Avec 40 000 hectares de plaines cultivables, Koundara attend les engrais et sollicite plus de tracteurs

20 juin 2021 à 10 10 04 06046

Située à 480 kilomètres de Conakry, la préfecture de Koundara est une zone très propice à l’agriculture et à l’élève. Plusieurs cultures vivrières (riz, arachide, maïs, sorgho) y sont produits chaque année par les paysans qui font les labours avec des charrues à traction animal. Cette préfecture dispose de beaucoup de plaines cultivables, mais les moyens de travail des agricultures sont encore très rudimentaires. Ici, quasiment tout le monde travaille la terre ; et, la vingtaine de tracteurs est nettement inférieur à la demande sans cesse croissante des populations. Et, cette situation est un souci permanent des autorités locales en charge de l’agriculture.

Au cours d’un entretien accordé à Guineematin.com en début de cette semaine, monsieur Hady Diallo, le directeur préfectoral de l’agriculture de Koundara, a plaidé en faveur d’une augmentation du parc tracteur de la préfecture.

Hady Diallo, directeur préfectoral de l’agriculture de Koundara

« La préfecture dispose de plus de 40 milles hectares de plaines cultivables, sans parler des zones cultivables qui sont en hauteur ; et, tout le monde veut travailler avec des machines. La période pour préparer la campagne agricole va du 15 juin au 20 juillet. Nous sollicitons de l’État de nous augmenter notre parc tracteur », a dit Hady Diallo.

Pour mieux préparer la campagne agricole 2021, une réunion de concertation de tous les acteurs du monde rural a récemment été tenue sous la houlette du directeur préfectoral de l’agriculture Koundara. Cette rencontre a permis d’évaluer les besoins de la préfecture en termes d’intrants agricoles.

« Nous savons aujourd’hui quels sont les intrants dont nous avons besoin et nous savons ce que nous disposons. Pour le moment, nous avons suffisamment d’herbicides plus de 16 milles litres, nous sommes dans l’attente des engrais. Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu encore les engrais. Nous avons le projet PDRI qui a amené des semences de riz et de maïs. Nous avons AGRIFARM qui évolue ici aussi dans l’aménagement des plaines dans la sous-préfecture de Kamabi  sur  la plaine de Néné Diara sur 400 hectares », a indiqué Hady Diallo.

Comme partout ailleurs en Guinée, la préfecture de Koundara fait parfois face à des conflits entre agriculteurs et éleveurs. Mais, ces derniers temps, les autorités en charge de l’agriculture et de l’élevage ont pris le taureau par les cornes pour pallier au problème. Tous les acteurs du monde rural ont été réunis autour de l’autorité administrative préfectorale pour débattre des questions à l’origine des conflits. Et, des solutions ont été apportées.

« Nous avons demandé à chacun de respecter la zone où il doit évoluer, que les agriculteurs respectent la zone agricole et que les éleveurs respectent les zones alternatives pastorales. Vous savez, le Badiar est une zone à un moment donné s’inonde et c’est la zone de N’dama, c’est à dire vers Guingan et Termessè qui sont en hauteur qui ne s’inonde pas, c’est là-bas que les animaux doivent aller pour quelques mois de transhumance. Voilà comment nous gérons cette situation entre agriculteurs et éleveurs ici à Koundara », a expliqué Hady Diallo, le directeur préfectoral de l’agriculture de Koundara. 

De retour de Koundara, Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel : 621686148

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Inondations à Conakry : un mort à Hafia 1

18 juin 2021 à 18 06 02 06026

La pluie qui s’est abattue dans la journée de ce vendredi, 18 juin 2021, a entraîné des conséquences dramatiques à Conakry. C’est notamment au quartier Hafia 1, dans la commune de Dixinn, où un jeune homme est décédé. Amadou Diouldé Diallo a été électrocuté pendant qu’il aidait sa tutrice à sortir l’eau de sa maison, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Âgé de 21 ans et originaire de Labé, Amadou Diouldé Diallo, communément appelé Flingo, habite chez la famille Yansané, dans le secteur Gabourouya du Hafia 1, depuis plusieurs années. Après la forte pluie qui s’est abattue ce vendredi sur Conakry, la maison de cette famille a été inondée. Et pendant que le jeune homme s’activait à faire sortir l’eau, un court-circuit s’est produit dans la maison. C’est ainsi qu’il a été électrocuté.  

Ibrahima Sory Fofana, une connaissance de la victime

« Il y a eu un court-circuit au moment où la maison était inondée, donc tout était électrifié. C’est ainsi que Flingo, qui était en train de repousser l’eau qui était dans la maison, a été électrocuté. Et lorsqu’il est tombé dans l’eau, personne n’était là pour intervenir à temps. Les gens sont venus tardivement, on peut dire qu’il était déjà à l’agonie. Le jeune qui vivait avec son grand frère chez M. Yansané ici. Donc il était venu aider la femme de ce dernier à repousser l’eau », explique Ibrahima Sory Fofana, un habitant de la localité.

En plus de la mort de ce jeune, plusieurs habitants du secteur Gabourouya, dans le quartier Hafia 1, ont subi des dégâts causés par les eaux de ruissellement qui ont envahi leurs maisons. Alhoussény Bah, l’une des victimes, indique que deux facteurs sont à l’origine de ces inondations. Il s’agit en premier lieu du non-achèvement des travaux de construction d’un canal d’évacuation des eaux de ruissellement entamé dans cette localité.

Alhoussény Bah, l’une des victimes

« La société qui était chargée de faire ce travail n’est pas allée au bout. Elle a creusé une grande fosse et l’a abandonnée ici avec tous les risques que cela représente. En plus de l’arrêt de ces travaux, il y a le fait que les caniveaux sont bouchés, donc l’eau n’a pas de passage. C’est ce qui a causé ces inondations. Plus d’une trentaine de maisons ont été inondées et il y a eu un cas de mort. Nous interpellons l’Etat sur cette situation et lui demandons de faire son travail », a lancé ce citoyen.

A noter que des inondations ont été également enregistrées dans plusieurs autres endroits de Conakry, ce vendredi. Les eaux de ruissellement ont envahi notamment certaines rues, les rendant impraticables pendant un moment.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Winning Consortium Simandou (WCS) a terminé la réhabilitation de la route nationale Kankan – Kérouané

18 juin 2021 à 17 05 48 06486

Après près d’un an de travaux, le projet de réhabilitation et de mise à niveau de la route N1 Kankan – Kérouané, financé par le Winning Consortium Simandou (WCS) à hauteur de 30 millions de dollars, est achevé. D’une longueur totale de 147 kilomètres, le trajet peut désormais s’effectuer en 3h30 au lieu des 10 heures habituelles.

Lancé le 18 juin 2020, la rénovation de cette route présentait de nombreuses difficultés compte tenu de l’absence de revêtement durci, des nombreuses dégradations notamment sur les infrastructures comme les ponts et la forte présence fondrières. En saison des pluies, la circulation devenait extrêmement compliquée avec certaines sections devenant boueuses et l’absence de fossés de drainage. Près d’un an après, la route est désormais large de 8 mètres et les conditions de la circulation ont été considérablement améliorées.

À cette occasion, une cérémonie a été organisée par WCS en présence de M. El Hadj Sory Sanoh, Préfet de Kérouané, M. Ibrahima Kalil Toure, Maire de la Commune Urbaine de Kérouané, M. Zhu Yuanjian, Vice-Directeur de la Mine de WCS, ainsi que d’autres invités.

Selon M. Cherif Karamo, Directeur Adjoint des Relations Communautaires de WCS : « La réhabilitation de la route facilite non seulement le transport avec un gain de temps et de sécurité considérable, mais créé également des opportunités d’emplois pour les populations riveraines. En investissant dans la construction et la gestion des infrastructures du pays, WCS contribue au développement économique local ».

Attaché à l’engagement des entreprises pour l’atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD), la conception du projet industriel du Consortium prend en compte le contexte environnemental et social tout au long de la chaîne des opérations.

Transmis par le service de communication du Consortium SMB-Winning

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Interdiction de la coupe et du transport de bois en Guinée : réactions des ouvriers et des autorités à Faranah

17 juin 2021 à 10 10 19 06196

Comme annoncé précédemment, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’environnement, des eaux et forêts, a interdit jusqu’à nouvel ordre la coupe et le transport de bois dans le pays. Et, paradoxalement, cette mesure contraignante pour les acteurs de la filière bois est favorablement accueilli à Fanarah (une préfecture où des réseaux clandestins d’exportation de bois ont été démantelés récemment). Seuls quelques menuisiers de la place se plaignent et demandent à l’Etat de permettre le transport intérieur du bois, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Faranah.

La présente interdiction de la coupe et du transport de bois en Guinée s’inscrit dans la lutte contre la décimation des forêts du pays. Et, à Faranah, la direction régionale de l’environnement, des eaux et forêts, promet de veiller au respect scrupuleux de cette décision des autorités. D’ailleurs, sur place, on menace de traduire en justice tout contrevenant à cette décision.

Adjudent Mory Fodé Diané, Directeur régional de l’environnement, des eaux et forêts de Faranah

« Nous sommes les agents du gouvernement ce que ce gouvernement décide c’est ce que nous nous appliquons. La décision de cette année est un peu spéciale. C’est la coupe et le transfert des bois vers la Sierra Léone qui sont sources de ces problèmes sinon le gouvernement chaque année, interdit la coupe et le transfert des bois pour une durée de trois mois mais cette année. Il a pris cette décision un peu tôt. Pour les années précédentes cette décision commençait au 1er juillet mais pour cette année c’est le contraire. Nous demandons tous les acteurs concernés de respecter scrupuleusement cette décision. Tout contrevenant à cette décision sera traduit à la justice », a indiqué l’adjudant Mory Fodé Diané, le directeur régional de l’environnement des eaux et forêts de Faranah.

De son côté, le président de la corporation filière bois de Faranah, Sayon Cissé ( Rougeot), promet d’accompagner cette décision du gouvernement. Il demande aux menuisiers d’utiliser rationnellement le bois à leur disposition et promet de sanctionner sévèrement tous ceux qui passeront outre cette décision des autorités.

« Nous apprécions cette décision du gouvernement parce que si on est dans un pays on doit respecter les lois de ce pays. À partir de l’instant toute personne qui tenterait de violer cette loi nous mettrons main sur lui et nous lui mettrons à la disposition du service de l’environnement. Nous, corporation filière bois de Faranah, accompagnons cette décision jusqu’à une décision qui l’abroge. Je demande à mes pairs coupeurs, vendeurs de bois et menuisiers d’utiliser les bois que nous avons avec nous, mais de ne plus couper ou transférer ces bois ailleurs. Nous allons déployés des enquêteurs sur le terrain, si on arrive à prendre quelqu’un en infraction, il sera sévèrement sanctionné », a prévenu Sayon Cissé.

