Impact du barrage de Souapiti à Pita : plusieurs champs et villages inondés à Fonfo (Sangaréyah)

« Nos terres ont complètement disparu. Il n’y a que des tristes souvenirs. Il n’y a plus où gagner de la nourriture. Là où nos femmes faisaient les cultures potagères, l’eau a tout emporté. Même dans les jardins, l’eau a également pris. On faisait la culture du riz, de l’arachide, du fonio, du manioc et on faisait de l’élevage sur de vastes étendues. Tout est perdu. Les hommes et les animaux domestiques sont tous entassés ici. Nous sommes trop serrés », lance un responsable religieux de Sangaréyah.

Les habitants de plusieurs villages dans le district de Fonfo, relevant de la sous-préfecture de Sangaréyah, dans la préfecture de Pita, sont frappés par la montée des eaux du barrage hydroélectrique de Souapiti. Vingt-sept (27) champs, sept (7) villages et plusieurs plantations sont touchés dans cette localité sans aucune assistance des autorités ni des responsables du barrage de Souapiti.

Le calvaire s’installe pour des populations qui se ne savent plus à quel sauveur se vouer, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Plusieurs villages situés dans le district de Fonfo connaissent des inondations jamais vues jusque-là. Au moins 27 champs et des domaines cultivables sont actuellement menacés de disparition à cause de la montée des eaux du lac du barrage hydroélectrique de Souapiti. Du village de Megninfikhé à celui Kamba Labha en passant par Hakoundé Thyandhi, Lambanyi, Loungan Foulbhé, Saré Diatya, et Wansan, les habitants sont abandonnés à eux-mêmes. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ils expliquent leurs difficultés.

Mamadou Billo Doumbouya, président de la jeunesse du district de Fonfo

Mamadou Billo Doumbouya, président de la jeunesse du district de Fonfo, est revenu sur le calvaire ambiant. « Actuellement, nous sommes assis et on ne sait plus quoi faire. Tous les champs sont inondés et on ne fait que se regarder pendant la journée. Dès la soirée, personne ne rentre chez lui pour pouvoir dormir. Les animaux de toutes sortes apparaissent dans l’eau. Il y a des sangsues. Personne n’ose aller faire le linge. Il n’y a aucun point d’eau pour boire. Durant votre promenade vous n’avez rencontré ni un forage ni une source encore moins une rivière. Cela nous inquiète. Nous ne sommes pas assis en tant que responsables locaux.  Nous continuons d’informer monsieur le maire et le sous-préfet. Mais jusqu’à présent, il n’y a pas de solution », a-t-il dit.

Poursuivant, Mamadou Billo Doumbouya a dénoncé les promesses non tenues des responsables du barrage de Souapiti. « Nous avons 7 villages inondés actuellement. Il y a le village de Lambanyi où les habitants ont tous quitté pour venir se réfugier à Fereya centre ; le village de Megninfikhé aussi, l’eau a envahi les maisons. Le village de Loungan foulbhé est également menacé par l’eau. Les villages de Kamba, Wansan, Saré Diatya et Hakoundé Thyandhi se trouvent dans l’eau. Malheureusement, nous avons compris que les responsables du projet de barrage hydroélectrique de Souapiti nous ont trahi. Ils nous ont laissé ici. Ils nous ont dit avec fermeté qu’il n’y aura jamais d’inondations, la présence des animaux et les zones d’élevages resteront intactes. Maintenant, nous avons peur des vagues d’eau plus que tout. Si tu pêches par exemple un poisson après une heure de temps, tu verras qu’il est complètement pourri. Et tu seras obligé de le jeter. Nous ignorons la cause de cette pourriture. Sinon auparavant, si tu attrapais un poisson ici, il allait durer toute la journée sans problème. Et si quelqu’un boit cette eau ? On a même peur de consommer ces poissons… ».

Par ailleurs, Mamadou Billo Doumbouya ajoute que 27 champs ont disparu à cause de l’inondation, entraînant des pertes immenses. « 27 champs de riz et d’arachides sont inondés. Surtout mon champ, qui a complètement disparu. J’ai même clôturé à l’aide d’une haie pour barrer l’eau contre mon champ. J’ai payé 1 million 200 mille GNF. Le lendemain, j’ai retrouvé l’eau dans mon champ. J’ai fait tout ça pour sauver mon champ. Mais en vain. Il y a également des champs de piments, d’aubergines, de plantations et autres dans les bas-fonds qui ont disparu dans l’eau. Depuis que nous avons enregistré ces dégâts, nous n’avons vu aucun responsable du projet de barrage hydroélectrique de Souapiti. Et ça, c’est depuis qu’on a changé l’équipe qui était là, on a vu personne ».

En outre, le président de la jeunesse du district de Fonfo interpelle les autorités. « Nous demandons au colonel Mamady Doumbouya en passant par notre Maire et le préfet de Pita de nous aider. Nous avons perdu des champs, des plantations, des maisons, des domaines cultivables et des zones d’élevages. Nous avons fait un rapport déposé aux autorités compétentes. Mais jusqu’à présent, aucun résultat. Nous avons besoin de nourriture, de médicaments, de kits d’hygiène, d’eau potable, de logements en attendant notre prochain déguerpissement. Nous sommes près de 1000 à 2000 personnes vivant ici. Nous lançons un appel aux bonnes volontés et aux ONG de nous sortir de l’ornière », a-t-il lancé.

Thierno Samba Diallo, membre du conseil de district Fonfo

Pour sa part, Thierno Samba Diallo, membre du conseil de district de Fonfo, estime qu’un déguerpissement est nécessaire pour sortir de cette situation. « Nous sommes coincés. Partout où l’on travaillait, nos biens et nos habitats, les villages impactés par le barrage de Souapiti sont en voie de disparition. Les autorités de la mairie étaient là pour faire l’état des lieux. Depuis leur retour, on ne voit personne. L’eau ne fait que monter et envahir nos terres. Nous vivons dans l’eau. Nous voulons être déguerpis », a souhaité Thierno Samba Diallo.

Oustaz Moumini Bangoura, membre de la ligue sous préfectorale de Sangareah

De son côté Oustaze Moumini Bangoura, membre de la ligue sous-préfectorale de Sangaréyah, est revenu sur la disparition de leurs terres et le manque de nourriture. « Nos terres ont complètement disparu. Il n’y a que des tristes souvenirs. Il n’y a plus où gagner de la nourriture. Là où nos femmes faisaient les cultures potagères, l’eau a tout emporté. Même dans les jardins, l’eau a également pris. On faisait la culture du riz, de l’arachide, du fonio, du manioc et on faisait de l’élevage sur de vastes étendues. Tout est perdu. Les hommes et les animaux domestiques sont tous entassés ici. Nous sommes trop serrés. Les autorités n’ont qu’à nous aider. Elles n’ont qu’à nous assurer si nous devons quitter ou pas. Nous sommes dans l’impasse. L’eau a fini de nous encercler. On n’a pas là où aller. On ne peut ni monter, ni descendre. Nous n’avons qu’une seule route qui traverse le centre de Fereya. Et cette route n’est pas encore travaillée. Les villages sont enclavés. Pour fréquenter les voisins, il faut emprunter les pirogues ou bien contourner une longue distance. Et on n’a pas de moyens. Nous n’avons pas d’eau potable », a laissé entendre Oustaze Moumini Bangoura.

 

De retour de Sangaréyah, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

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