Sénégal : Mahou Diouf explique pourquoi Macky Sall a été réélu dès le premier tour

28 février 2019 à 23 11 17 02172

La joie est au comble dans les rangs de la coalition de Benno Bokk Yaakaar, suite à la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle du dimanche, 24 février 2019 au Sénégal. Les responsables de la mouvance présidentielle jubilent après la réélection de leur candidat, Macky Sall, dès le premier tour, avec un score de 58, 27% des suffrages.

Dans la foulée, Mahou Diouf, le chargé de communication de la coalition Benno Bokk Yaakar, a expliqué les raisons qui ont poussé les Sénégalais à renouveler leur confiance à leur président sortant. C’était à l’occasion d’un entretien qu’il a accordé à un groupe de journalistes, dont les envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar.

Décryptage !

La commission provisoire de recensement des votes vient de publier les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Ces résultats donnent le président sortant, Macky Sall, vainqueur du scrutin avec 58, 27%. Quelle est votre réaction face à cette réélection de votre candidat dès le premier tour ?

Mahou Diouf: nous sommes très heureux, très contents de voir que la rencontre d’un homme et son peuple en 2012 est en train de se poursuivre. Malgré tout ce qui a été dit, les Sénégalais ont décidé de poursuivre l’aventure pour la consolidation démocratique de notre pays, mais aussi la consolidation des acquis économiques avec un taux de croissance inédit sur une aussi longue durée. Nous sommes donc très confiants et très satisfaits de voir que les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, ont choisi de poursuivre l’aventure avec le président Macky Sall.

Selon vous, qu’est-ce qui a permis à Macky Sall d’être réélu dès le premier tour ?

Mahou Diouf: le président Macky Sall a proposé une vision à son peuple qui doit permettre au Sénégal d’être un pays émergent à l’horizon 2035. Cette vision est fondée sur une approche scientifique rigoureuse mais aussi avec des axes prioritaires. Le premier axe prioritaire, c’est le fait que la famille reste au cœur de sa politique. La famille, à travers la maitrise de l’inflation ; la famille, à travers les bourses de sécurité familiale ; la famille, à travers la couverture maladie universelle.

La deuxième révolution apportée par Macky Sall, ce sont les politiques d’infrastructures. Que ce soit le PUDC, mais aussi les grandes infrastructures de rupture telle que l’autoroute Ila Touba, le TER, la compagnie nationale, le pont de la Gambie, toutes ces politiques et ces éléments de rupture d’approche, se déclinent aussi sur une façon de faire de la politique fondée sur la proximité avec les citoyens.

C’est pour cela que notre campagne dirigée par le candidat Macky Sall a été très bonne. Elle a été fondée sur des campagnes de proximité pour aller rencontrer les Sénégalais et leur expliquer la vision du président Sall et leur expliquer la phase du Sénégal émergent.

Parlez-nous justement de cette phase 2 du Plan Sénégal émergent. En quoi consiste-t-elle ?

Mahou Diouf: cette phase 2, c’est 5 visions, c’est 3 programmes, et 5 axes universels qui doivent propulser le Sénégal dans une nouvelle étape au bout du mandat en 2024, et qui pourra consolider la direction prise vers un Sénégal émergent en 2035.

La phase 2 du Sénégal émergent a déjà été validée par les partenaires sociaux, les partenaires financiers internationaux et les bailleurs de fonds. Il manquait maintenant l’assentiment des Sénégalais pour que cette phase puisse être mise en œuvre. Et, les Sénégalais dans leur écrasante majorité, viennent de valider la phase 2 du Plan Sénégal émergent.

Vous jubilez à la mouvance, mais l’opposition, notamment le camp de Idrissa Seck rejette les résultats publiés par la CNRV. Dès après la publication de ces résultats d’ailleurs, on a même enregistré quelques manifestations à Dakar et à Thiès même si elles ont été de très courte durée. Est-ce que vous ne craignez pas une crise post-électorale caractérisée par des violences ?


Mahou Diouf: nous pouvons faire confiance au peuple sénégalais. Nous sommes un grand peuple, nous avons une grande histoire démocratique. La première richesse du Sénégal, c’est sa culture démocratique. Donc, nous pouvons être sûrs, je pense, que les Sénégalais dans leur ensemble, quels que soient leur bord, seront à la hauteur de ce rendez-vous démocratique.

Le vote s’est passé dans les conditions que nous savons. Les observateurs nationaux et internationaux étaient là, vous les journalistes vous étiez là, tout le monde a salué les conditions dans lesquelles cette élection s’est déroulée. La seule chose qui est révolutionnaire ici, c’est une politique publique ambitieuse et qui a rencontré majoritaire l’assentiment de nos compatriotes.

Propos recueillis à Dakar par Alpha Fafaya Diallo et Ibrahima Sory Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com
Tel. 00221 78 386 27 97/ 00221 78 169 09 46

Lire

Sénégal : voici comment les citoyens réagissent à la réélection de Macky Sall

28 février 2019 à 22 10 49 02492

Comme annoncé précédemment, Macky Sall a été réélu à la tête du Sénégal à l’issue de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Le président sortant est crédité d’un score de 58, 27% des voix, selon les résultats provisoires ce jeudi, 28 février 2019, par la Commission Nationale de Recensement des Votes (CNRV).

Peu après la proclamation de ces résultats, les envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar ont donné la parole à certains citoyens Sénégalais qui ont réagi sur le sujet. Si certains saluent cette réélection du candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar, d’autres la critiquent vigoureusement.

Décryptage !

Comme plusieurs autres partisans de Macky Sall, Mamadou Lamine Niabaly, résidant au quartier Mermoz de Dakar, s’est rendu devant le siège de la coalition Benno Bokk Yaakaar dès après la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 24 février 2019, pour fêter la victoire de leur champion. Victoire synonyme de joie et de satisfaction pour le jeune homme. « On n’est très content aujourd’hui, vu que notre candidat Macky Sall a gagné dès le premier tour avec une victoire très écrasante.

On est vraiment satisfait de ce qui s’est passé aujourd’hui. En réalité, depuis la nuit du 24 février, on fêtait notre victoire parce qu’on savait réellement que Macky Sall allait passer au premier tour. Mais, on attendait juste que la proclamation des résultats soit faite par les instances habilitées à le faire pour pouvoir officialiser la fête. La seule chose que j’ai à dire, c’est félicitation à Macky Sall et félicitation à tous ceux qui ont voté pour Macky Sall », a-t-il déclaré.

Joie et satisfaction, ce sont les sentiments qui animent aussi madame Sofké Touré, également habitante du quartier Mermoz. Pour elle, la réélection de Macky Sall s’est déroulée de manière transparente et crédible. « Je suis contente. Je dis que c’est tout simplement le Sénégal qui a gagné. Si le président Macky Sall a gagné, c’est le Sénégal qui a gagné. Parce qu’on a vu depuis six (6) ans, ce que le président Macky Sall a fait pour le pays. Il veut faire émerger le Sénégal. Le pays a été mis sur les rails. Je pense qu’il fallait le reconduire pour qu’il continue ce qu’il a commencé.

Le président Macky Sall a non seulement changé le pays, mais il a changé aussi les mentalités. Il a montré aux sénégalais, surtout la jeunesse, qu’on doit travailler pour gagner sa vie. Nous tous nous avons été dans les bureaux de vote, et dans chaque bureau de vote, il y avait les représentants de tous les partis. A la préfecture, chaque candidat a un représentant, à la CENA, chaque parti à un représentant. Comment peut-on voler les élections dans ce contexte ? Donc, je pense qu’on joue avec l’intelligence des Sénégalais en disant qu’il y a eu de la manipulation. Que l’opposition accepte qu’elle a perdu », réagit-t-elle.

D’autres citoyens, par contre, n’ont pas le même avis. Ousmane Coly, résidant au Point E, commune de Fann Point E Amitié estime que les résultats publiés par la CNRV ne sont pas ceux qui sont sortis des urnes. « Ce qu’on a vu aujourd’hui, ce n’est pas normal. On sait que ces résultats sont falsifiés, ce ne sont pas les bons résultats qui ont été publiés aujourd’hui.

En 2012, le président Macky Sall avait dit qu’il les moyens pour lutter contre la falsification des résultats. Mais, aujourd’hui, il a perpétré cette même forfaiture pour essayer de passer au premier tour, en mettant la pression sur les magistrats qui doivent déclarer les résultats », a-t-il dit.

Elhadj Malick Diouf, résidant au quartier des Habitants à Loyer Moderne (HLM) dans la commune de Parcelle Assainie, lui, qualifie cette victoire de Macky Sall de catastrophe. « Mon sentiment est déjà désolant. Nous étions bien partis en 2012 pour rétablir l’Etat de droit, pour rétablir la vérité, pour mieux rétablir notre socle de démocratie. Mais malheureusement, ce à quoi on vient d’assister aujourd’hui, c’est une catastrophe.

