Insalubrité au marché de Tombolia : « les saletés ne peuvent pas tuer le Guinéen »

Le marché de Tombolia, dans la commune de Matoto, n’échappe pas à l’insalubrité qui sévit à Conakry. Sur le terrain, la triste réalité saute aux yeux. Pas besoin d’aller loin pour s’en apercevoir. Fruits, légumes et autres condiments sont vendus dans des conditions d’hygiène alarmantes. Mais, cette situation ne semble préoccuper personne. Tout le monde fait avec, en attendant qu’une solution ne soit trouvée à ce sempiternel problème, a constaté une journaliste de Guineematin.com qui s’est rendue sur place.

Si on part du principe selon lequel il faut manger sain pour être en bonne santé, l’on ne devrait pas s’étonner que certaines maladies soient abondantes en Guinée, particulièrement à Conakry. Car au-delà du mode de vie (qui peut varier d’une personne à une autre), les aliments qui sont consommées par la majeure partie des habitants de la capitale guinéenne sont vendus dans de très mauvaises conditions d’hygiène. C’est le cas notamment au marché de Tombolia, un quartier de la commune de Matoto. Ici, il n’est pas rare de voir des aliments recouverts de saletés. Car, plusieurs vendeuses étalent leurs marchandises à côté de la boue et des eaux stagnantes. Parmi elles, Fatoumata Diouldé Diallo, vendeuse d’oignon dans ce marché.

« Comme vous le constatez, je suis assise au bord de la route, à côté de l’eau sale qui stagne dans les troues. Donc, quand les voitures ou les motos passent, cette eau salit mes ognons. En plus, mes clients sont obligés de marcher sur ces eaux sales et cette boue. C’est comme ça, personne n’a le choix. Le hangar qui est là est rempli, on n’a pas où étaler nos marchandises là-bas. Donc, on vient se débrouiller ici », explique cette vendeuse. Pour elle, le seul souci dans cette situation, c’est le fait de passer la journée dans un environnement aussi sale, avec parfois des odeurs nauséabondes. Mais, elle ne croit pas que ces saletés représentent des risques sur le plan sanitaire.

« Le fait de vendre nos condiments dans ces conditions d’hygiène ne peut pas avoir d’impactes sanitaires. Le Guinéen est habitué aux saletés, donc ça ne peut pas nous tuer. Quand même, je souhaite que les responsables du marché prennent des dispositions pour assainir le marché, parce que nos payons les taxes régulièrement. Il faut aussi interdire aux gens de jeter les ordures n’importe où, il faut envoyer une grande poubelle où les gens vont déposer les ordures. Comme ça, nous n’aurons pas à nous asseoir à côté des saletés pour vendre », a dit Fatoumata Diouldé Diallo.

Djaraye Diallo

Diaraye Diallo, une habitante de Tombolia, achète régulièrement ses condiments à cet endroit. Même si elle déplore les conditions d’hygiène sur les lieux, cette dame dit n’avoir pas le choix. « Quand la saison pluvieuse commence, je suis préparée mentalement, je suis prête à tout voir dans le marché. Les condiments que je viens d’acheter sont vendus dans de très mauvaises conditions, mais suis obligée de prendre ça. Parce que les condiments qui sont vendus dans le hangar coûtent plus cher, les tas sont petits par rapport à ceux des vendeuses qui sont installées ici. Donc, malgré les saletés, je viens acheter ici. Et une fois à la maison, je lave proprement les condiments et je les cuits très bien avant de passer à table », a expliqué Diaraye Diallo.

Aïssatou Sadio Diallo pour Guineematin.com

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