Congrès de Marseille : de l’importance de protéger le pangolin et l’hippopotame

23 septembre 2021 à 13 01 44 09449

Cette année, au cours du congrès de Marseille, presque tous les orateurs ont reconnu que la biodiversité de la planète est menacée. Même les mammifères marins et les vieilles forêts ont été au cœur des débats. Les différents débats se sont aussi appesantis sur l’extinction de deux animaux : le pangolin et l’hippopotame, bien que figurant déjà sur la liste rouge. Mais ils ne sont pas les seuls à être en danger d’extinction à cause de l’homme.

Les principales menaces qui pèsent sur l’hippopotame et le pangolin sont la chasse pour la viande, les écailles, pour les canines et la diminution drastique de l’habitat. Le déclin des hippopotames est spectaculaire et s’est produit dans un temps record. Notamment en Afrique Centrale, à cause des trafiquants d’espèces sauvages protégées, 95% des effectifs, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), ont été décimés dans les années 2000. Il reste aujourd’hui entre 128000 et 148000 hippopotames en Afrique.

Selon un rapport de 2017 du Fonds International pour la Protection des Animaux (IFAW), le nombre de saisies de pangolin a augmenté dans le monde entier. Et, le rapport d’ajouter que le Nigeria est souvent le point de départ de ce trafic à destination de l’Asie : 10,4 tonnes de produits issus du pangolin en provenance du pays d’Afrique de l’Ouest ont été saisies en 2016. En 2019, ces saisies s’élevaient à 53,9 tonnes.

Contrairement aux grands mammifères du continent, le pangolin n’est pas traqué pour devenir un trophée mais pour être revendu en Asie. Sur ce continent, sa viande est un met de luxe, et ses écailles entrent dans la composition d’une poudre prétendument miraculeuse.

Pour estimer l’ampleur de la chasse aux pangolins, les chercheurs de l’ONG Wild Aid ont analysé des données issues de 113 sites, dont les  pays d’Afrique Centrale, principalement le Cameroun, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale, le Gabon, la République démocratique du Congo et la République du Congo. Résultat, plus de 50 saisies majeures de produits issus du pangolin ont été comptabilisées entre 2015 et 2019. Rien qu’en 2018 et 2019, plus de 130 tonnes d’écailles de pangolin ont été interceptées par les autorités de différents pays. Le plus souvent à l’aide de pièges, bien que leur utilisation soit illégale dans la plupart des régions de l’étude.

Ainsi, le pangolin et l’hippopotame ont depuis, rejoint la longue des animaux menacés de disparition. Mais cela n’émeut en rien les trafiquants qui continuent d’appauvrir la biodiversité mondiale. Aussi, d’autres comme la gazelle dama, jadis la plus répandue au Sahara, ou encore plusieurs espèces de requins, des poissons vivant dans les grands fonds marins, sont également au bord de l’extinction.

Selon l’UICN, plus de 40000 espèces ont été répertoriées et actuellement, 16119 d’entre elles sont menacées d’extinction. Parmi ces espèces en danger, un tiers sont des amphibiens, c’est-à-dire des animaux pouvant vivre sur terre et dans l’eau ; un quart sont des arbres, des conifères ; un quart concerne la famille des mammifères ; et les oiseaux constituent un huitième de l’ensemble.

La liste réactualisée de l’UICN au congrès de Marseille du 03 au 11 septembre 2021, indique que près d’un tiers des espèces sont aujourd’hui menacées dans le monde. De nombreux écosystèmes sont aussi menacés, comme les zones humides par exemple, lesquelles ont perdu 50 % de leur superficie au niveau mondial. Ainsi, 784 espèces sont officiellement éteintes. Pour 65 autres espèces, la survie a été rendue possible en captivité pour certains animaux et par le biais de cultures pour plusieurs espèces végétales.

Le trafic des espèces en voie d’extinction dont l’hippopotame et le pangolin provient d’abord des trafiquants qui activent les braconniers par des billets de monnaies, associé à cela, la sous-information et la pauvreté de la majorité de la population. Il faut aussi ajouter un manque d’encadrement efficace des populations sur les questions de la protection des espèces.

Pourtant l’hippopotame est non seulement, l’ingénieur de l’écosystème à cause de sa capacité d’étendre les prairies mais aussi joue un rôle important dans la biodiversité. En déféquant dans les rivières, il les enrichit avec du silicium, un élément indispensable à la croissance de micro-algues essentielles à l’écosystème des rivières africaines. Le pangolin lui, est un élément essentiel de la chaîne alimentaire et contribue aussi à l’équilibre de l’écosystème.

Au Togo, l’hippopotame et le pangolin sont intégralement protégés. Si on ne connait pas le nombre exact de pangolin vivant dans le pays, on compte environ cent hippopotames dans la vallée du Mono, communément appelée la marre d’Afi qui compte à elle seule, plus d’une trentaine d’hippopotames, selon le rapport de l’ONG CDAC.

 La détention, la circulation et la vente de trophées d’hippopotames, sont punies par les articles 761 et 796 du nouveau Code pénal du Togo. « La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie est punie d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million à cinquante millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code », énonce l’article 761 du nouveau Code pénal.

Pourtant, dans le fleuve Mono, le fleuve Oti ou dans les marres et lacs du sud du pays, les hippopotames sont chassés même si on reconnait que la chasse reste une activité traditionnelle. En mars 2018, douze braconniers ardemment armés ont attaqué un hippopotame dans le canton de Sendomé, le fief de ces espèces menacées. Attaqué dans la zone de Atikpatafo, juste à 500 mètres de la marre d’Afi, l’hippopotame s’est battu bec et ongle pour ne pas se laisser dans les mains de ses ennemis. Malheureusement on le retrouve mort le lendemain dans l’après-midi.

La lutte contre le trafic illégal de l’hippopotame et du pangolin nécessite une prise de conscience des populations. Il revient également aux populations de devenir leurs propres gardiens afin de sauvegarder les espèces rares et de permettre leur pérennité dans les pays où ils vivent encore comme l’hippopotame malgré les braconnages ici et là.

Qu’il s’agisse de la chasse entraînant le déclin rapide d’une espèce, ou du réchauffement de la planète, ou encore de la pêche avec ses filets toujours plus longs, l’homme est toujours responsable du recul et de la disparition des espèces animales. Ainsi, la lutte contre le trafic illégal des espèces en voie d’extinction nécessite des actions concrètes : les arrestations et les poursuites judiciaires et condamnations de tout contrevenant.

EAGLE-Togo

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Fralako (Mandiana) : une tornade fait des sans abris à Timbakouna

17 septembre 2021 à 19 07 53 09539

Situé à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Mandiana, le district de Timbakouna (dans la sous-préfecture de Fralako) a été frappé mercredi dernier, 15 septembre 2021, par une tornade. Il n’y a eu aucune perte en vie humaine, mais d’importants dégâts matériels y ont été enregistrés.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, plusieurs maisons et des plantations d’acajou ont été dévastées par cette bourrasque violente. Et, actuellement, plusieurs citoyens y sont sans abris.

« Nous avons été victimes d’une tornade dans la nuit de mercredi, après une grande pluie qui s’est abattue ici. Notre loge de 3 chambres été décoiffé, le P A militaire a été éventré. Plus 6 bâtiments, 6 cases et 2 greniers ont été endommagés. Egalement, plusieurs plantations d’acajou ont été dévastées. Nous lançons un SOS, nous demandons de l’aide à tout le monde. Car, plusieurs personnes sont actuellement sans abris ici », a expliqué Gouayo Kofi Didier, le directeur de l’école primaire de Timbaouna.

De Mandiana, Mamady Konoma Keïta pour Guineematin.com

Tel : 625 81 03 26

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Faranah : 2 groupes de chasseurs traditionnels rivaux enterrent leur hache de guerre

4 septembre 2021 à 10 10 12 09129

Après plusieurs années d’adversité, deux groupes de chasseurs traditionnels rivaux de Faranah ont enfin fait la paix des braves en élisant un chef de la confrérie, le 1er septembre 2021, à Laya Sandö, un district situé à 35 kilomètres de la commune urbaine, rapporte le correspondant local de Guineematin.com à Faranah.

Après plusieurs tractations entre le groupe de Mâma Oularé et celui Lancinet Fofana, un vote a départagé les deux protagonistes. Sur les huit membres statutaires des deux groupes, Lancinet Fofana a obtenu 4 voix contre 1 voix de son adversaire et les trois autres membres ont voté blanc. Suite à cette élection, le nouveau président des chasseurs traditionnels de Faranah a tendu la main à ses pairs pour donner un nouveau souffle leur confrérie.

« Aujourd’hui est un grand jour, qui restera gravé dans les annales de l’histoire des chasseurs traditionnels de Faranah. À partir du moment où un président est élu, la première mission est de renforcer la paix et la cohésion entre tous les chasseurs traditionnels de Faranah. Pour réussir ce pari, j’invite les composantes de cette structure à l’unité et la cohésion.  Je tends une main franche à mes pairs auxquels je demande à se pardonner et à collaborer dans la sincérité afin de donner  un nouveau souffle au fonctionnement  de la confrérie des chasseurs de Faranah », a déclaré Lancinet Fofana.

Gnalén Balla Kourouma, qui a piloté la médiation entre les deux anciens groupes rivaux a insisté sur  l’importance de la paix au sein de cette confrérie. « La paix n’a pas de prix. Si vous vous entendez et vous acceptez, dans la différence, vous allez réussir. Le gouvernement aura besoin de vous. Si vous vous organisez bien pour entreprendre un travail l’Etat peut vous appuyer. Mais vous êtes divisés vous ne bénéficierez rien, vous serez négligés. Et ça, vous allez perdre beaucoup de chance. Espérons que la paix retrouvée perdure ».

Pour donner un éclat particulier à cette rencontre, les chasseurs et guérisseurs traditionnels  de Faranah, de Kissidougou, de Dabola, de Dinguiraye et d’ailleurs ont marqué leur présence. Dans la foulée, des griots entonnaient les chansons de paix et de bravoure dédiées aux chasseurs. 

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com 

Tél. : 620241513/660272707

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Taxes payées par l’AMC à Koumbia (Gaoual) : « nos localités impactées sont oubliées », dénoncent des élus

29 août 2021 à 11 11 39 08398

Dans le cadre de la nouvelle politique minière du pays, traduite en 2011 par le Code minier, les compagnies minières versent chaque année aux communautés impactées des taxes superficiaires pour contribuer à leur développement socioéconomique.

