Le secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, vient de mettre main sur N’na Fanta Camara, une vielle femme qui prétendait pouvoir traiter la stérilité chez les femmes, à l’aide de médicaments traditionnels. Cette dernière, accusée d’escroquerie et d’atteinte à la santé publique, a été présentée à la presse ce mardi 16 janvier 2018 en présence de plusieurs de ses victimes, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur les lieux.

Selon ses propres déclarations, il y a de cela 20 ans depuis que N’na Fanta Camara a commencé son travail pour lequel elle est arrêtée aujourd’hui. La vieille femme qui dit avoir hérité cette activité de sa grand-mère, se servait de supposés médicaments traditionnels, pour prétendre traiter les femmes stériles et leur permettre de faire des enfants. A travers les effets immédiats de ses produits qui donnent de l’espoir à ses patientes, la dame a réussi à se faire une grande réputation et beaucoup de clientes dans les quartiers de Conakry. Mais puisque toute chose a une fin, l’activité de N’na Fanta Camara s’est arrêtée lorsque le secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé en a été informé.

« C’est suite à une plainte collective de plusieurs femmes déposée à l’office central chargé de la lutte contre le crime organisé, que le mercredi 10 janvier 2018 notre service a procédé à l’interpellation de madame Fanta Camara avec deux de ses complices pour escroquerie, administration de substances nuisibles et mise en danger de la vie d’autrui. Toutes ces dames qui ont des problèmes de fertilité ont déclaré avoir absorbé des substances composées de décoctions, des écorces et des feuilles qui leur ont été servies par madame Fanta Camara contre le paiement de 300 mille francs par personne, 10 mille francs à chaque consultation, un coq, un complet de trois pagnes pour soigner leur infertilité », a déclaré devant la presse le Commissaire divisionnaire Daba Traoré, directeur adjoint de l’office central chargé de la lutte contre le crime organisé.

L’officier ajoute que la supposée guérisseuse interdisait à ses patientes de se faire consulter par un médecin, sauf son complice Etienne Gbanamou, un technicien en laboratoire se disant médecin et gérant d’une clinique clandestine à Kéitayah, qui a été également arrêté.

Suite à ces interpellations, le secrétariat chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, en collaboration avec le centre médical « Bernard Kouchner » de Kaloum, a procédé à une expertise médicale qui a donné des résultats tous négatifs, a expliqué Docteur Mamadou Fougué Camara, chef de service santé et prévention au secrétariat à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé : « Au terme de l’expertise médicale, 47 femmes ont été examinées volontairement sur les 160 qui se sont inscrites sur la liste des victimes. Et tous les résultats sont négatifs, aucune d’entre elles n’est en grossesse ». Le médecin indique qu’il y a par contre des complications qui ont été constatées chez les patientes examinées : « Les complications rencontrées après les examens sont : l’anémie, l’insuffisance rénale, les complications cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension artérielle, l’augmentation des risques, l’utérus rétréci ou déformé », a –t-il énuméré, précisant qu’on est en face de menaces réelles de la santé publique.

Une situation que regrette et déplore le colonel Moussa Tiegboro Camara, secrétaire général à la présidence chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé. « Cette femme représente un grand danger, un danger permanent. Son arrestation est un soulagement, parce que N’na Fanta ne faisait que l’empoisonnement », a dit le colonel. Il se dit satisfait de l’arrestation de cette dame, mais aussi inquiet de la situation de ses nombreuses victimes. C’est pourquoi, il a appelé l’Etat à les secourir avant qu’il ne soit trop tard : « Je veux tout simplement tendre la main à l’Etat, de venir au secours de ces pauvres femmes là, elles n’ont plus d’espoir, ça risque même de coûter la vie à certaines d’entre elles. Moi je pense que le ministère de la santé doit vraiment se réveiller », a plaidé le colonel Moussa Tiegboro Camara.

Quant aux trois accusés dans cette affaire, deux vieilles femmes et un homme, ils ont tous nié les faits d’escroquerie qui leur sont reprochés. N’na Fanta Camara reconnaît avoir effectivement travaillé pour les femmes qui l’accusent, mais elle assure que son activité n’était nullement basé sur la mauvaise foi. « Quand les femmes viennent chez moi, je leur dis que ce n’est pas moi qui guérit mais c’est Dieu. Je leur demande si elles croient en Dieu, si elles disent oui, je leur donne les médicaments. Je n’ai dit à personne d’entre elles de ne pas aller à l’hôpital voulu pour se faire consulter. Je leur dis juste que la grossesse peut prendre du temps pour certaines et qu’elles doivent être patientes et croire en Dieu. Dieu me voit et il connait ce que je fais. S’il décide que je vais y laisser ma vie, je suis prête », a déclaré la principale accusée.

La guérisseuse et ses deux complices iront donc s’expliquer un peu plus devant la justice sur ce qui leur est reproché, la justice qui déterminera s’ils sont effectivement coupables ou non. Les victimes, constituées en collectif ont déjà trouvé un avocat et ont décidé de porter plainte.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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