et les poursuites judiciaires et condamnations de tout contrevenant.

EAGLE-Togo

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Diaraye Diallo, tenancière de restaurant : « nous avons décliné les problèmes que nous rencontrons »

23 septembre 2021 à 12 12 54 09549
Fatoumata Diaraye Diallo, tenancière de restaurant

Comme annoncé précédemment les tenanciers des bars, hôtels, motels, bars et restaurants ont conféré hier, mercredi 22 septembre 2021, avec le CNRD (la junte militaire au pouvoir actuellement en Guinée). Les échanges ont portés essentiellement sur les problèmes qui assaillent le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des loisirs. Et, le colonel Mamadi Doumbouya (président du CNRD) n’a pris aucun engagement concret pour résoudre les problèmes qui lui ont été présentés ; mais, Fatoumata Diaraye Diallo, tenancière de restaurant, dit être satisfaite de cette rencontre avec le CNRD.

« Dans nos échanges avec le président, il y a eu deux niveaux. Le premier à consister à donner la parole à ceux qui sont invités. Nous sommes intervenus pour décliner les problèmes que nous rencontrons et qui font souffrir le secteur. Le couvre-feu de 22 heures à 4 heures n’arrange pas le secteur, surtout les tenanciers des motels, dancings et bars. Parce que c’est la nuit qu’ils ont plus de clients. Il y a le problème d’accès à nos lieux à cause de la dégradation des routes. Et, les matières premières que nous utilisions pour faire la restauration sont trop chères.

Donc, on a soulevé beaucoup de problèmes. Après, il (le colonel Mamadi Doumbouya) a pris la parole pour lire son discours. Et, dans ce discours, il nous a fait comprendre qu’ils ne peuvent pas lever le couvre-feu sans passer par l’ANSS. Mais, ils vont se concerter avec eux, et tout ce que ceux-ci vont leur dire ils vont suivre ça. Et, il (le colonel Mamadi Doumbouya) nous dit de nous concerter pour faire des propositions qu’ils vont prendre et voir ce qu’il faut faire. Pour le moment je suis satisfaite des propositions de part et d’autre », a dit Fatoumata Diaraye Diallo.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

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Mamoudou Diané (fédération patronale du tourisme) au CNRD : « le couvre-feu est une politique importée »

23 septembre 2021 à 12 12 31 09319
Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée

La levée du couvre-feu est l’une des principales doléances posées par les propriétaires des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit, à l’occasion de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya. Rencontre qui s’est tenue hier, mercredi 22 septembre 2021, dans le cadre des concertations nationales engagées par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Présent à la rencontre, Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée, a expliqué que cette mesure a été importée d’Europe et qu’elle n’a que des conséquences négatives.

« On a suggéré au président de la République la levée du couvre-feu. Ça va permettre de désamorcer un peu notre secteur d’activité. Le couvre-feu, c’est une politique qui a été importée. Ça vient de l’Europe parce qu’en Europe, la promiscuité est importante entre 17 heures et minuit. Nos cadres ont fait une politique de copier-coller de ce qui se passe en occident. Ils ont copié sans mesurer l’impact de cette pratique. Il a dit que très prochainement, il va essayer de trouver une solution à ça.

Et par rapport à la formation, nos cuisiniers ne sont pas adaptés au secteur, ils connaissent mieux les plats italiens que les plats de la Guinée. L’autre suggestion, c’est par rapport à la sécurité. Ils nous ont rappelé l’existence du numéro vert par rapport à la sécurité et par rapport à tout ce qui est manquement dans ce domaine. Nous sommes rassurés et nous restons maintenant à l’attente de l’application de tout ce qui nous a été dit », a indiqué Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tel: 622680041

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Cheffe Yaya Barry, PDG du Jacquier : « j’ai fait une proposition au CNRD pour l’ouverture d’un lycée hôtelier »

23 septembre 2021 à 11 11 47 09479
Cheffe Yaya Barry, PDG du restaurant ‘’Le Jacquier’’

Dans le cadre des concertations nationales pour une transition apaisée et réussie, les tenanciers des bars, hôtels, motels, bars et restaurants ont été reçus hier, mercredi 22 septembre 2021, par le CNRD (la junte militaire au pouvoir actuellement en Guinée). La rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya (président du CNRD) et ses hommes s’est tenue à huis-clos ; et, les tenanciers ont profité de l’occasion pour exprimer leurs préoccupations et présenter des doléances pour la levée du couvre-feu. Cheffe Yaya Barry, fondatrice de l’école guinéenne de la gastronomie et propriétaire du restaurant ‘’Le Jacquier’’, a plaidé pour la création d’un ‘’lycée hôtelier’’ en Guinée.

