L’arrestation d’une fille à Labé à cause d’une vidéo indécente continue d’alimenter la chronique. Après la révolte que la sextape a suscitée, l’heure est aux interrogations. L’auteure de la vidéo, après avoir passé quelques jours en prison, a été libérée hier mardi 27 février 2018. Interrogé par un reporter de Guineematin.com, Ibrahima Aminata Diallo, sociologue de son état, a dit ce qu’il pense de ce fait divers qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Au cours de cet entretien, Ibrahima Aminata Diallo a expliqué les causes de ce genre d’attitude aux antipodes des cultures africaines. « Les causes de l’affaire de sextape peuvent être d’une part la mondialisation, le développement de la technologie. Les réseaux sociaux sont devenus, pour la plupart des gens, un moyen d’exprimer leur comportement ou même d’exhiber la perversion des uns et des autres. Nous devons chercher à savoir pourquoi elle a pris les images de ce genre et publié dans les réseaux sociaux. Sachant pertinemment que ces images ne reflètent pas à la fois la culture africaine, mais aussi le sexe est tabou dans la culture africaine ».

Par ailleurs, Ibrahima Aminata Diallo ajoute que « ce problème est devenu un problème social, un phénomène qui interpelle tout le monde, surtout ceux qui œuvrent dans la conservation des valeurs africaines. Tout ce qui se passe dans les réseaux sociaux, concernant la publication des images des parties intimes va à l’encontre de nos cultures. A Labé, là où cet acte s’est passé, c’est une société fondée sur le Missidé, sur la théologie, qui interdit complètement, qi dit de ne même pas s’approcher de cette perversion, en lus forte raison de la pratiquer. C’est pourquoi, cela doit interpeller les religieux, les sociologues, les juristes. Chacun doit comprendre qu’il a sa part de responsabilité pour ramener les gens dans le bon sens de l’utilisation des téléphones», soutient l’enseignant.

Selon monsieur Diallo, la justice devrait sanctionner la fille, car elle a reconnu les fais. « Mais, c’est désolant ce qui s’est passé. A partir du moment où la culpabilité de la fille est là, et si la juste la blanchie, en disant que ce n’est pas elle qui a publié, elle doit savoir à qui elle a envoyé les images. Si réellement la fille a reconnu avoir fait la vidéo, elle devrait avoir une sanction. Pourquoi accepter de réaliser une vidéo de perversion même si ce n’est pas elle qui a publié ? ».

Toutefois, le sociologue lance un appel à la population de Labé de ne pas stigmatiser la famille. « Je demande au voisinage de ne pas stigmatiser cette famille à cause de ça parce que cela peut replier et provoquer autre chose. Et, je pense que les gens doivent comprendre que peut être c’est une erreur qui est arrivée par ce que certains ne calculent pas les conséquences. Pour moi, la meilleure façon pour consoler la famille et la fille, c’est de l’accompagner, leur prodiguer des conseils», suggère notre interlocuteur.

Ramatoulaye Diallo pour Guineematin.com

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