Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : le calme revient grâce au renfort venu de Mamou

20 novembre 2019 à 18 06 26 112611

Après les échauffourées de la journée de ce mercredi, 19 novembre 2019, à Labé, le calme est revenu ce soir dans la cité. La résidence du Premier ministre, Kassory Fofana, située au quartier N’diôlou, dans la commune urbaine, a été sécurisée. Les jeunes protestataires ont été obligés de battre en retraite, grâce notamment à l’intervention d’un renfort venu de Mamou, rapporte un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Kassory Fofana a eu chaud ce mercredi à Labé, coincé dans la capitale du Fouta par des jeunes en colère. Ces derniers avaient barricadé la route, empêchant le Premier ministre de dérouler son programme de la journée et même de se rendre à Pita, à 34 kilomètres de là.

Toutefois, les pneus qui ont été brûlés ainsi que les barricades dressées par les jeunes ont été enlevés par les forces de l’ordre. Tous les protestataires ont été contraints de replier dans le quartier. Il aura fallu l’intervention d’une équipe de gendarmes venus de Mamou pour maîtriser la foule, prise en tenaille entre deux feux.

Pour le moment, il est difficile à dire si le Premier ministre va maintenir son programme initial. Mais, selon les informations reçues auprès des autorités de la région, le programme qui prévoyait la visite des chantiers de l’ANAFIC (Agence Nationale de Financement des Collectivités) a été ajourné par Kassory et sa suite.

Cependant, sa mission pour Tougué reste maintenue, sauf changement de dernière minute, a confié à notre reporter un cadre du gouvernorat qui n’a pas souhaité être cité.

Au moment où on quittait les lieux, la résidence du Premier ministre était toujours sécurisée. Le gouverneur, Elhadj Madifing Diané, et le préfet, Elhadj Safioulaye Bah, avaient pris leurs véhicules de commandement pour repartir en ville. Les autres ministres comme Mouctar Diallo (Jeunesse) et Thierno Ousmane Diallo (Hôtellerie) se sont dirigés vers Pita où ils passeront la nuit.

Pour l’heure, Ibrahima Kassory Fofana est dans sa résidence située à N’Diôlou sous haute surveillance.

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Report des funérailles : voici un communiqué du FNDC

20 novembre 2019 à 17 05 50 115011

Dans son dernier communiqué datant du lundi 18 novembre 2019, le FNDC a annoncé son nouveau programme d’activités. Cette annonce s’est faite en marge de la plénière du Mouvement qui a regroupé les leaders de toutes les entités membres du FNDC.

La marche des femmes du FNDC qui s’est tenue le mardi 19 novembre 2019 a connu un franc succès notamment à Conakry, Labé, Dalaba et aux États-Unis d’Amérique. Au cours de ces manifestations, les braves femmes de Guinée ont dénoncé les assassinats de leurs enfants partout en Guinée en réclamant justice pour les victimes des différentes manifestations du FNDC et la libération sans condition de tous les membres du FNDC injustement arrêtés à Kindia, Conakry et à Mamou.

Par ailleurs, le FNDC dénonce les conditions inhumaines de détention de ses membres qui sont injustement emprisonnés à Kindia. Nous exprimons notre vive préoccupation par rapport à l’état de santé du coordinateur régional de Kindia, Alseny Farinta Camara.

Le FNDC rappelle que la marche programmée pour le mardi 26 novembre 2019 est maintenue à Conakry et sur toute l’étendue du territoire nationale.

En outre, une vingtaine d’antennes préfectorales du FNDC sont à pied d’œuvre pour tenir des manifestations ce jeudi 20 novembre 2019 afin de dénoncer les manœuvres du pouvoir visant à maintenir au pouvoir le Président de la République au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

Cependant, le FNDC informe le Peuple de Guinée que les enterrements des victimes de nos dernières manifestations ne pourraient intervenir demain jeudi 21 novembre 2019, contrairement à l’annonce faite le jour de notre plénière.

En effet, le gouvernement a confisqué, comme d’habitude, les corps sous prétexte que les autopsies ne sont pas terminées. Les parents des victimes ne pourraient malheureusement pas entrer en possession des dépouilles de leurs enfants avant la semaine prochaine.

Le FNDC suit de près l’évolution de ces autopsies qui, si elles sont menées avec intégrité, pourraient contribuer à la manifestation de la vérité sur les causes et l’identité des auteurs des assassinats sur les manifestants qui ne sont autre que les forces de défense et de sécurité à la solde du pouvoir sanguinaire de M. Alpha Condé.

Le FNDC fixera la date des enterrements de nos martyrs dès que les corps seront rendus aux familles et prendra soin d’informer à temps le Peuple de Guinée du programme des funérailles.

Le FNDC sait compter sur l’engagement patriotique du Peuple de Guinée pour maintenir la pression sur le clan mafieux qui dirige notre pays jusqu’à ce qu’il renonce à son funeste projet de tripatouillage de notre Constitution.

Ensemble unis et solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 20 novembre 2019

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N’zérékoré : le FNDC appelle à une forte mobilisation du « vrai peuple » dans la rue

20 novembre 2019 à 15 03 50 115011

Comme annoncé précédemment, l’antenne régionale du Front National pour la Défense de la Constitution à N’Zérékoré organise une marche pacifique demain, jeudi 21 novembre 2019, dans la ville. A la veille de cette manifestation, les organisateurs ont invité les citoyens à descendre massivement dans la rue pour exprimer leur opposition à un troisième mandat pour le président Alpha Condé, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Ce mercredi matin, les leaders du FNDC-N’Zérékoré se sont retrouvés pour travailler sur les derniers réglages de leur manifestation qu’ils veulent grandiose. A l’issue de sa rencontre, Cécé Théa, le vice-coordinateur de la structure, a appelé à une grande mobilisation des habitants de N’Zérékoré pour répondre aux promoteurs du projet de nouvelle constitution.

Cécé Théa, vice-coordinateur du FNDC N’zérékoré

« Nous disons à la population dans toute sa totalité que les autorités administratives de N’Zérékoré ont déjà accepté la marche pacifique projetée par le FNDC. Donc nous appelons cette vaillante population à y participer massivement pour faire taire les promoteurs du 3ème mandat et faire sentir le vrai peuple dans les rues de N’Zérékoré », a-t-il lancé, précisant que « pour ce qui est de la sécurisation de la marche, les autorités ont déjà pris l’engagement, et nous allons travailler en commun accord avec les forces de sécurité demain ».

Dans son courrier annonçant l’autorisation de cette manifestation, la mairie de N’Zérékoré a demandé la modification partielle de l’itinéraire initialement choisi par les organisateurs. Une demande acceptée par l’antenne locale du FNDC. « Etant des démocrates, nous pensons que cette petite modification n’est pas un grand problème en tant que tel. Parce qu’en se réclamant démocrate, il faut respecter les principes de la démocratie. Raison pour laquelle nous avons accepté leur proposition. Donc, la marche partira du carrefour Komou en passant par le rond-point gouvernorat, le commissariat urbain, la grande mosquée Gboyéma, la BICIGUI, l’IRE, la justice, pour s’achever au terrain rouge, près de la douane », a dit Cécé Théa.

On apprend que la marche sera clôturée par un meeting prévu au terrain rouge de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Labé : les femmes du FNDC manifestent contre les tueries en Guinée

19 novembre 2019 à 13 01 31 113111

Tout comme à Conakry, de nombreuses femmes ont manifesté ce mardi, 19 novembre 2019, à l’appel du FNDC, dans la ville de Labé. Elles ont défilé dans la rue pour protester contre les tueries des manifestants à un troisième mandat enregistrées ces dernières semaines dans la capitale guinéenne, rapporte un correspondant de Guineematin.com sur place.