A Gaoual, depuis 2010, l’Alliance Mining Commodities (AMC) verse aux communautés de Koumbia et de Wendou M’Bour, dans le cadre du Projet des Bauxites de Koumbia (PBK), une taxe superficiaire de plusieurs centaines de millions de francs. Pour le compte de l’année 2021, le montant était de 1 062 695 143 Francs guinéens. La cérémonie de remise du chèque a eu lieu à Koumbia, le 26 juillet en présence des autorités régionales, préfectorales et municipales ainsi que des représentants des localités impactées et devant les populations et de différentes structures concernées, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses journalistes, présent à la rencontre.

Alors que tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de privilégier le financement des projets de développement des communautés impactées, ces dernières ne semblent pas être la préoccupation de la Commune. Elles se sentent totalement oubliées, sinon lésées dans la répartition. C’est du moins le constat de Guineematin.com, tiré de la rencontre avec plusieurs acteurs sur le terrain.

Il faut noter que des 21 districts de Koumbia, 9 sont impactés par les compagnies minières, notamment l’AMC et la CBG. Il s’agit des districts de Madina-guilédji, Kembéra, Madina-Bowé, Péti, Bhouli, Guidali, Nétéré, Taguira et Béssilé. A ces neuf localités, il faut ajouter le district de Hounsiré, nouvellement créé.

Le Président du Comité de concertation locale minière de Koumbia, également Conseiller communal, Ibrahima Sambégou Camara, dit Doss, dans un entretien accordé à Guineematin.com, le 1er août 2021, confie que depuis 2010, il n’y a eu que trois postes de santé et deux écoles de trois classes construits dans ces localités impactées pour un montant estimé à plus de cinq milliards de francs guinéens.

Egalement, interrogé par votre quotidien en ligne, Séné Mansa Dounghou Bouda, le Président du District de Hounsiré, soutient que les populations de cette localité ne connaissent rien de l’utilisation de la taxe superficiaire de l’AMC.

Séné Mansa Dounghou Bouda, Président du District de Hounsiré

« Nous apprenons à la radio ce que l’AMC donne à la population de Koumbia. Nous avons besoin d’école, de poste de santé et d’ouvrage de franchissement, notamment sur la rivière Lengourouwol. Nous voyons des gens de la CBG chez nous et nous pensons que les taxes versées par ces sociétés devraient bénéficier à nos populations. C’est notre souhait le plus ardent », a exprimé cet élu local.

De son côté, Mamadou Dian Diallo, président du District de Bhouli, se range dans la même catégorie.

Mamadou Dian Diallo, Président du district de Bhouli

« Depuis 11 ans, on nous appelle de venir au centre de Koumbia ici pour participer à la remise du chèque de la taxe superficiaire. Soit c’est avec l’AMC ou avec la CBG. Mais réellement, nous ne voyons rien du tout chez nous. Peut-être que les montants sont tous utilisés par-là, au centre, en tous les cas, nous, on ne voit rien. Partout chez nous, l’AMC et la CBG travaillent, on ne voit rien », explique ce président de district. Il ajoute que son District est à 50 km du chef-lieu de Koumbia et les populations manquent pratiquement de tout, de postes de santé, d’écoles et de pistes rurales, notamment.

« C’est vrai, grâce à l’UNICEF, le district de Bhouli a une belle école de trois classes. Mais nous n’avons pas de centre de santé, les trois classes construites sont minimes par rapport aux besoins, je veux dire au nombre d’enfants à scolariser. Nous n’avons pas de pistes rurales praticables. Cela nous préoccupe lorsque nous apprenons qu’on envoie de l’argent pour nous aider, et que cela ne se traduit pas dans les faits », regrette-t-il.

Péti également, les populations vivent les mêmes réalités. Mamadou Yéro Camara, fonctionnaire à la retraite et agent environnemental dit ne rien savoir des réalisations de l’AMC dans cette localité.

Mamadou Yéro Camara, fonctionnaire à la retraite, Péti

« Pour le District de Péti, nous avons une école de trois classes, un poste de santé. Jusqu’ici, je ne connais aucune réalisation de l’AMC dans notre localité. Actuellement, notre plus grande préoccupation, c’est comment avoir des enseignants titulaires, des agents de santé et des médicaments disponibles, une piste rurale praticable et terminer les travaux de la mosquée en construction », sont entre autres les préoccupations de cette localité selon notable de Péti.

Mamadou Samba Sané, dit Kensan, notable de Kembéra ne se souvient d’aucune réalisation issue des taxes minières versées par l’AMC ou d’autres compagnies minières.

Mamadou Samba Sané, dit Kensan, notable de Kembéra

« Depuis longtemps, nous apprenons que cette société verse chaque année de l’argent pour aider les communautés impactées. Mais cela s’arrête à ce niveau. Pourtant, les autorités précisent que cet argent est destiné au développement des communautés impactées. Mais apparemment, il y en a qui le méritent plus que nous. Ici à Kembéra, le gouvernement nous a aidés à avoir une école et un poste de santé. Mais nous n’avons pas de route et nous manquons d’enseignants pour nos enfants. Donc, cet argent versé pour nos communautés devrait nous servir à surmonter ces problèmes. Premièrement, arranger notre route, dégager les ponts d’infortune, nous affecter des enseignants pour former nos enfants, et surtout nous aider à protéger notre environnement. Actuellement, nous sommes victimes de la dégradation de notre environnement. Avant, sur les 25 km de piste qui nous séparent du chef de Koumbia, au mois de juillet, partout l’eau coulait et les rivières étaient débordées. Ce qui n’est plus le cas actuellement. Nous, nous sommes des cultivateurs, nous ne connaissons que cela. Nous demandons à ce que les autorités s’impliquent pour arrêter la coupe abusive du bois et à encourager réellement le reboisement dans nos localités. Voilà nos priorités aujourd’hui », souligne ce membre du conseil de District de Kembéra.

Du côté du District de Madina-guilédji, c’est la même réalité. Boubacar Baldé se dit également préoccupé par cette situation et souhaite que la déclaration des autorités et des responsables de l’AMC soit appliquée à la lettre.

Monsieur Boubacar Baldé, président du district de Madina-Guilédji

« Madina-guilédji est une zone impactée par plusieurs sociétés minières, notamment par l’AMC et la CBG. C’est vrai, que le district bénéficie de certaines réalisations comme le pont à Fossou en cours de réalisation, financé par la CBG. Mais comme les fonds versés par les sociétés reviennent en priorité aux communautés impactées, nous demandons à ce que nos projets de développement soient pris en compte par la Commune et que ces fonds nous reviennent proportionnellement. Même les réalisations faites au centre, les hangars au marché, les kiosques et autres, vous ne verrez pas des gens de notre District bénéficier de quoi que ce soit. Ce n’est pas bon. Mieux, à Madina-guilédji, nous avons des secteurs éloignés des uns des autres qui ont besoin d’école, de poste de santé et de piste rurale. Nous avons également besoin d’un véritable soutien pour notre programme de reboisement. Nous sommes menacés par la sécheresse. C’est très sérieux. Depuis 10 ans, je ne me souviens d’une seule réalisation financée par l’AMC dans ce District. Alors que c’est mon District qui est la porte d’entrée du Bowé. C’est d’ailleurs l’ancienne capitale du canton de Bowé. Nous demandons à la commune que des corrections soient désormais apportées dans ce sens. Voyez-vous, il y a combien de collectivités à Gaoual ? Il y en a huit. Mais c’est Wendou M’Bour et Koumbia seules qui bénéficient de cette taxe. Pourquoi ? C’est parce que ce sont les deux Communes qui sont impactées. Dans ces Communes impactées, les communautés se trouvant dans les localités impactées devraient sentir cela. Mais pour le moment, ce n’est pas le cas », déplore le premier responsable du District de Madina-guilédji.

Selon le Président du Comité de concertation locale minière et conseiller à la Commune de Koumbia, depuis 2010, les réalisations de l’AMC à Koumbia se résument à trois postes de santé et de deux écoles pour plus de cinq milliards de francs guinéens.

Ibrahima Sambégou Camara, président du Comité de concertation locale minière de Koumbia

« Depuis 2010, les réalisations issues de la taxe de l’AMC, se résument à un poste de santé à Péti, un à Sinta pont et un troisième à Kembéra, soit en tout trois postes de santé pour les 9 districts), une école de trois classes à Taguira et une autre à Sinta Pont (dans le district de Guidali) », selon Ibrahima Sambégou Camara, dit Doss.

Pourtant, Fodé Diallo, un des responsables de l’AMC, a bel et bien insisté sur l’utilisation de la taxe superficiare, dont la remise du chèque pour cette année, a eu lieu le 26 juillet dernier :

Fodé Diallo, responsable des relations communautaires à l’AMC

« Le paiement de ces taxes est un moyen de participer au développement des communautés impactées de la préfecture de Gaoual en particulier et de la Guinée en général. Nous souhaitons que ces taxes soient une contribution au financement des plans de développement locaux des communautés impactées par notre projet, et qu’elles soient gérées dans une parfaite transparence et dans l’intérêt des communautés impactées ».

Pour cette année, la taxe superficiaire versée par l’AMC s’élevait à 1 062 695 143 Francs guinéens (un milliard, soixante-deux millions, six cent quatre-vingt-quinze mille, cent quarante-trois Francs guinéens).

Un montant a été réparti ainsi qu’il suit :

Commune rurale de Koumbia : 637 909 035  GNF (Six cent trente-sept  millions, neuf cent neuf mille, trente-cinq Francs guinéens) et 424 786 108 GNF (quatre cent vingt-quatre  millions, sept cent quatre-vingt-six mille, cent huit Francs guinéens) pour la Commune rurale de Wendou M’Bour.

De retour de Koumbia (Gaoual), Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Taxe superficiaire de l’AMC : « à Koumbia, l’argent versé ne sert pas les localités impactées »

28 août 2021 à 16 04 25 08258
Ibrahima Sambégou Camara, président du Comité de concertation locale minière de Koumbia

« En dix ans, dire que les neuf districts ont eu trois (3) postes de santé et deux (2) écoles de trois salles de classe pour plus de cinq milliards de francs guinéens (puisque rien que pour l’AMC, les montants cumulés font plus de cinq milliards de francs), on ne comprend pas où vont tous ces montants ? En tous les cas, contrairement au Code minier et aux instructions des autorités régionales et préfectorales, les localités impactées ne bénéficient pas des taxes superficiaires comme il se doit. En ma qualité de Conseiller communautaire, je suis contre cela. C’est du détournement…», a notamment dénoncé monsieur Ibrahima Sambégou Camara, dit Doss, lors d’une interview accordée à un journaliste de Guineematin.com qui était à Koumbia.

