Conakry : OSH-GUINÉE organise un atelier de plaidoyer sur la situation des personnes handicapées

24 septembre 2021 à 22 10 21 09219

L’Organisation de Secours aux personnes handicapées de Guinée (OSH-GUINÉE), en partenariat avec plan international Guinée, a organisé à Conakry hier, jeudi 23 septembre 2021, un atelier de plaidoyer en faveur des personnes à mobilité réduite. La rencontre s’est tenue dans la salle du comité olympique à Conakry. L’objectif est d’attirer l’attention des autorités communales sur les difficultés que traversent les personnes handicapées au cours de leur vie. Mais, c’est aussi une manière de permettre à ces élus locaux de tenir compte de la situation des personnes démunies lors de l’élaboration des prochains plans de développement, afin de faciliter leur réinsertion socio-économiques, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Ce plaidoyer est une composante du projet « d’Appui à l’insertion socio-économique des jeunes personnes vivants avec Handicap (PAIS-JVH) ». Il est financé par Plan International Guinée et exécuté par OSH-GUINÉE. Et, ce jeudi, il a réuni principalement les autorités communales de Kaloum et Matam pour parler de la situation des handicapés et des problèmes d’insertion socioéconomique et professionnel qui rencontre dans notre pays.

Massoud Barry, présidente de l’OSH-GUINÉE

« Le motif de cet atelier de plaidoyer, c’est pour attirer l’attention des autorités sur le droit des personnes handicapées. Que ça soit sur l’éducation, la santé, l’emploi et l’accessibilité à tous les niveaux. Donc, c’est pour attirer leur attention pour que lors de l’élaboration des plans de développement local, qu’ils puissent tenir compte des besoins des personnes handicapées. Le troisième trimestre, on a organisé des ateliers dans les communes de Matoto et Dixinn. Cette fois-ci, on a invité Kaloum et Matam. Pour Ratoma, ça sera pour le mois prochain. On a déjà implanté notre antenne à Kissidougou. Et, nous sommes en cours de négociation pour Kindia, Kankan et N’zérékoré. On est en train d’installer l’antenne dans les différentes régions du pays », a expliqué Massoud Barry, militante pour le droit des personnes handicapées et présidente de l’OSH-GUINÉE.

Selon Tamba Nabiou Ouédouno, responsable de communication de plan international Guinée, le financement de ce projet fait suite au partenariat et à la prouesse exercé par OSH-Guinée pour le respect des droits des handicapés en Guinée.

Tamba Nabiou Ouédouno, responsable de communication de plan international Guinée

« Comme vous le savez, plan international est une organisation qui œuvre pour la promotion des personnes à mobilité réduite, notamment des personnes handicapées. Et, donc, de cette valeur d’inclusion, nous avons pensé appuyer cette jeune ONG qui s’est engagée à porter la voix de ces personnes à mobilité réduite afin que leurs droits soient portés plus haut. De ce fait, l’organisation n’a pas manqué un seul instant pour les appuyer. C’est-à-dire l’appui technique et financier. Nous sommes partenaires depuis 2 ans, nous pensons que c’est quelque chose à saluer et à encourager », a dit M. Ouédouno.

Pour Mata Condé, participante et athlète du comité paralympique, cet atelier avant tout une tribune d’expression de personnes handicapées.

« Ce plaidoyer m’a apporté beaucoup de choses. Ça m’a permis de m’exprimer sur ce que je ressens au fond de mon cœur, ce qui me fait souffrir actuellement. J’ai fini mes études depuis 2 ans. Je veux suivre une formation en informatique ; mais, jusqu’à présent, je n’ai pas gagné d’ordinateur. Je vendais du pain à Madina ici, mais je n’ai pas pu réussir beaucoup. Parce que j’avais mal à mon bras qui a été amputé suite à un accident depuis l’enfance… J’ai fait ‘’administration publique’’, mais je suis en manque d’ordinateur. Je demande aux ONGs de venir en aide aux personnes handicapées et je remercie OSH-GUINÉE d’avoir organisé cet atelier de plaidoyer », a-t-elle dit.

Au sortir de cet atelier de plaidoyer, Moustapha Soumah, Directeur des micro-réalisations de la commune de Kaloum, a exprimé l’engagement des autorités communales de tout mettre en œuvre pour satisfaire la demande de OSH-GUINÉE.

Moustapha Soumah, Directeur des micro-réalisations de la commune de Kaloum

« Cette journée de plaidoyer avec des personnes vivant avec handicap me va droit au cœur. Nous sommes très sensibles par rapport à tout ce qu’on a vu et tout ce qui a été dit. Nous avons vu nos sœurs qui vivent avec des handicaps. Ce n’est le souhait de personne de vivre avec un handicap. Et, ce qui nous a marqués de plus, c’est que ce ne sont pas des personnes abandonnées à eux-mêmes. Il y a certains parmi eux qui ont une formation solide, qui ont pratiqué les métiers. Alors, aujourd’hui, si on fait un plaidoyer en faveur d’eux pour leur réinsertion socio-économique afin qu’ils soient utiles à la nation et à eux-mêmes, franchement cela nous va droit au cœur.

Nous autorités communales, nous prenons acte de ce qui a été dit. Nous allons nous battre auprès de nos responsables administratifs et politiques pour que leurs préoccupations soient prises en compte dans nos plans de développement, pour qu’au moins 80% de ces handicapés soient insérés dans les activités socio-économique. Le document de plaidoyer qui nous a été remis, nous ne l’avons pas encore parcouru. Nous retournons à la base, dans nos communes, expliquer aux élus locaux pour qu’ils puissent bien examiner et tirer des leçons afin de retenir ce que le Conseil Communal peut faire pour ces personnes handicapées », a indiqué Moustapha Soumah.

OSH-GUINÉE est une ONG qui compte 22 membres dont 17 femmes. et, parmi ses 22 membres, 18 sont des personnes vivant avec Handicap.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Abdoul Wahab Diallo (Bill Clinton) : « nous demandons un cadre permanent de dialogue avec les autorités »

23 septembre 2021 à 16 04 07 09079
Abdoul Wahab Diallo

Abdoul Wahab Diallo a représenté la fondation du complexe scolaire Bill Clinton, situé à Koloma Soloprimo, à la rencontre entre le colonel Mamadi Doumbouya et les fondateurs des écoles et universités privées du pays. Rencontre qui s’inscrit dans le cadre des concertations nationales engagées par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Pour lui, il faut mettre en place un cadre permanent de dialogue entre les acteurs de l’enseignement privé et les autorités pour trouver des solutions aux problèmes qui assaillent le secteur éducatif guinéen.

« Nous, acteurs du secteur de l’enseignement privé, et même ceux qui sont dans l’enseignement public, sommes tous dans des difficultés. Pourtant, on dit : tant vaut l’éducation, tant vaut la nation. Donc, il était important pour nous de venir répondre à l’appel du CNRD dirigé par le colonel Mamadi Doumbouya pour solliciter l’aide des autorités. Il y a beaucoup de problèmes dans ce domaine, mais s’il y a un cadre permanent de dialogue et de concertation avec les autorités, ça pourra aider à changer beaucoup de choses pour plus de qualité dans l’éducation puisque les cadres de demain se préparent aujourd’hui.

Le président Mamadi Doumbouya, dans sa réponse, a dit qu’il est très content pour ce que nous apportons à la nation. Il s’est engagé à nous recevoir à tout moment et il dit également qu’il veillera à ce que nos recommandations soient prises en compte. Puisque depuis 2010, chaque année, il y a un changement au niveau du calendrier scolaire en ce concerne l’ouverture et la fermeture des classes, des évaluations et des examens nationaux. Mais en contrepartie, il nous a demandé de faire notre travail dans le strict respect des règles et procédures établis pour le bon déroulement des programmes scolaires », a dit M.Diallo.

Propos recueillis par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Dennis Lin, DG de l’hôtel Kaloum : « nous avons souhaité que le CNRD améliore le climat des affaires »

23 septembre 2021 à 14 02 05 09059
Dennis Lin, directeur général du Primus Hôtel Kaloum

A la tête d’un des plus grands hôtels de Conakry, Dennis Lin a pris part hier, mercredi 22 septembre 2021, à la rencontre de concertation entre le CNRD et les tenanciers des bars, hôtels, motels, restaurants et boîtes de nuit. La rencontre a eu lieu au palais du peuple et elle a permis à ces patrons d’entreprises de restauration et d’hébergement d’exposer leurs préoccupations aux nouvelles autorités de Guinée.

