Younoussa Lebon, ex-préfet de Dubréka, à la barre : « je n’ai jamais posé des actes compromettants… »

Les débats ont été ouverts ce mercredi, 15 décembre 2021, dans le procès en appel de Younoussa Lebon Sylla, Mme Kaltamba Hawa Sylla, alias « Eva », respectivement ancien préfet de Dubréka et ancienne députée du RPG Arc-en-ciel. Ils sont jugés avec Amara Bangoura, directeur général de la société Éva pêche, pour des faits de « discrimination, abus d’autorité, vol et complicité » au préjudice de la société Binhai pêche, représentée par Fatoumata Keïta. Des faits que Younoussa Lebon Sylla a rejetés en bloc à la barre, a constaté un reporter de Guineematin.com sur place.

Cette audience a démarré par un débat houleux autour de la récusation de la juge en charge du dossier, Mme Fatou Bangoura, par la partie civile. La société Binhai pêche, représentée par Fatoumata Keïta, doute de l’impartialité de la présidente de la deuxième chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Conakry dans ce dossier. Tout simplement parce que la juge a décidé, lors de la première audience, d’accorder une liberté provisoire aux trois prévenus, condamnés en première instance à cinq ans d’emprisonnement et au paiement de dix milliards de francs guinéens de dommages et intérêts à la partie civile.

Mais, la Cour a rejeté la requête de récusation de la partie civile et ouvert les débats sous la présidence de Mme Fatou Bangoura. Appelé le premier à la barre, l’ancien préfet de Dubréka a rejeté en bloc les faits mis à sa charge. Younoussa Lebon Sylla assure n’avoir posé aucun acte allant dans le sens du retrait du port de Dofili, à Dubréka, dans les mains de la société Binhai pêche. « Celui qui a donné le plan de masse est là, celui qui a donné la licence, le permis, la concession est là. Je ne me suis associé ni de près ni de loin à tout cela. Je n’ai jamais posé des actes qui compromettent la Société Binhai pêche.

La société Binhai pêche s’est installée en 2018, et la société Éva pêche en 2019. Mais, je n’ai pas posé un acte administratif pour leur permettre de s’installer. Et je ne suis pas l’auteur du déguerpissement de la société Binhai pêche, c’est le département de la pêche qui en est l’auteur. Et je ne pouvais pas m’opposer à la décision d’un ministre. C’était une affaire qui était au-dessus de moi. Donc, je n’ai jamais posé des actes administratifs ni pour la société Binhai pêche, ni pour la société Eva pêche. Je n’ai jamais ordonné à ma sécurité d’interdire à Mme Fanta Keita d’accéder au port ou à mon bureau. Je n’ai jamais signé un acte interdisant les activités de la société Binhai pêche », s’est défendu l’ancien préfet.

Après la déposition de Younoussa Lebon Sylla, la Cour a renvoyé l’audience au 22 décembre prochain pour la suite des débats.

A rappeler que Younoussa Lebon Sylla, Mme Kaltamba Hawa Sylla, alias « Eva » et Amara Bangoura ont été condamnés le 8 novembre 2021, à cinq ans d’emprisonnement et au paiement de dix milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts à la partie civile. Le juge Alphonse Charles Wright, président du tribunal de première instance de Dubréka, les avait reconnus coupables des faits de « discrimination, abus d’autorité, vol et complicité » pour lesquels ils étaient poursuivis. Leurs avocats ont saisi la Cour d’appel de Conakry pour contester cette décision.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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