Déguerpissement à Kaporo rails : l’INIDH appelle l’Etat à recaser et indemniser les victimes

8 avril 2019 à 20 08 13 04134

L’Institution Nationale Indépendante Des droits Humains (INIDH) a clôturé, ce lundi 08 avril 2019, sa première session de l’année 2019. La cérémonie s’est déroulée au Palais du peuple de Conakry, en présence de 15 des 22 commissaires que compte l’institution et du ministre conseiller du président de la République chargé des relations avec les institutions constitutionnelles, Elhadj Mohamed Lamine Fofana.

L’INIDH a mis l’occasion à profit pour présenter son rapport 2018 sur la situation des droits de l’Homme en Guinée. Rapport dans lequel l’institution met un accent particulier sur le déguerpissement opéré récemment à Kaporo rails et Kipé 2 (Conakry), a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les membres de l’INIDH ont adopté ledit rapport de l’année 2018 après de larges débats sur la situation des droits de l’homme en Guinée. Un document présenté au cours de cette session, ouverte en mars dernier. Dans ce rapport, l’institution a passé au peigne fin l’ensemble des questions liées aux droits de l’homme en Guinée. C’est notamment le récent déguerpissement opéré par le gouvernement à Kaporo rails et Kipé, dans la commune de Ratoma.

« Au cours de l’année 2019, l’INIDH a déployé des missions pour vérifier les allégations de violation de droits de l’homme en lien avec les opérations de déguerpissement du site de Kaproro rails et Kipé 2, et à la maison centrale de Conakry pour vérifier et documenter les allégations de torture sur les détenus », a signifié le président de l’INDIH, Alya Diaby.

En ce qui concerne le déguerpissement à Kaporo rails et Kipé 2, l’institution souligne que « L’Etat est effectivement propriétaire des domaines concernés, suivant le titre foncier établi en 2007 ». Mais, précise-t-elle, « par l’article 4.4 du décret 112 du 23 octobre 1989, les occupants doivent être recasés et indemnisés. Il s’agit des occupants ayant un document justificatif avant le 20 avril 1989 », a dit Alya Diaby.

Aussi, le Président de l’INIDH plaide en faveur des élèves des familles déguerpies en pleine année scolaire. « L’INIDH lance un appel aux autorités pour faire preuve de sensibilité et de faire en sorte que le droit à l’éducation des enfants ne soit pas compromis ».

La récente incarcération du journaliste Lansana Camara, accusé de diffamation par voie de presse, n’a pas échappé aussi à l’INIDH. Elle regrette une atteinte à la liberté de la presse. « Sur le plan de la liberté de presse, l’INIDH a regretté la détention provisoire d’un journaliste accusé de diffamation. Elle se réjouit finalement de la remise en liberté du journaliste en question dans le respect de la loi sur la liberté de la presse… », souligne le rapport.

A rappeler que l’INIDH tient 4 sessions de 21 jours par an, selon les dispositions réglementaires. Le seul bémol palpable de cette cérémonie de clôture est l’absence du premier vice-président de l’Institution, Boubacar Yacine Diallo, qui a présidé la cérémonie d’ouverture au mois de mars passé, alors que le président, donné alors pour démissionnaire, était absent.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Déguerpissement à Kaporo rails et Kipé 2 : l’UFDG remet un chèque de 400 millions de francs aux victimes

4 avril 2019 à 17 05 44 04444

L’opération de déguerpissement à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma, a révolté les consciences et suscité une chaîne de solidarité. L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti de l’opposition, avait entamé une campagne de collecte de fonds pour secourir les victimes de cette tragédie. Dans la journée de ce jeudi, 4 avril 2019, le parti a fait l’état des lieux de cette collecte et remis un chèque de 400 millions de francs guinées aux victimes, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La cérémonie de remise du chèque s’est tenue au quartier général de l’UFDG. Selon les informations recueillies sur place, la collecte de fonds initiée par la formation politique, a permis de lever un montant de cinq cent soixante huit millions (568.000.000 GNF) de francs guinéens en faveur des personnes déguerpies à Kaporo Rails, Kipé 2 et une partie de Koloma 1.

Dans ce montant, 165 millions ont été dépensés pour la prise en charge de la jeune Aïssatou Bela Diallo, âgée de 14 ans, défigurée par une grenade lacrymogène et évacuée par l’UFDG à Tunis pour des soins. Et, 3 millions ont été déboursés pour assister deux jeunes blessés, dont un par balle et l’autre par bastonnade.

Les 400 millions restants ont été mis à la disposition des victimes. Selon Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, ces fonds sont issus de la contribution des structures du parti. Il précise d’ailleurs que la mobilisation se poursuit et que le montant pourrait aller bien au-delà de celui qui a été remis aux bénéficiaires ce jeudi.

Le chef de file de l’opposition guinéenne en a profité pour revenir et dénoncer une fois de plus le déguerpissement mené dans ces zones de la commune de Ratoma. « Si la cause d’utilité publique est avérée, personne ne s’y opposerait. Mais, personne aussi n’aurait cautionné l’utilisation de la force brutale, sans aucune mesure d’accompagnement, sans aucune négociation, sans aucune sensibilisation pour mettre plus de 15 mille familles sans abris. C’est inacceptable dans un Etat où la solidarité est inscrite dans l’emblème du pays», estime-t-il.

Pour montrer le caractère brutal et « cynique » de cette opération, l’opposant exhibe les images de Aïssatou Bela Diallo, défigurée par une bombe lacrymogène, lancée par un policier. « Regardez ces images de cette fille. Le policier la regarde et lui jette cette bombe lacrymogène. Elle va porter les séquelles toute sa vie. Et l’Etat ne réagit pas, ni pour l’assister, ni pour compatir avec la famille. C’est de justesse qu’on a pu sauver sa vie. Elle a subi 3 opérations. Mais, jusqu’à présent, elle ne respire pas par le nez », a expliqué le leader de l’UFDG.

Du côté des victimes de ce déguerpissement, on se dit soulagé par cette action de l’UFDG. En recevant le chèque des 400 millions GNF des mains de Cellou Dalein Diallo, Elhadj Alpha Oumar Diallo, le président de la coordination des victimes, a vivement remercié la formation politique. Il a saisi l’occasion pour annoncer qu’un recensement provisoire montre qu’il y a eu 1182 concessions détruites avec 14.988 personnes déplacées.

« Parmi ces personnes, il y a encore 193 sans abris, 100 personnes ayant besoin de nourriture, 3.641 élèves impactés, dont 88 candidats au bac, 92 au BEPC et 86 à l’entrée en 7ème année. 13 écoles qui n’ont plus d’élèves, 12 mosquées n’ayant plus de fidèles et 2 églises, dont l’une a été détruite, 1700 bâtiments détruits, 70 personnes ayant des problèmes de santé, dont deux blessés par balles, plusieurs arrestations de jeunes et d’enfants qui sont soumis à des versements d’un montant d’un million de francs guinéens pour être libérés », a-t-il énuméré.

A noter qu’en plus de la levée des fonds, l’UFDG a mené d’autres actions humanitaires en faveur des déguerpis de Kaporo Rails et Kipé 2. C’est notamment la mise à disposition de logements à certains et la prise en charge à titre gracieux des frais de scolarité de plusieurs élèves.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Soutien aux déguerpis de Kaporo rails et Kipé 2 : le collectif des victimes se dit satisfait du bilan

1 avril 2019 à 18 06 53 04534

Le collectif des déguerpis de Kaporo Rails et de Kipé 2, dans la commune de Ratoma, avait appelé à une journée de solidarité et d’appel à contribution pour les victimes de cette tragédie pour ce lundi 1er avril 2019. A Conakry, cet appel n’a été suivi que par endroits par les citoyens. Toutefois, les organisateurs se disent satisfaits de la « réussite » de leur mouvement, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au marché de Taouyah, dans la commune de Ratoma, par exemple, l’appel a été largement suivi : les boutiques et les magasins sont restés fermés. Par contre, au grand marché de Madina, poumon de l’économie guinéenne, le mouvement a été peu suivi. Selon le constat d’un de nos reporters, sur la route du Niger, le commerce a fonctionné normalement puisque les boutiques et les magasins sont restés ouverts.

Mais, chez les organisateurs de cette journée, c’est la satisfaction. Sayon Onivogui, porte parole du collectif des déguerpis de Kaporo Rails et de Kipé 2, s’est réjoui de la situation qui a prévalu sur le terrain. « Les gens qui ont bien voulu nous soutenir se sont manifestés. Il fallait voir à partir de Lambanyi, où moi-même j’ai fait mon constat.

J’ai trouvé que beaucoup de boutiques et magasins étaient fermés, surtout quand on connait l’état de la circulation à Conakry qui est très compliqué les jours ouvrables. Ce matin, la circulation n’était pas comme d’habitude. Notre appel a aussi été suivi par les boulangers et les bouchers », explique-t-il.