« On a l’espoir, mais il reste à faire, parce qu’ils n’ont pas voulu confirmer la levée du couvre-feu. On s’attendait à ce qu’ils lèvent le couvre-feu ou qu’ils le repoussent un peu. Mais, ça n’a pas été le cas. Donc, on va rester encore dans l’attente pour les prochains jours. S’ils pouvaient dire de fermer à 23 heures, on aurait eu 1 heure et ça pourrait nous aider. Parce que les gens commencent à venir au restaurant à partir de 21 heures. Personnellement, je suis intervenu ; et, apparemment, cela a plu à tout le monde.

Parce que j’ai fait une proposition pour l’ouverture d’un lycée hôtelier en commençant par former des formateurs de la pratique en cuisine. Donc, il (le colonel Mamadi Doumbouya) a pris note et je pense qu’il va le faire. Parce qu’on en a besoin, on n’a pas de chefs cuisiniers guinéens. Je me bats pour pouvoir former des jeunes pour qu’ils deviennent plus tard des vrais chefs, parce que tout le monde va chercher des chefs ailleurs. Moi je pense que c’est inadmissible, on a des jeunes ici qui ont du talent et s’ils ont vraiment la structure, ils pourront devenir des chefs cuisiniers. Parce que la demande est énorme », a indiqué Cheffe Yaya Barry.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : comment s’accorder sur la durée de la Transition ?

23 septembre 2021 à 11 11 42 09429

Une Analyse de Abraham Diallo, Angleterre :

Abraham Diallo, Angleterre

Assurer           une      Transition        à          la         suite    du renversement du pouvoir autoritaire de Alpha Condé ne peut être une simple affaire de passation de service.  Toutefois, la complexité de la mission dépendra des objectifs sur lesquels les parties prenantes vont s’accorder. 

Ainsi, trois questions principales méritent d’être posées :

  • Qui dirigera la Transition ?
  • Que doit-on faire pendant la Transition ?
  • Quelle serait la durée de la Transition ?

L’une après l’autre et étape par étape, si on arrive à répondre à ce triple questionnement, on aura surmonté à une très grande partie des défis qui s’impose au peuple.

A- Qui dirigera la Transition ?

i. Le cadre légal. Ceci requiert la création des instruments légaux qui constitueront l’échafaudage de la Transition. Pour cela, entre autres, nous avons besoin :

  1. Une Charte qui définit les grandes orientations de la Transition ;
  2. Une Feuille de route qui est la définition des tâches précises qui doivent être accomplies par les parties prenantes au cours de la durée de la Transition. Cette Feuille de route doit être SMART : 
  3. Spécifique – clairement défini et répondant à un besoin spécifique : qui, quoi, pourquoi, où et lequel),
  4. Mesurable – quantifiable, ou au moins permettant des progrès mesurables. Il ne sert à rien d’avoir et de mesurer un objectif impossible à atteindre, 
  5. Atteignable – l’objectif doit être réaliste, et tenir compte des contraintes existantes, 
  6. Réaliste – est-ce que toutes les tâches à accomplir pour aboutir à l’objectif fixé sont bonnes pour le peuple et économiquement rentables pour la Guinée ? Est-ce réellement le moment indiqué pour les réaliser ? 
  7. Temporel – l’objectif doit être définit dans le temps, chaque tâche doit être achevée dans un temps déterminé et précis). 

ii. Le cadre institutionnel.  Ce cadre permet d’identifier les structures (existantes ou à créer) qui permettront de gérer la Transition. Entre autres, nous aurons besoin :

  1. Présidence de la Transition – une personne (ou un groupe de personnes) qui occupera les fonctions de Chef de l’État.  En Guinée, le Chef de la Junte pourrait occuper la fonction de

Chef de l’État pendant cette période de Transition. 

  • Gouvernement de la Transition – dirigé par un Premier Ministre qui est Chef du Gouvernement, et il préside le Conseil des Ministres.  Ce Gouvernement doit être majoritairement civil, et composé de Jeunes, Femmes et d’Hommes Guinéens très compétents et qui répondent aux valeurs d’honnêteté, d’intégrité, de responsabilité, d’objectivité et d’impartialité.  En 2010, on avait mis en place un Gouvernement d’Union Nationale composé de 32 Ministres et de 2 Secrétaires Généraux.  Combien en aura-t-on réellement besoin en 2021 ?
  • Une Assemblée de Transition – communément appelée Conseil National de la Transition

(CNT), est l’organe qui assure les fonctions législatives pendant la Transition.  En 2010, le CNT avait 101 membres. Combien en aura-t-on besoin en 2021 ? Quel serait le quota pour les trois parties (Société Civile, Partis Politiques et CNRD) et quel serait la clef de répartition ?

