Depuis le début du mois de juillet 2017, le ministère des Travaux Publics a entamé les travaux de revêtement de la route au carrefour de Matoto. A cet effet, une voie a été bloquée par l’entreprise qui travaille sur les lieux. Un fait qui joue négativement sur les usagers de cette route, notamment les marchands et les conducteurs de mototaxis, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans la journée d’hier jeudi 10 août 2017 un de nos reporters a fait un tour à Matoto où marchands et conducteurs de mototaxis rencontrent d’énormes difficultés surtout à cette période de grandes pluies.

Selon des marchands que nous avons rencontrés, leur chiffre d’affaires a baissé depuis le début des travaux de revêtement du carrefour. Les clients ont du mal à rejoindre le marché pour faire des achats, expliquent boutiquiers et étalagistes.

Selon Abass Diallo « il y a beaucoup de difficultés ici actuellement. Avant, c’était plus ou moins difficile, mais aujourd’hui, avec ces travaux de construction de la route, c’est encore pire. Les gens savent qu’il n’y a pas de route pour venir à matoto, donc les clients se font rares. En plus, quand ils mettent le bitume, nous avons du mal à traverser la chaussée pour rejoindre nos places. Il faut ajouter que nous avons des problèmes d’acheminement de nos marchandises du marché de Madina jusqu’à Matoto. On est obligé d’emprunter les corniches qui ne sont pas du tout bonnes », s’est-il plaint.

Sako Kaba, diplômé d’université qui exerce le commerce au marché Matoto, évoque d’autres problèmes engendrés par ces travaux tels que l’envahissement des boutiques par les eaux de ruissellement mais aussi les embouteillages. « Nous rencontrons assez de problèmes causés par les travaux de revêtements de la route. Quand il pleut, les eaux de ruissellement viennent nous envahir, y’a pas de passage pour drainer l’eau. Pendant la soirée également pour gagner les voitures ici c’est un vrai casse-tête, ce que l’Etat fait comme ça, c’est anormal car ce genre de travaux doit être fait pendant la saison sèche. Je ne vois aucune rapidité dans ce travail », se plaint-il.

De leur côté, les conducteurs de moto taxi tirent également le diable par la queue depuis le début des travaux. Selon eux, la clientèle se fait rare et les interminables embouteillages viennent alourdir leur peine.

Mamadou Sadjaliou Barry, taxi-motard, a expliqué la difficulté que les motards subissent pour quitter le carrefour. « Le matin, tu peux avoir un client qui part en ville. Mais, pour juste quitter le carrefour, c’est un vrai problème, car c’est une seule voie qui est praticable. Les chauffeurs de taxi nous emmerdent ici, il n’y a pas d’ordre, chacun fait ce qu’il veut parce qu’il n’y a pas de route. Nous sommes confrontés aux embouteillages que cela crée, on peut faire de 08 heures jusqu’à 10 heures dans les embouteillages », soutient le jeune homme.

Notre interlocuteur ajoute que depuis le début des travaux les gens ne viennent pas en grand nombre à Matoto, chose qui n’est pas sans conséquence sur eux. « Depuis qu’ils ont commencé ces travaux, franchement nous ne gagnons pas notre quotidien comme d’habitude. Nous tirons le diable par la queue », lance-t-il.

En outre, Mamadou Sadjaliou Barry déplore le comportement de certains policiers qui leur causent des ennuis dans la circulation. « Les policiers nous fatiguent trop, c’est comme si l’activité que nous exerçons n’est pas reconnue. En Afrique, on retrouve les taxi-motos partout, ce n’est pas seulement ici qu’on pratique cette activité », martèle-t-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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