Devant le colonel Mamadi Doumbouya (le président du CNRD), le directeur général du Primus Hôtel Kaloum a surtout plaidé pour l’amélioration du climat des affaires en Guinée pour permettre au promoteur d’hôtels et restaurants de fonctionner normalement et payer leurs employés.

« Nous avons répondu comme les autres hôtels à l’invitation du président du CNRD. Nous l’avons fait savoir de nos préoccupations, à savoir : le payement de la dette intérieure, la réduction du coût de l’électricité. Nous avons souhaité également qu’il améliore le climat des affaires pour nous permettre de fonctionner normalement. Parce qu’actuellement les hôtels éprouvent beaucoup de difficultés.

Et, pourtant, nous sommes là pour améliorer les conditions de vie de la population. Par exemple, à l’hôtel Kaloum, nous avons plus de 250 employés et toutes ces personnes ont une famille à nourrir. Nous, nous attendons à recevoir beaucoup de personnes à héberger pour avoir les moyens de payer nos employés et réinvestir dans le pays.

Nous avons bien écouté le président de la république et son discours est rassurant. Donc, sur nos préoccupations, il dit avoir pris note et il verra avec l’ANSS, surtout pour le décalage du couvre-feu. Nous attendons son retour, nous espérons que nous aurons un retour positif. En tout cas, nous sommes là pour accompagner les autorités du pays », a dit Dennis Lin.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Salifou Soumah, tenancier de bar et restaurant : « le régime déchu avait abandonné notre secteur »

23 septembre 2021 à 13 01 53 09539
Arafan Salifou Soumah, tenancier de bar et de restaurant

A l’occasion de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya, les tenanciers des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit, ont dénoncé les restrictions imposées par le régime du président Alpha Condé dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ils ont sollicité la levée de ces mesures pour leur permettre de reprendre normalement leurs activités. Car, selon Arafan Salifou Soumah, tenancier de bar et de restaurant, ces restrictions ne sont motivées que par des raisons politiques.

« Nous avons parlé avec le président de la République, le colonel Mamadi Doumbouya, de l’atmosphère qui prévaut au niveau de notre secteur d’activité. C’est notamment, la fermeture de nos lieux de travail et les conditions de reprise de nos activités. Le régime déchu avait abandonné ce secteur, en se servant de la politique derrière laquelle il se cachait pour se maintenir au pouvoir, pour fermer nos lieux de travail. Pourtant, c’est un secteur économique qui emploie beaucoup de personnes.

Les conseillers du président nous ont dit dans la salle que nous allons nous concerter avec l’agence nationale de sécurité sanitaire pour voir dans quelles mesures on pourra lever le couvre-feu. Puisque quand on regarde dans les pays voisins tel que le Sénégal, il n’y pas de couvre-feu. Ils ont mis en place des mesures, notamment le pass vaccinal. Quand tu veux aller à un endroit public, tu montres ton pass et puis tu continues. J’attire l’attention des autorités sur un aspect : la Guinée n’est pas comme l’Europe du point de vue climat.

De la manière dont la maladie réagit en Europe, ce n’est pas de la même manière qu’elle réagit en Guinée. Tout le monde avait souffert ici, surtout la jeunesse. Personne ne sortait. Nous les tenanciers, nous avons beaucoup souffert avec l’ancien régime. Beaucoup parmi nous ont été emprisonnés. Tout ça, c’était pour garder leur fauteuil. Mais je crois qu’avec cette volonté affichée des nouvelles autorités, la Guinée va retrouver sa vie normale », a déclaré Arafan Salifou Soumah, qui s’est exprimé au micro de Guineematin.com, au sortir de la rencontre.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Diaraye Diallo, tenancière de restaurant : « nous avons décliné les problèmes que nous rencontrons »

23 septembre 2021 à 12 12 54 09549
Fatoumata Diaraye Diallo, tenancière de restaurant

Comme annoncé précédemment les tenanciers des bars, hôtels, motels, bars et restaurants ont conféré hier, mercredi 22 septembre 2021, avec le CNRD (la junte militaire au pouvoir actuellement en Guinée). Les échanges ont portés essentiellement sur les problèmes qui assaillent le secteur de l’hôtellerie, de la restauration et des loisirs. Et, le colonel Mamadi Doumbouya (président du CNRD) n’a pris aucun engagement concret pour résoudre les problèmes qui lui ont été présentés ; mais, Fatoumata Diaraye Diallo, tenancière de restaurant, dit être satisfaite de cette rencontre avec le CNRD.

« Dans nos échanges avec le président, il y a eu deux niveaux. Le premier à consister à donner la parole à ceux qui sont invités. Nous sommes intervenus pour décliner les problèmes que nous rencontrons et qui font souffrir le secteur. Le couvre-feu de 22 heures à 4 heures n’arrange pas le secteur, surtout les tenanciers des motels, dancings et bars. Parce que c’est la nuit qu’ils ont plus de clients. Il y a le problème d’accès à nos lieux à cause de la dégradation des routes. Et, les matières premières que nous utilisions pour faire la restauration sont trop chères.

Donc, on a soulevé beaucoup de problèmes. Après, il (le colonel Mamadi Doumbouya) a pris la parole pour lire son discours. Et, dans ce discours, il nous a fait comprendre qu’ils ne peuvent pas lever le couvre-feu sans passer par l’ANSS. Mais, ils vont se concerter avec eux, et tout ce que ceux-ci vont leur dire ils vont suivre ça. Et, il (le colonel Mamadi Doumbouya) nous dit de nous concerter pour faire des propositions qu’ils vont prendre et voir ce qu’il faut faire. Pour le moment je suis satisfaite des propositions de part et d’autre », a dit Fatoumata Diaraye Diallo.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

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Mamoudou Diané (fédération patronale du tourisme) au CNRD : « le couvre-feu est une politique importée »

23 septembre 2021 à 12 12 31 09319
Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée

La levée du couvre-feu est l’une des principales doléances posées par les propriétaires des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit, à l’occasion de leur rencontre avec le colonel Mamadi Doumbouya. Rencontre qui s’est tenue hier, mercredi 22 septembre 2021, dans le cadre des concertations nationales engagées par le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD). Présent à la rencontre, Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée, a expliqué que cette mesure a été importée d’Europe et qu’elle n’a que des conséquences négatives.

« On a suggéré au président de la République la levée du couvre-feu. Ça va permettre de désamorcer un peu notre secteur d’activité. Le couvre-feu, c’est une politique qui a été importée. Ça vient de l’Europe parce qu’en Europe, la promiscuité est importante entre 17 heures et minuit. Nos cadres ont fait une politique de copier-coller de ce qui se passe en occident. Ils ont copié sans mesurer l’impact de cette pratique. Il a dit que très prochainement, il va essayer de trouver une solution à ça.

Et par rapport à la formation, nos cuisiniers ne sont pas adaptés au secteur, ils connaissent mieux les plats italiens que les plats de la Guinée. L’autre suggestion, c’est par rapport à la sécurité. Ils nous ont rappelé l’existence du numéro vert par rapport à la sécurité et par rapport à tout ce qui est manquement dans ce domaine. Nous sommes rassurés et nous restons maintenant à l’attente de l’application de tout ce qui nous a été dit », a indiqué Mamoudou Diané, porte-parole de la fédération patronale du tourisme de Guinée.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tel: 622680041

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Guinée : comment s’accorder sur la durée de la Transition ?

23 septembre 2021 à 11 11 42 09429

Une Analyse de Abraham Diallo, Angleterre :

Abraham Diallo, Angleterre

Assurer           une      Transition        à          la         suite    du renversement du pouvoir autoritaire de Alpha Condé ne peut être une simple affaire de passation de service.  Toutefois, la complexité de la mission dépendra des objectifs sur lesquels les parties prenantes vont s’accorder. 

Ainsi, trois questions principales méritent d’être posées :

  • Qui dirigera la Transition ?
  • Que doit-on faire pendant la Transition ?
  • Quelle serait la durée de la Transition ?

L’une après l’autre et étape par étape, si on arrive à répondre à ce triple questionnement, on aura surmonté à une très grande partie des défis qui s’impose au peuple.

