Hôpital de Boké : à la rencontre de Dr Sékou Boubacar Soumah, l’unique chirurgien-orthopédiste de la région

A l’image de nombreuses structures sanitaires à l’intérieur du pays, l’hôpital régional de Boké est confronté à un manque de cadres qualifiés mais aussi de matériel de travail. Pour faire face aux nombreux cas d’accidents sur la voie publique, avec des cas de fracture notamment, la structure bénéficie de l’expertise de Dr Sékou Boubacar Soumah, qui y exerce depuis deux ans. Ce médecin, chirurgien, orthopédiste et traumatologue, y a réalisé des prouesses au point que tout le monde évoque son savoir-faire, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

L’évocation du nom de Dr Sékou Boubacar Soumah rappelle une prouesse réalisée récemment par le jeune médecin. Il a réussi à « raccorder » le pied d’une jeune dame accidentée et dont le péroné est tombé sur le sol avant d’être ramassé et transporté pour une remise. « Je me sens encensé et vraiment très flatté par ce que j’entends dire de notre service. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’avec nos maigres moyens, nous essayons de satisfaire les besoins des populations. A chaque fois, vous recevez un patient qui sort satisfait, il informe les autres. Et l’information se propage vite, de bouche à oreille. En matière de traumatologie, la philosophie est qu’il faut restituer l’autonomie fonctionnelle du membre. Cela dépend du type de fracture que vous avez. Il faut connaître les différents types de fractures. Certains viennent avec des fractures fermées et d’autres des fractures ouvertes. Bref, pour la fracture ouverte, la prise en charge doit être immédiate. Mais la fracture fermée, il faut voir en fonction des possibilités que vous avez pour aider les patients. Quand je venais de commencer mon service à l’hôpital préfectoral de Gaoual, je recevais un fracturé par mois. C’était au compte-gouttes que les gens fréquentaient le service. Mais au fil du temps, cela a changé », a précisé Dr Soumah.

Dr Sékou Boubacar Soumah, médecin -chef chirurgien orthopédiste traumatologue à un l’hôpital régional de Boké

Ce médecin chef chirurgien orthopédiste, traumatologue précise que son travail exige une grande attention et une grande disponibilité. « La chirurgie orthopédique consiste à faire la réduction, la contention et le placement d’un matériel dorso synthèse. Dieu aidant, nous réussissons dans nos interventions et cela fait que nous recevons des patients venant de Gaoual, Télimélé, Koundara et Sangarédi. Je rappelle que je me suis retrouvé à l’hôpital régional de Boké depuis 2 ans. Et la fréquence par mois va jusqu’à six malades parfois », a-t-il expliqué.

Parlant de cette patiente accidentée à Kounsitel et qui a eu une fracture ouverture et le péroné de son pied droit retrouvé à terre, Dr Sékou Boubacar Soumah évoque le cas avec beaucoup d’humilité. « C’est une jeune dame s’appelle Mariama Ciré Diallo. Elle a été accidentée à moto à Kounsitel. Elle a été directement envoyée à l’hôpital préfectoral de Gaoual qui l’a référé à Boké. Ils ont mis la pièce dans un sérum avant de l’embarquer pour Boké. Nous avons reçu la patiente et les fragments des pièces que nous avons bien nettoyées avec du sérum salé. Nous avons dit que perdre de telles substances, si on met cela au dehors, il va y avoir un raccourci. Je me suis dit qu’on va essayer de donner une seconde chance à cette dame en remettant la pièce. Si le fragment arrive à se nécroser, on va essayer de le retirer et juger nécessaire de raccourcir le membre. Dieu faisant les choses, nous avons encastré ce petit morceau et le fixateur externe. C’est de ce résultat que vous avez entendu parler. Elle avait une fracture ouverte de type 3. Elle a été reçue en 2ème intention. Donc, aujourd’hui, elle a est à sept mois depuis son opération. Après 4 mois, on a enlevé le fixateur externe et on a procédé à une immobilisation du membre dans un plâtre circulaire curo-pédieuse. Et aujourd’hui, on attend jusqu’à ce que le délai escompté arrive. Si tout va bien, elle va mettre le pied au sol et marcher », a promis le médecin qui jure que la patiente, à terme, pourra bel et bien utiliser son membre.

Mais, l’hôpital régional de Boké est confronté à un manque de matériel de travail. « On a un appareil d’oxygène, mais il n’y a pas d’oxygène. Il y a beaucoup de choses qui manquent au bloc, mais comme c’est à l’intérieur du pays, on fait avec les moyens de bord », a dit le médecin qui sollicite un peu plus d’attention pour cet hôpital en termes d’équipements.

En outre, Dr Soumah suggère de chercher à équiper le bloc opératoire et la salle. Par exemple, dit-il, il faut avoir le matériel dorso synthèse pour donner une plus grande chance de réussite aux interventions. De passage, le médecin salue la disponibilité et l’engagement du personnel composé de stagiaires et d’étudiants. « Même les dimanches, s’il y a du travail, ils viennent. Ils se montrent disponibles et réellement intéressés au travail. Les anesthésistes et toute l’équipe travaillent avec moi. Il faut avoir l’œil partout. Il faut suivre les pansements et donner les médicaments. Cela est très encourageant. Il faut s’assurer que les malades sont bien traités et avoir l’œil sur tout », a-t-il conclu.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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