Circulation de la drogue : la guinéenne, les deux (2) Nigérians et les 5 Kg de cocaïne

Les audiences criminelles se poursuivent dans les tribunaux de Conakry. Une affaire de trafic international de drogue était inscrite au rôle ce mardi 27 juin 2017 au Tribunal de Première Instance de Mafanco. Une guinéenne et deux nigérians, accusés d’être membres d’un réseau international de trafic de drogue, sont en jugement depuis quelques temps. La journée d’aujourd’hui a été consacrée aux réquisitions et plaidoiries des parties au procès, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Une saisie d’un peu plus de 5 kilogrammes de cocaïne à l’aéroport de Conakry en août 2013 sur Maciré Yansané en provenance de Sao Polo, au Brésil avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. Dès sa descente de l’avion, elle a été mise aux arrêts par l’Office Central Anti Drogue (OCAD) et détenue à la maison centrale de Conakry, depuis le 02 aout 2013.

Dans ses réquisitions, le procureur Aly Touré est revenu en détail sur les activités et le périple de Maciré Yansané. « Madame Yansané, coiffeuse de profession, a voulu fructifier ses affaires en s’associant avec deux Nigérians, Igbllegin Godswill ; alias Junior et Collin Okerafor, dit Konmi », a introduit monsieur Touré.

Par la suite, le procureur va rappeler que les deux nigérians ont proposé à Maciré Yansané de l’envoyer au Brésil pour des affaires. Une chose qu’elle a acceptée. Mais, en rentrant à Conakry via Lomé, la capitale togolaise, la dame qui était surveillée par l’OCAD depuis son embarquement, a été interpellée avec 5, 780 kilogrammes de cocaïne sous forme liquide.

Revenant sur les déclarations faites par l’accusée lors des audiences précédentes, Aly Touré laissera entendre que ce qu’elle a dit est contraire à la réalité. « Elle a dit que c’est dans l’avion qu’elle a compris qu’elle avait des produits prohibés. Pourquoi n’avait-elle pas aussitôt déclaré cela aux autorités compétentes en dénonçant les nigérians ? Elle s’est tue et c’est la vigilance des agents qui a permis son arrestation », a soutenu le procureur.

Au regard de tout ceci, Aly Touré va estimer que tous les éléments constitutifs de trafic international de drogue sont réunis car la drogue a quitté le Brésil, transité par le Togo avant d’arriver en Guinée. C’est pourquoi le procureur a requis 5 ans de réclusion criminelle et 500 millions de FG d’amende.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense, maître Mohamed Traoré a commencé par rappeler que Maciré Yansané a deux enfants qu’elle a intégralement à sa charge. Ensuite, maître Traoré dira que la dame a été plutôt utilisée par les deux Nigérians.

Ils ont profité des difficultés de la dame, explique-t-il, pour lui proposer de l’aider en l’envoyant au Brésil pour acheter des produits cosmétiques. « Acheter des produits cosmétiques et un salon de coiffure vont de paire », dira-t-il en substance.

Par ailleurs, maître Mohamed Traoré va rappeler que la dame est allée au Brésil sans que son contact, qui n’est autre que le frère de Junior, ne vienne à l’aéroport. Il a fallu qu’elle aille seule à son hôtel.

Poursuivant sa plaidoirie, l’avocat fera remarquer que le jour du retour de Maciré Yansané, le même monsieur a embarqué les bagages de la dame à son insu avant de lui donner 4 flacons de « Beauty Color » qu’elle devait mettre dans son sac à main.

« Elle a pensé que tout était normal parce que les bagages ont été mis dans la soute de l’avion et elle s’est embarquée sans problèmes. Elle ne savait pas qu’elle était entrain d’être utilisée par un réseau. Elle a été dupée, utilisée comme un pion », a plaidé le bâtonnier des avocats de Guinée.

En outre, maître Traoré s’interroge : « si elle était surveillée depuis le Brésil, pourquoi l’a-t-on intercepté à l’aéroport de Conakry au lieu de la filer pour aller vers les destinataires de la drogue ? ».

Les deux nigérians, Igbllegin Godswill ; alias Junior, et Collin Okerafor ; dit Konmi, sont d’ailleurs en fuite, selon nos informations.

Pour finir, maître Mohamed Traoré va demander de larges circonstances atténuantes pour sa cliente qui a passé près de 4 ans de détention, loin de ses deux enfants alors que son mari est au Canada depuis de longues années. Il va demander aussi au tribunal d’appliquer l’ancien code pénal, qui est « moins sévère » que celui en vigueur actuellement.

Maciré Yansané interrogée par la juge, madame Fatou Bangoura, a demandé pardon sans pouvoir retenir ses larmes.
La juge, après avoir écouté attentivement les parties au procès, dira que la décision sera rendue le 11 juillet prochain.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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