Débat sur un 3ème mandat pour Alpha Condé : « avec une nouvelle Constitution, il sera à son premier mandat »

21 mars 2019 à 17 05 28 03283

Ce n’était un secret pour personne. Alhoussény Makanéra Kaké est bien favorable à un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Il a réitéré sa position en conférence de presse ce jeudi, 21 mars 2019, à Conakry. Pour cela, le président du FND souhaite l’élaboration d’une nouvelle Constitution, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

La Constitution actuelle sur laquelle Alpha Condé a prêté serment lors de sa prise de pouvoir et qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, n’est pas l’émanation du Peuple. C’est l’un des arguments d’Alhoussény Makanéra Kaké pour justifier sa position favorable à une modification constitutionnelle. « La Constitution de 2010 a consacré le poste de Premier ministre, mais est-ce que notre Premier ministre est un chef de gouvernement comme la Constitution l’a dit ? Il ne peut nommer ni révoquer, ça pose une question fondamentale.

S’il y a des gens qui sont pour cette Constitution, il faut qu’ils sachent qu’il y a d’autres guinéens qui veulent d’une nouvelle Constitution. Lorsque nous prenons cette Constitution, aucun juriste ne peut nous convaincre que cette Constitution a été établie d’une manière démocratique. Il y a trois manières d’établir une Constitution : soit la manière autoritaire, soit semi-autoritaire ou démocratique. Dans l’élaboration démocratique d’une Constitution, on commence d’abord par élire l’Assemblée constituante.

C’est le peuple qui lui confère ce droit de rédiger une Constitution. Lorsqu’elle est rédigée, cette Constitution est soumise au même peuple pour l’adopter. Ni l’un, ni l’autre cas n’ont été respectés avec la Constitution de 2010. Ce qui par contre, ne peut nullement pas nous amener à dire que cette Constitution est démocratique », soutient l’ancien ministre de la communication.

Il poursuit son argumentaire en relevant des insuffisances dans la Constitution actuelle. « Aujourd’hui, notre Premier ministre n’est pas chef de gouvernement. C’est écrit mais il ne peut révoquer, ni nommer, donc il n’est pas chef de gouvernement. Deuxième aspect, l’équilibre du pouvoir : lorsque vous prenez la loi des finances par exemple. Si vous prenez l’article 76 de notre Constitution, il dit que si la loi des finances n’est pas adoptée par l’Assemblée nationale, le président peut prendre un décret pour mettre en vigueur cette loi de finance », a fait remarquer Makanéra Kaké.

C’est pour corriger toutes ces « insuffisances », indique le président du parti FND, qu’il souhaite l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Toute chose qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un nouveau mandat. D’où la division des Guinéens sur la question. « Notre volonté, ce n’est pas l’alternance seulement, nous voulons l’alternative. J’ai entendu les gens dire troisième mandat, je suis contre parce que je suis républicain. Troisième mandat, la Constitution s’y oppose, ce n’est même pas les leaders.

Je suis pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Si cette nouvelle Constitution est élaborée, si Alpha Condé est candidat, il sera à son premier mandat avec la nouvelle Constitution. Si demain le peuple de Guinée adopte par voie de référendum une nouvelle Constitution qui lui permet d’être candidat, nous, nous allons l’obliger, même s’il ne veut pas », a lancé Alhoussény Makanéra Kaké.

Il souligne à ce sujet que tous les leaders politiques qui s’opposent à un troisième mandat pour Alpha Condé, ont tous été Premier ministre de Lansana Conté pendant que ce dernier était à son troisième mandat à la tête de la Guinée.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com
Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Energie : Alpha Condé et le PDG de la SFI visitent les sites de Souapiti et Kaléta

21 mars 2019 à 9 09 49 03493

Le président Alpha Condé et le PDG de la Société Financière Internationale (SFI) ont effectué une visite de terrain sur le site de construction du barrage hydroélectrique de Souapiti et à Kaléta, hier mercredi 20 mars 2019. Ils ont été accueillis sur le terrain par le ministre de l’énergie et de l’hydraulique, du préfet de Dubréka, les autorités locales et les travailleurs du projet, rapporte Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

C’est aux environs de 13 heures que le chef de l’Etat est arrivé sur place en compagnie de son hôte, Philippe Le Houérou, le PDG de la Société Financière Internationale (SFI). La première étape de la visite a été le site de Souapiti où des travaux gigantesques sont en train d’être menés par des ouvriers guinéens et des expatriés chinois. Sur le chantier, le président Alpha Condé et son hôte de la SFI ont eu droit à des explications sur les caractéristiques du barrage de Souapiti.

Interrogé par les journalistes, le directeur du projet Souapiti, Amara Camara s’est dit satisfait de voir le chef de l’Etat et le PDG de la SFI venir s’enquérir de l’état d’avancement des travaux sur le terrain. « La visite que nous venons de recevoir nous réjouit à plus d’un titre. Dans la même veine, le PDG de la SFI a tenu à voir ce qui s’apparente aujourd’hui à un miracle dans le domaine de l’énergie », a-t-il dit. Selon Amara Camara, Kaléta et Souapiti constituent « une école » surtout quand au sait d’où vient la Guinée en matière d’énergie.

S’exprimant sur l’état d’avancement des travaux, le directeur de Souapiti s’est dit satisfait du niveau déjà atteint. « Aujourd’hui, nous avons une marge libre sur le planning. Les travaux se déroulent avec une satisfaction totale. Si je vous dis les paramètres, c’est-à-dire l’altitude que le barrage devrait atteindre en septembre 2019, aujourd’hui, au mois de mars, cette altitude a été dépassée », a-t-il annoncé.

A en croire Amara Camara, il y a environs 4 mille ouvriers qui travaillent à Souapiti dont la puissance est estimée à 450 MW. « Kaléta a été conçu en tenant compte du futur Souapiti. C’est un barrage au fil de l’eau, donc un barrage qui n’a pas de retenue. Par contre, Souapiti est un barrage qui va posséder une retenue de 6 milliards 300 milles m3.

C’est une quantité d’eau qui permettra au barrage de fonctionner dans les normes et aussi réguler les eaux de Kaléta. Donc, Souapiti va servir de réserve à Kaléta et le problème d’étiage ne pourra plus se poser. Et cela va commencer dès le mois de septembre 2019 avant même la fin des travaux du barrage de Souapiti », rassure-t-il.

Quant au PDG de la SFI, Philippe Le Houérou, il a expliqué l’importance de l’énergie pour le développement économique d’un pays. « Il n’y a pas de développement sans énergie. Je suis là avec le Président de la République pour voir l’état d’avancement des travaux. Mais, ça ne suffira pas, on veut encore continuer à développer le domaine de l’électricité et passer au solaire. Ça va réduire le coût de l’énergie et augmenter la capacité de production pour le pays », dit le premier responsable de la SFI.

Après le chantier de Souapiti, le cortège présidentiel a mis cap sur le barrage de Kaléta où Alpha Condé a échangé avec les responsables de ladite centrale sur le mode de fonctionnement du barrage surtout en cette période d’étiage.

Il faut rappeler que c’est le 04 septembre 2018 que la Guinée a signé l’accord formel d’un prêt de 1,4 milliards de dollars américain avec la banque chinoise Exim Bank pour la construction du barrage hydroélectrique de Souapiti.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Tribunal de Commerce : Alpha Condé conseille les juges « d’être indépendants vis-à-vis de l’argent »

20 mars 2019 à 21 09 20 03203

Le président Alpha Condé, en compagnie du président directeur général de la Société Financière Internationale (SFI) a inauguré ce mercredi, 20 mars 2019, le Tribunal de Commerce de Conakry. La mise en place de ce tribunal vise à « assurer une sécurité juridique et judiciaire en vue de faciliter l’activité des entreprises, d’améliorer la fourniture de ce service public aux investisseurs, de rassurer les investisseurs quant à la transparence et l’équité dont ils bénéficieront dans la conduite de leurs affaires en Guinée », a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son discours, Pierre Lamah, président du Tribunal de Commerce de Conakry, a commencé par rappeler que ce tribunal a été créé par la loi numéro 33 du 4 juillet 2017 modifiant certaines dispositions de la loi portant organisation du pouvoir judiciaire en République de Guinée et promulgué par décret le 10 septembre 2017.

« La présente réforme judiciaire voulue par les plus hautes autorités de notre pays a pour objectif, de garantir la sécurité judiciaire aux investisseurs tant nationaux qu’internationaux à travers une justice spécialisée dans le traitement des litiges commerciaux, une justice professionnelle compétente, rapide et crédible pour restaurer la confiance des femmes et des hommes d’affaires, et pour favoriser le développement et la pérennisation des entreprises qui sont sources de richesse et pourvoyeuse d’emplois », a-t- il expliqué.

De son côté, Philippe Le Houerou, président directeur général de la Société Financière Internationale (SFI) a salué ce nouveau partenariat qui vient de se nouer entre son institution et la Guinée. « On a beaucoup d’espoir du côté de la SFI pour ce partenariat que je veux un partenariat stratégique. Souvent, on dit que la SFI, c’est des financiers. Oui, on finance le secteur privé en général sans garantie de l’Etat.

Mais, on veut plus que ça… Pour moi, la mise en place de ce tribunal de commerce est vraiment un symbole qui vient directement de l’infrastructure physique à l’infrastructure intellectuelle. Donc aujourd’hui, on ouvre le tribunal du commerce, ça ne s’est pas fait tout seul, rien ne se fait tout seul dans la vie », a laissé entende le PDG de la SFI.

Le ministre Cheick Sako et le président Alpha Condé

Le ministre d’Etat, ministre de la Justice, de son côté, a annoncé la mission assignée au tribunal de Commerce. « La mise en place de ce tribunal vise justement à assurer une prise en charge cohérente, efficace et diligente des litiges économiques. Dans la même dynamique, pour la composition de ce tribunal, la voie de la mixité a été empruntée.

C’est-à-dire la coexistence des magistrats professionnels et des juges consulaires élus afin de garantir la connaissance des règles de fond et des procédures, mais aussi la perception des pour chaque affaire, de sa dimension économique », a expliqué maître Cheick Sako.

Pour sa part, le président Alpha Condé a dit qu’il est important que la Guinée se dote d’un Tribunal de Commerce. « Parce que, quand nous avons commencé à travailler avec la SFI pour les financements, j’ai dit comment vous voulez-vous qu’on vous accompagne, vous n’avez pas de tribunal de commerce ? Donc, c’était un défi que la SFI nous a lancé pour pouvoir nous accompagner.

Je remercie donc monsieur Philippe qui nous a non seulement lancé le défi, mais aussi de nous avoir accompagné. La justice est un grand problème en Guinée. Nous avons fait les états généraux de la justice en 2011 pour voir ce qui ne va pas et faire les réformes. Evidemment, l’indépendance de la justice est contenue dans la Constitution.

Ça, c’est la séparation du pouvoir judiciaire à l’égard de l’exécutif. Mais, ce qui n’est pas dans la Constitution, c’est l’indépendance de la justice à l’égard des justiciables. Il ne suffit pas que la justice soit indépendance à l’égard de l’exécutif, faudrait-il qu’elle soit indépendante aussi à l’égard de l’argent », a conseillé le président de la République.

Enfin, le professeur Alpha Condé a dit que tous les moyens ont été créés pour que les juges soient indépendants, notamment à travers la création du Conseil Supérieur de la Magistrature et la création d’un statut particulier de la magistrature. Ainsi, il a invité les membres de ce tribunal à faire correctement leur boulot.

« C’est bien de créer le tribunal, mais faudrait-il que les juges soient corrects, c’est-à-dire qu’ils soient indépendant de l’argent. Mais, il ne faudrait pas qu’ils rendent la justice, faudrait-il que les décisions de justice soient appliquées », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Recrutement dans l’armée : des anciennes recrues interpellent le président Alpha Condé

20 mars 2019 à 19 07 25 03253

Le recrutement annoncé dans l’armée guinéenne continue de faire parler de lui. Des recrues, formées en 2009 à Kaliya, dans la préfecture de Forécariah, mais non engagés dans l’armée, sont en colère. A travers une conférence de presse animée à N’Zérékoré, ce mercredi 20 mars 2019, ces recrues ont attiré l’attention des autorités sur leur situation, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Depuis l’annonce du recrutement dans les rangs des forces armées guinéennes, lancée le 1er février 2019 par le ministère en charge de la Défense, les anciennes recrues du centre de formation et de recyclage des forces armées de Kissidougou, font parler d’elles à travers des déclarations et des démonstrations de force.

