Comme annoncé précédemment, en présence des autorités administratives et judiciaires préfectorales et régionales de Mamou, les individus qui ont été arrêtés après le braquage perpétré le jeudi dernier, 09 août, dans une boutique à Pita, ont été présentés hier, samedi 11 août 2018, à la presse par la gendarmerie. Pour la circonstance, la cour du groupement de la gendarmerie territoriale de Mamou qui a abrité cette opération d’exhibition a été interdite aux curieux qui tenaient à dévisager les présumés braqueurs, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

C’est aux environs de 12 heures 30 que les cinq personnes suspectées d’avoir pris part au braquage de Pita sont arrivées à bord d’un pick-up de la police et sous haute surveillance au groupement de la gendarmerie territoriale de Mamou où étaient déjà exposés les objets qui ont été saisis sur eux après leur interpellation.

Les têtes baissées (sûrement pour tenter de cacher leurs visages), ces braqueurs présumés ont été placés entre une rangée de gendarmes et une table sur laquelle étaient posés leurs objets (valises, sacs à dos, sacs de voyage, téléphones, argent, armes, munitions,…).

Interrogés par la horde de journalistes qui étaient sur place, ces malfaiteurs présumés se sont tous présentés comme étant des chauffeurs de profession.

S’agissant du braquage pour lequel ils ont été arrêtés, les suspects ont donné à tour de rôle leurs versions. « C’est le chauffeur Ibrahima, qui m’a appelé pour me demander de les accompagner à Pita où ils voulaient braquer un devise-man qui est un ami à mon grand frère. J’ai répondu que je ne vais pas aller à Pita parce que je suis très bien connu là-bas. Ils m’ont suggéré d’aller avec eux. Comme çà, je descendrais à mi-chemin et eux, ils vont continuer sur Pita. J’ai alors accepté le deal. Nous sommes allés jusqu’à Bomboly (un district de Pita), ils m’ont laissé là-bas pour aller faire le braquage. Après l’attaque, ils sont venus me prendre à Bomboly, d’où nous sommes partis en direction de Diouriyah. Quand on a rencontré les agents de sécurité, il (Ibrahima) est descendu de la voiture pour s’enfuir à pieds. Nous autres aussi, sommes descendus de la voiture pour nous enfuir. Moi, je ne connais même pas la localité où je suis allé après cette course poursuite. C’est les populations de cette localité qui m’ont arrêté et conduit devant les autorités », a expliqué Ousmane Diallo qui dit être chauffeur et originaire de Mity (dans la préfecture de Dalaba).

De son côté, Sékou Koné (ou Sékou Condé, selon les circonstances) a dit ne rien connaitre dans cette affaire de braquage. « Je réside à Lambanyi (dans la commune de Ratoma à Conakry). C’est un ami qui s’appelle Moussa qui m’a appelé pour me dire de venir et je suis venu le trouver à Mamou. J’ai conduit la voiture RAV4 jusqu’à Pita ; mais, je ne connais rien dans cette affaire. Celui qui m’a appelé n’est pas là, il a fuit », a-t-il confié, tout en précisant qu’il est originaire de Macenta (en région forestière) et qu’il est le propriétaire de la voiture Kiya qui était garée dans une station service à l’entrée de la ville de Mamou.

Quant à Hafiziou Diallo qui dit être un résidant de Conakry et originaire de Boussoura, une localité qui se trouve, selon lui, quelque part en Moyenne Guinée ; il a admis être, sans détour, celui qui a pris l’argent dans la boutique à Pita.

« C’est le chauffeur Ibrahima qui a payé mon transport pour que je vienne à Pita. Quand je suis arrivé sur place, ils m’ont dit de les accompagner quelques part. Nous allons directement à la boutique où ils ont fait le braquage. J’ai pris de l’argent dans un tiroir ; mais, je ne détenais aucune arme. Après l’attaque, on s’est enfui pour aller partager l’argent. Moi, j’ai eu dix millions de francs guinéens. C’est après çà que nous avons été arrêtés », a-t-il sèchement confessé.

Pour sa part, Mamadou Malal Bah a dit être originaire de la préfecture de Dalaba. Il soutient avoir été arrêté à Boulliwel, une sous-préfecture qui relève de la préfecture de Mamou.

« Je ne connais aucun de ces gens-là (les suspects). On m’a arrêté sur la route de Boulliwel. J’étais sur une moto en provenance de Soumbalako. J’ai été arrêté tout simplement parce que je détenais de l’argent, mon argent. Je ne connais rien de l’attaque de Pita », a-t-il déclaré tout en précisant qu’il est chauffeur de profession.

Concernant Alpha Saliou Barry (celui qui a été blessé lors des échanges de tirs avec les agents de sécurité), il dit avoir été arrêté alors qu’il était venu de Conakry pour dépanner la voiture de son ami Ibrahima qui l’a appelé au téléphone.

« Il m’a appelé pour me dire qu’il est en panne de roulement à Ditinn (dans la préfecture de Dalaba). J’ai acheté un roulement et je me suis embarqué pour Mamou. De là-bas, j’ai déplacé un taximoto pour Ditinn à 70 000 francs guinéens. Arrivé à Ditinn, j’ai dépanné la voiture. Dès qu’on a bougé pour Mamou, on a rencontré les agents de sécurité. Ils ont garé la voiture pour s’enfuir en brousse. Moi, je n’ai pas pu fuir parce que je suis asthmatique. Mais comme on tirait un peu partout, je suis allé me couché dans un buisson. C’est là qu’un agent est venu tirer sur moi. Je ne suis pas allé à Pita et je n’ai pas pris part au braquage », s’est-il défendu, tout en indiquant qu’il est mécanicien-chauffeur de profession.

A suivre !

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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