Aly Kaba sur la rencontre du RPG et alliés : « d’importantes décisions sont attendues dans les jours à venir »

15 octobre 2021 à 10 10 10 101010
Aly Kaba, président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel

Le RPG Arc-en-ciel et ses alliés, renversés du pouvoir par la troupe du colonel Mamadi Doumbouya, le 5 septembre dernier, se sont retrouvés dans l’après-midi d’hier, jeudi 14 octobre 2021, pour tabler pour la première fois sur la libération du président déchu, Alpha Condé, la remobilisation de la troupe et l’élaboration d’une stratégie de reconquête du pouvoir.

Au micro de Guineematin.com, Aly Kaba, ancien président du Groupe parlementaire de la majorité parlementaire va plus loin et annonce d’importantes décisions à venir dans les prochains jours.

« Nous avons eu une importante rencontre ce jeudi , dans l’après-midi, au siège national du RPG Arc-en-ciel à Gbessia, des membres de la Direction Nationale du Parti, élargie au Comité central pour élaborer des stratégies pour la libération du président Pr Alpha CONDÉ et la remobilisation du parti. Dans les jours à venir d’importantes décisions allant dans ce sens seront prises », a indiqué ce membre du Bureau politique du RPG Arc-en-ciel.

Ont pris part à cette rencontre, plusieurs figures emblématiques du parti et de ses alliés. Il s’agit autres de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro CAMARA, de l’ancien Premier ministre Chef du gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana, de l’ancien Ministre de la défense nationale et des affaires présidentielles, Dr Mohamed Diané, du Secrétaire général du RPG AEC, Honorable Saloum Cissé, des anciens ministres Bantama Sow, Ibrahima Kourouma, Lansana Komara, Hadja Nantou Cherif, Elhadj Ousmane Bah, Alhousseiny Makanera Kaké, Papa Koly Kourouma. Une tâche qui s’annonce difficile.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45 

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Les médias privés et la radio nationale écartés par le CNRD : « ça commence mal », dit Amara Camara

14 octobre 2021 à 8 08 05 100510

« Dadis Camara pensait que tout ce qu’il faisait, c’était à la télé et c’était en direct… Mais, quand le Président Alpha Condé aussi est venu, la radio a été complètement exclue des programmes du Président… Aucun des voyages du Président Alpha Condé n’a été couvert par la radio nationale. Si on en a parlé, c’est peut-être quand il le décide, il dit à son reporter de faire quelque chose pour la radio nationale. Donc, c’est ce système qui a continué jusqu’à aujourd’hui. On pense que c’est la télévision nationale qui soigne leur image, alors que quand on doit communiquer pour la population, on ne doit exclure aucun média. Parce que chaque média a ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs. Il y en a qui préfèrent les sites d’informations, d’autres les radios privées et d’autres aussi la radio nationale… Je pense qu’il faut qu’on les conseille, parce qu’on ne peut pas déclarer la guerre aux médias, qu’ils soient publics ou privés. Les médias sont un mal nécessaire, il vaut mieux les avoir avec soi que de les avoir contre soi », a notamment dit Amara Camara.

Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat perpétré le 05 septembre dernier contre le régime Alpha Condé, le Comité national du rassemblement pour le développement (la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée) ne développe pas actuellement de bonnes relations avec la presse privée, ainsi d’ailleurs que la radio nationale. Les proches collaborateurs de la junte écartent très souvent les représentants des médias privés et de la radio nationale lors des rencontres officielles. C’est le cas par exemple lors des cérémonies d’installation du Premier ministre, Mohamed Béavogui, et du Secrétaire général de la présidence de la République, le colonel Amara Camara, ainsi que lors de la visite du président Sierra Léonais, Julius Maada Bio, ou encore de la rencontre organisée mardi dernier, 12 octobre 2021, à la Primature, entre le Premier ministre et le secrétaires généraux des différents départements ministériels.

Très récurrent, ce rejet est teinté de mépris. Et, c’est le weekend passé que le Rubicon a failli être franchi, quand des éléments des forces spéciales (l’unité d’élite qui a déposé Alpha Condé le 05 septembre dernier) ont investi les locaux du Groupe Djoma Média avec des tirs d’armes automatiques. Ce comportement des militaires inquiète les professionnels des médias et suscite des interrogations sur la nature des relations que le CNRD veut entretenir avec la presse privée en Guinée.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, mardi 12 octobre 2021, Amara Camara, ancien rédacteur en chef de la radio nationale (RTG), estime que cette façon d’agir des nouvelles autorités de Guinée est à bannir. Amara Camara pense que la junte guinéenne doit revoir sa copie pour corriger ce « mauvais départ » avec la presse privée.

« Je me dis que c’était une descente qui était prévue. Eux (le CNRD), ils disent que ce n’était qu’une descente ; mais, c’est pour vérifier une information. C’est ce que colonel Balla Samoura a dit. Mais, moi je pense que s’il y a des informations autour, pas forcément les médias, mais de n’importe quel citoyen, l’idéal serait d’aller avec les règles. Et, ces règles, à mon avis, veulent qu’on convoque les gens ou alors qu’on vienne dans le temps imparti par la loi. Parce que normalement, à ce que je sache, les officiers de police judiciaire le disent souvent, qu’entre 6 heures et 18 heures, c’est l’intervalle requis pour des interventions de ce genre. Mais, si les gens viennent à 22 heures, et au de-là, pour dire que c’est pour vérifier une information, à mon avis, c’est trop faire. C’est effrayant pour un média. Quoi que l’on cherche aujourd’hui à rassurer les médias, je pense que c’est très compliqué. Et, ça commence mal. Je souhaite que ces gens revoient leur copie pour éviter qu’on ne continue à subir des telles descentes policières ou militaires », a dit Amara Camara.

Pour ce doyen de la presse guinéenne, la mise à l’écart des médias privés doit être débattue par les associations de presse pour trouver une solution.

« Cette question doit être débattue entre les associations de presse et les responsables actuels (le CNRD). Mais, je vous avoue que ce n’est pas seulement les médias privés qui sont exclus. A la RTG par exemple, même la radio nationale n’est pas associée. Les gens pensent que c’est la télévision nationale qui constitue le seul média qui peut porter leur message. Or, les Guinéens sont partagés entre les médias. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, la radio nationale est l’un des médiums les plus écoutés en Guinée. Ne serait-ce qu’à travers les éditions d’informations qui sont synchronisées par les 35 stations des radios rurales de Guinée et par certaines radios privées de l’intérieur. Mais, quand les gens viennent, on dit que c’est la caméra qui intéresse les autorités », a indiqué Amara Camara.

A en croire ce journaliste de la RTG, de même que les journalistes des médias privés, ceux de la radio nationale souffrent également de ce sentiment d’être rejetés par les autorités guinéennes, surtout depuis l’élection du président Alpha Condé. Malheureusement, le CNRD est sur la voie de perpétuer cette mauvaise pratique à l’égard de la presse.

« Dadis Camara (qui était président du CNDD et de la Transition guinéenne en 2008, NDLR) pensait que tout ce qu’il faisait, c’était à la télé et c’était en direct. Ce qui n’était pas vérifié. Mais, quand le Président Alpha Condé aussi est venu, on pensait qu’il communiquait avec le bas peuple, notamment avec la radio nationale. Mais, la radio a été complètement exclue des programmes du Président Alpha Condé. Aucun des voyages du Président Alpha Condé n’a été couvert par la radio nationale. Si on en a parlé, c’est peut-être quand il le décide, il dit à son reporter de faire quelque chose pour la radio nationale. Donc, c’est ce système qui a continué  jusqu’à aujourd’hui. On pense que c’est la télévision nationale qui soigne leur image, alors que quand on doit communiquer pour la population, on ne doit exclure aucun média. Parce que chaque média a ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs. Il y en a qui préfèrent les sites d’informations, d’autres les radios privées et d’autres aussi la radio nationale. Mais, on laisse tous ces gens à côté… Je pense qu’il faut qu’on les conseille, parce qu’on ne peut pas déclarer la guerre aux médias, qu’ils soient publics ou privés. Les médias sont un mal nécessaire, il vaut mieux les avoir avec soi que de les avoir contre soi », a précisé Amara Camara.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Kaba Guiter aux nouvelles autorités guinéennes : « faites des audits des travaux publics »

8 octobre 2021 à 19 07 25 102510
Ansoumane Kaba, PDG de la société Guiter SA

C’est à travers une conférence de presse, organisée hier, jeudi 07 octobre 2021, que le Président Directeur Général de la société Guiter SA a dénoncé la sortie médiatique de Mahmadou Bokoungou, son ancien partenaire. Ansoumane Kaba jure que le patron d’Ebomaf n’a véhiculé que du vent, lors de sa conférence de presse, organisée récemment à Ouagadougou (Burkina Faso). D’ailleurs, l’homme d’affaires guinéen, proche du régime déchu exhorte la junte militaire au pouvoir en Guinée d’engager des audits au ministère des Travaux publics pour traquer ceux qui ont pillé les maigres ressources du pays et récupérer l’argent public détourné…

La sortie médiatique du PDG d’Ebomaf ne passe pas en République de Guinée. Hormis les innombrables citoyens qui protestent contre ce burkinabé qui s’est beurré dans les caisses de l’État grâce à Alpha Condé et qui insulte aujourd’hui ses bienfaiteurs, Ansoumane Kaba, PDG de la société de BTP, Kaba Guiter, a réuni, lui aussi, des journalistes guinéens pour dénoncer les contre-vérités de son ancien partenaire. 