A- Qui dirigera la Transition ?

i. Le cadre légal. Ceci requiert la création des instruments légaux qui constitueront l’échafaudage de la Transition. Pour cela, entre autres, nous avons besoin :

  1. Une Charte qui définit les grandes orientations de la Transition ;
  2. Une Feuille de route qui est la définition des tâches précises qui doivent être accomplies par les parties prenantes au cours de la durée de la Transition. Cette Feuille de route doit être SMART : 
  3. Spécifique – clairement défini et répondant à un besoin spécifique : qui, quoi, pourquoi, où et lequel),
  4. Mesurable – quantifiable, ou au moins permettant des progrès mesurables. Il ne sert à rien d’avoir et de mesurer un objectif impossible à atteindre, 
  5. Atteignable – l’objectif doit être réaliste, et tenir compte des contraintes existantes, 
  6. Réaliste – est-ce que toutes les tâches à accomplir pour aboutir à l’objectif fixé sont bonnes pour le peuple et économiquement rentables pour la Guinée ? Est-ce réellement le moment indiqué pour les réaliser ? 
  7. Temporel – l’objectif doit être définit dans le temps, chaque tâche doit être achevée dans un temps déterminé et précis). 

ii. Le cadre institutionnel.  Ce cadre permet d’identifier les structures (existantes ou à créer) qui permettront de gérer la Transition. Entre autres, nous aurons besoin :

  1. Présidence de la Transition – une personne (ou un groupe de personnes) qui occupera les fonctions de Chef de l’État.  En Guinée, le Chef de la Junte pourrait occuper la fonction de

Chef de l’État pendant cette période de Transition. 

  • Gouvernement de la Transition – dirigé par un Premier Ministre qui est Chef du Gouvernement, et il préside le Conseil des Ministres.  Ce Gouvernement doit être majoritairement civil, et composé de Jeunes, Femmes et d’Hommes Guinéens très compétents et qui répondent aux valeurs d’honnêteté, d’intégrité, de responsabilité, d’objectivité et d’impartialité.  En 2010, on avait mis en place un Gouvernement d’Union Nationale composé de 32 Ministres et de 2 Secrétaires Généraux.  Combien en aura-t-on réellement besoin en 2021 ?
  • Une Assemblée de Transition – communément appelée Conseil National de la Transition

(CNT), est l’organe qui assure les fonctions législatives pendant la Transition.  En 2010, le CNT avait 101 membres. Combien en aura-t-on besoin en 2021 ? Quel serait le quota pour les trois parties (Société Civile, Partis Politiques et CNRD) et quel serait la clef de répartition ?

  • Commission de Suivi de la Transition – qui est un organe de suivi, d’évaluation et d’accompagnement qui pourrait, entre autres, avoir comme mission l’élaboration de rapports mensuels et trimestriels sur la gestion sectorielle et globale et la progression de la Transition. 

Cette Commission peut être soit totalement indépendante.  Elle pourrait être composée d’une quinzaine de membres représentant la Société Civile, le CNT et les partenaires techniques de la Guinée.

  • Le Judiciaire – qui reste indépendant des autres pouvoirs, et assure l’application de la Loi. 

Les organes qui impactent le cours de la Transition sont la Cour Suprême (avec sa Chambre Constitutionnelle) et la Cour des Comptes.  Les magistrats ne doivent être soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité et à l’esprit de la Constitution et des Lois, en toute objectivité et en toute impartialité.  Généralement, les hauts responsables de ces institutions sont inamovibles pendant toute la période transitoire. 

  • La Commission chargée des Réformes de l’État – qui aura pour principale mission de créer les instruments légaux qui régiront non seulement la Transition, mais aussi l’après Transition.  Par exemple, avec la réforme constitutionnelle : que faudrait-il amender de la Constitution de

2010 afin qu’elle soit conforme aux besoins et exigences du moment ? Quelles Lois faudraitil retoucher ou créer pour se conformer à la nouvelle Constitution et aux défis actuels ? Quelle réforme institutionnelle aura-t-on nécessairement besoin pour assurer la Transition ? Une chose est dite « nécessaire » si elle ne peut pas ne pas exister.  Cette Commission peut être, soit totalement indépendante, ou une commission ad hoc mise en place par l’Exécutif.

  • La Commission Électorale – qui a pour principale mission l’organisation des élections législatives et présidentielles (et peut-être celles locales aussi ?).  Cependant, l’organisations de ces consultations électorales requiert des préalables :
    • Définir le type de Commission Électorale – est-ce une « Commission Électorale classique » composée de représentants issus de la Société Civile et des partis politiques ? Ce fut souvent le cas en Guinée.  Ceci requiert aux parties prenantes de designer des représentants qui seront les Commissaires de la Commission.  Ou bien faut-il avoir une « Commission Electorale professionnalisée » ou « technique » ?  Mettre en place une « Commission Electorale professionnalisée » serait l’idéal puisque cela résoudra un sérieux problème qui gangrène cette institution.  Pour s’y prendre, il faut tout d’abord définir les besoins en ressources humaines et établir un organigramme général des compétences.  Ensuite, constituer des fiches de poste en fonction des services définis au sein de la Commission Electorale, avec des profils précis, des prérequis et surtout le rôle et la responsabilité pour chaque poste identifié.  A ce niveau, il faut savoir Qui doit faire quoi ? A-t-on besoin d’un juriste ? Si oui, dans quel domaine doit-il être spécialisé ? A-t-on besoin d’un informaticien – qui a quelle expertise précise ? A-t-on besoin d’administrateurs, de traducteurs et d’interprètes ?  A-t-on besoin de coordinateurs, d’auditeurs, etc.  C’est ainsi qu’on se tourne vers le marché de l’emploi où on recrute une équipe professionnelle de façon transparente sur la base des compétences des postulants.

Même si ces textes existent déjà, si on ne les applique pas, la culture de la médiocrité s’imposera.  Pourquoi ne pas généraliser rigoureusement cette formule au niveau de toutes les fonctions non politiques de l’État ? 

Faudrait-il décentraliser la Commission Électorale par zone administrative / préfectorale comme c’est le cas dans certains pays surtout Anglophones ou bien garder la configuration « centralisée » classique ?

  • Recensement électoral – requiert, le plus souvent, le recrutement d’opérateur technique (local ou international ?) expérimenté dans le recensement de tous les électeurs – aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Guinée.  Il faut un temps suffisant (temps légal) pour lancer un appel d’offre et puis recruter de façon transparente.  Faut-il faire un recensement intégral ou partiel ? Pour l’un ou l’autre cas, combien de temps faudrait-il pour accomplir ce recensement et s’assurer que le nouveau fichier reflète bien le corps électoral ?  
    • Fixer la date des élections – c’est dans la définition des tâches impératives à accomplir et le temps que chacune de ces tâches nécessitera qu’on arrive à projeter une date pour les élections (avec une marge de temps pour les imprévus).  Quelles élections : locales, législatives, présidentielles ? Faudrait-il coupler les 2 premières ?

Ou bien faudrait-il cumuler toutes les trois à la fois ?

  • La logistique électorale – elle comprend tout ce qui est lié aux matériels électoraux : cartes électeurs, cartographie, bulletins de vote, urnes, véhicules de transport, imprimantes, documentation électorale, site internet, points ou centres de contact, etc.

iii.         Les ressources humaines :

S’il y’a une chose qui n’a point manqué en Guinée, ce sont les ressources humaines compétentes pour gérer la chose publique.  Cependant, le véritable problème a toujours été sur :

  1. Qui fait le choix ou la sélection : est-ce que la sélection des Hommes et Femmes qui gèrent le bien public a été faite par des personnes compétentes ? Est-ce que ces personnes ont été formées pour recruter des fonctionnaires de l’État ? Est-ce leur rôle d’effectuer ce recrutement ? Le recrutement peut être assuré par une tierce partie dont le rôle est uniquement le recrutement et la formation du personnel. 
  2. Sur la base de quels critères ces choix ont été opérés : souvent le recrutement semble être biaisé et subjectif, sur des bases relationnelles, ethniques, ou tout simplement de gains personnels. 
  3. Pour quelle fin : est-ce pour servir le pays ou pour servir ses propres intérêts ?  Est-ce pour l’intérêt commun national ou pour celui individuel ou d’un groupe d’individus ? 