Toutes habillées en blanc avec des foulards rouges à la tête, les responsables et militantes du Front National pour la Défense de la Constitution à Labé se sont rassemblées au rond-point Hoggo M’Bouro. Elles ont entamé là leur marche qui les a conduites au carrefour BICIGUI carrefour mosquée via la place des martyrs-corniche Konkola jusque devant le siège de la préfecture, où elles ont tenu un meeting. Durant tout le trajet, certaines manifestantes tenaient des pancartes et des banderoles alors que d’autres scandaient des slogans comme « Arrêtez de tuer nos enfants » et « Justice pour nos morts ».

« Nous dénonçons ces assassinats en Guinée. Ils tuent nos enfants, et aucune enquête n’est menée là-dessus. Nous sommes fatiguées et nous demandons à ce que justice soit faite pour retrouver les coupables. Nous les femmes de Labé, nous disons halte à ces exactions commises contre nos enfants ! Si vous voyez que les femmes se lèvent à 6 heures du matin pour chercher de quoi vivre, c’est pour que nos enfants soient à l’abri du besoin. Et ça fait très mal de voir son enfant qu’on a mis au monde avec toutes les souffrances que vous connaissez, qu’on entretient avec amour, être abattu par quelqu’un qui est sans scrupules. Nous demandons justice et que plus jamais cela en Guinée », a déclaré Hadja Mam Kouyaté conseillère communale et membre du FNDC-Labé.

A noter que cette marche s’est déroulée sans aucun incident. Et aucun agent des forces de l’ordre n’était visible sur le trajet emprunté par les manifestantes.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Mansour Kaba : « je ne reconnais plus mon ami Alpha Condé »

19 novembre 2019 à 11 11 53 115311

Opposant aux régimes de Sékou Touré et de Lansana Conté, Mohamed Mansour Kaba fut ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat dans le gouvernement de transition dirigé par Jean-Marie Doré sous le régime de Sékouba Konaté, en 2010. Il fut lié à un moment au régime d’Alpha Condé, un ami de longue date depuis plus de 50 ans et a même dissout son parti, Jamma, dans le Rpg, avant de retourner dans l’opposition quand il a vu que le président Alpha Condé a commencé à renier aux principes pour lesquels il s’est battu pendant des décennies.

« Je ne reconnais plus mon ami Alpha Condé »

Opposant historique qui s’est toujours battu pour l’instauration de la démocratie dans son pays, Alpha Condé est en train de saper les fondamentaux de cette même démocratie en voulant se représenter pour un troisième mandat alors que la Constitution de son pays le lui interdit. Cet entêtement du président guinéen à vouloir modifier le texte fondamental, Mohamed Mansour Kaba, ancien ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitatsous le régime de transition de Sékouba Konaté, ne le comprend pas. « Je ne reconnais pas mon ami Alpha Condé. Il se vante d’être le premier et l’unique ancien président de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf) à être président de la République en Afrique. Il ne fait pas honneur à la Feanf aujourd’hui. C’est la déception pour tous ceux qui l’ont connu à l’époque. Nous l’avons connu comme marxiste-léniniste, nous étions tous opposés au régime du président Sékou Touré. Quand cet homme se retrouve à la tête de l’Etat guinéen et mène la politique qu’il mène, c’est décevant », confie M. Kaba qui connaît Alpha Condé depuis 55 ans.

Secrétaire général du Parti panafricain des guinéens (Ppg), M. Kaba, comme beaucoup de guinéens, nourrissait beaucoup d’espoir quand Condé est arrivé au pouvoir. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, au lendemain de son élection, quand le locataire de Sékouteraya a fait appel à lui pour travailler à ses côtés, il a dit oui et a même fondu son premier parti Jamma dans le Rpg. Hélas, Mohamed Mansour Kaba a vite déchanté. « Lorsqu’au bout de trois, quatre ans j’ai compris qu’il voulait me museler, j’ai quitté la majorité présidentielle pour créer un nouveau parti dénommé Parti panafricain des guinéens (Ppg) », explique le vieux opposant.

« Alpha Condé dirige la Guinée avec ceux qui ont pillé la Guinée sous Lansana Conté »

Emprisonné sous Lansana Conté pendant plus de deux ans, Alpha Condé est sorti de prison complètement atteint psychologiquement. Mohamed Mansour Kaba pense que le caractère paranoïaque d’Alpha Condé vient de là. « Après sa sortie de prison, Alpha Condé m’a dit ceci, à Paris, lorsque je suis venu le saluer : ‘’Dans les prisons guinéennes, vous êtes livré à n’importe qui. N’importe qui peut te tuer et il n’a de compte à rendre à personne ’’. Alors, quand vous passez un peu plus de deux ans dans des conditions comme ça, chaque pas de militaire que vous entendez, vous pensez que c’est votre dernière heure. Alpha est passé par cette situation. Cela vous casse le moral, ça vous casse toute dignité, ça vous casse toute capacité de résistance », estime-t-il.

Le Secrétaire général du Ppg est d’autant plus contrarié que, rappelle-t-il, il a porté sa toge d’avocat pour défendre Alpha Condé quand il a été emprisonné par Lansana Conté. Pourtant, à l’époque, entre lui et Alpha Condé, ce n’était pas le grand amour. « Pendant de longue années, il a cherché à ce que je milite avec lui j’ai refusé. Parce qu’il n’a pas besoin de collègue, il a besoin de suivistes et moi je ne peux pas être le suiviste de n’importe. Donc de 1964 jusqu’à 1998, on se connaissait mais il m’a combattu parce que je ne voulais pas le suivre. C’est lorsqu’il a été emprisonné par Lansana Conté que je suis devenu son avocat. Non pas parce qu’il me l’a demandé mais parce que ma conscience m’interdisait de ne pas réagir », confie-t-il.A l’époque, il a organisé une conférence de presse au siège de son parti pour demander à Lansana Conté de libérer Alpha Condé et de le nommer Premier ministre d’un gouvernement de transition. « Je suis le premier à parler de transition en Guinée et cette transition n’est venue que dix ans après la mort de Conté », dit-il.

Mais ce n’est qu’au bout de deux ans et demi qu’Alpha Condé sera libéré non sans conditions. Et l’une de ces conditions, selon Mohamed Mansour Kaba, c’était de prendre les gens de Conté une fois qu’il sera au pouvoir. Il en veut pour preuve l’actuel entourage d’Alpha Condé. « Parmi ceux qui dirigent la Guinée aujourd’hui, il y a plus de militants du Pup de Lansana Conté que de militants de Rpg qui est censé être au pouvoir. Les hommes qui ont ruiné la Guinée sous Conté sont les mêmes qui continuent de s’enrichir sous Condé », dénonce-t-il.Par exemple, l’actuel Premier ministre a été ministre de l’Economie et des Finances sous Lansana Conté. « Alpha Condé s’est battu pour le changement, ce changement n’est jamais venu. Il a continué à gérer le pays avec les gens les plus corrompus du pays. Son régime est fini, il n’a plus aucun crédit, d’ailleurs il n’est plus le médiateur dans la crise Bissau guinéenne. C’est la folie du pouvoir. Il puise dans les réserves de la banque centrale comme il veut. Il s’enrichit illicitement et il a peur que les gens découvrent cela une fois qu’il quitte le pouvoir, c’est pourquoi il s’y accroche », martèle-t-il.