Selon le patron de Guiter SA, Mahmadou Bokoungou n’a rien dit de vrai lors de son show médiatique qui n’aura consisté qu’à attenter au sérieux, à la crédibilité et à l’honneur d’Alpha Condé et de certains de ses proches, ainsi d’ailleurs qu’à sa propre société, Guiter SA. 

« Ces propos venant de celui que la société Guiter considérait jusque-là comme un partenaire de circonstance dans des projets de réhabilitation et de construction des tronçons routiers Kankan-Kissidougou et Kankan- Mandiana sont simplement inacceptables et inadmissibles, choquants… », a notamment lancé Ansoumane Kaba, lui-même proche de l’ancien dictateur guinéen.

Le patron de Guiter SA jure avoir connu Mahmadou Bokoungou à travers l’ancien dirigeant guinéen, Alpha Condé, qui lui aurait demandé d’accompagner Ebomaf dans la réalisation des projets routiers Kankan-Kissidougou et Kankan- Mandiana. « Après de nombreux déplacements, les travaux d’études techniques réalisés sur le terrain avec le concours de toutes les parties, précédés des démarches administratives, une entente librement consentie a été conclue entre Ebomaf et Guiter à Ouagadougou en vue de la mise en place d’un groupement. Dans ledit groupement, 49% des parts revenaient à Guiter et 51% à Ebomaf. Contrairement aux allégations mensongères du sieur Mahamadou Bokoungou, à la signature du 1er contrat d’un montant de 305 millions d’euros pour le tronçon Kankan-Kissidougou et 184 millions toutes taxes, les compétences de Guiter en matière de BTP sur le terrain n’étaient plus à démontrer », a indiqué Ansoumane Kaba.

Ansoumane Kaba, PDG de la société Guiter SA

Selon le beau-frère de l’ancien président guinéen et PDG de Guiter SA, avant de rencontrer Ebomaf, en 2013, Guiter avait déjà 24 années d’expérience sur le terrain. « Quand nous exécutions notre premier projet, Ebomaf faisait le commerce d’équipements informatiques entre la Chine et le Burkina Faso. Le premier grand différend entre Ebomaf et Guiter est né de la fixation des volumes des travaux détaillés par tronçon. Guiter, s’étant rendue compte d’une tentative flagrante de surfacturation, a exigé de son partenaire de revoir ces volumes à la baisse, étant donné que les prix unitaires étaient compétitifs. Le second différend est survenu après la délivrance de la dérogation par le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana, sur instruction du Président de la République. C’est ainsi que le ministère des TP a choisi de prendre un bureau de contrôle américain qui vient d’être racheté par les canadiens. Cela étant greffé par un autre différend, celui lié au choix de la mission de contrôle qui a dérangé Bokoungou. Donc, c’était un motif grave de résiliation », a révélé monsieur Kaba.

Insistant sur les tentatives de surfacturation faites par Ebomaf, Ansoumane Kaba soutient que cela a été constaté au niveau des volumes non exécutés par son ancien partenaire. 

« Nous pouvons passer beaucoup de temps à discuter sur les surfacturations. Mais, ce qu’il faut retenir, je l’ai dit, les prix unitaires peuvent être homologués. Un mètre cube de bitume pour le terrassement peut être de 80 000 francs guinéens ; mais, qu’est-ce qui varie, c’est le volume. Un bureau peut superviser Guiter pour un kilomètre de route, dire que l’entreprise a bien géré, a fait des travaux pour la décaisser, l’entreprise a apporté de nouveaux matériels. Donc, le volume peut monter pour que le coût du kilomètre soit vingt millions (20 000 000). Un autre peut le faire avec la complicité et que la mission de contrôle accepte que ça soit à deux millions (2 000 000). C’est là où le coût varie. Donc, pour que le coût ne varie pas et que le prix soit compétitif, il revient à l’administration de faire les études, d’éviter les contrats d’études réalisées. Ces volumes mis dans son contrat n’avaient pas été exécutés », a-t-il fait savoir.

Ansoumane Kaba, PDG de la société Guiter SA

Enfin, le PDG de Kaba Guiter souhaite que les nouvelles autorités guinéennes engagent des audits dans le secteur pour demander des comptes. « Je parle d’audit parce que je suis un citoyen. Je suis une entreprise citoyenne qui a le souci que nous sortions de cet état de délabrement de notre réseau routier. Or, il y a eu trop d’investissements en matière de routes. Alors, si nous continuons à avoir peur de dénoncer, si l’élite continue à être effrayée, à rester silencieuse, ce pays ira inévitablement à l’abîme. Un opérateur ne doit pas avoir peur d’un audit. Si vous avez eu à faire des choses, on vous demandera de réaliser la tâche. Mais, au moins, ça permet d’arrêter la saignée », a expliqué l’opérateur économique, proche de l’ancien régime.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : la page sombre d’Alpha Condé définitivement tournée ce 1er octobre 2021

1 octobre 2021 à 12 12 10 101010

Pour le reste de sa vie, Alpha Condé devra voir et revoir le film qu’il a joué ces dix dernières années. L’une des nombreuses erreurs que le désormais ancien président a commises c’est d’obtenir le pouvoir par les urnes et vouloir le conserver par la force. Il a ignoré que c’est la démocratie, avec ses corolaires de liberté d’opinion, de déplacement et de manifestations, qui protège aussi un élu.

L’investiture du nouveau président de la République ce 1er octobre 2021 tourne définitivement la page du règne tumultueux d’Alpha Condé. Les illusions du vieil homme de revenir au pouvoir grâce aux pressions de ses amis et de son réseau s’effondrent comme château de cartes. Si son reversement a suscité quelques réactions, cependant personne n’est allé jusqu’à demander son retour au pouvoir. C’est dire que la fameuse communauté internationale, qui avait fait les pieds et les mains pour le porter au pouvoir, ne se faisait aucune illusion. Elle savait dès le départ que c’est peine perdue. Les gens se sont plutôt focalisés suur sa libération.

L’armée guinéenne, qu’il clamait et proclamait fièrement avoir réformé, aura été effectivement républicaine jusqu’au bout. C’est-à-dire pendant les dix ans de règne légal du président élu en 2010. Dès lors que ce dernier a renié l’origine de sa consécration, du moment qu’il a rompu le contrat social avec le peuple, l’armée, qui est le rempart de la société, n’avait plus aucune obligation d’être républicaine vis-à-vis de lui. C’est le coup d’Etat constitutionnel du 22 mars 2020 qui a entrainé celui du 5 septembre 2021.

Les vrais amis d’Alpha Condé, tels que Kelefa Sall et Sékou Savané de la Guinée, Mamadou Issoufou du Niger, Boukounta Diallo et Abdoulaye Bathily du Sénégal et bien d’autres ont tenté de dissuader l’homme pour lui éviter la situation qu’il traverse actuellement. Sans succès. Parce que, comme nous l’avons souvent écrit, les pires ennemis de l’ancien président n’était ni Cellou Dalein Diallo, ni Sidya Touré encore moins Lansana Kouyaté. Ses pires ennemis étaient avec lui au palais. L’encourageant à ôter sa protection qui est la démocratie et ses contraintes.

Alpha Condé s’était battu avec les militants et responsables du RPG originel. Il a voulu régner avec ceux-là même qu’il a combattus. Au grand dam de ses militants. Lesquels se sont fait entendre à plusieurs reprises. Mais leur leader a fait la source oreille. L’ancien président a estimé à tort que pour réaliser son projet de présidence à vie, il fallait faire appel à ceux qui avaient joué le même rôle pour son prédécesseur. Ce qui faisait dire à certains observateurs que, finalement, seule la tête avait changé au palais. Tout le reste était là intact.