A en croire Sayon Onivogui, le but de cette demande n’était pas seulement d’empêcher les gens de travailler ; mais, c’est aussi d’alerter la communauté nationale et internationale sur les graves violations des droits humains. « Ce matin, tu pouvais aller à ton lieu de travail ; mais, si tu envoies quelque chose pour dire que tu soutiens les déguerpis, c’est la même chose », dit-il.

Pour finir, Sayon Onivogui a fait savoir que certaines bonnes volontés se sont manifestées et que l’appel a bel et bien été entendu par l’opinion.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Kaporo Rails/Kipé 2 : les déguerpis appellent à une journée de solidarité le 1er avril

29 mars 2019 à 13 01 06 03063
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Les victimes du déguerpissement de Kaporo-rails et de Kipé 2, dans la commune de Ratoma, appellent à une journée de solidarité en leur faveur. L’annonce en a été faite hier jeudi, 28 mars 2019, à l’occasion d’une conférence de presse organisée à Kaporo rails, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le collectif des déguerpis de Kaporo rails et de Kipé 2 appelle à une journée sans activités en guise de solidarité avec les victimes pour le lundi, 1er avril 2019. Ces citoyens qui ont perdu leurs maisons, souhaitent que cette journée soit mise à profit pour leur apporter des soutiens matériels ou financiers.

Selon Abdourahmane Bella Bah, membre du mouvement Citoyens Engagés de Guinée, « nous avons décidé d’organiser une journée de solidarité parce nous pensons que tous les citoyens guinéens ne sont pas d’accord avec la manière dont l’état a déguerpi les citoyens de Kaporo-rails et de Kipé 2. C’est une façon pour nous d’interpeller notre Etat à ses devoirs d’abord avant son droit. L’Etat a effectivement le droit de déguerpir les citoyens, mais l’Etat a le devoir de les recaser.

C’est pour nous une manière d’interpeller l’Etat et lancer un SOS aussi à une mobilisation citoyenne face aux déguerpis de Kaporo-rails. Le lundi, 1er avril 2019, nous demandons aux commerçants, aux boulangers de rester sans activité, à tous les citoyens guinéens de rester sans activité pour lancer un message fort a l’Etat, pour dire que nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont le déguerpissement s’est fait », a expliqué Abdourahmane Bella Bah.

Pour sa part, Elhadj Alpha Oumar Diallo, président du collectif, est revenu sur le calvaire que connaissent les victimes du déguerpissement. « C’est le moment pour nous de préciser qu’on a été victime d’un déguerpissement qui nous a coûté l’effort de tout ce qu’on a eu à faire dans notre vie. Je suis retraité il 5 ans et on m’a cassé 10 bâtiments. 5 bâtiments en 1998 et 5 bâtiments en 2019… Aujourd’hui, on se considère comme étrangers dans notre pays parce qu’on est déguerpi, on vit à la belle étoile.

Ça c’est à la portée de tout ceux qui sont là et qui connaissent que nous sommes des réfugiés dans notre propre pays, des réfugiés causés par notre propre gouvernement qui devrait nous protéger, c’est lui qui nous met dehors en disant qu’ils n’ont aucun état d’âme par rapport à la casse de Kaporo-rails. Donc, nous avons été deux fois victimes, de la haine et la destruction », a dit le vieil homme.

De son côté, Saidou Diallo s’est dit déçu du fait qu’il n’y ait pas eu de dédommagement ou de recasement des victimes. « L’Etat se base sur un décret, qui est le décret N° 2011/ PRG/ SGG 1989, portant création des réserves foncières au profit de l’Etat, autorisant l’ouverture des routes à Conakry. Ce que le même Etat oublie de mentionner, c’est que ce décret a prévu autre chose, pas seulement le déguerpissement.

L’Etat a prévu des mesures d’accompagnent que les autorités omettent souvent de mentionner. C’est pour cela que l’article 4 précise que les occupants de ces zones seront déguerpis au fur et à mesure des besoins d’aménagement de la puissance publique et que les occupants qui auraient mis en valeur avant la date du 20 avril 1988, ne sont déguerpis que si l’Etat s’engage à les indemniser à la valeur de leur réalisation », rappelle-t-il.

En outre, Saidou Diallo est revenu sur les statistiques provisoires des maisons cassées et victimes. « C’est un déguerpissement sauvage et inhumain, parce qu’il touche une grande population. Je vais vous donner les statistiques provisoires du déguerpissement. A à ce niveau nous avons 1077 concessions cassées ; 14 674 personnes mises dehors, qui dorment à la belle étoile ; 90 personnes qui ont des besoins nécessaires et réels de nourriture.

Nous avons 1410 élèves qui ont abandonné l’école et qui sont dispersés pêle-mêle : 63 candidats au Baccalauréat, 73 candidats au BEPC et 71 candidats à l’examen d’entrée en 7eme et des cas de malades. Nous avons 57 personnes qui sont malades, nous avons des blessés par balle, notamment la fille qui a été atteinte par une bombe lacrymogène », a énuméré monsieur Diallo.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Kaporo-rails : où sont passés les fonds alloués aux déguerpis de 1998 ?

28 mars 2019 à 19 07 18 03183

Le président du Parti Panafricain de Guinée (PAG), Mohamed Mansour Kaba, s’est exprimé sur la démolition de Kaporo-rails, dans la commune de Ratoma, par le gouvernement guinéen. Il dénonce le détournement de milliards de francs guinéens destinés au dédommagement des déguerpis de 1998. C’était au cours d’une conférence qu’il a animée ce jeudi, 28 mars 2019 à la Maison de la Presse de Coléah, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Comme beaucoup de leaders politiques guinéens, Mohamed Mansour Kaba dénonce l’impitoyable opération de déguerpissement des habitants de Kaporo-rails. Dans son discours, le président du Parti Panafricain de Guinée (PAG) a rappelé qu’après la casse de 1998, de gros efforts ont été fournis pour dédommager et relocaliser les victimes. Mais, révèle-t-il, ces montants n’ont jamais été payés aux victimes.

« Un comité de pilotage du projet d’aménagement du centre directionnel de Koloma fut créé par arrêté ministériel N° 2882/MUH/SGG/8 du 31 juillet 2008. Ce comité avait pour fonction : la coordination interministérielle et la coordination des opérations de recasement des occupants du site de Koloma.

De gros efforts ont été fournis pour la conformité avec les procédures normales dans ce genre de situation. Un tableau fut dressé pour le calcul des montants à payer aux occupants du site de Koloma. Je me limiterai ici à énoncer le montant actualisé en 2008, à payer aux occupants du site de Koloma et d’autres sites soumis aux mêmes problèmes de déguerpissement.

Montant à payer pour Koloma : 77 milliards 051 millions 414 mille 310 francs guinéens ; autres déguerpis : 8 milliards 015 millions 723 mille 520 francs guinéens. Une grande question reste à poser : le payement a-t-il réglé des dédommagements aux victimes de Koloma, Kipé 2 et autres concernés par ces dédommagements ? Ou bien ces fonds auraient-ils disparus dans les poches profondes de fonctionnaires indélicats ? ».

Par ailleurs, Mohamed Mansour Kaba a indiqué que dans le même décret des zones de recasement furent identifiées. « Ce sont : Gomboya rails, 2 500 parcelles sur 15 hectares ; Gomboya Sud ou Fassia, 750 parcelles sur 50 hectares ; Sanoyah village, 2 500 parcelles sur 150 hectares ; Km 36 ou Souguéta, 750 parcelles sur 50 hectares.

Soit au total 400 hectares pour 6 500 ménages. Ici aussi, l’on ne constate aucun effort du gouvernement pour l’aménagement de ces sites de recasement. Une autre question reste à poser : ces sites de recasement sont-ils encore libres ? »

En outre, Mansour Kaba a dénoncé la manière par laquelle les habitants de Kaporo-rails et de Kipé 2 ont été déguerpis récemment. « Il faut que les guinéens apprennent à respecter la loi. Moi, je connais des situations où les gens viennent démolir une porte autour d’une clôture pour aller construire sur la propriété d’autrui. Cela se fait à Conakry et après, ils comptent sur la justice pour dire que je vais gagner le procès. C’est grave, il faut qu’on respecte les lois ».

Enfin, l’ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat sous la transition s’est exprimé sur le projet portant schéma directeur d’aménagement de Kaloum et des Iles de Loos, Conakry Vison 2040. « Ce projet ne s’intéresse qu’à la commune de Kaloum et aux Iles de Loos. Or, Conakry est constitué par la commune de Kaloum et les quatre autres communes de la banlieue. Il n’est pas question de séparer Kaloum de sa banlieue.