Le Président du Comité de concertation locale minière (CCLM) de Koumbia s’oppose donc catégorique à la mauvaise utilisation de l’argent versé par les sociétés minières, notamment l’AMC, dans le cadre de la taxe superficiaire, pour le compte des communautés impactées. 

« L’AMC donne beaucoup d’argent aux deux communes impactées (Wendou M’Bour et Koumbia). Cette année par exemple, c’est plus d’un milliard de francs qui a été versé aux deux communes, le 26 juillet 2021. Et, Koumbia a bénéficié de plus de six cent millions de francs. La CBG également verse des taxes. Mais, ce qu’il faut déplorer, c’est qu’à Koumbia, l’argent versé ne sert pas aux localités impactées… Normalement, quand vous enlevez les parts de la préfecture, de la sous-préfecture et du fonctionnement de la mairie, pour environ 20% du montant versé, le reste devrait servir à financer des actions de développement dans les localités impactées. Mais, pour le moment, ce qui est insignifiant », fulmine Doss Camara.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, le décryptage de cette interview :

Ibrahima Sambégou Camara, président du Comité de concertation locale minière de Koumbia

Guineematin.com : Dites-nous, c’est quoi le CCLM et comment il est constitué ?

Ibrahima Sambégou Camara : le gouvernement et les principaux acteurs impliqués ont constaté que partout où il y a les mines, il y a des problèmes avec les communautés impactées. Pour apporter des solutions, ils ont décidé d’installer partout où il y a l’exploitation minière ou en vue, un Comité de concertation locale minière impliquant l’ensemble des parties pour prévenir et éviter les crises. Chaque Bureau est composé de 30 membres administré par un exécutif de 9 personnes et ce Bureau est dirigé par un Président. A Koumbia, c’est moi qui suis le Président depuis 2016. Dans le CCLM, vous avez entre autres le Kalif de la localité, deux femmes, deux jeunes, des élus locaux, deux représentants des ressortissants (en l’occurrence Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba, actuel maire de Koumbia, et Monsieur Dansa Kanté, ancien Gouverneur de région de Boké). Moi, je viens de la société civile, à travers l’ONG Lopotia. Depuis notre élection, nous avons bénéficié de plusieurs séances de formations et d’échanges liées aux activités minières dans  notre pays.

Guineematin.com : quel est le rôle du CCLM dans une localité ?

Ibrahima Sambégou Camara : le CCLM sert de croit de transmission entre les communautés et les sociétés minières pour prévenir et éviter les crises  qui pourraient impacter le bon fonctionnement des activités minières dans les différentes localités. En cas de problème à la base, les populations doivent passer par le CCLM et éviter de se faire justice et les compagnies minières également doivent être à l’écoute du CCLM pour apporter des réponses aux préoccupations légales et légitimes des communautés impactées. C’est ça le souhait du gouvernement.

Guineematin.com : depuis un certain nombre d’années, Koumbia est devenu une zone minière même si l’exploitation n’a pas encore commencé. Parlez-nous de la situation de ces sociétés dans cette commune rurale ?

Ibrahima Sambégou Camara : actuellement, la commune rurale de Koumbia enregistre la présence de dix sociétés minières. Mais, pour le moment, c’est l’AMC et la CBG qui s’investissent sur le terrain. Mais les autres aussi donnent des taxes. Depuis l’arrivée du Pr Alpha Condé au pouvoir, les sociétés minières versent des taxes superficiaires à nos localités. Depuis dix ans, les communes de Wendou M’Bour et Koumbia reçoivent des taxes pour le développement des localités impactées.

Guineematin.com : ces sociétés versent combien à la commune de Koumbia ?

Ibrahima Sambégou Camara : ce que nous savons, l’AMC donne beaucoup d’argent aux deux communes impactées. Cette année par exemple, c’est plus d’un milliard de francs qui a été versé aux deux communes, le 26 juillet 2021. Et Koumbia a bénéficié de plus de six cent millions de francs. La CBG également verse des taxes. Mais ce qu’il faut déplorer, c’est qu’à Koumbia, l’argent versé ne sert pas aux localités impactées. Ici, une fois que la remise est faite publiquement, l’argent destiné au développement des localités impactées n’est investi qu’au centre. Normalement, quand vous enlevez les parts de la préfecture, de la sous-préfecture et du fonctionnement de la mairie, pour environ 20% du montant versé, le reste devrait servir à financer des actions de développement dans les localités impactées. Mais, pour le moment, ce qui est fait est peu, voire insignifiant.

Guineematin.com : quels sont les districts impactés par l’AMC et qu’est-ce qu’ils ont bénéficié de la taxe versée par cette société depuis 2010 ?

Ibrahima Sambégou Camara : vous avez en tout, neuf districts qui sont impactés par cette société minière. Ce sont Madina-guilédji, Kémbéra, Madina-Bowé, Péti, Béssilé, Bhouli, Nétéré, Taguira et Guidali. Depuis 2010, les réalisations issues de la taxe de l’AMC, se résument à un poste de santé à Péti, à Sinta pont, à Kembéra, soit en tout trois postes de santé pour les 9 districts), une école de trois classes à Taguira et une autre école de trois salles de classe à Sinta Pont (dans le district de Guidali). Par rapport aux montants versés, vous verrez que ce n’est pas grand-chose. En dix ans, dire que les neuf districts ont gagné 3 postes de santé et deux écoles de trois salles de classe pour plus de cinq milliards de francs. Puisque rien que pour l’AMC, les montants cumulés font plus de cinq milliards de francs. Où vont tous ces montants ? En tous les cas et contrairement au Code minier, aux instructions des autorités régionales et préfectorales, les localités impactées ne bénéficient pas des taxes superficiaires comme il se doit. En ma qualité de Conseiller communautaire, je suis contre cela. C’est injuste, c’est du détournement d’objectif.

Guineematin.com : maintenant, qu’est-ce que vous comptez faire ?

Ibrahima Sambégou Camara : je suis réconforté. Puisque les autorités à tous les niveaux sont unanimes qu’il faut que l’argent payé soit utilisé dans les localités impactées, je demande au gouvernement de nous appuyer dans ce sens. Pour le moment ce n’est pas le cas à Koumbia.

Guineematin.com : vous êtes vous-mêmes un des ressortissants de ces localités impactées, n’est-ce pas ?

Ibrahima Sambégou Camara : bien sûr, je suis du District de Péti. Avant, cette localité était toujours connue pour ses gloires. Péti était toujours premier devant tous les autres districts de Gaoual du temps du PDG, le premier régime guinéen. Mais actuellement, vous voyez que ces districts sont oubliés et négligés.

Guineematin.com : si ces localités sont oubliées, c’est la faute à qui ?

Ibrahima Sambégou Camara : c’est la faute à la Commune, voire de tous les Conseillers. Si non l’argent versé pour le développement socioéconomique de ces localités devrait leur être donné.

Guineematin.com : et qu’allez-vous faire maintenant pour corriger cela ?

Ibrahima Sambégou Camara : nous allons nous retrouver pour trouver une solution très rapidement. Nous allons exiger que l’argent reçu soit investi vers le Bowé. Je vais demander aux populations de ces districts impactés d’être mobilisées pour réclamer leur droit. Et nous demandons aux autorités concernées de respecter les lois de notre pays, notamment le Code minier. Le CCLM se chargera de sa mission jusqu’au bout pour le bien de tous afin que cette injustice cesse. Et je peux vous assurer, une fois que cette prise de conscience est faite, rien ne se fera plus comme avant et les gens seront rétablis dans leur droit comme le veut la loi.

Interview réalisée par Abdallah BALDE pour Guineematin.com 

Tél : 628 08 98 45

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Conakry : le lac de Sonfonia menacé par des déchets de tout genre (constat)

27 août 2021 à 13 01 21 08218

Situé dans la commune de Ratoma (dans la haute banlieue de Conakry), le lac de Sonfonia est vital pour les habitants des quartiers qu’il traverse. Il favorise l’agriculture (dans les jardins des environs) et est très propice à la pêche. Ce lac est aussi un lieu de détente pour les jeunes de Sonfonia et Foulamadina. Malheureusement, il est aujourd’hui on y trouve des déchets de tout genre. Il est devenu un dépotoir d’ordures par excellence.

Des déchets plastiques, des bouteilles de jus vides, des pampers usés et autres ordures ménagères se disputent le territoire sur les rives de ce lac. Il est quasiment devenu impossible d’y savourer de l’air frais à cause des odeurs nauséabondes qui s’y dégagent.

Interrogé par un reporter de Guineematin.com, Boubacar Barry, floriculteur au bord de ce lac, met la pollution de ce lac au compte des eaux de ruissellement et dénonce l’absence d’équipe de nettoyage sur ce lieu. « C’est la pluie qui envoie ces ordures. Elles quittent Foula Madina par les deux caniveaux. Donc, quand il y a une forte pluie, tous les déchets qui se trouvent dans le quartier sont déversés ici par la pluie. En plus, il n’y a pas de service pour nettoyer ici. Nous, on s’occupe de la propriété de l’espace de notre jardin. Cela pour qu’il n’y ait pas de serpents et pour rendre le lieu propre à cause des visiteurs et acquéreurs qui viennent », a-t-il expliqué.

De son côté, Sékou Camara, riverain de ce lac, assure que ce sont les femmes vendeuses qui se trouvent à l’université de Sonfonia (située à quelques mètres du lac) qui font du lac un dépotoir d’ordures.

« Ce sont ces femmes qui vendent à l’université UGLC de Sonfonia qui jettent les ordures dans le lac. Il y a des poubelles ici, mais elles ne sont pas suffisantes, vu le grand nombre de vendeuses qui s’y trouvent », a-t-il indiqué.