Avec le recul, on peut dire que si Alpha Condé n’avait pas marginalisé les cadres et militants de son parti, ces derniers auraient mis tout en œuvre pour éviter la catastrophe. Comme l’ont essayé de faire le doyen Sékou Savané et le jeune Ismael Condé. Mais leur mentor n’écoutait que les militants de la 25ème heure qui n’en avaient cure que la présidence Condé se termine la queue entre les pattes. Ces profiteurs de tout acabit n’avaient qu’un seul objectif : se remplir pleine les poches. Le reste ne les intéressait pas.

C’est ainsi qu’on a entendu un Premier ministre marteler qu’il préfère l’ordre à la loi. Au pire moment de la crise consécutive à la nouvelle constitution, un ministre de la Sécurité avait loué le professionnalisme des forces de l’ordre après une journée de manifestations particulièrement meurtrières. Et que dire d’un futur président de l’Assemblée nationale qui avait dit qu’il fallait aller à Bambeto armé. Ou encore d’un commandant d’une entité de la police qui qualifiait les manifestants de terroristes pour justifier la terreur de ses agents.

Sans compter les agissements de certains transfuges de l’opposition, appelés pompeusement communicants du parti au pouvoir ou ministre de la Défense sur Facebook et qui ont foulé au pied toutes les valeurs morales et ancestrales de ce pays. En s’en prenant à tous ceux qui ne regardent pas dans la même direction que leur bienfaiteur. Dans cette logique, personne n’était épargné. Ni des hommes politiques qui ont pourtant assumé les plus hautes fonctions dans ce pays. Et même des chefs traditionnels. Pour se faire une place au soleil, ces jeunes, qui se sont éduqués eux-mêmes, s’en prenaient à leur propre communauté accusée de soutenir celui qui voulait remplacer leur bienfaiteur au palais.

Habib Yembering Diallo pour guieematin.com

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Affaire de biens saisis : Elhadj Ousmane Fatako Baldé (Sans loi) interpelle le président de la Transition, le Colonel Mamadi Doumbouya

30 septembre 2021 à 12 12 27 09279
Elhadj Ousmane Baldé Fatako

Comme beaucoup d’autres Guinéens, Elhadj Ousmane Fatako Baldé, communément appelé « Ousmane sans loi », a accueilli avec beaucoup de joie et d’espoir la chute d’Alpha Condé. En effet, le riche opérateur économique, par ailleurs président de la coordination nationale des Foulbhé et Haali Poular de Guinée, a été l’une des principales victimes de l’ancien régime. Il a perdu beaucoup de biens immobiliers, qui ont été saisis par les autorités d’alors, en raison de son opposition au troisième mandat de l’ancien chef de l’Etat guinéen.

Et le changement de régime, intervenu à la suite au coup d’Etat militaire du 5 septembre, lui donne un espoir de pouvoir récupérer ses biens. Reçu dans la Grande interview de Guineematin.com, Elhadj Ousmane Fatako Baldé a interpellé le colonel Mamadi Doumbouya, président du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), sur la question. Il exhorte le dirigeant guinéen à lui restituer ses biens, illégalement saisis par le pouvoir d’Alpha Condé.

Nous vous proposons ci-dessous un extrait de cette interview :

Elhadj Ousmane Baldé Fatako

Guineematin.com : vous avez payé très cher votre opposition au troisième mandat du président Alpha Condé. L’ancien régime vous a spolié beaucoup de biens immobiliers tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Racontez-nous cette page sombre de votre vie.

Elhadj Ousmane Fatako Baldé : la décision d’Alpha Condé de me faire du mal est partie d’une déclaration que les quatre coordinations régionales, dont celle des Foulbhé et Haali Poular de Guinée que je dirige, ont fait à Tanènè (Dubréka) pour dire que nous ne sommes contre le 3ème mandat que Alpha Condé voulait briguer de force. Ce jour-là, le pouvoir a envoyé des agents des forces de sécurité pour tirer des bombes lacrymogènes sur tous ceux qui étaient réunis dans le domicile du domicile de la Basse Guinée, Elhadj Sékhouna Soumah. Depuis lors, Alpha Condé a décidé de ne plus me laisser en paix. Il a décidé de me spolier injustement tous mes biens. 

Lorsqu’ils ont entamé le déguerpissement le long des voiries de Conakry et environs, ils ont envoyé des machines dans mon domaine à Sanoyah, dans la préfecture de Coyah. Alors qu’il y avait une distance de 15 mètres entre le domaine et la route, ils ne se sont pas empêchés d’entrer dans mon domaine pour casser mes hangars et bâtiments qui s’y trouvaient. Les casseurs étaient partis avec le préfet de Coyah d’alors, Aziz Diop, et le directeur préfectoral de l’habitat par intérim. Le préfet avait dit aux occupants des lieux qu’il a reçu l’ordre du président de la République, Alpha Condé, de tout casser et de saisir le domaine.

De son côté, le directeur préfectoral de l’habitat par intérim a dit qu’ils ont appris que le propriétaire du domaine est sans loi ; mais eux, ils vont faire de moi un homme de loi, ils vont me retirer le domaine et l’attribuer à qui ils veulent. C’est une industrie que j’avais prévu d’implanter dans ce domaine. J’avais déjà installé les hangars et j’avais commencé la construction d’un magasin de 5 niveaux, dont le rez-de-chaussée était déjà fini. Il y avait 26 magasins à ce niveau, dont 25 boutiques et un magasin de stockage des matériels de l’usine. Les casseurs n’ont donné que quelques heures aux occupants des boutiques pour faire sortir ce qu’ils avaient dedans.

A Matam, c’est un domaine que j’ai occupé sous forme de bail pendant 20 ans avant de le racheter, que le régime Alpha Condé a fermé. Un domaine que j’ai acheté avec mon argent propre. J’ai tous les documents qui l’attestent avec moi. Après Matam, les hommes d’Alpha Condé sont allés à Coronthie, dans la commune de Kaloum, où se trouvaient mes dépôts. Ils ont fermé ces dépôts aussi et ont placé des policiers et des gendarmes pour garder les lieux. Tous ces domaines, c’est le président Lansana Conté qui avait ordonné au nommé Foromo, alors ministre de l’urbanisme et de l’habitat, de les mettre en valeur et me les vendre.

Ils ont donc été mis en valeur et m’ont été vendus légalement. L’argent avec lequel je les ai achetés a été versé au trésor public et à la banque centrale, les documents sont avec moi. Quand les gens mandatés par Ibrahima Kourouma (dernier ministre de la ville et de l’aménagement du territoire du président Alpha Condé) sont venus, ils ont démonté tous les véhicules qui se trouvaient sur les lieux. Toutes les marchandises qui se trouvaient dans les dépôts sont finalement gâtées. Jusqu’au moment où nous parlons (lundi 27 septembre 2021), les lieux sont fermés.

Au centre-ville de Kindia, Alpha Condé a ordonné la fermeture d’un centre commercial que j’ai aussi légalement acquis. Un centre où près de 3.000 personnes travaillaient et gagnaient leur vie. Toutes ces personnes ont des familles à leur charge. Alpha Condé a décidé de jeter tout ce monde hors du centre et fermer les lieux. A Damakaniya, toujours dans Kindia, ce sont les autorités locales en collaboration avec certaines personnes, qui ont décidé de liquider ma plantation, située à Samoréya, où au moment je vous parle, des gens sont en train d’exploiter du diamant. 

Guineematin.com : depuis que ces biens ont été saisis par les autorités, est-ce que vous avez mené des démarches pour tenter de les récupérer ?

Elhadj Ousmane Fatako Baldé : j’ai tout simplement demandé à Alpha Condé, qui a fermé ces lieux, de les ouvrir et les remettre à ma disposition, puisque c’est le fruit de mon travail, d’une dure labeur. Je ne dois rien au gouvernement, je n’ai pas non plus travaillé avec un quelconque gouvernement. J’ai dit : ouvre les lieux et remets-les à ma disposition. Et si tu ne les ouvres pas, un autre viendra le faire. 

Guineematin.com : depuis sa prise du pouvoir, le comité national du rassemblement et le développement (CNRD) tente de réparer les injustices commises par le régime Alpha Condé. Les prisonniers politiques ont été libérés, ceux qui étaient en exil sont rentrés, le siège et les bureaux de l’UFDG lui ont été restitués… A votre avis, qu’est-ce qui vous empêche vous, de récupérer vos domaines ?

