Dr Hady Barry, le secrétaire général du ministère guinéen des Affaires Etrangères, a été l’une des personnalités invitées cette année par le Roi saoudien pour effectuer le pèlerinage musulman. Et ce voyage, son premier du genre, a fortement impressionné ce cadre guinéen.

C’est pourquoi, dès son retour à Conakry, Hady Barry a tenu à raconter ce qui l’a marqué à la Mecque, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Chaque année, le Roi d’Arabie Saoudite, Sa Majesté Abdel Salman, invite des personnalités de différents pays à prendre part au Hajj. Et cette année, parmi les 5500 personnalités invitées, 20 sont venues de la Guinée dont le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères. Fraîchement rentré de la Mecque, le responsable guinéen a accordé un entretien à des médias dont Guineematin.com dans la soirée d’hier vendredi, 07 septembre 2018. Il dit avoir été impressionné par ce qu’il a vu à la Mecque.

« Nous nous sommes rendus à la Kaaba, c’est un endroit extraordinaire, c’est un endroit qui m’a marqué au cours de mon voyage. Parce que si nous prenons la Kaaba, c’est une maison que nous avons aperçue tous à la télé. Une maison toute banale, qui ne revêt aucun caractère particulier tant sur la construction que sur l’ouvrage.

Quand-même, cette Kaaba qui se trouve au centre, c’est là-bas qu’on a érigé la mosquée qui accueille 5 millions de personnes au jour d’aujourd’hui. Donc, quand vous arrivez à cet endroit et que vous rencontrez des hommes différents de vous par la couleur, par la culture, par la géographie et par l’histoire, et que vous vous retrouvez tous ici en point précis, en moment précis, tous guidés par un seul message, c’est quelque chose d’extraordinaire », a-t-il dit.

L’autre aspect qui a impressionné le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, c’est celui environnemental avec des températures allant jusqu’à 60 degrés. Une leçon pour Dr Hady Barry : « Quand on est dans l’avion on n’a pas l’impression qu’on est en train d’atterrir sur une planète terre. C’est un paysage linaire où tu ne verras que des montagnes, tu ne verras pas une herbe verte, tu ne verras pas une feuille verte, tu ne verras que des montagnes, du calcaire dur rongé par l’érosion, par le temps, avec une chaleur étouffante, extraordinaire.

La pluie, c’est une denrée rare. Donc, quand tu arrives dans ça, tu te demandes comment les gens ont pu vivre ici, comment une civilisation a pu se constituer ici, comment est-ce qu’aujourd’hui, tout ce monde se dirige vers un paysage aussi hostile. Ça, pour quelqu’un qui réfléchit, ça lui donne des motifs de satisfaction », a notamment dit le secrétaire général du ministère des Affaires Etrangères, remerciant de passage les autorités saoudiennes pour l’invitation.

Dr Hady Barry n’a pas manqué d’évoquer aussi les conditions difficiles dans lesquelles se déroule le pèlerinage. Il en a profité d’ailleurs pour conseiller ses compatriotes à aller faire le hajj pendant qu’ils ont la force. « Nous avons été privilégiés, mais ça, c’est tant que tu es dans l’hôtel ou tant que tu es dans les bus. Lorsque vous arrivez sur le terrain, il n’y a pas de différence entre un Roi, entre un Chef d’Etat, entre un balayeur venus faire son pèlerinage. Vous vous logez dans la même enseigne. Par exemple le jour de Arafat, vous allez voir des tentes de 50 mètres de long, de 20 mètres de large, où on peut loger 1000 personnes à la fois.

Et là où vous vous couchez est tellement restreint que vous ne pouvez pas vous coucher de dos. Là, il n y a pas de différence, la chaleur qui peut monter jusqu’à 60 degrés, c’est pour tout le monde. Et maintenant, quand vous êtes en train d’aller par exemple lapider Schéitan (Satan), il y a une stèle posée pour ça, si tu es à 7 kilomètres, tu ne peux pas faire ça à bus. Parce que quand on dit une marée humaine au sens propre ou au sens figuré, c’est ce qui se passe, et tu le fais à pied. Quand tu fais 7 kilomètres sous le soleil, plus de 60 degrés à pied, c’est difficile.

Donc je conseille tout le monde de ne jamais prendre un vieux ici pour le faire monter dans l’avion et que tu ne sois pas avec lui. Parce que si tu es en train de marcher avec quelqu’un comme ça, il suffit d’une petite inattention, quelques fractions de secondes, tu vas voir tout une marée humaine qui vient vous traverser et projeter l’autre à des distances. Un jour j’ai été sidéré de voir un de nos parents, les yeux hagards, fatigué, extenué. Et la seule chance qui l’a sauvé, il portait le « Pouteau » (Bonnet traditionnel du Fouta) parce que ça c’est la marque guinéenne. Quand on s’est approchés, nous lui avons dit bonjour en langue peulh, le vieux a sauté pour nous tenir au coup. On était obligés de l’emmener avec nous », a-t-il fait remarquer.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematn.com

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