Pour parer à tout cela, nous devons nous rassurer que les personnes qui auront la responsabilité d’assumer certains postes clefs ont été recrutées suivant les prescriptions ou règles régissant le marché de l’emploi.  Par exemple, au niveau du Judiciaire, de la Commission chargée des Réformes de l’État et peut être même au sein de la Commission Électorale.

Au marché de l’emploi.  Une fois que les tâches à accomplir sont connues, il serait facile de savoir quelles sont les ressources humaines dont on aura besoin (le nombre, les niveaux et pour combien de temps). D’abord, on définit les besoins réels en ressources humaines ; ensuite on définit les profils des personnes à recruter, les prérequis et la mission pour chaque poste identifié ; avant de procéder au recrutement du personnel requis de façon transparente et inclusive ; et sur la base des compétences avérées des candidats.  Cette tâche peut aussi être confiée à une tierce et indépendante partie professionnelle qui n’a aucun intérêt à favoriser un quelconque candidat. 

Question : Pour le cas Guinéen, devrait-on accepter l’idée selon laquelle les personnalités et/ou organisations qui assureraient la Transition ne devraient, en aucun cas, avoir activement soutenu, accompagné ou justifié le putsch constitutionnel de 2020 ?

  • Que doit-on faire pendant la Transition ?

S’accorder sur les tâches impératives à accomplir pendant la période de Transition est un aspect crucial de la Transition.  S’il est important de ne pas bâcler la Transition, il est aussi vital pour la démocratie et la paix de ne pas la « prolonger » au-delà du raisonnable.  En tout état de cause, pour chaque tâche qu’on souhaite inclure dans la mission de la Transition, il faudra bien se poser ces 3 questions

  1. Est-ce nécessaire ? – ceci est de savoir si réellement cette activité ou cette tâche doit impérativement être accompli pendant la période transitoire.  Est-ce que le fait de ne pas l’entreprendre peut négativement impacter la vie de la population Guinéenne ?
    1. Est-ce opportun ? – ceci nous permet de savoir si c’est une activité ou tâche qui pourrait être réalisée plutôt par la nouvelle administration qui entrera en fonction à la fin de la

Transition.  Est-ce que le fait de ne pas l’entreprendre maintenant peut négativement impacter l’objectif final de la Transition ?

  • Est-ce du ressort d’un gouvernement de Transition ? – certaines activités sont belles à être réalisées pour le bonheur du peuple. Toutefois, puisque nous sommes dans une période transitoire, est-ce du ressort des autorités de la Transition d’entreprendre des projets de développement de la Guinée ? Si les autorités de la Transition se lancent dans des projets de développement local / national ou initie de gros projets, quelle serait l’utilité des partis politiques qui ont des projets de société ?  Il faut savoir qu’une transition n’a aucunement pas pour vocation de développer le pays.  Son objectif final doit être de mettre le pays sur la voie du développement en lui offrant les instruments fondamentaux pouvant conduire la nation vers l’émergence.  En période transitoire, on ne doit donc pas se fixer comme objectif de régler tous les problèmes de la Guinée.  Dieu sait qu’ils sont complexes et infinis !  Ne devrait-on pas nous limiter à offrir au pays des institutions crédibles et légitimes. 

C’est pour tout cela qu’il faut être SMART et s’accorder sur les tâches et activités essentielles qui conduiront à une transition apaisée et réussie.  Le succès de la Transition Guinéenne réside dans l’acceptation et l’exécution fidèle de la Feuille de route définie par les parties prenantes. 

  • Quelle serait la durée de la Transition ?

Une fois que nous parlons de la Transition en Guinée, on cherche automatiquement à savoir la durée de la Transition.  Chercher à définir une durée de la Transition sans avoir préalablement définit, de façon consensuelle, les tâches à accomplir serait de mettre la charrue avant les bœufs.  Nous devons d’abord identifier ce qui est nécessaire de faire pendant cette période.  Une fois cet inventaire des tâches est fait, l’on devra s’atteler à déterminer le temps nécessaire à accomplissement de chacune des tâches.  

Certaines tâches peuvent être entreprises au même moment, tandis que d’autres doivent se faire en cascade, donc l’une après l’autre.  Par exemple, on ne peut pas imprimer les cartes d’électeurs sans avoir d’abord recruté un operateur technique et recensé les électeurs correctement.

Pour clairement définir une durée réaliste, il ne s’agit pas de se fixer une courte, moyenne ou longue échéance dans laquelle on cherchera à accomplir des choses.  Le plus souvent, cette méthode engendre des déceptions.  Lorsqu’il y’a une transition en place, cela veut dire que quelque chose ne marchait pas comme il le fallait – donc, nous sommes dans une crise.  Un gouvernement de transition est un système mis en place pour permettre le passage d’un type de gouvernement (indésirable) à un autre (désirable).  Pour le cas Guinéen, l’ancien régime a été simplement renversé et démantelé par les Forces Spéciales le 5 septembre 2021. Les causes d’une transition peuvent varier d’un pays à un autre : crises économiques et politiques (Tunisie, Soudan, Burkina Faso), catastrophes naturelles (Haïti), guerre et conflits (Soudan du Sud) et même l’assassinat par une puissance étrangère (Iraq et Libye). 

Les durées varient selon les contextes sociopolitiques, géostratégiques et selon le niveau de gravité des problèmes ou de la complexité des défis à surmonter.  D’où l’importance de définir les priorités des autorités transitoires.  

Par ailleurs, l’État étant une continuité, il doit, normalement, continuer à exister.  Généralement, en période de transition, les investisseurs restent méfiants et les bailleurs de fonds traditionnels gèlent les fonds destinés au pays.  Mais, s’il y a un consensus entre les acteurs de la transition sur les tâches à accomplir et la durée raisonnable de la transition, on pourrait s’attendre à un accompagnement actif

(financier et technique) des partenaires internationaux.  Après le gros financement de 3 élections en 2020, on n’a pas besoin d’être un génie pour savoir que la Guinée a besoin d’argent pour pouvoir faire face aux exigences de l’Etat et aux besoins de base de la population.  Si la Transition Guinéenne dure très longtemps et elle n’est ni consensuelle et encore moins soutenue, la Junte risque donc de se retrouver en difficulté. 

Voir à la page suivante le tableau sur la durée des transitions…

Le tableau ci-dessous recapitule la durée des transitions dans certains pays à travers le monde, dans les 20 dernières années.  On note diverses durées de transitions, allant de 8 mois à un maximum de 3 ans. 

Pays en TransitionDurée de la TransitionNotes / Observations
Mali (2020)17 moisUne partie du pays en guerre.  Après le renversement de Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, Bah N’Daw puis Assimi Goita dirige la transition malienne qui débuta en septembre 2020 jusqu’en février 2022. Transition en cours.
Tchad (2019)18 moisUne partie du pays en guerre.  A la mort de Idriss Déby en avril 2021, son fils, Mahamat Idriss Déby, à la tête du Conseil Militaire de Transition, annonce prendre le pouvoir pour une durée transitoire de dix-huit mois, à l’issue de laquelle des élections doivent être organisées.
Algérie (2019)8 moisAprès la démission de Abdelaziz Bouteflika en avril 2019, après 20 ans de règne, une courte transition sera assurée par Abdelkader Bensalah d’avril à décembre 2019.
Soudan (2019)3 ans 3 moisUne partie du pays en guerre. Plus de 29 ans de règne de Omar Al-Bashir.  Une période de transition de 39 mois dirigée par un membre du Conseil Militaire de la Transition pour les 21 premiers mois et un membre civil du Conseil de Souveraineté pour les 18 mois restants.
Burkina Faso (2014)13 moisÀ la suite de la démission du président Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, Michel Kafando avait exercé les fonctions de président pendant une période de transition de novembre 2014 à décembre 2015
Centre-Afrique (2014)2 ans 2 moisPays en guerre.  Catherine Samba-Panza assura la période transitoire, en tant que Chef de l’État, de janvier 2014 à mars 2016.
Mali (2012)16 moisUne partie du pays en guerre.  A la suite de la démission de Amadou Toumani Touré suite au coup d’État de mars 2012, Dioncounda Traoré est investi président de la République par intérim d’avril 2012 à septembre 2013.
Tunisie (2011)11 moisConstatant la vacance du pouvoir laissée par la fuite de Ben Ali dans le cadre de la révolution tunisienne, Fouad Mebazaa devient Président de la Tunisie pendant la période transitoire, de janvier à décembre 2011.  Il transmet le pouvoir à Moncef Marzouki en décembre 2011 à la suite des élections présidentielles. Transition après 23 ans de règne de Ben Ali.
Egypte (2011)16 moisAprès plus de 29 ans de règne de Hosni Mubarak, le Conseil Suprême des Forces Armées prit le pouvoir de février 2011 à juin 2012, conduit par Mohamed Hussein Tantawi qui organisa les élections présidentielles qui ont conduit à l’élection de Mohamed Morsi. Celui-ci sera déposé après 1 an d’exercice. Adly Mandour dirigera la prochaine transition de 11 mois.
Guinée (2010)2 ansD’abord de décembre 2008 à janvier 2010 avec Moussa Dadis Camara (13 mois) ; puis de janvier 2010 à décembre 2010 avec Sékouba Konaté (11 mois). Transition après 24 ans de règne de Lansana Conté.
Iraq (2003)1 an 10 moisPays en guerre depuis 2003.  Le Conseil de gouvernement irakien était le gouvernement provisoire de juillet 2003 à juin 2004.  Puis, un gouvernement de Transition a été mis en place de juin 2004 à avril 2005, qui fut ensuite remplacé.
Afghanistan (2002)2 ans 5 moisPays en guerre depuis 2001.  De juillet 2002 à décembre 2004 – transition assurée par Hamid Karzai. 