Elhadj Ousmane Fatako Baldé : pour dire vrai, je ne suis pas allé d’abord vers le président du CNRD et son équipe pour leur demander de mes restituer mes domaines. Eux non plus, ne m’ont contacté encore pour aborder le sujet. Mais je suis quand même très optimiste. Je suis sûr que le colonel Mamadi Doumbouya va me restituer mes domaines. Parce qu’il a dit qu’il est venu redresser le pays et le remettre sur le bon chemin. Donc, je suis confiant, j’espère qu’il fera en sorte que je récupère ce qui m’a été enlevé par les anciennes autorités.

Actuellement, les gens continuent de détruire mon domaine, ma plantation de 102 hectares à Kindia, avec la complicité des autorités locales. Les gens viennent payer de l’argent (200 000 francs par mètre carré) pour qu’on leur attribue un domaine où ils vont creuser pour chercher du diamant. Ils le font sans mon consentement, parce qu’ils sont forts de quelque chose. Et vous savez que partout où on fait de l’exploitation minière, ce domaine-là devient irrécupérable.

Or, ce domaine, je l’ai acquis par la voie légale. Mais le pouvoir d’Alpha Condé a décidé de me le retirer avec tous les autres cités plus haut, tout simplement parce qu’il avait de la force. Mais moi, j’ai dit que je donne à Dieu, il va m’aider. Dieu est omnipotent. C’est lui qui guide sa créature. Je continue à lui demander de l’aide. Je demande aussi au président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya, de m’aider à récupérer mes biens, de mettre tous les Guinéens sur le même pied d’égalité, de rendre la justice à qui de droit.

Propos décryptés par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel. 622 91 92 25

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Guinée-Sénégal : le maire de Sambaïlo salue la réouverture des frontières

29 septembre 2021 à 11 11 33 09339

Comme on le sait, le Président du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), a ordonné la réouverture des frontières guinéo-sénégalaises à partir de ce mercredi, 29 septembre 2021. Cette réouverture intervient une année après la fermeture unilatéralement imposée par l’ancien dictateur guinéen, Alpha Condé, déchu de son pouvoir par le Colonel Mamady Doumbouya, le 5 septembre.

Joint au téléphone ce mercredi par un journaliste de Guineematin.com, le maire de la commune rurale de Sambaïlo, Thierno Soulaymane Diallo, a vivement salué cet acte du CNRD.

Thierno Soulaymane Diallo, maire de la commune rurale de Sambaïlo

« Nous sommes contents et très fiers du Colonel Mamady Doumbouya, Président du CNRD, Président de la République et Chef de l’Etat. Il est entrain de montrer aux Guinéens qu’il est à l’écoute de tout le monde et il est attentif des souffrances de tous les citoyens. Nous à Sambaïlo ici, nous ne pouvons pas vous dire l’ampleur des pertes subies depuis la fermeture de ces frontières par l’ancien Président de la République. Les gens ont fui la zone, des familles entières se sont disloquées puisque si tu n’as pas de ressources, tu ne peux pas vivre. Maintenant, si quelqu’un vient nous délivrer de ce calvaire, nous ne pouvons que le remercier. Nous disons merci au Colonel Doumbouya, nous prions pour sa réussite dans la gestion du pays, nous pour sa santé et celle de sa famille », a indiqué l’élu de Sambaïlo.

Thierno Souleymane Diallo , ses conseillers et les populations, tous en fête, s’apprêtent à recevoir le Commandant de la zone militaire de Labé, le Colonel Tamba Kalas Tolno, également gouverneur de Labé, le Préfet de Koundara, le Colonel Bangaly Camara, pour la cérémonie de réouverture, prévue à 14 heures à Bhoundou Fourdou, à 27 km de Sambaïlo.

Faut-il rappeler qu’en termes de recettes, le poste frontalier Guinée-Sénégal est l’un des plus importants pourvoyeurs de recettes à la caisse de l’Etat avec plus de 10 milliards de francs guinéens par mois.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

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Transition en Guinée : ce que le GOHA demande à la communauté internationale

27 septembre 2021 à 12 12 39 09399
Chérif Mohamed Abdallah Haïdara, président du groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA)

À travers cette déclaration, le GOHA s’adresse à la Communauté Internationale (CEDEAO, Union Africaine et ONU) afin de solliciter son aide pour une transition sereine et apaisée en République de Guinée. Car, les événements du 05 Septembre 2021 ne constituent pas un coup d’Etat contre les institutions du pays. 

Pour le peuple de Guinée, c’est une véritable libération opérée par l’Armée Guinéenne qui, dans un élan patriotique a mis fin à plus d’une décennie d’une dictature féroce. Une dictature impitoyable, sanguinaire basée sur un ethnocentrisme poussé jusqu’à la caricature. Pour masquer son incurie criante et maintenir le peuple dans les fers, le régime d’Alpha Conde a détruit des milliers de boutiques, des magasins et incendié des marchés. Le nombre de victimes de ces pillages insensés s’élève à plus de 2000 et le montant des pertes dépasse 300 milliards de francs guinéens. 

Il n’y a jamais eu une seule arrestation d’un pyromane ou d’un vandale responsable de ces destructions de biens des commerçants. Aujourd’hui l’immensité du pillage des richesses du pays commence à apparaître au grand jour. Quand le peuple protestait contre une situation devenue intolérable, la dictature avait trouvé une parade : la répression généralisée. 

Dans ce domaine, le régime d’Alpha Conde a battu des records : plus de 250 meurtres de manifestants contre le 3ème mandat et lors des différentes élections (Communales, législatives, présidentielles). Les militants du Front Nationale pour la Défense de la Constitution (FNDC) et l’Opposition étaient pourchassés, arrêtés, torturés et tués jusque dans leurs domiciles. Plusieurs centaines de personnes ont été embastillé dans des conditions sordides. Des officiers de l’Armée ont été arrêté et ont disparu depuis plus de 10 ans. On ne sais pas aujourd’hui quel est leur sort. 

En plus de cette répression sauvage, la dictature a fermé les frontières avec le Sénégal, la GuinéeBissau et la Sierra Leone. Ceci dans le but de détruire le commerce transfrontalier avec arrière pensée ethniciste. 

Le CNRD et son président ont fait un coup de paix qui a libéré le peuple de Guinée qui lui est infiniment reconnaissant. Il le soutient et va l’accompagner pour une transition sereine et apaisée dans un délai raisonnable. 

C’est l’occasion pour le GOHA de remercier le peuple Sénégalais, ses Autorités ainsi que ses Forces de Défense et de Sécurité pour le soutien qu’ils ont apporté aux Guinéens bloqués à la frontière. Ces Guinéens ont fait un témoignage éloquent. 

Le GOHA réitère son engagement indéfectible à participer positivement à la transition pour une nouvelle Guinée libre, démocratique et prospère. 

La Guinée n’a pas besoin de problèmes, elle en a eu suffisamment depuis l’indépendance. Elle veut des solutions pour effacer les traces hideuses de la dictature du régime défunt. 

Le Président du GOHA, Chérif Mohamed Abdallah Haïdara 

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Sortie honteuse de certains magistrats : « c’est un mea culpa tardif » (Me Foromo Loua)

24 septembre 2021 à 18 06 52 09529
Me Foromo Frédéric Loua, président de l’ONG Mêmes Droits pour Tous

C’est une situation qui a étonné plus d’un. Au cours de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya (le chef de la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée), plusieurs magistrats guinéens sont passés aux aveux. Ils ont reconnu publiquement avoir cédé à la pression des autorités politiques, en posant des actes contraires à la loi sous le règne du président Alpha Condé. Et cette sortie des juges et procureurs ne laisse pas indifférent Me Frédéric Foromou Loua, le directeur exécutif de l’ONG Les Mêmes droits pour tous (MDT). Dans un entretien qu’il accordé à Guineematin.com, ce vendredi 24 septembre 2021, l’avocat a déploré un mea culpa tardif.

« Je pense que c’est un mea culpa qui est à mon sens tardif. Parce que le magistrat n’est pas un fonctionnaire ordinaire. Au-delà du fait d’être un fonctionnaire qui exerce un sacerdoce, il prête serment et il est obligé de respecter ce serment tout au long de sa carrière professionnelle. Il exerce les fonctions de juge, qui constituent une parcelle du pouvoir divin. De ce point de vue, la boussole qui doit le guider, c’est la loi. Donc, il n’est soumis qu’à l’autorité de la loi et seulement de la loi.

Mais si dans l’exercice de ses fonctions, il accepte certaines ingérences qui sont de nature à affecter les droits des citoyens, qui sont de nature à saper les fondements de l’Etat de droit, qui sont de nature à remettre en cause l’idéal de démocratie et de développement de son pays, il aura commis une faute très grave. Malheureusement, c’est ce que nous constatons aujourd’hui en Guinée. Et nous disons que la justice a failli dans l’exercice de cette fonction régalienne, qui constitue l’un des piliers du fondement de la République », a réagi l’activiste des droits de l’homme.