À N’Zérékoré, de très nombreux jeunes, qui ont suivi la formation militaire sous le régime de la junte militaire dirigée par le Capitaine Dadis, aujourd’hui abandonnés, ont dit leur frustration ce mercredi. A travers une conférence de presse, ces gens veulent attirer l’attention du chef de l’État sur leur situation.

Selon leur porte-parole, le soldat deuxième classe, Soropogui Pierre, « nous avons été recrutés en 2009 par le capitaine Moussa Dadis Camara et on a suivi la formation à Kaliya. Après la formation, ils nous ont repartis en 4 groupes. Le premier groupe est allé à Falléssadé, un est parti à Kindia, l’autre à Kankan et nous, on nous a envoyés à Kissidougou.

Et quand nous sommes venus, ils nous ont soumis à un test qu’on a fait. On était au nombre de 1669. Ils ont éliminé 303 et nous autres qui sommes restés, on a dit qu’on est apte à poursuivre la formation. On est resté, on a suivi la formation jusqu’à finir. On était maintenant à l’attente de nos matricules ».

Malheureusement, précise le soldat deuxième classe, Soropogui Pierre, les choses ne vont pas se passer comme prévues. « Le directeur du centre de formation et de recyclage des forces armées est venu d’une mission à Conakry, pour nous dire que le chef de l’État a mis croix sur notre affaire, sans nous donner des explications.

Directement, un de nos amis, qui avait une poignée de riz dans sa main, a piqué une crise, il est mort surplace. Sur ça, on a décidé d’organiser une grève pour attirer l’attention des autorités sur notre situation. Mais, notre mouvement a été diabolisé. Et ça n’a pas abouti. On a été chassé du centre », a-t-il expliqué.

Pour le soldat deuxième classe, Soropogui Pierre, former un groupe de jeunes militaires et les mettre à l’abandon est un danger. « Aujourd’hui, c’est un danger pour le peuple de Guinée, parce qu’un militaire bien formé et laissé à l’abandon est un danger. Nous, on a nos contacts, on s’appelle. On est 1669 soldats. Mais, on n’a pas une idée de faire du mal à quelqu’un. Mais, comme c’est comme ça, on est là. On n’a pas autre chose à faire, mais l’avenir nous le dira », a dit le soldat.

Pour finir, le porte-parole des recrues lance un appel au président de la République. « C’est une doléance que nous demandons au président de la République de nous aider à ce qu’on soit intégré dans l’armée. Au lieu de reprendre à zéro le recrutement, il devrait commencer par nous, parce que, imaginez deux ans de formation. On a été formé, premièrement par les blancs, et deuxièmement, par les formateurs guinéens. Et Kissidougou est l’un des meilleurs centres de formation et de recyclage de la Guinée. Tous les officiers passent par-là ».

Il reste à savoir si les doléances exprimées par les recrues de Kissidougou seront prises en compte par les autorités.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel: (00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Mauvaise organisation du Hajj en Guinée : Alpha Condé dénonce des « combines, malversations et copinage »

19 mars 2019 à 16 04 58 03583

Le président Alpha Condé a procédé ce mardi, 19 mars 2019, au lancement officiel des journées nationales de concertation sur le Hajj. Organisé au Palais du peuple de Conakry, l’événement a regroupé des imams venus des quatre régions du pays, des membres du gouvernement, des ambassadeurs et des responsables du secrétariat général des affaires religieuses.

Durant deux jours, les participants vont échanger sur les stratégies à prendre pour permettre aux fidèles musulmans guinéens de passer un bon pèlerinage à la Mecque, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

En ouvrant les travaux, le président de la République a dénoncé vigoureusement la mauvaise organisation du Hajj par les autorités religieuses guinéennes. Une mauvaise organisation qui a causé d’énormes problèmes aux pèlerins guinéens ces dernières années. « On doit se parler franchement pour qu’on se dise la vérité.

Les pèlerins guinéens sont ceux qui souffrent le plus au pèlerinage. Il y a trop de combines, de malversations et de copinage. On va à la Mecque, c’est pour une obligation religieuse pour le musulman. Mais il y a des conditions aussi. D’abord on va à la Mecque quand on a les moyens.

Donc, on doit se poser la question : qui doit organiser le pèlerinage ? Dans beaucoup de pays il y a une agence, est-ce que c’est le secrétariat qui doit organiser ou une agence ? Il faut qu’on regarde ce qui se passe au Sénégal, au Mali, dans les autres pays.

Il y a deux grands scandales : le premier scandale c’est les gens qui viennent de l’intérieur du pays, ils restent couchés là-bas à attendre. Donc la première solution c’est de résoudre cette question-là. On a discuté avec l’ambassadeur de l’Arabie Saoudite qui a eu la gentillesse de nous aider pour cela », a-t-il dit.

Le chef de l’Etat ajoute que les autorités guinéennes sont en train de mettre en place une structure pour que les candidats au pèlerinage soient enregistrés dans les chefs-lieux des régions. « C’est-à-dire, les gens de la région forestière viendront à N’Zérékoré, ceux de Kankan à Kankan, ceux de Faranah à Faranah, ceux de Labé à Labé, ceux de Mamou à Mamou etc…

Aujourd’hui, nous avons des nouvelles technologies qu’on va utiliser, donc le ministre Diaby va expliquer comment ça va se faire. Ça, c’est pour mettre fin au scandale, que des gens viennent se coucher ici à Conakry pendant des jours et des jour », a annoncé Alpha Condé.

L’autre problème, dit-il, c’est qu’on ne fait pas de bilan. « Les agences de voyage qui envoient les gens chaque année doivent faire le bilan : qui a bien travaillé, qui n’a pas bien travaillé ? Celles qui n’ont pas bien travaillé on les élimine. Mais, on ne fait pas ça ».

Après avoir dénoncé les manquements constatés dans l’organisation du Hajj, le professeur Alpha Condé a annoncé ce qu’il attend de cette rencontre. « J’ai dit au ministre que je veux un débat ouvert comme l’a fait le président de la République. Que ça soit une conférence bouche ouverte, pour permettre à tous les gens qui ont des remarques pour qu’ils puissent parler librement de ce qui ne va pas. Moi j’ai reçu beaucoup de notes de la part des sans voix, même le choix de l’opérateur qui doit envoyer les gens, on dit que c’est des combines.

On ne va pas à la Mecque pour le faire le commerce, on va à la Mecque pour remplir son devoir religieux, pas pour faire le commerce. Tout le monde doit travailler dans la transparence que ça soit les ministres mais aussi les imams, pour les intérêts de l’Etat. Il y a trop de combines au niveau de l’organisation.

Par exemple, quand le gouvernement veut envoyer 200 personnes, on se retrouve avec 300 personnes. Chacun vient au nom de quelqu’un, après maintenant on se trouve dépassé. Tout ça ne sera plus possible », a averti le chef de l’Etat.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com
Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Avertissement à Alpha Condé : « le 3ème mandat est une peau de banane, vous marchez dessus, c’est votre fin »

18 mars 2019 à 14 02 29 03293

La question d’un éventuel 3ème mandat pour le président Alpha Condé préoccupe tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. A l’occasion de son assemblée générale tenue hier dimanche, 17 mars 2019, la coordination préfectorale de l’Union des Forces Républicaines (UFR) de Siguiri a mis en garde l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah contre toute tentative de modifier la Constitution à son profit, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

L’assemblée générale hebdomadaire de la coordination préfectorale de l’UFR de Siguiri a essentiellement tourné autour d’un éventuel 3ème mandat pour le président Alpha Condé. La rencontre politique, présidée le coordinateur du parti à Siguiri, Baba Fofana, a été mise à profit pour dissuader les supporters de cette idée.

Visiblement remonté contre les promoteurs du 3ème mandat, monsieur Fofana a qualifié cette utopie de peau de banane qui pourrait faire tomber le régime. « La question du 3ème mandat, quand j’écoute les gens crier pour un troisième mandat, j’ai pitié du président. Ce sont les mêmes personnes qui ont dit ici Conté Koudaï. Après, ils ont chargé le général comme étant la cause du retard de la Guinée.

Quand le capitaine Dadis est venu, c’est le même slogan. Après le départ de Dadis, ils ont dit que Dieu a sauvé la Guinée si non, ça allait gâter le pays. Ils se lèvent aujourd’hui pour demander un troisième mandat pour Alpha Condé. Alpha, c’est une peau de banane, quand vous marchez dessus, c’est votre fin. C’est un projet suicidaire pour vous et votre régime », a mis en garde Baba Fofana.

En outre, le coordinateur de l’UFR à Siguiri conseille au président Alpha Condé de chercher à sortir par la grande porte. « La démocratie guinéenne est une démocratie jeune. Il faut l’entretenir pour la nouvelle génération. Il (Alpha Condé, ndlr) est venu au dans des conditions que nous connaissons tous. Alors, il doit accepter de sortir par la grande porte pour permettre à la démocratie guinéenne d’évoluer. Il a dit qu’il sera le Nelson Mandela de la Guinée, il doit lire l’histoire de Mandela », suggère monsieur Fofana.

Pour ce qui est de Siguiri, Baba Fofana dit que les promoteurs du 3ème mandat sont attendus de pied ferme. « Nous attendons les promoteurs à Siguiri. Les autres contre-manifestants n’ont rien fait. S’ils tentent de lancer un mouvement à Siguiri, ce sera la fin du régime », a-t-il martelé.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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Guinée : le RPG encourage les démolitions des habitations à Kaporo Rails et Kipé2

16 mars 2019 à 17 05 44 03443

L’initiative du régime Alpha Condé qui consiste à chasser les populations de Kaporo Rails et Kipé2 (à Conakry) et de démolir leurs maisons a largement été commentée à l’assemblée générale hebdomadaire du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, ce samedi, 16 mars 2019. A tour de rôle, les responsables du parti d’Alpha Condé ont clamé leur soutien au gouvernement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Contrairement à l’opposition qui a vigoureusement dénoncé le déguerpissement des habitants de Kaporo Rails et de Kipé 2, la mouvance présidentielle, elle, approuve et salue même la démarche du gouvernement guinéen.

Bangaly Camara

C’est l’ancien maire de Kankan, Bangaly Camara, qui s’est exprimé en premier sur le sujet au cours de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel, ce samedi, 16 mars 2019. « L’Etat est une continuité, ce problème dont il s’agit a été créé depuis 1989 par un décret du président Lansana Conté. C’est à cette occasion qu’on a parlé de la route Le Prince. La route le Prince n’était pas comme ça. C’est après ça que la route Le Prince a été créée et la zone de Kaporo Rails a été retenue pour les zones ministérielles. En ce moment, il n’y avait pas RPG, il n’y avait pas UFDG. Mais, aujourd’hui, on est en train de renverser les choses, cacher la vérité et faire prévaloir les humeurs. C’est très grave quand je vois des intellectuels, des cadres qui sont appelés à rendre service à leur pays, de façon loyale, qui sont en train de déranger, de dérouter. Kaporo Rails, c’est une zone qui a été réservée depuis 1989, il n’y avait pas de concessions là-bas, il n’y avait pas d’étages. Si aujourd’hui, il y a étage, il y a maison, il y a tout, c’est parce que les gens n’ont pas respecté la loi. Or, Alpha Condé est un homme de loi, de principes. Quand je prends les gens qui disent c’est parce que ce sont les militants de l’UFDG qui sont là-bas, ça c’est quoi ? Est-ce que c’est honnête ? Ceux qui disent que c’est pour des raisons politiques, qu’ils se détrompent. Ce n’est pas ça, c’est pour donner une visibilité à notre capitale », a dit Bangaly Camara, ancien maire de Kankan.

