Conakry : des gardes communaux arrêtés pour avoir réclamé le paiement de 9 mois d’arriérés de salaire

Alpha Oumar Cissé (porte-parole de la commission d’orientation et de discipline des gardes communaux), Moussa Soumah et Tamba Kourouma (tous membres des gardes communaux) sont détenus depuis hier, samedi 13 août 2022, au commissariat central de Dixinn. Ils sont accusés d’avoir appelé à une grève des gardes communaux de Conakry pour réclamer le paiement de neuf (9) d’arriérés de salaire et exiger des autorités leur intégration des rangs de la police et de la gendarmerie.

Selon les informations confiées à Guineematin.com, les gardes communaux qui se trouvent actuellement dans les mairies de Conakry ont été recrutés en 2020. Et, à leur recrutement, les autorités leur avaient promis une intégration dans les effectifs de la police et de la gendarmerie. Mais, après 2 ans de service, ces gardes communaux n’ont rien vu de cette promesse. En plus, ils vivent misérablement. Car, leurs maigres salaires n’ont jamais été payés à la bonne date. D’ailleurs, cela fait 9 mois qu’ils n’ont perçu aucun Kopeck.

Au mois de mai dernier, ces gardes communaux, réunis en collectif, ont fait des mémorandums pour solliciter le paiement de leur salaire. Ils y ont aussi brandi une menace de grève si rien n’était fait dans le sens de satisfaire à leur revendication. Ces mémorandums avaient été adressés au ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, aux différentes communes et au parquet général. Mais, jusque-là, rien n’a été fait pour soulager les gardes communaux. Et, c’est la raison pour laquelle ces agents qui assurent la sécurité dans nos communes ont décidé de passer à l’action et de déclencher une grève pour se faire entendre. Cette grève doit normalement démarrer demain (lundi). Mais, ils commencent déjà à avoir des ennuis auprès des autorités. Car, sur instruction du maire de Dixinn, Mamadou Samba Diallo, trois gardes communaux ont déjà été arrêtés et conduits en détention au commissariat central de Dixinn.

Également, le maire de la commune de Matoto, Mamadouba Tos Camara, aurait déjà menacé de déployer demain la police et la gendarmerie pour mater les gardes communaux grévistes.

« Deux de mes compagnons et moi-même sommes écroués depuis hier au commissariat central de Dixinn ici… L’affaire remonte au 27 mai 2022 après 6 mois sans salaire, on a décidé de faire des mémorandums qu’on a adressés au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation), aux communes et au parquet général. Mais, il n’y a pas eu de suite. Finalement, le collectif a décidé de lancer une grève, à partir de ce lundi, pour cesser toute activité. Ainsi, moi on m’a mandaté d’aller vendredi à la radio pour alerter les autorités qu’à partir de lundi nous allons cesser toute activité. Mais, dès que nous avons fait une sortie à la radio, le maire de la commune de Dixinn a instruit de nous arrêter. C’est ainsi qu’on nous a arrêtés et envoyés au commissariat spécial du stade du 28 septembre, puis ils nous ont transférés au commissariat central de Dixinn. Donc, depuis hier (samedi), nous sommes au commissariat central ici… Nous, nous sommes en prison, mais les éléments feront la grève. Nous sommes là sans espoir, c’est pour cela que nous avons décidé de grever. Mais, le maire de Matoto a dit qu’il va déployer demain la police et la gendarmerie pour traquer les gardes communaux », a indiqué Alpha Oumar Cissé, porte-parole de la commission d’orientation et de discipline des gardes communaux.

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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