22 septembre 2021

Une Analyse de Abraham Diallo, Angleterre

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Dawxch messieurs, PDG de l’hôtel Atlantic : « nous espérons que nos doléances seront considérées »

23 septembre 2021 à 11 11 19 09199
Dawxch messieurs, PDG de l’hôtel Atlantic View Kipé

C’est avec un sentiment de satisfaction et d’espoir que le président directeur général de l’hôtel Atlantic View Kipé est sorti de la rencontre entre les propriétaires des bars, motels, hôtels, restaurants et boîtes de nuit. Rencontre qui s’est tenue hier, mercredi 22 septembre 2021, dans le cadre des concertations nationales en cours. S’exprimant au micro d’un journaliste de Guineematin.com, Dawxch messieurs s’est dit rassuré que la junte militaire au pouvoir prendra en compte leurs préoccupations.

« La rencontre s’est bien passée. Nous en avons profité pour exposer nos problèmes au CNRD. Nous avons surtout parlé du problème d’électricité, l’électricité coûte très cher. L’indice de sécurité est très élevé, nous avons plaidé pour ce problème-là. Nous avons aussi demandé qu’on allège le couvre-feu qui nous a beaucoup impactés. Ils ont dit que nous allons prendre contact avec l’ANSS (l’agence nationale de la sécurité sanitaire) pour voir quelles sont les mesures à prendre pour que nos activités reprennent normalement.

Et nous espérons qu’à l’issue de cette rencontre dont nous sortons déjà satisfaits, les choses rentreront dans ordre. Nous espérons que nos doléances seront considérées, parce qu’ils savent vraiment qu’il faut un changement. Ils sont là avec leurs moyens, ils feront de leur mieux. On sait très bien qu’on sera pris en considération », a déclaré le PDG de l’hôtel Atlantic View Kipé.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Chute d’Alpha Condé : le mea-culpa des magistrats

23 septembre 2021 à 8 08 40 09409
Colonel Mamadi Doumbouya, président du CNRD

De toutes les rencontres que le nouvel homme fort de la Guinée a eues, celle avec les hommes de droit était la plus attendue. Cette rencontre devait être palpitante. Parce que le régime qui vient de dégringoler comme un château de cartes s’était fortement appuyé sur cette corporation pour non seulement obtenir le troisième mandat mais aussi pour se maintenir au pouvoir contre vents et marrées.

Ce qui vient de se passer en Guinée relève d’un miracle. En l’espace de deux semaines, l’oppresseur est subitement devenu ce que la fameuse communauté internationale considère comme un opprimé. Celui qui refusait à certains de ses opposants de quitter le territoire même pour se faire soigner ne peut pas quitter le même territoire. Celui qui exigeait que ses opprimés baissent l’échine pour lui demander pardon afin de recouvrer la liberté renoue avec la privation de la liberté qu’il a pourtant connue autrefois. Plus que quiconque, il devait avoir de l’empathie pour quelqu’un qui est privé de liberté.

Il a préféré ignorer tout cela pour sévir avec arrogance. Oubliant qu’en démocratie il n’y a ni prisonnier politique ni exilé politique, il a commencé à réaliser le côté macabre et implacable d’une de ses nombreuses promesses. Oui, comme si c’était prémonitoire, l’ancien maitre de Conakry avait déclaré qu’il va reprendre la Guinée là où le premier président l’avait laissée. Peut-être que l’intention de l’homme était bonne au départ. Peut-être qu’il faisait allusion aux rares faits positifs de la première République. Mais la déclaration n’était pas passée inaperçue chez bon nombre de ceux qui ont connu cette période sombre de l’histoire de la Guinée.

Peu à peu, la Guinée a vite basculé dans une dictature féroce. Les prisons se sont remplies. Paris, Dakar et Abidjan ont renoué avec une vieille habitude : recevoir les exilés politiques de la Guinée. Les plus chanceux se sont retrouvés dehors. Le pays s’est transformé en une vaste prison à ciel ouvert. La délation avait repris de plus belle. Avec ses corolaires d’accusations et d’injustice. Finalement chacun attendait anxieusement son tour.

Pour transformer la Guinée en un véritable enfer sur terre, l’ancien président a confié la tâche aux magistrats. Il fallait donner la forme. Même si certains lieux de détention comme le camp de Soronkoni étaient hors contrôle. Dans leur résistance, les opposants au troisième mandat, pomme de discorde avec le régime, avaient publié la liste des magistrats qui accompagnaient le régime dans la répression et le musèlement de l’opposition.

Certains mis en cause étaient plutôt satisfaits de se retrouver du côté du fort contre le faible. Pour eux, devenir l’ennemi de l’ennemi du pouvoir devait faire d’eux des amis de ce dernier. En quelque sorte ceux qui les avaient classés dans cette catégorie leur avaient paradoxalement rendu service. Voilà qu’on assiste à une situation inédite. L’arroseur est arrosé. La peur a changé de camp. Ceux qui, avec arrogance et mépris avaient droit de vie et de mort sur nous sont dans une situation comme celle à laquelle ils ont soumis les autres. 

C’est dans ce contexte que les magistrats viennent se livrer à la vindicte populaire. Et sur la place publique. Devant les nouvelles autorités, le peuple de Guinée et la planète entière, ils font leur mea culpa en confessant que leurs décisions étaient influencées par l’ancien régime. C’est un secret de polichinelle. Mais ce qu’ils n’ont pas dit c’est qu’ils nous ont appris que « nul n’est obligé d’exécuter un ordre manifestement illégal ». Peu d’entre eux ont honoré leur corporation.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Mandiana : un enseignant se donne la mort par pendaison à Morodou

23 septembre 2021 à 8 08 26 09269

Abou Doumbouya, un enseignant contractuel de 25 ans s’est donné la mort par pendaison dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 septembre à Finabako Kosan, son village natal, relevant de la  sous- préfecture de Morodou où il passait ses vacances, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé à Mandiana.

Selon nos sources, l’homme présentait des signes d’une dépression mentale depuis  quelques années et suivait des traitements. Célibataire et sans enfant, Abou Doumbouya aurait déjeuné avec ses frères avant de se retirer pour aller visiter le bétail familial,  non loin du village.  « C’est  ce matin que son corps sans vie pendu a été retrouvé par des orpailleurs passagers », nous a confié le maire de Morodou, M. Yaya Diakité.

De Mandiana, Mamady Keita Konoma pour Guineematin.com

Tél. : 00224 625 81 03 26

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Victoriano Cuervo, DG de Palm Camayenne : « nous attendons à ce que le CNRD trouve des solutions à nos problèmes »

23 septembre 2021 à 7 07 37 09379
Victoriano Cuervo, Directeur général Palm Camayenne

Comme annoncé précédemment, les tenanciers des bars, hôtels, motels, bars et restaurants ont été reçus au palais du peuple hier, mercredi 22 septembre 2021, par le CNRD (la junte militaire au pouvoir actuellement en Guinée). Ces acteurs ont sollicité la levée du couvre-feu et la réouverture des lieux de loisirs. Mais, Victoriano Cuervo, Directeur général Palm Camayenne, les problèmes majeurs de l’Hôtellerie et de la restauration n’ont pas été évoqués dans la salle.

