Placée sous le thème « changeons l’avenir des migrations, investissons dans la sécurité alimentaire et le développement rural », la journée mondiale de l’alimentation a été célébrée le lundi dernier, 16 Octobre 2017, dans la préfecture de Mamou. C’est la maison régionale des jeunes qui a servi de cadre à cet événement qui a enregistré la présence d’une forte délégation du ministère de l’agriculture, accompagnée des représentants des ministères de la pêche, de l’élevage et de l’environnement, ainsi que des partenaires au développement de la Guinée, tous venues de Conakry, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

Dans la cour de la maison des jeunes, les groupements des agriculteurs de Mamou, les représentants des chambres régionales d’agricultures de Labé et de Mamou, ainsi que les ONG comme le PAM (programme alimentaire mondial) et certaines sociétés évoluant dans la vente des produits phytosanitaire et des intrants agricoles, ont procédé à une exposition de leurs produits (aubergines, bananes, maniocs, épis de maïs, riz étuve, pomme de terre, tomate, haricot, café, miel,…). Ceci, pour illustrer les potentialités de la Guinée en matière d’agriculture, bien que sa production nationale soit encore insuffisante pour atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Selon le gouverneur de la région administrative de Mamou, la journée mondiale de l’alimentation est un événement qui vise à sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur la situation de plus en plus précaire des neuf cent millions de personnes qui souffrent de la faim et de la mal nutrition chronique, mais aussi de l’avenir des migrations dans le monde.

Parlant de la région dont il a la charge, Amadou Oury Lammy Diallo a déploré l’enclavement des zones de production agricole de Mamou qui constituent, selon lui, un handicap dans l’acheminement des produits vers les zones de commercialisation.

« La région administrative de Mamou recèle d’importantes potentialités agricoles. Mais, l’enclavement de certaines zones de productions constitue un handicap dans l’acheminement de la production vers les zones de commercialisation et de consommations. Si ce handicap est surmonté, cela permettrait à notre région de participer activement à l’atteinte de la sécurité alimentaire. C’est le cas notamment de Farenta qui est le grenier de la préfecture de Mamou », a indiqué le Gouverneur Amadou Oury Lammy Diallo.

Pour le représentant de résidant de la FAO en Guinée, Mohamed Hama Garba, le slogan de la célébration de la journée mondiale de l’alimentation cette année permet d’analyser la façon dont l’alimentation et l’agriculture devraient évoluer pour faire face aux effets négatifs de la migration irrégulière. « De tout temps, les stratégies les plus efficaces utilisées par les individus en quête d’un meilleur avenir a consisté à se déplacer, en laissant derrière eux, dans la plus part des cas, des zones rurales appauvries. Mais, lorsque les gens migrent par nécessité, par détresse et désespoir, c’est une autre affaire », a expliqué Mohamed Hama Garba, précisant que « la migration forcée tire ses racines dans les conflits, l’instabilité politique, la pauvreté extrême, la faim, la dégradation de l’environnement et les impactes des changements climatiques ».

Faisant allusion aux 59 ans de l’indépendance de la Guinée, le directeur général des unités militaires de production agro industrielle a confié que ce pays importe encore plus 300 mille tonnes de riz. « Malgré les potentialités de la Guinée, qui dispose près de sept millions de terres arables, si nous continuons à importer le riz, l’oignon et la pomme de terre, on doit se poser des questions », suggère le colonel Sandé, qui milite en faveur d’une croissance économique portée par l’agriculture qui occupe, selon lui, près de 80% de la population guinéenne.

De son côté, Mohamed Lamine Touré, directeur national de l’agriculture a indiqué que la nature a doté la Guinée des ressources nécessaires pour nous permettre de lutter efficacement contre la pauvreté et assurer notre sécurité alimentaire.

« Cette situation est tellement bien comprise par le président de la République, le professeur Alpha Condé, qui a fait du secteur rural la grande priorité de développement de notre pays dont la population tire l’essentiel de son revenu des activités agricoles. Il nous revient de valoriser tous ces efforts afin que le bonheur que nous avons à porté de main soit une réalité. Ces investissements concernent la mécanisation, les intrants (engrais, semences, produits phytosanitaires), les aménagements hydro agricoles, l’amélioration de l’accès au marché, le renforcement du capital humain, la transformation et les mesures d’accompagnements que sont : l’encadrement et la recherche agricole », a expliqué Mohamed Lamine Touré, précisant que tout cela doit concourir à l’accroissement de la productivité agricole. Car, ajoute-t-il, « l’agriculture de subsistance ne saurait répondre aux défis de la sécurité alimentaire ».

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

Tél. : 622 97 27 22

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