Seulement, pour le chef du quartier adjoint de Sonfonia1, tous les riverains de ce lac sont coupables de cette pollution. « Il nous est pratiquement difficile de cibler les personnes qui jettent des ordures ici, parce qu’il y a beaucoup de citoyens de différents secteurs qui sont riverains à ce lac. Il y a Sonfonia-Gare, Sonfonia-Centre et Foulamadina. Tous déversent des ordures sur ce lac. Il faut qu’on soit en synergie d’action pour pouvoir cibler ses personnes qui jettent les déchets », a dit Ibrahima Touré.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, c’est la Société des eaux de Guinée qui avait l’habitude de débarrasser le lac des ordures qui l’envahissent. Mais, depuis quelques temps, cette société a arrêté ce nettoyage sans aucune explication. Elle a également refusé de se prêter à nos questions. « Il nous est interdit de divulguer toute information à l’absence d’un ordre de mission décerné par nos supérieurs hiérarchiques », a dit l’agent que nous avons trouvé au siège de ladite société.

Amadou Diarouga Baldé pour Guineematin.com

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Trafic illicite d’espèce faunique : l’éléphant d’Afrique sur la liste rouge d’extinction

25 août 2021 à 10 10 34 08348

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), a révélé dans son dernier rapport que l’éléphant bien qu’entièrement protégé, reste toujours sur la liste rouge et que l’éléphant de forêt est en danger critique à cause du trafic illicite et illégal d’ivoire. Au Togo la menace est aussi réelle.

En effet, l’éléphant que ce soit de forêt ou de savane est menacé d’extinction à cause du braconnageencouragé par le trafic illicite de ses défenses et de la perte de son habitat par la déforestation au profit de la culture. Selon les estimations les plus récentes, le nombre d’éléphants de forêt a chuté de plus de 86% en trente ans. Séparés en deux espèces distinctes, les pachydermes de savane et de forêt sont désormais respectivement classés comme «en danger» et «en danger critique » d’extinction sur la liste rouge de l’UICN.

L’un foule majestueusement la savane en icône du continent africain. L’autre, plus farouche, préfère rester caché dans la forêt. Pour la première fois, l’UICN sépare les éléphants d’Afrique en deux espèces : les éléphants de savane «en danger » d’extinction et les éléphants de forêt « en danger critique ».

Selon les estimations les plus récentes, le nombre d’éléphants de forêt a chuté de plus de 86 % en trente ans, et celui des éléphants de savane d’au moins 60 % ces cinquante dernières années. Ce bilan globalement alarmant est toutefois variable selon les régions.

L’éléphant est très fortement affecté par le développement de l’agriculture, qui empiète sur son lieu de vie. Aussi, l’animal est mis en péril par l’épuisement de certains points d’eau et la raréfaction des fruits dont il se nourrit. Par exemple, le changement climatique a également fait chuter la production de fruits de 81 % en trente ans dans le Parc national de la Lopé, au centre du Gabon. En conséquence, « la masse corporelle des éléphants a chuté de 11 % entre 2008 et 2018 », a révélé le WWF.

Le trafic illicite d’ivoire reste une menace existentielle majeure pour l’éléphant, surtout que le cycle de vie et de reproduction du mammifère est lent. C’est encore plus vrai pour l’éléphant de forêt qui vit plus longtemps que son cousin de savane. La chute du nombre de spécimens pour les deux espèces s’est accélérée depuis 2008, quand le trafic illégal pour les défenses d’éléphant s’est intensifié, pour atteindre son apogée en 2011. Et même si le phénomène a perdu en intensité, il continue de menacer les éléphants, ce qui met l’éléphant sur la liste rouge. Il y a 50 ans, environ 1,5 million d’éléphants sillonnaient toute l’Afrique mais le plus récent recensement des grands mammifères n’en dénombrait plus que 415.000. Quel désastre !

La pandémie a elle aussi un impact sur les efforts de protection de la nature en privant les pays des revenus du tourisme qui servaient à financer en partie ces efforts. Pourtant, les éléphants d’Afrique jouent un rôle clé dans les écosystèmes, les économies et dans l’imaginaire collectif.

Au Togo, bien que des efforts soient faits pour la protection des espèces sauvages en voie d’extinction, l’éléphant reste aussi menacé d’extinction. Le parc d’éléphant n’attire plus pour autant, mais le pays constitue une plaque tournante de transit pour le transfert illicite des ivoires. En effet, l’Office Central de Répression du Trafic illicite de Drogue et du Blanchiment (OCTRIDB), la Brigade de Recherche et d’Investigation (BRI) de Kara et le Ministère de l’Environnement et des Ressources Forestières (MERF) en collaboration avec EAGLE-Togo ont enregistré plusieurs cas d’arrestations et de saisies de défenses d’éléphants.

Les plus récents sont les opérations d’arrestations des mois d’avril et de mai derniers, pour lesquelles dix présumés trafiquants opérants dans le commerce illégal de l’ivoire ont été arrêtés en possession de plus d’une quinzaine de défenses d’éléphants à Lomé et à Kara.

Le nouveau code pénal dans son volet environnement renforce la protection de la faune et la flore. L’article 761 de ce code dispose : « La destruction et la commercialisation, directe ou indirecte, sans droit d’espèces animales ou végétales protégées en vertu des dispositions législatives et réglementaires en vigueur et des conventions internationales auxquelles la République du Togo est partie est punie d’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende d’un million à cinquante millions sans préjudice de toute autre disposition du présent code ». Et, l’article  796 de ce même code d’ajouter : « Quiconque fait circuler, vend, importe, exporte ou fait transiter le animaux sauvages, vivants, des trophées sans autorisation est puni d’une peine d’emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de cent mille à cinq cent mille francs CFA ou de l’une de ces deux peines ».

Mais, la protection de l’éléphant ne vise pas seulement la préservation de l’espèce. Elle contribue à la biodiversité et à la présence d’habitats pour d’autres espèces, à la dispersion et à la germination des graines pour les essences d’arbres, ainsi qu’au tourisme. Celui-ci est vital pour les populations rurales, dont les emplois et les moyens de subsistance sont liés à ce secteur et à des secteurs connexes, comme l’alimentation et le transport, qui sont plus durables et qui affichent un potentiel de croissance plus important. 

EAGLE-Togo

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Des vendeuses se plaignent : « nous perdons beaucoup d’argent à cause du mauvais état des routes »

22 août 2021 à 8 08 30 08308

C’est une situation qui préoccupe actuellement les femmes évoluant dans le commerce des denrées alimentaires entre la région forestière et la capitale guinéenne. Ces vendeuses se plaignent de « beaucoup de pertes » qui leur sont causées par le mauvais état des routes. Selon elles, leurs marchandises pourrissent parfois avant d’arriver à destination, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Elles sont nombreuses dans cette activité. Elles vont dans la région de N’Zérékoré (une zone où l’agriculture est fortement pratiquée) pour acheter des produits alimentaires qu’elles viennent revendre dans la capitale, Conakry. Un commerce habituellement très rentable, mais qui commence à prendre un sérieux coup. Avec la dégradation très poussée des routes en cette saison pluvieuse, ces vendeuses se retrouvent parfois bloquées pendant plusieurs jours en route.

Augustine Lamah, marchande de bananes

Une situation qui peut leur coûter parfois très cher, selon Augustine Lamah, une vendeuse rencontrée au marché de Yimbaya Tannerie, dans la commune de Matoto. « Nous perdons beaucoup d’argent, à cause des routes qui ne sont pas du tout bonnes. Parfois, on peine même à récupérer l’argent investi pour acheter nos marchandises. Il nous arrive de perdre beaucoup de bananes en route, alors que le coût du transport aussi est très élevé. Donc, on s’en sort difficilement », a-t-elle confié.

Fatoumata Traoré

Dans la matinée d’hier, samedi 21 août 2021, Fatoumata Traoré, une autre vendeuse, s’apprêtait à débarquer sa marchandise au marché de Yimbaya Tannerie. Une quantité importante de bananes qu’elle craignait fortement de perdre en route, en raison de la durée du voyage. Ce fut donc un ouf de soulagement pour elle d’arriver à temps à Conakry. Elle cherche maintenant à écouler rapidement sa marchandise pour être à l’abri de toute perte.

« Je reviens tout juste de Macenta. Mais je dois écouler rapidement mes bananes pour qu’elles pourrissent, parce que nous avons passé une semaine en route. Pourtant, le camion n’est pas tombé en panne. Si on a pris tout ce temps pour arriver ici, c’est à cause du mauvais état de la route. La route est vraiment dégradée, il y a certains endroits qui sont devenus quasiment impraticables », a-t-elle déploré, avant de solliciter l’intervention des autorités pour faire face à ce problème.

« Nous demandons à nos dirigeants de nous aider, en réparant nos routes. Parce que nos marchandises pourrissent souvent avant d’arriver à Conakry. Ce qui n’est pas bon pour nous, parce que nous vivons de ça », a lancé Fatoumata Traoré. Reste à savoir si cet appel tombera dans de bonnes oreilles. Car on le sait, la dégradation des routes n’est pas une situation nouvelle en Guinée. A chaque saison pluvieuse, les citoyens se plaignent de ce problème, qui ne trouve toujours pas de solution.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 67 36 81

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Interdiction de la coupe du bois en Guinée : la galère des acteurs de la filière

20 août 2021 à 6 06 53 08538

Depuis le mois de juin dernier, la coupe et le transport du bois sont interdits en République de Guinée. Cette interdiction a été motivée par la découverte, dans les préfectures de Mamou et Faranah, d’importants réseaux de coupe abusive et d’exportation du bois de vène vers la Sierra Léone. Et, elle vise surtout à préserver le patrimoine forestier guinéen en souffrance depuis quelques années. Seulement, cette interdiction, bien que salutaire pour le pays, est très pénible aujourd’hui pour les acteurs de la filière bois. Nombreux sont actuellement les vendeurs de bois et les ouvriers (notamment) qui se plaignent de la rareté du bois sur le marché. Et, les plaintes s’entendent davantage à Conakry qui quasiment de l’intérieur du pays pour ce qui est des ressources forestières.