« Il y a eu beaucoup d’intervenants et c’est vrai que nous avons tous la même problématique. Donc, on a pu exprimer nos problèmes majeurs aujourd’hui dans le secteur de l’hôtellerie ; et, il est évident que nous attendons une réaction de leur part (les autorités). Nous savons que ce sont des problèmes majeurs qui sont là depuis longtemps; mais, avec le changement du gouvernement et l’arrivée du CNRD au pouvoir, nous nous attendons à ce qu’ils (le CNRD) trouvent des solutions à nos problèmes. Et, je tiens surtout à attirer l’attention sur le bon état d’esprit lors de la concertation. Pour nous, c’est déjà une chose d’être là et partager nos problèmes au quotidien. Nous sommes très satisfaits de ce qui s’est passé et nous attendons une suite favorable à nos demandes. 

Il y en a eu pas mal de demandes ; mais, il y a un problème majeur, c’est le couvre-feu qui affecte partout le secteur de l’hôtellerie et la restauration. Nous sommes conscients de la problématique, parce qu’il y a une crise sanitaire, mais il faut bien l’aborder. Donc, nous ne demandons pas une levée du couvre-feu, c’est impossible parce que c’est pour des raisons sécuritaires et sanitaires, mais un allègement qui sera fait de façon progressive. Ce sont des problèmes majeurs que nous avons évoqués aujourd’hui. Après,  nous aurons l’opportunité de faire un mémorandum pour bien détailler nos problèmes. Je crois que monsieur le président de la République a bien compris ces problèmes majeurs et nous attendons une réaction de sa part. Nous l’encourageons à prendre des mesures dans les prochains jours ou semaines, parce que c’est un moment important pour nous pour pouvoir se relancer, pour pouvoir décoller un peu l’activité. Parce que c’est l’un des secteurs les plus touchés par rapport à la crise sanitaire, mais aussi par rapport à la crise sociopolitique que ce pays a vécu depuis des longues années », a indiqué Victoriano Cuervo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Rencontre avec le CNRD : « On a pu exprimer nos difficultés et nos préoccupations », dit DG de ‘’Dounia’’ Voyages

22 septembre 2021 à 19 07 40 09409
Mohamed Saloum Cissé, directeur général de Dounia voyages et président des associations des agences pour le Hadj

Comme annoncé précédemment, les tenanciers des bars, hôtels, motels, bars, restaurants et les promoteurs d’agences de Voyages ont été reçus au palais du peuple ce mercredi, 22 septembre 2021, par le CNRD (la junte militaire au pouvoir actuellement en Guinée). Ces acteurs ont sollicité la levée du couvre-feu et la réouverture des lieux de loisirs. Egalement, selon Mohamed Saloum Cissé, directeur général de Dounia voyages et président des associations des agences pour le Hadj, la question des dettes de l’Etat vis-à-vis des agences de voyages a été évoquée devant le colonel Mamadi Doumbouya (le présodent du CNRD).

« La rencontre s’est extrêmement bien passée. On a pu exprimer nos difficultés et nos préoccupations. Nous avons été écoutés. Il y a eu une trentaine de personnes qui ont pu exposer ; et, les réponses n’ont pas été données sur place. Mais, on nous a orienté sur comment nous pouvons amener des mémorandums pour nous faire entendre pour que ces difficultés soient prises en compte.

Au niveau des agences de voyages, on a surtout parlé du paiement des dettes que l’Etat doit aux agences de voyages. Parce que nous avons beaucoup préfinancé le gouvernement précédent qui avait pratiquement refusé de payer les dettes quand la Covid est arrivée. Donc, on n’a mis ça sur table. Et, Les hôteliers et tenanciers des motels et bars ont insisté sur la levée du couvre-feu ou au moins son allègement. Et, le président du CNRD a insisté à ce qu’on respecte pour le moment les restrictions en vigueur. Ils ont dit qu’ils vont voir avec l’ANSS dans quel cadre on peut alléger et c’est quel taux de vaccination il faut atteindre pour pouvoir parler d’allègement. 

Pour ce qui est des tractions qui sont faites avec les forces de l’ordre au niveau des motels, là on nous a dit qu’il y a un numéro vert qui est en vigueur et que ce problème va être réglé avec ce numéro ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tel: 622680041

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Rencontre entre le CNRD et les fondateurs d’écoles : « nous lui avons dit que nous sommes mis de côté »

22 septembre 2021 à 13 01 57 09579
Naby Laye Soumah, proviseur du lycée Château brillant de la SIG Madina

La suppression de la direction nationale des écoles privées est l’un des problèmes évoqués au cours de la rencontre entre le colonel Mamadi Doumbouya et les fondateurs des écoles et universités publiques du pays, ce mercredi 22 septembre 2021. Naby Laye Soumah, proviseur du lycée Château brillant de la SIG Madina, a fait savoir que cette décision a mis les acteurs de l’enseignement privé à l’écart de la prise des décisions. La prochaine rentrée scolaire et la situation des écoles en faillite ont également été évoquées, a indiqué le responsable éducatif qui s’est exprimé au micro d’un journaliste de Guineematin.com, au sortir de la rencontre.

« Nous avons discuté des problèmes qui assaillent le système éducatif guinéen. Nous, nous sommes venus avec des propositions en ce qui concerne la formation ou la qualification du système éducatif. Nous avons parlé aussi de la subvention de certaines écoles privées. Vous savez, depuis la suppression en 2010 de la direction nationale des écoles privées, nous ne sommes plus représentés au niveau des prises de décisions. Cela handicape un peu le développement des écoles privées. Pourtant, les écoles privées aussi forment les cadres guinéens, éduquent les enfants guinéens.

Mais, nous sommes mis de côté alors qu’à Conakry par exemple, il y a plus d’enfants dans les écoles privées que dans les écoles publiques. En plus, il y a des écoles en souffrance aujourd’hui. Des écoles qui doivent à des banques, des écoles qui avaient signé des contrats avec l’Etat guinéen, mais l’Etat n’avait honoré ces contrats. Depuis au moins 4 ans, ces écoles sont en faillite. Donc, tous les problèmes ont été discutés avec lui et nous avons même la création d’une commission de travail pour que nous puissions analyser l’ensemble de ces problèmes », a dit Naby Laye Soumah, proviseur du lycée Château brillant de la SIG Madina.

En réponse, ajoute-t-il, « le colonel nous a assuré qu’il est entièrement à la disposition des enseignants et a demandé à tous ceux qui ne sont pas venus avec des memos, de les rédiger et déposer au niveau des secrétariats. Et que le moment venu, il va nous répondre. Il a insisté aussi sur le respect des gestes barrières et que c’est à l’issue de tout ça qu’ils vont envisager l’ouverture des écoles. Il n’y a pas eu de précision par rapport à une date en ce qui concerne l’ouverture des classes. Mais, son discours nous rassure, parce qu’il a pris tout le temps pour nous écouter. Il y a eu plus de 30 intervenants et je pense bien qu’au moment venu, il va nous répondre ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com 

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Routes, eau, électricité : ce que Télimélé demande aux nouvelles autorités

22 septembre 2021 à 12 12 09 09099
Elhadj Amadou Oury Diallo, secrétaire préfectoral des Affaires religieuses

Au nom des populations de Télimélé, le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses a adressé un message aux nouvelles autorités guinéennes. Elhadj Amadou Oury Télibofi Diallo les exhorte à aider les habitants de cette préfecture à avoir de l’eau, de l’électricité et des routes, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Le responsable religieux s’est exprimé à l’occasion d’une cérémonie de pose de la première pierre pour la construction d’une mosquée de Dara, un secteur relevant du quartier Missidé, dans la commune urbaine de Télimélé. Cérémonie à laquelle ont pris part le nouveau préfet et le commandant de la compagnie d’infanterie de Télimélé. Après avoir présenté ces nouvelles autorités à la population, Elhadj Amadou Oury Télibofi Diallo leur a souhaité plein succès dans leurs fonctions. Il en a profité pour attirer leur attention sur le mauvais état des routes de la préfecture.

