L’accès à la justice est un droit non effectif pour de nombreux concitoyens de notre pays. C’est pour se pencher sur cette problématique qu’un atelier portant sur « l’étude de faisabilité pour la création d’un fonds d’aide juridictionnelle et portant recommandations pour la mise en place du cadre normatif en Guinée » se tient depuis ce jeudi 27 avril 2017 à Conakry. L’objectif recherché étant de permettre aux personnes à faible revenu de faire valoir leurs droits en justice, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

De nombreuses personnalités du ministère de la justice prennent part à cet atelier de deux jours. L’étude dont il s’agit s’inscrit dans le cadre du Programme d’Appui à la Reforme du secteur de la Justice (PARJU) d’un montant indicatif de 20 millions d’Euros, au titre du 10ème Fonds Européen de Développement (FED).

Pour madame Els Mortier, cheffe de la section gouvernance de la délégation de l’Union Européenne en Guinée, « l’accès à la justice apparaît comme une pierre angulaire de l’Etat de Droit…Les populations vulnérables, (victimes de violences sexuelles, mineurs en conflits avec la loi), sont souvent privés de ces droits, en raison des difficultés financières, matérielles et psychologiques. En dépit des actions de la société civile en matière d’assistance judiciaire en Guinée, l’exercice du droit d’accès à la justice s’avère, dans la réalité, peu effectif pour la grande majorité de la population », a-t-elle expliqué.

L’objectif visé est donc de permettre aux personnes dont les revenus sont insuffisants de faire valoir leurs droits en justice, « en matière gracieuse comme en matière contentieuse, en demande comme en défense, et devant touts les juridictions », a-t-on précisé.

Pour sa part, maître Mohamed Koly Camara, chef de cabinet du ministère de la Justice, cette étude vient à point nommé et s’inscrit dans le cadre du « rétablissement de la confiance des populations en une justice accessible, intègre et humaine… ». Il a ensuite reconnu que le chemin qui reste pour inverser la tendance « est long et difficile ».

Cependant, les défis doivent être relevés pour permettre aux citoyens guinéens l’accès à la justice pour éviter que les gens ne pensent « à une justice à deux vitesses, parce que tout simplement ils n’ont pas les moyens de payer les honoraires des avocats et les frais de procès. Surtout que les procédures sont quelques fois longues et onéreuses », a laissé entendre maître Camara.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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