  • Commission de Suivi de la Transition – qui est un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement qui pourrait, entre autres, avoir comme mission l’élaboration de rapports mensuels et trimestriels sur la gestion sectorielle et globale et la progression de la Transition. 

Cette Commission peut être soit totalement indépendante.  Elle pourrait être composée d’une quinzaine de membres représentant la Société Civile, le CNT et les partenaires techniques de la Guinée.

  • Le Judiciaire – qui reste indépendant des autres pouvoirs, et assure l’application de la Loi. 

Les organes qui impactent le cours de la Transition sont la Cour Suprême (avec sa Chambre Constitutionnelle) et la Cour des Comptes.  Les magistrats ne doivent être soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité et à l’esprit de la Constitution et des Lois, en toute objectivité et en toute impartialité.  Généralement, les hauts responsables de ces institutions sont inamovibles pendant toute la période transitoire. 

  • La Commission chargée des Réformes de l’État – qui aura pour principale mission de créer les instruments légaux qui régiront non seulement la Transition, mais aussi l’après Transition.  Par exemple, avec la réforme constitutionnelle : que faudrait-il amender de la Constitution de

2010 afin qu’elle soit conforme aux besoins et exigences du moment ? Quelles Lois faudraitil retoucher ou créer pour se conformer à la nouvelle Constitution et aux défis actuels ? Quelle réforme institutionnelle aura-t-on nécessairement besoin pour assurer la Transition ? Une chose est dite « nécessaire » si elle ne peut pas ne pas exister.  Cette Commission peut être, soit totalement indépendante, ou une commission ad hoc mise en place par l’Exécutif.

  • La Commission Électorale – qui a pour principale mission l’organisation des élections législatives et présidentielles (et peut-être celles locales aussi ?).  Cependant, l’organisations de ces consultations électorales requiert des préalables :
    • Définir le type de Commission Électorale – est-ce une « Commission Électorale classique » composée de représentants issus de la Société Civile et des partis politiques ? Ce fut souvent le cas en Guinée.  Ceci requiert aux parties prenantes de designer des représentants qui seront les Commissaires de la Commission.  Ou bien faut-il avoir une « Commission Electorale professionnalisée » ou « technique » ?  Mettre en place une « Commission Electorale professionnalisée » serait l’idéal puisque cela résoudra un sérieux problème qui gangrène cette institution.  Pour s’y prendre, il faut tout d’abord définir les besoins en ressources humaines et établir un organigramme général des compétences.  Ensuite, constituer des fiches de poste en fonction des services définis au sein de la Commission Electorale, avec des profils précis, des prérequis et surtout le rôle et la responsabilité pour chaque poste identifié.  A ce niveau, il faut savoir Qui doit faire quoi ? A-t-on besoin d’un juriste ? Si oui, dans quel domaine doit-il être spécialisé ? A-t-on besoin d’un informaticien – qui a quelle expertise précise ? A-t-on besoin d’administrateurs, de traducteurs et d’interprètes ?  A-t-on besoin de coordinateurs, d’auditeurs, etc.  C’est ainsi qu’on se tourne vers le marché de l’emploi où on recrute une équipe professionnelle de façon transparente sur la base des compétences des postulants.

Même si ces textes existent déjà, si on ne les applique pas, la culture de la médiocrité s’imposera.  Pourquoi ne pas généraliser rigoureusement cette formule au niveau de toutes les fonctions non politiques de l’État ? 

Faudrait-il décentraliser la Commission Électorale par zone administrative / préfectorale comme c’est le cas dans certains pays surtout Anglophones ou bien garder la configuration « centralisée » classique ?

  • Recensement électoral – requiert, le plus souvent, le recrutement d’opérateur technique (local ou international ?) expérimenté dans le recensement de tous les électeurs – aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Guinée.  Il faut un temps suffisant (temps légal) pour lancer un appel d’offre et puis recruter de façon transparente.  Faut-il faire un recensement intégral ou partiel ? Pour l’un ou l’autre cas, combien de temps faudrait-il pour accomplir ce recensement et s’assurer que le nouveau fichier reflète bien le corps électoral ?  
    • Fixer la date des élections – c’est dans la définition des tâches impératives à accomplir et le temps que chacune de ces tâches nécessitera qu’on arrive à projeter une date pour les élections (avec une marge de temps pour les imprévus).  Quelles élections : locales, législatives, présidentielles ? Faudrait-il coupler les 2 premières ?

Ou bien faudrait-il cumuler toutes les trois à la fois ?