On ne peut pas faire un projet comme ça sans penser au reste de Conakry. Ensuite, nous ne savons pas sur la base de quel critère le bureau d’étude a été choisi, avec quel cabinet guinéen il collabore. Il n’est pas normal qu’un projet aussi important, pour les 100 prochaines années de la Guinée, soit donné de gré-à-gré à un cabinet quel qu’il soit », a laissé entendre Mohamed Mansour Kaba.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Déguerpissement à Kaporo rails, Kipé 2 et Koloma 1 : ce que la CGCPI demande au gouvernement

28 mars 2019 à 17 05 14 03143

L’impitoyable opération de déguerpissement à Kaporo rails, Kipé 2 et Koloma 1, dans la commune de Ratoma, ne laisse personne indifférent. Dans une déclaration rendue publique ce jeudi, 28 mars 2019, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale (CGCPI) a fait savoir qu’elle s’engage auprès du gouvernement guinéen pour traduire en justice tous les fonctionnaires impliqués dans la vente de ces domaines de l’Etat aux citoyens, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au-delà de l’émotion suscitée par la stratégie utilisée par le gouvernement pour casser les maisons des citoyens dans ces quartiers, l’opinion s’est indignée sur le fait que les victimes se soient fait avoir par les cadres qui leur ont vendu ces domaines. De nombreux guinéens ont réclamé des enquêtes pour situer les responsabilités.

C’est dans cette logique que s’inscrit la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale (CGCPI). Dans une déclaration rendue publique ce jeudi à la Maison de le Presse, la CGCPI demande au gouvernement de prendre en charge les victimes.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégrité de la déclaration :

La Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale ( CGCPI ) rappelle, qu’il y a de cela 21 ans, l’Etat guinéen procédait à une opération de déguerpissement des populations habitant le plateau de Koloma, ce, à des fins de récupération d’un domaine de 267,5 hectares qu’il a déclaré réserve foncière de l’Etat suivant décret N°182/PRG/SGG/89 du 16 octobre 1989, décret modifié et complété par le décret N°211/PRG/SGG/89 du 23 novembre 1989 portant création de réserves foncières au profit de l’Etat et autorisant l’ouverture de routes à Conakry…

A l’époque, le dossier Kaporo-rails avait fait l’objet d’une forte campagne de récupération politique et d’instrumentalisation dont le résultat avait débouché sur des actes de violences qui ont été accompagnés par de nombreux cas de violation des droits de l’Homme, notamment l’usage abusif de la force, des arrestations et détentions arbitraires et des scènes de tortures sur des opposants au régime de la deuxième République de feu Général Lansana Conté. Les tristes souvenirs de cette action sont encore présents dans les mémoires de tous les guinéens.

Pourtant, si l’Etat doit récupérer des domaines occupés par ses citoyens, il est de son devoir d’utiliser des procédures légales et humaines tout en intégrant la dimension droits humains dans la manière d’opérer.

Or, notre organisation constate que les agents de l’Etat ont effectué cette opération de déguerpissement dans la violence et le mépris à l’égard de ses propres citoyens, alors que toute action politique doit être entreprise pour améliorer le cadre de vie des populations et non le dégrader.

Dans cette opération de déguerpissement, d’après les victimes, la situation provisoire se présente de la manière suivante : 924 concessions détruites, 12.324 personnes concernées dont 1224 élèves, 13 écoles, 14 lieux de cultes. Il faut également relever un certain nombre de blessés suite aux exactions des forces de sécurité. Le cas de Madame Aissatou Bella Diallo, qui a été atteinte gravement au niveau de son visage, est illustratif.

Une telle attitude des forces de sécurité viole les dispositions de l’article 141 de notre Constitution du 07 mai 2010 qui dispose que : « Les forces de défense et de sécurité sont républicaines. Elles sont au service de la nation. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile. Nul ne doit les détourner à ses fins propres »

Pourtant, force est de reconnaître que depuis le déguerpissement de 1998, le gouvernement guinéen n’a presque rien entrepris en vue de viabiliser entièrement les lieux en y édifiant des constructions d’utilité publique. Durant toutes ces années, le site est resté dans un état de délabrement que des cadres de l’Etat et de la commune ont exploité à leurs fins personnelles.

Pour preuve, en plus de quelques bâtiments qui avaient été épargnés lors la démolition des constructions en 1998, des citoyens guinéens exerçaient des activités économiques qui leur permettaient de gagner dignement leur vie et ceux-ci versaient mensuellement de l’argent à des personnes qui n’avaient aucun droit de tirer profit du site.

Cependant, l’Etat n’a jamais cherché à poursuivre et sanctionner ces cadres véreux qui se sont servis du site alors que l’argent généré par son exploitation aurait servi à recaser quelques citoyens affectés par le déguerpissement sur d’autres parties du territoire national.

Par ailleurs, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale rappelle que le logement est un droit fondamental de l’homme que l’Etat a le devoir de promouvoir s à travers une politique permettant la construction de logements sociaux en faveur de ses travailleurs et de ses citoyens.

C’est pourquoi, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale, soucieuse de la protection des droits des populations face à tous les excès des pouvoirs publics, interpelle le gouvernement guinéen sur ses obligations internationales en matière de promotion des droits humains notamment le droit au logement, à la santé, à l’emploi et à l’éducation, droits reconnus par notre Constitution du 07 mai 2010 en ses articles 5 à 26. En la matière, les articles 15,19, et 23 de la Constitution prévoient respectivement que :

« Chacun a droit à la santé et au bien-être physique. L’Etat a le devoir de les promouvoir, de lutter contre les épidémies et les fléaux sociaux » (article 15)

« La jeunesse doit être particulièrement protégée par l’Etat et les collectivités contre l’exploitation et l’abandon moral, l’abus sexuel, le trafic d’enfant, et la traite humaine. Les personnes âgées et les personnes handicapées ont droit à l’assistance et à la protection de l’Etat, des collectivités et de la société. La loi fixe les conditions d’assistance et de protection auxquelles ont droit les personnes âgées et les personnes handicapées ». (Article 19)

« Il assure l’enseignement de la jeunesse qui est obligatoire » (articles 23 alinéa 8)

« Il crée les conditions et les institutions permettant à chacun de se former » (articles 23 alinéas 9).

Parlant des instruments juridiques internationaux, et à titre purement illustratif, les articles 26 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948, 12 et 13 du Pacte International Relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturelles des Nations Unies du 16 décembre 1966 disposent respectivement que :

« Toute personne a droit à l’éducation. L’éducation doit être gratuite au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental. L’enseignement élémentaire est obligatoire » (article 26 de la Déclaration universelle).

« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale… » (Article 12 du Pacte de 1966)

« Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à l’éducation… » (Article 13 du Pacte de 1966)

La CGCPI rappelle au Gouvernement qu’aucune situation d’exception ou d’urgences ne doit justifier les violations des droits humains (article 6 de la Constitution).

Pourtant, les opérations de déguerpissement des populations de Kaporo-rails et de Kipé2 risquent d’empêcher beaucoup d’enfants de continuer leurs études car la priorité de leurs parents est comment se trouver un nouveau logement.

Ces enfants des familles déguerpies sont aussi protégés par le code de l’enfant et la convention internationale relative aux droits de l’enfant. Il est du devoir de l’Etat de créer les conditions pour leur permettre de continuer leurs études.

La Coalition Guinéenne pour la Cour pénale internationale interpelle également le gouvernement sur la nécessité de publier les preuves d’indemnisation des populations qui se sont installées sur le site de Kaporo-rails et de Kipé II avant 1989, et d’indemniser celles qui n’ont pas été indemnisées, ce, conformément à l’article 04 du décret N°211/PRG/SGG/89 du 23 novembre 1989 précité et l’article 1 de la Constitution du 07 mai 2010 : « Le droit de propriété est garanti. Nul ne peut être exproprié si ce n’est dans l’intérêt légalement constaté de tous et sous réserve d’une juste et préalable indemnité».

L’Etat, caractérisé par le principe de la continuité, et les archives disponibles, un tel exercice rétablirait la confiance perdue chez les citoyens de Kaporo-rails et prouverait à l’opinion nationale et internationale le caractère légal de l’opération de déguerpissement.

La Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale souhaite que l’affaire Kaporo-rails et de Kipé II inspire le Gouvernement dans les prochaines étapes de récupération de ses autres réserves foncières pour éviter une démultiplication de la frustration.

La CGCPI s’engage à agir auprès du Gouvernement guinéen pour traduire en justice tous les fonctionnaires qui seraient impliqués dans des activités de corruption liées aux attributions et cessions des parcelles dans la zone de Kaporo-rails et de Kipé II, car les crimes économiques sont imprescriptibles, comme le prévoit le Préambule de notre Constitution du 07 mai 2010 : « Le peuple de Guinée réaffirme…..sa volonté de promouvoir la bonne gouvernance et de lutter résolument contre la corruption et les crimes économiques. Ces crimes sont imprescriptibles ».