C’est malheureux pour l’Afrique en général, parce qu’on ne peut pas comprendre tout le temps que lorsqu’il y a des élections en Afrique, on vienne nous parler de hold-up électoral. Il faut que ça s’arrête. On ne peut pas toujours dépendre des occidentaux. L’occident ne doit pas toujours nous imposer nos dirigeants. Ils nous imposent des dirigeants, ils nous pillent et viennent jouer aux sapeurs-pompiers. L’élection de Macky Sall n’est pas une élection crédible », a-t-il fait observer.

Propos recueillis à Dakar par Ibrahima Sory Diallo et Alpha Fafaya Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com
Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Sénégal : Idrissa Seck rejette les résultats de la présidentielle mais ne fera pas de recours

28 février 2019 à 16 04 33 02332

La coalition Idy2019 ne reconnaît pas les résultats officiels de l’élection présidentielle du 24 février 2019. Des résultats qui donnent le président sortant, Macky Sall, vainqueur du scrutin avec plus de 58% des suffrages exprimés. Peu après la publication de ces résultats provisoires par la commission nationale de recensement des votes, Idrissa Seck a lu une déclaration à son domicile, au quartier Point E, dans la commune de l’Amitié Fann (Dakar).

Déclaration dans laquelle l’opposant au régime de Macky Sall rejette ces résultats qui ne reflètent pas, selon lui, la volonté du peuple sénégalais. Idrissa Seck précise toutefois, qu’il ne fera pas de recours auprès du conseil constitutionnel. Guineematin.com vous propose l’intégralité de sa déclaration.

Mes chers compatriotes d’ici et de la diaspora, aujourd’hui, la commission nationale de recensement des votes vient de publier des résultats qui reflètent parfaitement la commande du candidat sortant. Nous rejetons fermement et sans aucune réserve ces résultats. Nous ne ferons aucun recours devant le Conseil constitutionnel.

Force est de constater que le candidat sortant a confisqué la volonté du peuple sénégalais et sera seul à assumer les conséquences face au peuple et face à l’histoire. Force est de constater que le candidat sortant a confisqué la volonté souveraine du peuple et sera seul à en assumer les conséquences face au peuple et face à l’histoire.

Nous exprimons toute notre gratitude et nos félicitations au peuple sénégalais qui a massivement exprimé son désir de changement dans la maturité, le calme et la paix.

Propos recueillis à Dakar par Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com
Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Sénégal : Macky Sall convoque le Premier conseil des ministres de l’après scrutin

27 février 2019 à 11 11 51 02512

Alors que les Sénégalais attendent impatiemment les résultats officiels de l’élection présidentielle du dimanche, 24 février 2019, le président sortant et candidat à sa réélection, se remet déjà au travail. Macky Sall a convoqué le premier conseil des ministres de l’après scrutin, ce mercredi 27 février, rapportent les envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar.

Cette rencontre hebdomadaire entre le président de la République et les membres du gouvernement se tient en ce moment même. Elle a démarré à 11 heures au Palais de la République de Dakar. On n’en sait rien cependant sur les sujets qui sont abordés à cette occasion.

Pour beaucoup, la convocation de ce conseil des ministres prouve que le président, Macky Sall, va dans le sens de la déclaration de son Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui a annoncé qu’il est réélu dès le premier tour et qu’il se remettra immédiatement au travail.

Pendant ce temps, l’opposition sénégalaise continue de clamer haut et fort que le deuxième tour entre Macky Sall et Idrissa Seck est inévitable, appelant le président sortant à respecter la volonté populaire. Le débat fait rage actuellement dans les médias avec une véritable guerre des chiffres entre la mouvance et l’opposition.

Mais, la vie, elle, a repris son cours normal à Dakar. Depuis lundi, lendemain du scrutin, les citoyens vaquent librement à leurs occupations en attendant les résultats officiels, annoncés pour jeudi ou vendredi. Des résultats, qui pour la plupart, ont déjà été diffusés par la presse et qui placent le président sortant, Macky Sall, largement en tête.

De Dakar, Alpha Fafaya Diallo et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 00221 78 386 27 97/ 00221 78 169 09 46

Lire

Vie des Guinéens au Sénégal : Thierno Boubacar Sidighi Diallo à Guineematin (vidéo)

27 février 2019 à 10 10 15 02152

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, les deux envoyés spéciaux de Guineematin.com au pays de la Téranga ont mis leur visite à profit pour s’entretenir avec le doyen Thierno Boubacar Sidighi Diallo, président de l’Union des Ressortissants Guinéens au Sénégal. Avec monsieur Diallo, plus connu sous le nom de Thierno Boubacar Koubia Matakaou, il a été question du quotidien de nos compatriotes vivant au pays de la Téranga, de leur relation avec les autorités sénégalaises, des difficultés rencontrés et de sa lecture sur l’actualité sociopolitique de notre pays.

Ci-dessous, la version vidéo :

Lire

Présidentielle au Sénégal : l’UE salue une « journée électorale exemplaire »

26 février 2019 à 17 05 50 02502

Deux jours après l’élection présidentielle du dimanche, 24 février 2019 au Sénégal, la mission d’observation électorale de l’Union Européenne a publié ce mardi, 26 février, sa déclaration préliminaire sur le déroulement de ce processus électoral. Elle juge la journée électorale « exemplaire », même si l’organisation de cette élection n’est pas parfaite, rapportent les envoyés spéciaux de Guineematin.com à Dakar.

« Le scrutin était calme et transparent, et a été caractérisé par une forte mobilisation des électeurs », souligne la Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne (MOE UE) au Sénégal. Elle indique que « le vote a été évalué positivement par les observateurs. Les procédures ont généralement été respectées dans les bureaux de vote observés (…) En règle générale, l’organisation matérielle du scrutin s’est faite dans le respect des règles et délais prescrits dans la loi ».

Elena Valenciano, Cheffe de mission électorale de l’Union européenne au Sénégal

Après le vote, les observateurs européens ont salué aussi les conditions de dépouillement et de centralisation des votes. « Dans l’ensemble, les procédures de dépouillement ont été conduites de manière transparente et ordonnée. La centralisation des résultats a été évaluée positivement dans la quasi-totalité de Commissions de recensement des votes observées. Les candidats y étaient représentés et les procédures appliquées de façon transparente et consensuelle », peut-on lire dans cette déclaration préliminaire.

Cependant, les observateurs européens soulignent que tout n’est pas rose dans l’organisation de cette présidentielle. La MOE UE rappelle que l’élection s’est déroulée dans un climat caractérisé depuis plusieurs années par un manque de confiance et un blocage du dialogue entre l’opposition et la majorité. Elle fait remarquer aussi que la présence de l’encre indélébile n’était pas systématique dans les bureaux de vote.

« Les observateurs ont également rencontré des cas isolés d’électeurs détenant leur carte qui n’ont pas pu voter parce qu’ils ne trouvaient pas leurs noms sur les listes d’émargement », ajoutent-ils, précisant que « la création de nouveaux bureaux de vote auxquels étaient affectés 53.362 électeurs a représenté un défi supplémentaire ».

Autre problème relevé par Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne, c’est au niveau de la distribution des cartes d’électeurs. Elle constate que « la communication des données concernant la distribution des cartes par la Direction générale des élections n’était pas assez détaillée et complète pour renforcer la confiance. La distribution des cartes n’a pas réuni toutes les conditions de transparence et de traçabilité souhaitables ».

La MOE UE regrette par ailleurs, le fait que « les femmes peinent à obtenir leur place dans la vie publique, comme l’illustre l’absence de candidate à l’élection présidentielle actuelle. Leur présence est très faible que ce soit au sein de l’administration électorale, des commissions électorales, et des organes dirigeants des partis, où elles sont, en outre, principalement nommées à des postes subalternes ».

De Dakar, Alpha Fafaya Diallo et Ibrahima Sory Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com

Tel. 00221 783 86 27 97/ 00221 781 69 09 46

Lire

Présidentielle au Sénégal : les observateurs de la CEDEAO et l’UA saluent le « calme et la sérénité » du scrutin

25 février 2019 à 23 11 55 02552

Comme annoncé dans une de nos précédentes dépêches, après la présidentielle d’hier, dimanche, au Sénégal, l’heure est à la présentation des rapports d’observation électorale. Dans la soirée de ce lundi, 25 février 2019, la mission d’observation électorale de la CEDEAO et celle de l’Union Africaine ont rendu public leurs rapports d’observation sur la présidentielle, rapporte un des envoyés spéciaux de Guineematin.com au pays de la Teranga.

Selon Thomas Boni Yayi, la mission de 115 membres de la CEDEAO qu’il préside a constaté que toutes les dispositions légales sont respectées dans les 13 des 14 départements visités dans le pays pendant ce scrutin. « Ce que nous retenons d’une manière générale, il y avait un personnel qui sait ce qu’il faut faire, c’est-à-dire largement formé. La manière de donner les informations aux électeurs est un acquis. On a vu les représentants des candidats dans les bureaux. Par rapport à la sécurité, lors de nos discussions avec certains candidats à la veille des élections, ils avaient des préoccupations. Mais, sur le terrain, ce que nous pouvons rapporter aujourd’hui, c’est que cette mission a noté une présence effective des agents de sécurité dans la plupart des bureaux de vote avec un nombre variant entre 2 et 8. On a vu aussi certaines patrouilles de sécurité à quelques endroits. Ce qui est important et qu’il faut noter, c’est que les agents étaient à l’extérieur de la salle où se déroulait le vote », a-t-il salué.