Saloum Cissé

Abondant dans le même sens, l’honorable Saloum Cissé, secrétaire général par intérim du RPG Arc-en-ciel et premier vice-président de l’Assemblée nationale, a laissé entendre que « d’ici jusqu’à Coyah, il y a un plan cadastral. Si quelqu’un veut construire, il n’a qu’à se donner la peine de venir à Coléah, il y a un service spécialisé dans ça pour constituer les documents de base. Et là, il sera rassuré de savoir quels sont les domaines de l’Etat qui sont disponibles ou des zones qui sont à réserver. Mais très souvent, quand les gens viennent que ça soit de l’intérieur ou de l’extérieur, souvent on les trompe pour leur donner des terrains. Donc, il faut éviter cela. Il n’y a pas une seule ethnie là-bas, moi j’ai la famille d’un de mes amis qui est là-bas. Il y a toutes les ethnies. Cessez de réfléchir en malinké, cessez de réfléchir en peulh, en soussou, en forestier, réfléchissez en pur guinéen. Ce pays est un acquis commun », a lancé Saloum Cissé, vice-président de l’Assemblée nationale.

Hady Barry

Emboîtant les pas de ses prédécesseurs, Hady Barry, secrétaire général du ministère de la Coopération et de l’Intégration africaine, a tiré à boulets rouges sur certains opposants, qu’il accuse de communautariser le débat politique. « Tout leader politique qui cherchera à instrumentaliser une ethnie pour accéder au pouvoir, ne sera jamais au pouvoir en République de Guinée. Lorsqu’on est leader politique, on doit voir grand, on doit voir la Guinée dans sa diversité. Ceux qui parlent, je pense que ce sont eux qui ont gouverné la Guinée pendant des années. Aujourd’hui, un habitant de Ratoma qui veut se rendre à Kaloum pour travailler, il passe combien d’heures ? Moi je passe le matin 3 heures 45 minutes pour arriver au travail et le soir je passe 3 heures pour rentrer. Ça fait 6 heures et ça c’est le quotidien de tous les Guinéens. Est-ce qu’il n’est pas nécessaire aujourd’hui de construire un endroit où les Guinéens pourront satisfaire leurs besoins avec moins de problème ? Tout leader raciste qui cherchera à utiliser l’ethnocentrisme pour arriver au pouvoir, n’arrivera jamais au pouvoir, retenez cela. Ce qu’on attend des leaders politiques, c’est de parler au nom de la Guinée. S’il y a des problèmes, ils posent les problèmes correctement et trouvent des solutions. Mais, en instrumentalisant les uns contre les autres, je ne vois pas comment tu pourras régler les problèmes de toute la Guinée, comment tu pourras avoir le suffrage des Guinéens pour accéder au pouvoir un jour. Alors qu’on fasse très attention nous politiciens. On a longtemps trompé le peuple de Guinée en l’opposant pour des intérêts particuliers. Mais il arrivera un moment où tout raciste ne pourra jamais accéder au pouvoir en Guinée. A bon entendeur salut ! ».

A noter cette assemblée générale du RPG Arc-en-ciel a été marquée aussi par l’adhésion de 250 jeunes présentés comme étant des anciens militants de l’UFDG qui ont rejoint le parti au pouvoir. Ils sont regroupés au sein d’une structure dénommée « Mouvement Alpha reste ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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3ème mandat pour Alpha Condé ? « ce sera une erreur monumentale », avertit Kabèlè Camara

15 mars 2019 à 12 12 24 03243

La question du 3ème mandat est aujourd’hui sur toutes les lèvres en Guinée. Même si le principal concerné, le professeur Alpha Condé, ne s’est pas encore ouvertement prononcé sur la question, mais il y a des signes qui trompent pas. D’ici là, des voix s’élèvent pour clouer au pilori les agitateurs et autres promoteurs d’une modification de la Constitution en faveur de l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah.

Parmi les nombreux adversaires de cette idée, figure maître Abdoul Kabèlè Camara, président du parti Rassemblement Guinéen pour le Développement (RGD). Dans une interview accordée à un reporter de Guineematin.com, maître Kabèlè a dit tout le mal qu’il pense de cette question.

Guineematin.com : vous multipliez les rencontres avec les acteurs politiques guinéens. Après Cellou Dalein et Sidya Touré, on vous a vu avec Dr Faya Millimouno. Quel est l’objectif de ces rencontres ?

Abdoul Kabèlè Camara : le Rassemblement Guinéen pour le Développement (RGD) a élaboré un calendrier de visite à l’intention de tous les partis politiques, progressistes, patriotes, qui sont en train de se battre pour la consolidation des acquis démocratiques ; mais surtout pour l’alternance démocratique en Guinée, en un mot, pour la consolidation et la préservation de notre Constitution.

Le RGD se fait le devoir de rendre visite à tous les partis politiques, sans exclusion, et leur adresser ce message de large coalition de l’ensemble des partis politiques, non pas pour se dresser contre un parti ou un homme ; mais simplement, dans l’intérêt exclusif et supérieur de notre pays et de nos braves populations qui ont besoin de paix, de justice, de sécurité et qui ont besoin de sortir de la pauvreté. Ces rencontres s’inscrivent dans ce sens. Qu’est-ce qui est essentiel pour nous aujourd’hui en Guinée ?

Quelque soit nos sensibilités politiques, nous devons nous lever tous pour mener une action commune : celle de la préservation de notre Constitution. Il ne faut pas y toucher, il ne faut pas tenter de violer la Constitution, notamment les dispositions des articles 27 et 154. La Constitution, émanation de l’œuvre du CNT, qu’elle soit bonne ou mauvaise, est une Constitution qui nous a permis de gérer notre nation pendant presque bientôt 10 ans, depuis l’arrivée du président en exercice.

Donc, si cette Constitution était considérée comme mauvaise, dès 2011, on aurait dû lancer le processus de changement. Maintenant, il y a tout un programme qui attend les guinéens. Les élections législatives ne sont pas organisées, le mandat des députés a expiré. D’ailleurs, on s’est amusé à faire proroger ce mandat de façon illimitée parce qu’aucune date précise n’a été fixée pour la fin de cette prorogation. Les élections présidentielles sont à nos portes.

D’ici un an et demi, on doit organiser ces élections, c’est la fin du mandat du Président de la République. Devons-nous rester les bras croisés et regarder faire ? Ou faut-il se lever, lancer l’alerte au maximum pour que la loi soit respectée dans ce pays à commencer par la loi fondamentale qui est la constitution guinéenne ?

Donc, c’est pour cette raison que le RGD s’est levé pour conduire des missions de prise de contact avec les autres partis politiques, les anciens, les plus jeunes, toutes les forces vives pour que nous puissions parler le même langage et entreprendre la même action. Je le dis, et en connaissance de cause, que certains sont en train de manœuvrer pour faire admettre l’idée d’un changement de la Constitution.

Nous le savons, nous connaissons les démarches qui sont en train d’être entreprises en ce moment, en coulisse : on distribue de l’argent, nous le savons. Un groupe de femmes est contacté, des groupes de jeunes sont mis sur le chantier pour essayer de distiller cette information concernant le 3ème mandat. Ça sera une erreur monumentale, parce que c’est la meilleure façon de trahir la confiance du peuple de Guinée.

Guineematin.com : qui soupçonnez-vous être derrière ces manœuvres ? Le président de la République ?

Abdoul Kabèlè Camara : mais c’est lui qui a intérêt.

Guineematin.com : selon vous, qui a intérêt à soutenir ces manœuvres ?

Abdoul Kabèlè Camara : mais, c’est celui qui a intérêt. Ecoutez ! L’alternance démocratique, à mon avis, tout le monde en a besoin. Tous les partis politiques, même le RPG a besoin d’alternance. Si nous voulons parler d’une démocratie réelle, même le président de la République actuellement en fonction a besoin d’alternance démocratique puisque, lui-même a toujours souhaité cette alternance démocratique pendant tout le combat politique qu’il a mené du temps du général Lansana Conté et avant lui.

Je pense que c’est un constat. Il a toujours parlé de démocratie, de justice. Le cas échéant, il devra être celui-là qui sera sur la première ligne de combat pour défendre la démocratie, la Constitution. Ne pas toucher à la durée du mandat : un mandat renouvelable une fois et en aucun cas, les deux mandats ne peuvent être dépassés. Donc, celui-là qui s’est battu pendant des années ne devra pas être aujourd’hui sur la première ligne pour violer la Constitution, pour organiser une fraude à la Constitution.

Il ne le fera pas, je suis sûr et certain. Mais, il y a certaines personnes mal intentionnées tout simplement pour des besoins que nous connaissons tous parce qu’ils sont accrochés à l’Etat, ils tentent de lui faire croire que le 3ème mandat est possible. C’est une erreur grave, une trahison, une fraude à la Constitution qui va être organisée.

A cause de cela, le peuple sera là devant et nous tirerons les fondements de la mobilisation du peuple : des dispositions des traités internationaux, des directives de l’UA, de la CEDEAO et également du droit international. C’est très simple et c’est pourquoi dans certains pays, la désobéissance civile est organisée.

Guineematin.com : pensez-vous qu’une telle action va être enclenchée ici aussi ?

Abdoul Kabèlè Camara : bien sûr, parce que le peuple de Guinée ne l’acceptera pas. C’est ma conviction profonde et c’est ce que les sondages ressortent aujourd’hui.

Guineematin.com : est-ce que vous travaillez dans ce sens ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : le Président lui-même n’a qu’à faire le sondage au niveau de la population. Il comprendra que le peuple de Guinée n’acceptera pas un 3ème mandat, il n’acceptera pas un changement de Constitution. Il n’y a que des gens mal intentionnés qui, pour des besoins qui leur sont propres, tentent de distiller cette information. Mais, le peuple de Guinée, dans sa grande majorité, est contre. Et, c’est un couteau à double tranchant.

A supposer qu’ils organisent un référendum, si le NON l’emporte, il sera en ce moment l’artisan de son propre départ de la présidence parce qu’il aura été désavoué par le peuple. Et, quand un Président est désavoué, il n’a plus aucun intérêt à rester en fonction. Il organise des élections présidentielles le plus rapidement pour dire au revoir au peuple.

Nous souhaitons que le Président en exercice sorte grandi de ses deux mandats et qu’il puisse passer le relais à d’autres dignes fils du pays et assurer ainsi la continuité et préserver de la manière la plus exemplaire en Afrique de l’alternance démocratique. Le Sénégal vient d’être cité comme exemple, pourquoi pas la Guinée ? Le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire, pourquoi pas la Guinée ? Dans notre sous région, les exemples font légion.

Guineematin.com : vous avez parlé d’une grande coalition des acteurs politiques pour barrer la route au Président de la République au cas où il serait tenté de rester au pouvoir après 2020. Mais, on voit que déjà l’opposition est divisée avec d’un côté l’Opposition Républicaine et de l’autre, la Convergence de l’Opposition Démocratique. Dans quel camp on peut classer votre parti ?

Abdoul Kabèlè Camara : l’opposition n’est pas divisée. Sur ce chapitre, nous défendons la même cause, la Constitution guinéenne. C’est à la portée de tout le monde. On peut avoir des sensibilités différentes. Quand les élections législatives arriveront, il y aura concertation entre les partis politiques. Les partis élaboreront des chartes communes. A l’occasion des élections présidentielles, les partis qui pensent qu’ils peuvent s’unir pour aller vers les élections présidentielles, il n’y a aucun problème. Donc ça, ce n’est pas la division.

Mais aujourd’hui, qui touche à la Constitution, touche aux guinéens, quelque soit leur sensibilité, y compris le RPG. Le RPG défend les principes démocratiques à ce que je sache. Donc, le RPG aussi a intérêt à défendre la consolidation et la préservation de la Constitution. Je le dis et je le répète, tant qu’aussi longtemps, on n’appliquera pas correctement les lois et les règlements intérieurs, notre pays va prendre du recul. Il n’y aura pas de démocratie.

Regardez, quand un président issu d’un parti et qui a été candidat de ce parti, il devient élu. Normalement, il doit quitter la scène politique. Il doit s’éloigner des tendances politiques puisqu’il est de facto, le Président de tous les guinéens. Mais, à quoi on assiste ici en Guinée ? Un Président est élu, normalement il doit passer le relai à un autre secrétaire général ou à un président, lui ne devrait plus aller animer les conférences du parti au siège puisqu’il est le Président de tous les guinéens.