En considération de tout ce qui précède, la Coalition Guinéenne pour la Cour Pénale Internationale demande à l’Etat guinéen :

-De procéder au recasement et à l’indemnisation des populations victimes du déguerpissement de Kaporo-rails, de Kipé II et Koloma,

-D’allouer aux familles déguerpies de moyens matériels et financiers leur permettant de faire face aux besoins humanitaires fondamentaux y compris les études des enfants qui sont à l’approche de leurs examens,

-De réfléchir en vue de l’organisation, dans les meilleurs délais, d’une conférence nationale sur le foncier en République de Guinée.

-De promouvoir et ou vulgariser, en français et en langues nationales, les textes fondamentaux régissant le foncier en Guinée, notamment le Code civil, le Code foncier et domanial, le Code minier, le Code révisé des collectivités locales, le Code de l’habitat, le Code de la construction

Aux partenaires bis et multilatéraux de la Guinée

-D’assister la Guinée afin de trouver des solutions équitables par rapport au foncier dans notre pays ;

Aux organisations de la société civile et aux associations de victimes

-D’œuvrer pour la promotion et la protection des droits de l’homme en la matière.

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Déguerpissement à Kaporo Rails et Kipé 2 : « c’est sauvage », dit un élu de l’UPR

18 mars 2019 à 9 09 38 03383

Elhadj Mamadou Kaaly Bah, le maire de la commune rurale de Gongoré, dans la préfecture de Pita, est préoccupé par le déguerpissement en cours à Kaporo Rails et Kipé 2, à Conakry. L’élu de l’UPR s’est prononcé sur le sujet à l’occasion d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com et d’autres médias.

Visiblement révolté par ce qui se passe à Kaproro Rails et Kipé 2 où des milliers de personnes ont été déguerpies et leurs maisons démolies, Elhadj Mamadou Kaaly Bah estime que l’Etat avait d’autres moyens d’action pour ne pas en arriver là.

« Ce qui se passe à Kaporo Rails n’est pas correcte, ce n’est pas normal. L’Etat aurait pu utiliser d’autres méthodes, puisqu’un Guinéen est égal à un Guinéen. Ce qui s’est passé à Kaporo Rails, c’est sous les yeux de l’Etat. L’Etat avait tous les moyens de sécuriser son domaine et d’empêcher que les gens ne viennent y mettre leurs petites économies, accumulées des dizaines d’années durant.

Mais l’Etat a laissé faire. Même si c’est illégal, il a laissé faire. Or, il avait l’obligation d’empêcher les gens de s’y installer. Mais voilà, ce qui se passe, c’est sauvage. C’est de la carence de l’Etat. Il est le premier responsable et le seul responsable d’ailleurs », a-t-il déclaré.

Face à cette situation, il dit comprendre l’impuissance de son leader, Elhadj Ousmane Bah, ministre conseiller à la présidence de la République, qui n’a rien pu faire pour empêcher ces dégâts. « Je suis témoin de certaines démarches qu’il (Bah Ousmane) a effectuées.

Il a reçu devant moi des délégations des habitants de Kaporo Rails. Je suis sûr qu’il n’a rien pu faire, c’est pourquoi ces destructions sauvages ont eu lieu », a dit le maire de Gongoré.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

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Guinée : le RPG encourage les démolitions des habitations à Kaporo Rails et Kipé2

16 mars 2019 à 17 05 44 03443

L’initiative du régime Alpha Condé qui consiste à chasser les populations de Kaporo Rails et Kipé2 (à Conakry) et de démolir leurs maisons a largement été commentée à l’assemblée générale hebdomadaire du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel, ce samedi, 16 mars 2019. A tour de rôle, les responsables du parti d’Alpha Condé ont clamé leur soutien au gouvernement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Contrairement à l’opposition qui a vigoureusement dénoncé le déguerpissement des habitants de Kaporo Rails et de Kipé 2, la mouvance présidentielle, elle, approuve et salue même la démarche du gouvernement guinéen.

Bangaly Camara

C’est l’ancien maire de Kankan, Bangaly Camara, qui s’est exprimé en premier sur le sujet au cours de l’assemblée générale du RPG Arc-en-ciel, ce samedi, 16 mars 2019. « L’Etat est une continuité, ce problème dont il s’agit a été créé depuis 1989 par un décret du président Lansana Conté. C’est à cette occasion qu’on a parlé de la route Le Prince. La route le Prince n’était pas comme ça. C’est après ça que la route Le Prince a été créée et la zone de Kaporo Rails a été retenue pour les zones ministérielles. En ce moment, il n’y avait pas RPG, il n’y avait pas UFDG. Mais, aujourd’hui, on est en train de renverser les choses, cacher la vérité et faire prévaloir les humeurs. C’est très grave quand je vois des intellectuels, des cadres qui sont appelés à rendre service à leur pays, de façon loyale, qui sont en train de déranger, de dérouter. Kaporo Rails, c’est une zone qui a été réservée depuis 1989, il n’y avait pas de concessions là-bas, il n’y avait pas d’étages. Si aujourd’hui, il y a étage, il y a maison, il y a tout, c’est parce que les gens n’ont pas respecté la loi. Or, Alpha Condé est un homme de loi, de principes. Quand je prends les gens qui disent c’est parce que ce sont les militants de l’UFDG qui sont là-bas, ça c’est quoi ? Est-ce que c’est honnête ? Ceux qui disent que c’est pour des raisons politiques, qu’ils se détrompent. Ce n’est pas ça, c’est pour donner une visibilité à notre capitale », a dit Bangaly Camara, ancien maire de Kankan.

Saloum Cissé

Abondant dans le même sens, l’honorable Saloum Cissé, secrétaire général par intérim du RPG Arc-en-ciel et premier vice-président de l’Assemblée nationale, a laissé entendre que « d’ici jusqu’à Coyah, il y a un plan cadastral. Si quelqu’un veut construire, il n’a qu’à se donner la peine de venir à Coléah, il y a un service spécialisé dans ça pour constituer les documents de base. Et là, il sera rassuré de savoir quels sont les domaines de l’Etat qui sont disponibles ou des zones qui sont à réserver. Mais très souvent, quand les gens viennent que ça soit de l’intérieur ou de l’extérieur, souvent on les trompe pour leur donner des terrains. Donc, il faut éviter cela. Il n’y a pas une seule ethnie là-bas, moi j’ai la famille d’un de mes amis qui est là-bas. Il y a toutes les ethnies. Cessez de réfléchir en malinké, cessez de réfléchir en peulh, en soussou, en forestier, réfléchissez en pur guinéen. Ce pays est un acquis commun », a lancé Saloum Cissé, vice-président de l’Assemblée nationale.

Hady Barry

Emboîtant les pas de ses prédécesseurs, Hady Barry, secrétaire général du ministère de la Coopération et de l’Intégration africaine, a tiré à boulets rouges sur certains opposants, qu’il accuse de communautariser le débat politique. « Tout leader politique qui cherchera à instrumentaliser une ethnie pour accéder au pouvoir, ne sera jamais au pouvoir en République de Guinée. Lorsqu’on est leader politique, on doit voir grand, on doit voir la Guinée dans sa diversité. Ceux qui parlent, je pense que ce sont eux qui ont gouverné la Guinée pendant des années. Aujourd’hui, un habitant de Ratoma qui veut se rendre à Kaloum pour travailler, il passe combien d’heures ? Moi je passe le matin 3 heures 45 minutes pour arriver au travail et le soir je passe 3 heures pour rentrer. Ça fait 6 heures et ça c’est le quotidien de tous les Guinéens. Est-ce qu’il n’est pas nécessaire aujourd’hui de construire un endroit où les Guinéens pourront satisfaire leurs besoins avec moins de problème ? Tout leader raciste qui cherchera à utiliser l’ethnocentrisme pour arriver au pouvoir, n’arrivera jamais au pouvoir, retenez cela. Ce qu’on attend des leaders politiques, c’est de parler au nom de la Guinée. S’il y a des problèmes, ils posent les problèmes correctement et trouvent des solutions. Mais, en instrumentalisant les uns contre les autres, je ne vois pas comment tu pourras régler les problèmes de toute la Guinée, comment tu pourras avoir le suffrage des Guinéens pour accéder au pouvoir un jour. Alors qu’on fasse très attention nous politiciens. On a longtemps trompé le peuple de Guinée en l’opposant pour des intérêts particuliers. Mais il arrivera un moment où tout raciste ne pourra jamais accéder au pouvoir en Guinée. A bon entendeur salut ! ».

