L’excision, les mariages forcés et précoces, continuent de mobiliser en vue de leur éradication. C’est dans cette dynamique que le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD), en partenariat avec la GIZ, a conféré avec les populations de Kindia, hier dimanche, 2 septembre 2018.

Les échanges avec les jeunes, les femmes et les adultes de Kindia, tenu à la maison des jeunes, on tourné autour de la mobilisation contre ces pratiques, rapporte Guineematin.com à travers un de ses correspondants dans la région.

Cette campagne de sensibilisation était placée sous le thème « tous ensemble contre l’excision, les mariages précoces et forcés ». Selon Amadou Lamarana Diallo, un des responsables du CIRD, les mutilations génitales féminines et les mariages précoces sont plus que des réalités dans notre pays. C’est pourquoi, monsieur Diallo estime que la base doit être impliquée pour y trouver solution. « Nous pensons que les jeunes doivent débattre des sujets liés à l’excision et aux mariages précoces. Les solutions à ces problèmes doivent venir de la base, c’est à dire venir parler avec la population. C’est pourquoi nous sommes à Kindia, pour parler des conséquences énormes de l’excision et des mariages précoces ».

Par ailleurs, Amadou Lamarana Diallo a rappelé qu’au-delà des dangers de l’excision, elle se fait dans des conditions inappropriées. Il a aussi expliqué l’impact des mariages précoces sur les jeunes filles.

« L’excision est faite dans des conditions malsaines, avec des instruments tranchants, sans stérilisation. Et cela conduit à des saignements qui font que certaines filles meurent à l’excision, ou bien elles en gardent les séquelles. Quant au mariage précoce, c’est de priver une fille de son avenir qui pouvait avoir des promotions pour participer au développement de son pays. Donc, cette pratique peut conduire les victimes à l’échec total du point de vue de la personnalité et du point de vue du développement humain », a-t-il souligné.

Hadja M’balou Fofana

De son côté, Hadja M’balou Fofana, directrice préfectorale de l’action humanitaire de Kindia, a invité les citoyens d’accentuer le combat contre ces pratiques. « Le mariage forcé ou précoce, c’est la pauvreté ou la cupidité, parce que les gens vendent leurs enfants. Alors, chacun doit se battre pour sortir de la précarité. Une femme instruite ne va pas donner sa fille précocement en mariage. Un homme qui a aussi de l’argent ne le fait pas. Pour ce qui est de l’excision, pendant les campagnes de ce genre, il faut monter que le clitoris est un organe comme les autres. Mais, on parle tout dans les campagnes sur la mutilation géniale féminine et beaucoup de choses, sans parler du rôle du clitoris. Il faut savoir orienter aussi la campagne et connaître les personnes cibles. C’est important, par ce que tout cela permet à mieux lutter contre ses pratiques ».

Rouguiatou Kaba

L’organisation de cette activité dans la ville des agrumes a été très bien appréciée par la présidente du Club des Jeunes Filles Leaders de Kindia.

Selon Rouguiatou Kaba, « en tant que jeune fille, je suis très heureuse de voir une structure qui lutte contre ces pratiques néfastes. L’excision et les mariages précoces ont des conséquences très graves sur les jeunes filles. La projection du film dans la salle nous a encore beaucoup édifiées. Je dirais donc aux parents d’arrêter ces pratiques pour ne pas gâter l’avenir des jeunes filles, mais plutôt de les aider à s’émanciper ».

Il faut rappeler qu’à travers ce projet, le Centre International de Recherche et de Documentation entend explorer le maximum d’idées qu’il y a au niveau des jeunes et femmes, aussi bien à Kindia et que dans les autres sites du projet, pour que des actions vigoureuses soient prises en vue de mettre fin à l’excision, aux mariages précoces et forcés.

De Kindia, Mamadouba Sylla pour Guinéematin.com

Tél. : 623 78 43 73

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