« Personne n’a encore vu le texte que Alpha Condé veut soumettre en référendum »

A chaque manifestation, des gens meurent…pour une révision constitutionnelle dont le texte, jusqu’ici, reste invisible. C’est le paradoxe des événements qui se déroulent actuellement en Guinée. Son mandat devant se terminer le 31 décembre 2020, Alpha Condé à qui on prête des velléités de briguer un troisième mandat semble cacher son jeu. Dans le texte en question qui n’est pas encore rendu public, le président guinéen parle de changements pour mieux prendre en charge des questions comme la protection des enfants, la lutte contre la violence faite aux femmes, la protection de l’environnement. Mais a-t-on vraiment besoin de changer la Constitution avec son lot de morts juste pour ces questions somme toute banales ? Mohamed Mansour Kaba préfère en rire. « Ces questions sont dans les programmes de tous les gouvernements, de tous les pays, ce n’est pas pour cela qu’on va modifier une Constitution. La vérité, aujourd’hui, c’est que personne, en Guinée, personne n’a vu la première mouture de la Constitution, même les gens de Rpg ne savent pas ce qu’il y a dedans. Avant un référendum, le minimum c’est de mettre le texte sur la place publique pour que les gens en débattent. C’est malhonnête. Il n’y a même pas de date pour la tenue du référendum. Des gens meurent gratuitement comme ça, c’est criminel. Les gens sont aujourd’hui contre une intention, non contre un projet de texte qu’ils n’ont pas encore vu », regrette-t-il.

Selon Mohamed Mansour Kaba, la stratégie d’Alpha Condé c’est de donner de l’argent, 500 millions de Francs guinéen, à des groupements de femme et jeunes qui, en retour, réclament qu’il se représente. Un achat de conscience qui ne dit pas son nom. « Le nom d’Alpha Condé faisait rêver avant. On lui a donné tous les pouvoirs, ses militants disaient même que c’est lui qui a formé Bill Clinton. Quand la démagogie va jusqu’à ce niveau, c’est grave. Et maintenant, il est au pied du mur. Cela fait neuf ans qu’il est au pied du mur qu’on ne voit rien. Il a tout fait pour arriver au pouvoir et une fois au pouvoir, il ne sait plus quoi faire.

« En Guinée, on trouve des officiers-supérieurs analphabètes »

C’est connu, en Guinée, à chaque fois qu’il y a une manifestation politique, la répression des forces de sécurité se solde par des morts. La dernière victime en date, c’est jeudi dernier. Selon les estimations, il y a eu plus de 100 manifestants ont trouvé la mort sous Alpha Condé. Mais si l’on en croit Mohamed Mansour Kaba, ce n’est point une surprise. De Sékou Touré à Alpha Condé, il en fut toujours ainsi. Un constat amer. « La vie d’un Guinéen n’est rien dans les mains des tenants du pouvoir », dit-il. Non sans pointer la responsabilité des forces des forces de sécurité. « Je n’ai rien contre l’armée, la gendarmerie et la police guinéenne, mais le problème c’est qu’on a en Guinée des officiers supérieurs analphabètes, c’est-à-dire qui ne savent ni lire, ni écrire. Lansana Conté n’était pas un intellectuel. N’importe qui peut être un président, mais n’importe qui ne doit pas être officier-supérieur jusqu’à devenir Général. Or, en Guinée, on a n’importe qui comme officier supérieur », souligne-t-il. En outre, il dénonce le manque de déontologie des forces de l’ordre qui ne sont pas outillés pour encadrer des manifestations. On n’a aucune considération pour la vie humaine en Guinée. Regardez ce qu’il y a eu au Stade du 28 septembre sous Dadis Camara. Plus de 150 morts, des femmes violées en pleine jour. On a cru qu’avec Alpha Condé qui a lutté contre ce régime l’ordre reviendrait dans ce pays. Lui-même disait qu’il a hérité d’un pays et non d’un Etat, mais avec lui, le peu d’Etat qu’il y avait a disparu ».

Guinéen, pays pauvre, sous-sol riche

On l’appelle le « Château d’eau de l’Afrique ». Ce nom collé à la Guinée n’est pas usurpé. Tous les grands cours d’eau de l’Afrique de l’ouest notamment le fleuve Sénégal, le fleuve Niger et le Fleuve Gambie prennent leur source dans ce pays au sous-sol riche en ressources minières. Pourtant, la Guinée reste l’un des pays les plus pauvres du continent. Pourquoi donc tarde-t-elle à prendre son envol économique ? « C’est parce que nous n’avons pas de gouvernants », dit sèchement Mohamed Mansour Kaba. Il se rappelle encore des propos d’un de ses amis français. C’était à l’époque de Sékou Touré : « M. Kaba, vous savez c’est quoi le problème de la Guinée ? C’est que le peuple est plus intelligents que les gouvernants ». Selon lui, son ami avait raison. « Vous avez au Sénégal, des entrepreneurs guinéens qui sont modèles, c’est la même chose en Côte d’Ivoire. Mais en Guinée on est nul. Pourquoi, parce qu’on est mal dirigé. Nous n’avons pas d’institutions qui sont respectées. En Guinée, tout marche sur la tête. Partout ailleurs, normalement, la richesse, on doit la trouver du côté du privé, mais en Guinée ce sont les fonctionnaires qui sont riches », soutient-il.

Le secteur de l’électricité est le parfait exemple du retard de la Guinée. D’après Kaba, quand on parle d’électricité en Guinée, cela se limite à Conakry, encore que le courant n’est pas disponible 24/24. « Plus de 60 ans après l’indépendance, le Guinéen de la capitale n’a pas le courant 24/24 pendant une semaine. Quand on est Alpha Condé et qu’on a critiqué tous les régimes qui se sont succédé, au moins tu essaies de faire mieux que les autres. Malheureusement, il n’en est rien », regrette-t-il. C’est pourquoi, dans une lettre ouverte dont le titre est « Un dernier conseil à mon ami », Mohamed Mansour Kaba a invité Alpha Condé à ne pas s’entêter à vouloir s’accrocher au pouvoir.

« Monsieur le Président, à la fin de votre deuxième et dernier mandat, en décembre 2020, rendez le tablier dans l’honneur et la dignité. Mais si vous vous entêtez à vouloir rester un mandat de plus, quel que soit le nom que vous donnerez à ce mandat, et quelle que soit la Constitution que tu feras adopter, vous serez responsable des conséquences de votre entêtement de vouloir avoir une présidence à vie », lit-on dans cette missive. En effet, pour M. Kaba, « c’est une présidence à vie qu’Alpha Condé cherche mais il ne sait pas comment la demander. Actuellement, ce sont des intentions que les gens combattent ».

Mohamed Mansour Kaba, ancien ministre, président du Parti Panafricain des Guinéens (Ppg)

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Marche des femmes du FNDC : « Alpha Condé, cesses de tuer nos enfants »

19 novembre 2019 à 11 11 20 112011

Comme annoncé précédemment, les femmes du Front National pour la Défense de la Constitution manifestent une nouvelle fois ce mardi, 19 novembre 2019, à Conakry, pour dénoncer « les assassinats » de leurs enfants « par les forces de l’ordre ». Selon le constat des reporters de Guineematin.com, la mobilisation est en cours au rond-point de Bambéto, le point de ralliement.

De nombreuses femmes, habillées en blanc, sont arrivées sur les lieux. Certaines d’entre elles tiennent des pancartes sur lesquelles sont écrits des messages comme « Alpha Condé, cesses de tuer nos enfants ». Une innovation, d’autres manifestantes détiennent des balais en mains comme pour dire que si les tueries des manifestants anti-troisième mandat ne cessent pas, elles vont « balayer le président pour le faire partir ».

Mme Bah Hadja Maïmouna Diallo

Selon madame Bah Hadja Maimouna Diallo, l’une des responsables des femmes du FNDC, elles sont bien obligées aujourd’hui de protester dans la rue pour essayer de se faire entendre par les autorités. « J’ai un sentiment de tristesse parce que la raison pour laquelle nous manifestons m’attriste à plus d’un titre. Il s’agit de l’assassinat de nos enfants. Vous n’êtes pas sans savoir qu’en une semaine, on a déjà huit (8) corps qui sont couchés dans nos morgues, qui ne sont pas encore enterrés. Alors, en tant que femme, ça m’attriste à plus d’un titre.