A noter cette assemblée générale du RPG Arc-en-ciel a été marquée aussi par l’adhésion de 250 jeunes présentés comme étant des anciens militants de l’UFDG qui ont rejoint le parti au pouvoir. Ils sont regroupés au sein d’une structure dénommée « Mouvement Alpha reste ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Déguerpissement à Kipé 2 : des gendarmes accusés d’avoir tiré sur deux jeunes

16 mars 2019 à 10 10 57 03573

L’opération de déguerpissement commence à prendre des tournures violentes à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma. Deux conducteurs de mototaxis ont été blessés par balles, dans la soirée d’hier vendredi, 15 mars 2019, dans la zone de Kipé 2, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le déguerpissement en cours à Kipé 2 ne touche pas que les réalisations sur le terrain. Désormais, l’on s’en prend physiquement à des citoyens. Deux jeunes conducteurs de mototaxis ont été blessés par balles vendredi soir sur les lieux. Les victimes sont Amadou Lamarana Sow, dit Messi, âgé de 22 ans et originaire de la sous-préfecture de Porédaka, dans la préfecture de Mamou ; et Oumar Bah, âgé de 18 ans, originaire de Gongoré, dans Pita. Les deux ont été blessés par balles respectivement à la hanche et au pied.

Des témoins de la scène ont confié à notre reporter que c’est dans un échange de jets de cailloux et de gaz lacrymogène entre jeunes et gendarmes que les faits se sont produits. Selon Mamadou Diouma Barry, taxi-motard et étudiant en Sociologie à l’Université de Sonfonia, « nous, nous étions à notre place où nous garons nos motos. Nous avons vu les gendarmes, qui font le déguerpissement, et certains jeunes, échanger des cailloux contre du gaz lacrymogène. C’est ainsi que les gendarmes ont commencé à tirer à bout portant sur les gens.

Nous avons entendu deux à trois balles. Moi, j’ai pris la fuite et tant d’autres aussi ont pris la fuite. C’est pendant ce temps que j’ai entendu Amadou Lamarana Sow crier en disant qu’on lui a tiré dessus, appelant au secours. Dans un premier temps, on a cru que c’est sous l’effet de la peur. Finalement, on a compris qu’il a reçu une balle. Un d’entre-nous est venu le prendre. Nous l’avons envoyé à l’hôpital Jean Paul 2 ».

Interrogé par notre reporter, Mamadou Moussa Sow, le père du jeune Amadou Lamarana Sow, s’est dit très inquiet pour son fils. « On a tiré sur mon fils alors qu’il était assis sur sa moto. Il n’était mêlé à rien. Et c’est les gendarmes qui lui ont tiré dessus à Kakimbo, là où ils démolissaient les bâtiments dans la zone de Kipé 2, vers les rails. Aujourd’hui, je ne sais plus quoi faire.

La terre chauffe, on ne peut pas monter au ciel. Au moment où tout le monde se préoccupe de la démolition des habitations des gens, on tire sur mon enfant, je n’ai pas de moyens pour le soigner. La situation de mon fils m’inquiète. Je demande l’aide des bonnes volontés pour pouvoir soigner mon enfant », a lancé monsieur Sow.

Le deuxième blessé qui reçu une balle au niveau du pied, se nomme Oumar Bah, âgé de 18 ans. Arrivé à l’hôpital Jean Paul 2, il a été aussitôt pris en charge. Son père, Fodé Bah, présent sur les lieux, a regretté l’attitude des médecins. « J’ai été informé par coup de téléphone qu’on a tiré sur mon fils quand j’étais au grand marché de Madina. Rapidement, je me suis rendu ici à l’hôpital Jean Paul 2 pour m’enquérir de son état. A mon arrivée, j’ai demandé si son pied est cassé, ils m’ont qu’ils sont en train de faire la radio.

C’est après les résultats qu’ils sauront s’il est cassé ou non. Longtemps après ils m’ont dit que la radio n’a pas réussi, qu’ils vont reprendre encore. Pour la première fois, on m’a fait payer 70 mille francs guinéens. Ils ont repris pour une deuxième fois, qui a réussi. Ils m’ont dit, selon la pellicule, que le pied n’est pas fracturé et la balle n’est pas dedans. Ils ont prescrit une ordonnance qui coûte 393 mille francs.

Ils ont dit qu’ils ne vont pas le toucher tant que ce montant n’est pas au complet. Je leur ai dit de le traiter et que j’enverrai le reste. Ils ont dit non. Maintenant, le sang continue à couler du pied de mon fils. Que faire ? Je demande à tout le monde de m’aider. Je crains fort pour le pied de mon enfant », a dit le vieil homme.

Malgré nos multiples tentatives, les médecins se sont abstenus de tout commentaire sur l’état des blessés.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Déguerpissement à Kipé 2 : témoignage émouvant d’une veuve, mère de 6 enfants

15 mars 2019 à 17 05 54 03543

L’impitoyable démolition en cours à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commue de Ratoma, a plongé les victimes dans la désolation. Parmi ces victimes, qui se comptent par milliers, le cas de madame Mouminatou Barry est exceptionnel. Veuve et mère de sept (6) enfants, la bonne femme est aujourd’hui désemparée après le passage des bulldozers du ministre, Dr Ibrahima Kourouma.

Dans un entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, ce vendredi 15 mars 2019, madame Mouminatou Barry, refugiée chez son frère à Kissosso, est revenue sur sa mésaventure.

Depuis quelques jours, les bulldozers du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire sont en action à Kaporo Rails et Kipé 2, des zones dites réserves foncières de l’Etat. Les populations de cette zone de Conakry ont été humiliées et chassées de leurs habitations par les autorités guinéennes sans aucune mesure d’accompagnement.

Parmi ces victimes, figure Mouminatou Barry, veuve et mère de six enfants, dont des élèves. Refugiée chez son frère à Kissosso, dans la commune de Matoto, elle ne sait plus à quel saint se vouer. « Mon feu mari avait construit des maisons pour nous à Kipé 2 vers les années 1998. Il s’agit d’un appartement de quatre chambres et salon, une douche et un magasin et un autre appartement de deux chambres et salon et une douche interne.

Vous remarquerez la tristesse dans laquelle je suis aujourd’hui. Mon mari est décédé il y a sept (7) ans, me laissant avec six enfants, dont certains sont à l’école. Aujourd’hui, mes enfants ne fréquentent plus l’école, la famille s’est éparpillée. Moi, je suis chez mon frère ici à Kissosso. Nous avons tout perdu, même nos places où nous vendions ont été détruites », a-t-elle dit, pleine de tristesse.

Devant les difficultés qu’elle connait aujourd’hui, Mouminatou Barry, très éprouvée et malade, demande l’appui des bonnes volontés. « Depuis la casse des maisons à Kipé 2, je suis très malade. J’ai subi un choc qui m’a rendu malade. Nous avons été victime d’une injustice. Nous implorons la grâce divine. Nous nous en remettons à Dieu pour l’injustice dont nous avons été victime de la part du gouvernement. Toute aide qui viendra des personnes de bonne volonté nous réjouira ».

Interrogé par notre reporter, Mamadou Dian Barry, frère ainé de madame Mouminatou Barry, a dit avoir appris avec douleur la casse du domicile de sa sœur. « Je suis un peu âgé aujourd’hui et je n’ai pas assez de moyens. Moi-même je suis en location ici à Conakry. Mais, ma sœur a eu un malheur, il est de mon obligation de la recevoir.

Nous allons manger ce que nous avons. C’est en Sierra Leone que son époux vivait, c’est de là-bas qu’il est venu construire. Il est mort, si le gouvernement n’a pas eu autre choix de venir casser leur maison, nous nous remettons au bon Dieu, seul Lui pourra effacer cette injustice », a-t-il laissé entendre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Déguerpissement à Kaporo Rails et Kipé 2 : le projet d’Alpha Condé contre une réoccupation

14 mars 2019 à 20 08 29 03293

Selon le compte rendu du conseil des ministres de ce jeudi, 14 mars 2019, le chef de l’Etat a laissé transparaître son inquiétude que les populations chassées de leurs habitations à Kaporo Rails et Kipé 2 réoccupent les lieux. Mais, dans ce communiqué, Alpha Condé et son Gouvernement n’annoncent aucun autre déguerpissement dans les autres zones réservées de l’Etat à Conakry (Sig Madina, Casse, etc.), contrairement à ce que pensaient certains compatriotes…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité du compte rendu du conseil des ministres de ce jeudi :

Conakry, le 14 Mars 2019 – Sous la présidence de son Excellence Monsieur le Président de la République, le Conseil des Ministres a tenu sa session ordinaire ce jeudi, 14 mars 2019 avec l’ordre du Jour suivant :

I. MESSAGE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

II. COMPTE RENDU DES SESSIONS ORDINAIRES DU CONSEIL INTERMINISTERIEL DES 5 ET 12 MARS 2019

Au titre du premier point de l’ordre du jour

Monsieur le Président de la République a instruit les Ministres concernés d’informer largement l’opinion sur les causes, les motivations et les objectifs visés par les opérations de déguerpissement en cours dans la capitale. Il a particulièrement insisté sur la nécessité d’anticiper, à l’avenir, sur les occupations illicites des domaines publics en empêchant l’installation de citoyens sur des espaces réservés. Il a également mis l’accent sur l’urgence d’entreprendre, sur les terrains récupérés, des travaux de réalisation d’infrastructues ou, à tout le moins, de sécurisation des , afin d’en éviter la réoccupation. Par ailleurs des enquêtes doivent être diligentées afin d’identifier les cadres de l’administration et des services décentralisés a la base de la cession indue de certaines parcelles afin de donner des suites administratives et judiciaires à ces délits.