Mais, contrairement à beaucoup d’autres, le président de l’ONG MDT estime qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les magistrats qui ont reconnu avoir violé leur serment. Il pense qu’il faut leur accorder le bénéfice du doute, tout en espérant qu’ils ne vont pas récidiver. « Ils ont reconnu qu’ils se sont laissés induire en erreur par certaines ingérences, j’ose croire que cet énième mea culpa ne va pas rester vain et que des forces vont venir en leur sein, qu’un nouvel engagement va surgir en leur sein pour véritablement faire que la justice triomphe dans ce pays.

Vous savez, les avocats ont dénoncé cette ingérence, cette partialité de la justice. Les ONG aussi avaient dénoncé cette façon de faire, qui consistait que dans les mêmes circonstances de fait et de droit, il y ait une partie de Guinéens qui était poursuivie, alors que l’autre partie jouissait d’une impunité vexatoire, attentatoire et arrogante. Maintenant que le mea culpa est fait, nous voulons leur faire confiance, mais tout en leur demandant véritablement de faire en sorte dorénavant que le droit triomphe, que la justice triomphe et que tous les Guinéens soient traités de la même manière », a dit Me Frédéric Foromo Loua.

Par ailleurs, l’avocat invite les autorités à faire fonctionner le conseil supérieur de la magistrature « pour que des sanctions puissent tomber contre les magistrats qui refusent d’assumer leur indépendance quand ils ont en charge la gestation d’un dossier judiciaire, et que cette épée de Damoclès soit sur la tête des magistrats de manière permanente pour les amener à se conformer à la loi ».

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tel: 622 67 36 81

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Mea-culpa des magistrats : « il faut se débarrasser totalement d’eux », propose Me Labilé Koné

24 septembre 2021 à 18 06 07 09079
Maître Koné Aimé Christophe Labilé, président de l’ONG avocats sans frontières Guinée

Les réactions continuent de se faire entendre, suite aux propos tenus par certains magistrats guinéens lors de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya, il y a quelques jours. Plusieurs juges et procureurs ont reconnu avoir cédé à la pression des autorités politiques en posant des actes contraires à la loi sous le règne du président Alpha Condé. Pour Me Aimé Christophe Labilé Koné, le président de l’ONG Avocats sans frontières, ce mea-culpa est inacceptable. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi 24 septembre 2201, il a qualifié les intéressés de plaisantins à qui l’Etat ne doit plus donner la responsabilité de rendre justice.

« Il vous souviendra qu’on a toujours dénoncé leurs comportements. Nous avons crié sur tous les toits que les magistrats étaient aux ordres. Ils recevaient des ordres de l’exécutif pour agir. Mais ce qui est déplorable, voire impardonnable chez eux, c’est qu’ils sont indépendants selon la loi ; et donc, rien ne peut les obliger à se soumettre aux désidératas d’un chef, fut-il politique. Ceux qui sont au parquet et qui disent qu’ils sont soumis à l’autorité du ministère, mais quand un ministre te demande de faire quelque chose, à mon sens, pour un homme responsable, tu dois pouvoir lui poser la question de savoir : quelle est la base légale de ce qu’il demande. S’il n’y a pas de base légale, c’est manifestement injuste.

Nous avons ce que nous juristes nous appelons le théorème de la baïonnette intelligente. Un chef ne peut pas te dire de faire quelque chose et tu le fais tout en sachant pertinemment que ça va à l’encontre des lois de la République. Donc, ce sont plaisantins. Ils n’ont pas eu raison de faire ce mea-culpa. D’autant plus que rien ne les obligeait à obéir à une décision injuste. Nous avons une constitution qui consacre la séparation des pouvoirs. Tous ces trois pouvoirs sont indépendants. Je ne peux pas comprendre que ces magistrats du pouvoir judiciaire viennent devant une assemblée comme ce fut le cas au Palais du peuple pour dire qu’ils agissaient sous la pression », a réagi l’avocat.

Pour lui, ce comportement prouve suffisamment que les magistrats en question ne sont pas crédibles. C’est pourquoi, il demande aux autorités de les écarter complètement du monde judiciaire. « Ils ne sont pas les seuls cadres compétents de la République. Donc, je crois qu’il vaut mieux se débarrasser totalement de ces magistrats, parce que les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets. Aujourd’hui, il y a quand même au niveau de la magistrature deux ou trois promotions de jeunes magistrats qui peuvent assurer la relève. Dans une République, le respect de la loi n’est pas de gaieté de cœur de quelqu’un. Pour que la République fonctionne bien, il faut que tout le monde respecte la loi », a dit Me Aimé Christophe Labilé Koné.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Promoteurs du 3ème mandat : voici pourquoi le FNDC a retiré le nom du colonel Mamadi Doumbouya sur sa liste

24 septembre 2021 à 16 04 10 09109
Des responsables du FNDC en conférence de presse, le 24 septembre 2021, à Conakry

Comme annoncé précédemment, le Front national pour la défense de la constitution a publié ce vendredi, 24 septembre 2021, l’acte 1 de la liste définitive des auteurs, co-auteurs et complices du coup d’Etat constitutionnel, visant à octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. Sur cette liste, on ne retrouve pas les noms du colonel Mamady Doumbouya (président du CNRD) et du colonel Balla Samoura (l’un des plus proches du chef de la junte militaire au pouvoir), alors qu’ils figuraient sur la liste provisoire. Pourquoi ont-ils été retirés de la liste ? Ibrahima Diallo, le coordinateur des opérations du FNDC, a répondu à cette question devant les médias, dont Guineematin.

Ibrahima Diallo, coordinateur des opérations du FNDC

« Vous savez, quand le FNDC a commencé le combat contre le troisième mandat, nous avons lancé un appel à toutes les forces du pays pour qu’on puisse ensemble sauver le pays. Nous avons fait une déclaration, dans laquelle nous avons appelé l’armée à prendre ses responsabilités, à être du côté du peuple de Guinée pour soutenir le combat du peuple, porté par le FNDC. L’armée, à travers colonel Mamadi Doumbouya et tous ses collègues, a répondu à cet appel du peuple de Guinée. Sur la base de cette réponse, le FNDC a décidé de les retirer de la liste. L’armée a pris ses responsabilités pour se ranger derrière les aspirations du peuple de Guinée et nous aussi, nous avons pris notre responsabilité pour pouvoir rayer ces personnes-là sur la liste », a indiqué l’activiste de la société civile.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel: +224 622 07 93 59

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Guinée: le FNDC publie la liste des auteurs et complices du coup d’Etat constitutionnel

24 septembre 2021 à 12 12 33 09339
Des responsables du FNDC en conférence de presse, le 24 septembre 2021, à Conakry

Attendu que la République de Guinée a signé et ratifié le protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance additionnel au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité ;

Entendu que l’article 1 dudit protocole consacre l’indépendance de la justice dans la conduite des dossiers et le prononcé des décisions ;

Que malheureusement les Magistrats et cadres dont les prénoms et noms suivent ont trahi leur serment en infligeant aux honnêtes citoyens des peines injustes en exécution des instructions de Monsieur Alpha CONDE et de ses Ministres ;

Que par leur fait la Justice a constitué un instrument potentiel pour l’acquisition du 3ème mandat de Alpha CONDE ;

Qu’ils constituent de nos jours un danger potentiel dans la conduite de la transition et le devenir de la nation ;

Que dès lors, il convient de les extirper de la gestion du pays pour le bonheur du peuple de Guinée ; une mesure conservatoire jusqu’à ce que le droit soit dit ;

Attendu que l’article 1er b du même protocole interdit tout changement anticonstitutionnel en vue de son maintien au pouvoir ;

Que les personnes dont les prénoms et noms suivent ont été des acteurs potentiels dans le changement anticonstitutionnel en vue de garantir à Monsieur Alpha CONDE un pouvoir à vie ;

Que l’acquisition du 3ème mandat a plongé le pays dans une situation désastreuse sans précédent ;

Qu’ils ont, à travers des fraudes, propagandes, mensonges, intimidations, interpellations, détentions arbitraires, traitements inhumains et dégradants, favorisé, dans le sang et dans la douleur, la descente aux enfers de notre chère patrie ;

Que leurs agissements les disqualifient indéfiniment à être associés à la conduite des affaires publiques ;

Attendu que les personnes ci-dessous nommées sont indubitablement responsables des maux qui ont conduit l’armée à travers le CNRD à prendre ses responsabilités pour parachever le combat du peuple porté par le FNDC ;

Que par leur comportement la Guinée a failli à ses obligations internationales en matière de démocratie et de bonne gouvernance ;

Qu’ils ont plongé la Guinée dans une crise qui rendait fragile la paix et la stabilité sociale ;

Que leur moralité est incompatible avec les cinq (5) piliers du CNRD ;

Qu’il est logique et même nécessaire de ne pas les associer à la gestion de la transition ;

Qu’en conséquence, les personnes figurant sur la liste ci-jointe doivent être bannies de la transition pour le bonheur du peuple de Guinée.