Pour les menuisiers de la ville, cette décision des autorités est compréhensible au vu de la coupe abusive de bois qui a été constatée récemment à Faranah. Cependant, ils souhaitent que le gouvernement allège cette interdiction en autorisant le déplacement du bois à l’intérieur du pays.

« Nous menuisiers nous étions frustrés quand on a appris qu’on prenne nos bois ici pour les envoyer en Sierra Léone, mais Dieu merci avec cette réaction du gouvernement la solution pourrait être trouvée. Nous prions les autorités pour qu’elles acceptent au moins les bois que nous utilisons sur place soient libérés. Nous vivons de ça et on a des apprentis. Si on n’a pas de bois et que les ateliers  de menuiserie ne fonctionnement pas, c’est difficile pour nous en tant que pères de famille et finalement nos apprentis vont se livrer à la délinquance parce qu’ils n’ont pas quoi faire », a souhaité Abou Bangoura, maître menuisier.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tél. : 00224 620241513/660272707

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Gaoual : l’exploitation de l’or continue malgré l’interdiction imposée par les autorités (reportage)

17 juin 2021 à 8 08 34 06346

Apparemment, la préfecture de Gaoual ne s’est pas vidée de toute la substance humaine d’orpailleurs qui l’a envahi ces dernières semaines. Elle garde encore dans ses entrailles de mineurs téméraires qui ne comptent pas rentrer bredouille du cauchemardesque Eldorado. Ces jeunes, malgré l’interdiction d’exploitation et la fermeture des mines, sont encore en brousse à Kounsitel à la recherche de l’or. Avec la complicité de citoyens locaux, ils arrivent semer les agents de patrouille qui surveillent les sites miniers de la localité, a constaté l’envoyé spécial de Guineematin.com à Gaoual.

Sans le moindre bruit, loin des regards des agents et des autorités locales, des jeunes orpailleurs, équipés de machines sont à la recherche de l’or. Les nouvelles de cette exploitation clandestine se murmurent aux oreilles ; et, nul orpailleur ne veut parler à un journaliste. Après tout, il n’est pas de leur intérêt que leur petit secret soit connu des autorités.

Par précaution, ces orpailleurs travaillent généralement la journée. « La nuit, les torches peuvent attirer l’attention des agents de sécurité », explique brièvement un orpailleur en route pour chercher de l’or dans un village dont il refuse de nous donner le nom. Autant dire qu’ils ont tout prévu pour opérer en mode furtif sous la barbe de ceux qui voudraient arrêter leur travail.

Au niveau des habitants locaux, notamment les jeunes, la nouvelle de cette exploitation clandestine circule. Et, nul ne veut l’ébruiter au près des autorités. Car, chacun attend une occasion (un partenaire qui a une machine détectrice d’or) pour se lancer dans ce qu’ils appellent le « business ». Mais, certains jeunes assurent que des éléments des agents de sécurité déployés à Gaoual sont impliqués dans « le réseau » de cette exploitation clandestine qui foule au sol les décisions du gouvernement de la république.

« L’exploitation continue très bien même, je fais le taxi-moto, je reviens d’un village vers Kounsitel, les orpailleurs sont dans toute la brousse, ils travaillent tranquillement. Ils ont négocié avec les hommes en tenues. Depuis 35 ans je suis à Gaoual il n’y a pas un lieu que je ne connais pas ici. Je vous dis, ils continuent l’exploitation de l’or de la plus belle manière », assure ce jeune sous l’anonymat.

Cette source ne veut pas prendre le risque de se retrouver le viseur des orpailleurs qui pourraient lui rétorquer des représailles sévères pour avoir bousier leur « business ». Mais, il ne garde pas ce « secret » pour des mesures de sécurité seulement. Lui-même ne rêve qu’une occasion pour se plonger dans la pratique. « Il ne faut pas que les hommes en tenues et les autorités cherchent pour eux et nous les citoyens de Gaoual on ne gagne rien. Ce n’est pas normal. Moi je veux quelqu’un qui a une machine on va travailler et gagner pour nous. Personne n’est maudite », ajoute-t-il lors de notre petit entretien.

Tout comme ce taxi-motard qui rêve de se convertir en orpailleur, ce vendeur d’essence (qui m’a pris pour un orpailleur) jure que l’exploitation de l’or se fait de plus belle en brousse à Kounsitel.

« Même en voyant le mouvement des motos, on sait que les gens travaillent. Je jure le travail continue dans les sites et dans d’autres sites qui ne sont pas surveillés », dit-il avec assurance.

En provenance de la Douane de Gaoual pour le marché de la ville, on croise par moment quelques acheteurs d’or. Ils ne sont pas natifs de Gaoual, mais ils sont sur place depuis quelques semaines. Et, ils font de « bonne affaires » en dépit de la fermeture des sites d’exploitation d’or. Ils achètent le métal précieux avec les exploitants clandestins. Sidibé (comme il a voulu qu’on l’appelle dans ce reportage) est venu de Siguiri pour acheter de l’or. Et, il ne se plaint pas de son séjour à Gaoual.

« On gagne l’or un peu. Le gramme c’est à 450 mille francs ou on augmente un peu sur ça, il faut négocier. Nous on veut que Alpha Condé libère les sites pour que les gens travaillent, ils n’ont qu’à nous aider pour ça », indique-t-il à notre micro, tout en tâtant des yeux les environs (pour surement voir s’il n’est pas surveillé).

Un autre acheteur d’or venu de Labé m’interpelle de la main juste après mon entretien avec Sidibé. Il m’a pris pour un orpailleur et il pense que je ne me suis compris avec Sidibé sur le prix de l’or qu’il présume que je détiens. « Tu as de l’or ? Viens on va se comprendre », me dit-il brièvement à notre rencontre.

De Gaoual, Amadou Lama Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel : 621686148

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Interdiction de la coupe du bois en Guinée ou l’arbre qui cache la forêt

16 juin 2021 à 14 02 15 06156

Par un décret présidentiel publié récemment, le gouvernement guinéen vient à nouveau d’interdire la coupe et le transport du bois. Comme on le sait, ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise. Mais, elle a toujours fait long feu par le passé. La raison est simple, lorsqu’une décision est utopique, elle devient irréaliste et inapplicable sur le terrain.

En effet, interdire la coupe abusive du bois est une bonne chose. Interdire l’exploitation anarchique et l’exportation clandestine de nos matières premières est salutaire. Mais, en même temps, interdire la coupe pour les besoins locaux est utopique et irréaliste. Et, c’est exactement ce qui rendu ce genre de décision désuète par le passé.

Sans verser dans la xénophobie, il est évident que laisser les Asiatiques en général et Chinois et Indien particulier se livrer à une exportation abusive de nos ressources serait suicidaire. Là-dessus tout le monde est unanime, Ces pays, surpeuplés, ont des besoins insatiables. C’est aux pays africains de préserver jalousement leurs ressources. Si non des calamites naturelles seront inévitables.

Ainsi, autant l’exploitation abusive et anarchique doit être interdite autant une coupe modérée et réglementée doit être autorisée. Les ressources naturelles –ou certaines d’entre elles- constituent un droit pour les citoyens. Or ce qui se passe c’est qu’une telle mesure devient une aubaine pour les agents de sécurité. Elle leur permet tout simplement d’arrondir les fins des mois plutôt difficile.

Il est connu et reconnu dans ce pays que lorsqu’une interdiction est faite les agents ne font plus la différence entre ce qui est permis et ce qui est interdit. Il y a quelques années, un village, dépourvu d’école, a voulu construire une grâce à la contribution communautaire. Les ressortissants devaient apporter de l’argent et les résidents de la matière locale : gravier, bloc de pierre, bois..

Cette incitative coïncida à une interdiction de coupe de bois comme celle qui vient d’être prise. Quand les villageois ont voulu abattre l’arbre qui se trouvait justement à côté du chantier, les gardes forestiers leur ont dit que ce n’était pas permis. Ils furent scandalisés d’apprendre qu’ils ne peuvent pas utiliser le don que leur environnement immédiat leur a offert pour un besoin aussi important pour toute la collectivité.

En outre, avec une telle mesure, obtenir du bois pour la charpente d’un bâtiment relèvera désormais d’un véritable chemin de croix. Policiers et gendarmes vont traiter les transporteurs de cette matière comme ceux qui transportent les produits prohibés comme la drogue ou même les armes. C’est pourquoi, les autorités doivent faire la différence entre les besoins locaux et l’exportation. Les premiers doivent être autorisés. Tandis que les secondes doivent faire l’objet d’une réglementation rigoureuse afin d’éviter à notre pays des catastrophes naturelles.

Comme dit le slogan, nous n’avons pas hérité la terre de nos parents. Nous l’avons empruntée à nos enfants.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Apiculture à Kaïlondji (Télimélé) : Bocar Sylla produit jusqu’à une tonne de miel par an

15 juin 2021 à 13 01 03 06036
Bocar Sylla, apiculteur à Kaïlondji-Dando, dans la sous-préfecture de Sogolon

Âgé d’une cinquantaine d’années et environnementaliste, Bocar Sylla est un passionné de l’apiculture. Ce fils résident de Kaïlondji-Dando (un district de la sous-préfecture de Sogolon, préfecture de Télimélé) produit du miel depuis une dizaine d’années maintenant. Actuellement, il produit jusqu’à une tonne de miel par an. Il y a quelques années depuis qu’il a décidé de se passer du confort de la ville au profit des activités agropastorales au près de ses parents. Et, avec quelques pratiques élémentaires de l’apiculture en tête, il a fait des ruches qui lui permettent de récolter du miel deux fois par an. Aujourd’hui, son rêve est de former « une coopérative » avec les apiculteurs traditionnels afin de se pencher sur la mise en place d’une miellerie dans la préfecture de Télimélé.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com samedi denier, 12 juin 2021, Bocar Sylla a accepté de parler de cette activité (l’apiculture) qui le passionne tant. « je ne suis pas un spécialiste, je suis un amateur », dit-il avec modestie alors qu’il nous faisait visiter ses ‘’ruches kényanes’’ à Kaïlondji.

Décryptage !

Guineematin.com : comment êtes-vous venus à l’apiculture ?

