imageDes photos de jeunes filles en maillot au milieu des tombes du cimetière marin qui domine le village : même à Saint-Tropez (Var), la mise en scène choisie par « l’Officiel de la couture et de la mode de Paris » pour son numéro d’été choque par son « mauvais goût ».

« J’habite Saint-Tropez depuis quarante ans et j’en ai vu de toutes les couleurs… Mais là, trop, c’est trop ! peste Daniel, un retraité.
Ici, tout le monde a un parent ou un ami enterré dans ce si beau cimetière, ouvert sur la mer. C’est un endroit de recueillement. Pas de batifolage photographique ! »

Et la réaction outrée des Tropéziens n’est pas affaire de génération. « Pourquoi avoir choisi notre cimetière ? Il y a tant de jolis coins ici… Par goût de la provocation ? Pour faire le buzz ? Ben, c’est réussi ! », relèvent Alma et Lucas, deux jeunes en balade à la citadelle qui surplombe le cimetière marin où sont enterrés Eddie Barclay ou Roger Vadim.

« Le scandale, ici, on connaît et on ne s’en offusque pas vraiment… Mais un cimetière, c’est sacré »

« Le maire et moi nous associons à l’émotion des Tropéziens », assure Denis Zott, directeur de cabinet du maire. « C’est en violation totale avec un arrêté municipal interdisant d’organiser tout shooting photo ou film sur le domaine public sans l’autorisation de la commune, explique-t-il. Et le règlement intérieur du cimetière stipule que les visiteurs doivent avoir une tenue adéquate et correcte. Là, ce n’est pas le cas… pour le moins. Les photos ont été prises sans autorisation et en déjouant la surveillance du gardien, présent sur place. D’ailleurs, si une telle demande avait été formulée, elle aurait été refusée tout net. »

« La plainte, déposée chez les gendarmes, est dirigée contre le directeur de publication de ce magazine et sera transmise au parquet de Draguignan, poursuit Denis Zott. Certaines photos ont été retirées d’Internet, mais le magazine papier, lui, va malheureusement rester. » Les kiosques sont en effet assaillis de demandes et, sur les terrasses des cafés du port, l’« Officiel » passe de main en main.

« Le scandale, ici, on connaît et on ne s’en offusque pas vraiment… Mais un cimetière, c’est sacré. Sinon, qu’est ce qu’il reste ? confie un vieux du village, assis sur la place des Lices. La tolérance, ici aussi, a ses limites.
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