Dans les lieux de dépôt et de vente du bois à Bonfi (dans la commune de Matam) où Guineematin.com a dépêché un de ses reporters hier, jeudi 19 août 2021, les acteurs de la filière vivent cette interdiction comme un véritable supplice. Les réserves s’épuisent peu à peu et le prix actuel du bois sur le marché fait fuir les clients…

Alya Camara, vendeur de bois à Bonfi

« Nous vivons avec beaucoup de difficultés, parce qu’on n’a pas de moyens. Et, lorsqu’on donne les prix de nos bois à nos clients, ils trouvent que c’est très cher. Mais, quand un produit devient rare sur le marché, les prix augmentent. Ceux qui ont eu l’occasion d’avoir un peu de stock dictent leurs prix, sachant bien qu’ils ne pourront pas, eux aussi, renouveler le stock ; il faut l’accepter. L’organisation à la tête de la filière a demandé de baisser les prix ; mais, lorsque les stocks vont finir, il n’y aura plus de bois du tout. Nous sommes au début du troisième mois de cette interdiction ; malheureusement, nous ne savons pas combien de temps cela va durer, alors que nos difficultés sont encore là. Il y a de nombreuses personnes qui vivent du secteur, parce que le bois est très consommé chez nous », a expliqué Alya Camara, vendeur de bois.

Apparemment, l’interdiction de la coupe et du transport du bois a pris de court les acteurs de la filière à Conakry. En tout cas, cette décision a été prise à un moment où beaucoup d’entre eux ont des dépôts de bois à l’intérieur du pays.

« Avant, lorsque ce moment (interdiction de la coupe du bois) approche, les autorités avaient l’habitude de nous informer en disant pendant telle période on ne coupe pas le bois. Ce qui permet aux exploitants qui sont dans la brousse de rentrer, parce que là c’est ordonné. Donc, on revend durant ce temps les stocks que nous avons. Mais, cette fois, la décision du ministère est tombée comme ça, sans avertissement. C’est plus tard que nous avons appris qu’il y a certains parmi nous qui coupent le bois n’importe comment. Qu’ils auraient touché à une forêt classée. C’est un groupe qui travaille avec des chinois basés en Sierra Leone. Maintenant, toute la filière bois est affectée par la décision, alors que les bois de certains commerçants sont bloqués en brousse là-bas. C’est pourquoi les prix des bois qui sont là augmentent chaque fois. Donc, l’interdiction est arrivée d’un coup, sinon d’habitude nous sommes informés via une circulaire avec des dates bien précises, généralement avec deux mois d’avance pour permettre aux commerçants de transporter leurs bois de la brousse vers les lieux de stockage. Malheureusement, cette fois on n’a pas eu cette chance. Ils ont subitement tout bloqué au niveau du ministère de l’environnement », a indiqué Alya Camara.

Cependant, les effets de cette interdiction n’éprouvent pas les vendeurs de bois. Ceux qui travaillent avec le bois (notamment les menuisiers) sont aussi impactés. Le bois est leur matière première pour la fabrication des meubles ; et, il vaut de l’or actuellement sur le marché. Depuis l’entrée en vigueur de cette interdiction, le prix du bois connaît une hausse vertigineuse. Le prix d’une planche a quasiment doublé sur le marché.

Mangué Camara, menuisier à Dabondy Bas-fond

« A l’heure actuelle c’est un peu difficile de trouver du bois. Avant on payait un madrier entre 700 000 et  800 000 francs. Actuellement, le même madrier est vendu jusqu’à 1 200 000 francs. Une planche qui était vendue entre 40 et 50 000 francs est revendue actuellement jusqu’à 80 voire 85 000 francs. Alors, si nous payons ces bois à ces prix-là, comment allons-nous travailler ? Or, nous avons des familles à nourrir, des loyers à payer et nous aussi avons envie d’avoir nos propres maisons. Mais, comment peut-on les avoir avec toutes nos actuelles difficultés ? En plus de la cherté du bois, les autres matériels qui entrent dans la fabrication de nos meubles sont aussi chers. On travaille, mais on arrive à peine à avoir ce que nous mangeons, c’est difficile. On a quelquefois des clients, mais lorsqu’on leur dit les prix, ils se retournent directement, parce qu’ils ne peuvent pas l’avoir », a indiqué Mangué Camara, menuisier à Dabondy Bas-fond.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tel : 622 67 36 81

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Pêche artisanale et naufrage : 8 morts !

17 août 2021 à 12 12 21 08218

« Nous traversons un moment très difficile. Actuellement, c’est la période de la réparation ou de la reconfection des pirogues… Si les pirogues ne sont pas en bon état, ça peut créer des naufrages, accompagnés de pertes en vies humaines… L’interdiction de la coupe du bois a fait qu’il n’y a pas de planches sur les différents marchés. Les pêcheurs sont obligés de sortir avec ces vieilles embarcations pour aller chercher des poissons ; et, cela leur cause d’énormes problèmes, d’énormes accidents », a notamment déploré Idrissa 4 Kallo.

C’est une situation pénible pour les pêcheurs artisanaux de Guinée. En cette saison pluvieuse, ces pêcheurs qui ravitaillent les différents marchés de pays en poissons sont très éprouvés par la mer. Ils subissent beaucoup d’accidents ; et, certains y perdent même la vie. Déjà, huit (8) morts ont été enregistrés dans des naufrages d’embarcations entre le 29 et 30 juillet. Et, actuellement, beaucoup de pêcheurs ont peur de prendre la mer à cause des grosses vagues qui y sont.

Lors d’un entretien avec un reporter de Guineematin.com, Idrissa 4 Kallo, le responsable en charge de la communication de la fédération guinéenne de la pêche artisanale, ces naufrages ont été enregistrés principalement dans les préfectures de Boké, Boffa, Dubréka et Conakry. Et, certains corps de ces personnes ont difficilement été retrouvés.

« Cette année 2021, nous avons aussi enregistré des cas de morts dans des naufrages. A Boké, précisément à Kaseque, il y a eu deux morts. A Kamsar, il y a eu deux morts dans trois naufrages. A Koukoudé (une localité relevant de la préfecture de Boffa), il y a eu beaucoup de naufrages où 50 pirogues ont été endommagés à cause de la montée de l’eau de la mer, accompagnée des fortes vagues. Là aussi il y a eu deux morts dont un à l’hôpital. A Dubréka, deux personnes se sont noyées. Dans la zone de Conakry, précisément à Kaporo, il y a eu un naufrage d’une embarcation ; mais, heureusement, il n’y avait que 3 pêcheurs qui étaient dedans. Les 3 ont été repêchés, ils ont pu nager et se sauver. Mais, tous les matériels de pêche sont restés dans l’eau. A Téménetaye, dans la commune de Kaloum, il y a eu une dizaine d’embarcations qui ont été endommagées, tout comme à Bonfi, dans la commune de Matam. Tous ces naufrages ont eu lieu en deux jours, c’est-à-dire les 29 et 30 juillet dernier. Donc, au total, on a enregistré 8 morts dans les naufrages qui se sont produits pendant ces deux jours à cause de l’agitation de la mer », a expliqué Idrissa 4 Kallo.

En plus de ces naufrages, les pêcheurs artisanaux peinent à trouver de la matière (le bois) pour la réparation des pirogues. Et, cette situation serait due à la décision du ministère de l’Environnement, des eaux et forêts qui interdit la coupe et du transport du bois sur le territoire national.  

« Nous traversons un moment très difficile. Actuellement, c’est la période de la réparation ou de la reconfection des pirogues. Mais, les pêcheurs n’ont pas été exemptés de la décision du ministère de l’Environnement relative à la coupe du bois. Et, cela joue beaucoup sur nous. Les pêcheurs ne gagnent pas de planches sur les différents marchés pour réparer leurs pirogues, alors que chaque six mois il faut réparer les pirogues en changeant certaines planches dont le nombre peut varier entre 3 et 10, avant de les remettre en mer. Malheureusement, l’interdiction de la coupe du bois a fait qu’il n’y a pas de planches sur les différents marchés. Et, si les pirogues ne sont pas en bon état, ça peut créer des naufrages, accompagnés de pertes en vies humaines. Cependant, c’est avec l’activité de ces pêcheurs là que vivent des milliers de familles. C’est pourquoi, les pêcheurs sont obligés de sortir avec ces vieilles embarcations pour aller chercher des poissons ; et, cela leur cause d’énormes problèmes, d’énormes accidents. Il faut également dire que c’est à cette période de grandes pluies que les algues sortent en grande quantité en mer. Le poids de ces lourdes algues fait également chavirer les pirogues. Dans de pareils cas, non seulement tu n’a pas de poissons, mais tu perds également les filets dans l’eau », a expliqué Idrissa 4 Kallo.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: +224 622919225

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BIODEV2030 : 3 secteurs prioritaires identifiés en Guinée

15 août 2021 à 19 07 00 08008

Au lieu de deux initialement prévus, ce sont finalement trois secteurs prioritaires qui ont été identifiés pour le projet BIODEV2030 en Guinée. Les résultats de l’étude menée à cet effet ont été validés au cours d’un atelier qui s’est tenu récemment à Kindia, a constaté un correspondant de Guineematin.com sur place.

L’atelier de validation des résultats de l’évaluation et de la hiérarchisation des menaces pesant sur la biodiversité aux niveaux national et local afin d’identifier deux (2) secteurs prioritaires pour le projet BIODEV2030 en Guinée a eu lieu le 2 août 2021 dans un réceptif hôtelier de Kindia. Organisé par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), sur financement de l’AFD (Agence française de développement), il a été coordonné par Expertise France, en collaboration avec le ministère guinéen de l’environnement, des eaux et forêts. Les travaux ont mobilisé 66 participants venus de Kindia, Boké, Conakry, Labé, Faranah, Kankan, et N’Zérékoré.

Il s’agit de cadres techniques nationaux, de représentants de la société civile et du secteur privé, des enseignants chercheurs et des experts internationaux. A l’ouverture des travaux, le directeur régional de l’UICN, Aliou Faye, a indiqué qu’il s’agira dans un premier temps, « de procéder à un examen critique du rapport d’évaluation réalisé par le Centre d’Études et de Recherche en Environnement (CERE), de formuler des suggestions et des recommandations en vue de l’enrichir. Dans un second temps, obtenir à travers la validation, un consensus autour du document d’évaluation et d’hiérarchisation des menaces pesant sur la biodiversité aux niveaux national et les secteurs identifiés dans le cadre du projet BIODEV2030 en Guinée ».

Présidant la cérémonie d’ouverture de cet atelier, le colonel Aboubacar Oularé, point focal national de la convention pour la biodiversité au ministère de l’environnement, des eaux et forêts, a remercié vivement l’UICN et ses partenaires, dont l’Agence française du développement, Expertise France, le Fonds pour l’environnement mondial, pour l’accompagnement du gouvernement guinéen dans la conservation de la Biodiversité. Selon lui, le projet Facilitation d’engagement pour la biodiversité (BIODEV2030) vient à point nommé.