Bocar Sylla : Je ne suis pas un spécialiste, je suis un simple amateur. J’ai eu la chance de découvrir ce modèle de ruche à partir de Boké où j’évoluais avec l’institut Jane Goodall dans le cadre de la protection des chimpanzés. A un niveau d’évolution de notre projet, il était question d’identifier des microprojets d’intérêt communautaire. Une mesure compensatrice à l’endroit des populations bénéficiaires, parce qu’à chaque fois qu’on leur demandait de ne pas tuer les chimpanzés, certains disaient que ceux-ci pillent leurs récoltes. Les blancs ont décidé de trouver une mesure alternative à ce problème. C’est ainsi qu’ils nous ont demandé d’aider les populations à trouver des microprojets et nous avons identifié ce genre de projet. Depuis, voyant  l’intérêt qui se trouve dedans, je me suis dit pourquoi ne pas expérimenter une telle idée chez moi. C’est ainsi que j’ai décidé, depuis le 1er janvier 2011, de revenir au bercail (à Kaïlondji), au près de mes parents, pour initier ce microprojet que je suis avec d’autres activités génératrices de revenu. Grâce à ça, j’assure l’éducation de mes enfants et je m’en sors grâce à Dieu.

Guineematin.com : actuellement vous avez combien de ruches et où est-ce qu’elles sont placées ?

Bocar Sylla, apiculteur à Kaïlondji-Dando, dans la sous-préfecture de Sogolon

Bocar Sylla : Actuellement, j’ai une vingtaine de ruches installées ; mais, pas toutes habitées. Cette saison, j’ai été victime d’un feu de brousse ; sinon j’avais plus d’une cinquantaine de ruches. Bon nombre sont partis en flamme. Pour parer à cela, j’ai décidé d’installer désormais mes ruches sur les roches. Cela permet de limiter les dégâts en cas de feu.

Guineematin.com : Quelle est la quantité de miel que vous récoltez par ruche et comment vous faites pour la commercialisation ?

Bocar Sylla : Ça dépend du volume de la caisse en question. Par exemple, si ces caisses sont bien chargées, je peux avoir entre 30 à 35 kilogrammes de miel. Pour la commercialisation, depuis que les gens ont su que je suis dans cette activité, beaucoup de personnes viennent vers moi pour demander est-ce que j’ai du miel. Ils disent qu’ils ont appris que je fais du miel ; mais, pas comme les autres le fond et que mon miel est de qualité. Donc, les gens viennent vers moi pour se procurer du miel qui est très propre, parce que moi je n’utilise pas le feu et l’eau dans la récolte. Je ne brûle pas mon miel. Étant environnementaliste de profession, je suis contre toute pratique qui contribuerait à la destruction de la faune sauvage qui a tant d’intérêt économique pour la population. Parfois, je peux produire jusqu’à une tonne de miel par an. Et, pour un client qui vient jusque dans mon village, je peux lui vendre le litre à 20.000 francs guinéens. Donc, moins cher par rapport aux autres.  

Guineematin.com : dans cette activité, est-ce que vous bénéficiez du soutien de la part de l’Etat ou d’une ONG ?

Bocar Sylla : pour ne pas mentir, depuis que je me suis lancé dans cette activité, je n’ai obtenu de l’appui de personne. L’année dernière par exemple, la mission européenne était venue en Guinée dans le cadre d’un projet de miellerie. J’étais avec l’ex maire de la commune urbaine de Télimélé, monsieur Bantaya, on voulait coopérer avec eux pour installer une miellerie à Télimélé. Ils sont venus jusqu’ici pour voir ce que je fais. Ils m’ont posé assez de questions et m’ont promis que quand ils reviendront en Guinée, nous allons collaborer et travailler ensemble. Ils étaient très satisfaits du résultat qu’ils ont constaté sur le terrain.

Guineematin.com : à part vous, est-ce qu’il y a d’autres apiculteurs dans la préfecture de Télimélé ? Et si oui, est-ce que vous envisagez de créer une coopérative avec eux ?

Bocar Sylla : ce n’est pas exclu et c’est mon souhait le plus ardent. Même dans mon village ici, il y a assez d’apiculteurs ; mais, traditionnels. Eux, leur façon de récolter le miel est tout à fait différente de celle que moi je pratique. Et, il n’y a pas ce que je n’ai pas fait pour leur tirer par-là. Je n’ai pas manqué à leur dire venez, même si vous ne voulez pas abandonner les anciennes pratiques, mais ayez le courage de venir auprès de moi, coopérons et peut-être avec les résultats que nous allons obtenir, c’est possible que vous puissiez abandonner l’ancienne pratique qui n’est qu’une activité destructrice de l’environnement. Un apiculteur traditionnel peut sortir toute une journée en train de courir d’un buisson à l’autre, d’une montagne à l’autre à la recherche des essaims sauvages. De fois, ils ont du mal à coucher l’arbre où se trouve l’essaim. Ils peuvent passer jusqu’à 3 heures ou 4 heures en train d’abattre un arbre et que le résultat devient négatif. De fois ils ne parviennent même pas à avoir un ou deux litres de miel. C’est pourquoi, avec les ruches que vous voyez ici, si elles sont en maturité, vous pouvez facilement avoir 30 à 40 litres de miel.   

Guineematin.com : est-ce qu’il y a un produit particulier que vous utilisez pour attirer les abeilles vers vos ruches ?

Bocar Sylla : je n’ai pas un produit spécifique pour attirer les abeilles. Mais, dans l’installation des ruches, il faut tenir compte de la période. Autrement dit, ce n’est pas à n’importe quelle période que les abeilles peuvent venir habiter une ruche. En tout cas, c’est mon constat depuis que je me suis lancé dans cette activité. Mais, cela n’empêche, à chaque fois que j’en fabrique une nouvelle ruche, pour attirer les abeilles, j’utilise son propre produit qui n’est autre que la cire ou bien le miel lui-même. Avec la cire fondue, j’utilise des bandelettes de cire au niveau des barrettes et je viens frotter ça devant le trou de vol. Sans tarder, une ou deux jours après, je viens trouver qu’il y a déjà un essaim qui est installé. Parfois, j’utilise la poudre du riz mélangée avec de la pâte d’arachide et du miel que je viens frotter devant le trou de vol. A part cela, je n’utilise rien d’autre.

Guineematin.com : vous faites combien de récoltes dans l’année et quel est votre souhait aujourd’hui à travers cette activité?

Bocar Sylla : étant un amateur, j’ai besoin d’un encadrement solide pour être beaucoup  plus performant dans cette activité qui me passionne. Je peux faire une ou deux fois de récolte par an et par ruche. Mon souhait c’est de voir cette activité devenir une activité qui va s’étendre sur toute ma sous-préfecture et pourquoi pas ma préfecture, Télimélé. Je ne vous mens pas, si on tient avec tout le sérieux cette activité, on peut être à l’abri de beaucoup de maux. Parce que c’est une activité porteuse.

Les journalistes, Bachir Sylla et Alpha Assia Baldé en compagnie de l’Apiculteur, Bocar Sylla

Interview réalisée à Kaïlondji par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Départ des orpailleurs de Gaoual : les vendeurs locaux d’aliments se plaignent de la rareté de clients

14 juin 2021 à 20 08 30 06306
Djeynabou Manet, vendeuse du riz à Gaoual

Depuis l’annonce de l’interdiction de l’exploitation des mines d’or de Gaoual, la marrée humaine d’orpailleurs qui s’était abattue ces derniers sur cette préfecture se retire progressivement. L’espoir déçu à l’Eldorado perdu, les orpailleurs attachent leurs bandoulières et se lancent sur le chemin du retour. Aujourd’hui, Gaoual se vide de sa substance humaine qui l’avait envahit et cela impacte sérieusement les activités des vendeurs locaux d’aliments divers. Ces vendeurs, dont certains qui avaient érigé sur place des gargotes pour vendre du riz, se lamentent déjà de la rareté de clients, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Gaoual.

Aussi paradoxale que cela puisse paraitre, la ruée vers l’or de Gaoual a fait le beau temps chez certains habitants de cette préfecture de la région de Boké. Les commerçants y ont largement trouvé leur compte, même si la moisson a été de courte durée. Les produits s’écoulaient facilement, la clientèle était abondante et les profits ne faisaient que grimper. Mais, depuis la fermeture des mines et le départ des orpailleurs, les commerçants, notamment ceux qui évoluent dans l’alimentation et la restauration, tirent le diable par la queue. Les clients se font rares et les chiffres d’affaires ne cessent de baisser. Plus rien n’est comme il y a une semaine. Et, Djenabou Diallo, vendeuse de riz, souffre déjà de la précarité actuelle.

« J’ai quitté Koumbia pour venir ici revendre du riz, suite à la découverte de l’or dans la préfecture de Gaoual. Je me débrouillais pas mal, je vous mens pas, je vendais très bien. Mais, les autorités disent d’arrêter le travail et chacun n’a qu’à rentrer chez lui pour le moment. Nous, on était content parce qu’on vendait bien et on gagnait de quoi nourrir nos familles. Les gens souffrent, seul Dieu sait comment on arrive à joindre les deux bouts. Je vendais un sac du riz et plus par jour. J’avais vraiment là où nourrir ma famille, mais vous avez vu que tout le monde est parti », a confié Djenabou Mané.

Venu de Dinguiraye pour vendre de la viande de bœufs à Gaoual, Mamadou Adama Bah est désemparé. Il est arrivé dans cette préfecture avec l’espoir de faire des bénéfices, mais la sitation actuelle de Gaoual risque de lui infliger des pertes. Il est entouré de viande dans son petit kiosque qui lui sert de boucherie, mais aucun client n’est pour l’instant en face de lui.

Mamadou Adama Bah, boucher

« La vente à nettement baissée, tout le monde est parti, presque. Je suis là aujourd’hui parce que j’avais déjà égorgé la chèvre là. J’ai prit du crédit pour venir ici. La dépense que j’ai effectuée, je n’ai même pas récupéré l’argent là encore ; et, on nous dit de rentrer chez nous. Aujourd’hui, quand je finis de revendre la viande qui me reste ici, je vais rentrer demain à Dinguiraye, incha Allah. On n’a pas le choix, il faut respecter la décision des autorités », dit-il avec beaucoup d’amertume qu’il tente vainement à dissimuler. 

De Gaoual, Amadou Lama Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

Tel. : 621686148

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Interdiction de la coupe et du transport du bois : les acteurs plaident pour un allègement de la décision

14 juin 2021 à 19 07 50 06506

Après démantèlement réseaux clandestins de coupe abusive et d’exportation de bois dans les préfectures de Mamou et Faranah, le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’environnement, des eaux et forêts, vient d’interdire la coupe et le transport du bois en Guinée jusqu’à nouvel ordre. Cette décision des autorités est entrée en vigueur ce lundi, 14 juin 2021, sur toute l’étendue du territoire national. Et, au niveau de la filière bois on s’alarme déjà.

Rencontrés par un reporter de Guineematin.com, les acteurs de ladite filière font mine de comprendre la motivation d’une telle mesure, mais ils plaident pour un allègement de cette décision très pénalisante.