« Télimélé vous témoigne tout son soutien pour la réussite de votre mission. Vous êtes ici chez vous. Nous prions pour que la préfecture de Télimélé soit désenclavée sous votre règne, car les routes de Télimélé sont désastreuses. Regardez la route qui mène à Kindia, regardez celles qui mènent à Pita, à Sangarédi ou à Gaoual, elles sont presqu’impraticables. Que Dieu guide les pas de nos autorités, de la commune à la préfecture, afin qu’elles nous aident à réhabiliter ces différentes routes. C’est une préoccupation majeure des populations de Télimélé », a-t-il indiqué.

En plus des routes, le secrétaire préfectoral des Affaires religieuses de Télimélé demande aux autorités guinéennes de donner de l’eau et du courant aux citoyens de la préfecture. « Télimélé est en manque d’eau et d’électricité. Cela nous préoccupe sérieusement. Je tiens à rappeler que les barrages de Kaléta et de Souapiti sont construits sur le fleuve Konkouré, dont une partie se trouve dans la préfecture de Télimélé, mais nous n’avons pas de courant.

Même les villages qui sont à proximité du barrage ne sont pas électrifiés. Ça nous fait de la peine. Nous gardons tout de même espoir grâce à l’avènement des nouvelles autorités au pouvoir. Qu’Allah facilite la tâche aux nouvelles autorités pour qu’elles nous aident dans ce sens. Nous leur demandons de nous fournir l’électricité issue du barrage de Souapiti 24/24h, car une grande partie du fleuve se trouve dans la préfecture de Télimélé », a sollicité Elhadj Amadou Oury Télibofi Diallo.

De Télimélé, Mamadou Saliou Bah pour Guineematin.com

Tél. : 628 88 04 73/ 662 57 72 09

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Tham Camara, président de l’AGUIPEL : « notre rencontre avec le CNRD a été très fructueuse »

20 septembre 2021 à 17 05 53 09539
Amadou Tham Camara, président de l’association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL)

Comme prévu, le président du CNRD, Colonel Mamady Doumbouya, a reçu cet après-midi les organisations professionnelles de médias. La rencontre, qui s’inscrit dans le cadre des concertations nationales engagées par la junte militaire au pouvoir, a porté sur les problèmes qui assaillent la presse guinéenne. Au sortir de la rencontre, Amadou Tham Camara, président de l’association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), a indiqué que les échanges avec les autorités du pays ont été très fructueux. Ils ont permis notamment aux journalistes d’avoir la liberté de circuler aux heures du couvre-feu, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Amadou Tham Camara, président de l’association guinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL)

« Notre rencontre avec le CNRD a été très fructueuse, parce que nous avions à cœur de préserver les acquis de la presse pendant cette transition et ses acquis sont sauvegardés. Le président du CNRD est allé jusqu’à demander à la presse de continuer à dénoncer la corruption. Ce qui est quand même gage de beaucoup de volonté de donner assez de liberté à la presse. En plus de cela, nous leur avons demandé de laisser les journalistes vaquer à leurs occupations pendant les heures de couvre-feu. Maintenant, cela a été acquis. Tous les journalistes peuvent circuler au-delà de 22 heures. Il suffit qu’ils soient munis de leur carte de presse.

S’ils sont à moto, ce n’est pas la moto qui passe mais c’est le ou les journalistes qui passent et non l’engin. S’ils sont à bord d’un véhicule avec des passagers, le ou les journalistes passent mais les passagers ne passent pas puisque cette liberté de circuler n’est valable que pour les journalistes détenteurs de la carte de presse. Donc, là-dessous, les discussions ont été très fructueuses. Les autorités militaires ont pris bonne note non seulement la demande d’une maison de la presse par rapport aux doléances qu’on a posées, mais également qu’ils puissent revoir les conditions dans lesquelles la presse travaille en République de Guinée, surtout dans la sécurité.

Ils ont pris les engagements que la sécurité sera garantie et que les professionnels des médias peuvent exercer leur métier en toute liberté. Quant à l’accès à l’information, il n’y a pas de réponse. Mais toujours est-il que si les autorités sont disposées à garantir aux journalistes de pouvoir dénoncer la corruption. Ça veut dire que les autorités sont disposées à laisser les journalistes faire librement leur travail. Parce souvenez-vous, on n’avait pas eu cette garantie lors des gouvernances précédentes », a souligné le président de l’AGUIPEL, Amadou Tham Camara.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tél. : 622919225

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Médias de service public : vivement le retour des compétents à la place des militants

20 septembre 2021 à 8 08 45 09459

Quand Alpha Condé accède au pouvoir, il annonce très tôt les couleurs en déclarant qu’aux Etats-Unis on parle d’administration Obama ou en France d’administration Sarkozy. C’était pour préparer les Guinéens à l’administration Condé. Aussitôt installé au palais, son parti fait le tri. L’administration guinéenne devait devenir RPG. A la chute du fondateur de ce parti, la réalité crevait les yeux. Ceux qui ont mis fin à son règne ont déploré à juste titre de politisation à outrance de l’administration guinéenne.

Le ministère de l’information et de la communication n’a pas échappé à la règle. J’allais dire à la purge organisée après 2010. Tous les médias de service public ont fait les frais de l’avènement au pouvoir de celui qui les accusait de soutenir son éternel adversaire. Particulièrement la radio et la télévision nationale. Des journalistes de talent, qui ont fait la fierté de ce pays et ont influencé beaucoup de jeunes dans leur choix de ce métier, ont été écartés au profit de militants.

C’est toute une génération qui a été marginalisée. Le seul tort de ces journalistes fut d’avoir servi le pays pendant le règne du président Lansana Conté. Et seul Dieu sait que si certains s’étaient illustrés dans leur soutien du régime, majoritairement ces journalistes ne faisaient que leur travail : celui d’informer. A sa prise du pouvoir, rien n’empêchait Alpha Condé de s’offrir le service de ces talents. Lesquels auront connu une véritable traversée du désert durant tout son règne.

Visiblement, les nouvelles autorités voudraient changer la donne. Pour rendre à César ce qui appartient à César. C’est ainsi que les téléspectateurs ont redécouvert ces jours-ci une voix à laquelle les auditeurs de la radio nationale étaient familiers : celle d’Ibrahima Kalil Diakité. Cette voix, comme beaucoup d’autres, a manqué aux auditeurs ces dernières années.

Après la disparition de la révolution, les partenaires de la Guinée s’étaient fortement impliqués dans la formation de journalistes de ce pays. Des talents ont été identifiés et formés. Parmi eux, on peut citer Yamoussa Sidibé, Alpha Kabiné Doumbouya, Ibrahima Kalil Diakité, Amadou Diallo, Ibrahima Ahmed Barry, Ben Daouda Sylla, Aboubacar Cissé… La liste n’est pas exhaustive. Les deux derniers ne sont malheureusement plus de ce monde.

Tous ces talents ont été marginalisés ces dix dernières années. Dans le meilleur des cas certains ont été affectés à des postes peu enviables. D’autres carrément oubliés. Le changement qui a changé l’autre changement le 5 septembre dernier doit tenir compte de cette réalité. Il doit réhabiliter ces patriotes qui ont servi non pas un homme, comme on voulait nous le faire croire, mais leur pays. Au lieu d’écarter ces techniciens au profit de ses militants, l’ancien parti au pouvoir devait plutôt mettre ces compétences à son service.

Le fameux renouvèlement générationnel auquel certains appellent de tous leurs vœux depuis quelques jours, ne se fera pas en marginalisant les anciens. Bien au contraire. Dans le domaine de l’information et de la communication la Guinée a encore besoin de ces valeureux journalistes qui ont toute leur place dans l’espace médiatique guinéen.  

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Accueil des anciens exilés politiques : vers des poursuites judiciaires contre les leaders du FNDC ?

18 septembre 2021 à 23 11 14 09149

La manifestation organisée ce samedi, 18 septembre 2021, à Conakry, pour accueillir quatre membres du FNDC qui rentraient de leur exil n’est pas du goût du CNRD (comité national pour le rassemblement et le développement).
Dans un communiqué lu ce soir à la télévision nationale, la junte militaire au pouvoir a dénoncé la violation de l’état d’urgence sanitaire instauré dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et interdisant des regroupements de plus de 50 personnes.