  • La logistique électorale – elle comprend tout ce qui est lié aux matériels électoraux : cartes électeurs, cartographie, bulletins de vote, urnes, véhicules de transport, imprimantes, documentation électorale, site internet, points ou centres de contact, etc.

iii.         Les ressources humaines :

S’il y’a une chose qui n’a point manqué en Guinée, ce sont les ressources humaines compétentes pour gérer la chose publique.  Cependant, le véritable problème a toujours été sur :

  1. Qui fait le choix ou la sélection : est-ce que la sélection des Hommes et Femmes qui gèrent le bien public a été faite par des personnes compétentes ? Est-ce que ces personnes ont été formées pour recruter des fonctionnaires de l’État ? Est-ce leur rôle d’effectuer ce recrutement ? Le recrutement peut être assuré par une tierce partie dont le rôle est uniquement le recrutement et la formation du personnel. 
  2. Sur la base de quels critères ces choix ont été opérés : souvent le recrutement semble être biaisé et subjectif, sur des bases relationnelles, ethniques, ou tout simplement de gains personnels. 
  3. Pour quelle fin : est-ce pour servir le pays ou pour servir ses propres intérêts ?  Est-ce pour l’intérêt commun national ou pour celui individuel ou d’un groupe d’individus ? 

Pour parer à tout cela, nous devons nous rassurer que les personnes qui auront la responsabilité d’assumer certains postes clefs ont été recrutées suivant les prescriptions ou règles régissant le marché de l’emploi.  Par exemple, au niveau du Judiciaire, de la Commission chargée des Réformes de l’État et peut être même au sein de la Commission Électorale.

Au marché de l’emploi.  Une fois que les tâches à accomplir sont connues, il serait facile de savoir quelles sont les ressources humaines dont on aura besoin (le nombre, les niveaux et pour combien de temps). D’abord, on définit les besoins réels en ressources humaines ; ensuite on définit les profils des personnes à recruter, les prérequis et la mission pour chaque poste identifié ; avant de procéder au recrutement du personnel requis de façon transparente et inclusive ; et sur la base des compétences avérées des candidats.  Cette tâche peut aussi être confiée à une tierce et indépendante partie professionnelle qui n’a aucun intérêt à favoriser un quelconque candidat. 

Question : Pour le cas Guinéen, devrait-on accepter l’idée selon laquelle les personnalités et/ou organisations qui assureraient la Transition ne devraient, en aucun cas, avoir activement soutenu, accompagné ou justifié le putsch constitutionnel de 2020 ?

  • Que doit-on faire pendant la Transition ?

S’accorder sur les tâches impératives à accomplir pendant la période de Transition est un aspect crucial de la Transition.  S’il est important de ne pas bâcler la Transition, il est aussi vital pour la démocratie et la paix de ne pas la « prolonger » au-delà du raisonnable.  En tout état de cause, pour chaque tâche qu’on souhaite inclure dans la mission de la Transition, il faudra bien se poser ces 3 questions

  1. Est-ce nécessaire ? – ceci est de savoir si réellement cette activité ou cette tâche doit impérativement être accompli pendant la période transitoire.  Est-ce que le fait de ne pas l’entreprendre peut négativement impacter la vie de la population Guinéenne ?
    1. Est-ce opportun ? – ceci nous permet de savoir si c’est une activité ou tâche qui pourrait être réalisée plutôt par la nouvelle administration qui entrera en fonction à la fin de la

Transition.  Est-ce que le fait de ne pas l’entreprendre maintenant peut négativement impacter l’objectif final de la Transition ?

  • Est-ce du ressort d’un gouvernement de Transition ? – certaines activités sont belles à être réalisées pour le bonheur du peuple. Toutefois, puisque nous sommes dans une période transitoire, est-ce du ressort des autorités de la Transition d’entreprendre des projets de développement de la Guinée ? Si les autorités de la Transition se lancent dans des projets de développement local / national ou initie de gros projets, quelle serait l’utilité des partis politiques qui ont des projets de société ?  Il faut savoir qu’une transition n’a aucunement pas pour vocation de développer le pays.  Son objectif final doit être de mettre le pays sur la voie du développement en lui offrant les instruments fondamentaux pouvant conduire la nation vers l’émergence.  En période transitoire, on ne doit donc pas se fixer comme objectif de régler tous les problèmes de la Guinée.  Dieu sait qu’ils sont complexes et infinis !  Ne devrait-on pas nous limiter à offrir au pays des institutions crédibles et légitimes. 

C’est pour tout cela qu’il faut être SMART et s’accorder sur les tâches et activités essentielles qui conduiront à une transition apaisée et réussie.  Le succès de la Transition Guinéenne réside dans l’acceptation et l’exécution fidèle de la Feuille de route définie par les parties prenantes. 

  • Quelle serait la durée de la Transition ?