Abdoulaye Traoré, vendeur de bois à Kountia

« C’est une décision des autorités, on ne peut pas s’y opposer. Mais, c’est la surprise avec laquelle la décision est tombée qui nous a peiné. Ce qui nous est arrivé est l’œuvre de certains de nos amis. Le gouvernement a d’une part raison. Sinon comment peut-on couper du bois ici en Guinée et aller payer les taxes sur un autre territoire ? C’est une perte pour la Guinée. Voilà aujourd’hui c’est tous les acteurs de la filière qui sont impactés par leur action. Les gens ont des commandes de bois en brousse qui peinent à leur arriver. Sinon c’est quelque chose de 20 jours seulement qui nous séparent de la date des trois mois du repos biologique, période à laquelle on fait le reboisement. Nous on se préparait pour ça en acheminant nos bois déjà coupés d’ici l’arrêt des activités. Il faut s’attendre à beaucoup de pertes chez les vendeurs. Parce que les bois coupés ne seront plus replantés ; et nous, nous ne pouvons pas en profiter. Car, quand ça reste en brousse là-bas en cette saison pluvieuse, ça sera gâté par l’eau. Donc, nous ne sommes pas contre la décision, mais si les autorités pouvaient nous faire cet allègement, ça va soulager les acteurs du bois. Sinon, le gouvernement avait autorisé la consommation locale, mais exporté, même nous, nous sommes contre. Moi personnellement j’ai mon chargement qui est présentement en route pour ici. Parce qu’ils avaient eu tous les permis de circuler avant la rentrée en vigueur du communiqué », a indiqué Abdoulaye Traoré, vendeur du bois à Kountia.

A peine que cette interdiction soit entrée en vigueur, les affaires de Abdoulaye Fofana sont déjà impactées. Un de ses chargements est actuellement bloqué à Guékédou. Et, il demande un moratoire pour leur permettre d’acheminer les bois déjà couper et ceux qui sont déjà chargés pour le transport.

Abdoulaye Fofana, vendeur de bois

« J’ai appris avec amertume ce communiqué du ministère de l’environnement, des eaux et forêts. Mais, comme c’est une décision de nos chefs, on ne peut pas outre passer. Mais, vu la situation, nous avons des doléances à leur encontre. Qu’ils (le gouvernement) aient pitié de nous en nous offrant quelques jours pour acheminer les bois déjà acheté en brousse. À l’heure où moi je vous parle, j’ai plus d’argent en brousse là-bas qu’ici. Il y a beaucoup d’argent que j’ai amené ces derniers temps dans le cadre de la coupe et le transport des bois. Si soudainement on arrête comme ça, les bois vont pourrir là-bas ; et, cela va jouer non seulement sur moi, mais aussi sur mes amis avec qui je travaille. Parce qu’ici nous travaillons en synergie. Même s’il faut nous accorder 10 jours additionnels pour permettre à ceux qui ont déjà embarqué et qui ont des laissez-passer d’arriver à destination. Parce que moi on vient de m’appeler ce matin qu’ils ont arrêté un de mes chargements à Guékédou, pourtant le chauffeur avait déjà pris tous les papiers qu’il fallait. Donc, nous les prions pour ça pour ne pas doubler la perte », a confié Abdoulaye Fofana.

Tout comme ce vendeur de bois, Lancinet Camara déplore déjà trois chargements bloqués à Dabola. Il dit avoir été surpris par cette interdiction et plaide pour allègement de la mesure.

Lancinet Camara, vendeur de bois à Conakry

« Cette interdiction est arrivée pendant qu’on était en plein préparation pour faire venir nos marchandises avant le début du repos biologique qui commence le 2 juillet. Malheureusement, cela a coïncidé au mauvais comportement de certains coupeurs du bois qui envoient les bois en Sierra Léon. Donc, finalement les autorités ont infligé une sanction commune à nous tous. Sinon, ce communiqué nous a vraiment surpris. Le gouvernement doit reculer un peu pour qu’on puisse acheminer les bois qu’on a à l’intérieur du pays. Sinon le feu de brousse ou la pluie va gâter notre marchandise. Pourtant, c’est dans ça que nous faisons vivre notre famille. J’ai trois chargements bloqués présentement à Kébéya (Dabola). Ils étaient en train de chercher les papiers pour embarquer dans le camion, mais on me dit que ce n’est plus possible », s’est plaint Lancinet Camara.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Transparence des entreprises minières : ce qui a éliminé Chalco, SAG, SMD, CDM-Chine, Rusal…

12 juin 2021 à 18 06 40 06406

L’ONG Action mines (Amines) Guinée a publié hier, vendredi 11 juin 2021, les résultats de son évaluation portant sur le niveau de transparence des entreprises minières en Guinée. La CBG se hisse en tête du classement en matière de publication de données sur son site internet, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Le gouvernement guinéen, à travers le ministère des mines et de la géologie, s’est engagé à promouvoir la transparence et la redevabilité dans la gouvernance du secteur minier. C’est dans ce cadre qu’un nouveau Code minier a été élaboré en 2011 et amendé en 2013, qui en ses articles 153 à 158, promeut la transparence et la lutte contre la corruption dans le secteur minier.

Le pays a souscrit également à l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui dans sa norme 2019, notamment l’exigence 7, encourage la divulgation des données liées à l’exploitation minière. Une façon d’aider les citoyens en général, et les communautés qui abritent les zones d’exploitation en particulier, à obtenir toutes les informations souhaitées sur les entreprises évoluant sur le territoire guinéen.

Ainsi, dans la perspective de promouvoir la transparence et de susciter un débat public sur la gouvernance des industries extractives, l’ONG Action Mines Guinée a initié une évaluation des entreprises minières en exploitation. Cela en vue de s’assurer qu’elles respectent la réglementation nationale et les bonnes pratiques internationales de transparence.

L’évaluation a porté sur la disponibilité des informations autour de quatre composantes : les informations contextuelles, le contenu local, la responsabilité sociale de l’entreprise et la lutte contre la corruption.  Selon Mamadou Oury Barry, chargé de suivi et évaluation de l’ONG Action Mines Guinée, 10 entreprises minières en phase d’exploitation ont été visées par cette évaluation, réalisée pendant la période du 25 mai au 29 juin 2020.

Mamadou Oury Barry, Chargé du suivi et évaluation d’Action Mines Guinée

« L’un des critères fondamentaux (pour être évalué) était d’avoir un site internet ou une plateforme numérique de publication des données. Sur cette base, à la date couverte par l’évaluation, seulement quatre d’entre elles, ayant un site internet, ont été prises en compte. Ce sont par ordre décroissant, la CBG, GAC, Bel-Air Mining et SMB. Les six autres entreprises minières : SAG, SMD, Chalco, CDM-Chine, Rusal Friguia et RUSAL CBK, n’avaient pas de sites internet pour leurs projets en Guinée. Elles n’ont donc pas satisfait à ce critère éliminatoire et ont été retirées de l’échantillon », a-t-il indiqué.

A l’issue de l’évaluation des quatre entreprises qui répondaient aux critères, la Compagnie Minière de Guinée (CBG) s’est classée en tête. « En termes de disponibilité des informations autour des quatre composantes qui sont : informations contextuelles, contenu local, responsabilité sociale de l’entreprise et lutte contre la corruption, la CBG totalise 67 points sur 120, soit 56%. Elle est suivie par GAC qui a un total de 61 points sur 120, soit 51%. Bel-Air Mining occupe le 3ème rang avec 56 points sur 120, soit 47%. La SMB obtient 42 points sur 120, soit 35% », a annoncé Mamadou Oury Barry. 

Après cette évaluation, l’ONG Action mines (Amines) Guinée a fait des recommandations adressées aux différentes sociétés minières en exploitation dans le pays.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel: +224622919225

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Awards de l’écologie de l’Afrique de l’Ouest : la Guinée honorée par l’activiste Tidiane Diallo

9 juin 2021 à 12 12 28 06286
Saïkou Amadou Tidiane Diallo

Saïkou Amadou Tidiane Diallo voit est récompensé pour ses efforts dans le cadre de la protection de l’environnement. L’activiste guinéen a été désigné 2ème lauréat de la première édition des Awards de l’écologie de l’Afrique de l’Ouest, qui s’est tenu à Abidjan (Côte d’Ivoire). Un motif de joie et d’encouragement pour le jeune homme, rencontré par un journaliste de Guineematin.com, ce mardi 8 juin 2021.

Lancée officiellement le 31 mars 2021, la première édition des Awards de l’écologie de l’Afrique de l’Ouest a pris fin le 5 juin dernier, à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. C’est une initiative d’un groupement d’ONG et de journalistes écologistes africains, qui réunit 10 pays d’Afrique de l’Ouest, dont la Guinée. Elle vise à encourager et à célébrer les mesures innovantes en matière d’écologie (interaction entre les êtres vivants et l’environnement), les spécialistes et les acteurs ouest-africains de l’écologie.

Sur plus de 3000 candidats répertoriés, 3 ont été retenus comme lauréats de cette édition. Parmi lesquels, figure le Guinéen Saïkou Amadou Tidiane Diallo, qui a remporté le prix du 2ème lauréat de la catégorie engagement personnel, société civile, associations et coopératives.

« Il y a eu plus de 3000 postulants issus de 10 pays d’Afrique de l’Ouest. Parmi ces 3000 et quelques candidatures, il y a eu une présélection de 266 candidatures. Et parmi ces 266 candidatures, ils ont sélectionné les 9 nominés. Il fallait décanter encore pour trouver les 3 lauréats qui devaient remporter les prix. C’est ainsi que beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest se sont retrouvés à Abidjan, dont la Guinée que j’ai représentée. Et après tout, je me suis retrouvé 2ème sur les 3 lauréats des catégories engagement personnel, société civile, associations et coopératives », a expliqué le lauréat.

Cette distinction vient réconforter et galvaniser l’activiste guinéen dans son combat pour la protection de l’environnement. « Ce trophée est le fruit de mon engagement personnel et des efforts de l’ONG ACOREC-Guinée. Nous nous sommes battus corps et âme depuis la création de cette ONG. Chacun a joué sa partition pour faire rayonner l’ONG à travers l’initiative un anniversaire, un arbre, qui a consisté à inviter chaque guinéen et chaque africain à planter un arbre à l’occasion de son anniversaire.

Donc cela a porté fruits, puisqu’il y a plus de 3000 arbres plantés à travers ce challenge durant les 3 ans d’activité de notre ONG. Il y a eu également plusieurs autres activités qu’on a menées en plus de mon engagement personnel dans la lutte contre le réchauffement climatique et en faveur de la protection de l’environnement. C’est tout cela qui a prévalu à ce trophée. Donc c’est vraiment encourageant et on va continuer le combat pour le bonheur de l’humanité », promet Saïkou Amadou Tidiane Diallo.