Et si nous sommes dans la rue aujourd’hui, c’est pour encore une fois crier notre douleur devant l’opinion nationale et internationale parce que nous disons que la Guinée ne mérite pas cela. Ce pays a trop souffert, on me mérite pas cela en ce 21ème siècle. Vous savez que notre place n’est pas dans la rue en tant que femmes, mais si on nous y oblige, on n’est obligées d’élire domicile dans la rue, c’est pour cela que nous marchons. Nous nous sommes entendues de nous retrouver ici pour faire une marche pacifique, une marche blanche de protestation contre les tueries », a-t-elle expliqué.

Cette marche partira du rond-point de Bambéto pour s’achever au rond-point de Belle-vue.

A suivre !

De Bambeto, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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125 manifestants tués sous le régime Alpha Condé : Dembo Sylla (UDG) dénonce

19 novembre 2019 à 8 08 53 115311
Elhadj Dembo Sylla, vice-président de l’Assemblée nationale et du parti UDG

En Guinée, la répression sélective des citoyens laisse penser que le pouvoir cherche à opposer les ethnies les unes aux autres pour les pousser à un affrontement. Aujourd’hui, beaucoup d’intellectuels et de responsables politiques dénoncent cette stratégie et appellent les Guinéens à l’unité dans la défense de la Constitution et le respect des Lois de la République.

Ci-dessous, la réaction de l’honorable Elhadj Dembo Sylla, vice-président de l’Assemblée nationale :

Lorsque sous le régime de Alpha Condé on tue à balles réelles 125 citoyens, une vingtaine en une semaine, tous de la même ethnie, habitant la même Commune (Ratoma) et ressortissants de la même région naturelle (la Moyenne Guinée) sans que le président de la République ne fasse une seule adresse à la Nation à propos et le gouvernement ne se préoccupe que d’un bus de transport incendié, que comprendre de cette attitude ?

Les guinéens pensent que la situation n’est pas encore grave pour être la préoccupation majeure de tous les hommes raisonnables ? Et les imams de la République, le cas n’est pas suffisant selon le Coran pour que vous vous impliquez ?

Ces faits renforcent chaque jour l’unité des guinéens et guinéennes contre la répression, la division des guinéens sous des faux alibis, le régionalisme, l’ethnocentrisme ne passera plus jamais dans notre pays. Nous sommes tous unis contre la nouvelle constitution. La limitation à deux mandats présidentiels ne sera plus jamais violée en Guinée.

Honorable Elhadj Dembo Sylla

Vice-président de l’assemblée nationale

Premier vice-président de l’UDG

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Sidya Touré prévient le pouvoir : « les manifestations ne s’arrêteront pas »

18 novembre 2019 à 13 01 38 113811

Comme annoncé précédemment, les responsables du FNDC se sont retrouvés en plénière ce lundi, 18 novembre 2019, pour tirer les leçons de leur dernière marche dispersée par les forces de l’ordre et prendre de nouvelles dispositions pour la suite du combat en cours contre un troisième mandat en Guinée. A l’issue de la réunion, ils ont annoncé une marche des femmes du FNDC demain, mardi, contre « les assassinats de leurs enfants », les obsèques des jeunes tués lors de la dernière marche le jeudi, 21 novembre, et nouvelle manifestation le mardi, 26 novembre 2019.

A cette occasion, l’opposant Sidya Touré, président de l’UFR et membre du comité de pilotage du Front National pour la Défense de la Constitution, a prévenu le pouvoir quant à la détermination du FNDC de manifester jusqu’à la satisfaction effective de ses revendications. « Les manifestations ne s’arrêteront pas, nous les continuerons. Parce que nous devons absolument barrer le chemin à l’idée de ce troisième mandat qui est une présidence à vie et qui hypothéquera définitivement l’avenir des jeunes du pays. Ce n’est pas un problème politique, c’est un problème sociétal.

Neuf ans après la médiocrité de la gouvernance que nous avons connue, nous imposer cela à vie correspond à enfoncer définitivement notre pays dans les affres du sous-développement, de la misère, de la division, peut-être pourquoi pas de l’affrontement entre les groupes qu’on cherche à diviser. Il est important qu’on continue de prendre nos responsabilités. Ce que nous avons connu lors de la dernière manifestation, ne nous intimidera pas. Nous allons continuer à manifester parce que nous représentons aujourd’hui la frange des Guinéens qui portent l’espoir pour ce pays de s’en sortir. Sinon nous allons couler », a déclaré l’opposant.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Elhadj Sékhouna à Kindia : « la Basse Côte n’est pas divisée, on ne va plus se faire avoir »

18 novembre 2019 à 13 01 14 111411

« Ceux qui disent que la Basse Guinée est divisée, c’est des paroles en l’air. Mais, je vais vous dire, la Basse Guinée ne va plus se faire avoir… Je vous ai appelé pour qu’on lève nos mains vers le ciel pour que Dieu nous accorde le bonheur. Que tu sois Soussou, Peulh, Malinké ou Forestier, je demande à tout le monde de renforcer l’unité nationale ».

Comme annoncé précédemment, de nombreux sages de la Guinée se sont retrouvés à Kindia dans la journée d’hier, dimanche 17 novembre 2019, dans le cadre d’une cérémonie de lecture du saint Coran et de sacrifice pour la paix et l’unité nationale. Cette initiative du Kountigui de la Basse Côte, Elhadj Sékhouna Soumah, qui a connu une forte mobilisation, a été l’occasion pour les organisateurs d’appeler à l’unité nationale et de dénoncer les adeptes de la division, a constaté sur place Guineematin.com à travers son envoyé spécial.

La rencontre de Kindia a regroupé les Kountigui de Boké, Fria, Coyah, Boffa, Kindia, Forécariah, Dubréka, Télimélé, ainsi que de nombreuses personnalités de la région. Invité de marque du Kountigui de la Basse Côte, le président de la coordination nationale des Foulbhés et Haali Poular de Guinée, Elhadj Ousmane Baldé, a pris part au sacrifice.

Parmi les personnalités présentes, on peut citer l’ancien Premier ministre, Mamady Youla ; le président du PUP, Elhadj Fodé Bangoura ; le vice-président de l’UFR, Elhadj Ibrahima Bangoura ; le premier imam de la mosquée Fayçal de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara…

Dans son discours, Elhadj Mamadou Saliou Camara a invité les sages de notre pays à cultiver le vivre ensemble pour le bonheur de la Guinée. « Les coordinations de la Basse Côte, de la Moyenne Guinée, de la Haute Guinée et de la Guinée Forestière doivent se donner la main pour le bien de notre pays. Que chacune de ces coordinations ne défende pas seulement le bonheur de sa région. Parce que si par exemple la Moyenne Guinée a tout le bonheur qu’elle souhaite, si ce n’est pas le cas en Haute Guinée et en Forêt, ce bonheur ne sera pas total. Si la Basse Guinée est à l’aise alors que son voisin souffre, je vous jure que ça ne marchera pas. Acceptons de nous entendre en frères Guinéens. Que Dieu renforce l’entente entre nous Guinéens », a dit le premier imam de la mosquée Fayçal.

De son côté, Elhadj Sékhouna Soumah, le Kountigui de la Basse Côte, est revenu sur les raisons de cette cérémonie de sacrifice. « L’accession à l’indépendance a été parsemé d’embûches avec des bagarres et même des morts. Ensuite, la démocratie est venue avec d’autres problèmes. C’est pour cela que j’ai appelé le peuple à cette cérémonie pour demander à Dieu de transformer tout le mal qu’on a subi en bien. Nous sommes là pour implorer la grâce divine sur tout ce que la Basse Cote a fait de mal à Dieu, aux autres et à soi-même. On le fait pour demander à Dieu de répandre la miséricorde divine sur nous », a-t-il fait savoir.