Le Chef de l’Etat a invité à la reforme et au renforcement des brigades publiques chargées de veiller sur les espaces publics et en particulier interdire et empêcher l’occupation des domaines publics maritimes, le remblayage des bordures de mer, la destruction de la mangrove et la réalisation de constructions anarchiques au mépris des plans d’urbanisation des villes

Le Président de la République a instruit les services compétents de procéder à une large diffusion de la liste des réserves foncières de l’Etat dans le but d’en prévenir l’appropriation illicite

Le Chef de l’Etat a décidé de la mise en place d’une commission assistée d’experts, pour la réalisation d’un véritable diagnostic du secteur énergétique afin d’en faire un état des lieux objectif et proposer des inflexions pertinentes de notre politique énergétique ainsi que des stratégies permettant à la fois de faciliter l’atteinte de la couverture intégrale des besoins énergétiques et de réduire de manière significative, l’ampleur des subventions dédiées à ce secteur

Le Chef de l’Etat a invité les autorités publiques à soutenir vigoureusement la production locale, notamment les fabrications artisanales en amenant l’Etat à acheter directement ses biens de consommation et d’équipements aux producteurs eux-mêmes afin d’éviter les manœuvres spéculatives de certains intermédiaires commerciaux

Le Président de la République a rappelé aux Ministres économiques et financiers l’impérieuse nécessité de diligenter lesdépenses liées à la mise en œuvre des projets dans les secteurs prioritaires comme la santé, l’éducation, l’assainissement, la sécurité, l’éducation, l’eau, l’électricité, le transport, etc…

Le Président de la République a rappelé l’importance d’un fonctionnement normal du système judiciaire qui demeure le substrat sur lequel peut se construire toute politique de développement économique et social. Il a particulièrement insisté sur l’application effective des décisions de justice en particulier lorsqu’elles ont acquis l’autorité de la chose jugée

AU TITRE DU DEUXIEME POINT DE L’ORDRE DU JOUR

Le Conseil a entendu successivement

Le Ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui a informé du bon déroulement de l’opération de déguerpissement et de récupération des domaines de l’Etat en cours à Conakry, avec la compréhension et l’accompagnement des personnes concernées, lesquelles avaient reçu auparavant des délais raisonnables en termes de préavis.

Il a salué l’attitude responsable des agents en uniforme, qui, sans heurts ni brutalité, s’acquittent honorablement de leur mission.

A la lumière de cette explication qui a suscité des questions et commentaires, le Conseil a formulées les recommandations suivantes :la poursuite de l’opération de déguerpissement à Kaporo Rails ainsi que dans toutes les zones concernées par le programme de récupération des domaines spoliés de l’Etat, dans le strict respect des droits des personnes à déguerpir ;
l’observation du principe d’équité dans la conduite de l’opération de déguerpissement assorti de délai de préavis suffisant ;
l’établissement et la publication d’un programme de déguerpissement à court, moyen et long terme assorti d’un plan d’occupation des zones libérées ;
la publication de la liste des réserves foncières de l’Etat et de leur plan de sécurisation ;
l’identification de tous les agents publics des administrations centrales, déconcentrées et décentralisée responsables de la vente illégale des domaines de l’Etat et l’application à leur encontre de sanctions disciplinaires sans préjudice de poursuites judiciaires.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts qui a fait une communication relative au Document sur le projet « Initiative Présidentielle pour le Reboisement National ».

Il a indiqué que le projet prévoit de reboiser 1.368 ha de zones dégradées dans les 342 Communes urbaines et rurales de la Guinée en organisant et formant 68.400 jeunes des Plateformes communautaires dans la réalisation des pépinières destinées à l’opération de reboisement.

Il a expliqué que pour la mise en œuvre de ce projet, plusieurs activités seront réalisées, dont entre autres :l’organisation des missions de prise de contacts et d’information avec les autorités locales et les acteurs concernés ;
l’installation des pépinières et la production des plants ;
l’organisation de la compétition nationale dotée du « Trophée de la Préfecture championne du reboisement » ;

Le Ministre a informé que la cérémonie de lancement sera présidée par Son Excellence Monsieur le Président de la République. A cet effet, le site du coup d’envoi portera le nom du Chef de l’Etat.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé la poursuite de l’initiative présidentielle de reboisement.

Le Ministre de l’Energie et de l’Hydraulique qui a fait une communication relative à la présentation du Rapport de synthèse sur le « développement d’un modèle technico-financier pour l’Electricité de Guinée (EDG) dans le cadre du Deuxième Projet de Réhabilitation et d’Extension des Réseaux Electriques de Conakry (PREREC II).

Il a indiqué que l’objectif de la communication est de présenter le « Modèle Physico-Financier » devant servir de matrice pour la détermination des tarifs reflétant les coûts de production et les modalités de son fonctionnement en vue de sa mise en œuvre après approbation du Conseil des Ministres.

Le Ministre a expliqué que le développement d’un modèle physico-financier et tarifaire dynamique comprend trois modules, à savoir :le module de calcul des coûts marginaux à court, moyen et long terme ;
le module de planification financière ; et
le module d’étude de la structure de coûts et des tarifs.

Le Ministre a informé que le diagnostic de la situation actuelle d’EDG révèle les faiblesses suivantes :le manque de capitaux propres ;
la faiblesse du prix de vente moyen de l’électricité qui ne couvre que 30% du coût de revient
le déséquilibre entre les tarifs (Basse Tension et Moyen Tension).
Le recours à des sources d’approvisionnement onéreuses pour compenser l’insuffisance de l’approvisionnement des centrales hydroélectriques ;la facturation au forfait et l’absence de système de comptage généralisé en BT et un délai moyen de recouvrement des factures trop long

A cet effet, il a proposé les solutions, ci-après :revue du système tarifaire ;
mise en œuvre d’approvisionnement d’énergie à moindre coût ;
lutte contre la fraude ;
installation de compteurs chez les abonnés pour lutter contre la facturation forfaitaire ;
amélioration du recouvrement des créances clients.

Au terme des débats, Le conseil a demandé au Ministre de faire le point de la situation réelle des subventions dues à EDG et la présenter à une prochaine session.

Le Ministre d’Etat en charge des Transports qui a fait le compte rendu de l’organisation du Hadj en Guinée.

Le Ministre a indiqué que suite aux différents constats et leçons tirés de l’organisation du Hadj ces dernières années, notamment en 2018, plusieurs acteurs impliqués dans le domaine du Hadj, ont souhaité l’organisation d’un cadre de concertation pour discuter des causes et proposer des solutions aux insuffisances récurrentes en vue d’une qualification rapide du pèlerinage islamique pour les guinéens.

Le Ministre a souligné que l’objectif général de la journée nationale sur le Hadj prévue les 19 et 20 mars 2019, est d’améliorer les opérations et prestations liées au pèlerinage.

A ce titre, il sera spécifiquement question de :présenter le processus de l’organisation du Hadj en Guinée ;
partager les expériences et certains vécus des uns et des autres ;
rappeler les rôles du Secrétariat Général des Affaires Religieuses, des Agences privées, de la Commission Nationale d’appui à l’organisation du Hadj ;
identifier les difficultés et contraintes à la promotion d’une bonne organisation du Hadj ;
faire des recommandations appropriées tenant compte de l’évolution des contextes guinéen et saoudien ;
proposer un chronogramme et calendrier de mise en œuvre des mesures retenues pour le Hadj 2019 et les Hadj à venir.

Au terme de l’exposé, le conseil a recommandé que la commission accélère la réflexion et la concertation pour appuyer le SGAR dans l’organisation du hadj 2019.

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a soumis pour examen le projet de décret portant création, organisation, fonctionnement et mode de gestion d’un Fonds pour l’Environnement et le Capital Naturel en remplacement du Fonds de Sauvegarde de l’Environnement et du Fonds Forestier National.