Pour lui, ce genre de récompense doit motiver davantage la jeunesse guinéenne et l’amener à se battre pour changer l’image négative qui lui est souvent collée. « Je dois dire que c’est grosse fierté de faire occuper la Guinée cette place sur le plan international. Il y a certains qui se demandaient si c’est un Guinéen qui a occupé cette place, parce qu’ils ont une perception négative de la jeunesse guinéenne. Certains pensent que cette jeunesse n’est capable de faire quelque chose de positif pour l’humanité. Alors qu’il suffit de se donner à fond pour pouvoir apporter sa part de contribution.

Donc je voudrais dire à tous les jeunes guinéens de beaucoup travailler et de bien travailler dans n’importe quel où ils évoluent. D’essayer de se perfectionner chaque jour, même si la perfection n’appartient qu’à Dieu, en posant des actes qui peuvent servir aux communautés de la Guinée, de l’Afrique et même du monde entier. A l’Etat, je lui demande de bien vouloir accompagner les jeunes et toutes les organisations dans leurs domaines d’intervention, en particulier la lutte contre le réchauffement climatique et la protection de l’environnement, en leur facilitant l’intervention sur le terrain », a lancé l’activiste de la société civile.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tel: +224622919225

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Conakry : l’ONG Natural Justice célèbre la journée mondiale de l’environnement

6 juin 2021 à 19 07 00 06006

L’ONG Natural Justice, en partenariat avec les étudiants en Master droit de l’environnement, mines, développement durable de l’université de Sonfonia, a organisé une Conférence débat ce samedi, 05 juin 2021, autour du thème « Restaurer les écosystèmes, c’est lutter contre les changements climatique ». Cette conférence, organisée en marge de la célébration de la journée mondiale de l’environnement, a réuni des gouvernants, des enseignants-chercheurs et des étudiants pour discuter des enjeux et perspectives de l’écosystème guinéen, rapporte Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est Dr Alpha Abdoulaye Diallo, le doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Sonfonia, qui a procédé au lancement officiellement de cette conférence débat. Et, dans une brève allocution, il s’est réjouit de cette initiative qui permet de ramener le débat à l’université afin de permettre une réflexion approfondie sur l’environnement dans un contexte de changement climatique mondiale.

Dr Alpha Abdoulaye Diallo, Doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Sonfonia

« C’est un mot que je vais placer au nom de la faculté des sciences juridiques et politiques d’une part et au nom de monsieur le Recteur de l’université qui est empêché d’autre part. Pour ce qui est de la faculté, je remercie infiniment le directeur du Master Droit de l’environnement et droit des mines qui ne ménage aucun effort pour que ce master-là puisse se tenir debout et servir non seulement la Guinée, mais l’humanité tout entière. Et, je remercie tous ceux qui collaborent avec lui pour faire marcher ce Master. Et, les étudiants du master je les encourage fortement. C’est un grand plaisir pour la faculté de voir ces genres de Master qui est à la mode pour notre université. Sur ce, au nom de Monsieur le Recteur qui est empêché, je déclare ce panel ouvert », a-t-il dit.

Cette conférence qui intervient au moment où l’humanité célèbre la journée mondiale de l’environnement est pour ‘’Natural Justice’’ une opportunité d’interpeller, sensibiliser et conscientiser les guinéens sur les conséquences de la dégradation de l’environnement. En tant que défenseur de l’environnement, cette ONG travaille déjà pour susciter plus d’actions écologiques positives au niveau national afin d’attirer l’attention du public sur les problèmes environnementaux.

Saa Pascal Tinguiano, Programme Manager de l’ONG Natural Justice pour la Guinée

« Nous avons initié cette journée qui est d’ailleurs une journée mondiale de l’environnement il faut le rappeler. La Guinée étant un pays stratégique en Afrique de façon générale et en Afrique de l’ouest de façon particulière. Il est un devoir pour nous ONG, dont le nom est déjà évocateur, Natural Justice, d’organiser un tel événement. Non seulement avec des étudiants mais aussi avec d’auteurs acteurs impliqués dans des questions de restauration de l’environnement. Avec  une moyenne de 14 cours d’eau internationaux, la Guinée est un pays stratégique en termes de diplomatie de l’eau. L’industrie ministère fait partie également des premières industries polluantes de dégradation de l’environnement. Donc, c’est une opportunité que nous saisissons pour faire passer le message et pour conscientiser un peu non seulement le peuple de Guinée, mais surtout les communautés à la base qui d’ailleurs, subissent les conséquences de la dégradation de l’environnement, » a expliqué Saa Pascal Tinguiano, programme manager de l’ONG Natural Justice.

Venu prendre part à cette conférence débat au nom du ministère de l’environnement des Eaux et forêts, Dr Seydou Bari Sidibé, le secrétaire général du département de l’environnement a invité tout le monde à s’impliquer et s’investir pour une bonne protection de l’environnement.

Dr Seydou Bari Sidibé, secrétaire général, ministère de l’environnement des Eaux et forêts

« Pour le département de l’environnement, cette Conférence signifie tout simplement que le ministère de l’environnement est assez impliqué dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’environnement pour rappeler, pour interpeller, pour informer et sensibiliser l’ensemble des populations et surtout la jeunesse, parce nous sommes au niveau de l’université. Il est important que le ministère de l’environnement s’implique surtout avec la jeunesse pour faire cette interpellation à l’élargissement pour une meilleure protection, une meilleure conservation et une meilleure gestion durable. Il est important que la Guinée se saisisse de ce thème de restauration pour faire en sorte que les zones dégradées au niveau des grands cours d’eaux internationaux qui prennent leur source en Guinée, pour que ces grands barrages hydroélectriques aient longue vie », a indiqué Dr Seydou Bari Sidibé.

Présente à cette rencontre d’échange et de partage d’expérience, Djénaba Kanté, auditrice au Master mines développement durable, s’est réjoui de la qualité des débats qui ont ponctué cette conférence.

Djénaba Kanté, auditrice au Master mines développement durable

« Ce que j’ai retenu concernant cette conférence, c’est que tout ce qu’il faut faire concernant l’environnement, c’est-à-dire des pénalités par rapport à la pollution de l’environnement ont été abordés. Et c’est un problème auquel la Guinée est confronté depuis belle lurette. Donc, ce point a été largement expliqué par les spécialistes et ça m’a beaucoup situé. Je suis satisfaite. Donc, j’invite tout un chacun à s’y mettre concernant l’environnement par rapport aux entrepreneurs extractifs en Guinée, » a-t-elle conclu.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Trafic illicite de bois vers la Sierra Léone : d’importants dépôts découverts encore à Mamou

5 juin 2021 à 8 08 24 06246

A la faveur d’une patrouille conduit un informateur, quatre agents du corps des conservateurs de la nature à Mamou ont mis main mercredi dernier, 02 juin 2021, sur d’importants dépôts de bois à Ouré-Kaba, une sous-préfecture située à plus de 60 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Mamou, à la frontière entre la Guinée et la Sierra Léone. La patrouille a découvert au moins six dépôts comportant plus de 3000 ‘’bois de vène’’ dans les secteurs et districts visités. Ces bois auraient été entachés dans ces dépôts en attente d’être exportés vers la Sierra Léone. Aucun propriétaire de ces dépôts n’a trouvé sur place, mais les populations locales accusent les autorités de Ouré-Kaba pleinement empêtrées dans la coupe abusive et le trafic illicite de bois dans cette sous-préfecture, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Ouré-Kaba.

Cette découverte de dépôts de bois à Ouré-Kaba fait suite au démantèlement d’importants réseaux de trafic de bois à Farenta, un secteur de la sous-préfecture de Soyah, dans la préfecture de Mamou. Mais, c’est surtout la détermination de certains fils de Ouré-Kaba a mettre fin à la coupe effrénée de bois dans leur localité qui a payé.

Mercredi dernier, en compagnie de quatre conservateurs de la nature, Abdoulaye Camara empreinte la forêt pour aller à la chasse des dépôts de bois. Ce citoyen de Ouré-Kaba était décidé à prouver, après avoir été passé pour un menteur par les autorités de Mamou (pour avoir alerté sur la coupe abusive du bois et l’exportation de cette importante ressource vers la Sierra Léone), des trafiquants de bois sont en train de décimer la forêts qui se trouve à la frontière avec la Sierra Léone. Le trajet mène l’équipe de patrouille dans le district de Bemdougou où elle découvre un dépôt d’environ 1000 bois de vène dans le secteur Bembeyah.

Egalement, dans d’autres localités comme Kolimon, Soumbarrayah et Yomayah (toutes situées à la frontière avec la Sierra Léone) d’importants dépôts de bois ont été découverts par l’équipe conduite par Abdoulaye Camara. La mission a duré de 9 heures à 20 heures, mais elle a été fructueuse. Car, cette longue et épuisante randonnée en forêt, qui a permis de braver le soleil et d’affronter des routes quasiment impraticables, s’est soldée par la découverte de plus de 3000 bois entreposés dans différents dépôts. Et, Abdoulaye Camara ne cache pas sa joie après avoir été tourné en bourrique par les autorités de Mamou.

« Le 23 mars dernier, j’avais écrit aux ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, de l’environnement et celui de la justice pour les informer de ce trafic qui a duré des années chez nous ici à Ouré-Kaba. 9 jours après, j’ai écrit à la présidence pour donner les même infos, parce que les 3 ministres n’ont pas réagit. Dès que la présidence a reçu une copie de ma lettre, elle a réagit en dépêchant une mission sur les lieux (à Ouré-Kaba). La mission de Conakry, conduite par le directeur national des eaux et forêts, le colonel Layali Camara, s’est fait accompagnée par le préfet de Mamou, Mory Diallo. Mais, ce jour là, quand la mission est venue, elle s’est limitée à Farenta (dans la sous-préfecture de Soyah). Et, le reporter de la RTG qui était avec eux a fait un reportage en précisant qu’il n’y a aucun trafic, ni coupe de bois ici à Ouré-Kaba. Une chose qui a touché ma dignité. Car, moi je sais bel et bien qu’il y a trafic et coupe abusif de bois dans notre sous-préfecture Ourekaba. Mais, malgré ce reportage sur la télévision nationale, le président Alpha Condé n’était pas d’accord du constat. Bref, c’est ainsi que j’ai été recontacté par la personne du colonel Layali pour venir montrer les différents dépôts et sauver mon image et mon honneur. Arrivé à Mamou, comme j’étais avec mon ami journaliste (un reporter de Guineematin.com), ils nous ont fait accompagner par 4 soldats qui nous ont cortégé durant la mission. Heureusement pour moi, on a trouvé plus de 6 dépôts de bois de vène entre Bemdougou et Ourékaba-Centre. Et, dans tous les dépôts, il y avait des centaines de madriers, puisqu’ils (les trafiquants de bois) ont tout transporté vers la Sierra-Leone. À bemdougou, environs 1000 bois de vène ont été saisis. Immédiatement, j’ai informé colonel Layali qui était en partance pour Faranah. Lui-même a fait une escale à Bemdougou où il a vu la réalité (le dépôt de bois). Il m’a félicité en disant que j’avais raison », a indiqué Abdoulaye Camara au terme de cette mission.