Poursuivant, l’ancien président du Benin a dit que le vote au Sénégal s’est déroulé dans une atmosphère paisible et calme. « Aucun incident majeur ne m’a été confirmé ou observé dans les bureaux de vote visités pouvant compromettre la transparence, la sincérité et la crédibilité de ce scrutin. Cette observation a été partagée de façon unanime lors de la réunion de concertation que nous avons tenue ce matin. Sur cette base-là, le scrutin du 24 février n’a enregistré aucun incident pouvant entamer la transparence, la sincérité et la crédibilité de ce scrutin », a-t-il dit avec insistance.

Abondant dans le même sens, Albert Pahimi Padacké, ancien Premier ministre du Tchadien et président de la mission d’observation électorale de l’Union Africaine au Sénégal a dit que son équipe d’observation (composée de 26 membres, vient de 26 pays). Et que de leur rapport d’observation, à part quelques dysfonctionnements mineurs constatés, les élections se sont passées dans les conditions les meilleures. « La présidentielle du 24 février 2019 en République du Sénégal est intervenue dans un contexte politique et électoral tendu, laissant craindre légitimement des risques de violences aggravées. La mission d’observation de l’Union Africaine a relevé avec satisfaction que malgré un tel risque, le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité, preuve encore une fois de la maturité du peuple et des acteurs politiques sénégalais qui honore notre continent ».

Par ailleurs, monsieur Albert Pahimi Padacké a fait quelques recommandations à l’ensemble des acteurs du processus électoral. « Au gouvernement, aller plus loin dans les réformes institutionnelles électorales en vue de mieux se conformer à la Charte Africaine pour la Démocratie, les Elections et la Gouvernance (CADEG) et au protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance … A l’administration électorale, mettre en place un système d’identification des membres des bureaux de vote afin de mieux les distinguer des autres acteurs du bureau de vote et permettre ainsi une meilleure orientation des électeurs. A la CENA (Commission Electorale Nationale) de continuer à exercer pleinement les prérogatives qui leur sont dévolues par la loi électorale en vue de garantir le bon déroulement et la transparence de toutes les consultations. Aux acteurs politiques de participer au dialogue politique et à la concertation permanente sur le cadre légal relatif aux élections, en particulier concernant la Loi sur le parrainage et la structure de l’OGE (Organe de Gestion des Elections) afin de parvenir à des dispositions consensuelles propices à la tenue d’élections apaisées », a notamment souhaité le président de la commission d’observation électorale de l’UA.

De Dakar, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Présidentielle sénégalaise : le message du président Macky Sall à Fatick (vidéo)

25 février 2019 à 10 10 47 02472

Après avoir voté dans sa ville natale, à Fatick, le président sortant et candidat à sa propre succession a adressé un message de paix et d’espoir au peuple sénégalais. Macky Sall a prié Dieu que le processus électoral se passe bien et qu’Il fasse de lui l’élu…

Ci-dessous, l’envoyé spécial de Guineematin.com à Fatick, Ibrahima Sory Diallo, vous propose le message du chef de l’Etat sortant et candidat Macky Sall :

Lire

Présidentielle au Sénégal : la satisfaction du ministre des Sports et maire de Fatick

24 février 2019 à 16 04 45 02452
Matar Bâ, maire de Fatick et ministre des Sports

Les sénégalais sont convoqués aux urnes ce dimanche, 24 février 2018, pour élire leur prochain président de la République. Pour Matar Bâ, maire de Fatick et actuel ministre des Sports, il n’y a aucun doute, Macky Sall va remporter cette élection dès le premier tour. Il l’a dit lors d’un entretien accordé à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Fatick, peu après avoir accompli son devoir civique.

Le maire de Fatick et ministre des Sports, a d’abord salué le calme dans lequel cette présidentielle se déroule. Pour lui, toutes les conditions ont été mises en place par les autorités administratives pour une élection crédible et transparente. « D’abord, quand on a saisi le préfet, qui est en charge de l’organisation au niveau du département, nous avons constaté que partout, le vote a commencé et il n’y a pas de grande difficulté. Il faut s’en réjouir parce que c’est extrêmement important. Et, les règles du jeu nous exigent de mettre en place, surtout en ce qui concerne les autorités administratives, le matériel pour que toutes les conditions soient réunies pour un démarrage effectif à partir de 08 heures. Ça a été fait », s’est-il félicité.

Pour Matar Bâ, au regard de nombreuses réalisations du président sortant Macky Sall, les sénégalais lui renouvèleront leur confiance dès le premier tour. « Le président Macky Sall est arrivé très tôt à son bureau de vote. Mais, malgré tout ça, nous avons vu une mobilisation de Fatick. Ce centre était bondé de monde ; et, tout le monde l’a accompagné à voter pour témoigner l’engagement des populations de Fatick à ses côtés. Et, nous pensons que vu tout ce qu’on a fait comme travail de proximité, de mobilisation, de sensibilisation, si le baromètre du Sénégal devrait être Fatick, ça serait effectivement une razzia comme ce qu’on a vu en Chine. Parce que nous avons quelques résultats de la Chine. Là où notre candidat Benno Bokk Yaakaar a 700 et quelques voix et le 2ème n’a que 4 ou 12 voix. Et, nous pensons que cela va continuer comme ça… », a indiqué le maire de Fatick.

Enfin, Matar Bâ dit avoir le moral au beau fixe en attendant les résultats. « Le moral est très bon, et il n’y a pas de raison qu’il ne soit pas bon d’ailleurs. Parce qu’une campagne aussi, c’est des signaux à détecter, à analyser ; et, ces signaux qui nous viennent des populations montre l’attachement de toutes les populations du Sénégal. Et, c’est une population qui a compris le bilan du président Macky Sall, qui a compris aussi que c’est un homme engagé dans le développement économique et social de ce pays ».

De Fatick, Sénégal, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Présidentielle au Sénégal : réaction de Jean Marie NGONDJIBANGTE, président de la mission d’observation du PIDPA

24 février 2019 à 15 03 44 02442
Jean Marie NGONDJIBANGTE, président de la mission d’observation du PIDPA

Les 6 683 043 électeurs sénégalais se rendent aux urnes ce dimanche, 24 février 2019, pour l’élection présidentielle. Quelques heures après l’ouverture des bureaux de vote, monsieur Jean Marie NGONDJIBANGTE, président du Conseil d’Administration du Plan International pour la Démocratie et la Paix en Afrique (PIDPA) et doyen des observateurs internationaux a dit que cette élection jusque-là se passe dans les meilleures conditions et qu’aucune anomalie n’a été constatée par son équipe d’observation.

Il a fait cette sortie lors d’un entretien avec des médias déployés dans la ville de Fatick dont Guineematin.com, quelques heures après l’ouverture des bureaux de vote.

Jean Marie NGONDJIBANGTE

Monsieur Jean Marie NGONDJIBANGTE a dit que son équipe et lui sont arrivés au Sénégal il y a pratiquement 18 jours. Mais, depuis leur arrivée jusqu’aujourd’hui, jour du scrutin, aucune anomalie considérable n’a été enregistrée. « Nous avons suivi la campagne ; et, aujourd’hui est le jour-j. Ce matin, nous nous sommes présentés dans des bureaux de vote à Fatick. Avant de venir ici (centre Thierno Mamadou Sall), vous avez vu comment il y a plein de monde. Les gens se sont alignés en file indienne, dans la discipline, le calme et surtout dans l’esprit d’apaisement pour voter dans la tranquillité. Nous pensons que c’est une très bonne chose. Et, puisque nous avons déployés 88 observateurs dans plusieurs départements, les nouvelles qui nous viennent à l’intérieur jusqu’à l’heure où nous vous parlons, tout se passe bien. Et, nous croyons que jusqu’à la fin de la soirée, si tout se passe ainsi, ça veut dire que c’est le Sénégal qui aura gagné, c’est la démocratie sénégalaise qui aura gagné », a-t-il laissé entendre.

Par ailleurs, le doyen des observateurs internationaux a salué la qualité du matériel électoral qui a été déployé et surtout le respect rigoureux de l’heure par rapport à l’ouverture des bureaux de vote. « Tout ce que nous pouvons signaler, c’est positif. Regardez l’encre-là, il est indélébile. J’ai lavé, c’est indélébile. Le matériel électoral en nombre suffisant. Je peux vous dire honnêtement sans lancer des fleurs à qui que ce soit, le ministre de l’intérieur, le directeur général des élections, leur département et le directeur de la formation, ils ont fait un travail impeccable. Surtout les cartes d’électeurs. Les cartes d’électeurs que les gens redoutaient… Je peux vous assurer que les tours que nous avons faits, à nos jours, les taux de retrait, c’est à 99%. Je n’ai jamais vu ça ailleurs si ce n’est au Sénégal ici. Bravo le Sénégal ».