« Car la République de Guinée vient de se doter d’une nouvelle stratégie de 15 ans (2016-2025) avec une vision partagée et une ambition commune qui est de préserver, accroître, restaurer et valoriser la biodiversité dans toute la Guinée. Pour réaliser cette vision, la nouvelle stratégie nationale est articulée autour de cinq (5) buts stratégiques déclinés en 18 objectifs. Par ailleurs, l’expérimentation réussie du projet BIODEV2030 en Guinée nous offre l’opportunité de nous approprier de nouvelles méthodes, outils et approches de valorisation de la diversité biologique et des écosystèmes de notre pays », a dit le colonel Oularé.

A l’issue des travaux, les participants ont validé les résultats de l’évaluation et de la hiérarchisation des menaces pesant sur la biodiversité aux niveaux national et local. Ils ont identifié trois secteurs prioritaires pour le projet BIODEV2030 en Guinée. Il s’agit de l’agriculture, la pêche et l’exploitation minière. « Ce sont tous les secteurs économiques qui sont concernés. Mais le projet va se focaliser sur ces trois secteurs prioritaires ; et après, s’il y a une suite, d’autres secteurs pourraient être pris en charge », a précisé Aliou Faye de l’UICN.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224)628516796

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Dégâts environnementaux à Faranah : le mazout ravage les cultures et se déverse dans la rivière ‘’Sirikoleny’’

14 août 2021 à 11 11 39 08398

C’est une nouvelle très inquiétante pour les populations de Faranah, dans la région de la Haute Guinée. Dans la nuit du jeudi au vendredi, 13 août 2021, une importante quantité de mazout a fuité de la centrale thermique (qui donne de l’électricité à cette ville) pour se déverser dans la rivière Sirikoleny, un cours d’eau qui se jette dans le fleuve Niger. L’écoulement de ce combustible, dérivé du pétrole (qui est un polluant extrêmement dangereux pour l’environnement) a aussi dévasté des cultures et des plantes fruitières sur son passage.

C’est une nappe noire qui couvre actuellement l’espace qui sépare la centrale thermique et la rivière Sirikoleny. Et, selon des informations confiées au correspondant de Guineematin.com dans la préfecture de Faranah, cette nappe noire n’est autre que du mazout. Ce combustible polluant a fuité des entrailles de la centrale thermique pour se propager dans les environs et se jeter dans la rivière Sirikoleny. Des plaines rizicoles et des plantes sont actuellement touchées par cette importante quantité de mazout.

« Toutes les cultures se trouvant sur les rives de ce marigot ont été endommagées. Il y a eu fuite au niveau de la centrale thermique. C’est au niveau d’une fosse septique remplie que le mazout a débordé », a confié une source qui a requis l’anonymat.

Pour l’heure, les responsables de la centrale à l’origine de cette pollution se refusent de tout commentaire, en dépit des inquiétudes des populations. Et, face à ce silence, le maire de la comme urbaine de Faranah, Oumar Camara, invite les services techniques de l’environnement de se saisir de cette affaire pour évaluer les dégâts.

A suivre !

De Faranah, Mamadouba Bangoura pour Guineematin.com

Tel : 620241513/660272707

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Insalubrité à Kankan : « les moyens nous manquent pour assainir la ville » (Maire)

13 août 2021 à 19 07 40 08408

C’est un aveu d’impuissant que le maire de Kankan a fait dans un entretien qu’il a accordé au correspondant de Guineematin.com dans la ville. Mory Colofon Diakité a laissé entendre que la commune n’a pas les moyens matériels nécessaires pour assainir la ville. Selon lui, les trois camions bennes dont dispose la mairie sont vieux de près de trois décennies, et une seule est aujourd’hui fonctionnelle.

« Aujourd’hui, on a vraiment des problèmes, parce qu’on n’a pas de bennes pour ramasser les ordures. Les trois bennes dont dispose la commune, sont là depuis 26 ans, elles sont amorties. On a tellement dépensé de l’argent pour les réparer qu’on n’en peut plus. Parce que quand on répare une panne le matin, on nous signale une autre le soir. On est fatigués. Parmi ces trois bennes, il n’y a qu’une seule qui est encore en activité, les deux autres sont garées dans la cour de la commune », a déclaré Mory Colofon Diakité.

Mory Colofon Diakité, maire de Kankan

Face à ce manque d’équipements, l’autorité communale indique que son équipe est obligée parfois de louer des camions bennes pour ramasser les ordures dans la ville de Kankan. Une situation préoccupante pour M. Diakité, et sur laquelle il interpelle le gouvernement.

« On a besoin au minimum de quatre bennes et d’une machine tractopelle. Nous avons urgemment besoin de ces équipements. Nous aussi, nous pourrons les carburer et payer les travailleurs pour assainir régulièrement cette grande ville. Nous lançons un appel pressant à l’endroit du gouvernement guinéen de nous appuyer dans ce sens. Parce qu’on a la volonté, mais les moyens nous manquent », a dit le maire de Kankan.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Affaissement du pont de Tiro : « si rien n’est fait, la route Faranah-Kissidougou sera coupée »

13 août 2021 à 15 03 11 08118

Le pont de Tiro, une sous-préfecture de Faranah, s’est affaissé la nuit dernière. Ce qui a occasionné l’arrêt momentané de la circulation entre les villes de Faranah et de Kissidougou. Le trafic a repris ce vendredi, 13 août 2021, mais le risque de voir la région forestière coupée du reste du pays reste très élevé, a appris le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

Le pont de Tiro a un rôle capital. Car, il se trouve sur la route nationale Faranah-Kissidougou, une route qui permet de relier la région forestière de la Guinée au reste du pays. Mais sous le poids de l’âge et du manque d’entretien, l’ouvrage de franchissement s’est affaissé dans la nuit du jeudi à ce vendredi, 13 août 2021, aux environs de minuit.

« Il y a près d’un mois qu’une partie de ce pont a lâché, donc c’est un seul côté qui était utilisé. Maintenant, la nuit dernière, un camion en provenance de N’Zérekoré est venu se garer au bord du trou qui se trouvait au milieu du pont. C’est ainsi que l’ouvrage de franchissement s’est effondré, et c’est de justesse que le camion ne s’est pas retrouvé dans l’eau. Donc, la circulation a été complètement coupée, parce que le passage était impossible à ce niveau », a expliqué Gassimou Doumbouya, le sous-préfet de Tiro.

Juste après l’effondrement du pont, les autorités locales ont engagé des travaux pour mettre en place une déviation, permettant le passage des véhicules. Mais le sous-préfet de Tiro indique que ce passage n’est que temporaire. Si le gouvernement pas rapidement, prévient-il, la circulation sera complètement entre Faranah et Kissidougou.

« Pour le moment, on a trouvé un passage pour les véhicules, mais cela n’est que provisoire. Il faut que l’Etat prenne rapidement des dispositions pour faire face à cette situation. Parce que si cela n’est pas fait, la route sera complètement coupée », a dit M. Doumbouya.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com 

Tel : 00224620241513/660272707

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Destruction de l’environnement à Siguiri : de hauts commis de l’État accusés

12 août 2021 à 12 12 58 08588

C’est un secret de polichinelle ! L’environnement est fortement agressé ces dernières années dans la préfecture de Siguiri. L’exploitation sauvage de l’or dans la localité décime le couvert végétal. Et, l’exploitation semi-industrielle des mines avec de la cyanure a contribué à polluer les cours d’eau dont certain sont en train de tarir aujourd’hui.

Selon des informations recueillies par le correspondant de Guineematin.com à Siguiri, cette agression de l’environnement est aujourd’hui plus visible dans les sous-préfectures de Doko et Kintinian où l’exploitation semi-industrielle des mines par des poclains est en pleine expansion. Et, la plupart de ces poclains appartiendraient à des hauts commis de l’Etat (des ministres de la République). Ce qui rend difficile les efforts des cadres locaux dans la lutte contre la dégradation de l’environnement à Siguiri.

« Comment pourrais-tu trouver l’aiguille que tu cherches, si ton ami la piétine ? L’administration guinéenne est très difficile. Nous avons des textes qui protègent l’environnement ; mais, on ne peut pas les appliquer puisque les personnes qui sont responsables de la dégradation de notre environnement sont nos responsables, capables de nous écraser. Aujourd’hui, quand tu fais un tour à Doko ou à Kintinian, tu pleures. Partout, ce sont des poclains. Mais, la plupart de ces machines appartiennent aux ministres ou à leurs protégés. Tu vois comment nous sommes faibles sur le terrain aujourd’hui. Nous accusons les Burkinabés à tort, les véritables destructeurs, ce sont les poclains et les ministres », a confié un cadre de la préfecture qui a requis l’anonymat pour protéger son travail…

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guinnematin.com

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Inondations à Conakry : le gouvernement annonce des sanctions contre les « coupables »

6 août 2021 à 18 06 10 08108

Dans une déclaration publiée ce vendredi, 6 août 2021, le gouvernement guinéen a déploré les inondations enregistrées ces derniers mois à Conakry, et qui ont entraîné des morts et des dégâts matériels. Le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Bouréma Condé, a désigné le bouchage des caniveaux et l’obstruction des passages d’eaux comme étant à l’origine de ces inondations. Il a invité les services déconcentrés et décentralisés à faire un contrôle rigoureux permanent et à prendre des sanctions à l’encontre des citoyens auteurs de ces situations.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de la déclaration :

Général Bouréma Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation

Conakry, le 6 août 2021

Chers concitoyens

Mesdames et Messieurs

Les mois de Juin et Juillet de cette année 2021, dans un contexte déjà éprouvant dû à la présence de la pandémie de la Covid-19, sont venus en rajouter aux soucis de nombreux guinéennes et guinéens par l’enregistrement d’inondations porteuses de divers maux : des citoyens emportés par les torrents d’eau et y ayant perdu la vie, des maisons englouties, des biens matériels irrécupérables, etc…

Le bilan de ces deux mois est donc lourd et affligeant.

Le Gouvernement, sous les directives de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, directives relayées par Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, s’est particulièrement retrouvé autour du sujet, abordant les causes proches et lointaines de cette catastrophe qui doit une bonne raison de son acuité aux faits anthropiques.