Seulement, au cours de la patouille, aucun propriétaire des différents dépôts n’a été arrêté. Apparemment, ces dépôts n’étaient pas gardés ou les propriétaires ont surement pris la poudre d’escampette avant l’arrivée de la mission. Mais, à Katri, les sages ont désigné clairement les autorités de Ouré-Kaba comme étant les responsables de ce trafic. Le doyen Ousmane Camara, deuxième conseiller des sages de Katri, assure que beaucoup de chefs secteur sont pleinement impliqués cette activité illicite. Mais, ce vieil homme accuse le chef de district de Yomayah, Lamine Camara, d’être à la tête du trafic du bois.

« Cette affaire de bois nous dépasse nous les fils qui refusons de se lancé dans la coupe de bois. Elle a même divisée notre localité en deux groupes. Il y a le groupe qui détruit nos forêts et celui qui veut à tout prix sauver nos forêts. Mais, il se trouve que les personnes dans le trafic sont plus fort que nous les sauveurs, parce qu’eux ils ont quelque chose à donner partout où il y a blocus dans le trafic. Sinon, on s’était une fois entendu de ne plus couper le bois dans nos forêts. Mais, notre chef de district de Yomayah-Centre, maître Lamine Camara, a négocié avec des inconnus à Mamou et les chefs secteurs pour continuer à détruire ces forêts naturelles. Parce que lui il gagne des millions dans ça. C’est lui-même qui est le chef de la mafia. Même si on l’interpelle, il donne le paquet d’argent ; et, une fois ici au village, il se tape la poitrine en disant qu’il va faire ce qu’il veut dans ce village. Depuis l’an 2000 il est chef de district, mais il ne fait rien de concret sauf gâté seulement. Les autres chefs secteurs comme Amadou Mansaré de Katri, Sékou Mansaré de Soubaraya, Mamadou Camara de Bembaya, Fodé Sanoh de Koloumo et celui de Yomayah, Moussa Camara, sont bien dans le trafic de bois avec la complicité des agents du PA de la frontière entre la Guinée et la Sierra-Leone. Mais, c’est maître Lamine Camara qui commande », a expliqué le doyen Ousmane Camara.

A Mamou, les autorités administratives, bien que imprégnées de cette présente découverts de dépôts de bois, ne veulent pas se prononcer sur la question. En tout cas, le préfet Mory Diallo, que Guineematin.com a rencontré au terme de cette mission de patrouille, s’est abstenu de tout commentaire.

Cependant, au parquet du tribunal de première instance de Mamou, on promet de sanctionner sévèrement toute personne qui sera pris dans cette affaire de coupe et trafic illicite de bois. Déjà, six suspects se trouvent actuellement dans le collimateur de la justice.

« Toutes les personnes reconnues responsables ou complices dans cette affaire écoperont de sanctions et feront l’objet de poursuite judiciaires comme le souhaite le Chef de l’État. Déjà, une mission d’évaluation est mise sur pieds pour assurer le transport des bois… La loi dit que la peine peut aller jusqu’à 5 ans ; et, le juge d’instruction est en train de faire son travail. Donc, la lumière sera faite sur tout ce qui s’est passé. Ça ne va pas être seulement les six qui sont interpellés, si d’autres personnes sont aussi impliquées dans la commission de ces infractions, elles vont comparaître devant les juridictions », a rassuré le procureur Sidiki Camara.

A noter qu’à Katri, l’informateur Abdoulaye Camara et le reporter de Guineematin.com qui accompagnait la mission de patrouille ont échappé de justesse à un lynchage. Ils ont été agressés par des jeunes armés de machettes et de gourdins qui ont voulu les tuer. C’est l’intervention rapide des agents de la patrouille qui leur a permis de sortir indemne de cette affreuse situation.

De retour de Ouré-Kaba (Mamou), Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tel : 628516951

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Labé : l’UICN lance les actions de restauration et de conservation du site Ramsar Gambie-Oundou-Liti

3 juin 2021 à 13 01 25 06256

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a procédé au lancement officiel de l’activité de mise en œuvre des actions de restauration et de conservation du site Ramsar Gambie-Oundou-Liti, dans le massif du Fouta Djallon. La cérémonie a eu lieu le mardi, 1er juin 2021, dans la ville de Labé, en présence des autorités régionales et des représentants des communautés concernées. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’environnement, prévue le 5 juin prochain, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Labé.

La Guinée compte actuellement 16 sites Ramsar. Des écosystèmes particuliers qui revêtent une importance capitale pour l’humanité et la conservation de la biodiversité. En effet, ils créent des produits et moyens d’existence durable pour l’humanité, épurent et filtrent les substances dangereuses dans les eaux polluées et constituent des amortisseurs de choc de la nature. Mais le constat que ces sites subissent actuellement d’énormes pressions et menaces d’origine anthropique ou naturelle qui affectent gravement les ressources naturelles qu’ils recèlent.

Parmi ces menaces, figurent les pratiques agricole et d’élevage extensives traditionnelles, qui occasionnent des dégradations et des pertes d’habitats pour les espèces et le braconnage qui contribue à la raréfaction des ressources fauniques. C’est partant de ce constat que l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), à travers le projet PREE (Partenariat Régional sur l’Eau et l’Environnement en Afrique centrale et occidentale), a décidé de mener des actions concrètes de protection et de restauration de ces écosystèmes dégradés.

Pour cette année, ce sont les sites Ramsar Gambie-Oundou-Liti (situé entre les préfectures de Koubia et de Mali, dans la région de Labé) et Ramsar Tinkisso (situé entre les préfectures de Dabola, Dinguiraye et Kouroussa) qui sont concernées par ces actions. L’étape de Labé a démarré ce mardi 1er juin 2021, à travers une cérémonie qui a mobilisé l’ensemble des acteurs concernés. Une occasion mise à profit par Richard Labilé Sagno, le représentant de l’UICN en Guinée, pour expliquer l’origine de cette initiative et annoncer les activités à réaliser sur le terrain.

Richard Labilé Sagno, représentant de l’UICN en Guinée

« L’UICN est un organisme international qui a beaucoup d’expertise en matière environnementale, qui est représenté dans 54 pays. Et cette année, la Guinée a bénéficié d’une représentation physique au sein de cette institution. Et les Nations Unies ont initié une action au niveau global pour que cette année, on puisse coordonner un peu la célébration de la journée mondiale de l’environnement. Et pour cela, nous allons mener des activités sur le terrain dans le but de restaurer les écosystèmes. Ces activités se feront sur le site Ramsar Tinkisso et le site Ramsar Gambie-Oundou-Liti », a-t-il indiqué.

Parlant de ce dernier site qui se trouve dans la région de Labé, il a annoncé que « nous allons élaborer un plan de gestion qui nous permettra de planifier ce que nous allons faire dans 5 ans, qui prend en compte les priorités de chaque couche. Mais aussi, nous allons faire des actions de reboisement. Avec la communauté, nous allons identifier des sites qui sont vulnérables pour reboiser ces zones afin de favoriser l’équilibre des écosystèmes. A Kona également, dans la préfecture de Tougué, nous avons deux grosses activités à réaliser. Il s’agit de l’aménagement d’un périmètre irrigué de 4 hectares équipé d’énergie solaire », a dit Richard Labilé Sagno.

A côté de ces activités de restauration et de protection des écosystèmes, le projet prévoit aussi un appui aux femmes qui évoluent dans l’exploitation du Néré et du Karité. « Malheureusement, les femmes qui sont dans le circuit ne connaissent pas le système du marché. Et nous, dans ce sens, nous allons accompagner ces femmes pour les former dans ce qu’on appelle la méthode ADM (Analyse et Développement des Marchés) accompagnée par des outils qu’on va mettre à leur disposition pour améliorer leurs conditions de vie et leurs revenus », a ajouté le représentant de l’UICN en Guinée.

Le ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts a été représenté à cette cérémonie par le directeur général de l’Office Guinéen des Parcs et Réserves (OGUIPAR). Mamady Saiba Keïta a exprimé la satisfaction du département par rapport au lancement de ces actions qui vont durer cinq jours, et qui visent à assurer la restauration et la conservation du site Ramsar Gambie-Oundou-Liti.

« Ces cinq jours sont d’une importance capitale pour le gouvernement du Pr Alpha Condé et particulièrement le ministère de l’Environnement des Eaux et Forêts. La restauration de l’écosystème des zones humides s’inscrit parmi les priorités de la stratégie environnementale de notre pays, afin de contribuer à l’effort de la communauté internationale dans la conservation de la nature. Je remercie l’UICN pour son accompagnement au gouvernement guinéen pour lui permettre d’honorer ses engagements internationaux en matière de gouvernance de l’environnement et des ressources en eau », a dit M. Keïta.

A noter que le projet PREE (Partenariat Régional sur l’Eau et l’Environnement en Afrique centrale et occidentale) de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) est financé par l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI). Il est mis en œuvre en collaboration avec l’Office Guinéen des Parcs et Réserves (OGUIPAR).

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Coupe abusive de bois, confection de briques aux bords des cours d’eau à Pita : l’environnement menacé à Timbi Madina

28 mai 2021 à 9 09 32 05325

Située à près de 400 kilomètres de Conakry (dans la préfecture de Pita, en Moyenne Guinée), la sous-préfecture de Timbi Madina est une zone agro-pastorale. Plus de 70% de la production nationale de la pomme de terre provient de cette localité, arrosée par de nombreux cours d’eau. Mais, ces derniers temps, ces cours d’eau sont fortement menacés. A cause de la coupe abusive du bois et la confection des briques cuites sur place, le niveau d’eau a considérablement baissé dans ces cours, a appris un reporter de Guineematin.com qui a été contacté par des habitants de Timbi.

Sur place, les populations sont inquiètes. Certains citoyens sont en train d’envahir les abords des cours pour faire des jardins, du charbon de bois ou pour confectionner des briques. Et, cela se fait dans une destruction du couvert végétal et une coupe abusive du bois tout au long des cours d’eau. Les conséquences de cette agression sur l’environnement commencent à se faire sentir puisque les marigots et rivières tarissent petit à petit.

« Ils sont venus couper les arbres autour de la rivière de Tolinwol pour aménager des jardins. A l’heure là, c’est la plus grande rivière Fottorewol qui est visée par la coupe abusive des bois. Ils sont en train de faire le charbon de bois et cuire les briques aux alentours de cette rivière. Chaque fois, ça se répète, on n’a pas encore trouvé de solution, parce que les autorités locales n’ont rien dit, alors que l’eau ne fait que baisser au niveau de ces cours d’eau. Nous demandons aux autorités de faire face à cette situation pour mettre fin à cette menace », a dénoncé un citoyen qui a contacté Guineematin.com sous le couvert d’anonymat.

