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Un affrontement entre agents de la Compagnie Mobile d’Intervention Spéciale (CMIS) et jeunes manifestants dans la commune urbaine de Beyla, relevant de la Région Administrative de N’Zérékoré a fait ce mercredi matin, deux blessés (un policier et un gendarme), une case brûlée, quelques dégâts matériels constatés sur les fenêtres du Bloc Administratif préfectoral et six interpellations, a appris Guineematin.com d’une source proche de la Société Civile locale.

La police a dispersé à coup de gaz lacrymogène et matraques des jeunes manifestants issus des partis politiques et des organisations de la société civile qui sont descendus, ce mercredi matin, dans les rues de la commune urbaine de Beyla pour dénoncer entre autres : le manque d’enseignants au niveau du primaire et du secondaire, le non achèvement des actions du 55ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, la non réalisation du stade de proximité qui était promis à la jeunesse, le mauvais état des axes routiers Beyla-Senko et Beyla-Kérouané, le non achèvement des travaux de construction de la Compagnie Territoriale de la Gendarmerie Nationale de Beyla, la Résidence du préfet, le marché, le manque de personnel à l’hôpital préfectoral qui n’a, pour le moment, qu’un seul médecin, …. La liste est loin d’être exhaustive.

Cette manifestation était pacifique dans les rues de la commune urbaine de Beyla. Mais, après avoir fait le tour de la ville, les manifestants se sont heurtés à un détachement de la Compagnie Mobile d’Intervention Spéciale (CMIS) au niveau du siège de la Compagnie Territoriale de la Gendarmerie préfectorale.

Selon le Délégué Communal de la Jeunesse de Beyla, Djiba DONZO, assurant en même temps les fonctions de porte-parole des jeunes au sein de l’Alliance Préfectorale de la Paix (APP), lorsque la police a tiré le gaz lacrymogène pour disperser la foule, les manifestants ont répliqué par des projectiles. C’est là que la débandade et la chasse aux manifestants a commencé dans la cité.

Au moment où nous mettions cette dépêche en ligne, dans l’après-midi de ce mercredi, 18 octobre 2017, un bilan provisoire fourni par des acteurs de la société civile faisait état de deux agents de sécurité blessés dont un gendarme qui a reçu un projectile lors de l’affrontement entre les manifestants et les agents de la CMIS devant le siège de la Gendarmerie. On parlait aussi de six personnes interpellées et conduite à la base de la CMIS dont les jeunes Foumba Camara, Mamady Kandé et un certain Doukouré. « Il semble que les prévenus subissent actuellement un mauvais traitement à la base de la CMIS » a alerté un moniteur des droits de l’homme évoluant dans la préfecture de Beyla.

Dans la ville de Beyla, beaucoup d’observateurs se demandent aujourd’hui pourquoi cette manifestation qui se déroulait pacifiquement sur le terrain a-t-elle été dispersée par la police au moment où les manifestants se dirigeaient vers le siège de la préfecture ?

Le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Beyla, Aboubacar Sidiki Camara, seul habilité à autoriser ou interdire une manifestation dans sa ville n’a voulu donné aucune explication au téléphone de Guineematin.com en début d’après-midi ce mercredi 18 octobre 2017. « Je n’ai aucune information. Ceux qui vous ont alerté n’ont qu’à vous dire ce qui se passe sur le terrain. Moi, je n’ai rien dire pour le moment » a indiqué le « maire » de Beyla.

Par contre, d’aitres sources concordantes ont attesté que le « Maire » de Beyla avait, non seulement reçu la lettre d’information des organisateurs, mais aussi, il a accordé une audience sur le sujet aux signataires de la correspondance.

En attendant d’y voir clair dans cette affaire, nous apprenons que la ville de Beyla est en ce moment investie par les forces de l’ordre de la préfecture bénéficiant d’un renfort de N’Zérékoré. « Ils sont entrain d’entrer dans les concessions. Ils ont même brulé une case. La situation est très mauvaise en ce moment dans la ville de Beyla » prévient un militant de l’OGDH dans la préfecture.

Au dernières nouvelles, le président du conseil préfectoral des organisations de la société civile de Beyla, Issiagha Nyagbé Cissé et le porte-parole des jeunes de l’Alliance Préfectorale de la Paix, Djiba DONZO ont rencontré le préfet de la localité, Lamine Cissé pour demandé la libération des manifestants détenus à la CMIS. Mais en vain.
« A la préfecture, ils nous ont dit qu’il y a eu des vitres brisées au niveau du bâtiment du Bloc Administratif Préfectoral » fait-on savoir.

A suivre !

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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