La vieille Nénan Hadja Aïssatou Diallo qui a été brutalisée et chassé de son campement d’élevage de Sanama Kobossôré, relevant de la commune urbaine de Lélouma, dans la Région Administrative (RA) de Labé est décédée au domicile de son défunt mari, à Bourouwal Korbé, hier, samedi 18 août 2018, aux environs de 17 heures, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Ce décès intervient au moment où depuis 4 ans déjà elle est en train de réclamer justice suite à l’agression physique qu’elle a subie à son campement d’élevage de Sanama Kobossôré de la part d’un groupe de jeunes venus du village voisin de Sanama Darayah, protégés par les autorités préfectorales.

L’on se rappelle qu’un conflit d’une rare violence a opposé, au mois de novembre 2014, une famille d’éleveurs et la communauté villageoise de Sanama, dans la commune urbaine de Lélouma. A cette douloureuse occasion, deux cases, des moutons, chèvres et bœufs ont été brûlés par des agresseurs. Mamadou Saliou, un jeune Talibé venu de Gaoual a trouvé la mort par balle dans la bagarre. Son compagnon, Alpha Ousmane et la vieille Nénan Aïssatou qui était âgée de plus de 80 ans ont été blessés et admis à l’hôpital préfectoral de Lélouma.

Pour la petite histoire, cet incident faisait suite à une décision de justice rendue par le Juge de Paix de Lélouma d’alors, Sidiki KOUROUMA. Ce magistrat avait traité une plainte dans laquelle le jeune Mamadou Saïdou de Korbé qui avait installé un campement d’élevage à Kobosôré accusait les chiens de la famille de Sanama d’avoir décimé ses animaux. Suite à un débat contradictoire, le propriétaire des chiens avait été condamné à payer près de 9 millions de francs guinéens à l’éleveur.

N’ayant pas accepté cette décision de justice, le propriétaire des chiens a décidé d’en finir une fois pour toute avec le campement d’élevage de Kobosôré. Il s’est fait alors accompagner pour agresser la famille du plaignant. Sur place, les agresseurs ont copieusement tabassé la mère du plaignant qui était absent des lieux. Mais, revenu à la maison, son arme en bandoulière, il a surpris les agresseurs entrain de rouer des coups la vieille. Pour sauver sa pauvre mère, Mamadou Saïdou n’a pas hésité un seul instant à ouvrir le feu : le jeune talibé, atteint, est mort sur place. Les mêmes balles ont blessé le jeune Alpha Ousmane.

Alerté, un détachement de la Gendarmerie de Lélouma est intervenu pour rétablir l’ordre dans le coin. Le corps de la victime et les deux blessés dont la vieille ont été transportés immédiatement à l’hôpital préfectoral.

Depuis, Mamadou Saïdou a été déféré à la maison centrale de Labé. Mais, avec son absence et pendant que sa mère suivait un traitement à l’hôpital, la famille du propriétaire des chiens a détruit tout ce qui lui restait à Kobosôré : 82 sur 106 têtes de bœufs, 69 sur 70 moutons, 30 chèvres, 12 millions de francs guinéens, 900 euros et 150 dollars, selon des témoignages recueillis à l’époque sur le terrain.

Beaucoup de personnes avaient déploré l’attitude des autorités préfectorales de Lélouma qui n’avaient rien fait pour protéger les biens de l’éleveur détenu à la Maison Centrale de Labé.

Par ailleurs, à l’annonce du décès de son fils, le père de Mamadou Saliou s’est rendu immédiatement à Lélouma où il a reçu les condoléances d’usage des citoyens, notables et autorités locales qui lui ont présenté des excuses pour ce qui s’est passé.

Tout en se remettant à la volonté de Dieu, le père éploré a invité les autorités compétentes à diligenter les enquêtes en vue qu’il comprenne les circonstances dans lesquelles son fils a trouvé la mort par balle dans ce campement d’élevage à Kobosôré alors qu’il était censé être à Sanama Darayah entrain d’apprendre le Coran.

C’est justement puisque l’agression de la vieille Nénan Aïssatou faisait suite à une décision du Juge de Paix de Lélouma qui venait de condamner les agresseurs pour avoir tué des animaux appartenant à la vieille dame, l’opinion locale et la famille ont estimé que les auteurs de cette agression contre la pauvre dame devaient être interpellés au même titre que Mamadou Saïdou Diallo qui a utilisé un fusil de chasse pour défendre sa mère. Mais en vain !

Et pour cause ? Bénéficiant de la protection de certains haut placés, les accusés n’ont jusqu’à présent pas été inquiétés. Même si Mamadou Saïdou, lui, continue de croupir à la prison civile de Labé.

La pauvre vieille dame a finalement rendu l’âme laissant son fils en prison, sans que justice ne soit rendue dans l’affaire de son agression physique, suivie de la destruction de ses biens et ceux de son enfant devenu prisonnier depuis l’incident.

Maintenant qu’elle est partie à jamais, il ne lui reste plus que la Justice de Dieu le Jour du Jugement dernier.

La rédaction de Guineematin.com présente ses condoléances les plus attristées à la famille éplorée et implore le Tout Puissant Allah d’accueillir la regrettée Nénan Hadja Aïssatou Bourouwal Korbé dans son Paradis éternel ! Amine.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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