Le Ministre a soutenu que le dysfonctionnement de ces fonds limite considérablement, les chances du pays à accéder à des fonds alternatifs sur l’environnement comme le Fonds Vert Climat dont bénéficient déjà certains pays de la sous-région.

Au regard des faiblesses constatées, le Ministère a fait réaliser avec l’appui de l’Union Européenne, un audit institutionnel et organisationnel des deux Fonds. Il ressort des recommandations de cet audit, la création d’un fonds unique doté de tous les organes et outils de gestion opérationnels.

C’est dans ce contexte, que s’inscrit le besoin d’une fusion de ces deux fonds, afin de tenir compte des principes élémentaires de bonne gouvernance dans leur gestion, et de les aligner sur les instructions de la législation actuelle.

Au terme des débats, le Conseil a décidé de l’adoption du projet de Décret. Le conseil a également demandé qu’un audit des deux fonds soit effectué avant leur fusion afin de s’assurer de leur gestion antérieure

Le Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts a également présenté une communication relative à la dotation en vivres de Corps Paramilitaire et Conservateurs de la Nature.

Il a sollicité l’appui du Conseil pour soutenir et approuver la mesure qui consiste à ravitailler le Corps paramilitaire des Conservateurs de la Nature en vivres à l’image des autres forces de défense et de sécurité.

Il a justifié qu’en raison du fait que les Gardes Forestiers travaillent souvent dans des conditions d’éloignement des agglomérations, des marchés, des services de santé et d’autres services de base, l’Etat a décidé de leur attribuer une dotation mensuelle en vivres à travers des Arrêtés pris depuis 2013.

A date, l’effectif des Conservateurs de la Nature est de 2 779 cadres et agents Au terme de l’exposé, le Conseil a recommandé qu’un Etat des lieux et un diagnostic complet de leurs activités soient auparavant réalisés

Le Ministre des Hydrocarbures qui a fait une communication relative à la nécessité de promouvoir la consommation du gaz butane en Guinée comme solution alternative à la coupe abusive du bois.

Il a indiqué que la République de Guinée fait face aujourd’hui à de nombreux défis environnementaux fortement interconnectés. La pression croissante exercée sur les ressources forestières pour la satisfaction d’une demande en bois-énergie pourrait mettre en péril les politiques et stratégies de lutte contre la déforestation conformément aux engagements pris par notre pays à la COP21 pour la mise en œuvre de la Convention des Nations-Unies sur les Changements Climatiques ainsi que l’Accord de Paris.

Il a souligné que malgré le caractère approximatif des statistiques disponibles, il ressort de façon concordante que le capital forestier de la Guinée est largement entamé depuis les années 80 avec un rythme de régression des superficies forestières estimées à 35 000 hectares par an. Le prélèvement de bois pour les besoins énergétiques nationaux, estimé à 7 millions de tonnes par an, constitue une des causes de surexploitation des ressources ligneuses autour des centres urbains.

Pour faire face à cette problématique, le Gouvernement sur instructions de SEM le Président de la République, envisage de promouvoir l’utilisation généralisée du gaz butane en Guinée, dans le but de réduire et supprimer à terme l’utilisation du bois énergie dont la production a un effet dévastateur sur l’Environnement. Le Ministre a dénoncé qu’en Guinée, l’un des obstacles majeurs à la percée du gaz butane a toujours été l’absence d’une politique de l’Etat visant à soutenir ce produit. Le marché guinéen du gaz est très faible (1 500 TM par an environ) comparé à celui des pays voisins.

Le prix du gaz hors portée du revenu moyen des ménages explique le retrait du marché guinéen sur celui des voisins. Le prix de 120 000 FG pour une bouteille de gaz de 6 KG étant hors portée du revenu moyen des ménages et en même temps largement décalé du prix d’un sac de charbon se négociant dans la fourchette de 25 000 FG à 35 000 FG, il est important pour le Gouvernement de songer subventionner l’usage du gaz domestique par la mise en place d’un Fonds d’Appui promotionnel dédié à cet effet.

Au terme des débats, le Conseil a donné son soutien au Ministre et recommandé :la création un Fonds d’appui à la promotion de l’utilisation du gaz domestique et
la mise en place d’une Commission Interministérielle devant concevoir et promouvoir la stratégie accélérée de substitution du gaz butane au bois de chauffe, qui rendra compte mensuellement au conseil de l’évolution de ses travaux.
L’exploration des possibilités de coopération avec des pays comme le Nigeria et le Quatar, grands exportateurs de Gaz Naturel Liquéfié en vue de négocier des prix plus avantageux.

Le Ministre Secrétaire Général du Gouvernement a présenté les Termes de Référence d’un Atelier Gouvernemental prévu à Bel-Air (Boffa)

Il a précisé que la stratégie proposée, vise à définir et à mettre en œuvre des mécanismes, des principes et des modalités de fonctionnement appropriés, dans le but de parvenir à une meilleure :planification du développement ;
organisation du travail gouvernemental ;
coordination efficace de l’action gouvernementale ;
programmation et suivi efficace des politiques publiques ;
gestion du pilotage des réformes sectorielles ;
harmonisation et intégration des stratégies sectorielles.

Le Ministre a indiqué qu’il s’agit de jeter les bases d’une culture de bonne pratique légistique et de communication intra et extra gouvernementale de nature à démontrer des capacités à soutenir les mécanismes de coordination

Il a soutenu que la mise en œuvre des différentes réformes engagées par le Gouvernement dans divers domaines économique, politique, scientifique et socio- culturel conduit à une intense activité normative et de communication constituant ainsi un enjeu de gouvernance publique.

Il a annoncé que les principaux résultats attendus sont :

Au terme de l’exposé, le Conseil a :approuvé la tenue de l’atelier des Secrétaires Généraux des Ministères, des hauts cadres de la Présidence, de la Primature et du Secrétariat General du Gouvernement à la date des 25 et 26 Mars 2019 ;décidé de tenir l’Atelier Gouvernemental au mois d’avril 2019.

3.4. Le Ministre en Charge des Investissements et des Partenariats Publics Privés a fait une communication relative à l’organisation du Premier Salon des Entrepreneurs de Guinée, du 13 au 14 mars 2019.

Il a indiqué que l’objectif duSalon des Entrepreneurs de Guinée‘‘SADEN’’estde promouvoir les opportunités liées à l’entrepreneuriat, de communiquer sur les réformes engagées par l’Etat, de réfléchir sur les conditions d’émergence d’une classe dynamique d’entrepreneurs nationaux. Il est également un salon international et un cadre de partage d’expériences et d’accès à l’intelligence commerciale.

Le Ministre a rappelé que depuis huit (8) ans, le Gouvernement sous l’impulsion du Président de la République le Professeur Alpha Condé s’est engagé dans une série de réformes pour améliorer le climat des affaires et rendre notre secteur privé plus compétitif. Des réformes juridiques et règlementaires nous ont valu une reconnaissance sur le plan international avec une progression constante au classement Doing Business de la Banque mondiale, et au niveau de l’indice de compétitivité du Forum économique mondial.

Le Ministre a précisé que le SADEN organisera aussi le « PRIX SADEN du Meilleur entrepreneur de l’année » et le « Concours du Meilleur jeune entrepreneur de l’année » qui récompenseront les projets novateurs portés par des entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs guinéens.

Au terme de l’exposé, le Conseil a apprécié la pertinence et l’importance de cette plateforme d’échanges et de réseautage en matière d’entreprenariat en Guinée

Avant de lever la séance, le Président de la République a donné au Conseil de larges informations sur la situation nationale et internationale.

Le Conseil des Ministres

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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Déguerpissement à Kipé 2 : les victimes ne peuvent que constater les dégâts

13 mars 2019 à 18 06 11 03113

Les bulldozers du ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire continuent de casser tout sur leur passage au quartier Kipé 2, dans la commune de Ratoma. Depuis hier mardi, de nombreux bâtiments sont démolis, plusieurs autres attendent leur tour. Pendant que les machines se rapprochent, les familles s’activent ce mercredi, 13 mars 2019, à plier bagages, décoiffer les toitures, démonter portes et fenêtres, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La récupération du centre directionnel de Koloma se poursuit avec des victimes plus que jamais désemparées. Après le passage des bulldozers à Kaporo Rails, l’impitoyable déguerpissement se poursuit dans la zone de Kipé 2.

Les victimes se disent déçues du gouvernement et dénoncent le très bref délai qui leur a été accordé pour évacuer les lieux. Selon Abdourahmane Diallo « nous sommes en détresse. Ceux qui sont censés nous protéger sont en train de démolir nos bâtiments. On est stressé, on est venu nous déguerpir précipitamment. Ceux qui ont eu où envoyer leurs bagages sont partis. Ceux qui n’ont pas eu, dorment dehors ici.