De Fatick, Sénégal, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Présidentielle au Sénégal : voici les réactions de quelques électeurs

24 février 2019 à 14 02 18 02182

Comme annoncé précédemment, les Sénégalais votent ce dimanche, 24 février 2019 pour élire un nouveau président de la République. Entamé à 8 heures du matin, le vote se déroule dans le calme. A Thiès, la ville du candidat Idrissa Seck, les électeurs saluent le climat dans lequel se passe cette élection. Nous vous proposons ci-dessous les réactions de quelques électeurs, interrogés à la sortie de leurs bureaux de vote par l’envoyé spécial de Guineematin.com dans cette ville.

Décryptage !

Matar Coly : pour le moment, le vote se passe bien, il n’y a aucun problème. Les gens sont venus très tôt, le dispositif sécuritaire est là. Ils disent à tous ceux qui votent de quitter pour libérer les lieux. Cette élection est très importante parce qu’il s’agit d’élire l’homme qui va diriger ce pays-là. Donc pour moi c’est très important et je pense que chaque citoyen doit accomplir ce devoir civique. Parce que si tu ne le fais pas, demain tu n’auras pas ton mot à dire lorsque sera élu et que tu t’es abstenu. Pour moi, c’est le moment de venir exprimer ton vœu, ton désir de voir à la tête de ce pays quelqu’un en qui tu as confiance.

Je préfère la continuité parce que le président sortant, il a déjà fait un mandat au cours duquel il a fait pas mal de réalisations. Donc pour moi, c’est la continuité. Maintenant, s’il termine son second mandat, quelqu’un va venir. Sinon, ça sera un éternel recommencement. Et puis, on n’a pas vu quelque chose de très mauvais qu’il a fait pour le sanctionner. Peut-être qu’il y a quelques couacs mais je crois que c’est acceptable.

Mame Koumba Diagne : pour le moment, l’élection se passe bien. Les gens votent dans le calme et vraiment tout se passe à merveille. Pour moi, cette élection est très importante parce qu’en tant que citoyenne, je crois que j’ai mon mot à dire pour le Sénégal.

Baba Faye : présentement, tout se passe bien. Je suis venu, je suis resté dans le rang et quand mon tour est arrivé je suis rentré pour accomplir tranquillement mon devoir civique. C’est une élection qui est fondamentale, parce que c’est de là que va découler la destinée de la nation pour les prochaines années. Donc, il faut que le choix se passe dans de très bonnes conditions.

Racine Sow : c’est vraiment important. Je rappelle que c’est la 11ème fois que nous organisons une élection présidentielle dans notre pays. On a commencé à voter et ça se passe tranquillement, il n’y a pas de problèmes. Je pense que très important pour les gens de venir voter et faire le changement. Parce que dans ce pays-là, ça ne va pas du tout. Le président de la République du Sénégal, j’ai pris ma décision de voter pour lui en 2012 et il a gagné. Mais après 7 ans de gouvernance, on n’est pas satisfait. La satisfaction, c’est sa famille et ses amis.

Aujourd’hui, il faut déplorer le fait que les problèmes ethniques commencent à naître au Sénégal. On entend dire que tel est toucouleur, tel autre est sérère ; tel est tidjaniste et tel autre est mouride, cela est dangereux pour le pays. J’ai peur que cela ne se développe et qu’on arrive un jour à une situation comme celle que le Rwanda a connu il y a plusieurs années. Je pense que le président encourage cette division, c’est pourquoi tous les Sénégalais doivent se lever et voter massivement pour un changement au Sénégal.

Seynabou Sarr : le vote se passe très bien. Les gens votent tranquillement, il n’y a pas de problème. Comme le vote est secret, je ne vais pas dire pour qui j’ai voté ni même qui je souhaite voir passer. Je vais tout simplement dire que cette élection est très importante parce que c’est pour élire un président de la République. J’ai voté donc pour mon candidat et je crois que ma voix sera prise en compte.

Hawa Seck : le vote se passe bien. J’ai choisi librement mon candidat et j’ai voté pour lui. Je n’ai rencontré aucun problème. Moi, je souhaite le changement, c’est-à-dire l’accession au pouvoir d’un autre qui ne soit pas le président sortant. Parce que je n’ai pas de véritable changement depuis que Macky Sall est au pouvoir. Je pense qu’il est temps qu’il quitte donc le pouvoir pour qu’autre vienne diriger autrement le Sénégal.

Propos recueillis à Thiès (Sénégal) par Alpha Fafaya Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Lire

Fatick : voici le message de Macky Sall aux sénégalais

24 février 2019 à 10 10 45 02452

Tôt ce matin, les sénégalais se sont rendus en nombre dans les différents bureaux de vote pour s’acquitter de leur devoir civique. Après avoir glissé son bulletin dans l’urne au bureau de vote numéro 3 de Fatick, sa ville natale, Macky Sall, président sortant et candidat à sa propre succession, a salué la maturité des sénégalais et espéré que le prochain président sera le président de tous les sénégalais, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Fatick, au Sénégal.

C’est aux environs de 09 heures 10 minutes que le président de la République, Macky Sall, en compagnie de son épouse, Mariem Faye Sall (tous les deux vêtus de blanc) est entré au centre Thierno Mamadou Sall de Fatick. Après avoir bénéficié d’un accueil chaleureux de la part du public qui l’attendait, le candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) est entré dans le bureau de vote numéro 3 pour s’acquitter de son devoir civique.

A sa sortie, le chef de l’Etat sortant a salué la maturité du peuple sénégalais, avant d’inviter le prochain président d’être le président de tous les sénégalais, même s’il croit mordicus que ce prochain président sera encore lui. « Les sénégalais sont massivement et calmement sortis pour faire le vote. Cela signifie tout simplement que le peuple sénégalais a une maturité. Je prie le bon seigneur que le vote continue ainsi jusqu’à ce soir. Et, lors de la proclamation des résultats, à l’aide du seigneur, que je puisse être le président de la République. Je remercie tout le monde d’être là. J’espère que le prochain président sera le président de tous les sénégalais. Et, j’espère que ce président sera moi », a dit Macky Sall.

A noter que le département de Fatick compte 160 733 électeurs, répartis dans 374 bureaux de votes et 223 centres. La commune pour sa part comptabilise un total de 25 378 électeurs pour six (6) centres et 44 bureaux de vote. Et pour ces élections, les bureaux de vote ont été ouverts dès 8 heures. Tout se passe actuellement dans un calme olympien, sous le regard des agents des forces de l’ordre déployés en grand nombre.

De Fatick, Sénégal, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Mea Culpa d’un ancien militaire au RPG : « j’étais le chef des rebelles qui devaient enlever Lansana Conté »

23 février 2019 à 17 05 25 02252

L’assemblée générale hebdomadaire du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, tenue ce samedi, 23 février 2019, a porté essentiellement sur la fusion du parti COMUNA Conseil Militaire pour l’Unité Nationale) à la mouvance présidentielle. La visite effectuée récemment en Guinée par des anciens chefs d’Etat, Abdoulaye Wade (Sénégal), François Hollande et Nicolas Sarkozy (France) a également été commentée. La séance a été présidée par Saloum Cissé, secrétaire général du parti, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est une structure méconnue du grand public qui s’est fondue ce samedi dans le RPG Arc-en-ciel. Il s’agit du parti COMUNA (Conseil Militaire pour l’Unité Nationale), d’Aboubacar Sidiki Diaby, ancien officier de l’armée guinéenne. L’annonce en a été faite par Saloum Cissé.

« Aujourd’hui, on connait l’adhésion de plusieurs partis politiques qui sont venus se fondre dans le RPG, mais on ne se lasse, on doit toujours continuer à convaincre le maximum de guinéens pour que le RPG soit toujours plus grand. Ça c’est notre préoccupation majeure. Nous avons parmi nous un monsieur qui est d’une notoriété très élevée en Guinée qui vient de fondre son parti au RPG arc-en-ciel. Et ce monsieur, ce n’est pas un inconnu du RPG, c’est quelqu’un qui a participé à la mise à terre du RPG mais il y a moment où le délestage vient. Quand le délestage vient, il peut avoir des moments amortis. Mais la prise de conscience aidant, tu peux rattraper le temps et venir pour continuer le combat et c’est ce qui est fait. Il s’agit d’Aboubacar Sidiki Diaby », a déclaré honorable Saloum Cissé.