En y allant, il fait de la stigmatisation, provoque la division, la préférence d’une fraction du peuple par rapport à une autre. Donc, c’est de l’injustice. C’est la violation de tous les principes fondamentaux. Le Président doit s’éloigner de toutes les tendances et rester à équidistance des partis. Bien entendu, c’est un être humain et il a été porté à la tête de l’Etat non pas par son parti seulement. Il est élu par le peuple de Guinée au suffrage universel. Son parti n’est pas un parti majoritaire. La preuve, au 1er tour de 2010, quel était son pourcentage ?

C’est la coalition de plusieurs groupes de guinéens patriotes qui l’a porté au pouvoir. En conséquence, il doit rester à équidistance. Mais, il ne le fait pas. Il est au RPG, anime les réunions du RPG, donne des directives au RPG, souvent contre les autres partis. C’est une prise de position systématique en violation flagrante des règles élémentaires de la démocratie. Monsieur le Président de la République doit arrêter de telles manœuvres politiques.

Il doit mettre fin à cela d’ici la fin de son mandat en 2020. Si non, sa situation pourrait s’aggraver, il va quitter la scène politique de façon catastrophique. Parce qu’on n’aura pas reconnu l’homme du peuple qu’il se prônait avant 2010, l’homme de la démocratie, de la justice qu’il se réclamait. Ce serait en ce moment la violation de ses propres aspirations.

Guineematin.com : est-ce que depuis que vous avez quitté le gouvernement vous avez rencontré le Président Alpha Condé ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : non. Pourquoi le rencontrer ? Je ne suis pas du genre à aller faire le salamalec à un Président qui a limogé un ministre, ou bien aller encore se mettre à genoux pour demander un poste. Quand je suis rentré en Guinée en 1990, j’ai décidé de travailler dans la profession libérale. Travailler pour moi-même, c’est pourquoi j’ai opté pour le barreau. Je suis devenu avocat après la magistrature au Sénégal. J’ai gardé mon indépendance et je garde cette indépendance encore. Ceux qui pensent que maître Kabèlè peut aller courir pour demander de poste, ils se trompent.

Je suis en rupture avec une telle personnalité et ceux-là aussi qui pensent qu’avec maître Kabèlè, le RGD travaille pour un parti politique, fut-il le RPG ou pour un autre, fut-il un Président Alpha Condé, ils se trompent. Maître Kabèlè n’est dépendant de personne. Il ne dépend que de Dieu, il a foi en Dieu et il est profondément musulman. Personne ne peut me manipuler et je ne manipulerais jamais le RGD au bénéfice d’un autre groupe. Le RGD est un parti comme le RPG, l’UFDG, l’UFR, le BL et les autres partis. Tous ceux qui partageront le même idéal que nous, je leur tendrai la main.

Mais, nous ne serons dépendants de personne. Nous garderons notre dignité, notre personnalité. Mais, nous travaillerons avec tous les patriotes. C’est pourquoi, nous avons organisé ces séries de rencontre pour d’abord féliciter et encourager les anciens qui sont sur le terrain pour toutes les actions qu’ils ont mené pendant des années ; mais, en même temps leur dire qu’il y a une urgence puisque de l’autre côté, la sauce est en train de prendre forme.

Donc, il faut que de toute urgence, nous nous levons pour dire attention, ce que vous êtes en train de préparer, nous sommes au courant. Nous connaissons toutes vos démarches, de nuit comme de jour. Nous connaissons vos stratégies et vos hommes d’ailleurs que vous êtes en train d’envoyer sur le terrain sont très maladroits parce qu’ils ne savent pas interpréter ce que vous voulez dire. Donc, faites attention et nous nous lèverons pour dénoncer des telles manœuvres.

Il faut préserver la Constitution. C’est un droit et tous les guinéens doivent dire NON au changement de Constitution et NON au 3ème mandat. Et le RGD mènera ce combat avec tous les patriotes, quelque soit leur tendance politique, leur sensibilité. L’essentiel, c’est la défense de la Constitution. C’est ce qui peut unir tous les partis politiques progressistes, y compris le RPG, s’il prône l’alternance en son sein.

Guineematin.com : parlons du déguerpissement en cours à Kaporo Rails et à Kipé 2. En tant qu’homme de Droit, quel regard portez-vous sur cette situation ?

Me Abdoul Kabèlè Camara : c’est vraiment malheureux. En Guinée, depuis plusieurs décennies, on ne prend jamais les choses par le bon bout. A supposer que ceux-là qui sont concernés par le cas de Kaporo Rails soient dans l’illégalité, l’illégalité qui n’est pas leur fait, parce qu’ils ont obtenu des documents administratifs pour s’y installer. Il y a sûrement des gens qui les ont autorisés à occuper ces domaines. Ils se sont installés, même s’il n’y a pas de fondement juridique dans l’occupation de ces domaines.

Mais, ce sont des citoyens guinéens, l’Etat a l’obligation des les écouter, de les comprendre et surtout en plein milieu scolaire, de trouver la solution idoine pour soulager la peine des uns et des autres. Essayer de tenir compte des déplacements des familles, des enfants en âge de scolarité ou qui sont déjà en session. Le premier semestre vient d’être achevé, le second est abordé. Les examens vont bientôt arriver. Il faut tenir compte de tout cela avant de prendre une décision aussi brutale.

Je pense que, quelque soit le fondement juridique sur lequel s’appui l’Etat, il a l’obligation de prendre les dispositions nécessaires pour que les choses se passent dans la dignité de la personne humaine, en tenant compte de tous ces paramètres, des personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer, des enfants à bas âge qui sont dans les écoles, les gens qui priaient en un lieu déterminé, même si on n’a pas démoli les mosquées ; mais, ils ne peuvent plus aller dans ces lieux de prières. Où vont-ils aller ?

C’est vrai que l’univers est le temple de Dieu, on peut prier partout ; mais, attention ! Il y a un point fixe pour les uns et les autres. Donc, vous voyez qu’il y a beaucoup de paramètres dont on devrait tenir compte. On n’a pas tenu compte et ça a été mal exécuté. On a entendu même le Président de la République dire qu’il n’a pas d’état d’âme. On applique la loi quand ça vous arrange et on ferme les yeux quand ça ne vous arrange pas. Est-ce qu’on l’a fait pour affaiblir un parti politique ? Est-ce qu’on l’a fait pour stigmatiser une population ?

Je pense que le RGD, une fois au pouvoir, mettra fin à ce nomadisme juridique et à cette gymnastique intellectuelle ou politique qui n’honore pas la Guinée. Quelques soient les circonstances, il faut tenir compte des aspirations du peuple. Quand une fraction de la population est dans l’illégalité, il y a une manière de résoudre ce problème sans coup férir.

Même si sur le fond, les gens n’avaient pas le droit de s’installer là ; mais, on doit retenir qu’ils ont été logés là par le fait de certaines personnes. Comme ce sont des guinéens, il aurait fallu trouver la meilleure formule pour soulager leur souffrance. Donc, sur la forme, il y a eu un dérapage regrettable, exécrable.

Guineematin.com : votre mot de la fin?

Me Abdoul Kabèlè Camara : c’est de demander à vous les journalistes de vous lever, comme vous l’avez toujours fait, vous avez toujours été à l’avant-garde du combat politique, pour la libéralisation des ondes, pour l’instauration de la démocratie. Continuez le combat, levez-vous dès à présent parce que vous êtes des lanceurs d’alerte. L’alerte doit être lancée pour stopper ceux-là qui sont en train de manœuvrer en coulisse pour asseoir l’idée d’un 3ème mandat, pour stopper ceux qui sont en train d’écrire dans un bureau restreint une nouvelle Constitution.

Levez-vous pour dire stop ! Arrêtez-vous, ce n’est pas dans l’intérêt du peuple. Il faut qu’on comprenne que l’intérêt de la Guinée passe par la consolidation et la préservation de notre Constitution pour que les lois et les règlements deviennent une réalité en Guinée. Qu’elles soient appliquées à l’égard de tous, pour qu’il y ait une justice, pour que la pauvreté s’éloigne de nous et que la Guinée tende vers l’émergence comme tous les pays progressistes.

Je pense que c’est le combat que nous devons mener et que je vous appelle, vous journalistes ; quelque soit votre sensibilité politique, il faut défendre la Constitution, parce que de là découle la liberté des médias et des guinéens. C’est le prix à payer. Ne vous laisser pas corrompre, c’est le message que je lance à tous les guinéens aussi. Levons-nous pour empêcher le tripatouillage et la manipulation de notre Constitution pour empêcher que la durée du mandat prévue soit violée. C’est deux mandats, non renouvelable.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Déguerpissement à Kaporo Rails et Kipé 2 : le projet d’Alpha Condé contre une réoccupation

14 mars 2019 à 20 08 29 03293

Selon le compte rendu du conseil des ministres de ce jeudi, 14 mars 2019, le chef de l’Etat a laissé transparaître son inquiétude que les populations chassées de leurs habitations à Kaporo Rails et Kipé 2 réoccupent les lieux. Mais, dans ce communiqué, Alpha Condé et son Gouvernement n’annoncent aucun autre déguerpissement dans les autres zones réservées de l’Etat à Conakry (Sig Madina, Casse, etc.), contrairement à ce que pensaient certains compatriotes…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité du compte rendu du conseil des ministres de ce jeudi :

Conakry, le 14 Mars 2019 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 14 mars 2019 avec l’ordre du Jour suivant :

I. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

II. COMPTE RENDU DES SESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DES 5 ET 12 MARS 2019

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Monsieur le Président de la République a instruit les Ministres concernés d’informer largement l’opinion sur les causes, les motivations et les objectifs visés par les opérations de déguerpissement en cours dans la capitale. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’anticiper, à l’avenir, sur les occupations illicites des domaines publics en empêchant l’installation de citoyens sur des espaces réservés. Il a également mis l’accent sur l’urgence d’entreprendre, sur les terrains récupérés, des travaux de réalisation d’infrastructues ou, à tout le moins, de sécurisation des , afin d’en éviter la réoccupation. Par ailleurs des enquêtes doivent être diligentées afin d’identifier les cadres de l’administration et des services décentralisés a la base de la cession indue de certaines parcelles afin de donner des suites administratives et judiciaires à ces délits.

Le Chef de l’Etat a invité à la reforme et au renforcement des brigades publiques chargées de veiller sur les espaces publics et en particulier interdire et empêcher l’occupation des domaines publics maritimes, le remblayage des bordures de mer, la destruction de la mangrove et la réalisation de constructions anarchiques au mépris des plans d’urbanisation des villes

Le Président de la République a instruit les services compétents de procéder à une large diffusion de la liste des réserves foncières de l’Etat dans le but d’en prévenir l’appropriation illicite

Le Chef de l’Etat a décidé de la mise en place d’une commission assistée d’experts, pour la réalisation d’un véritable diagnostic du secteur énergétique afin d’en faire un état des lieux objectif et proposer des inflexions pertinentes de notre politique énergétique ainsi que des stratégies permettant à la fois de faciliter l’atteinte de la couverture intégrale des besoins énergétiques et de réduire de manière significative, l’ampleur des subventions dédiées à ce secteur

Le Chef de l’Etat a invité les autorités publiques à soutenir vigoureusement la production locale, notamment les fabrications artisanales en amenant l’Etat à acheter directement ses biens de consommation et d’équipements aux producteurs eux-mêmes afin d’éviter les manœuvres spéculatives de certains intermédiaires commerciaux

Le Président de la République a rappelé aux Ministres économiques et financiers l’impérieuse nécessité de diligenter lesdépenses liées à la mise en œuvre des projets dans les secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’assainissement, la sécurité, l’éducation, l’eau, l’électricité, le transport, etc…

Le Président de la République a rappelé l’importance d’un fonctionnement normal du système judiciaire qui demeure le substrat sur lequel peut se construire toute politique de développement économique et social. Il a particulièrement insisté sur l’application effective des décisions de justice en particulier lorsqu’elles ont acquis l’autorité de la chose jugée

AU TITRE DU DEUXIEME POINT DE L’ORDRE DU JOUR

Le Conseil a entendu successivement

Le Ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui a informé du bon déroulement de l’opération de déguerpissement et de récupération des domaines de l’Etat en cours à Conakry, avec la compréhension et l’accompagnement des personnes concernées, lesquelles avaient reçu auparavant des délais raisonnables en termes de préavis.