Mais, selon les autorités de la commune rurale de Timbi Madina, la menace qui pesait sur la rivière ‘’Telinwol’’ a été déjouée. Toutefois, le maire, Mamadou Dian Diallo indique qu’il n’était pas informé des menaces qui pèsent actuellement sur la rivière ‘’Fottorewol’’.

« A Tolinwol, il y a de cela deux mois, quelqu’un avait voulu mettre un jardin ; mais, on l’a empêché et on a sensibilisé les gens pour que cela ne se répète plus. Pour le cas de Fottorewol, je dirais que ça, c’est impossible. Parce que c’est Fottoré qui ravitaille tout Timbi Madina en eau. Si cela s’est passé à Fottoré, je n’étais pas au courant », a dit le Mamadou Dian Diallo.

Concernant ceux qui confectionnent les briques le long des cours d’eau, le maire de la commune rurale de Timbi Madina est formel : « On ne peut pas arracher quelque chose à quelqu’un sans lui trouver une autre activité », martèle l’élu local.

A la lumière de ce propos, on peut dire sans risque de se tromper que les confectionneurs de briques ont un blanc-seing pour saigner à blanc l’environnement au niveau des cours d’eau de la commune rurale de Timbi Madina. Et cela, même si le maire, Mamadou Dian Diallo, tente de faire de la gymnastique verbale pour justifier le silence coupable de l’autorité communale.

« On a pris des mesures pour que ces gens là respectent au moins 30 mètres. C’est à des endroits très distancés qu’ils sont en train de faire ça.  Pour l’interdire définitivement, il faudra leur donner quelque chose à faire. On ne peut pas interdire entièrement la confection des briques, parce que plus de 80% de la population utilise les briques cuites. Donc, nous sommes en train de réfléchir pour décourager ces gens-là, parce qu’on a le souci de bien faire pour que l’environnement soit respectée », a dit le maire, Mamadou Dian Diallo.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 58 95 27 / 664 41 32 27

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Coupe illicite de bois à Faranah : 5 cadres locaux de l’environnement suspendus, plusieurs suspects assignés en justice

28 mai 2021 à 8 08 53 05535

C’est une décision qui était attendue depuis la découverte, ces dernières semaines, d’un vaste réseau de coupe illicite et de transport de bois à Faranah. Des cadres locaux de l’environnement viennent d’être suspendus de leurs fonctions et plusieurs autres personnes suspectées d’appartenir aux réseaux mafieux qui déciment les forêts dans la préfecture de Faranah ont été assignées en justice. L’information a été donnée hier, jeudi 27 mai 2021, par l’inspecteur régional des eaux et forêts de Faranah, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans le Sankaran.

Selon nos informations, parmi les cadres de l’environnement épinglés dans cette affaire, il y a les chefs des cantonnements forestiers des sous-préfectures de Maréla, Sandéniya et Songoyah. La décision de leur suspension serait venue du ministère de l’environnement, des eaux et forêts.

Adjudant chef Mory Fodé Diané, inspecteur régional des eaux et forêts de Faranah

« Il y a des cadres qui ont été sanctionnés dans les deux préfectures (Mamou et Faranah) qui ont fait réellement théâtre de ce mouvement de bois. Pour le moment c’est une suspension. À Faranah ici, cinq personnes ont été sanctionnées. Deux personnes au niveau de la préfecture et trois personnes au niveau des cantonnements Forestiers Maréla, Sandéniya et Songoyah. Les chefs de cantonnement forestier de ces sous-préfectures ont été sanctionnés. La décision de sanction que nous avons reçue n’est pas écrite, mais il va falloir s’approcher des spécialistes en la matière par rapport à la sanction au niveau de la fonction publique et quel est le délai », a confié l’Adjudant chef Mory Fodé Diané, l’inspecteur régional des eaux et forêts de Faranah.

A en croire notre source, la présente sanction infligée à ces cadres locaux de l’environnement à Faranah fait suite à la récente découverte et au démantèlement de réseaux de trafiquants de bois à Faranah par une mission de la direction nationale de l’environnement, des eaux et forêts.

« L’objectif de cette mission nationale, c’était de venir vérifier une information qui a été donnée par la plus haute autorité du pays qui a été informée de la coupe illicite et transport de bois à Faranah. À l’issue de cette information, son excellence Monsieur le ministre d’État, ministre de l’Environnement des eaux et forêts a dépêché une mission nationale conduite par le directeur national des eaux et forêts pour vérifier réellement cette information. Dans un premier temps, nous avons reçu la mission le 25 avril 2021. Après les vérifications, nous n’avons pas pu réellement obtenir une preuve palpable faisant allusion à cette coupe illicite et transfert de bois vers la Sierra-Leone. La mission était obligée de se retourner. Mais, cette même information (coupe illicite et transport de bois) a persisté. Et, Monsieur le ministre d’État a pris cette fois-ci des décisions pour approfondir les enquêtes. Et nous avons approfondi les enquêtes en faisant des patrouilles inopinées continuent dans les sous-préfectures frontalières de la préfecture de Faranah avec la Sierra-Leone. C’est ainsi qu’une équipe de patrouille a pu mettre main sur trois camions précisément à Lolin dans la sous-préfecture de Maréla, en partance vers la Sierra-Leone. Les présumés coupables ont été auditionnés par une équipe de police judiciaire qui est au sein de l’inspection et nous les avons déféré devant le tribunal de première instance de Faranah. Au jour d’aujourd’hui ils sont au nombre de 6 personnes. C’est une décision de la hiérarchie » a indiqué l’Adjudant chef Mory Fodé Diané.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224620241513/660272707

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Eaux usées dans les rues de Conakry : « elles ont des impacts négatifs sur la santé publique »

11 mai 2021 à 6 06 12 05125
Dr Ibrahima Sory Traoré, ingénieur biomédical et chef service de la maintenance au CHU de Donka

A Conakry, voir des eaux usées couler dans la rue est devenu normal. Car cette situation est visible tous les jours dans tous les quartiers de la capitale guinéenne. Pourtant, ce phénomène représente un véritable danger pour la santé publique et même pour l’environnement. C’est en tout cas l’alerte donnée par Dr Ibrahima Sory Traoré, le président de l’ONIB-Guinée (l’Organisation Nationale des Ingénieurs Biomédicaux de Guinée), également Chef Service Maintenance au CHU Donka. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce spécialiste de la question a expliqué les risques liés aux eaux usées et la nécessité de mettre en place des systèmes de traitement de ces eaux.

Décryptage !

Guineematin.com : à longueur de journée, nous voyons des eaux usées couler dans les quartiers de Conakry. Un phénomène qui, selon les spécialistes, peut avoir de graves conséquences tant sur le plan sanitaire que celui environnemental. Parlez-nous des dangers liés à cette situation.

Dr Ibrahima Sory Traoré : d’abord, je précise que les eaux usées sont des eaux polluées par la manipulation humaine. On a trois grands types d’eaux usées. Il par exemple les eaux que nous utilisons dans les toilettes sous toutes les formes. Il y a les eaux usées en provenance des industries qui sont les plus difficiles à traiter parce que produites par les industriels. Vous avez par exemple les eaux qui découlent des traitements de bauxite, de l’or, des usines de fabrication de ciment. Toutes les entreprises de ce genre produisent des eaux usées et qui sont d’ailleurs très difficiles à traiter. Il y a aussi les eaux usées pluviales ou de ruissellement. Ce sont les trois grandes catégories d’eaux usées.  

Naturellement, ces eaux usées dans toutes leurs catégories, ont des impacts négatifs sur la santé publique. Parce que les personnes non protégées en contact avec ces eaux ont tous les risques de contracter des maladies de toutes sortes. Telles que les maladies infectieuses, dermatologiques, diarrhéiques, le paludisme. Donc il y a beaucoup des maladies qu’on ne peut toutes citer ici, qui sont liées aux eaux usées. Les eaux usées qui sont déversées dans les rivières, fleuves, dans les mers et océans ont aussi des conséquences négatives sur les populations animales aquatiques.

Certaines espèces aquatiques qui ne peuvent pas supporter la pollution quittent les zones polluées par les eaux usées et migrent vers d’autres zones très lointaines. Et en pareils cas, si c’est dans nos eaux territoriales, nous perdons en ressources. Des fois même, certaines espèces peuvent quitter un pays vers un autre. Ça, c’est les conséquences directes du non traitement des eaux usées. L’autre conséquence, c’est la mort de certaines espèces aquatiques, s’il y a la présence de produits chimiques dans les eaux usées qui se déversent dans la mer.

Guineematin.com : comment peut-on traiter ces eaux usées pour éviter les conséquences néfastes que vous venez d’énumérer ?

Dr Ibrahima Sory Traoré : le traitement des eaux usées se fait par plusieurs méthodes. Mais il y a certaines méthodes qui sont le plus  souvent respectées. Les eaux usées qui coulent dans nos caniveaux doivent être récupérées et traitées. D’abord en ce qui concerne les caniveaux d’évacuation, il faut les faire avec un plan de lotissement bien bâti avant que les eaux qui couleront dedans ne soient déversées dans les rivières, les fleuves, les mers et les océans. Avant le déversement de ces eaux, il faut mettre en place une centrale de dépistage grossière. Après les centrales de dépistage, il y a des stations pompage.

Après les stations de pompage, il y a des pompages précis avec des filtres et des réservoirs de sable aérés qui permettent de retenir ici les grosses molécules, et les déchets là sont enfouis. Ça, c’est la façon la plus simple. Derrière ce système, il y a une centrale de traitement qu’il faut installer. Et, elle doit être au niveau de toutes les structures de grande concentration humaine. Ce sont les structures notamment sanitaires, scolaires, hôtelières et toutes zones de forte concentration tels que les marchés, les grandes usines. Toutes ces structures doivent avoir chacune sa centrale de traitement d’eaux usées avant qu’elles ne soient conduites à la centrale communale ou préfectorale de traitement (…).

Ces eaux usées déversées dans la mer en provenance des toilettes, de la vaisselle et des usines sont des eaux mélangées avec celle de la mer que les sociétés de traitement prennent et traitent pour la consommation domestique et plus loin pour la distribution et la commercialisation. Ce sont donc ces eaux traitées que nous consommons et réutilisons pour satisfaire nos besoins. Vous voyez combien de fois ce sujet d’eaux usées doit être compris par les pouvoirs publics ? Donc c’est vraiment intéressant parce que c’est un problème de santé publique. Il faut qu’il y ait des systèmes de traitement d’eaux usées qui répondent aux normes internationales pour éviter de tuer les ressources halieutiques en cas de déversement dans la mer de produits inappropriés. 

