En cette période de fortes pluies, les populations de la sous-préfecture de Kamsar peinent à se procurer des produits de pêche. Ce manque criard de poissons sur le marché local s’explique, selon les autorités sous préfectorales, par la période de repos biologique. Pour les responsables des débarcadères, la rareté du poisson est surtout liée au manque d’électricité (glace) et à l’absence des partenaires (Coréens), a appris Guineematin.com sur place.

Avec ses cinq cent mille (500.000) habitants, selon le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2013, la sous préfecture de Kamsar possède l’un des débarcadères les plus importants de la Guinée. Près de huit mille personnes y travaillent régulièrement.

Mais, ces derniers temps, les populations locales ne parviennent pas à s’approvisionner normalement en produits halieutiques, notamment le poisson. Pourtant, c’est à travers ces débarcadères que plusieurs préfectures de la région sont servies : Boké, Koundara, Gaoual et autres.

Interrogé sur la question, madame Sama Kaba, le sous-préfet de Kamsar évoque la période de repos biologique. « Quand on m’a rapporté les difficultés de se procurer de poisson et la cherté du prix sur le marché, j’ai interpellé les responsables à ce niveau qui m’ont dit que c’est la période du repos biologique. Ce qui prendra selon eux juste deux mois », a annoncé madame Sama Kaba.

Dans les différents débarcadères, cette version contestée par les professionnels du domaine. Pour les responsables des débarcadères, les raisons sont surtout liées au manque d’électricité pour la production de la glace et à l’absence prolongée des partenaires coréens. Ces derniers seraient convoqués à Conakry par le haut commandement de la gendarmerie nationale.

« Le manque de poisson est indépendant de notre volonté. D’abord la première chose qui nous empêche d’avoir régulièrement le poisson, c’est le manque d’électricité qui conduit à une rupture de la glace. S’il n’y a pas de glace on ne peut pas aller en haute mer. Certains peuvent faire jusqu’à dix jours dans la mer, s’il n’y a pas de glace c’est du poisson pourri qu’ils vont amener. Ensuite, les usines des coréens ont été fermées par l’Etat. Pourtant, c’est eux qui nous aidaient pour la glace si nous sommes en rupture. En ce moment, ils sont tous à Conakry suite à une convocation du haut commandement de la gendarmerie nationale », a dit le vice-président du comité de développement des débarcadères de Kamsar et adjoint du chef du port Néné, Aboubacar Khôto Camara.

Cependant, les facteurs comme la période des grandes pluies et la période du repos biologique sont non-négligeables, mais ne sont pas déterminants. « On ne peut pas dire que la forte pluie et la période de repos biologique ne constituent un ralentissement à la production, mais elles ne sont pas la cause principale de la rupture. On sait bien que cette période de repos biologique n’est pas respectée en Guinée, surtout par les étrangers. Par contre, si la nature est mauvaise, je fais lever le drapeau rouge pour interdire tout départ à partir de nos quais », a expliqué monsieur Camara.

Pour palier à la rareté du poisson sur le marché, les populations de Kamsar se tournent vers le poulet importé qui semble être moins cher et plus accessible. Pratiquement, aucun restaurant ne propose en ce moment du poisson à ses clients. Une restauratrice, sous le couvert de l’anonymat a dit à notre reporter que « nous ne pouvons pas proposer actuellement du poisson à nos clients. Le peu de poissons qu’on voit sur le marché est excessivement cher. Donc, si nous nous lançons dans ça, ce sera une perte. On est obligé d’aller vers le poulet importé qui est moins cher et facile à trouver » a-t-elle expliqué.

De Kamsar, Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tél.: 621 607 907

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