Il a salué l’attitude responsable des agents en uniforme, qui, sans heurts ni brutalité, s’acquittent honorablement de leur mission.

A la lumière de cette explication qui a suscité des questions et commentaires, le Conseil a formulées les recommandations suivantes :la poursuite de l’opération de déguerpissement à Kaporo Rails ainsi que dans toutes les zones concernées par le programme de récupération des domaines spoliés de l’Etat, dans le strict respect des droits des personnes à déguerpir ;
l’observation du principe d’équité dans la conduite de l’opération de déguerpissement assorti de délai de préavis suffisant ;
l’établissement et la publication d’un programme de déguerpissement à court, moyen et long terme assorti d’un plan d’occupation des zones libérées ;
la publication de la liste des réserves foncières de l’Etat et de leur plan de sécurisation ;
l’identification de tous les agents publics des administrations centrales, déconcentrées et décentralisée responsables de la vente illégale des domaines de l’Etat et l’application à leur encontre de sanctions disciplinaires sans préjudice de poursuites judiciaires.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts qui a fait une communication relative au Document sur le projet « Initiative Présidentielle pour le Reboisement National ».

Il a indiqué que le projet prévoit de reboiser 1.368 ha de zones dégradées dans les 342 Communes urbaines et rurales de la Guinée en organisant et formant 68.400 jeunes des Plateformes communautaires dans la réalisation des pépinières destinées à l’opération de reboisement.

Il a expliqué que pour la mise en œuvre de ce projet, plusieurs activités seront réalisées, dont entre autres :l’organisation des missions de prise de contacts et d’information avec les autorités locales et les acteurs concernés ;
l’installation des pépinières et la production des plants ;
l’organisation de la compétition nationale dotée du « Trophée de la Préfecture championne du reboisement » ;

Le Ministre a informé que la cérémonie de lancement sera présidée par Son Excellence Monsieur le Président de la République. A cet effet, le site du coup d’envoi portera le nom du Chef de l’Etat.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé la poursuite de l’initiative présidentielle de reboisement.

Le Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique qui a fait une communication relative à la présentation du Rapport de synthèse sur le « développement d’un modèle technico-financier pour l’Electricité de Guinée (EDG) dans le cadre du Deuxième Projet de Réhabilitation et d’Extension des Réseaux Electriques de Conakry (PREREC II).

Il a indiqué que l’objectif de la communication est de présenter le « Modèle Physico-Financier » devant servir de matrice pour la détermination des tarifs reflétant les coûts de production et les modalités de son fonctionnement en vue de sa mise en œuvre après approbation du Conseil des Ministres.

Le Ministre a expliqué que le développement d’un modèle physico-financier et tarifaire dynamique comprend trois modules, à savoir :le module de calcul des coûts marginaux à court, moyen et long terme ;
le module de planification financière ; et
le module d’étude de la structure de coûts et des tarifs.

Le Ministre a informé que le diagnostic de la situation actuelle d’EDG révèle les faiblesses suivantes :le manque de capitaux propres ;
la faiblesse du prix de vente moyen de l’électricité qui ne couvre que 30% du coût de revient
le déséquilibre entre les tarifs (Basse Tension et Moyen Tension).
Le recours à des sources d’approvisionnement onéreuses pour compenser l’insuffisance de l’approvisionnement des centrales hydroélectriques ;la facturation au forfait et l’absence de système de comptage généralisé en BT et un délai moyen de recouvrement des factures trop long

A cet effet, il a proposé les solutions, ci-après :revue du système tarifaire ;
mise en œuvre d’approvisionnement d’énergie à moindre coût ;
lutte contre la fraude ;
installation de compteurs chez les abonnés pour lutter contre la facturation forfaitaire ;
amélioration du recouvrement des créances clients.

Au terme des débats, Le conseil a demandé au Ministre de faire le point de la situation réelle des subventions dues à EDG et la présenter à une prochaine session.

Le Ministre d’Etat en charge des Transports qui a fait le compte rendu de l’organisation du Hadj en Guinée.

Le Ministre a indiqué que suite aux différents constats et leçons tirés de l’organisation du Hadj ces dernières années, notamment en 2018, plusieurs acteurs impliqués dans le domaine du Hadj, ont souhaité l’organisation d’un cadre de concertation pour discuter des causes et proposer des solutions aux insuffisances récurrentes en vue d’une qualification rapide du pèlerinage islamique pour les guinéens.

Le Ministre a souligné que l’objectif général de la journée nationale sur le Hadj prévue les 19 et 20 mars 2019, est d’améliorer les opérations et prestations liées au pèlerinage.

A ce titre, il sera spécifiquement question de :présenter le processus de l’organisation du Hadj en Guinée ;
partager les expériences et certains vécus des uns et des autres ;
rappeler les rôles du Secrétariat Général des Affaires Religieuses, des Agences privées, de la Commission Nationale d’appui à l’organisation du Hadj ;
identifier les difficultés et contraintes à la promotion d’une bonne organisation du Hadj ;
faire des recommandations appropriées tenant compte de l’évolution des contextes guinéen et saoudien ;
proposer un chronogramme et calendrier de mise en œuvre des mesures retenues pour le Hadj 2019 et les Hadj à venir.

Au terme de l’exposé, le conseil a recommandé que la commission accélère la réflexion et la concertation pour appuyer le SGAR dans l’organisation du hadj 2019.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a soumis pour examen le projet de décret portant création, organisation, fonctionnement et mode de gestion d’un Fonds pour l’Environnement et le Capital Naturel en remplacement du Fonds de Sauvegarde de l’Environnement et du Fonds Forestier National.

Le Ministre a soutenu que le dysfonctionnement de ces fonds limite considérablement, les chances du pays à accéder à des fonds alternatifs sur l’environnement comme le Fonds Vert Climat dont bénéficient déjà certains pays de la sous-région.

Au regard des faiblesses constatées, le Ministère a fait réaliser avec l’appui de l’Union Européenne, un audit institutionnel et organisationnel des deux Fonds. Il ressort des recommandations de cet audit, la création d’un fonds unique doté de tous les organes et outils de gestion opérationnels.

C’est dans ce contexte, que s’inscrit le besoin d’une fusion de ces deux fonds, afin de tenir compte des principes élémentaires de bonne gouvernance dans leur gestion, et de les aligner sur les instructions de la législation actuelle.

Au terme des débats, le Conseil a décidé de l’adoption du projet de Décret. Le conseil a également demandé qu’un audit des deux fonds soit effectué avant leur fusion afin de s’assurer de leur gestion antérieure

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a également présenté une communication relative à la dotation en vivres de Corps Paramilitaire et Conservateurs de la Nature.

Il a sollicité l’appui du Conseil pour soutenir et approuver la mesure qui consiste à ravitailler le Corps paramilitaire des Conservateurs de la Nature en vivres à l’image des autres forces de défense et de sécurité.

Il a justifié qu’en raison du fait que les Gardes Forestiers travaillent souvent dans des conditions d’éloignement des agglomérations, des marchés, des services de santé et d’autres services de base, l’Etat a décidé de leur attribuer une dotation mensuelle en vivres à travers des Arrêtés pris depuis 2013.

A date, l’effectif des Conservateurs de la Nature est de 2 779 cadres et agents Au terme de l’exposé, le Conseil a recommandé qu’un Etat des lieux et un diagnostic complet de leurs activités soient auparavant réalisés

Le Ministre des Hydrocarbures qui a fait une communication relative à la nécessité de promouvoir la consommation du gaz butane en Guinée comme solution alternative à la coupe abusive du bois.

Il a indiqué que la République de Guinée fait face aujourd’hui à de nombreux défis environnementaux fortement interconnectés. La pression croissante exercée sur les ressources forestières pour la satisfaction d’une demande en bois-énergie pourrait mettre en péril les politiques et stratégies de lutte contre la déforestation conformément aux engagements pris par notre pays à la COP21 pour la mise en œuvre de la Convention des Nations-Unies sur les Changements Climatiques ainsi que l’Accord de Paris.

Il a souligné que malgré le caractère approximatif des statistiques disponibles, il ressort de façon concordante que le capital forestier de la Guinée est largement entamé depuis les années 80 avec un rythme de régression des superficies forestières estimées à 35 000 hectares par an. Le prélèvement de bois pour les besoins énergétiques nationaux, estimé à 7 millions de tonnes par an, constitue une des causes de surexploitation des ressources ligneuses autour des centres urbains.

Pour faire face à cette problématique, le Gouvernement sur instructions de SEM le Président de la République, envisage de promouvoir l’utilisation généralisée du gaz butane en Guinée, dans le but de réduire et supprimer à terme l’utilisation du bois énergie dont la production a un effet dévastateur sur l’Environnement. Le Ministre a dénoncé qu’en Guinée, l’un des obstacles majeurs à la percée du gaz butane a toujours été l’absence d’une politique de l’Etat visant à soutenir ce produit. Le marché guinéen du gaz est très faible (1 500 TM par an environ) comparé à celui des pays voisins.

Le prix du gaz hors portée du revenu moyen des ménages explique le retrait du marché guinéen sur celui des voisins. Le prix de 120 000 FG pour une bouteille de gaz de 6 KG étant hors portée du revenu moyen des ménages et en même temps largement décalé du prix d’un sac de charbon se négociant dans la fourchette de 25 000 FG à 35 000 FG, il est important pour le Gouvernement de songer subventionner l’usage du gaz domestique par la mise en place d’un Fonds d’Appui promotionnel dédié à cet effet.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé :la création un Fonds d’appui à la promotion de l’utilisation du gaz domestique et
la mise en place d’une Commission Interministérielle devant concevoir et promouvoir la stratégie accélérée de substitution du gaz butane au bois de chauffe, qui rendra compte mensuellement au conseil de l’évolution de ses travaux.
L’exploration des possibilités de coopération avec des pays comme le Nigeria et le Quatar, grands exportateurs de Gaz Naturel Liquéfié en vue de négocier des prix plus avantageux.

Le Ministre Secrétaire Général du Gouvernement a présenté les Termes de Référence d’un Atelier Gouvernemental prévu à Bel-Air (Boffa)

Il a précisé que la stratégie proposée, vise à définir et à mettre en œuvre des mécanismes, des principes et des modalités de fonctionnement appropriés, dans le but de parvenir à une meilleure :planification du développement ;
organisation du travail gouvernemental ;
coordination efficace de l’action gouvernementale ;
programmation et suivi efficace des politiques publiques ;
gestion du pilotage des réformes sectorielles ;
harmonisation et intégration des stratégies sectorielles.

Le Ministre a indiqué qu’il s’agit de jeter les bases d’une culture de bonne pratique légistique et de communication intra et extra gouvernementale de nature à démontrer des capacités à soutenir les mécanismes de coordination

Il a soutenu que la mise en œuvre des différentes réformes engagées par le Gouvernement dans divers domaines économique, politique, scientifique et socio- culturel conduit à une intense activité normative et de communication constituant ainsi un enjeu de gouvernance publique.

Il a annoncé que les principaux résultats attendus sont :

Au terme de l’exposé, le Conseil a :approuvé la tenue de l’atelier des Secrétaires Généraux des Ministères, des hauts cadres de la Présidence, de la Primature et du Secrétariat General du Gouvernement à la date des 25 et 26 Mars 2019 ;décidé de tenir l’Atelier Gouvernemental au mois d’avril 2019.

3.4. Le Ministre en Charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés a fait une communication relative à l’organisation du Premier Salon des Entrepreneurs de Guinée, du 13 au 14 mars 2019.

Il a indiqué que l’objectif duSalon des Entrepreneurs de Guinée‘‘SADEN’’estde promouvoir les opportunités liées à l’entrepreneuriat, de communiquer sur les réformes engagées par l’Etat, de réfléchir sur les conditions d’émergence d’une classe dynamique d’entrepreneurs nationaux. Il est également un salon international et un cadre de partage d’expériences et d’accès à l’intelligence commerciale.

Le Ministre a rappelé que depuis huit (8) ans, le Gouvernement sous l’impulsion du Président de la République le Professeur Alpha Condé s’est engagé dans une série de réformes pour améliorer le climat des affaires et rendre notre secteur privé plus compétitif. Des réformes juridiques et règlementaires nous ont valu une reconnaissance sur le plan international avec une progression constante au classement Doing Business de la Banque mondiale, et au niveau de l’indice de compétitivité du Forum économique mondial.

