Le Centre International de Recherche et de Documentation (CIRD), en partenariat avec la GIZ, a initié un projet dénommé « Ciné-débat » ouvert au grand public dans les villes de Faranah, Labé et de Mamou pour la phase pilote. La démarche vise à lancer le débat dans le souci de contribuer à éradiquer les mutilations génitales féminines dans ces préfectures. Après Mamou, ce projet a été officiellement lancé à Faranah, hier vendredi 18 août 2017, en présence des autorités régionales, préfectorales, les organisations de jeunesse, les groupes socioprofessionnels, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans cette préfecture.

Ce projet vise, à travers la projection d’un film adapté au public cible, à faire un dialogue des générations pour éradiquer les mutilations génitales féminines et les mariages précoces. A l’issue de cette séance, naîtra un projet appelé « Seconde chance ».

C’est le Centre d’Ecoute, de Conseils et d’Orientation des Jeunes (CECOJE) de Faranah qui a abrité les travaux. Un film du cinéaste sénégalais Sembene Ousmane sur les mutilations génitales féminines a été projeté suivi d’un débat de fond.

Interrogé par Guineematin.com après la projection, mademoiselle Makouta Diawara, couturière de profession, s’est dite très touchée par les conséquences des mutilations génitales féminines. « Ce film est bon. Si on continue à exciser les enfants on va les faire souffrir. Je me battrai pour sensibiliser mes amis afin qu’elles puissent régulièrement suivre ces films pareils qui éduquent », a-t-elle confié.

Dr. Aissatou Diallo, conseillère technique régionale de la GIZ pour le programme Santé de la reproduction et de la famille basée à Faranah a lancé un appel : « tout le monde doit s’impliquer pour dire stop aux mutilations génitales féminines », a-t-elle laissé entendre.

De son coté, le directeur régional de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, Alhassane Sampil, a mis l’accent sur les mesures à prendre dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales féminines.

« La principale leçon qu’on retient, c’est que l’excision est un phénomène culturel. C’est une pratique ancestrale qui relève du domaine des normes sociales. Pour éradiquer ce phénomène, il y a deux niveaux d’interventions. En amont, il faut continuer à faire des causeries éducatives, à engager le dialogue communautaire et faire des visites à domicile, c’est-à-dire qu’il faut continuer à sensibiliser les communautés, les leaders religieux, les leaders féminins pour que tout le monde comprenne en même temps que l’excision n’a aucun avantage sinon que des inconvénients. Par contre, il faut mettre la machine de répression en mouvement par ce que la République de Guinée a pris des engagements internationaux à travers sa souscription aux conventions et traités internationaux », a fait remarquer monsieur Sampil.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, la République de Guinée occupe la deuxième place dans cette pratique néfaste sur le plan mondial et première place en Afrique occidentale avec un taux de prévalence de plus de 97%.

De Faranah, Goulou Touré pour Guineematin.com

Tél :(+224) 622 155 476/664 235 427

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