Amara Balato Kéïta, proviseur du lycée Kipé

Vraisemblablement, cette semaine encore sera perdue dans les écoles du pays, où les cours sont arrêtés depuis le déclenchement de la grève des enseignants appelée par le groupe de syndicalistes dirigé par Aboubacar Soumah. Face donc à cette situation qui perdure et qui entraîne d’autres conséquences fâcheuses, le Proviseur du Lycée Kipé et Secrétaire général de la FSPE (Fédération Syndicale Professionnelle de l’Education), interpelle le gouvernement sur sa responsabilité. Amara Balato Kéita l’a dit au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com ce mardi 20 février 2018.

Décryptage !

Guineematin.com : Bonjour monsieur le Proviseur. Après une semaine de cours perdue au Lycée Kipé vous avez convoqué les enseignants de votre établissement à une réunion hier lundi, de quoi il a été question au cours de cette rencontre ?

Amara Balato Kéita : Je vous remercie ! La direction du Lycée Kipé a convoqué ses professeurs chargés des cours et de l’encadrement, évidemment depuis que le mouvement a été lancé, l’encadrement n’a pas manqué un seul jour, excepté notre collègue qui est malade et qui se trouve au Maroc pour des soins, ce sont les professeurs qui ont observé la grève. Mais malgré que ce mot d’ordre de grève a été lancé, quand ils ont reçu le coup de téléphone de mes censeurs, ils se sont rendus à l’école. La réunion a eu bel et bien lieu. Conformément à ce que l’autorité au sommet nous a dit de communiquer, le communiqué rédigé par la commission de concertation au niveau de la Primature a été lu et commenté. Je leur ai dit de revenir aux bons sentiments pour enseigner les fils du pays, penser à l’avenir des enfants du pays, venir à l’école.

Guineematin.com : Au lendemain de cette rencontre, la plupart des classes de votre école sont restées vides ce mardi encore, est-ce que vous pensez que vous avez été entendus par les enseignants ?

Amara Balato Kéita : Nous avons été entendus parce que ce matin, quelques-uns sont venus, quelques élèves sont en classes, et mon frère c’est petit à petit qu’on va reprendre le travail.

Guineematin.com : Comment d’enseignants sont venus aujourd’hui ?

Amara Balato Kéita : Sur les programmés il y a eu 5 enseignants qui sont venus et ces 5 ont enseigné. La route n’étant pas libre, nous n’avons pas la corde aux cous des élèves pour les emmener à l’école. C’est l’insécurité qui sévit actuellement dans le pays, même hier vous avez appris qu’il y a un gendarme qui a été tué à Bomboly. Alors si cela est, qui est à l’abri de ce vent ? Je crois que personne n’est à l’abri. Donc, même les parents d’élèves ont peur de laisser leurs enfants venir à l’école. Ce n’est pas que la grève des enseignants maintenant, mais y a un autre vent qui souffle. Ce n’est pas que les enseignants, mais c’est la population, les enseignants, les élèves qui sont dans le vent en question. Et ce qui pointe à l’horizon, je demanderai au peuple de Guinée de se lever comme un seul homme pour arrêter cela.

Guineematin.com : Face à cette situation qui est inquiétante vous l’avez dit, quelle solution vous préconisez, qu’est-ce que vous demandez au gouvernement notamment ?

Amara Balato Kéita : Je dirai au gouvernement de prendre sa responsabilité, y a pas deux poids deux mesures. Ou on est responsable ou l’on est l’est pas. Quand on démissionne, cela vaut mieux que de laisser le pays dans la main de la rue. Le pays ne fait que tanguer et le vent qui pointe à l’horizon, il ne faut pas qu’il souffle, parce qu’il est plus fort que l’Ouragan, si on ne prend pas de dispositions, il ne laissera rien sur son chemin. Et la Guinée est notre chère patrie qui n’a pas connu de guerre fratricide, donc nous devons nous donner la main, politiciens, gouvernants, travailleurs, donnons-nous la main pour que notre Guinée qui a reçu des refugiés depuis des décennies, reste un havre de paix.

Guineematin.com : Beaucoup pensent que la solution c’est de négocier avec Aboubacar Soumah, est-ce que c’est votre avis aussi ?

Amara Balato Kéita : Je suis Proviseur du Lycée Kipé, négocier ou pas négocier, moi je demande la paix dans le pays, je parle en Proviseur.

Guineematin.com : S’il faut donc passer par des négociations avec Soumah pour qu’il y ait la paix vous êtes d’accord avec ça ?

Amara Balato Kéita : L’essentiel, je demande la paix. Qu’ils négocient, qu’ils ne négocient pas, c’est à eux de choisir qu’est-ce qu’il faut pour le maintien de la paix dans le pays. C’est pourquoi j’ai dit qu’il y a un vent qui pointe à l’horizon qui est plus fort que l’Ouragan. Parce que politiques et syndicats si cela fusionne, ce n’est pas bon pour le pays, donc nous devons voir ça à la loupe, moi c’est mon entendement. Il faut que le gouvernement soit à même de prendre ses responsabilités pour que le pays soit calme.

Entretien réalisé par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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