Prenant la parole pour se présenter aux militants, Aboubacar Sidiki Diaby a rappelé fièrement son passé sombre dans la déstabilisation du régie de Lansana Conté. « Je suis un ex-officier des forces armées. Quand le président Ahmed Sékou, paix à son âme, mourait, j’étais le plus jeune officier de l’armée guinéenne. J’étais déjà lieutenant. En 1985, lorsqu’il y a eu le coup d’Etat de Diarra Traoré, moi j’ai quitté Conakry sur les rails à pied, j’ai marché jusqu’à Kankan. De Kankan, je me suis rendu à Bamako en République du Mali. Le président Moussa Traoré, il est vivant encore, je lui souhaite longue vie, m’a accordé l’asile politique. C’est là-bas où j’ai lancé un appel à tous les militaires rescapés du pogrom de 1985, pour que nous mettions en place un mouvement militaire pour venir renverser le régime militaire de Lansana Conté. C’est moi qui étais le chef des rebelles qui devaient venir attaquer la Guinée pour enlever Lansana Conté à la tête de la Guinée. Ce mouvement, nous l’avons appelé Conseil Militaire pour l’Unité Nationale en abrégé COMUNA », a dit monsieur Diaby.

Parlant de ce mouvement, ex-officier a même expliqué qu’il a reçu le soutien de certains pays voisins pour tenter de déstabiliser le régime Conté. « Beaucoup de chefs d’Etat de la sous-région nous ont apporté leur soutien, parce que tous les amis du défunt président Ahmed Sékou Touré, paix à son âme, n’étaient pas contents que l’armée ait pris le pouvoir en Guinée. Donc, ils nous ont soutenus pour venir renverser le Général Lansana Conté ».

Par ailleurs, Aboubacar Sidiki Diaby est revenu sur la naissance des rapports entre ce mouvement et le président Alpha Condé. « De la France, le professeur Alpha Condé a entendu parler d’autres groupes. Il a envoyé un émissaire pour nous rencontrer à Bamako. Cet émissaire, il est là, il est vivant. Il s’appelle Lansana Bérété. C’est Lansana Bérété qui est parti nous prendre à Bamako, il nous a amenés à Abidjan. On a rencontré Alpha Condé le 26 septembre 1987, il était à la tête du MUD, moi j’étais à la tête du COMUNA. Il a demandé ce que nous voulons, je lui ai dit ce que nous voulons. Il a dit qu’il est contre un pouvoir militaire, lui aussi il est contre Lansana Conté, mais il veut renverser Lansana Conté par les urnes, par la voie démocratique. Difficilement il nous a convaincu, parce que nous, on était des militaires. On voulait un pouvoir militaire. Mais, c’est le professeur Alpha qui nous a mis dans son école, il a enlevé le pouvoir dans notre tête », a-t-il révélé.

Pour ce qui de la visite des anciens chefs d’Etat en Guinée, c’est Kaba Condé, directeur général de la radio nationale, qui a dit quelques mots là-dessus. « Les deux dernières semaines, vous avez vu le président Alpha Condé recevoir trois anciens chef d’Etat en Guinée. Les présidents français, François Hollande et Nicolas Sarkozy, et l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade. Pour ce qui est du passage de monsieur François Hollande, il vous souviendra que pendant Ebola, François Hollande est le président au monde qui a aidé la Guinée plus que tous les autres. La deuxième visite, c’est l’arrivée du président Wade en Guinée. On le dit chez nous, quand la case de ton voisin brûle, il faut apporter l’eau pour éteindre le feu si non le feu peut arriver chez toi. Tout le monde sait que l’ancien président Abdoulaye Wade menaçait de saboter les élections de demain au Sénégal. Quand le président Alpha Condé a compris qu’il y a danger au Sénégal, il a appelé son grand frère, Abdoulaye Wade, qui est venu. Ils se sont entretenus et à partir du bureau du président Alpha Condé, le président Macky Sall et le vieux Abdoulaye Wade ont parlé à Conakry et la paix est revenue. Bravo à la médiation du président Alpha Condé », s’est félicité Kaba Condé.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

Frahira Condé de la section RPG-AEC du Sénégal : « le président Alpha Condé va se limiter à ses deux mandats »

23 février 2019 à 13 01 18 02182
Frahira Condé, secrétaire politique de la section RPG-AEC du Sénégal, de Gambie, du Cap-Vert et de la Mauritanie

Frahira Condé, secrétaire politique de la section RPG Arc-en-ciel du Sénégal (une section qui couvre aussi la Gambie, la Mauritanie et le Cap Vert) a accordé une interview à deux journalistes de Guineematin.com, partis couvrir l’élection présidentielle du 24 février 2019 au Sénégal.

Ce guinéen qui est né et qui vit au pays de la Téranga, s’est exprimé notamment sur le déroulement de la campagne électorale et sur l’actualité sociopolitique guinéenne qu’il observe à distance. Il a déploré l’attaque contre le cortège de Cellou Dalein Diallo il y a une semaine à Conakry et s’est dit certain que le président Alpha Condé ne va pas briguer un troisième mandat.

Décryptage !

Guineematin.com : les sénégalais sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur nouveau président de la République. La campagne électorale s’achève ce vendredi, 22 février 2019 à minuit. Vous qui êtes à la fois guinéen et sénégalais et qui êtes un des responsables du RPG Arc-en-ciel au Sénégal. Comment appréciez-vous le déroulement de cette campagne ?

Frahira Condé : la campagne s’est déroulée très bien. Les cinq (5) candidats ont déroulé leurs plans d’actions, ils ont expliqué à la population leurs programmes. Moi, je n’appartiens à aucun parti politique ici au Sénégal. Mais, à mon avis, et d’après ce que j’ai vu, le président Macky Sall va les battre dès le premier tour.

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

Frahira Condé : son bilan. Je ne parle pas de ce que les gens disent : il a dit qu’il va faire cinq (5) ans, il a fait sept (7) ans. D’accord, tout ça c’est beau. Mais, ça n’empêche pas de dire que ce qu’il a fait ici, connaissant très bien le Sénégal pour avoir parcouru tout le territoire sénégalais, lui permet d’être réélu dès le premier tour. Je suis allé partout et j’ai vu que le président Macky Sall a fait vraiment du bon travail. Donc, si les Sénégalais sont conscients, ils vont lui donner un second mandat.

Guineematin.com : parlant du déroulement de la campagne électorale ici au Sénégal, quand on fait la comparaison avec ce qui se passe habituellement en Guinée, y a-t-il une différence ?

Frahira Condé : je peux dire qu’il n’y a pas photo entre les deux pays. La façon dont la campagne se passe ici au Sénégal et en Guinée, il y a une différence. Mais, la manière dont le président sénégalais en train de faire sa campagne, c’est pareil avec celle du président Alpha Condé en Guinée : la manière avec laquelle Alpha Condé draine les foules derrière lui, c’est de cette même manière que Macky Sall est en train de faire au Sénégal. Donc, à ce niveau, il y a une ressemblance entre les deux.

Guineematin.com : la différence c’est à quel niveau alors ? Au niveau du discours peut-être ?

Frahira Condé

Frahira Condé : la différence c’est au niveau du discours. Quand je suis la télévision guinéenne, je vois souvent des anciens militants qui se glorifient en disant : moi je suis là depuis le commencement, moi ça, je ne le dis pas. Je connais très bien le président Alpha Condé, mieux qu’eux-mêmes qui sont là-bas, à côté de lui. Le président Alpha Condé aussi me connait très bien, si tu le réveilles en plein sommeil, tu lui demandes s’il connait Frahira, il dira oui. En le connaissant donc très bien, je dirais qu’il y a une différence entre lui et Macky.

Le président Condé lui, il dit ce qu’il a à dire, c’est-à-dire qu’il ne cache pas la vérité, il dit ce qu’il a à dire sans gêne. Ce qu’il ressent, il le dit même à ses militants, ses compagnons et la population aussi. Lui, il crache la vérité. Ce n’est pas le cas chez Macky Sall. Lui, il ne peut pas dire ces vérités-là. Les vérités que le président Alpha Condé est en train de dire à la population, le président Macky ne peut pas les dire. S’il les dit, il va tomber, ça ne l’arrangera pas.

Guineematin.com : vous avez salué le déroulement de cette campagne électorale, mais selon certains médias sénégalais, cette campagne a fait 22 morts par accidents de la circulation. Il y a eu également des accrochages entre militants de camps opposés qui ont fait des blessés. C’est quand même pas reluisant ça.

Frahira Condé : oui, ça arrive. L’accident, on ne peut pas l’éviter, ça arrive. Là où les gendarmes sont morts par exemple, on a dit que le chauffeur dormait. Le chauffeur était très fatigué, vous savez, la campagne c’est très fatiguant. Moi qui ai conduit un véhicule entre la Guinée et le Sénégal, j’en sais quelque chose. Les autres morts, vous savez, il y a des militants qui se sont mêlés avec des gens qui ne veulent que détruire. Parce qu’il y a certains militants qui sont là, ils ne peuvent pas se retenir. Il suffit que tu touches à une effigie de leur candidat, de leur président, ils se fâchent vite et la bagarre commence.

Guineematin.com : c’est ce qui explique les affrontements à Tamba-Kounda ?

