Plusieurs conducteurs de taxis motos ont manifesté hier mercredi, 08 août 2018 dans la ville de N’zérékoré pour protester contre le port obligatoire de gilets et l’immatriculation de leurs motos. Une décision prise par les autorités locales pour réglementer le secteur. Des accrochages les ont opposés aux services de sécurité qui procèdent à la saisie de toutes les motos dont les propriétaires ne se conforment pas à cette mesure, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Comme partout en Guinée, le secteur des taxis motos a connu un développement fulgurant ces dernières années, attirant de nombreux jeunes. Mais il est confronté aussi à de nombreux problèmes, notamment d’ordre sécuritaire. C’est pourquoi, les autorités communales de N’zérékoré, en collaboration avec les services de sécurité locaux, ont décidé de réglementer le secteur en rendant notamment obligatoires le port de gilets par les conducteurs et l’immatriculation de leurs motos. Après plusieurs reports à la demande des syndicats des taxis motos, cette mesure est enfin entrée en vigueur à partir du 05 août dernier.

La police s’est mise en branle en saisissant tout engin à deux roues dont le conducteur ne se sera pas conformé à cette mesure. Et celui dont la moto est saisie, est automatiquement soumis au payement d’une amende en plus de l’obligation qui lui est faite d’acheter le gilet et la plaque d’immatriculation avant de récupérer sa moto. Et c’est cela qui a irrité plusieurs conducteurs de taxis motos qui ont manifesté ce mercredi, 08 août 2018 pour dénoncer cette mesure.

Ils sont allés d’abord devant le siège de leurs syndicats où des affrontements les ont opposés à la police. Après un échange de jets de pierres contre gaz lacrymogène entre les deux parties, les manifestants se sont repliés pour aller manifester dans la rue avec des slogans comme « on ne veut pas la tenue et on ne la porte pas ». « Depuis le lundi, la police saisit les motos qui n’ont pas de plaques et dont les conducteurs ne portent pas de gilets.

Quand les agents les amènent à la police, ils nous demandent d’aller acheter les plaques et les gilets chez les syndicats, mais quand on va au siège des syndicats, ils nous disent qu’il n’y a pas de gilets ni de plaques, que ces choses-là sont finies. Et quand on retourne vers la police pour qu’on nous remette nos motos, eux aussi refusent de nous donner les motos et ils nous empêchent de circuler en ville. Il y a actuellement 20 motos qui se trouvent à la police routière, voilà pourquoi on manifeste », explique Mamoudou Soumaoro, l’un des manifestants.

Mais le président régional de l’union des taxis motos de N’zérékoré dément la version des manifestants. Simon Pierre Lamah indique que ces conducteurs de taxis motos ne veulent pas tout simplement se conformer aux nouvelles règles : « Ce qu’ils vous disent est absolument faux, il y a beaucoup de gilets et de plaques ici. Le problème est que, entre eux les conducteurs, il n’y a pas d’entente. Il y a un groupe qui s’est identifié et continue à s’identifier et un autre qui refuse de s’identifier. Ceux qui ne sont pas identifiés, empêchent les autres à porter leur tenue et voilà le problème », a-t-il dit.

Suite à ce mouvement de colère, les autorités locales : le préfet et le maire de N’zérékoré ont convoqué une réunion ce jeudi, 09 août 2018 avec les deux syndicats des conducteurs de taxis motos de la ville pour tenter de trouver une solution à ce problème.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel:+224620166816

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