En outre, Elhadj Sékhouna Soumah a demandé aux fils de la Basse Côte et à tous les guinéens de se donner la main pour sortir de nos difficultés. « Ceux qui disent que la Basse Guinée est divisée, c’est des paroles en l’air. Mais, je vais vous dire, la Basse Guinée ne va plus se faire avoir. Qu’on s’accepte, qu’on se pardonne, qu’on se donne les mains pour le bien de tous. Ceux qui pensent que cette réunion est politique, je leur réponds qu’on va parler politique au moment où il faut en parler. Sinon, je vous ai appelé pour qu’on lève nos mains vers le ciel pour que Dieu nous accorde le bonheur. Que tu sois Soussou, Peulh, Malinké ou Forestier, je demande à tout le monde de renforcer l’unité nationale ».

Pour sa part, Elhadj Ousmane Baldé, président de la Coordination nationale des Foulbhés et Haali Poular de Guinée, a salué l’initiative du Kountigui avant d’abonder dans le même sens. « Nous sommes satisfaits de cette initiative, de cette rencontre de Kindia. Nous avons en commun la Guinée et l’Islam. Nous devons tous prendre soin du bien commun. Battons nous pour enrayer l’hypocrisie et la haine en Guinée. Si on ne fait pas preuve de responsabilité, les immenses richesses de notre pays pourraient ne pas nous profiter. Grâce à l’entente, nous parviendrons à la paix sociale et au développement de la Guinée. C’est pour cela qu’on est obligé de s’entendre, qu’on le veuille ou non. Dans un pays où la religion est très ancrée, s’il n’y a pas d’hypocrites, on ne peut que progresser. C’est Dieu qui a décidé que nous ayons en commun ce pays, que tu sois de la Basse Côte, du Fouta, de la Haute Guinée ou de la Forêt. On ne doit pas céder aux discours des politiques qui ne cherchent qu’à nous diviser pour régner. Nous vous confions la Coordination. Je vous savoir que quand on me frappe devant ma porte et que le voisinage laisse faire, le même scénario va se produire le jour qu’on va s’en prendre aux voisins », a-t-il laissé entendre.

De retour de Kindia, Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 17 99 17

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Marche des femmes demain, funérailles le jeudi, marche le mardi… Voici le communiqué du FNDC

18 novembre 2019 à 12 12 19 111911

Depuis sa création le 3 avril 2019, à l’initiative de la société civile guinéenne, le FNDC s’est érigé comme étant le rempart contre le tripatouillage de la Constitution guinéenne pour permettre au Président de la République de s’éterniser au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels.

A ce jour, le FNDC se félicite d’avoir réussi à fédérer la frange la plus importante du peuple de Guinée pour s’opposer aux velléités de confiscation du pouvoir par un clan mafieux qui se caractérise par le mensonge, l’arrogance, la médiocrité et la cruauté.

Le FNDC est parvenu à déjouer tous les plans et stratégies mis en place par les promoteurs du troisième mandat qui n’ont pas hésité à inféoder les Institutions de la République, à tenter de diviser et manipuler les ethnies qui vivent en harmonie dans notre pays, pire, à user de la répression comme arme de dissuasion contre les citoyens qui ont adhéré à l’esprit de notre Mouvement.

Le FNDC déplore les graves violations des droits humains perpétrées par les forces de défense et de sécurité depuis le déclenchement de ses manifestations le 14 octobre 2019, notamment les assassinats et les multiples arrestations arbitraires des citoyens et leaders du Mouvement.

Le succès retentissant des différentes manifestations du FNDC a considérablement ébranlé le Président Alpha Condé et son clan tout en alertant la Communauté internationale et les Organisations de défense des droits de l’homme sur les dérives dictatoriales du régime guinéen.

Depuis sa dernière manifestation du 14 novembre 2019, le FNDC s’engage dans un nouveau cycle de manifestations qui ne prendra fin qu’avec la satisfaction de ses revendications à savoir : l’abandon du projet de tripatouillage de la Constitution, la libération immédiate et sans conditions des membres du FNDC et toutes les personnes arbitrairement arrêtées, et la mise sur pied d’une Commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur les violations récurrentes des droits humains.

Le FNDC entreprendra des séries de manifestations qui se tiendront chaque semaine et qui mobiliseront l’ensemble de ses antennes de Conakry, de l’intérieur et de l’extérieur du pays.

D’ores et déjà, vingt-cinq préfectures réparties sur l’ensemble des régions du pays s’apprêtent à manifester au cours de cette semaine.

Les femmes du FNDC de Conakry et de plusieurs villes du pays, ont décidé de marcher le 19 novembre 2019 pour dénoncer les assassinats de leurs enfants victimes des répressions sanglantes de ces derniers temps. Les femmes de l’extérieur du pays ne sont pas en marge de la dynamique ainsi amorcée.

L’enterrement des dernières victimes de l’expédition punitive orchestrée par les forces de l’ordre dans les quartiers de Conakry et lors de la récente marche funéraire, est prévu le jeudi 21 novembre 2019.

La Coordination Nationale du FNDC appelle à son tour à une grande marche pacifique le mardi 26 novembre 2019 à Conakry, sur un itinéraire qui fera l’objet d’une large diffusion dans les heures à venir.

A cet effet, le FNDC invite toutes les populations de Conakry et de l’ensemble des villes de l’intérieur du pays à se mobiliser dans un esprit de cohésion et de solidarité pour mettre en échec le projet funeste du troisième mandat en Guinée.

Ensemble unis et solidaires, Nous vaincrons.

Conakry, le 18 novembre 2019

La Coordination nationale du FNDC

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Guinée : le défi de l’inévitable changement

17 novembre 2019 à 11 11 58 115811
Elhadj Fodé Oussou Fofana, membre du Front national pour la défense de la constitution

Par Fodé Oussou Fofana : Le pays est caractérisé par une lutte ardue entre les forces rétrogrades qui tirent la Guinée vers le bas et celles qui se battent pour extirper la nation du bourbier dans lequel le Président Alpha Condé l’a plongé afin qu’il s’élève vers le haut.

En effet, les forces rétrogrades ont fini d’instaurer comme mode de gouvernance le pillage de nos maigres ressources, la promotion de la culture de la médiocrité, de la corruption, du détournement des deniers publics, du favoritisme, de l’injustice, des tortures, des tueries, de la barbarie aveugle, de l’impunité, de la stigmatisation, de l’exclusion et de la division.

De nos jours, l’opinion nationale et internationale est suffisamment en mesure d’apprécier les pratiques de gouvernance du Président Alpha Condé qui avait promis d’être à la fois le Mandela et Obama de la Guinée par rapport à celles pratiquées par ces deux figures de réputation internationale.

Le Monde entier a observé le Président Mandela dans l’exercice de ses fonctions. Il a réconcilié les Sud-Africains dans un exercice sans précèdent en amenant son peuple à tourner la page d’un passé divisé, vers un avenir partagé. Ensuite, il a rendu le pouvoir après un seul mandat en confortant la jeune Démocratie Sud-Africaine. Au finish, Il a légué un pays réconcilié vers un destin commun et des institutions solides.

Le Président Obama qui hérita d’une situation économique catastrophique et d’une diplomatie mondiale très controversée. Il s’attela à fouetter l’économie américaine en relevant les secteurs en faillite et lancer des chantiers gigantesques. Il a sorti son pays des différents bourbiers dans lesquels son prédécesseur avait plongé les USA et rétabli la confiance avec le reste du monde.