Frahira Condé : oui, c’est à cause ça. Parce qu’il parait qu’il y a l’effigie du président Issa Sall qui a été sabotée, ou bien l’effigie du président Macky Sall qui a été sabotée, et les jeunes n’étaient pas d’accord entre eux, il y a eu bagarre. Le professeur Issa Sall était avec ses militants, ses accompagnants, avec ses gardes du corps, mais ils étaient trop petits par rapport à la foule qui était là-bas. Il parait qu’un des leurs chauffeurs a essayé de s’enfuir, on l’a tiré sur place. Il y a un autre aussi qu’on a poignardé avec un couteau. Vraiment, on déplore cela. Dans une campagne politique, ça ne demande pas de sortir une arme blanche. Mieux vaut dérouler son programme de société que de sortir une arme blanche. Quand-même, je pense que la justice fera son travail.

Guineematin.com : dans une déclaration rendue publique le jeudi, 21 février 2019, les quatre (4) opposants qui font face à Macky Sall ont dénoncé des manipulations douteuses. Ils parlent notamment d’un tripatouillage du fichier électoral pour permettre au président sortant d’être réélu. Croyez-vous en cela ou bien vous pensez que c’est juste de bonne guerre ?

Frahira Condé : moi, je ne suis pas un informaticien pour pouvoir dire qu’ils veulent tripatouiller le fichier électoral. Mais, il faut savoir que c’est quelque chose qui a été toujours déploré ici au Sénégal. Les opposants ont toujours crié ici haut et fort que vraiment, ils ne font pas confiance au fichier électoral. Mais, je vais vous dire que ce que j’ai vu ici au Sénégal, ça n’existe quasiment dans aucun autre pays en Afrique. Si on ferme les bureaux de vote à 9 heures, à 10 heures, les résultats commencent à tomber. J’ai assisté à plusieurs élections ici, mais je puis dire que personne ne peut voler les élections ici.

Guineematin.com : c’est transparent ?

Frahira Condé : c’est transparent. Il suffit que le bureau de vote numéro 1 ferme ses portes, les représentants de tous les partis sont là, ils font le décompte. Et, dès qu’ils finissent le décompte, ils ouvrent les portes et les journalistes entrent, on leur donne les résultats. Eux aussi, commencent immédiatement à relayer les résultats. Les résultats, ça part comme ça. On les centralise et il y a les médias qui donnent les résultats au fur et à mesure. Ça ne peut pas durer. Avant minuit, on peut connaître la tendance, savoir qui est devant, s’il y aura un deuxième tour ou pas.

Guineematin.com : on sait qu’il y a une forte communauté guinéenne ici au Sénégal, notamment à Dakar. Beaucoup d’entre eux ont la nationalité sénégalaise et vont donc voter. Est-ce que les partis politiques guinéens ont une certaine implication dans ce processus ?

Frahira Condé

Frahira Condé : non. Sauf peut-être ceux qui veulent se faire montrer. Il y en a d’autres qui ont acquis la nationalité sénégalaise, ce n’est pas comme nous qui sommes nés ici et qui avons grandi ici. Nos papas ont quitté la Guinée après la guerre mondiale, ils sont venus ici, ils étaient des anciens combattants. Ils ont acquis la nationalité sénégalaise et se sont installés ici. Nous, nous sommes nés ici et avons grandi ici.

Mais, il y en a d’autres qui sont venus ici il y a 5 ans, 10 ans, ils ont acquis la nationalité sénégalaise, tous ceux-là votent. Mais moi, j’attire l’attention de toute la communauté guinéenne pour leur dire de ne pas se dévoiler, de rester calme, aller voter et rentrer. Parce qu’il fût un temps, il y a eu des rumeurs qui disaient qu’il y a la communauté guinéenne qui est impliquée dans les élections au Sénégal. Il y a des opposants qui en ont parlé.

Guineematin.com : effectivement, certains ont dit ici qu’il y a des guinéens qui n’ont pas la nationalité sénégalaise que le pouvoir utilise pour voter les élections. C’est-à-dire qu’ils traversent la frontière pour venir prendre des cartes d’électeurs sénégalais, voter et rentrer en Guinée. Avez-vous vu des cas pareils ?

Frahira Condé : j’en ai entendu parler mais je ne crois pas à cela. Je sais que les Guinéens sont très nombreux au Sénégal et que beaucoup d’entre eux ont acquis la nationalité sénégalaise. Mais, ce que vous dites là, je n’en ai pas la certitude.

Guineematin.com : parlez-nous maintenant des rapports entre vous les représentants des partis politiques guinéens ici au Sénégal. Comment ça se passe entre vous ?

Frahira Condé : nous avons de très bons rapports. Ce n’est pas pareil avec ce qui se passe en Guinée. Ici, nous sommes en famille. Je peux même vous montrer des photos où je suis avec le secrétaire fédéral de l’UFDG. Quand Cellou a organisé son meeting au stade Ibamar Diop de Dakar, j’étais là-bas. Nous ici, on est une famille.

Guineematin.com : pour nous qui sommes en Guinée, c’est quand-même étonnant de voir un responsable du RPG Arc-en-ciel participer à un meeting de Cellou Dalein Diallo.

Frahira Condé : oui, on m’a invité, j’étais obligé de partir. Ce qui compte le premier, nous sommes des guinéens. Nous sommes des guinéens, c’est ça qui compte. Ici, si le malheur tombe sur quelqu’un qui est guinéen, on ne cherche pas à savoir si tu es de ce parti politique là ou si tu es de tel autre parti politique, nous on est une famille ici au Sénégal. On ne se bagarre pas. Même en période électorale, on ne se bagarre pas. On reste calme, on attend les résultats.

Guineematin.com : en Guinée, on s’achemine vers la fin du second mandat du président Alpha Condé. Quel bilan faites-vous de la gestion de votre champion ?

Frahira Condé : depuis qu’il est venu, quand-même il est en train de travailler. Vous savez, la Guinée à un grand retard par rapport à certains pays de la sous-région. Donc, il ne peut pas tout faire en deux mandats. Pour sortir la Guinée de la pauvreté, il faut beaucoup de temps. La Guinée, on ne peut pas la développer en 15 ans ou en 20 ans, ça reste encore beaucoup à faire. Sur le domaine des infrastructures, ça commence à aller parce que j’étais là-bas au mois de mai 2018, j’ai vu qu’il y a quand même des infrastructures qui sont en train de sortir de terre, j’apprécie cela. Le président Alpha Condé a beaucoup fait, il est en train de se battre pour faire son mieux. Mais, il ne sera pas le seul à bâtir toute la Guinée, il faut que tous les Guinéens y apportent leur grain de sel.

Guineematin.com : vous dites qu’il ne peut pas tout faire en deux mandats. C’est justement l’un des arguments des promoteurs du troisième mandat. Ils disent que le président doit avoir un troisième mandat pour parachever ses chantiers. C’est aussi votre avis ou bien vous, vous pensez qu’il faut respecter la constitution actuelle qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels ?

Frahira Condé : ça c’est une autre affaire. Mais moi, ce que je peux répondre, c’est que comme le président ne s’est pas prononcé jusqu’à présent sur ce sujet, moi je crois que le président de la République va se limiter à ses deux mandats-là.

Guineematin.com : c’est votre souhait ça ou bien c’est l’impression que vous avez ?

Frahira Condé : ce sont mes pensées parce que, connaissant le président Alpha Condé, je sais que s’il veut quelque chose, il le dit. C’est en 2020 qu’il va finir son deuxième mandat, s’il devait se prononcer sur ça, il allait le faire depuis longtemps, les gens vont essayer de travailler sur ça. Mais, il ne l’a pas fait jusqu’à présent. Donc d’après mes calculs, je dis que le président de la République, il va les laisser parler et à la fin de son mandat, il va aller se reposer.

Guineematin.com : vous pensez qu’il veut surprendre les gens, c’est pourquoi il ne s’est pas prononcé encore là-dessus ?

Frahira Condé : je dis qu’il ne s’est pas prononcé jusqu’à présent. Il y a les opposants qui crient de gauche à droite, chacun parle de 3ème mandat, les militants du RPG Arc-en-ciel aussi en parlent, mais ils ne connaissent absolument rien sur les intentions du président.

Guineematin.com : personnellement, que conseillez-vous au président : proposer une nouvelle constitution ou partir à la fin de son second mandat ?

Frahira Condé : moi, je ne peux pas conseiller le président de la République. C’est vrai, il me respecte beaucoup et je le respecte beaucoup, mais c’est quelqu’un qui est très mature, c’est quelqu’un qui est très respecté. Donc, je ne suis pas bien placé pour lui donner des conseils.

Guineematin.com : l’actualité guinéenne a été marquée aussi ces derniers jours par l’attaque du cortège de Cellou Dalein Diallo qui rentrait d’un séjour à l’étranger. Les forces de l’ordre ont violemment dispersé son cortège qui se rendait au siège de l’UFDG et ont sérieusement endommagé son véhicule. Votre réaction là-dessus ?

Frahira Condé : je déplore tout ce qui peut entraîner mort d’homme. Je déplore aussi les callasses des véhicules. Parce que nous, la façon dont on nous a éduqués ici au Sénégal, en faisant la politique, ce n’est pas pareil avec ce que j’ai vu là-bas. Je le déplore. L’UFDG est quand même la deuxième force politique du pays, on devait donc donner le minimum de respect à son leader. Moi, j’aurais aimé que s’il veut marcher qu’on l’encadre, il fait sa marche sans qu’on le disperse. Parce que je vois l’exemple ici au Sénégal, il y a des opposants qui font des marches, ils sont bien encadrés par la police. Ils vont faire leur marche, après ils se dispersent.

