Guinée : « chaque année, il y a environ 2 300 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, avec près de 70% de décès… »

Mamadou Bobo Souaré, médecin au service de cancérologie du CHU de Donka 

De plus en plus de femmes sont atteintes du cancer du col de l’utérus en Guinée. Cette maladie est aujourd’hui l’une des plus grandes causes de consultations dans notre pays en termes de  fréquence. C’est une annonce de Dr Mamadou Bobo Souaré́, médecin au service de cancérologie du CHU de Donka, qui est revenu sur cette problématique dans un entretien accordé à Guineematin.com ce mardi, 24 octobre 2023. Ce médecin invite les femmes 25 à 65 ans à profiter de ce mois d’octobre, dédié à la lutte contre le cancer, pour se faire dépister gratuitement dans les différents sites de dépistage.

D’entrée, Dr Mamadou Bobo Souaré, cancérologue, est revenu sur ce qu’on entend par cancer du col de l’utérus. « Le cancer du col de l’utérus, c’est le résultat d’une transformation anarchique et incontrôlée des cellules qui se trouvent au niveau du col de l’utérus, sous influence de certains facteurs. Alors, ces cellules détruisent le col et peuvent se propager ailleurs, au niveau des organes avoisinant ou dans un autre organe, et c’est ce qui entraîne le décès de la malade », a-t-il dit.

Par ailleurs, Dr Mamadou Bobo Souaré a expliqué comment cette maladie se contracte, avant de parler de ses signes. « La principale cause de transmission du cancer du col de l’utérus, il faut rappeler que c’est l’un des cancers les plus connus actuellement par le milieu scientifique. C’est un cancer qui est causé par l’infection de l’hymen par le papillomavirus. C’est un virus qui se transmet de façon sexuelle et qui a une prévalence de 51% chez nous en Guinée. Le cancer du col de l’utérus se manifeste par des saignements en dehors des règles. Ça peut être des saignements spontanés ou des saignements lors d’un rapport sexuel, des douleurs pelviennes, des douleurs au niveau du dos, des pertes blanches qui persistent ou alors l’écoulement d’un liquide jaunâtre nauséabond. Parfois aussi, il peut y avoir la perte du poids, le manque d’appétit et surtout le manque de sang et la fatigue parfois chez la patiente… ».

Plus loin, le médecin a fait savoir que le cancer du col de l’utérus a plusieurs conséquences graves chez la malade, car il peut entraîner un impact psychologique, la stérilité, voire la mort. « Il faut savoir que cette maladie a plusieurs conséquences pour la malade et pour son entourage, parce que déjà, il y a l’impact psychologique qui est là sur la malade et son entourage. Il y a aussi les douleurs qui sont là, il y a aussi l’impossibilité de la femme d’accomplir ses devoirs conjugaux liés à tout ce qu’on a cité tout à l’heure. Il y a également l’impossibilité de faire des enfants. Et c’est une maladie qui peut aussi entraîner la mort de la patiente », a fait savoir Dr Souaré.

Pour ce qui est des statistiques de cette pathologie en Guinée, notre interlocuteur évoque environ 2300 nouveaux cas chaque année, avec près de 70% de décès liés à ce cancer. « On ne peut pas avoir des données sur toutes les femmes atteintes de cancer. Il y a de nouveaux cas qu’on peut recenser, environ 2300 nouveaux cas chaque année chez nous, avec près de 70% de décès liés à ce cancer. C’est le premier en termes de fréquence. Donc, voilà pourquoi octobre de chaque année nous menons des campagnes de sensibilisation et de dépistage de masse dans quatre (4) sites de la région de Conakry. Et cela, grâce à l’appui de certains partenaires, notamment la Caisse nationale prévoyance sociale que nous tenons à remercier pour les efforts et permettre aux femmes d’avoir accès à ces dépistages de façon gratuite. Alors, pour éviter cette maladie, il faut faire le dépistage. C’est seul le dépistage qui nous permet de voir cette lésion précancéreuse avant qu’elle ne devienne cancer pour pouvoir la traiter afin de sauver des vies. Donc, le dépistage est primordial pour toutes les femmes de 25 à 65 ans. Nous invitons par l’occasion les femmes à venir se faire dépister dans les différents sites dédiés à ce dépistage », a-t-il lancé.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com 

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