Conakry : des candidats au pèlerinage en colère contre les autorités religieuses

Plusieurs candidats au hajj 2022 ont laissé éclater leur colère ce samedi, 25 juin 2022, dans l’enceinte du centre islamique de Donka, à Conakry. Ils ont protesté contre le retard de leur voyage et le manque de communication autour du processus, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Alors que de nombreux candidats au pèlerinage sont déjà arrivés à la Mecque, l’impatience et la colère gagnent ceux qui sont encore à Conakry. Ces derniers dénoncent la lenteur qui caractérise le processus et surtout, le fait que les autorités religieuses ne communiquent pas pour les situer sur leur sort. Fanta Touré, venue de Kankan, traîne depuis quelques jours dans les locaux du centre islamique de Donka, en compagnie de sa mère, qui est inscrite pour le hajj de cette année. Aujourd’hui, elle est partagée entre interrogations et colère.

 « On ne fait que souffrir ici. Je ne sais même pas quoi dire par rapport à cette situation. On voit juste les gens monter et descendre, mais on ne comprend rien parce qu’il n’y aucune communication de la part des autorités. Tout le monde se pose les mêmes questions, sans réponses. On n’est pas du tout situés. L’organisation est vraiment mauvaise. On a appris que c’est aujourd’hui que le convoi dans lequel se trouve ma mère devait voyager, mais on ne sait pas si c’est vrai ou non, parce qu’on a aucune source officielle pour nous situer. On est dans une confusion totale », déplore madame Fanta Touré.

Face à cette confusion, plusieurs candidats au hajj ont exprimé leur colère ce samedi dans les locaux du centre islamique de Donka. Une situation qui a obligé le secrétaire général des affaires religieuses à les recevoir pour chercher à calmer leurs ardeurs. Venu de Siguiri, monsieur Sékou Keïta espère que cette rencontre le responsable religieux permettra de trouver des solutions à leurs préoccupations.

 

« Puisque nous avons longtemps attendu, et on ne nous a rien dit, nous nous sommes révoltés ce matin pour aller dire au ministre que nous en avons marre. Nous sommes fatigués d’attendre ici, sans avoir la moindre information sur notre situation. Nous lui avons demandé de nous aider à voyager maintenant, parce qu’on a beaucoup souffert ici. Le ministre nous a assurés que tout ira bien et que tous les pèlerins vont voyager. Il a dit que c’est un problème de visas qui retardait le processus, mais que la délivrance de ces visas a déjà commencé. Il a fait savoir que certains pèlerins vont voyager aujourd’hui et que lui-même, il sera dans le dernier convoi qui va partir lundi prochain », a témoigné ce candidat au pèlerinage.

Si l’espoir renaît chez Sékou Keïta, ce n’est pas le cas chez madame Souadou Barry, venue de Kindia. Cette dame a appris aujourd’hui que son mari et sa sœur, qu’elle est venue accompagner, ne sont finalement pas retenus pour le voyage à la Mecque.

 

« Nous avons appris qu’il n’y a que 30 personnes qui sont retenues pour la préfecture de Kindia. Et leurs noms ne figurent pas parmi ces 30. Ils sont aux 31ème et 32ème places. Pourtant, lorsqu’ils s’inscrivaient, il n’y avait pas 12 personnes sur la liste. Ils ont tous leurs documents au complet, ils ont reçu leur bordereau de versement, leurs passeports sont corrects, et ils ont pris tous les vaccins.

Mais on ne comprend rien. Chaque jour que nous venons, leur guide nous dit d’attendre. Nous attendons sans rien comprendre. C’est ce matin que nous apprenons qu’à Kindia, ils n’ont pris que 30 personnes. Donc, pour l’instant, on n’a pas d’espoir. Si après avoir rempli toutes les conditions et enduré toutes les souffrances que nous avons connues ici, on nous dit qu’ils ne sont pas retenus pour le hajj, c’est vraiment de l’injustice », a déclaré madame Souadou Barry.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

Tél: 622919225

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