Dans la matinée de ce mardi 20 juin 2017, s’est ouvert à Conakry un atelier de formation des cadres du ministère de la justice, des avocats et des représentants de la société civile. Le thème retenu est : « concept de justice de proximité et la validation de l’avant projet de décret relatif aux maisons de justice, à la médiation et à la conciliation ». Cet atelier de deux jours vise à instaurer une alternative au règlement des conflits qui ne soit pas forcément par les juridictions, a appris le reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Selon madame Aissatou Diallo, Directrice nationale chargée de l’accès au droit et à la justice, la mise en œuvre des maisons de justice est un concept nouveau. « L’objectif recherché est d’instituer au niveau des communautés, des juridictions non pas de droit commun comme des tribunaux qu’on connaissait, mais des maisons où les justiciables seront accueillis, conseillés, orientés lorsqu’ils sont en difficultés. Au niveau de ces maisons de justice instituées, les gens qui sont en conflit pourront venir se concilier gratuitement à travers un médiateur, un conciliateur, sans formalité. Nous pensons qu’avec la mise en place de ces maisons de justice, cette vindicte populaire que nous connaissons actuellement va disparaître », a-t-elle espéré.

De son côté, le magistrat Abdoulaye N’Diaye, chef de mission de l’assistance technique du Programme d’appui à la réforme du secteur de la justice, le présent atelier permet de trouver des stratégies pour désengorger les juridictions, en instituant des maisons où les citoyens pourraient venir régler leur conflit par la méditation. « Ces maisons de justice qui existent dans beaucoup de pays africains, si nous arrivons à les monter en Guinée, je suis sûr qu’elles vont contribuer à désengorger les juridictions, à améliorer le règlement des conflits de façon générale », a-t-il dit.

Selon lui, si la Guinée s’inspire de l’expérience des autres pays, on devrait comprendre que les maisons de justice ne sont pas animées par le personnel judiciaire mais par des médiateurs. « Cet atelier nous permettra de définir le profil de ces personnes, le fonctionnement et les compétences de ces maisons de justice », a ajouté Abdoulaye N’Diaye.

Enfin, monsieur Ibrahima Béavogui, représentant du ministre de la justice à cet atelier, considère que les maisons de justice seront un plus à ce qui existe. « Il y avait les centres d’information de proximité pour permettre un peu l’accès au droit et à la justice. Et, ces centres d’information et de proximité étaient pris en charge avant par le PNUD. Aujourd’hui, nous avons envie d’institutionnaliser les maisons de justice pour que certaines affaires mineures soient réglées à ce niveau-là. Soit par la médiation, soit par la conciliation. C’est une innovation qui s’inscrit dans le cadre de la réforme de la justice ».

À suivre !

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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