Une fois que nous parlons de la Transition en Guinée, on cherche automatiquement à savoir la durée de la Transition.  Chercher à définir une durée de la Transition sans avoir préalablement définit, de façon consensuelle, les tâches à accomplir serait de mettre la charrue avant les bœufs.  Nous devons d’abord identifier ce qui est nécessaire de faire pendant cette période.  Une fois cet inventaire des tâches est fait, l’on devra s’atteler à déterminer le temps nécessaire à accomplissement de chacune des tâches.  

Certaines tâches peuvent être entreprises au même moment, tandis que d’autres doivent se faire en cascade, donc l’une après l’autre.  Par exemple, on ne peut pas imprimer les cartes d’électeurs sans avoir d’abord recruté un operateur technique et recensé les électeurs correctement.

Pour clairement définir une durée réaliste, il ne s’agit pas de se fixer une courte, moyenne ou longue échéance dans laquelle on cherchera à accomplir des choses.  Le plus souvent, cette méthode engendre des déceptions.  Lorsqu’il y’a une transition en place, cela veut dire que quelque chose ne marchait pas comme il le fallait – donc, nous sommes dans une crise.  Un gouvernement de transition est un système mis en place pour permettre le passage d’un type de gouvernement (indésirable) à un autre (désirable).  Pour le cas Guinéen, l’ancien régime a été simplement renversé et démantelé par les Forces Spéciales le 5 septembre 2021. Les causes d’une transition peuvent varier d’un pays à un autre : crises économiques et politiques (Tunisie, Soudan, Burkina Faso), catastrophes naturelles (Haïti), guerre et conflits (Soudan du Sud) et même l’assassinat par une puissance étrangère (Iraq et Libye). 

Les durées varient selon les contextes sociopolitiques, géostratégiques et selon le niveau de gravité des problèmes ou de la complexité des défis à surmonter.  D’où l’importance de définir les priorités des autorités transitoires.  

Par ailleurs, l’État étant une continuité, il doit, normalement, continuer à exister.  Généralement, en période de transition, les investisseurs restent méfiants et les bailleurs de fonds traditionnels gèlent les fonds destinés au pays.  Mais, s’il y a un consensus entre les acteurs de la transition sur les tâches à accomplir et la durée raisonnable de la transition, on pourrait s’attendre à un accompagnement actif

(financier et technique) des partenaires internationaux.  Après le gros financement de 3 élections en 2020, on n’a pas besoin d’être un génie pour savoir que la Guinée a besoin d’argent pour pouvoir faire face aux exigences de l’Etat et aux besoins de base de la population.  Si la Transition Guinéenne dure très longtemps et elle n’est ni consensuelle et encore moins soutenue, la Junte risque donc de se retrouver en difficulté. 

Voir à la page suivante le tableau sur la durée des transitions…

Le tableau ci-dessous recapitule la durée des transitions dans certains pays à travers le monde, dans les 20 dernières années.  On note diverses durées de transitions, allant de 8 mois à un maximum de 3 ans. 