Le nôtre a divisé les Guinéens, détruit le tissu économique et social, affaibli toutes les institutions en les inféodant et s’apprête à changer la constitution dans le but de s’éterniser au pouvoir en oubliant l’expérience amère de Blaise Compaoré.

Les forces du changement incarnées par le FNDC se battent pour imposer le respect de la Constitution, mettre termes au pouvoir à vie, lutter contre l’impunité, instaurer la culture du mérite, réconcilier les guinéennes et guinéens, promouvoir la primauté de l’état de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Les forces du changement ne laisseront plus le pays être gouverné comme par le passé. Le vent du changement exige de nos dirigeants d’apprendre à être à l’écoute et rendre des comptes au peuple. Notre combat s’inscrit en droite ligne de cette nouvelle exigence qui correspond à nos valeurs et principes de combat.

Elhadj Fodé Oussou Fofana, Membre du FNDC

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Le cri de cœur d’un élu de Ratoma : « ces tueries doivent s’arrêter, la vie de l’homme est sacrée »

16 novembre 2019 à 20 08 08 110811
Abdoul Salam Sow, 7è vice maire de la commune de Ratoma

La liste des personnes tuées par balles dans le combat contre le contesté projet de 3ème mandat pour Alpha Condé ne cesse de s’allonger. La commune de Ratoma, particulièrement ciblée, paye le plus fort de cette répression qui s’abat sur des civils innocents. Une situation qui provoque un sentiment de révolte, notamment chez Abdoul Salam Sow, 7ème vice maire de Ratoma. Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, ce conseiller communal a dénoncé ce qui est entrain de se passer dans certains quartiers de l’Axe et appelle les forces de l’ordre à agir dans les règles de l’art.

Le bras de fer entre le pouvoir et le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) a endeuillé une vingtaine de familles en un mois de protestation contre le 3ème mandat pour Alpha Condé. Indigné par cette situation inquiétante, Abdoul Salam Sow s’est fait entendre en dénonçant l’excès de zèle des forces de l’ordre. « J’ai le cœur serré de parler de cette situation aujourd’hui, en tant que responsable de la commune de Ratoma où particulièrement les tueries se font. Il faut dire que cette situation devient de plus en plus préoccupante. Je dois dire que les interventions des services de sécurité sont aujourd’hui caractérisées par un excès de zèle dans le maintien d’ordre au niveau de Ratoma. Les marches débutent au niveau de la commune de Matoto où il y eu des foules importantes, il n’y a pas eu de cas de décès malgré la présence de milliers de marcheurs autour des responsables du FNDC. Pour ce qui est du cas récent, lorsque les gens sont rentrés chez eux, dans leurs quartiers, il y a eu une répression qui est allée à l’excès. Malheureusement, il y a eu des cas de morts de jeunes gens dans les quartiers d’Hamdallaye, de Koloma et de Bomboly. Tous sont âgés de moins de 20 ans. Se mettant à la place de leurs familles, c’est vraiment dur. En tant responsable, ça me fait des soucis », a laissé entendre Salam Sow.

Devant cette terrible épreuve imposée à sa commune, Abdoul Salam Sow invite les services de sécurité à faire preuve de professionnalisme dans le maintien de l’ordre. « Je dirai aux agents des forces de l’ordre d’agir de façon professionnelle dans leurs différentes interventions, en restant sur les lieux qui leur sont indiqués et de ne pas rentrer dans les quartiers et jusque même dans les concessions des familles. Ils doivent comprendre que c’est une position que ces jeunes défendent. Il faut qu’on accepte la liberté d’opinion. Mourir à la fleur de l’âge pour une question de Oui ou de Non dans un pays qui se veut démocratique ne se doit pas. Ces jeunes, s’ils vivaient, ils pouvaient devenir des policiers ou des gendarmes comme eux pour servir ce pays tout comme ils pouvaient devenir des personnalités utiles à la nation », pense-t-il.

En outre, l’élu de Ratoma rappelle que la vie humaine ne doit pas être banalisée à ce point. « La vie de l’homme est sacrée. Rien ne vaut la vie. Ces agents doivent comprendre qu’ils ont leurs fils chez eux, qu’ils dorlotent à leur retour à la maison. Aujourd’hui, c’est des familles entières qui pleurent. Ces tueries doivent s’arrêter. Je profite de cette occasion pour en appeler à la retenue de la part des services de sécurité sur le terrain. Que l’on comprenne que la vie de l’homme n’a pas de prix. Je voudrais que la population de Ratoma qui m’a élu soit en paix, comme tous les autres. Je voudrais aussi que chaque citoyen de la Guinée puisse bénéficier de la liberté d’opinion, et donc de la liberté d’expression puisque c’est un droit pour tous ».

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél. : 00224 622919225 / 666919225

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Guinée : Dr. Ousmane Kaba (PADES) dénonce des assassinats ciblés à Ratoma et appelle à l’union sacrée

16 novembre 2019 à 18 06 39 113911

La répression meurtrière des manifestations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) contre le 3ème mandat a dominé les débats ce samedi, 16 novembre 2019, au siège du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES). Dr Ousmane Kaba, le président de cette formation politique, a dénoncé les agissements du pouvoir Alpha Condé qui procède à des assassinats ciblés pour saborder le FNDC en vue de réduire son combat sous le prisme ethnique, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

C’est un Dr Ousmane Kaba très remonté qui a pris la parole ce samedi devant ses partisans. Il a dénoncé la répression de la marche du FNDC dont son parti est membre dans la contestation du projet de 3ème mandat. « Le jeudi 14 novembre, tout le monde a vu la répression de la marche en Guinée. C’est le lieu de rendre hommage à tous les manifestants, de rendre hommage à tous nos leaders qui ont accepté d’aller braver les gaz lacrymogènes et qui sont prêts hier, aujourd’hui et demain à se battre pour que notre jeunesse puisse vivre dans un pays libre et prospère et dans un pays démocratique. C’est la raison pour laquelle nous condamnons avec la dernière énergie la répression qui en train de s’abattre, la dictature que notre pays est en train de connaître ».

Par ailleurs, Dr Ousmane Kaba a tiré à boulets rouges sur le pouvoir du président Alpha Condé qui procède par des assassinats ciblés dans le dessein de diviser les guinéens. Mais, prévient-il, ça ne marchera pas. « Tout le monde se rend compte que les enfants d’une communauté particulière sont visées en Guinée. Mais, c’est fait exprès, c’est pour diviser le peuple de Guinée, c’est pour que nous allions à la guerre civile. Mais, ça ne se passera pas de cette manière. Ici comme ailleurs, la Guinée restera unie. Aujourd’hui en Guinée, c’est la guerre entre le Bien et le Mal, c’est la guerre entre la démocratie et la dictature. Ils veulent nous entraîner dans une guerre ethnique, mais ils n’arriveront pas. Personne n’arrivera à diviser la Guinée, nous sommes là à veiller à cela, pour qu’on sache qu’en Guinée, nous allons résister ensemble, main dans la main, pour gagner la liberté de notre pays. Comment voulez vous que nous acceptions, 60 ans après l’indépendance, la nouvelle colonisation ? Là, c’est de là qu’il s’agit », a laissé entendre le président du PADES.

Devant ces velléités du pouvoir à détruire le FNDC, Dr Ousmane Kaba invite à l’union sacrée pour préserver notre pays des affres d’une guerre civile. « Je lance un appel à tous les partis politiques, de savoir que nous allons continuer à nous battre tous les jours, tous les guinéens, main dans la main contre la dictature. Dans une Guinée unie, nous allons nous donner la main, parce qu’ils cherchent à nous diviser, ils cherchent à ce qu’il y ait une guerre civile en Guinée, mais il n’y aura pas de guerre civile en Guinée », martèle-t-il.