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Chute d’Alpha Condé : le mea-culpa des magistrats

23 septembre 2021 à 8 08 40 09409
Colonel Mamadi Doumbouya, président du CNRD

De toutes les rencontres que le nouvel homme fort de la Guinée a eues, celle avec les hommes de droit était la plus attendue. Cette rencontre devait être palpitante. Parce que le régime qui vient de dégringoler comme un château de cartes s’était fortement appuyé sur cette corporation pour non seulement obtenir le troisième mandat mais aussi pour se maintenir au pouvoir contre vents et marrées.

Ce qui vient de se passer en Guinée relève d’un miracle. En l’espace de deux semaines, l’oppresseur est subitement devenu ce que la fameuse communauté internationale considère comme un opprimé. Celui qui refusait à certains de ses opposants de quitter le territoire même pour se faire soigner ne peut pas quitter le même territoire. Celui qui exigeait que ses opprimés baissent l’échine pour lui demander pardon afin de recouvrer la liberté renoue avec la privation de la liberté qu’il a pourtant connue autrefois. Plus que quiconque, il devait avoir de l’empathie pour quelqu’un qui est privé de liberté.

Il a préféré ignorer tout cela pour sévir avec arrogance. Oubliant qu’en démocratie il n’y a ni prisonnier politique ni exilé politique, il a commencé à réaliser le côté macabre et implacable d’une de ses nombreuses promesses. Oui, comme si c’était prémonitoire, l’ancien maitre de Conakry avait déclaré qu’il va reprendre la Guinée là où le premier président l’avait laissée. Peut-être que l’intention de l’homme était bonne au départ. Peut-être qu’il faisait allusion aux rares faits positifs de la première République. Mais la déclaration n’était pas passée inaperçue chez bon nombre de ceux qui ont connu cette période sombre de l’histoire de la Guinée.

Peu à peu, la Guinée a vite basculé dans une dictature féroce. Les prisons se sont remplies. Paris, Dakar et Abidjan ont renoué avec une vieille habitude : recevoir les exilés politiques de la Guinée. Les plus chanceux se sont retrouvés dehors. Le pays s’est transformé en une vaste prison à ciel ouvert. La délation avait repris de plus belle. Avec ses corolaires d’accusations et d’injustice. Finalement chacun attendait anxieusement son tour.

Pour transformer la Guinée en un véritable enfer sur terre, l’ancien président a confié la tâche aux magistrats. Il fallait donner la forme. Même si certains lieux de détention comme le camp de Soronkoni étaient hors contrôle. Dans leur résistance, les opposants au troisième mandat, pomme de discorde avec le régime, avaient publié la liste des magistrats qui accompagnaient le régime dans la répression et le musèlement de l’opposition.

Certains mis en cause étaient plutôt satisfaits de se retrouver du côté du fort contre le faible. Pour eux, devenir l’ennemi de l’ennemi du pouvoir devait faire d’eux des amis de ce dernier. En quelque sorte ceux qui les avaient classés dans cette catégorie leur avaient paradoxalement rendu service. Voilà qu’on assiste à une situation inédite. L’arroseur est arrosé. La peur a changé de camp. Ceux qui, avec arrogance et mépris avaient droit de vie et de mort sur nous sont dans une situation comme celle à laquelle ils ont soumis les autres. 

C’est dans ce contexte que les magistrats viennent se livrer à la vindicte populaire. Et sur la place publique. Devant les nouvelles autorités, le peuple de Guinée et la planète entière, ils font leur mea culpa en confessant que leurs décisions étaient influencées par l’ancien régime. C’est un secret de polichinelle. Mais ce qu’ils n’ont pas dit c’est qu’ils nous ont appris que « nul n’est obligé d’exécuter un ordre manifestement illégal ». Peu d’entre eux ont honoré leur corporation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Médias de service public : vivement le retour des compétents à la place des militants

20 septembre 2021 à 8 08 45 09459

Quand Alpha Condé accède au pouvoir, il annonce très tôt les couleurs en déclarant qu’aux Etats-Unis on parle d’administration Obama ou en France d’administration Sarkozy. C’était pour préparer les Guinéens à l’administration Condé. Aussitôt installé au palais, son parti fait le tri. L’administration guinéenne devait devenir RPG. A la chute du fondateur de ce parti, la réalité crevait les yeux. Ceux qui ont mis fin à son règne ont déploré à juste titre de politisation à outrance de l’administration guinéenne.

Le ministère de l’information et de la communication n’a pas échappé à la règle. J’allais dire à la purge organisée après 2010. Tous les médias de service public ont fait les frais de l’avènement au pouvoir de celui qui les accusait de soutenir son éternel adversaire. Particulièrement la radio et la télévision nationale. Des journalistes de talent, qui ont fait la fierté de ce pays et ont influencé beaucoup de jeunes dans leur choix de ce métier, ont été écartés au profit de militants.

C’est toute une génération qui a été marginalisée. Le seul tort de ces journalistes fut d’avoir servi le pays pendant le règne du président Lansana Conté. Et seul Dieu sait que si certains s’étaient illustrés dans leur soutien du régime, majoritairement ces journalistes ne faisaient que leur travail : celui d’informer. A sa prise du pouvoir, rien n’empêchait Alpha Condé de s’offrir le service de ces talents. Lesquels auront connu une véritable traversée du désert durant tout son règne.

Visiblement, les nouvelles autorités voudraient changer la donne. Pour rendre à César ce qui appartient à César. C’est ainsi que les téléspectateurs ont redécouvert ces jours-ci une voix à laquelle les auditeurs de la radio nationale étaient familiers : celle d’Ibrahima Kalil Diakité. Cette voix, comme beaucoup d’autres, a manqué aux auditeurs ces dernières années.

Après la disparition de la révolution, les partenaires de la Guinée s’étaient fortement impliqués dans la formation de journalistes de ce pays. Des talents ont été identifiés et formés. Parmi eux, on peut citer Yamoussa Sidibé, Alpha Kabiné Doumbouya, Ibrahima Kalil Diakité, Amadou Diallo, Ibrahima Ahmed Barry, Ben Daouda Sylla, Aboubacar Cissé… La liste n’est pas exhaustive. Les deux derniers ne sont malheureusement plus de ce monde.

Tous ces talents ont été marginalisés ces dix dernières années. Dans le meilleur des cas certains ont été affectés à des postes peu enviables. D’autres carrément oubliés. Le changement qui a changé l’autre changement le 5 septembre dernier doit tenir compte de cette réalité. Il doit réhabiliter ces patriotes qui ont servi non pas un homme, comme on voulait nous le faire croire, mais leur pays. Au lieu d’écarter ces techniciens au profit de ses militants, l’ancien parti au pouvoir devait plutôt mettre ces compétences à son service.

Le fameux renouvèlement générationnel auquel certains appellent de tous leurs vœux depuis quelques jours, ne se fera pas en marginalisant les anciens. Bien au contraire. Dans le domaine de l’information et de la communication la Guinée a encore besoin de ces valeureux journalistes qui ont toute leur place dans l’espace médiatique guinéen.  

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Le CNRD affiche la fermeté : il est hors de question de laisser Alpha Condé sortir de la Guinée

17 septembre 2021 à 22 10 49 09499

C’est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui militent en faveur de la libération d’Alpha Condé pour qu’il puisse aller vivre à l’étranger. Le comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) annonce qu’il est hors de question de laisser le président déchu sortir du territoire guinéen.

La junte au pouvoir a donné cette précision dans un communiqué signé de son président, le colonel Mamady Doumbouya, et lu ce vendredi soir, 17 septembre 2021, à la télévision nationale.

« Contrairement à des prétendues rumeurs qui font état de négociations entre le CNRD et la CEDEAO relatives à une éventuelle sortie hors du territoire de l’ancien président de la République, le CNRD et son président, le colonel Mamady Doumbouya, tiennent à rassurer l’opinion nationale et internationale que l’ancien président de la République, Pr Alpha Condé, est demeurera en Guinée.