Le Ministre a précisé que le SADEN organisera aussi le « PRIX SADEN du Meilleur entrepreneur de l’année » et le « Concours du Meilleur jeune entrepreneur de l’année » qui récompenseront les projets novateurs portés par des entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs guinéens.

Au terme de l’exposé, le Conseil a apprécié la pertinence et l’importance de cette plateforme d’échanges et de réseautage en matière d’entreprenariat en Guinée

Avant de lever la séance, le Président de la République a donné au Conseil de larges informations sur la situation nationale et internationale.

Le Conseil des Ministres

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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3ème mandat pour Alpha Condé ? La COPAM met de l’huile sur le feu, un affrontement évité de justesse à Conakry

14 mars 2019 à 17 05 26 03263

La coalition des partis alliés à la mouvance présidentielle (COPAM) se dit favorable à un troisième mandat pour Alpha Condé (l’actuel président guinéen). Elle l’a fait savoir lors d’une rencontre qu’elle a organisée ce jeudi, 14 mars 2019, au Palais du peuple de Conakry. Pour cela, la COPAM souhaite la révision de la constitution actuelle qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, a appris Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

C’est le vice-coordinateur de la COPAM, Dr Bemba Traoré, qui a faitcette annonce dans la salle des actes du palais du peuple. Dans un discours de près de 20 minutes, il a vaillamment vanté ce qu’il appelle « les acquis du professeur Alpha Condé », avant d’annoncer solennellement la position de cette structure dirigée par Elhadj Bouna Keïta.

« En 2010, les Guinéens ont prié et béni dans les mosquées, dans les églises et un peu partout sur le territoire national. Le peuple a eu les 24 candidats… Au terme du second tour (de la présidentielle de 2010), vous (il s’adresse au président Alpha Condé) avez été choisi par vos compatriotes pour diriger la Guinée. Vous êtes donc une bénédiction, une baraka issue de nos prières et de nos appels à Dieu…

C’est pourquoi, la conduite de la nation pour les enjeux présents et à venir, la coordination des partis alliés de la mouvance réaffirme sa disponibilité entière à vos côtés, sa fidélité à toutes vos épreuves, sa volonté inébranlable de vous servir et de vous accompagner dans l’ambition que vous nourrissez pour le développement de notre cher pays… Un pied dedans, un pied dehors ; c’est être dehors.

Excellence monsieur le président de la République, vous pouvez compter sur nous en toute circonstance et à tout moment… Au regard des immenses œuvres d’édification accomplies, la COPAM ne ménagerait aucun effort pour être à vos côtés dans le projet de la réforme de notre constitution, pour que les Guinéens puissent aller de l’avant sous votre leadership », a déclaré Dr Bemba Traoré, sous les ovations de ses amis.

Mais, ce discours n’a pas fait l’unanimité dans la salle. A peine que Dr Bemba Traoré ait fini de prononcer son discours, plusieurs jeunes, assis de part et d’autre de la salle, ont poussé des cris de désapprobation. « Non à un troisième mandat. Merci à Alpha Condé, 2020 on est fatigué. Ne touche pas à ma constitution », ont scandé entre autres les protestataires qui, ont même écourté la cérémonie.

Car, la prestation des artistes qui était prévue n’a finalement pas eu lieu, à cause de la protestation de ces jeunes, opposés à tout projet de modification constitutionnelle pour permettre à Alpha Condé de briguer un nouveau mandat en 2020.

Des injures grossières et mêmes des empoignades ont opposé les protestataires et des jeunes favorables à une révision de la constitution. C’est de justesse d’ailleurs qu’un affrontement violent entre les deux camps a été évité. Les protestataires sont sortis pour continuer à se faire sur l’esplanade du Palais du peuple et même dans la rue pendant quelques minutes, avant de se disperser dans le calme.

On se rappelle qu’une scène semblable à celle-ci a été enregistrée le jour de la célébration de la fête des femmes, le 08 mars dernier, au Palais du peuple de Conakry. Un groupe de femmes a défilé avec des pancartes appelant à une modification de la constitution et un autre a répliqué avec des pancartes s’opposant à un tel projet.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Alpha Condé sur le commerce en Guinée : « des conteneurs venaient où c’était écrit PRG »

13 mars 2019 à 10 10 26 03263

En prélude à l’ouverture officielle de la première édition du Salon des Entrepreneurs de Guinée (SADEN), prévue ce mercredi, 13 mars 2019 à Conakry, le comité d’organisation de cet évènement des créateurs, repreneurs et dirigeants d’entreprises a organisé une conférence, dans la soirée d’hier mardi, à Conakry.

Présidée par Alpha Condé, cette première rencontre d’échanges avait pour objectif d’annoncer les couleurs du Salon des Entrepreneurs de Guinée qui réunira en tout 2000 participants issus des huit (8) régions administratives du pays et de l’étranger, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Dans son discours de circonstance, Sékouba Mara, directeur général de l’Agence Guinéenne de Promotion de l’Emploi et président du SADEN a dit qu’en dépit des outils mise en place par le gouvernement pour faciliter l’emploi aux jeunes guinéens, des difficultés majeures sont rencontrées et qui empêchent l’atteinte des résultats souhaités.

Parmi ces difficultés, poursuit monsieur Mara, il y a « l’accès à l’information, au financement, et au garantie ; les dispositifs d’accompagnement de l’entreprenariat féminin, jeune et de la diaspora ; l’information du secteur, de même que la fragmentation des initiatives d’appui.

D’où l’idée d’un salon prenant en compte l’ensemble des activités favorables à l’insertion et à l’entreprenariat mais aussi et surtout permettant de faire un scan de l’environnement entrepreneurial. Cette initiative du gouvernement guinéen, en collaboration avec le Centre de Commerce International (ITC), l’agence d’exécution du volet entreprenariat du programme INTEGRA, financé par l’Union Européenne, vise à :

Promouvoir les opportunités d’investissements, créer une plateforme de partage d’expérience, de réseautage et de réflexion sur l’écosystème entrepreneurial guinéen. Et, de lutter contre le chômage, l’exode rural et l’immigration irrégulière en créant des activités génératrices de revenus par le biais de l’entreprenariat », a expliqué l’initiateur du SADEN.

De son côté, madame Arancha Gonzalez, directrice exécutive du Centre de commerce international a indiqué qu’elle a accepté d’accompagner le SADEN 2019, suite à la demande du Chef de l’Etat, à l’occasion d’une de ses visites à Conakry. Selon elle, il y a trois (3) raisons pour lesquelles son institution doit accompagner le SADEN :

« Premièrement, parce que nous devons accompagner les jeunes dans des projets connectés aux opportunités des marchés, à commencer par les grands marchés africains que monsieur le président avec d’autres présidents de l’union africaine insistent à construire.

Parce que le SADEN, c’est aussi de nouvelles sources d’investissements parce que vous allez pouvoir identifier les meilleures pratiques (…) Deuxième raison, parce que nous devons renforcer et nous devons capitaliser toutes les initiatives existantes. Troisièmement, parce que nous devons tous travailler, dynamiser un écosystème entrepreneurial local », a-t-elle expliqué.

De son conté, le président de la République, a salué la tenue pour la première fois d’un tel salon à Conakry. Selon lui, des efforts ont été faits par le gouvernement dans le cadre de la facilitation de la création des entreprises dans le pays. « Si avant il fallait trois mois pour créer une entreprise, aujourd’hui pour créer une entreprise en Guinée il faut 24 heures.

Mais il faut dire aussi que les hommes d’affaires guinéens n’étaient pas habitués à l’entreprenariat. Parce que le commerce était devenu facile. C’était d’ailleurs tellement facile qu’ils ne payaient ni douane, ni taxes. Des conteneurs venaient où c’était écrit PRG. C’est-à-dire des conteneurs qui appartenaient aux commerçants, mais où c’était écrit PRG, cela pour éviter qu’ils ne paient des taxes douanières.

Donc, il n’y avait pas d’entreprises, nous étions un pays qui importait tout. Nous avions une seule usine de ciment qui produisait aussi du ciment de mauvaise qualité. (…) Donc, nous n’avions pas l’esprit entrepreneurial. Le premier régime était un régime de captage, c’est-à-dire que c’est quelques personnes qui captaient l’économie et qui s’enrichissaient au dos de la population. Donc, il fallait créer cet esprit au niveau des hommes d’affaires pour qu’ils acceptent de prendre des risques afin de créer des entreprises. Dieu merci, nous avons commencé à avancer », a-t-il expliqué.

Très satisfait de la qualité organisationnelle de ce salon, Alpha Condé a invité les Guinéens, particulièrement les entrepreneurs à s’investir dans la production locale. « J’ai dit : nous devons produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons. C’est ça qui doit être la base de notre politique. Et deuxièmement, nous ne devons pas être un pays fournisseur de matières premières. Nous devons transformer nos matières premières sur place », a-t-il ajouté.

A noter que ce salon qui va durer trois jours, connait déjà un grand engouement. Ce mercredi, le Premier ministre présidera l’ouverture officielle des travaux.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Maitre Kabélé à l’opposition : « nous avons emprunté un chemin sur lequel il y aura… »

12 mars 2019 à 18 06 18 03183

Le président du Rassemblement Guinéen pour le Développement (RGD), maitre Abdoul Kabélé Camara, continue ses consultations avec les acteurs politiques guinéens. Après avoir rencontré Cellou Dalein et Sidya Touré, l’ancien ministre de la sécurité d’Alpha Condé a reçu ce mardi, 12 mars 2019, Dr Faya Millimouno. C’est le siège du cabinet de maitre Kabélé à Kaloum qui a servi de cadre à cette rencontre, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’objectif de cette rencontre était d’échanger avec le leader du Bloc Libéral sur la situation sociopolitique guinéenne en général. La démarche vise également à discuter par rapport à la mise en place d’une large coalition de partis politiques pour faire face à toute velléité de modification de la Constitution guinéenne…

Selon Me Abdoul Kabélé Camara l’heure est à la mobilisation de tous les hommes politiques du pays afin de sortir le pays des maux dont il souffre, causé par le non respect des lois de la République. « Nous avons emprunté un chemin sur lequel il y aura beaucoup d’obstacles. Mais, nous savons qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Dans nos rangs, nous avons des lions, des éléphants.

Nous nous donnerons la main, nous irons comme des jumeaux, pour leur dire que nous n’avons aucune prétention d’acquérir le leadership de quoi que ça soit. Notre seul combat, c’est le combat à mener, c’est le combat pour la sauvegarde des acquis démocratiques et il faut que ça soit dès a présent. Nous irons comme des jumeaux, le RGD et le Bloc Libéral, d’autres se joindront à nous parce que, pour gagner, il faut réunir ceux qui peuvent s’entendre facilement », indique-t-il.

Par ailleurs, maitre Abdoul Kabélé Camara a précisé que le combat que l’opposition mène aujourd’hui est profitable à tout le monde, même au RPG-arc en ciel. « Pour l’instant, l’essentiel c’est de sauvegarder les acquis démocratiques. Vous en avez besoin si vous êtes au pouvoir demain, UFDG en a besoin, nous en avons besoin, tous les partis en ont besoin, même le RPG a intérêt à comprendre qu’il faut que les acquis démocratiques soient respectés », a expliqué le président du RGD.

De son côté, le président du Bloc Libéral, Dr Faya Millimouno, a remercié le président du RGD pour la main tendue et reste confiant qu’avec Me Kabélé Camara, les lignes vont bouger. « Nous sommes en politique, ce n’est pas juste pour occuper un fauteuil de ministre. Nous sommes en politique pour veiller à ce que certaines valeurs prennent corps dans la société guinéenne. Mais, cela dépend de comment nous nous comportons. Le BL a toujours travaillé à l’unité de l’opposition.