C’est vraiment très dur pour nous. L’État devait nous donner au moins 15 jours pour nous permettre au moins de trouver des logements ailleurs afin qu’on puisse y transporter nos bagages. Mais, il ne nous a donnés que 24 heures. Les gendarmes sont venus hier, ils ont mis les croix sur les bâtiments et nous ont donné 24 heures. Je suis copropriétaire de trois bâtiments ici : un qui a trois salons et six chambres, un autre de quatre chambres et le troisième a 5 chambres, un salon et deux toilettes.

Tout est carrelé et vitré. Les gens sont en train de démonter. Il y a au moins 5 familles qui habitaient ici. Tout le monde a plié bagages. Mais, on s’en remet à Dieu. C’est le seul qui peut régler ce problème. Je demande aux citoyens de Kipé 2 de ne pas faire de la violence. Ça ne règlera aucun problème. Qu’ils s’en remettent à Dieu, le miséricordieux », conseille-t-il.

Pour Elhadj Amadou Oury Diallo, propriétaire d’une usine de glace à Kipé 2, la perte est immense. Les larmes aux, le vieil homme accuse le gouvernement d’avoir fait du tort aux habitants de la zone. « On nous a fait du tort. Des gens sont venus mettre des croix sur nos bâtiments, y compris mon usine de glace. Puisque c’est eux qui ont la force, ils agissent mal contre nous et à tort. Nous, on ne nous a rien dit ici pour ce déguerpissement, si non que des croix sont mises sur nos réalisations.

Vous voyez, on est là à déplacer ce qu’on peut déplacer. Le reste, on laisse ici. La place de cette usine, je l’ai achetée à l’époque de Lansana Conté. Mais, on ne m’avait pas dit que c’est une zone réservée. Maintenant, on vient pour détruire tout. J’ai dépensé pour cette usine près 645 mille dollars, pour les poteaux électriques près de 80 millions de francs guinéens. Donc, tout est parti dans l’eau », déplore Elhadj Amadou Oury Diallo.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Déguerpissement à Kipé 2 : la grosse colère de Me Ghadiri Diallo, avocat des victimes

13 mars 2019 à 17 05 46 03463

Après Kaporo Rails, l’opération de déguerpissement des citoyens, présentés comme étant des occupants illégaux du centre directionnel de Koloma, se poursuit maintenant à Kipé 2. Au moment où les habitants de cette zone avaient les yeux tournés vers la Cour d’appel de Conakry qu’ils ont saisie pour réclamer justice dans cette affaire, des machines sont entrées en action sur place hier, mardi 12 mars 2019, pour casser tout sur leur passage. Une démolition qui irrite maître Ghadiri Diallo, un des avocats des victimes, rencontré par un reporter de Guineematin.com, ce mercredi.

La surprise a été totale aussi bien pour les habitants de Kipé 2 que pour leurs avocats. Car, ces derniers attendaient l’examen de leur recours par la Cour d’appel de Conakry et la décision de la juridiction sur cette affaire, lorsque les autorités ont entamé la démolition des maisons dans la zone. Ils ont saisi la cour d’appel après avoir perdu le procès qu’ils ont intenté contre l’Etat en première instance.

Mais, l’Etat n’a pas daigné attendre l’épilogue de cette procédure judiciaire pour passer à l’action. Une attitude que regrette maître Ghadiri Diallo, qui dénonce la violation de la loi. « A ce jour, le dossier doit être examiné par la Cour d’appel de Conakry. Malheureusement et contre toute attente, nous venons de constater que le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, en violation de toutes les règles de procédure, a entamé la démolition des constructions de nos clients.

Donc, c’est une violation de la loi et des règles de procédure. C’est regrettable et désolant ce qui se passe sur les lieux. La plupart des bâtiments, à ce jour, ont été démolis », fustige l’avocat.

Pour lui, le département dirigé par Dr Ibrahima Kourouma ne détient aucune décision judiciaire, aucun fondement juridique, lui donnant les prérogatives de déguerpir les populations de Kipé 2.

Revenant sur la décision rendue par le TPI de Dixinn, le 1er mars 2019, maître Ghadiri Diallo a fait remarquer que ce jugement n’avait pas été rendu publiquement. Selon lui, la juge en charge de l’affaire a remis la décision au greffe dudit tribunal qui s’est chargé de la communiquer aux avocats des familles de Kipé 2. Quelque chose, dit-il, qui est une autre violation flagrante de la loi et des règles de procédure.

« Au terme de l’article 116 du Code de procédure civile, économique et administrative, le jugement est rendu publiquement. Cela veut dire que c’est à l’audience que le tribunal doit prononcer son délibéré. Cela a créé un doute sur la décision qui a été rendue par le TPI de Dixinn », indique l’avocat des victimes.

Pour ce qui est du cas du décret exhibé par le TPI de Dixinn comme preuve pour les débouter dans leurs prétentions, maître Ghadiri Diallo a rappelé encore une fois que les lots visés par ce décret ne concernent nullement la zone de Kipé 2. « Ce sont les lots 14 ; 15 ; 16 ; 19 et 37 du centre directionnel de Koloma qui sont concernés. Ces lots se trouvent derrière la RTG et non Kipé 2.

Pendant que le tribunal constate que c’est une prétendue zone réservée, ce même tribunal refuse de constater que les occupants n’ont pas été indemnisés, ni recasés conformément aux dispositions de l’article 4, alinéa 4, du même décret qui a créé les réserves foncières de l’Etat. C’est du deux poids, deux mesures », accuse l’avocat.

Selon maître Ghadiri Diallo, le décret 211 du 23 novembre 1989 dit que si l’Etat a besoin de ces zones, il a l’obligation d’évaluer toutes les constructions, indemniser les occupants ensuite les recaser. « Même par rapport à l’application de ce décret, l’Etat n’a pas respecté la procédure. Alors que si on se réfère à l’article 55 du Code foncier et domanial, l’expropriation pour cause d’utilité publique s’opère à l’amiable ou bien à défaut, par décision de justice », précise-t-il.

Pour le moment, les regards des victimes sont toujours tournés vers la Cour d’appel de Conakry qui devrait rendre son verdict dans les prochains jours. En attendant, les opérations de démolition continuent sur le terrain avec environ 10.000 personnes qui se retrouveront sans abris, comme des milliers d’autres à Kaporo Rails.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Casse de Kaporo Rails et Kipé 2 : le Khalife général du Fouta peiné et préoccupé

13 mars 2019 à 11 11 42 03423

Le Khalife Général du Fouta Djallon, Elhadj Mamadou Bano Bah, secrétaire préfectoral des Affaires Religieuses de Pita, a exprimé sa préoccupation suite à la casse qui est officiellement présentée comme étant une opération de déguerpissement des occupants illégaux des domaines de l’Etat à Kaporo Rails et Kipé 2, dans la commune de Ratoma, à Conakry, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Le chef religieux et doyen du Fouta Djallon, Elhadj Mamadou Bano Bah, s’est confié ce mercredi, 13 mars 2019, à une équipe de journalistes dont un de Guineematin.com, à son domicile situé au quartier Guèmè, dans la commune urbaine de Pita.

« Vous savez, il y a des choses qui peuvent dépasser un homme. Si on ne demande pas ton avis, tu n’as aucune possibilité de t’impliquer pour dire à l’intéressé que ce qu’il a envie de faire est mauvais, de ne pas le faire. Mais, si tout le monde apprend la chose de la même manière et en même temps, on ne peut être que peiné et préoccupé partout où l’on se trouve », a réagi le doyen du Fouta Djallon.

Peu avant ce passage, il avait confié avec beaucoup de figures styles que « si quelqu’un souhaite à son semblable ce qu’il n’aime pas, il n’a pas à se demander s’il se fait des ennemis.»

Toujours est-il que pour Elhadj Mamadou Bano Bah, personne ne doit se rendre justice. Il appelle tout le monde avec beaucoup d’insistance à prôner la culture de la paix et de la cohésion. A en croire notre interlocuteur, personne ne doit accepter de céder à la provocation

«Nous ne pouvons absolument rien. Mais quand tu ne comptes que sur Dieu, tu n’as rien à craindre. Nous implorons le Tout Puissant Allah de renforcer et consolider la paix partout où elle se trouve et d’envoyer la paix là où elle n’existe pas», a dit le Khalife général du Fouta.

De Pita, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Menace de déguerpissement à Kaporo rails : l’incohérence dans la démarche

21 septembre 2018 à 11 11 26 09269

Kaporo railsLes habitants de Kaporo rails (quartier Kipé 2) sont partagés actuellement entre inquiétude et stupéfaction. Cela, après avoir reçu une lettre du gouvernement leur demandant de libérer les lieux à la fin de ce mois. Ces citoyens relèvent de l’incohérence dans la démarche du gouvernement et dénoncent la violation de leurs droits, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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