Nous ne céderons à aucune pression. Il bénéficiera d’un traitement humain digne de son rang dans son pays. Le service communication du CNRD animera un point de presse ce samedi, 18 septembre 2021, à 11 heures, au chapiteau pour éclairer la lanterne de l’ensemble du peuple de Guinée », souligne le communiqué.

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Kéamou Bogola Haba : « Alpha Condé a des comptes à rendre à la Nation »

14 septembre 2021 à 12 12 18 09189
Kéamou Gbogola Haba de l’UGDD et président de la commission communication  de l’ANAD

A la tête de la Guinée depuis 2010, Alpha Condé a été renversé le 05 septembre dernier par le CNRD dirigé par le colonel Mamady Doumbouya, commandant du Groupement des forces spéciales (une unité d’élite de l’armée guinéenne). Mais, plus d’une semaine après ce coup de force, le désormais ancien chef d’Etat guinéen est toujours dans les mains des militaires qui ont écourté son troisième mandat présidentiel. Et, son sort fait débat dans le pays, même si on apprend que le principe de sa libération est déjà acquis auprès de la junte au pouvoir. Mais, pour le président d’honneur de l’UGDD (Union Guinéenne pour la Démocratie et le Développement), Alpha Condé devrait être traduit devant la justice.

Rencontré ce mardi, 14 septembre 2021, en marge de la rencontre de concertation au palais du peuple entre les acteurs politiques et le CNRD, Kéamou Bogola Haba a laissé entendre qu’il est impossible de libérer Alpha Condé sans aucune condition.

« Alpha Condé a des comptes à rendre à la nation. Donc, tu ne peux pas le libérer sans conditions. Il faut qu’il (Alpha Condé) accepte d’abord la nouvelle autorité (le CNRD) qui existe et de commencer à voir ce qu’il y a à faire en termes de passation de dossiers à monsieur Doumbouya (le président du CNRD). Et, le reste, il (Alpha Condé) verra ça avec la justice », a brièvement martelé Bogola Haba.

A noter qu’on ignore encore si le sort de l’ancien président guinéen fera l’objet des débats lors de ce premier round de concertation entre les acteurs politiques et le comité national de rassemblement et développement.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

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Fin de la mission de la CEDEAO à Conakry : « nous avons eu des échanges très positifs »

10 septembre 2021 à 17 05 28 09289
Jean Claude Kassi Brou, président de la commission de la CEDEAO

Ce fut une mission éclair. Quelques heures seulement après son arrivée à Conakry, la délégation de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) quitte la capitale guinéenne.

Les émissaires de l’organisation sous-régionale ont eu un entretien de moins d’une heure avec les responsables du CNRD, la junte militaire dirigée par le colonel Mamady Doumbouya, à l’hôtel Riviera Royal de Conakry. Ils se sont ensuite rendus au quartier général du Groupement des forces spéciales, l’unité de l’armée guinéenne qui a renversé Alpha Condé.

Ils ont pu voir le président déchu pour s’assurer qu’il se porte bien. Au sortir de là, le président de la commission de la CEDEAO, Jean Claude Kassi-Brou, a accordé un bref entretien aux journalistes, dont un de Guineematin. Il a annoncé que sa délégation a eu des échanges « très positifs » avec la junte et avec le président Alpha Condé, dont la libération était l’une des conditions posées par la CEDEAO.

« Nous avons eu des échanges très positifs avec le comité national pour le rassemblement et le développement. Nous avons eu la possibilité de rencontrer le président Alpha Condé, nous avons également échangé avec lui, il va bien. Comme ce sont les chefs d’Etat qui nous ont mandaté de venir pour cette mission, nous allons rendre compte aux chefs d’Etat des résultats de nos échanges », a déclaré l’Ivoirien.

Avant d’envoyer cette mission à Conakry, les chefs d’Etat des pays membres de la CEDEAO ont suspendu la Guinée de toutes les instances de l’organisation sous-régionale. Ils ont exigé la libération du président Alpha Condé et le retour à l’ordre constitutionnel dans le pays.

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

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Hausse des budgets de la présidence et du parlement : les raisons, selon Ismaël Dioubaté, ministre du budget

1 septembre 2021 à 11 11 40 09409
Ismael Dioubaté, ministre du Budget

C’est une situation qui suscite un grand débat actuellement en Guinée. Au moment où le pays vit une crise économique qui frappe durement la grande majorité de la population et pendant que certaines institutions nationales connaissent une baisse de leur budget, d’autres se voient bien loties. C’est le cas de la présidence de la République et de l’Assemblée nationale, dont les budgets ont connu une importante hausse dans la Loi de finance rectificative (LFR), en cours d’examen au parlement.

Qu’est-ce qui explique cette situation ? Le ministre du budget a répondu à cette question dans l’émission Mirador de FIM, ce mercredi 1er septembre 2021. En ce qui concerne la présidence de la République, Ismaël Dioubaté a indiqué que la hausse du budget est essentiellement due à la mise en application du statut particulier des inspecteurs d’État.

« Ça s’explique essentiellement par la mise en application du statut particulier des inspecteurs d’État qui relèvent de la présidence. Donc, ce n’est que ça en réalité. J’ai dit essentiellement mais vous avez aussi toute la panoplie de ministres conseillers qui sont à la présidence. Chaque fois qu’on nomme un ministre conseiller, ça a un impact sur le niveau des salaires. Mais pour le cas précis, c’est essentiellement dû à l’application du statut particulier des inspecteurs d’État », a-t-il laissé entendre.

Pour ce qui est de l’Assemblée nationale, il soutient que la hausse se justifie par « l’application de la nouvelle constitution. Avant le changement de la constitution, les sessions de l’Assemblée étaient de six mois. Maintenant, ils (les députés) font une session unique de neuf mois et une session spéciale de la LFR, ce qui fait au total dix mois. Dans la Loi de finance initiale (LFI) 2021, les prévisions étaient sur les six mois conformément à l’ancienne constitution. Maintenant que nous sommes passés à la nouvelle constitution, on passe de six à neuf mois. Ce sont ces primes de session qui expliquent l’augmentation », a dit Ismaël Dioubaté.

A rappeler que le budget de la présidence de la République est passé de 492 511 921 000 GNF dans la LFI à 667 355 982 000 GNF dans la LFR. Soit une augmentation de 174 844 061 000 GNF. Celui de l’Assemblée nationale aussi est passé de 273 345 730 000 GNF à 357 819 955 000 GNF. Soit une augmentation de 84 474 225 000 GNF. 

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 12 43 62

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Rapprochement entre Cellou, Sidya et Kouyaté : les précisions d’Alpha Oumar Taran Diallo (ADR)

31 août 2021 à 19 07 01 08018
Alpha Oumar Taran Diallo, président de l’Alliance Démocratique pour le Renouveau (ADR) et membre de l’ANAD

Ces derniers jours, les anciens Premiers ministres, Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Lansana Kouyaté ont renoué le contact en vue de faire front commun contre le pouvoir d’Alpha Condé. Et, à travers ce rapprochement, certains observateurs de la vie politique guinéenne voient déjà la mort précipité de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) qui a fait front commun derrière Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG (le principal parti d’opposition en Guinée). Mais, pour Alpha Oumar Taran Diallo, le président du parti ADR (alliance démocratique pour le renouveau) et membre de l’ANAD, tout se passe pour le mieux au sein de l’ANAD.

Dans un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com ce mardi, 31 août 2021, cet opposant au régime Alpha Condé a laissé entendre qu’il n’y a aucun risque d’explosion de l’ANAD, dans la mesure où c’est le consensus qui détermine la position à adopter. Il a d’ailleurs précisé que ce sont les partis membres de l’ANAD qui discutent avec les partis membres du FNDC.

« C’est vrai que cette question défraie la chronique au niveau de l’échiquier politique. Des gens parlent des risques d’explosion de l’ANAD à cause justement de ce rapprochement. Mais, je dirais qu’il n’y a aucun problème au sein de l’ANAD ; et, toute activité que nous menons, c’est après débat et lorsque le consensus se dégage. Pour ce qui est des leaders de ces partis politiques membres du FNDC, il y a effectivement des discussions en cours. Lorsqu’on a été approché par les médiateurs, il y a eu une réunion au sein de l’ANAD qui a mandaté le président de notre alliance, puisque comme vous le savez, depuis le 14 juillet passé, on a mis en place un organigramme. Donc, ils se sont rencontrés. Il y a eu des discussions et on est parvenu à un accord pour tout ce qui est des actions communes qu’on peut mener ensemble. On va le faire et la signature se fera à un moment où on informera le public. Mais, encore une fois, il n’y a pas de divergence au sein de l’ANAD et ce n’est pas l’UFDG qui a été approchée ; mais les partis membres de l’ANAD qui discutent avec les partis membres du FNDC », a expliqué Alpha Oumar Taran Diallo.