Mais, quelque part, nous nous sommes heurtés à des obstacles qui sont objectifs, qui nous font conclure parfois que dans la société guinéenne que beaucoup de personnes, y compris l’Elite, on a l’impression que la loi, c’est un encombrement. Nous avons un grand espoir avec Me Camara qui connaît quand même de quoi on parle, quand on parle de loi, parce que c’est un homme de droit. C’est pourquoi, c’est un plaisir pour le BL de répondre à cette invitation », s’est-il réjoui.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com
Tel:224623532504

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Bouteflika renonce à sa candidature : Dr Ibrahima Sakho demande aux guinéens de s’inspirer des algériens

12 mars 2019 à 11 11 06 03063

A la surprise générale, le président algérien Abdel Aziz Bouteflika a annoncé hier, lundi 11 mars 2019, qu’il ne va pas briguer un cinquième mandat. Cette annonce fait suite à de nombreuses manifestations organisées depuis quelques semaines dans le pays et à l’étranger pour empêcher celui qui est au pouvoir depuis 1999 de se présenter à la prochaine élection présidentielle en Algérie.

Depuis Paris où il se trouve, le président du parti Changement, Progrès, Unité pour la Guinée (CPUG) a contacté Guineematin.com pour réagir à cette actualité. Dr Ibrahima Sakho salue le courage du peuple algérien et fait un parallèle avec la situation en Guinée, où un débat fait rage autour d’un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé.

« Je félicite le peuple algérien pour son courage, son abnégation à vouloir changer leur destin. Par rapport à leur avenir, je pense que ça ne peut qu’être radieux. Je pense que ce changement en Algérie sera autant en Guinée à partir de 2020 puisque nous aspirons maintenant au bonheur de notre pays. Encore une fois de plus, félicitations au peuple algérien pour avoir mené ce combat qui doit servir d’exemple aux autres peuples comme le peuple de Guinée qui a souffert depuis une quarantaine d’années.

Pour moi, le combat de 2020 sera un combat d’avenir. Et tous ceux qui pensent qu’il y aura un troisième mandat, je leur dit tout de suite qu’il n’y en aura pas », avertit Dr Ibrahima Sakho.

Le président du CPUG s’est exprimé aussi sur l’attitude du groupe de femmes qui a brandi des pancartes à l’occasion de la célébration à Conakry de la journée internationale de la femme, le 08 mars 2019, appelant à la modification de la constitution. « D’abord, aux femmes de Guinée, je leur souhaite tous mes vœux par rapport à la fête internationale du droit des femmes. Maintenant par rapport à ces pancartes, vous savez, on connait très bien Alpha Condé et ses acolytes incompétents.

Ils ont dû certainement payer ces femmes guinéennes qui sont braves, mais comme tout le monde le sait, sont illettrées. Quand vous êtes dans un pays miséreux comme le nôtre, il est très simple à travers 50.000 francs guinéens par femme de leur faire ce que l’on veut.

Ce qui reste clair, c’est qu’il n’y aura pas un troisième mandat. On ne peut pas en vouloir à ces bonnes femmes-là qui souffrent au quotidien. Il faut dire à Alpha Condé et ces politiciens qui l’entourent, que ça ne sert à rien de manipuler ces braves femmes parce qu’aujourd’hui le monde est réel. 10 ans de souffrance, de misère sociale, il est clair et certain que personne n’a les yeux dans le sac. On voit tous, on sait leur incapacité à apporter ce bonheur auquel le peuple de Guinée aspire ».

Siba Guilavogui pour Guineematin. com
Tel: 620 21 39 77/662 72 05 31

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Le Patriarche de Siguiri se fâche : « nos parents qui gravitent autour du président sont des malhonnêtes »

11 mars 2019 à 13 01 26 03263

Après deux semaines passées à Conakry où il a rencontré le président de la République, le Patriarche de Siguiri est rentré dans sa ville, en colère. Le doyen des sages de Siguiri n’est pas en colère contre le chef de l’Etat, mais plutôt contre certains cadres de la Haute Guinée qui sont autour de lui. Il l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse qu’il a animée hier, dimanche 10 mars 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Siguiri.

Le doyen Elhadj Dramane Magassouba est rentré de Conakry avec un sentiment de devoir accompli. Et, il a tenu à le partager avec les médias locaux dès son retour à Siguiri. « J’étais à Conakry pour rencontrer le président. Le but de mon voyage c’était de lui réconcilier avec trois de nos frères. Le président m’a respecté et il a accepté ce que je lui ai dit. Donc, mon objectif est atteint », a expliqué le Patriarche.

Cependant, le doyen des sages de Siguiri n’a pas du tout apprécié le comportement de certains cadres venus de la Haute Guinée, qui sont autour du président Alpha Condé. Elhadj Dramane Magassouba qualifie ces cadres de malhonnêtes et les accuse de tromper le chef de l’Etat.

« Je vous dis la vérité : nos frères qui gravitent autour du président sont des vauriens, ce sont des malhonnêtes. Ils ne s’aiment pas. Pendant quinze (15) jours, ils m’ont fait tourner en rond, impossible de m’aider à voir le président. Ce sont des malhonnêtes, des vauriens.

Il a fallu l’aide d’un jeune peulh qui réside ici à Siguiri. C’est lui qui a contacté monsieur Bah Ousmane (ministre conseiller à la présidence) pour le saisir de la situation. C’est grâce à Bah Ousmane que j’ai pu donc rencontrer Alpha. Alpha même n’a pas manqué de nous dire que tout ce qu’ils peuvent, c’est de rapporter les gens à son niveau. Ce sont eux qui trompent le président », a confié le Patriarche de Siguiri.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Des femmes favorables à une modification de la constitution : « c’est une pure manipulation », selon le CPUG

10 mars 2019 à 15 03 42 03423

C’est l’un des faits qui ont marqué la célébration de la journée internationale de la femme, le vendredi 08 mars 2019, à Conakry. A cette occasion, un groupe de femmes a brandi des pancartes appelant à une modification de la constitution guinéenne pour permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Cette attitude révolte le parti Changement, Progrès, Unité pour la Guinée. Au cours de son assemblée générale hebdomadaire d’hier, samedi 09 mars, le CPUG a condamné cette situation, dénonçant une pure manipulation, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

« C’est un fait difficile à imaginer. Nous condamnons cette attitude des femmes que j’appelle une manipulation pure et simple. Si vous vous approchez de ces femmes qui tenaient ces pancartes, je suis sûr que c’est des femmes analphabètes qui ne savent rien de ce qu’elles portent dans leurs mains », a déclaré Albert Sâa Tonguino, membre du bureau exécutif de la formation politique, dirigée par Dr Ibrahima Sacko.

Le CPUG se montre aussi préoccupé par le déguerpissement en cours à Kaporo Rails. Albert Sâa Tonguino parle d’un « cas alarmant, déplorable pour celui qui connait la situation actuelle de la Guinée. Sur le site de Kaporo, il y avait 570 familles qui vivaient pour une population de 9 343 habitants. Parmi ces gens-là, il y a aujourd’hui 83 familles qui sont sans abris et 88 autres familles qui ont un besoin pressant de nourriture et d’assistance humanitaire.

Donc, le parti CPUG n’est vraiment pas content de l’attitude du gouvernement par rapport à ces guinéens. Nous avons 808 élèves aujourd’hui dispersés un peu partout parce qu’il y avait 13 écoles dans cette zone, 12 mosquées, une église. Et parmi ces élèves dispersés, nous avons 36 qui doivent faire le Baccalauréat, 36 pour le BEPC et 32 pour l’examen d’entrée en 7ème année. C’est une situation vraiment catastrophique au niveau social ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com
Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Manifestation de soutien à Alpha Condé à Tougué : « c’est une façon d’arnaquer les citoyens »

10 mars 2019 à 10 10 35 03353

La réalisation du barrage hydroélectrique de Koukoutamba, dans la préfecture de Tougué, tend-t-elle à être politisée ? Des voix s’élèvent en tout cas pour dénoncer une telle situation. Selon le député de cette préfecture qui s’est confié à Guineematin.com, le préfet de Tougué, Abdourahmane Baldé, prépare une manifestation de soutien au président Alpha Condé suite à la signature de la convention de ce projet. Ce que dénonce Dr Alpha Mamadou Baldé, l’élu uninominal de Tougué, issu de l’UFDG.

Selon lui, le préfet connu sous le nom de « Dion Koïn » (Propriétaire de Koïn) est en train d’organiser un tintamarre autour d’un projet qui est sous-régional. « Pourquoi le préfet ne veut pas laisser les gens tranquille avec cette démagogie ? Ce n’est même pas un problème de parti politique, mais un problème de responsabilité citoyen.

C’est une façon d’arnaquer les citoyens parce que ce genre de rencontres vont entraîner des mobilisations de ressources. Le préfet va demander aux gens de cotiser de l’argent pour faire la fête et des communes qui attendent des maigres ressources vont se retrouver avec des dettes à payer par après», dénonce le député.

A en croire Dr Alpha Mamadou Baldé, des commissions d’organisation sont déjà mises en place par le préfet et il est même prévu d’envoyer une délégation à Conakry pour encore remercier le chef de l’Etat. « Il (le préfet, ndlr) a dit que le tout doit être fait avant le 22 mars prochain. C’est ce qui est encore plus grave, le fait de préparer une délégation pour venir remercier le Président de la République. Le remercier pourquoi ?

Rien n’a démarré sur le terrain, c’est juste une signature qui a eu lieu et on parle de remerciement. Il faut que les gens, surtout les populations de Tougué fassent un discernement entre les projets régionaux et les initiatives présidentielles. Le projet de Koukoutamba est un projet régional financé par un ensemble de pays. Donc, ce n’est nullement une initiative présidentielle », précise le parlementaire.

Joint au téléphone par Guineematin.com, le préfet de Tougué, Abdourahmane Baldé, a confirmé l’information relative à la manifestation de soutien au chef de l’Etat. Il nie cependant l’envoi d’une délégation à Conakry pour remercier le chef de l’Etat. « Nous avons prévu une manifestation grandiose, non seulement pour soutenir le président, mais aussi pour le remercier, le féliciter du fait que l’on ait signé la réalisation du barrage de Koukoutamba.

Pour le moment, nous sommes dans les négociations. Par rapport à la délégation, c’est vous qui savez votre source d’information, mais nous, nous parlons pour le moment de manifestation de joie à Tougué », souligne le préfet.

Il faut noter que le préfet, Abdourahmane Baldé, n’a pas voulu s’exprimer sur la date retenue pour la manifestation en vue.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Alpha Condé dédie son mandat aux femmes : « elles sont mieux placées pour apprécier cela », dit le PADES

9 mars 2019 à 18 06 43 03433

La célébration de la fête internationale des femmes, hier vendredi, continue de polariser les débats. Le Parti des Démocrates et de l’Espoir (PADES), s’est interrogé sur ce qui a été fait ces derniers temps pour la gent féminine, surtout que le président Alpha Condé a promis de consacrer ses mandats aux jeunes et aux femmes. C’était à l’occasion de son assemblée générale hebdomadaire de ce samedi, 09 mars 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le coordinateur chargé des affaires administratives du PADES, Mohamed Kaba, a rappelé les propos du président Alpha Condé qui a promis d’être au servie des femmes de Guinée. « Vous tous, vous savez autant que moi, que notre chef de l’Etat, selon ce qu’il a dit, a dédié son mandat aux femmes d’abord. Dédier son mandat aux femmes, signifie qu’il va prendre toutes les dispositions, toutes les mesures pour aider les femmes, promouvoir les femmes, pour faire en sorte que les droits des femmes soient respectés dans notre pays.

Aviez vous appréciez effectivement la promesse qui a été faite? Pour voir si cette promesse est tenue ou si elle n’est pas ténue, je pense que les femmes sont mieux placées que tout le monde pour apprécier cela. Qu’est ce qui est réellement fait pour les femmes, pour leur promotion ? Voilà la vraie question qui mérite d’être posée », a dit l’animateur principal de la rencontre.

Parlant d’actes concrets, le coordinateur chargé des affaires administratives du PADES a dénoncé la sous-représentativité des femmes dans l’administration publique guinéenne. « Lorsqu’on dédie un mandat aux femmes, je pense cela devrait être pris par les actes concrets. Il y a combien de femmes dans le gouvernement ? Il y a qui à quel poste de responsabilités ? Au-delà de ça, regardez l’assemblée nationale, il y a combien de femmes?

