Aboubacar Touré est accusé d’avoir donné la mort à Youssouf Souaré le 31 janvier 2010 à Conakry. Après son audition, avant-hier, lundi 18 juin 2018, par le tribunal criminel de Dixinn, le procureur a requis contre lui la réclusion criminelle à perpétuité, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Appelé à la barre par le président Mangadouba Sow, le présumé auteur de cet assassinat, Aboubacar Touré, a systématiquement nié les faits qu’on lui reproche. Dans ses explications, il a laissé entendre qu’il vivait dans la même chambre que la victime, Youssouf Souaré. Mais, se défend-il, à aucun moment une bagarre ne s’est produite entre eux. « Lorsqu’ils ont ouvert la porte, dit-t-il, ils m’ont trouvé vivant. Mais, j’étais dans un état très critique. On m’a évacué immédiatement à l’hôpital », a-t-il expliqué.

Dans ses réquisitions, le procureur Mohamed Samoura a rappelé qu’à l’enquête préliminaire, « Abdoulaye Touré avait déclaré s’être battu avec Youssouf Souaré. Ensuite, d’une part, il dit que la mort de Youssouf serait liée à la fumée que dégageait un groupe électrogène dont l’échappement est collé à leur chambre, et d’autre part, il dit que c’est suite à la prise de médicaments traditionnels que Youssouf serait décédé. Aucune de ces versions n’est claire ici » précise le procureur.

Selon Mohamed Samoura, les faits d’assassinat reprochés à Aboubacar Touré sont constitués. « Ils étaient deux dans la chambre et l’autre est mort par suite de coups et violences. Donc, en application de l’article 212 du code pénal guinéen, je vous demande de le condamner à la réclusion criminelle à perpétuité », a requis le procureur.

De son côté l’avocat de la défense, maitre Labillé Sonomou a, dans sa plaidoirie, longuement expliqué les fais avant de solliciter l’acquittement de son client.

« Aboubacar Touré et Youssouf Souaré partageaient la même chambre. Et, c’est à la veille du nouvel an, c’est-à-dire le 31 décembre 2009, que Youssouf est parti à une invitation. Il est rentré vers 2 heures du matin sans qu’Aboubacar ne le sache. Il est allé dans la douche et il a crié au secours. Aboubacar Touré est allé le secourir, et ils ont passé la nuit ensemble dans la chambre. Trois jours après, c’est- à-dire le 3 janvier 2010, aux environs de 10 heures, la famille et les voisins ont constaté une odeur nauséabonde qui se dégageait de la chambre qui demeure toujours fermée. Ils ont décidé d’ouvrir la chambre. Et dès qu’ils l’ont ouverte, ils ont trouvé le corps de Yousouf Souaré en état de putréfaction et Aboubacar Touré dans un état de fatigue générale, allongé dans un lit désordonné », a-t-il détaillé.

Maitre Sonomou soutient que dans cette affaire, il y a doute. « Aboubacar Touré ne peut pas assassiner Youssouf Souaré et rester à côté du corps trois jours durant jusqu’à ce que les autorités viennent mettre main sur lui. Il y a doute dans cette affaire, et le doute profite à l’accusé. C’est pourquoi nous sollicitons au tribunal de se prononcer sur siège en renvoyant notre client des fins de la poursuite », a plaidé l’avocat.

Finalement, le dossier est renvoyé au 2 juillet 2018 pour la délibération.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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