Guineematin.com : quels sont les avantages liés à la mise en place de ces systèmes de traitement des eaux usées ?

Dr Ibrahima Sory Traoré : l’utilisation planifiée des eaux usées traitées et partiellement traitées pour les services d’écosystèmes peut améliorer l’efficacité de la ressource et fournir des avantages aux écosystèmes en réduisant les prélèvements d’eau douce, en recyclant et réutilisant des nutriments, en permettant aux pêches et autres écosystèmes aquatiques de prospérer grâce à la réduction de la pollution hydrique, et en rechargeant les aquifères épuisés.

La récupération de sous-produits utiles

Le vaste potentiel des eaux usées en tant que source de ressources, tel que dans l’énergie et les nutriments, peut être exploité. L’énergie peut être récupérée sous la forme de biogaz, de production de chauffage/refroidissement et d’électricité. Il existe des technologies pour la récupération d’énergie in situ, à travers des processus de traitement des boues/biosolides intégrés dans les usines de traitement des eaux usées, leur permettant, en tant que grands consommateurs d’énergie, d’effectuer une transition vers la neutralité énergétique, voire même de devenir des producteurs nets d’énergie.

La récupération énergétique peut également aider les sites à réduire leurs coûts d’exploitation et leur empreinte carbone, et leur permettre d’augmenter leurs revenus grâce au marché du carbone… Il y a également des opportunités pour la récupération combinée d’énergie et de nutriments. La récupération d’énergie hors-site implique l’incinération de boues dans des usines centralisées par le biais de processus de traitement thermal. Le développement de technologies pour la récupération d’azote et de phosphore à partir des eaux usées ou des boues d’épuration avance.

La récupération de phosphore grâce à des installations de traitement in situ, telles que les fosses septiques et les latrines, peut être faisable du point de vue technique et financier en transformant les boues des fosses septiques en engrais organique ou organo-minéral. La collecte des urines et leur utilisation est important dans la gestion des eaux usées, étant donné qu’elles contiennent 88% de l’azote et 66% du phosphore que l’on trouve dans les déchets humains, composants essentiel pour la croissance végétale.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel: 62291922

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Albadariah (Kissidougou) : l’école primaire Mandou-Télikoro fermée pour manque d’enseignants

10 mai 2021 à 19 07 08 05085

Depuis l’ouverture des classes au compte de l’année scolaire 2020-2021, l’école primaire Mandou-Télikoro dans la sous-préfecture de ‘’Albadariah’’ (une localité située à 55 kilomètre du chef-lieu de la préfecture de Kissidougou) est fermée. Et, pour cause, cet établissement scolaire est dépourvu d’enseignant pour dispenser les cours aux 200 élèves qui y sont inscrits. Visiblement, aucun enseignant n’a accepté d’aller dans cette école de 6 classes, depuis l’année dernière. Les habitants de cette localité, soucieux de l’avenir de leurs enfants, appellent les autorités en charge de l’éducation à prendre des mesures pour l’année prochaine afin que cette école rouvre ses portes, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la région de la Haute Guinée.

On s’achemine vers une année blanche dans le district de Télikoro où l’école primaire Mandou-Télikoro peine à ouvrir encore ses portes depuis décembre dernier. Cette école, créée en 2001 grâce aux efforts des ressortissants de Telikoro, compte 200 élèves. Et, ces élèves sont abandonnés à eux-mêmes depuis l’ouverture des classes.

Fodé Mara, patriarche de Télikoro

« On a beaucoup d’élèves, mais on n’a pas d’enseignements. Avant on avait trois enseignants en 2001, cela fait 20 ans aujourd’hui. Il y a un qui est parti ; et, deux sont restés, ensuite les deux sont partis. L’année dernière le gouvernement nous a envoyés un enseignant, il est tombé malade, puis est décédé. On a attiré l’attention du directeur sous-préfectoral de l’éducation (DSSE), il nous a demandé de chercher un contractuel communautaire. On a pris un contractuel que nous payons à 300.000 GNF par mois. Après trois mois de service, il est parti cherché sa famille ; et, il n’est plus jamais revenu », a expliqué Fodé Mara, le patriarche de Télikoro.

De son côté, le président du district de Telikoro, Ousmane Mara, demande au gouvernement de leur aider à trouver des enseignants pour assurer la scolarité de leurs enfants.

Ousmane Mara, président du district de Télikoro

« Ce qu’on veut, c’est que quand on construit une école, le gouvernement doit accepter d’envoyer les enseignants. Lorsqu’un enseignant quitte, l’Etat doit lui trouver un remplaçant. Lorsque vous avez une école de deux bâtiments et qu’il n’y a pas d’enseignants, cela nous fatigue. Le gouvernement doit nous aider pour trouver des enseignants qui ne sont pas des contractuels communautaires, sinon les élèves et les parents d’élèves vont démissionner. Parce qu’on est fatigué de payer de l’argent aux enseignants contractuels communautaires », a dit Ousmane Mara.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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Pollution de l’environnement : l’ONG ACOREC alerte sur les menaces qui pèsent sur la rivière de Kakimbo

10 mai 2021 à 19 07 00 05005

Victime d’une forte pollution, la rivière de Kakimbo (en banlieue de Conakry) est aujourd’hui sérieusement menacée de disparition. C’est ce qui ressort d’un constat effectué sur le terrain le vendredi 7 mai 2021 par l’ONG ACOREC avec les autorités concernées par cette situation. L’initiative vise à amener les décideurs à prendre des mesures fortes pouvant sauver cette rivière, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est en compagnie de représentants de la mairie de Ratoma et du gouvernement guinéen (à travers le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement) que les responsables de l’ONG « Agissons Contre le Réchauffement Climatique » (ACOREC) ont effectué une visite dans la forêt classée de Kakimbo. L’objectif était de constater l’état de la rivière qui se trouve sur les lieux, abandonnée à la merci d’eaux usées et de déchets de tous genres en provenance des quartiers environnants. Une façon pour l’ONG, dirigée par Abdoulaye  Gonkou Bah, d’attirer l’attention des autorités sur cette situation préoccupante.

Abdoulaye Gonkou Bah, secrétaire exécutif  d’ACOREC (Agissons Contre le Réchauffement  Climatique)

« Nous sommes sur le site de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, suite à un constat de pollution de l’eau de la rivière de Kakimbo. Cette rivière se trouve dans la forêt de Kakimbo qui est une forêt historique et qui qui avait en son sein 71 têtes de sources, parmi lesquelles il ne reste que 5 à 6 aujourd’hui. Et, ces têtes de sources sont aujourd’hui polluées. C’est la raison pour laquelle nous sommes là aujourd’hui avec les responsables de la commune de Ratoma en charge de l’assainissement et d’autres du département de l’Hydraulique et de l’Assainissement.

L’objectif de cette visite de terrain est d’abord de tâter le terrain, puis interpeller les autorités afin de trouver avec tous les acteurs concernés par ce phénomène les solutions qu’il faut. Ici, le constat est qu’il y a de l’eau sale qui coule des quartiers et d’une origine que nous ignorons et se jette dans la rivière. En plus de ça, il y a des déchets de tous genres qui sont aussi déversés au niveau de cette rivière. Donc c’est un devoir pour nous en tant qu’ONG chargée de la protection de l’environnement de venir voir ça, alerter et agir dans le sens de lutter contre la pollution avec tous les acteurs concernés », a dit le secrétaire exécutif de l’ONG ACOREC.

En plus des eaux sales et des déchets qui envahissent cette rivière, l’organisation de la société civile est préoccupée aussi par la disparition progressive de la forêt de Kakimbo. C’est pourquoi, elle a initié le concept : un anniversaire un arbre pour encourager le reboisement.

Saikou Amadou Diallo, formateur de l’ONG ACOREC (Agissons Contre le Réchauffement Climatique)

« Nous avons  constaté que la jeunesse est animée par la coupure des gâteaux d’anniversaire. On prend des gâteaux luxueux et on va dans des lieux luxueux pour les couper. Et le lendemain, il n’y a aucune utilité pour la société. 

Donc nous nous sommes dit de penser à l’importance de l’arbre qui filtre 28kg de la pression atmosphérique, qui refroidit l’air comme 19 climatiseurs qui fonctionnent en même temps, qui est un abri pour les oiseaux, qui donne l’oxygène que nous respirons et absorbe le gaz carbonique que nous expirons. C’est cet arbre-là qui favorise la pluviométrie et qui nous procure des fruits. Il intervient également dans le cadre de la protection de la biodiversité, parce qu’on dit que la disparition d’une espèce végétale peut entraîner la disparition de 30 espèces animales. Et ce concept un anniversaire un arbre est parti là », a indiqué Saïkou Amadou Diallo, un autre responsable de l’ONG ACOREC.

Cellou Diallo, conseiller communal de Ratoma et président de la commission environnement et développement durable

Au terme de cette visite dans la forêt de Kakimbo, le représentant de la commune de Ratoma a promis de rendre aux responsables de la mairie pour que des dispositions soient prises par rapport à la pollution qui menace cette rivière. « De ce constat, nous allons  faire le compte-rendu à monsieur le maire et nous allons également mettre en branle le service qui s’occupe des eaux et forêts pour rechercher d’où vient cette eau sale et les déchets qui polluent la rivière de Kakimbo. De 2018 à nos jours, nous sommes en train de travailler avec cette ONG qui est en train de faire un travail remarquable pour le reboisement de cette forêt.

Mais aujourd’hui, le plus gros défi, c’est la sécurisation de ce petit espace qui reste de cette forêt. Pour cela, nous à la mairie, nous allons nous organiser pour alerter les autorités du haut niveau, peut-être tout le gouvernement pour qu’on puisse protéger cette forêt ainsi que toutes les autres qui se trouvent  dans notre commune. Je voudrais également dire à cette occasion, qu’il faut que les citoyens se rendent compte que les déchets qui sont jetés dans la rivière peuvent retourner souvent dans nos assiettes. L’eau polluée jetée dans la mer peut aussi retourner dans nos assiettes », a dit Mamadou Cellou Diallo, président de la commission environnement et développement durable à la mairie de Ratoma.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tél. : 622919225

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Prolifération des forages à Conakry : « ça peut avoir de graves conséquences »

9 mai 2021 à 12 12 02 05025

Bangaly Dioumessy, directeur national des pollutions, nuisances et réchauffements climatiques au ministère de l’environnement

La multiplication des forages dans une zone peut avoir de graves conséquences environnementales. L’alerte a été donnée par Bangaly Dioumessy, le directeur national des pollutions, nuisances et changements climatiques au ministère de l’Environnement, des Eaux et Forêts. Il l’a dit dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, le mercredi 28 avril 2021.

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