Le communiqué signé du colonel Mamady Doumbouya, président du CNRD, condamne cette mobilisation et demande aux autorités compétentes « d’en tirer les conséquences de droit ».

« Vu le communiqué numéro 14 en date du 11 septembre 2021, interdisant toute manifestation de soutien de quelque nature que ça soit ;

Vu la prorogation des mesures de l’état d’urgence sanitaire ;

Il a été malheureusement constaté dans la journée du 18 septembre 2021, des regroupements de personnes à l’aéroport international de Conakry-Gbessia, suivis de cortège à l’occasion du retour de certains membres du FNDC. Cela constitue assurément la violation de deux mesures citées plus haut.

En conséquence, le CNRD, fidèle à sa volonté de maintenir la tranquillité publique, condamne ces actes et demande aux autorités compétentes d’en tirer les conséquences de droit ».

Des poursuites judiciaires seront-elles engagées contre les responsables du Front national pour la défense de la constitution ? C’est la question qui se pose après cette sortie des nouvelles autorités guinéennes. Une sortie qui intervient à un moment où les Guinéens savourent la liberté retrouvée, après la terreur qui leur a été imposée depuis près de deux années par le défunt régime.

A l’appel de la coordination nationale du FNDC, des milliers de personnes sont rassemblées ce samedi devant l’aéroport de Conakry pour accueillir Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, respectivement chargés des opérations et des stratégies du FNDC ainsi que du rappeur Djanii Alfa et du blogueur Fodé Sanikayi Kouyaté.

Ces activistes de la lutte contre le troisième mandat du président Alpha Condé vivaient en exil depuis plusieurs mois. Ils ont dû fuir leur pays pour éviter d’être broyés par la machine répressive qui ciblait tous ceux qui s’opposaient au maintien du président déchu au pouvoir après ses deux mandats légaux. Ils ont décidé de rentrer en Guinée environ deux semaines après le coup d’Etat militaire du 5 septembre dernier, qui a renversé le régime Alpha Condé.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628 12 43 62

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Hadja Djenabou Keïta (MUFFA et MC2) : « le colonel Mamady Doumbouya a dit qu’il est prêt à nous accompagner »

18 septembre 2021 à 14 02 43 09439
Hadja Dejanbou Keita, présidente MUFFA et MCD Guinée

Comme annoncé précédemment, les directeurs des banques et micro-finances ont été reçus ce samedi, 18 septembre 2021, par le colonel Mamady Doumbouya, le président du CNRD (la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée). Au cours de cette rencontre qui s’inscrit dans le cadre des concertations nationales avec les forces vives de la nation, les patrons des institutions financières ont exposé leurs difficultés au CNRD. Et, selon Hadja Djenabou Keïta, la présidente de la fédération nationale des MUFFA et MC2 de Guinée, le président du CNRD s’est engagé à les accompagner dans leurs activités au bénéfice des populations guinéennes.

« La rencontre a été fructueuse, il (le colonel Mamady Doumbouya) s’est bien adressé aux banques et assurances, aux banques primaires et aux micro-finances. Il souhaite qu’ils (les banques) assistent les gens qui veulent avoir des prêts, de les assister dans l’agro-business, l’agriculture, l’artisanat etc. C’est ce qui peut faire marcher un pays. Il (le colonel Mamady Doumbouya) a dit qu’il est prêt à nous accompagner. D’abord, nous (les banques) sommes confrontés à d’énormes difficultés. Depuis bientôt 3 ans, les MUFFA (mutuelle financière des femmes africaines) ne sont pas financées, à plus forte raison refinancées. Aujourd’hui, les concessionnaires trimballent les présidentes des fédérations dans les commissariats, les gendarmeries voire même dans les tribunaux par manque de payement de loyer. Paiement, remboursement des paiements, remboursement des cautions versés par de pauvres femmes pour qu’elles puissent avoir des prêts. Si tu ne gagnes pas des prêts, que tu aies au moins ce que tu as versé. Il y a beaucoup de femmes qui ont perdu leur ménage, certaines ont fuit. Il y a l’humiliation totale, nous n’avons plus de considération nous les présidentes. Donc, j’ai exposé ça devant le président pour qu’il nous vienne en aide et qu’il puisse nous financer et refinancer », a indiqué Hadja Djenabou Keïta.

Mamadou Yaya Diallo pour Guineematin.com

Tel : 622673681

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Concertation nationale : la presse et les acteurs culturels invités par le CNRD

17 septembre 2021 à 23 11 14 09149

Dans un communiqué lu ce vendredi soir, 17 septembre 2021, le comité national pour le rassemblement et le développement (CNRD) a annoncé de nouvelles rencontres dans le cadre des concertations nationales entamées mardi dernier. La junte militaire au pouvoir convie les acteurs culturels, les associations de presse et celles du secteur informel à des échanges lundi prochain.

Guineematin.com vous propose de lire ci-dessous le communiqué signé du président du CNRD, le colonel Mamady Doumbouya :

« Dans le cadre de la poursuite de la concertation nationale avec l’ensemble des forces vives de la nation, le colonel Mamady Doumbouya, président du CNRD, président de la République, chef de l’Etat, invite les différentes composantes à une rencontre au Palais du peuple, selon le programme ci-dessous :

Lundi, 20 septembre 2021, de 10 heures à 12 heures, les opérateurs culturels. De 13 heures à 15 heures, les associations de presse. De 16 heures à 18 heures, les représentants des associations du secteur informel.

Les délégués doivent se munir de leurs pièces d’identité : carte d’identité nationale, passeport ou carte d’électeur pour le retrait de leur accès une heure avant la rencontre. Il est à signaler qu’un seul délégué sera représenté par entité ».

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Sadjo Barry au CNRD : « s’ils reposent tout sur l’ancienne administration, rien ne va marcher »

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Sadjo Barry, président du parti Bloc pour l’Alternance en Guinée et président de l’amical de Guinée en Allemagne

Comme annoncé précédemment, les représentants des associations des guinéens de l’étranger ont conféré hier, mercredi 15 septembre 2021, avec le CNRD (la junte militaire actuellement au pouvoir en Guinée). La rencontre entre dans le cadre des concertations nationales engagées avec les forces vives du pays pour une transition apaisée qui pourrait déboucher sur des élections libres et transparentes. Mais, pour Sadjo Barry, le président du Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG) et président de l’amical de Guinée en Allemagne, le ministère des affaires étrangères a organisé une « magouille » visant à donner la parole qu’aux anciens promoteurs du 3ème mandat d’Alpha Condé (le président de la république déchu). Ce guinéen de la diaspora conseille au CNRD de ne pas tout reposer sur l’ancienne administration pour éviter les mauvaises surprises qui pourraient faire de la transition une tragédie.

Sadjo Barry, président du parti Bloc pour l’Alternance en Guinée et président de l’amical de Guinée en Allemagne

« Le colonel Doumbouya a décliné son intention et a demandé aux guinéens de tous les bords de participer au processus de transition qu’ils sont en train de mettre en place. Le communiqué est passé samedi ; et, dès lundi, les guinéens de l’étranger sont allés payer leurs billets pour répondre à cet appel. Arrivée ici, le ministère des affaires étrangères a organisé une sorte de réseau de magouille, en sélectionnant en catimini les gens auxquels ils veulent donner la parole. Généralement, ce fut des gens qui étaient favorables au 3ème mandat ou qui étaient en rapport avec eux (ministères des AE). Ils ont essayé d’introduire ces gens-là à la dernière minute. Dans la salle, ils ont essayé de bloquer la parole. Mais, quand les gens ont protesté, ils ont prolongé la liste. Même le président s’était offusqué. Il a même demandé l’origine de cette liste. Ce n’est pas sérieux… Je demande humblement aux nouvelles autorités de prendre leur responsabilité et de voir la réalité en face. Qu’ils essaient de déléguer le pouvoir à une commission indépendante qui puisse sincèrement faire ce travail. Sinon, s’ils reposent tout sur l’ancienne administration, rien ne va marcher. Car, c’est la même équipe. Ils ont infecté toute l’administration publique ; et, en fin de compte, la transition va finir dans la tragédie », a indiqué Sadjo Barry.

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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