Enfin, le président du PADES a dénoncé les souffrances endurées par les guinéens à cause de mauvaise gestion qui caractérise le pouvoir en place.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Tueries de manifestants en Guinée : la marche des femmes en France

16 novembre 2019 à 16 04 16 111611

Communiqué : les Femmes Guinéennes de France, en tant que Mamans, invitent à une Marche Blanche et silencieuse qu’elles organisent le samedi prochain, 23 Novembre de 14h à 17h. Cette marche (dont l’itinéraire est Porte Dauphine, Parvis des Droits de l’Homme, Place Trocadéro) vise à porter à la connaissance du monde et dénoncer les tueries par balles réelles perpétrées sur la population particulièrement jeune du pays.

Aucune maman de Guinée, toutes régions confondues, ne pouvant rester indifférente à ces tueries délibérées de nos enfants, nous devons nous lever toutes et tous, au-delà de nos divergences, pour crier notre colère contre ceux qui endeuillent les mamans et les familles de Guinée.

Si cela vous touche humainement, venez dire STOP à ces crimes et réclamer Justice. Les mamans, les Mamies, les jeunes femmes, les fillettes… venez toutes et tous ce jour avec des photos des jeunes victimes (habillez-vous en blanc). Nous devons toutes, tous, peu importe notre bord, nous rassembler ce samedi pour rappeler que la vie Humaine est sacrée.

Pour l’amour de la Patrie, bravons la Pluie, le Froid, la Neige pour sortir massivement et MANIFESTER NOTRE Colère et notre RAS-LE-BOL de ses tueries.

Contacts : Dédé BOKONI (07 55 04 41 37)

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Tueries de manifestants en Guinée : Kalémodou accuse Alpha Condé et le Général Mathurin

16 novembre 2019 à 15 03 48 114811

Les récentes tueries de manifestants, membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), opposés au 3ème mandat pour Alpha Condé en Guinée, ont choqué les consciences. A l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), c’est un sentiment de colère et de révolte qui se dégage. Kalémodou Yansané, un des vice-présidents du principal parti de l’opposition, impute la responsabilité de cette tragédie au président Alpha Condé et aux autorités locales de Conakry. Il l’a annoncé ce samedi 16 novembre 2019, à l’occasion de l’assemblée générale du parti, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pour Kalémodou Yansané, l’appel lancé par le président Alpha Condé à l’affrontement est la conséquence du drame que traverse notre pays en ce moment, avec une vingtaine de tués par balles dans la lutte contre le 3ème mandat. « Au siège d’un parti politique, au RPG Arc-en-ciel, le président de la République a ôté son manteau pour parler comme un citoyen ordinaire, pour appeler à l’affrontement. L’affrontement a commencé et c’est lui qui en a donné le mot d’ordre, c’est lui qui a donné ordre aux militaires de tirer sur les jeunes, c’est lui qui a donné les instructions de brûler le bus, c’est lui qui a donné les instructions à Boureyma Condé d’interdire les cortèges. Il l’a dit publiquement au siège d’un parti politique, c’est le président Alpha Condé lui-même », accuse monsieur Yansané.

Par ailleurs, le vice-président de l’UFDG dénonce le comportement des commis de l’Etat, préoccupés à garder leurs privilèges, en campagne pour le 3ème mandat. « Aujourd’hui, tout le gouvernement, tous les rejetés du peuple de Guinée sont entrain de mener une campagne contre le peuple de Guinée. A la tête de la campagne, le président de l’Assemblée Nationale qui a eu le courage de dire que la Constitution qui lui a permis d’être président du parlement est une constitution qui est contre le peuple de Guinée. C’est une honte pour le pays », a-t-il lancé.

Pour ce qui est de la manifestation du jeudi 14 novembre 2019, soldée par la mort de 4 jeunes gens, Kalémodou Yansané en impute la responsabilité au gouverneur de Conakry et aux maires des communes. Il dénonce une agression contre le Front National pour la Défens de la Constitution (FNDC). « Vous avez tous constaté ce qui s’est passé le 14 novembre à Condébounyi. C’est une agression contre le FNDC. Une agression perpétrée contre le FNDC par les autorités locales de Conakry en complicité avec monsieur le gouverneur. Lui, qui est un général d’armée, qui connait parfaitement la règle en la matière, qui attend la nuit tardive pour dire vous ne passez par ici, mais par là. La première faute qui a abouti aux accrochages vient de là. Les autorités locales n’ont pas pris leurs responsabilités et ont failli à leur devoir. Il aurait dû appeler 48 heures à l’avance les organisateurs pour parler de l’itinéraire. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? J’impute la 1ère responsabilité des affrontements au gouverneur de Conakry », accuse-t-il.

En outre, le président de la séance dément les autorités sur l’origine de l’incendie d’un bus de transport en commun le 14 novembre dernier à Gbessia. « Aujourd’hui, ils passent dans tous les médias pour dire que les militants sont violents. Ils parlent d’un bidon de 20 litres qui a servi à brûler le bus. Comment quelqu’un peut-il être dans une marche avec un bidon de 20 litres d’essence sans se faire repérer par la sécurité qui est là ? Est-ce que c’est possible ça ? Peut-être qu’ils ont organisé eux-mêmes cette affaire de bus brûlé », a-t-il lancé.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 9 17

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Alpha Condé à N’Zérékoré : « aujourd’hui, nous avons deux Guinée »

16 novembre 2019 à 15 03 40 114011

Comme annoncé précédemment, le président Alpha Condé a animé un meeting ce samedi, 16 novembre 2019, dans la ville de N’Zérékoré où il est arrivé hier. Devant de nombreux cadres et citoyens mobilisés pour la circonstance, le chef de l’Etat guinéen a vanté les mérites de sa gouvernance, citant plusieurs actions de développement réalisées sous son règne et d’autres en perspectives dans différents secteurs de développement, a constaté le correspondant de Guineematin.com à N’Zérékoré.

Alpha Condé a déclaré qu’il y a deux Guinée qui contrastent aujourd’hui, faisant allusion aux partisans et aux opposants de son projet de nouvelle constitution, qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat. « Aujourd’hui, nous avons deux Guinée : la Guinée qui veut avancer, tournée vers l’avenir, et ceux qui regardent dans le rétroviseur, qui veulent revenir aux pratiques où ils dilapidaient les fonds de l’Etat pour eux et leurs familles. Voilà les deux Guinée qui contrastent… Ici, vous êtes l’incarnation de la Guinée qui veut aller de l’avant, la Guinée qui veut progresser, la Guinée de demain… Alors, laissons-les regarder dans le rétroviseur. Nous, on regarde devant », a-t-il dit avec un air de sérénité.

Et cela, malgré la contestation en cours dans le pays qui a déjà coûté la vie à une vingtaine de jeunes, tués quasiment tous par balles à l’occasion des manifestations contre un troisième mandat pour l’actuel président Alpha Condé. Cette contestation menée par le Front National pour la Défense de la Constitution, les pertes en vies humaines et autres blessés qui en résultent ne semblent nullement dissuader Alpha Condé. Le chef de l’Etat réitère son engagement à organiser le très controversé référendum constitutionnel.

« Le train de la Guinée a démarré, il y en a qui veulent arrêter ce train, mais ils perdent leur temps. La démocratie c’est quoi ? Les latins disaient Vox Populi-Vox Dei. C’est-à-dire la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Mais, comment peut-on être démocrate et avoir peur du suffrage universel ? Comment peut-on être démocrate et avoir peur que le peuple s’exprime ? Mais, soyez certains, personne ne m’intimidera ! Personne ne m’intimidera ! Je l’ai dit et répété, aujourd’hui encore je le dis haut et fort ici à N’Zérékoré, je ferai ce que le peuple de Guinée veut », a dit Alpha Condé.