Pays en TransitionDurée de la TransitionNotes / Observations
Mali (2020)17 moisUne partie du pays en guerre.  Après le renversement de Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, Bah N’Daw puis Assimi Goita dirige la transition malienne qui débuta en septembre 2020 jusqu’en février 2022. Transition en cours.
Tchad (2019)18 moisUne partie du pays en guerre.  A la mort de Idriss Déby en avril 2021, son fils, Mahamat Idriss Déby, à la tête du Conseil Militaire de Transition, annonce prendre le pouvoir pour une durée transitoire de dix-huit mois, à l’issue de laquelle des élections doivent être organisées.
Algérie (2019)8 moisAprès la démission de Abdelaziz Bouteflika en avril 2019, après 20 ans de règne, une courte transition sera assurée par Abdelkader Bensalah d’avril à décembre 2019.
Soudan (2019)3 ans 3 moisUne partie du pays en guerre. Plus de 29 ans de règne de Omar Al-Bashir.  Une période de transition de 39 mois dirigée par un membre du Conseil Militaire de la Transition pour les 21 premiers mois et un membre civil du Conseil de Souveraineté pour les 18 mois restants.
Burkina Faso (2014)13 moisÀ la suite de la démission du président Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, Michel Kafando avait exercé les fonctions de président pendant une période de transition de novembre 2014 à décembre 2015
Centre-Afrique (2014)2 ans 2 moisPays en guerre.  Catherine Samba-Panza assura la période transitoire, en tant que Chef de l’État, de janvier 2014 à mars 2016.
Mali (2012)16 moisUne partie du pays en guerre.  A la suite de la démission de Amadou Toumani Touré suite au coup d’État de mars 2012, Dioncounda Traoré est investi président de la République par intérim d’avril 2012 à septembre 2013.
Tunisie (2011)11 moisConstatant la vacance du pouvoir laissée par la fuite de Ben Ali dans le cadre de la révolution tunisienne, Fouad Mebazaa devient Président de la Tunisie pendant la période transitoire, de janvier à décembre 2011.  Il transmet le pouvoir à Moncef Marzouki en décembre 2011 à la suite des élections présidentielles. Transition après 23 ans de règne de Ben Ali.
Egypte (2011)16 moisAprès plus de 29 ans de règne de Hosni Mubarak, le Conseil Suprême des Forces Armées prit le pouvoir de février 2011 à juin 2012, conduit par Mohamed Hussein Tantawi qui organisa les élections présidentielles qui ont conduit à l’élection de Mohamed Morsi. Celui-ci sera déposé après 1 an d’exercice. Adly Mandour dirigera la prochaine transition de 11 mois.
Guinée (2010)2 ansD’abord de décembre 2008 à janvier 2010 avec Moussa Dadis Camara (13 mois) ; puis de janvier 2010 à décembre 2010 avec Sékouba Konaté (11 mois). Transition après 24 ans de règne de Lansana Conté.
Iraq (2003)1 an 10 moisPays en guerre depuis 2003.  Le Conseil de gouvernement irakien était le gouvernement provisoire de juillet 2003 à juin 2004.  Puis, un gouvernement de Transition a été mis en place de juin 2004 à avril 2005, qui fut ensuite remplacé.
Afghanistan (2002)2 ans 5 moisPays en guerre depuis 2001.  De juillet 2002 à décembre 2004 – transition assurée par Hamid Karzai. 

22 septembre 2021

Une Analyse de Abraham Diallo, Angleterre

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Dawxch messieurs, PDG de l’hôtel Atlantic : « nous espérons que nos doléances seront considérées »

23 septembre 2021 à 11 11 19 09199
Dawxch messieurs, PDG de l’hôtel Atlantic View Kipé

C’est avec un sentiment de satisfaction et d’espoir que le président directeur général de l’hôtel Atlantic View Kipé est sorti de la rencontre entre les propriétaires des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit. Rencontre qui s’est tenue hier, mercredi 22 septembre 2021, dans le cadre des concertations nationales en cours. S’exprimant au micro d’un journaliste de Guineematin.com, Dawxch messieurs s’est dit rassuré que la junte militaire au pouvoir prendra en compte leurs préoccupations.

« La rencontre s’est bien passée. Nous en avons profité pour exposer nos problèmes au CNRD. Nous avons surtout parlé du problème d’électricité, l’électricité coûte très cher. L’indice de sécurité est très élevé, nous avons plaidé pour ce problème-là. Nous avons aussi demandé qu’on allège le couvre-feu qui nous a beaucoup impactés. Ils ont dit que nous allons prendre contact avec l’ANSS (l’agence nationale de la sécurité sanitaire) pour voir quelles sont les mesures à prendre pour que nos activités reprennent normalement.

Et nous espérons qu’à l’issue de cette rencontre dont nous sortons déjà satisfaits, les choses rentreront dans ordre. Nous espérons que nos doléances seront considérées, parce qu’ils savent vraiment qu’il faut un changement. Ils sont là avec leurs moyens, ils feront de leur mieux. On sait très bien qu’on sera pris en considération », a déclaré le PDG de l’hôtel Atlantic View Kipé.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Chute d’Alpha Condé : le mea-culpa des magistrats

23 septembre 2021 à 8 08 40 09409
Colonel Mamadi Doumbouya, président du CNRD

De toutes les rencontres que le nouvel homme fort de la Guinée a eues, celle avec les hommes de droit était la plus attendue. Cette rencontre devait être palpitante. Parce que le régime qui vient de dégringoler comme un château de cartes s’était fortement appuyé sur cette corporation pour non seulement obtenir le troisième mandat mais aussi pour se maintenir au pouvoir contre vents et marrées.

Ce qui vient de se passer en Guinée relève d’un miracle. En l’espace de deux semaines, l’oppresseur est subitement devenu ce que la fameuse communauté internationale considère comme un opprimé. Celui qui refusait à certains de ses opposants de quitter le territoire même pour se faire soigner ne peut pas quitter le même territoire. Celui qui exigeait que ses opprimés baissent l’échine pour lui demander pardon afin de recouvrer la liberté renoue avec la privation de la liberté qu’il a pourtant connue autrefois. Plus que quiconque, il devait avoir de l’empathie pour quelqu’un qui est privé de liberté.

