Le mois de décembre est devenu une occasion pour de nombreux compatriotes de célébrer leur union à travers les mairies de la Guinée. Après la veille du mois de Ramadan, c’est le mois de décembre qui suit en termes de nombre de mariages célébrés. C’est ce qu’a confié l’officier d’état civil délégué de la mairie de Ratoma, monsieur Baldé Mamadou Kâna, lors d’un entretien avec un reporter de Guineematin.com hier, vendredi 15 décembre 2017.

Dans cette interview, monsieur Baldé a expliqué l’importance de célébrer le mariage devant l’officier d’état civil, les difficultés qui assaillent son service  et bien d’autres sujets.

Guineematin.com : nous constatons une hausse du nombre de mariages à l’occasion de cette fin d’année. Expliquez-nous cet état de fait.

Mamadou Kâna Baldé : effectivement, à la fin de l’année 2017 il y a beaucoup de mariages en vue. Comme vous le savez, la Guinée est un pays laïc. On y rencontre des musulmans et des chrétiens. La plupart des chrétiens préfèrent profiter de l’année qui s’achève pour venir s’acquitter de ce devoir civique. En plus, si vous avez constaté, en fin d’année il y en a beaucoup qui prennent des vacances pour retourner au pays pour s’acquitter de ce devoir. Ici à la commune de Ratoma, nous avons deux temps pendant lesquels nous avons beaucoup plus de mariages. C’est notamment à la veille du mois de Ramadan et en fin d’année.

Guineematin.com : est-ce que vous disposez de chiffres concrets pour étayer tout cela ?

Mamadou Kâna Baldé : oui, quand on fait le constat, pour le mois de Mars, nous avons fait 205 mariages. Pour le mois d’Avril, on a fait 232 mariages. Rien que pour le mois de Mai, on a célébré 408 mariages avant le mois de Ramadan. Pour ce qui est de la fin de l’année, en novembre on a célébré 219 mariages, alors que pour le mois de décembre on a déjà 57 mariages dont on a reçu les dossiers. Et, nous avons encore plus d’une quarantaine entre vendredi, samedi et dimanche. Ça veut dire qu’au mois de décembre nous aurons vraiment beaucoup de mariages à célébrer. Tout ceci, c’est parce que nous acons reçu beaucoup de nos compatriotes de l’extérieur qui profitent de cette période pour venir se marier.

Guineematin.com : est-ce qu’il n’y a pas aujourd’hui un engouement de nos compatriotes vers les mairies pour célébrer les mariages ?

Mamadou Kâna Baldé : les citoyens commencent aujourd’hui à comprendre la nécessité de venir vers nous pour célébrer ces mariages. Voilà un peu pourquoi il y a aujourd’hui cet engouement. Je voulais vous dire que le mariage est très simple. La loi dit que le mariage requiert la présence de l’époux, de l’épouse plus deux témoins majeurs. Même s’il n’y a pas assez de bruit, mais le devoir c’est de venir vers les mairies pour célébrer le mariage. Au fur et à mesure que nous faisons des campagnes de sensibilisation à travers les médias, ça porte fruit. C’est dans ce cadre que le ministère de l’administration du territoire a jugé nécessaire de mettre sur pied une direction nationale de l’état civil.

Guineematin.com : quelle est l’importance pour les citoyens de venir célébrer le mariage à la mairie ?

Mamadou Kâna Baldé : si vous allez avec votre épouse au Sénégal par exemple, en disant aux autorités de ce pays que vous êtes mariés, il va bien falloir en apporter la preuve. La preuve, ce n’est pas le papier qu’on donne à la mosquée. C’est plutôt de mariage délivré au niveau d’une mairie. L’autre importance, c’est quand un problème d’héritage se pose, il faut que la femme ait un acte de mariage. Ensuite, quand vous avez besoin de voyager en allant par exemple avec votre épouse et les enfants, il va falloir apporter la preuve à travers le document de l’état civil. C’est une suite, dès que vous vous mariez, vous faites des enfants que vous allez aussi déclarer à la mairie.

Guineematin.com : que dire de la polygamie dans tout ça ?

Mamadou Kâna Baldé : vous savez, cette pratique de la polygamie est interdite. La loi est claire là-dessus. Dans le code civil, en son article 315, il est dit que la polygamie est interdite à toute personne de nationalité guinéenne. Mais, il est encore dit à l’article 317, pour des cas de force majeure dument établie par les autorités compétentes, l’époux peut demander le divorce et pendre une femme de plus. Si tu passes 5 ou 10 ans avec une femme, vous ne faites pas d’enfants, vous avez deux options : soit vous divorcez, soit tu prends une 2èmefemme.

Guineematin.com : pendant ces journées de signature de mariages, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Mamadou Kâna Baldé : c’est surtout au niveau du respect de la programmation. La loi dit que le couple choisit la date, l’officier choisit l’heure. Par exemple pour les dimanches, si on a 30 ou 40 mariages, on essaye de faire une planification de 9 heures à 18 heures. Chacun est programmé. Le problème que nous avons est que les gens ne respectent l’heure. Le plus souvent, les gens attendent 14 heures, 15 heures ou 16 h pour venir nous envahir en même temps.

Guineematin.com : qu’en est-il des militaires et autres gendarmes qui viennent troubler l’ordre en cherchant à être les premiers servis ?

Mamadou Kâna Baldé : ça nous arrive même si ce n’est pas eux tous qui le font. Il est vrai que c’est par ordre d’arrivée, mais il y en a qui pensent qu’ils sont un peu au dessus de la loi. Il est important qu’il y ait la discipline, que les gens respectent l’ordre établi. Quand on les ramène à la raison, ils comprennent que c’est le premier venu qui est servi en premier. D’ailleurs, j’ai vu la fois dernière, des agents qui étaient là, qui ont compris qu’il y a l’embouteillage, ils nous ont aidés à canaliser les choses. Mais, ce que je souhaite dire aux gens, c’est de venir à l’heure indiquée. Pour les marraines aussi, nous allons plaider pour qu’elles s’activent et essayent de respecter les heures indiquées. Elles doivent revoir le temps qu’elles passent dans les salons de coiffure. C’est là qu’elles retardent trop.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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