Regardons les structures déconcentrées au niveau des élections communales, il y avait beaucoup de partis, mais très peu à l’image du PADES, ont pris des femmes comme tête de liste. Je peux vous assurer que sur beaucoup de listes du PADES, les femmes étaient en tête de liste et ont été élus comme maire du PADES. Ça, ce sont les actes qui accompagnent la parole », se réjouit ce proche de Dr Ousmane Kaba.

Sur un autre aspect, Mohamed Kaba a dénoncé la poursuite des violences faites aux femmes à travers la Guinée. « Si vous regardez les statistiques, vous allez vous rendre compte que les violences faites aux femmes ont augmenté de taux. Chaque jour, ce sont des violences qu’on apprend des villes, chaque jour ce sont des violences conjugales.

Pour freiner ça, c’est un travail de tout le monde, c’est vrai que ça devrait commencer par la femme elle-même… Je pense que nous devons encourager les femmes à se battre pour dire oui, nos droits d’abord, ne nous utilisez pas pour aller danser, pour aller faire des soirées et lorsque les activités sont finies nous sommes rejetées, nous sommes mise à la poubelle… »

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Le PEDN prévient Alpha Condé : « s’il parle de 3ème mandat, il partira »

9 mars 2019 à 17 05 27 03273

Les pancartes brandies hier au palais du peuple, à l’occasion de la célébration de la fête internationale des droits des femmes, et qui invitent à modifier la Constitution, passent mal au PEDN (Parti de l’Espoir pour le Développement National).

A l’occasion de son assemblée générale de ce samedi, 9 mars 2019, le parti dirigé par Lansana Kouyaté, se dit farouchement opposé à toute modification de la Constitution au profit du président Alpha Condé, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le secrétaire national du PEDN, Elhadj Ibrahima Kalil Diallo, a mis l’occasion à profit pour dénoncer et prévenir les promoteurs d’un éventuel troisième mandat pour l’actuel locataire du palais Sékhoutouréyah. « Le troisième mandat, Alpha Condé, s’il le touche en faisant la révision de la Constitution… Il a fait deux mandats et il n’a absolument rien fait pour le peuple de Guinée.

Le peuple de Guinée est conscient de ce qu’il est en train de préparer. Nous disons non au troisième mandat. Il n’aura jamais un troisième mandat. S’il touche au troisième mandat, il partira. Nous sommes prêts à nous battre pour que ces faux projets-là ne marchent pas », a mis en garde ce proche de Lansana Kouyaté.

Pour sa part, Mamadou Fofana, trésorier national du PEDN, dira que « la fête des femmes est une fête internationale des droits de femmes. Cette fête, au lieu que ça soit une fête des femmes, ils l’ont transformé en une fête politique. Ça fait plus d’une semaine qu’ils sont en train de se préparer pour déclarer ça lors de cette fête. Mais, le PEDN reste sur ses bottes.

Nous ne serons jamais d’accord pour une quelconque modification de la Constitution ou un problème de troisième mandat. Ça, c’est clair au niveau du PEDN. Hier, les femmes, au lieu d’aller demander leurs droits, l’égalité entre sexes, au lieu d’aller demander la scolarisation de leurs enfants, au lieu d’aller demander d’être représentées au niveau du gouvernement, elles viennent plutôt faire une mamaya dans la rue pour soutenir un troisième mandat ».

En outre, les responsables du PEDN ont rappelé que leur formation politique se prépare à célébrer les 10 ans de sa création pour la semaine prochaine.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel: (00224) 622 07 93 59

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Cellou Dalein sur le déguerpissement à Kaporo Rails : « ce n’est pas de la récupération des terres »

9 mars 2019 à 16 04 21 03213

Après son retour de Johannesburg où il a assisté à une rencontre de l’International libéral, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a animé ce samedi 09 mars 2019, l’assemblée générale de son parti, à Conakry. Une occasion pour lui d’évoquer la situation des populations déguerpies de Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, rapporte Guineematin.com à travers un de ses reporters.

A l’entame de son discours, le chef de file de l’opposition guinéenne a rendu hommage à l’ensemble des femmes de Guinée, particulièrement celles de l’UFDG qui sont, dit-il, sur tous les fronts pour défendre leurs droits et leur dignité, malgré les actes de violence dont elles sont victimes de la part du régime d’Alpha Condé.

« Elles (les femmes de l’UFDG, ndlr) ont subi toutes sortes de violence de la part de monsieur Alpha Condé et de son Etat. Elles ont été arrêtées, bastonnées, maltraitées, jugées et condamnées à des peines de prison. Malgré tout, elles ont continué le combat pour une Guinée juste et démocratique», a décrit Cellou Dalein Diallo.

Revenant sur le déguerpissement des citoyens de Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, le leader de l’opposition guinéenne n’a pas mâché ses mots à l’endroit du pouvoir d’Alpha Condé. Il voit cet agissement de l’Etat comme une humiliation. « A Kaporo Rails, c’est l’Etat qui veut humilier les citoyens, détruire leurs maisons. Alors que dans un pays, lorsqu’il y a une calamité comme celle que l’Etat a créée, il est le premier à être du côté des citoyens pour les aider.

S’il y a une inondation, un tremblement de terre, l’Etat est là pour aider les citoyens, pour chercher à les nourrir, les loger et mobiliser la communauté nationale et internationale pour venir au secours. Ici, c’est Alpha Condé qui décide d’humilier les gens, de détruire leurs maisons, les écoles, les centres de santé. Pourquoi ? Ce n’est pas de la récupération des terres », affirme Cellou Dalein Diallo.

Pour lui, c’est un combat contre son parti, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée et ses militants. « C’est parce qu’on sait que Ratoma, c’est le fief de l’UFDG et on sait qu’il y a une communauté qu’il déteste qui habite là-bas. On aurait pu obtenir le résultat si c’est le déguerpissement pour cause d’utilité publique.

On aurait dû prendre des dispositions parce que c’est des fils du pays. On aurait pu négocier, trouver quelque chose, les recaser dans les domaines même loin de Conakry, trouver un montant symbolique ou forfaitaire pour eux. Même une armée d’occupation ne peut pas se comporter comme ça avec des êtres humains. C’est Alpha Condé qui peut faire ça », insiste l’opposant.

Face à cette situation, le président de l’UFDG interpelle à nouveau le président Alpha Condé et son gouvernement devant leurs responsabilités. « Ici, c’est l’Etat qui crée cette situation, mais je vous ai toujours dit que monsieur Alpha Condé n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Un Président de la République doit veiller à la sécurité de ses citoyens.

Il a fait assassiner 103 de nos enfants qui n’ont pas eu droit à la justice. Maintenant, il veut les chasser de leur logement. Beaucoup d’entre eux habitaient là-bas avant que le décret déclarant la zone « zone réservée » ne soit pris. Et, l’Etat n’a rien fait pour empêcher que les gens s’installent. Le minimum qu’on fait sur le plan humain, c’est de chercher à les recaser », ajoute-t-il.

Pour terminer, Cellou Dalein Diallo a appelé ses militants à continuer le combat pour « débarrasser la Guinée de ces hommes sans foi, ni loi, qui n’ont pas pitié, qui n’ont pas le sens du respect des droits humains. Ce n’est pas acceptable », dit-il tout en renouvelant sa solidarité à l’égard des victimes de ce déguerpissement.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com
Tél : 622 68 00 41

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Fête du 8 mars : Alpha Condé met en garde les commerçants!

8 mars 2019 à 19 07 05 03053

L’humanité a célébré ce vendredi, 08 mars 2019, la journée internationale des droits des femmes. En Guinée, c’est l’esplanade du Palais du peuple de Conakry qui a servi de cadre aux festivités, présidées par le professeur Alpha Condé. Le thème retenue cette année dans notre pays est « l’Autonomisation des Femmes en lien avec le développement durable : bilan de 2010 à nos jours », a appris un reporter de Guineematin.com qui était au Palais du peuple.

Dans son discours, Madame Diaby Mariama Sylla, ministre de l’Action Sociale, a dit que le thème retenu cette année en Guinée est un signe de reconnaissance au Chef de l’Etat, « qui a décidé de dédier ses deux mandatures aux femmes et aux jeunes. Comment traduire tous les efforts du Chef de l’Etat en faveur des femmes de toutes les catégories socioprofessionnelles du pays ? C’est un exercice très complexe.

Pour les besoins de la cause, je voudrais bien me limiter à quelques indicateurs portant sur des secteurs à fort indices d’autonomisation des femmes. Même les plus sceptiques, monsieur le président, s’efforcent à reconnaître que les 8 dernières années ont été immensément riches dans le domaine de l’autonomisation. Je m’empresse de relever que ce concept est très souvent galvaudé.

Monsieur le président de la République, vous avez le mérite de lui avoir donné un contenu plus concret. Avec vous, nous avons appris, preuve à l’appui que l’autonomisation consiste à donner aux femmes plus de pouvoirs afin d’améliorer leur propre estime de soi et leur indépendance financière », a-t-elle expliqué.

Poursuivant, la ministre Mariama Sylla a dit qu’il ressort que de « 1958 à 2010 que le volume de crédit alloué aux femmes atteignait à peine 10 milliards de francs guinéens. Alors que de 2011 à 2018, plus de 100 milliards de francs guinéens sous forme de crédit revolving à travers des institutions de micro-finances ont été mises à la disposition des femmes dont 75 milliards au compte des MUFFA à travers Afriland Bank et grâce aux efforts personnels de monsieur le président de la République ».

De son côté, professeur Georges Alfred Ki-Zerbo, coordinateur résidant par intérim du Système des Nations Unies, a remercié le gouvernement pour avoir organisé cette cérémonie. Selon lui, « elle constitue une occasion opportune de faire le bilan sur la situation des femmes, de fêter les victoires et les acquis, de faire entendre leurs revendications afin d’améliorer leur situation.

En Guinée, en dépit des efforts louables fournis par le gouvernement et ses partenaires, les femmes continuent à mourir en donnant la vie, alors que la mortalité maternelle fait partie de nombreux dangers évitables. Des filles subissent des mutilations génitales et sont victimes de viol, de mariages précoces et forcés, conduisant aux grossesses précoces et non désirées. Enfin, sur le plan économique, bien que les femmes soient très nombreuses à mener des activités génératrices de revenus, leur pouvoir économique et leur autonomie financière sont très faibles.

La seule façon de résoudre ces problèmes, c’est de donner aux femmes les moyens de devenir des agents de changement. C’est de cet esprit cadre que le SNU exécute un plan quinquennal d’assistance (PNUAD 2018-2022), doté d’un engagement de financement de près de 500 millions, aligné au Plan National de Développement Economique et Social et qui consacre l’un de ses quatre piliers à l’entreprenariat et l’employabilité des jeunes et des femmes ».

Pour sa part, le président de la République s’est dit être heureux de célébrer cette fête avec l’assistance. « Comme vient de dire votre ministre, nous avons fait des progrès. Mais, quand nous écoutons le représentant des Nations Unies, nous voyons qu’il y a encore énormément de progrès à faire. En effet, les femmes sont victimes de beaucoup de méfaits : les mariages précoces, les violences sexuelles, l’absence d’égalité alors que nous parlons du genre.

Donc, quels que soient les progrès accomplis, il reste encore beaucoup à faire. Mais, la libéralisation de la femme et son émancipation passe par son indépendance économique. Car, tant que la femme n’a pas son indépendance économique, on ne peut pas dire qu’elle jouit de tous ses droits et qu’elle est à égalité avec les hommes. Notre bataille est donc de donner aux femmes guinéennes leur autonomie économique », a annoncé le professeur Alpha Condé.

En outre, le président de la République a promis de continuer à appuyer les femmes, notamment celles évoluant dans l’artisanat. « Nous allons continuer à accompagner les femmes, notamment dans le domaine des cultures maraichères ; ensuite, dans l’accompagnement de toutes les femmes braves qui sont dans l’artisanat.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de voir que les femmes guinéennes portent des tissus fabriqués en Guinée. Alors, je préviens les commerçants, nous allons envoyer des inspecteurs dans tous les marchés de Guinée. Tout commerçant qui sera pris en train de vendre des pagnes fabriqués de contrefaçon, sera arrêté, ses biens saisis, et il sera emprisonné », a-t-il prévenu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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