Le « collectif des enseignants-chercheurs et diplômés pour le soutien aux réformes » de l’enseignement supérieur guinéen dénonce ce qu’il qualifie de « diversion des fondateurs des universités privées qui ont déclenché un mouvement de grève juste pour cacher la fraude découverte par le recensement biométrique initié par le département, a appris Guineematin.com d’une source officielle.

Selon le président de ce collectif, Samba Camara, chef service statistiques à l’Université de Labé, cette grève des universités privées est perçue au sein de son organisation comme l’expression de la peur du vent qui arrive.

« Leurs points de revendication ne s’appuient sur rien de concret. Les fondateurs de ces universités réclament le payement du deuxième semestre de l’année en cours alors que de tous les temps, ce payement est effectué au mois de juin. Ils n’ont jamais été payés au mois de mai. C’est à ce demander ce qui a motivé cette initiative sans fondement » explique Samba Camara.

A en croire monsieur Camara, ce mouvement de grève n’a pas surpris le collectif des enseignants-chercheurs et diplômés pour le soutien aux réformes parce que, dit-il, la démarche des fondateurs des universités privées est liée aux résultats du recensement biométrique effectué à l’initiative du département.

« Vous savez le recensement biométrique touche à sa fin. La grande révélation de ce recensement biométrique est qu’il y a des universités privées qui n’existe que de nom et sur papier, dans le contrat entre elles et le département. Il y a eu des universités privées qui ont avoué aux équipes de recensement biométrique qu’en réalité elles n’ont aucun étudiant. Que c’est le professionnel qui continue maintenant.

Quand je prends le cas d’une université privée qui se trouve à N’Zérékoré, son contrat avec le ministère portait sur 800 étudiants.

Mais, les agents recenseurs n’ont retrouvé que 51 étudiants sur le terrain. Pourtant, le département versait à cette université les frais de formation des 800 étudiants. Ils savent donc qu’à la fin du recensement, on va faire le point de la situation pour savoir entre le ministère et les universités concernées qui doit qui. Ces fondateurs des universités privées ont compris qu’ils seront invités à expliquer au ministère où se trouve l’argent que le ministère est entrain de les payer. Pour alors créer une diversion et donner du fil à retordre au département devant l’opinion nationale et internationale, ils ont préféré incidenté en disant qu’ils n’ont pas été payés. Ils savent que le ministère a dit que pour signer un contrat maintenant il faut prendre comme base de discussion les résultats du recensement biométrique, c’est-à-dire de l’existence réelle de l’étudiant. C’est ce qui les a effrayés. Sinon, ils n’ont jamais été payés au mois de mai » ajoute le président du collectif.

Un autre aspect qui intrigue les responsables de ce collectif, c’est le fait que les fondateurs des universités privées aient trouvé moyens de fermer complètement les institutions au préjudice des autres étudiants inscrits aux frais de leurs parents.

« Au-lieu de fermer les universités privées, ils devaient tout simplement vider les étudiants de l’Etat et laisser ceux qui y sont envoyés par leurs parents étudier » fait observer Samba Camara.

En attendant d’y voir clair, Samba Camara et son collectif encourage les autorités de l’enseignement supérieur à tenir bon et aller jusqu’au bout pour décanter la situation et assainir le secteur. Le même appel est lancé aux étudiants régulièrement inscrits dans les universités privées guinéennes.

« C’est dans notre propre intérêt de décanter cette situation. L’initiative peut aider l’Etat à récupérer les fonds détournés qui seront réorientes dans la qualification de l’enseignement supérieur guinéen » conclu notre interlocuteur.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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