En effet, de Tombo à Sandervalia en passant par Boulbinet et Coronthie dans Kaloum, à Dixinn Centre 2 dans la Commune de Dixinn, à Carrière centre, Carrière Cité et Bonfi dans la Commune de Matam, les zones d’inondation, selon le répertoire des services techniques du Gouvernorat de Conakry sont des points noirs dûs au bouchage des caniveaux si ce ne sont tout simplement les passages d’eau obstrués par les ordures dans certains quartiers.

En l’absence de ces facteurs, la Direction Nationale de la Météo, trouve impossible des inondations à Conakry au mois de Juin 2021 avec une pluviométrie dont le cumul présente plutôt un déficit, comparé à la moyenne des trente dernières années.

Autant dire que l’esprit de civisme nous interpelle tous dans notre quotidien face aux mesures environnementales et à la salubrité publique.

Au regard des pertes subies, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Monsieur le Premier Ministre Chef du Gouvernement, présentent aux familles qui ont enregistré des pertes en vies humaines et des pertes matérielles leurs condoléances émues et leur compassion.

Les services de l’Etat, en charge de l’Action humanitaire, à travers la Direction Nationale éponyme, ayant au jour le jour procédé à l’enregistrement des sinistres et des familles impactées se rendront à nouveau dans celles-ci pour parfaire leurs constats.

Enfin, le mois d’Août étant réputé pour sa forte pluviométrie, invite est faite aux élus locaux (notamment les maires et les conseils communaux), assistés des cadres techniques de leur collectivité (Environnement, Ministère de la Ville et l’Aménagement du Territoire, Salubrité, Santé) pour un contrôle rigoureux permanent et une prise de sanctions à l’encontre des citoyens auteurs, par manque de civisme, du bouchage des caniveaux et de l’obstruction des passages d’eaux. Notre sécurité environnementale à tous en dépend.

Je vous remercie.

Bouréma Condé, Ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation

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Koumbia (Gaoual) : l’APEPTG soutenue par les autorités locales pour accentuer le reboisement

3 août 2021 à 13 01 42 08428

La dégradation de l’environnement passe aujourd’hui de tout commentaire en Guinée. Une situation aggravée le plus souvent par des agressions de l’écosystème. Pour freiner ce danger, l’Association pour la protection de l’environnement et la promotion du tourisme à Gaoual (APEPTG) depuis 7 ans est sur le terrain pour sensibiliser les populations et les acteurs impliqués sur la nécessité de travailler à la restauration du couvert végétal.

Le 24 juillet dernier, cette ONG était dans le District de Madina-Guilédji où elle a procédé au regarnissage de son site de Nyampiya, a constaté un de des reporters de Guineematin.com, présent sur les lieux. A cette occasion, le Président du District de Madina-guilédji, Boubacar Baldé, convaincu des arguments développés par l’APEPTG et de ses efforts sur le terrain, a annoncé officiellement son soutien et son adhésion à cette ONG.

Il s’est engagé à joindre ses efforts à l’Association pour la protection de l’environnement et la promotion du tourisme (APEPTG) pour contribuer à la préservation de l’environnement et à la promotion du tourisme à Gaoual.

C’est dans ce cadre qu’il a pris part, le 24 juillet, aux travaux de regarnissage du domaine de l’APEPTG à Doughoun Mbollé, situé à Nymapiya dans le district de Madina-Guilédji, commune rurale de Koumbia.

Après les travaux de reboisement, qui ont permis de planter 2 005 plants forestiers, ce responsable local a dit toute sa satisfaction aux membres de l’APEPTG, Boubacar Baldé a également promis de lutter contre les feux de brousse, la construction anarchique de briques cuites aux bords des cours d’eau mais surtout d’interdire dans sa juridiction la coupe abusive du bois.

Boubacar Baldé, président du District de Madina-Guilédji

« Franchement, nous sommes contents du travail de l’APEPTG. Chaque année, vous venez faire du reboisement dans nos localités. C’est parce que vous aimez votre village, vous aimez votre Sous-préfecture, vous aimez Gaoual et toute la Guinée. Ce que vous faites ici est un travail noble que tout le monde doit saluer puisque la vie est liée à l’eau, et l’eau aux arbres. Si vous restaurez ces écosystèmes, vous donnez la vie à des êtres dont vous ne pouvez pas imaginer le nombre. Et si vous plantez un arbre, vous ajouter quelque chose d’utile à l’humanité entière », a-t-il expliqué à l’entame de ses propos.

M. Baldé a déclaré son adhésion officielle à cette ONG et dit toute sa fierté d’abriter de telles activités dans sa juridiction, menacée par les dérèglements climatiques.

« Vous savez que l’année dernière, nous étions ici à Nyampiya pour reboiser 3,5 hectares et à Guilédji, 4,5 hectares ont été reboisés. Mais cette année, la saison sèche a été plus longue que d’habitude. Certains plants n’ont pas tenu. Il était normal de venir les remplacer. C’est ce que nous sommes venus faire avec les membres de l’APEPTG. Dieu merci, ce regarnissage c’est très bien passé. Quelques 2005 plantés ont été plantés et nous pensons qu’ils pourront réussir. Bien sûr d’autres plants de l’année passée sont là visibles. Mais comme nous tenons à faire d’ici une véritable forêt communautaire, il fallait faire ce travail. Faut-il le souligner que cette année, même des arbres fruitiers ont été emportés par la saison sèche. Beaucoup d’orangers sont tombés secs sous l’effet de la chaleur insupportable. Ce sont des conséquences directes du dérèglement climatique. Mieux, depuis le début de la saison des pluies cette année, il ne pleut presque pas du tout. Cela est ressenti un partout ici. C’est pourquoi, nous saluons l’œuvre de l’APEPTG qui a décidé de revenir sur ces différents sites pour revoir ce qui est fait et apporter des corrections. Nous demandons à toutes les populations de Madina-guilédji de procéder au reboisement d’au moins une plante cette année. C’est ce qui pourra nous sauver », a précisé le premier responsable du District de Madina-Guilédji.

Un plant de 2020 sur le site de Nyampiya

Visiblement satisfait du travail de restauration de l’environnement ambitionné par l’APEPTG, Boubacar Baldé a déclaré que chaque Secteur de son District, a décidé d’offrir un domaine à reboiser à l’APEPTG et les documents sont en voie de normalisation.

Cette année, l’APEPTG a pu planter 6 240 arbres fruitiers et forestiers sur les sites de Dyoti, Bara, Nyampiya et Guilédji. Même si l’objectif des 10 hectares n’a pas été atteint, cet engagement de l’ONG a suscité partout un engouement pour la défense de l’environnement.

De retour de Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Koundjan (Mandiana) : le contenu chimique d’un réservoir de la SMM se déverse et contamine l’eau du ‘’marigot Fé’’

2 août 2021 à 9 09 47 08478

Les faits se sont produits la semaine dernière ; et, ils sont la source d’une grande inquiétude actuellement dans la commune rurale de Koundjan. Un réservoir de la société minière de Mandiana (SMM) basé à Loïla (un district de Koundjan), contenant l’eau de lavage et de traitement de l’or, a fuité et son contenu chimique s’est déversé dans le marigot Fé (un grand marigot en langue maninka). L’eau de ce marigot très vital pour la population locale a été contaminée et plusieurs poissons y ont été tués.

Une équipe venue de Mandiana s’y est rendue pour faire des prélèvements de l’eau contaminée ; et, les échantillons seraient déjà acheminés en laboratoire pour tenter de déterminer les composants chimiques qui ont pollué les eaux de ce cours d’eau. Mais, en attendant ces résultats, l’utilisation de l’eau de ce marigot a été interdite à la population de Loïla et environ, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Mandiana.

Pour l’instant, la société minière de Mandiana refuse tout commentaire sur le sujet. En tout cas, tous nos appels en direction des responsables de ladite société sont restés vains. Cependant, selon le maire de la commune rurale de Koundjan, cette situation est une véritable pour les populations de sa juridiction. Car, c’est dans ce marigot que tout le monde à Koundjan se procure de l’eau pour les besoins domestiques. C’est également dans ce cours d’eau que les populations de Loïla se procurent du poisson et autres produits halieutiques. Et, c’est ce cours d’eau qui vient d’être contaminé par l’eau de lavage et de traitement d’or. Une eau qui contient pourtant des substances chimiques très nocives à la santé de l’homme.

« L’acte s’est passé le mardi, on a été sur le terrain et on a vu que c’est le basin de lavage de l’or qui a été envahis par les eaux de la pluie. Parce que le basin est grand, mais c’est la hauteur qui est courte. C’est pourquoi l’eau s’est déversé dans le marigot situé environs à trois kilomètres du site… Pour constater les faits, on a marché jusqu’au marigot ; et là, on a pris douze (12) échantillons dans le marigot pour envoyer au laboratoire qui doit certainement donner un résultat de la nature de la  contamination de l’eau du marigot dans 72 heures.Donc, pour le moment, nous avons sensibilisé les localités traversées de ne pas utiliser les eaux du marigot, ni pêcher du poison avant la sortie du résultat des échantillons envoyés au laboratoire. On a aussi exigé à la société d’élever la hauteur du basin. Ensuite, nous avons exigé à la société de construire un château d’eau dans l’immédiat pour approvisionner la population de Loïla en eau potable », a indiqué Ahmed Sékou Doumbouya.

Joint au téléphone par le correspondant préfectoral de Guineematin.com, Amadou Keïta, le chef de la section environnement de Mandiana, a confirmé la triste nouvelle de cette contamination du ‘’marigot Fé’’, tout en précisant que c’est le réservoir du 3ème basin qui a fuité. Et, cette fuite accidentelle a entrainé la pollution des eaux de ce marigot qui est une source de vie pour les populations de Loïla.

« On a été sur le terrain avec les maires de la localité pour des constat. C’est le réservoir du 3ème basin, qui est d’ailleurs le plus petit basin, qui a fait des fuites et le contenu s’est déversé en quantité dans le marigot. Sur place, on a constaté des poissons contaminés. Mais, au total, il y a trois basins qui allument l’usine de lave et traitement de l’or. Pour le moment, on a envoyé des échantillons au laboratoire pour vérifier. On a aussi interdit l’utilisation de l’eau du marigot à toute utilisation domestique », a dit Amadou Keïta.

