OBAMA-MerkelLe gouvernement allemand a expulsé jeudi 10 juillet le chef des services secrets américains pour l’Allemagne. C’est le nouvel épisode d’une affaire d’espionnage de responsables allemands au profit de Washington.

Il y a d’abord eu la découverte de la mise sur écoutes du téléphone de la chancelière Angela Merkel en personne par la NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine. Puis l’arrestation, ces derniers jours, de deux agents doubles allemands, travaillant pour les services américains.

Alors, les mots ne suffisaient plus, il fallait un geste fort, symbolique. L’expulsion du chef des renseignements américains en Allemagne exprime une forte défiance vis-à-vis de l’allié américain.

Aujourd’hui, Angela Merkel est en colère, et elle le fait savoir : « espionner ses alliés est une perte d’énergie », dit- elle, « nous devrions nous concentrer sur les choses essentielles ». Pour son ministre de l’Intérieur, les informations obtenues par les services américains sont «risibles » en comparaison des dégâts politiques causes par cette affaire. Enfin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a estimé que les Américains ont fait preuve «d’une bêtise à pleurer ».

Washington en délicate posture

La Maison Blanche, avec ces incidents diplomatiques particulièrement maladroits, n’a d’autres choix que de faire profil bas. « Je pense que les Américains ne vont pas jouer l’escalade parce qu’ils sont clairement en faute, estime Claude Moniquet, directeur de l’European Strategic Intelligence and Security Center. Ils ont été pris la main dans le sac. Ils n’ont pas du tout intérêt à ce que les choses s’enveniment. L’Allemagne est quand même un grand allié des Etats-Unis, comme le sont d’ailleurs tous les pays européens. Les Américains ne sont certainement pas contents de ce qui se passe, mais cela m’étonnerait que cela aille beaucoup plus loin. »

Quelles conséquences à l’intérieur même de l’Union ? «Je ne pense pas que cela aura de conséquences européennes, indique le spécialiste. Sauf bien sûr, s’il s’avérait dans les jours, les semaines à venir, que l’affaire allemande n’est pas isolée et que l’on trouve des espions américains dans d’autres pays européens. A ce moment-là, on serait peut-être effectivement, à la veille d’une crise transatlantique, qui pourrait être assez sérieuse, mais qui, étant donnés les intérêts qui sont en jeu, n’ira pas très loin. »

RFI.FR

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