Il a préféré ignorer tout cela pour sévir avec arrogance. Oubliant qu’en démocratie il n’y a ni prisonnier politique ni exilé politique, il a commencé à réaliser le côté macabre et implacable d’une de ses nombreuses promesses. Oui, comme si c’était prémonitoire, l’ancien maitre de Conakry avait déclaré qu’il va reprendre la Guinée là où le premier président l’avait laissée. Peut-être que l’intention de l’homme était bonne au départ. Peut-être qu’il faisait allusion aux rares faits positifs de la première République. Mais la déclaration n’était pas passée inaperçue chez bon nombre de ceux qui ont connu cette période sombre de l’histoire de la Guinée.

Peu à peu, la Guinée a vite basculé dans une dictature féroce. Les prisons se sont remplies. Paris, Dakar et Abidjan ont renoué avec une vieille habitude : recevoir les exilés politiques de la Guinée. Les plus chanceux se sont retrouvés dehors. Le pays s’est transformé en une vaste prison à ciel ouvert. La délation avait repris de plus belle. Avec ses corolaires d’accusations et d’injustice. Finalement chacun attendait anxieusement son tour.

Pour transformer la Guinée en un véritable enfer sur terre, l’ancien président a confié la tâche aux magistrats. Il fallait donner la forme. Même si certains lieux de détention comme le camp de Soronkoni étaient hors contrôle. Dans leur résistance, les opposants au troisième mandat, pomme de discorde avec le régime, avaient publié la liste des magistrats qui accompagnaient le régime dans la répression et le musèlement de l’opposition.

Certains mis en cause étaient plutôt satisfaits de se retrouver du côté du fort contre le faible. Pour eux, devenir l’ennemi de l’ennemi du pouvoir devait faire d’eux des amis de ce dernier. En quelque sorte ceux qui les avaient classés dans cette catégorie leur avaient paradoxalement rendu service. Voilà qu’on assiste à une situation inédite. L’arroseur est arrosé. La peur a changé de camp. Ceux qui, avec arrogance et mépris avaient droit de vie et de mort sur nous sont dans une situation comme celle à laquelle ils ont soumis les autres. 

C’est dans ce contexte que les magistrats viennent se livrer à la vindicte populaire. Et sur la place publique. Devant les nouvelles autorités, le peuple de Guinée et la planète entière, ils font leur mea culpa en confessant que leurs décisions étaient influencées par l’ancien régime. C’est un secret de polichinelle. Mais ce qu’ils n’ont pas dit c’est qu’ils nous ont appris que « nul n’est obligé d’exécuter un ordre manifestement illégal ». Peu d’entre eux ont honoré leur corporation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Procès d’anciens membres du Bloc Libéral : la décision attendue le 6 octobre 2021

23 septembre 2021 à 8 08 31 09319
Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral

La bataille judiciaire qui oppose Dr Faya Millimouno (président du parti Bloc Libéral) à des anciens membres de son parti tire vers la fin. Après le réquisitoire du parquet et les plaidoiries des avocats hier, mercredi 22 septembre 2021, le tribunal en charge du dossier a mis l’affaire en délibérer pour décision être rendue le 6 octobre 2021, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après les plaidoiries du conseil de la partie civile, Me Gabriel Faya Kamano et les réquisitions du procureur Daye Mara, c’était le tour de Me Abdoul Thiam, l’avocat de la défense de plaider la cause des  prévenus ce mercredi 22 septembre. Dans ses plaidoiries, l’avocat a laissé entendre que le comportement anti démocratique reproché au président du Bloc Libéral par les prévenus est prouvé. 

« C’est lui et lui seul qui a voulu imposer sa volonté pour aller au congrès.  Il prend toujours des décisions unilatérales. Il violait tantôt les textes qui régissent le BL. Et, ils ont dénoncé ça pour que ça aille dans le parti », a martelé Me Thiam, avant d’affirmer que ses clients ne sont pas animés d’une intention de nuire le Bloc Libéral. Bien au contraire, il estime que c’est Faya Millimouno, qui a mis le feu aux poudres, en qualifiant ses anciens collègues de tribalistes. Cela bien avant que ces derniers n’organisent leur conférence de presse pour dénoncer ses agissements.

« Avant cette conférence, Faya Milimouno avait qualifié cette équipe d’un clan tribal. Alors, avant leur démission,  il y avait d’autres qui ont démissionné. C’est le cas de Samuel Kourouma,  d’Aly Manet,  de Mohamed Bangoura,  d’Abdoulaye Diakité. Tous ces gens-là avaient rendu démission. Mais ils n’ont jamais été qualifiés de clan tribal. Pourquoi il a qualifié ces prévenus de clan tribal? Donc il n’y a pas eu de diffamation, parce que tout ce qui a été dit a été démontré de façon contradictoire. Ces enfants n’avaient aucune intention de nuire, mais plutôt de dénoncer. C’est pourquoi, conformément à la disposition de l’article 544 du code pénal guinéen,  nous sollicitons leur relaxe », a conclu Me Abdoul Thiam.