Guineematon.com : nous arrivons au terme de cette interview, quel est votre mot de la fin ?

Frahira Condé : je prie le bon Dieu que l’élection de 24 février 2019 se déroule dans les meilleures conditions, que les sénégalais restent calmes, qu’ils aillent voter et rentrer chez eux dans le calme. Et surtout mes parents guinéens, je leur demande de ne pas se manifester, de ne pas se dévoiler, ils n’ont qu’à aller voter. Il ne faut pas qu’ils se dévoilent. Ce sont des sénégalais, ils ont leurs cartes d’identité CEDEAO numérisées, ils n’ont qu’à aller voter et rentrer.

Interview réalisée à Dakar par Ibrahima Sory Diallo et Alpha Fafaya Diallo, envoyés spéciaux de Guineematin.com

Tél. : (00221) 78 169 09 46

Lire

Présidentielle au Sénégal : le collectif Samm Jikko Yi interpelle les candidats sur le respect des valeurs morales

23 février 2019 à 10 10 03 02032

A la veille de l’élection présidentielle prévue demain, dimanche 24 février 2019, au Sénégal, le collectif And Samm Jikko Yi reste sur sa faim par rapport à la position des candidats en lice sur certaines questions morales et religieuses. C’est pourquoi, ce collectif qui regroupe de nombreuses associations et mouvements de défense des valeurs religieuses et morales, a adressé un mémorandum aux cinq candidats pour les interpeller sur un certain nombre de questions. Guineematin.com vous propose ci-dessous le mémorandum dont copie est parvenue à ses envoyés spéciaux dans la capitale sénégalaise.

Le Collectif And Sàmm Jikko Yi, regroupant plus de 34 associations religieuses, de mouvements citoyens, de structures de jeunes ainsi que d’éminentes personnalités de la société civile dont le but est de défendre et de protéger les valeurs morales, culturelles et religieuses de notre pays, de combattre tout programme ou agenda susceptibles de porter atteinte à nos valeurs, entre autres, interpelle par le présent mémorandum les 5 candidats à l’élection présidentielle du 24 février 2019 afin qu’ils nous donnent leur position écrite sur les 6 questions suivantes dont certaines sont de vieilles revendications des notables et chefs religieux membres du Conseil Supérieur Islamique du Sénégal depuis 1971 :

1 – La suppression des 74 articles contradictoires au Coran et/ou à la sunna Prophétique sur le code de la famille déjà relevés par nos illustres guides (El hadji Abdou Aziz Sy Dabakh, El Hadji Seydou Nourou Tall, S Cheikh Ahmadou Mbacké Gayndé Fatma, Cheikhal Islam Baye Niass, Cheikh Mamadou Seydi, Cheikh Alioune Seck de Ngourane, Seydina Mandione Laye, Serigne Sidy Lamine Kounta, Imam Amadou Lamine Diéne et Qadi Chamsdine Diagne) et l’ouverture de pourparlers entre les différentes couches de la société sénégalaise pour un code de la famille sénégalaise prenant en compte nos réalités socio-culturelles.

2 – L’Intégration et la priorisation dans notre programme éducatif de nos références historiques, religieuses et culturelles

3 – La mise en place d’un cadre législatif et réglementaire opérationnel pour sauvegarder le respect de l’éthique et des valeurs religieuses au niveau de l’espace audiovisuel sénégalais ;

4 – La mise en place d’un Conseil de Surveillance pour visionner les films, les spots publicitaires destinés aux différentes chaînes de télévisions et salles de cinéma, VCD ou DVD en vente auprès du public, avant toute diffusion pour la protection du public « jeune » et la préservation de leur innocence.

5 – La réparation d’une grande anomalie dans la composition du Bureau du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) créé par la loi n° 2006-04 du 04 février 2006, en intégrant un représentant des associations des valeurs religieuses et morales, choisi par ses pairs pour sa compétence et son intégrité morale ;

6 – la mise en place d’une chambre à l’Assemblée nationale composée des notables, chefs coutumiers, chefs religieux, juristes en droit islamique, membres de la société civile et des associations défendant les valeurs pour étudier tous les projets-propositions de loi pour donner des recommandations aux députés des clauses à enlever ou à ajouter en vue de conformer les lois à nos valeurs, us et croyances dans un contexte globalisé ou émergent de nouveaux droits, droits des minorités, souvent antinomiques aux nôtres.

Pour le Collectif, le Coordonnateur National

Ababacar MBOUP

Lire

Amadou Diallo (BBC) sur sa sortie de la Guinée : « à l’aéroport, mon garçon de 3 ans ne devait pas me saluer »

22 février 2019 à 9 09 40 02402
Amadou Diallo, ancien correspondant de la BBC en Guinée

Guineematin.com vous propose aujourd’hui la quatrième partie de notre interview avec le célèbre journaliste Amadou Diallo, ancien correspondant de la BBC en Guinée. Dans cette partie, notre confrère explique pour la première fois comment il a réussi à sortir de la Guinée après le massacre du 28 septembre 2009, alors qu’il était recherché par le CNDD, la junte militaire qui était au pouvoir à Conakry. Il a évoqué également sa vie dans la capitale sénégalaise d’où il a couvert l’actualité guinéenne pendant quatre mois avant l’ouverture du bureau de la BBC.

Décryptage !

Guineematin.com : au lendemain du massacre du 28 septembre 2009, vous avez fait un reportage mémorable qui a été diffusé par la BBC, dans lequel on entendait même le crépitement des armes au stade. Ce reportage vous a causé des soucis. Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

Amadou Diallo : ce qui s’est passé, en fait, quand ce reportage a été diffusé, la junte était agacée. Au niveau de la garde présidentielle, ils se sont dits : « il faut le trouver, on a entendu ce qu’il a fait ». Les menaces, ça fusait. Je pense que certains étaient chargés de me retrouver et j’ai reçu beaucoup d’appels de la part des amis.

Guineematin.com : des proches du régime ?

Amadou Diallo : des proches du régime, parfois des militaires.

Guineematin.com : pour vous dire que vous étiez en danger ?

Amadou Diallo : pour me dire que j’étais en danger, de quitter la maison. Effectivement, j’étais en danger parce que même mes enfants ont reçu des appels d’autres militaires avec lesquels ils sympathisaient et qui leur ont dit : « dites à votre papa de quitter la maison, il est en danger ». Donc, les appels téléphoniques, ça fusait et j’ai reçu plusieurs appels de personnalités qui me connaissaient. J’ai résisté pendant un temps ; mais, un jour, j’ai reçu un appel à 23 heures. Le monsieur, c’était un ami, il me dit : « tu es encore à la maison ? » J’ai dit « oui je suis à la maison ». Il a dit : « il faut quitter ». Dix minutes plus tard, il rappelle en disant : « encore à la maison » ? J’ai dit « oui ! Je suis là ». Il a dit : « il faut quitter » ; et, cette fois, il a parlé avec beaucoup d’autorité. J’avais résisté jusque-là.

Guineematin.com : et la famille était là avec vous ?

Amadou Diallo : oui ! La famille était là ! Madame le savait et même mes enfants le savaient parce qu’eux-mêmes, ils ont reçu des appels d’amis à eux et qui sont des militaires, qui leur ont dit de dire à leur papa de quitter. Tous savaient que j’étais menacé et que par ricochet, la famille était menacée. Madame, les enfants, tout le monde le savait. Et, lorsqu’à 23 heures ce jour-là j’ai reçu ces appels persistants de cet ami, un ancien ministre du Général Lansana Conté, madame m’a pris dans sa voiture et je suis allé passer le reste de la nuit chez un ami. Je précise que c’est ce ministre, à l’époque en fonction, qui m’avait confirmé dans la nuit du 22 décembre 2008, la mort du Général Lansana Conté. Il sortait d’une réunion de crise dans le bureau de l’ancien président de l’Assemblée nationale, feu Aboubacar Somparé. A partir de ce jour, j’étais dans la clandestinité et cela a duré un mois. Madame a pu gérer toute cette situation de crise, de tension, parce que j’étais même avec ma maman qui était âgée de presque 90 ans et qui ne devait pas savoir que son fils était en danger. C’était à mon épouse de gérer tout ça, et elle a géré avec beaucoup de sang-froid, de bravoure ; et, honnêtement, je lui tire le chapeau parce que ce n’était pas évident. Il y avait les enfants, il y avait ma maman. Les enfants étaient petits en ce moment et c’était assez difficile. Pendant un mois, j’étais dans la clandestinité avant que la BBC ne décide de faire quitter toute la famille pour le Sénégal. Il fallait donc partir ; mais, partir par la route, c’était dangereux, à l’aéroport, c’est dangereux. Par quel chemin ? Et, finalement, la BBC et la famille, nous avons décidé de passer par l’aéroport. De prendre le risque, mais de passer par l’aéroport.