De Mandiana, Mamady Konoma Keïta pour Guineematin.com

Tél. : 625 81 03 26

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Koumbia (Gaoual) : les éleveurs fuient pour la Guinée Bissau

1 août 2021 à 21 09 05 08058

« Pendant la saison des pluies, il y a partout des jardins d’anacarde, des champs de riz et d’arachides. Nous n’avons nulle part où aller pour faire paître nos animaux sans traverser des champs… Pendant toute la saison, ce sont des problèmes à la police ou à la gendarmerie pour dévastation de récolte. En saison sèche, nous manquons d’aliments et d’eau pour le bétail. A cela, s’ajoutent les agressions contre notre bétail. Des gens qui viennent blesser les bœufs, ils coupent les cornes, leur assènent des coups parfois mortels. D’autres bêtes sont volées. Et, souvent, avec les tracasseries administratives, les éleveurs victimes sortent déçus de la justice. Ils se retrouvent sans bête, sans argent et sans paix du cœur », a expliqué Moumini Diré Diallo. Le coordinateur des éleveurs de Koumbia demande au ministère de l’élevage de tout mettre en oeuvre pour sauver ce secteur. « Nous avons besoin d’aliments pour le bétail, d’eau, d’espace où faire paître nos bêtes. Mieux, nous avons besoin d’une justice équitable qui ne tolère pas les malfaiteurs et ne nuit pas les victimes », a-t-il dit.

Le secteur de l’élevage est confronté à de sérieux problèmes dans la sous-préfecture de Koumbia, préfecture de Gaoual, considéré pourtant comme étant le berceau de la race Ndama, a appris un journaliste de Guineematincom de la Coordination des éleveurs de cette municipalité. Selon Moumini Diré Diallo, plus d’une cinquantaine d’éleveurs ont décidé de traverser les frontières guinéennes pour aller s’installer en Guinée Bissau.

« Depuis deux à trois ans, plusieurs éleveurs ont conduit leurs troupeaux en République de Guinée Bissau, à la recherche de pâturage, d’eau et de sécurité », a indiqué le Président de la Coordination des éleveurs de Koumbia, lors d’un entretien accordé à Guineematin. Ce responsable local du secteur de l’élevage déplore les conditions d’exercice de ce métier en Guinée, réputée l’un des pays les plus propices à l’élevage.

Moumini Diré Diallo, Président de la Coordination des éleveurs de Koumbia

« Pendant la saison des pluies, vous avez partout des jardins d’anacarde, des champs de riz et d’arachides. Nous n’avons nulle part où aller pour faire paître nos animaux sans traverser des champs. Nos pâturages habituels sont envahis et ce sont des occupations anarchiques avec assez de problèmes pour les éleveurs. Pendant toute la saison, ce sont des problèmes à la police ou de la gendarmerie pour dévastation de récolte. En saison sèche, nous manquons d’aliments et d’eau pour le bétail. Les bœufs meurent d’eux-mêmes et certains deviennent squelettiques par manque d’aliments. A cela, s’ajoutent les agressions contre notre bétail. Des gens qui viennent blesser les bœufs gratuitement, ils coupent les cornes, ils leur assènent des coups parfois mortels. D’autres bêtes sont volées. Et, souvent, avec les tracasseries administratives, les éleveurs victimes sortent déçus de la justice. Ils se retrouvent sans bête, sans argent et sans paix du cœur. C’est tout cela réuni qui les conduit à quitter le pays. Aujourd’hui, vous avez plus de  quatre mille cinq cent têtes de bœufs, sans compter les petits ruminants, qui sont de l’autre côté de nos frontières, où les éleveurs ont de meilleures conditions d’accueil, de vie et de travail », a expliqué monsieur Diallo, qui pointe un doigt accusateur sur le comportement de la justice et de certains agents des services de sécurité.

Si cet éleveur salue les efforts du gouvernement dans la lutte contre les maladies bovines, Mody Moumini Diallo lance un appel pressant au ministère de l’agriculture et de l’élevage pour venir au secours aux éleveurs.

« Nous demandons aux autorités de l’élevage d’agir pour sauver le secteur de l’élevage. Nous avons besoin d’aliments pour le bétail, nous avons besoin d’eau, nous avons besoin d’espace où faire paître nos bêtes. Mieux, l’éleveur a besoin d’être mis en confiance. Nous avons besoin d’une justice équitable qui ne tolère pas les malfaiteurs et ne nuit pas les victimes. C’est ce qui peut aider au retour de ceux qui sont partis et à rassurer ceux qui sont sur place de rester », a-t-il dit.

Déjà, les conséquences de cette débandade commencent à créer une situation des plus difficiles pour les populations de cette sous-préfecture réputée pour son lait caillé naturel et abondant et sa viande de bœuf au prix d’ami…

« Vous avez vu, à l’occasion de cette fête, beaucoup de familles n’ont pas eu de viande. C’est très dommage. Plus sérieux encore, le prix de l’animal au marché dépasse de tout commentaire. Un taurillon qui coûtait à peine 2 millions se négocie à plus de 3 millions. Le kilogramme de viande fixé à 30 000 francs guinéens a grimpé à 45 000. Le prix des petits ruminants et même de la volaille a explosé. Si rien n’est fait, nous ne savons pas jusqu’où cela peut aller. C’est très préoccupant. Le lait et le beurre de vache, n’en parlons pas. Maintenant, les femmes se servent de la poudre de lait importé pour faire du lait caillé. C’est très grave pour le secteur de l’élevage, l’un des sérieux contributeurs au développement du pays et pourvoyeur d’emploi permanent », a déploré cet éleveur qui insiste sur l’éveil du gouvernement pour sauver le secteur.

« Avant, il y avait un projet qu’on appelait PROGEB qui a beaucoup aidé les éleveurs. Mais, aujourd’hui, les trois points d’eau hérités de celui-ci à Koumbia sont nettement insuffisants pour les 135 mille bœufs (chiffre estimatif, ndlr) de la contrée. Les autres installations sont en souffrance et demandent d’être restaurées et les éleveurs ont besoin d’être formés aux nouvelles techniques de l’élevage pour la fabrication d’aliments », a précisé Mouminé Diré Diallo.

Depuis Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Reboisement à Koumbia (Gaoual) : l’APEPTG boucle sa campagne 2021 avec 6 240 plants

1 août 2021 à 17 05 05 08058

Lancée le 17 juillet 2021 à Faghan, dans le District de Dara Bowé, sous-préfecture de Koumbia, par le Préfet de Gaoual, Lanfia Kouyaté, la 5ème édition de reboisement et de regarnissage portée par l’Association pour la protection de l’environnement et la promotion du tourisme à Gaoual (APEPTG) a pris fin hier, samedi 31 juillet, a constaté un reporter de Guineematin.com qui est actuellement à Koumbia.

Après le site de Dyoti, qui abrite l’école primaire Pr. Alpha Condé (récemment inaugurée) et celui de Bara, reboisés respectivement les 17 et 22 juillet (avec 1235 plants forestiers et fruitiers), l’APEPTG a décidé de procéder à un regarnissage avec au total 5005 plants forestiers mis à terre sur ses sites de Nyampiya et de Guilédji, grâce au concours de ses membres, des populations et autorités locales. Ce qui fait un total de 6 240 plants forestiers et fruitiers mis à terre par l’APEPTG à l’occasion de la 5ème édition de sa campagne de reboisement pour l’année 2021.

Présents sur le site de « Pelloun Lollé » à Guilédji, dans le District de Madina-guilédji, Mamadou (Thiondo) Diallo, Vice-président dudit district et Mamadou Saliou Sidibé, alias Balla Goubé, le Chef du Secteur Guilédji, ont dit toute leur satisfaction et l’engagement de leurs concitoyens à prendre part à cette campagne.

Mamadou Thiondo Diallo, Vice-Président du District de Madina-guilédji

« Je suis ici sur le site Pelloun Lollé ou Bhoundou Guilédji pour prendre part avec les populations de la localité à la campagne de reboisement et de regarnissage initiée par l’APEPTG. Nous sommes fiers d’abriter un tel site et de prendre part à une telle initiative. Nous sommes conscients des menaces qui pèsent sur notre environnement avec la coupe abusive du bois et les feux de brousse incontrôlés, notamment. Mais, avec la volonté affichée de l’APEPTG, doublée de l’engagement des autorités d’interdire la coupe du bois jusqu’à nouvel ordre, nous sommes persuadés que nous réussirons à protéger notre environnement, fortement dégradé », a dit l’élu local.

Mamadou Saliou Sidibé, Balla Goubé, Chef Secteur de Guilédji

De son côté, Balla Goubé a appelé ses populations à s’engager résolument à la protection de l’environnement. « Au nom de notre Président de District, Boubacar Baldé, j’invite les populations du Secteur de Guilédji à participer résolument à la protection de l’environnement. Ces arbres, plantés aujourd’hui, serviront demain à nos enfants et petits-enfants. C’est pour nous et pour les générations futures. D’ores et déjà, les feux de brousse ou les mauvaises pratiques d’individus mal intentionnés qui pourraient être tentés de venir déterrer les plants, sont formellement interdits. Nous décidons de protéger ces plantes pour sauver notre environnement et nos vies. Puisque ce site abrite une source qui est menacée. C’est ici que des centaines voire des milliers de bœufs viennent boire en saison sèche. Et même des animaux sauvages. Donc, quiconque serait tenté de détruire ces plants, sera lui-même détruit », a prévenu le chef du Secteur de Guilédji.

Déjà sur le site Bara, certains plants mis à terre le 22 juillet, commencent à pousser des bourgeons, même si des individus malintentionnés sont passés déterrer une centaine de plants, et ont été tous remplacés ce 31 juillet. Ce, grâce à la vigilance du responsable local de l’APEPTG, Ibrahima Diallo, qui entend désormais interdire toute activité de fabrication de briques cuites sur et au tour du site.

Vendredi dernier, 30 juillet, les responsables du District de Dara-Bowé, pour marquer leur soutien et leur engagement aux côtés de l’APEPTG, ont décidé de donner un domaine de plusieurs hectares à l’ONG. Ce domaine situé dans la zone dite d’élevage est connu sous le nom de Hounsiré Paralaré, situé dans le Secteur de Diana et à un kilomètre de la route nationale Boké-Gaoual.

Un melina planté en 2020 sur le site de Wendou Kanta

Avant de clôturer cette 5ème édition, les responsables de l’APEPTG ont visité le site de Wendou Kanta dans le District de Kembéra, le jeudi et apprécié le niveau de réussite des plants avant d’échanger avec la notabilité, visiblement déterminée à participer à la protection de l’environnement et de ses écosystèmes.

Depuis Koumbia, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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