Pour la deuxième fois, « la marche de la colère » que comptent organiser certains travailleurs du port autonome de Conakry pour protester contre la concession le port conventionnel à la société Albayrak n’a pas eu lieu ce lundi, 27 août 2018.

Cette fois, il ne s’agit pas d’un empêchement comme ce fut le cas de la première fois, mais plutôt d’un cas de décès. Le syndicat des travailleurs en grève depuis la signature de ce contrat donnant la gestion du terminal conventionnel à la société turque pour une durée de 25 ans, a décidé d’ajourner sa manifestation en raison de la mort d’un de ses membres, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce lundi matin, les travailleurs du port autonome de Conakry concernés par ce mouvement de protestation, ont répondu massivement à l’appel de leur syndicat en ralliant la Bourse du Travail d’où devait partir leur manifestation de rue. Mais ils n’ont finalement pas investi les rues de Kaloum comme ils l’avaient prévu, pour dénoncer ce qu’ils appellent « la vente » du port par les autorités du pays. Cette manifestation dénommée marche de la colère, a été reporter à la dernière minute suite au décès de Mohamed Diaby, membre du syndicat de ces travailleurs en colère.

« Nous venons de perdre un de nous. A cette douloureuse occasion, c’est les instructions de l’exécutif, nous ne pouvons faire aucune manifestation de joie ou de colère. Nous allons tous nous rendre à la famille du défunt pour présenter nos condoléances à la famille. Donc, c’est ce qui signifie que la marche prévue aujourd’hui est ajournée », a déclaré Mamadou Mansaré, secrétaire général de la CNTG à l’occasion d’une réunion tenue ce matin à la Bourse du Travail avec les travailleurs du port.

Toutefois, Mamadou Mansaré ne s’est pas empêché de dénoncer une fois encore l’interdiction de leurs précédentes manifestations par les autorités. Ce qui est tout à fait contraire aux principes de la démocratie auxquels la Guinée a souscrit, selon le syndicaliste : « C’est une occasion pour nous d’informer l’opinion nationale et internationale qu’on est en train de museler notre démocratie. La Loi fondamentale autorise le droit de manifester. On accorde le droit de manifestations aux partis politiques, mais quand c’est les organisations de la société civile, on trouve toujours des arguments.

Nous avons voulu suivre la procédure légale, ous avons écrit officiellement au gouvernorat pour l’informer que le bureau confédéral en compagnie des travailleurs du port autonome souhaite rencontrer la représentation du peuple, en compagnie des forces sociales de Guinée, pour exprimer leurs inquiétudes. C’est eux qui sont censés à mon avis écouter ce cri du peuple, ils ont le droit de contrôler l’action gouvernementale. Vous avez remarqué par deux reprises, on nous a empêchés par la force. Peut-être, ils finiront par nous tuer comme ce qui s’est passé au 28 septembre », a-t-il dit.

De son côté, Cheick Chérif Touré, le président de la délégation syndicale du port autonome de Conakry, a réaffirmé à cette occasion, leur détermination à poursuivre ce mouvement de protestation : « Les policiers et les gendarmes sont nos cousins. Nous sommes habitués, nous allons continuer la marche. Quand le commandant tire sur le fils du capitaine, le capitaine à son tour va tirer sur le fils de commandant », a affirmé Cheick Touré.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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