Evoquant brièvement les cas de morts enregistrés dans les manifestations contre son projet de troisième mandat, le président de la République a accusé une fois encore ses opposants de « tirer sur les gens pour accuser nos forces armées ».

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Changement de constitution ? Alpha Condé fera « ce que le peuple veut » (discours de N’zérékoré)

16 novembre 2019 à 13 01 48 114811

Une vingtaine de personnes ont déjà été tuées, de nombreux leaders et militants du FNDC arrêtés, jugés et condamnés pour avoir appelé à manifester contre la volonté du président à changer la constitution. Ce qui lui permettrait de continuer à diriger la Guinée. Au cours d’un meeting qu’il a animé ce samedi, 16 novembre 2019, le président Alpha Condé a réitéré : « je ferai ce que le peuple veut », rapporte un reporter de Guineematin.com qui a assisté à ce meeting.

La Guinée avance peu à peu dans une crise politique. Le président de la République tient à changer la constitution, ce qui lui permettrait de faire un troisième mandat à la tête de la Guinée. Lui et son entourage battent campagne dans ce sens avec les moyens de l’Etat. Et, ceux qui sont opposés à ce projet sont empêchés de s’exprimés. Les leaders du Front national pour la défense de la constitution ont été arrêtés, jugés et condamnés. La répression des manifestations a entraîné la mort d’une vingtaine de personnes, plusieurs blessés et de nombreux dégâts matériels. Pourtant, le président Alpha Condé n’a toujours pas dit avec certitude ce qu’il compte réellement faire.

En attendant de revenir en détail sur ce meeting, Guineematin.com vous propose un extrait du discours du président Alpha Condé :

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Féguifoot : Antonio Souaré se plante doublement

16 novembre 2019 à 12 12 06 110611
Mamadou Antonio Souaré, président de la fédération guinéenne de football

A l’occasion de la célébration du 60ème anniversaire de la fédération guinéenne de football, son président, Mamadou Antonio Souaré, a fait une annonce inédite et inattendue dans son discours. « J’accorde l’amnistie à tous les anciens membres du bureau exécutif de la fédération » !

Tout d’abord, les lois guinéennes n’accordent qu’au président de la République les prérogatives de gracier ou d’amnistier un condamné. Or, il se trouve que la plainte de Mamadou Antonio Souaré n’a toujours pas été appréciée par la justice, elle est toujours pendante au tribunal de première instance de Kaloum. Même si Antonio Souaré se prenait alors pour Alpha Condé, il ne pouvait en aucune manière amnistier Salifou Camara, Ibrahima Blasco Barry et Morton Soumah dans la mesure où aucun tribunal n’a à ce jour établit la culpabilité de ces trois accusés de détournement de plus de vingt milliards de francs guinéens au préjudice de la fédération guinéenne de football.

On ne le dit pas souvent, mais il importe de noter qu’une accusation ne signifie pas nécessairement une culpabilité. C’est pourquoi, les accusés tiennent absolument à un procès qui leur permettrait de prouver leur innocence et de laver leur honneur et leur dignité.

A lire de près, on comprend aisément que Antonio Souaré n’a aucune maîtrise des textes qui régissent le fonctionnement de la fédération guinéenne de football. La réponse de Salifou Camara Super V à la note le suspendant en est une parfaite illustration.

Guineematin.com vous propose de lire les trois documents suivants :

Super V plainte Antonio Souaré

Décision 003 (Suspension Salifou CAMARA)

Lettre protestation

Salifou Camara Super V
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Guinée : Alpha Condé déjà à N’zérékoré ! La presse privée écartée…

15 novembre 2019 à 16 04 45 114511
Le président Alpha Condé à son arrivée à N’zérékoré ce vendredi, 15 novembre 2019

Le président Alpha Condé est arrivé à N’zérékoré dans l’après-midi de ce vendredi, 15 novembre 2019. Son hélicoptère s’est posé à l’aérodrome situé en périphérie de la ville, loin des regards de la presse privée, avant qu’il se rende à la villa Syli. Un meeting est annoncé demain samedi dans la commune urbaine, qui accueille de nombreuses personnalités de l’administration publique pour la circonstance, a appris Guineematin.com à travers ses reporters.

Selon nos informations, le président Alpha Condé est arrivé dans la capitale de la Guinée Forestière en compagnie de Malick Sankhon, directeur de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS).

Après avoir brillé par son absence à Kissidougou, Gueckédou et Macenta où il était annoncé, le chef de l’Etat devrait s’adresser à ses partisans qui trépignent d’impatience. On note la présence de nombreux cadres venus participer à la fête : Papa Koly Kourouma (Ministre de l’Hydraulique), Rémy Lamah (nouveau ministre de la Santé), Frédéric Loua (ministre de la pêche), Christine Sagno (ANAFIC), Aissatou Béla Diallo (service de com. de la présidence) et bien d’autres.

Les élèves sont invités par la direction préfectorale de l’éducation à bouder les cours pour venir assister à la fête. Il en est de même pour les vendeurs et autres marchands qui ont reçu des instructions à ce sujet de la part de la chambre du commerce locale.

Cette visite intervient à un moment où le débat fait rage entre pro et anti nouvelle constitution, avec une vingtaine de morts déjà enregistrée à travers le pays.

Nous y reviendrons !

Alpha Kanso avec Foromo Loua pour Guineematin.com

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Urgent : décès de Mouctar Diallo, lycéen blessé ce matin à Hamdallaye

15 novembre 2019 à 12 12 14 111411

C’est le quatrième jeune tué suite à la dispersion de la marche du Front national pour la défense de la Constitution hier, jeudi 14 novembre 2019, à Conakry. Selon monsieur Alhassane Diallo, père du défunt, joint au téléphone par Guineematin.com, son fils aîné a rendu l’âme à l’hôpital de l’amitié sino-guinéenne de Kipé.

Un peu plutôt, monsieur Yantoulaye Diallo, communément appelé Bappa Yantoulaye, chef du secteur 2 de Hamdallaye 1, expliquait au téléphone de Guineematin.com que le jeune lycéen revenait de l’école quand il a été blessé par balle par des agents des forces de l’ordre.

Le chef du secteur (qui a lui-même un de ses enfants blessés hier par balle) a indiqué que c’est ce matin, vers 8 heures 30 que ce lycéen a été blessé près de la station « Nana Telico », face à son école (lycée Elhadj Baïlo) qu’il quittait comme tous les autres élèves pour rentrer à la maison, justement à cause des troubles.

Originaire de la sous-préfecture de Mitty, préfecture de Dalaba, Mouctar Diallo aurait rendu l’âme à l’hôpital de l’amitié Sino-guinéenne de Kipé où il avait été conduit pour des soins intensifs après sa blessure par balle. Il avait 19 ans.

Paix à son âme, amine !

A rappeler que le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), qui organisait hier l’acte quatre de ses manifestations à Conakry, réclame la libération de ses leaders et militants emprisonnés et le renoncement du président Alpha Condé à son projet de nouvelle constitution qui lui donnerait la possibilité de faire un troisième mandat. Mais, peu après leur départ du rond point de l’aéroport, les marcheurs ont été dispersés par les forces de sécurité qui les accusent d’avoir voulu violer l’itinéraire autorisé par le Gouvernement. Cette dispersion entraînera plusieurs dégâts dont quatre morts : Alpha Souleymane Diallo (16 ans et originaire de Téliré, dans la préfecture de Mali), Abdourahamane Diallo (19 ans, originaire de Mitty, préfecture de Dalaba), Amadou Oury Barry (32 ans, originaire de Maréla (préfecture de Faranah), et Mouctar Diallo (19 ans, originaire de la sous-préfecture de Mitty, préfecture de Dalaba).

Malheureusement, dans certaines familles, on a été obligé de délocaliser la cérémonie de présentation des condoléances à cause des risques sécuritaires.

A suivre !

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