La famille est partie en première position ; et, moi, je suis venu après la famille. Les consignes étaient fermes : la famille et moi, on ne devait pas se regarder, ni se saluer. J’avais mon dernier garçon qui avait 3 ans à qui on avait dit : « si papa arrive à l’aéroport, tu ne dois pas le toucher, tu ne dois pas le regarder » parce qu’on ne devait pas savoir que j’étais sur le point de sortir du pays avec ma famille. Il y a cette image qui m’est restée parce que quand je suis arrivé à l’aéroport, j’ai vu toute la famille, mais à distance. Le petit garçon m’a vu, il me regardait, mais il ne me disait rien. Honnêtement, cette image m’est restée. Souvent, quand j’en parle, j’ai les larmes aux yeux. Mon petit garçon de 3 ans qui ne devait pas saluer son papa, qui ne devait pas approcher son papa à l’aéroport parce qu’il ne fallait pas qu’on comprenne. Imaginez, lorsque je suis arrivé à l’aéroport, mon petit garçon, quand il m’a vu, s’est approché de sa maman pour dire doucement « maman, papa est arrivé ! » et sa maman lui rappela la consigne : « tu sais que tu ne dois pas approcher, ni parler à ton papa » et le petit, malgré son très très jeune âge, a respecté la consigne, il n’avait que trois ans…

Vous savez, les aéroports sont souvent remplis d’agents de renseignement, surtout à l’époque. Les consignes étaient fermes : la famille fait ses formalités à part et je fais mes formalités à part. Et, si je suis arrêté, la famille doit continuer sa route quelle qu’en soit la situation. C’était ça les consignes et elles étaient fermes. Même si j’étais arrêté, la famille ne devait pas se retourner pour dire mon papa ou mon mari a été arrêté. Heureusement, là aussi, Dieu était avec moi. A l’aéroport, j’avais juste mon sac de reporter, la famille était avec le reste des bagages. J’étais simplement habillé comme quelqu’un qui était venu pour se promener à l’aéroport. Je rencontre là un militaire du CNDD que je connaissais et qui me connaissait aussi.

Celui-ci, lorsqu’il m’a vu, il a dit : « monsieur Diallo, vous voyagez » ? J’ai dit : « écoutez, je vais à un séminaire à Dakar ». Il m’a répondu : « Ah, monsieur Diallo, mais vous partez avec beaucoup de nos images ». J’ai dit « non ! Je n’ai pas d’images ; je vous dis que je pars pour un séminaire et je ne pars avec rien. Je vais à un séminaire, c’est pour trois jours et je suis de retour ». Mais, je crois que c’est une chance parce que ce militaire, en fait, ne faisait pas partie du cercle des décideurs. Il ne faisait pas partie du cercle de ceux qui me cherchaient, c’est-à-dire la garde présidentielle. C’était un simple militaire ; et, je crois qu’il m’appréciait bien.

Lorsque la famille m’a vu en train de parler avec ce militaire, elle était perturbée. Et, donc, j’ai fait les formalités assez rapidement et j’ai retrouvé la famille dans la salle d’attente. Et, là aussi, je ne devais pas parler avec la famille, on ne devait pas se rapprocher. Et puis, après, évidemment, on a tous embarqué. C’est à l’intérieur de l’avion que les retrouvailles ont eu lieu entre la famille et moi. C’est là où les enfants sont venus vers moi, c’est là où madame est venue vers moi et tout le monde a poussé un ouf de soulagement. On est arrivé à Dakar ; et, évidemment, la BBC avait pris toutes les dispositions pour l’accueil. Mais, il restait Mouctar qui est resté en Guinée. Il ne fallait pas que moi je dise que je suis arrivé à Dakar parce que Mouctar était en Guinée. Ça pouvait l’empêcher de sortir.

Donc, j’ai gardé le silence jusqu’à ce que Mouctar vienne me retrouver à Dakar. C’est en ce moment qu’on a demandé à un ami qu’on a en commun en Guinée, de diffuser l’information qu’on a quitté. Sinon, j’avais juste cet ami et mon frère aîné qui savaient que je devais quitter le pays. Personne ne savait que je devais quitter la Guinée à part cet ami qui est encore en Guinée pour lequel j’ai beaucoup d’admiration et de respect et mon frère aîné. Une semaine après mon arrivée, Mouctar m’a retrouvé à Dakar. On a dit en ce moment à cet ami : « écoutes, tu peux diffuser l’information que nous avons quitté le pays ».

Guineematin.com : et depuis, vous êtes à Dakar ?

Amadou Diallo : depuis, je suis à Dakar parce qu’entretemps, la BBC avait décidé de délocaliser le service français qui est revenu à Dakar. C’est pour cela que la BBC m’avait dit : « étant donné la situation en Guinée et l’impossibilité pour toi de travailler dans ces conditions, le danger auquel tu es exposé, parce que là c’est ta vie maintenant qui est menacée, tu viens à Dakar et lorsque le bureau va être installé, tu vas travailler là ». J’ai fait quatre mois à Dakar avant que le bureau ne commence à fonctionner. Et, donc, à partir de Dakar, je couvrais l’actualité en Guinée pendant ces quatre mois. J’avais tout ce qu’il me fallait pour couvrir l’actualité : j’avais une ligne téléphonique qui m’avait été installée, je pouvais appeler n’importe qui en Guinée, 24h/24, j’avais la télévision guinéenne, j’avais internet chez moi et je pouvais aller sur les sites internet guinéens voir ce qu’ils disent de la situation politique guinéenne.

Le plus important, c’est que j’avais les contacts parce que je suis venu avec tous mes carnets de contacts et tous mes téléphones portables. Et, donc, vous savez ce qui fait le journaliste, ce sont ses contacts. Alors, j’avais tous mes contacts en plus de ce confort que la BBC avait créé pour que je puisse prendre contact avec le pays ; appeler n’importe qui pour vérifier une information, pour contrebalancer une information. J’avais donc la possibilité de toucher toutes mes sources en Guinée. Des sources auxquelles j’avais confiance. Et, ces sources étaient aussi bien au niveau de la police, au niveau de la gendarmerie, au niveau de l’armée, de la société civile, des personnes anonymes, etc. Et, j’avais la possibilité de les joindre. Donc, j’ai pu couvrir pendant quatre mois l’actualité en Guinée, en étant à Dakar avant que le bureau du service français de la BBC ne commence à travailler. Et puis, quand l’installation est terminée, j’ai commencé à travailler là. Depuis, je suis à Dakar avec ma famille.

A suivre !

Interview réalisée à Dakar par Nouhou Baldé pour Guineematin.com

Lire

Building Business : vos formations d’été à Ouagadougou, Bamako, Abidjan, Dakar, Lomé, Cotonou, Casablanca, Tunis, Paris et Dubaï

5 juillet 2018 à 8 08 11 07117

Building Business est une structure de formation qui organise des sessions de séminaires sur programme à Ouagadougou (Burkina Faso), Bamako (Mali), Abidjan (Côte d’Ivoire), Dakar (Sénégal), Lomé (Togo), Cotonou (Bénin), Casablanca (Maroc), Tunis (Tunisie), Paris (France) et Dubaï (Émirat Arabes Unis). Pour cet été, elle organise en spécial des sessions de formation à Casablanca, Paris, Dubaï, Tunis et Abidjan au profit des cadres africains.

Lire

Alpha Condé promet : « d’ici 10 ans, la Guinée va dépasser la Côte d’Ivoire et le Sénégal »

21 janvier 2018 à 14 02 50 01501

Après la sous-préfecture de Friguiagbé, le vendredi dernier, le Président Alpha Condé s’est rendu hier, samedi 20 janvier 2018, dans la sous-préfecture de Souguéta, relevant d préfecture de Kindia. La visite présidentielle dans cette commune rurale a été une grande fierté pour l’ensemble des citoyens de Kolenten, de Sougueta et de Linsan qui sont venus massivement exprimer leurs sentiments de reconnaissance pour les multiples efforts déployés par le chef de l’Etat dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des populations à la base, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Kindia.

Lire

Atelier de renforcement de capacité à Mamou : près de 40 acteurs étatiques et de la société civile outillés sur la protection des enfants en situation de mobilité en Guinée

10 novembre 2017 à 19 07 32 113211

Organisé du 07 au 09 Novembre 2017 par le sous bureau de l’OIM (organisation internationale pour la migration) à Mamou, en collaboration avec l’UNICEF, avec un appui technique et financier du fonds suédois, l’atelier de formation sur le renforcement des capacités des acteurs étatiques et de la société civile sur la protection des enfants en situation de mobilité en Guinée, a pris fin hier, Jeudi 09 Novembre, au gouvernorat de Mamou. La cérémonie de clôture a été présidée par monsieur Bernard Mara, Directeur de cabinet au gouvernorat de Mamou, entouré du préfet, Mory Diallo et du conseiller politique de monsieur le Gouverneur de la région administrative de Mamou, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Lire