Au terme de cette longue plaidoirie, le tribunal a mis l’affaire en délibérer pour décision être rendue le 6 octobre 2021.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

 Tél. : 620 589 527/664 413 227

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Mandiana : un enseignant se donne la mort par pendaison à Morodou

23 septembre 2021 à 8 08 26 09269

Abou Doumbouya, un enseignant contractuel de 25 ans s’est donné la mort par pendaison dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 septembre à Finabako Kosan, son village natal, relevant de la  sous- préfecture de Morodou où il passait ses vacances, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Mandiana.

Selon nos sources, l’homme présentait des signes d’une dépression mentale depuis  quelques années et suivait des traitements. Célibataire et sans enfant, Abou Doumbouya aurait déjeuné avec ses frères avant de se retirer pour aller visiter le bétail familial,  non loin du village.  « C’est  ce matin que son corps sans vie pendu a été retrouvé par des orpailleurs passagers », nous a confié le maire de Morodou, M. Yaya Diakité.

De Mandiana, Mamady Keita Konoma pour Guineematin.com

Tél. : 00224 625 81 03 26

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Kankan : le corps sans vie d’un bébé de 5 mois retrouvé dans un WC

23 septembre 2021 à 8 08 03 09039

Le corps sans vie d’un bébé de cinq mois a été retrouvé dans un WC ce mercredi, 22 septembre 2021, à Karifamorya, une sous-préfecture située à 7 kilomètres de la commune urbaine de Kankan, rapporte le correspondant local de Guineematin.com.

Les parents d’Aïcha Condé (la victime, âgée de cinq mois à peine) l’avaient perdue de vue depuis la veille mardi, 21 septembre. Sa mère, Djènè Kaba (une adolescente de 15 ans) l’aurait laissée endormie dans une chambre pour aller dormir dans une autre. A son réveil, vers 11 heures, elle n’aurait pas vu son bébé.

« Depuis, on la cherchait. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’on l’a retrouvée dans le WC de sa propre famille. On ne sait pour l’instant qui a posé cet acte. Mais la mère de l’enfant  est actuellement au commissariat central de Kankan pour des fins d’enquêtes », explique Karamo Touré, le maire-adjoint de Karifamorya au micro de Guineematin.com.

L’élu de promettre que cette découverte macabre ne sera pas sans suite. « C’est la troisième fois en l’espace de quelques temps qu’on retrouve un enfant mort dans des conditions très atroces. Nous mettrons tous nos efforts pour savoir exactement qui fait ça dans notre localité», assure-t-il. Pour l’instant, aucune communication de la part du commissariat de police de Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Mamoudou Diané sur la rencontre avec le CNRD : « nous avons demandé l’allègement du couvre-feu »

23 septembre 2021 à 7 07 57 09579
Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme (FEPATOUR)

Les autorités du Comité national du rassemblement pour le développement ont clôturé la journée de ce mercredi, 22 septembre, par recevoir au Palais du peuple les tenanciers de bars, motels et hôtels du pays et les responsables des agences de voyage et de tourisme.

A cette rencontre, Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme (FEPATOUR), a déploré les pertes d’emploi subies par cette corporation, sérieusement éprouvée par le nouveau coronavirus, a  porte-parole du patronat. Il l’a dit au micro de Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

« A la rencontre avec les responsables du CNRD, nous avons déploré le couvre-feu qui ne correspond pas à notre mode de vie. C’est du copier-coller. A l’occident, les gens se rendent le soir dans les boîtes de nuit et dans des lieux de récréation, contrairement dans nos Etats où la promiscuité est plus marquée la journée dans les marchés que la nuit.  Le Colonel Doumbouya nous a demandés de lui déposer un mémorandum », a souligné Mamoudou Diané.

Pour ce porte-parole de la FEPATOUR, le couvre-feu pèse lourdement sur l’économie du pays et des milliers d’emplois ont été perdus depuis l’apparition de cette pandémie.

« Selon le département de l’hôtellerie et du tourisme, ce secteur comptait plus de 10 000 emplois mais de nos jours, au moins les 40% sont perdus. Donc, nous devons changer de stratégie dans la lutte contre cette pandémie qui a eu un impact très lourd sur l’économie et le PIB du pays », a expliqué ce professionnel du tourisme qui a qualifié le coup d’Etat du 5 septembre de libérateur pour le peuple de Guinée.

Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme (FEPATOUR)

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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