Selon le président de l’ADR, en cas d’accord avec les partis du FNDC, ce n’est pas le président l’ANAD seulement qui va signer. Mais, chaque parti va s’engager individuellement.

« Le protocole stipule que c’est les partis politiques membres  de l’ANAD et ceux du FNDC qui établissent un protocole d’accord de collaboration. Donc, je ne vois pas comment est-ce que le président de l’ANAD seul pourrait signer, puisqu’à l’ANAD il n’y a pas que les partis politiques. Il y a des mouvements sociaux dedans, des associations et plein de groupements. Certes il y a les partis politiques ; mais, il y a ces organisations. C’est comme au sein du FNDC où vous avez des structures de la société civile et des partis politiques. Et, puisque les éléments sur lesquels nous sommes tombés d’accord, à savoir : lutter contre la délinquance électorale, la violation des droits humains pour la libération des détenus politiques, concernent beaucoup plus les partis politiques, c’est ce qui fait que nous nous sommes engagés dans cette discussion. Maintenant, chaque parti est souverain et indépendant, chacun va s’engager », a précisé Taran Diallo.

Par ailleurs, le leader de l’ADR a indiqué que dans ce rapprochement avec les partis du FNDC, il est prévu la mise en place d’un protocole d’accord de partenariat pour des actions ponctuelles que les acteurs mettront en commun. « En fait, ce qui nous unis, ce qu’on a en commun, on mutualise nos efforts pour mener ces activités-là et de façon ponctuelle ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Dans les familles des prisonniers politiques : « la femme de Moussa Touppé Barry l’a quitté, son père est aveugle et sa mère est malade »

24 août 2021 à 9 09 36 08368

« Moussa Touppé Barry était marié ; mais, à cause de sa détention prolongée, sa femme est rentrée chez ses parents. Et, le propriétaire de la maison où il était logé à Koloma marché a également vidé ses bagages pour donner la chambre à une autre personne. C’est Moussa Touppé qui faisait tout pour sa famille. Son papa est aveugle et sa maman est gravement malade à Labé. C’est grâce à son travail (mécanicien à Matam) qu’il parvenait à nourrir sa famille », a indiqué Mody Amadou Oury Barry.

Comme on le sait, au lendemain de l’élection présidentielle contestée du président Alpha Condé pour un troisième mandat à la tête de la République de Guinée, plusieurs citoyens ont été arrêtés, notamment à Conakry et jetés en prison à la maison centrale de Coronthie. La majeure partie d’entre eux croupissent encore en prison sans jamais avoir été jugés. C’est le cas de Moussa Touppé Barry, un mécanicien, arrêté à son domicile, à Koloma il y a près de dix (10) mois. Son emprisonnement prolongé lui a coûté son mariage. Et, pour ses parents qui clament encore son innocence, l’incarcération de Moussa Touppè est extrêmement pénible. Mody Amadou Oury Barry jure que c’est sous le coup de la torture que son neveu (Moussa Touppè) a fait des aveux aux agents de la compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS) de Bambéto.

Près de dix mois encore depuis l’arrestation de Moussa Touppè Barry, son oncle paternel continue de clamer son innocence. Moussa Touppé est accusé d’avoir « apporté à manger à des manifestants violents sur la route Le Prince » ; mais, son oncle, Mody Amadou Oury Barry n’en croit pas un mot. Il assure que c’est à 23 heures que son neveu a été interpellé à son domicile à Koloma, dans la commune de Ratoma. Et, il était en plein sommeil quand les agents sont venus casser la porte de sa chambre pour l’extirper de son lit avec violence.

Mody Amadou Oury Barry, oncle de Moussa Toupé Barry, détenu à la maison centrale de Conakry

« Mon neveu (Moussa Touppè Barry) fait partie des gens qui ont été arrêtés au lendemain de l’élection présidentielle. Depuis, on a tout fait pour le faire libérer, impossible. Les agents l’ont trouvé dans sa chambre à Koloma-marché, à 23 heures, au moment où il dormait. Ils ont cassé sa porte et l’ont embarqué pour la CMIS de Bambéto ; puis, pour celle de Camayenne. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé à la maison centrale de Coronthie. Depuis presque 10 mois, il est en prison. Mais, à la CMIS de Bambéto, les agents l’ont torturé. Et, c’est la raison pour laquelle, pour sauver sa vie, il a avoué des choses qu’il ne connaissait même pas. Comme il (Moussa Toupé Barry) a estimé que s’il ne disait pas ce qu’ils veulaient entendre, il allait mourir. Il a dit que c’est lui qui envoyait à manger aux manifestants. C’est ainsi qu’ils l’ont déféré. Cela fait environ 10 mois qu’il est à la maison centrale », a expliqué Mody Amadou Oury Barry avec désolation.

Pour ce père de famille, la détention de son neveu est très pénible pour ses parents et proches. Car, ses parents (un père aveugle et une mère très malade) n’ont personne d’autres pour les aider dans leur quotidien. Moussa Touppé était l’espoir et le bras valide qui ramenait à manger à la maison. Grâce à son métier (la mécanique), il parvenait à satisfaire le minimum pour sa famille. Et, son emprisonnement est une angoisse pour les siens, d’autant plus qu’ils n’ont pas pu sauver son mariage à son absence. Sa femme a quitté et est rentrée chez ses parents.

« Moussa Touppè Barry était marié ; mais, à cause de sa détention prolongée, sa femme est rentrée chez ses parents. Et, le propriétaire de la maison où il était logé à Koloma marché a également vidé ses bagages pour donner la chambre à une autre personne. C’est Moussa Touppé qui faisait tout pour sa famille. Son papa est un aveugle qui ne voit même pas sa paume. Sa maman aussi est gravement malade à Labé. Il est mécanicien et travaillait à Matam. C’est grâce à ce travail qu’il parvenait à nourrir sa famille », a indiqué Mody Amadou Oury Barry.

Depuis son interpellation, Moussa Touppè Barry n’a pas été jugé. Son oncle est inquiet ; et, il sollicite sa libération pour apaiser la souffrance de ses parents.

« Personne ne sait quand est-ce qu’il sera jugé. Nous avons mené plusieurs démarches pour trouver une issue afin qu’il soit libre ; mais, jusqu’à présent, ça n’a pas marché. Une seule fois, ils m’ont appelé au téléphone pour dire qu’il sera jugé le lundi qui allait suivre. Mais, cela remonte à plus de 5 mois. Jusqu’à présent, rien n’a été fait. C’est pourquoi, nous demandons de l’aide à tous ceux qui ont la possibilité de nous aider pour la libération de notre fils, ainsi que ses codétenus. Nous avons souffert depuis son arrestation, puisque même sa femme a quitté son foyer », a ajouté Mody Amadou Oury Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Tourisme médical d’Alpha Condé en Europe ? Aly Kaba répond à Cellou Dalein, « il gère mal sa santé »…

18 août 2021 à 11 11 58 08588
Aly Kaba, président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel

Après la sortie médiatique du principal opposant au régime Condé contre les vacances que le président de la République en Europe, Aly Kaba, le patron de la majorité parlementaire, joint au téléphone par un journaliste de Guineematin.com, demande au président de l’UFDG de s’occuper plutôt de ses oignons.

« Alpha Condé s’offre des vacances en Europe où il effectue plutôt du tourisme médical en s’octroyant les meilleurs soins de santé. Au même moment, il maintient l’interdiction faite sans aucune base légale à Fodé Oussou Fofana d’aller soigner son œil en France. Souhaite-t-il, en maintenant cette interdiction, que le Vice-président de l’UFDG perde son œil ? Je condamne énergiquement l’utilisation par le dictateur de ce genre de méthodes inhumaines pour tenter de neutraliser ses adversaires politiques », a lancé écrit Cellou Dalein Diallo.

Pour le président du groupe parlementaire du RPG Arc-en-ciel, « Cellou Dalein devient de plus en plus inintelligent et hargneux. Politiquement ! Il se lance dans un exercice qui ne sied ni à sa posture ni à son caractère ».

Par ailleurs, Aly Kaba laisse entendre que le leader de l’UFDG a des problèmes de santé qu’il gère mal… « Au lieu de spéculer sur le voyage  de monsieur le Président de la République, je serai heureux de le voir publier son propre bulletin de santé. Le chef de l’État continue sereinement ses vacances. Et, s’il y a problème, c’est bien Cellou Dalein qui en a ; et, malheureusement, il est en train de mal gérer », a dit le président du groupe parlementaire RPG arc-en-ciel.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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